Lumos

Chapitre 16 : Au cœur de la magie.

- Il semble que nous ayons encore un problème. reprit Hermione après un long silence.

Après le départ d'Elyor Altis, les quatre jeunes adultes avaient passé des heures à discutter des plans du lendemain ainsi que du rituel qu'ils allaient faire dans cette Salle des Souvenirs. Après un long silence Hermione l'avait rompu, faisant part de ses inquiétudes aux trois autres.

- Et quel problème Hermione ? demanda Shirin, qui semblait tenter de se rapprocher de la jeune fille.

- Comment allons-nous aller dans cette salle avec un blessé ? demanda-t-elle désignant Harry.

- J'avoue qu'avec cette histoire de livre, nous n'avons pu mettre Elyor au courant de ton état. Il faudrait pourtant qu'on trouve un moyen de te soigner d'ici demain.

- Si le Professeur Rogue était encore vivant, il aurait pu le faire. C'est lui qui a inventé ce sort, le Sectumsempra. expliqua Hermione. Je peux essayer de soigner ça mais il me faudrait...

- Des livres ? suggéra Harry malicieux.

- En effet oui. Je vais aller chercher quelques affaires et je reviens.

Moins de dix minutes plus tard, elle était revenue dans la tente portant un gros sac à dos, visiblement très, très lourd.

- Voyons ce que nous pourrons faire avec tout ça. dit-elle en extrayant avec peine un gros livre à la couverture noire, sur lequel "Soins Avancés pour Médicomages Experts" était écrit en grosses lettres d'argent.

Elle le feuilleta un moment avant de trouver une double page concernant le sort dont Harry était victime. Sur la page de gauche, on pouvait voir la décomposition du sort ainsi qu'une potion permettant de guérir les divers tissus affectés par celui-ci. Sur la page de droite, un homme était représenté entrain de subir les effets du sort, des coupures apparaissant et disparraissant sur son corps. En dessous de l'illustration, l'auteur précisait la date de la découverte du sort, ainsi que quelques sortilèges pour amoindrir ses effets et réparer les chairs.

- Je peux voir ton bras Harry ? demanda Hermione.

- Je ne pense pas l'avoir soigné correctement, s'excusa Shirin. Je ne connais pas ce genre de magie et je n'ai vraiment pas l'habitude de voir autant de dégâts faits par un seul sort.

Enlevant un à un chaque bandage, Hermione eut un haut-le-cœur lorsqu'elle constata l'étendue de la blessure. Puis, passant sa baguette très lentement sur son bras et son épaule elle marmonna une suite de formules l'air très concentré. Au bout d'un moment, Harry ressentit une brusque chaleur dans tout son bras, passant d'un picotement à une véritable brûlure lorsqu'elle termina le dernier sort.

- Voilà qui devrait être mieux, dit Hermione en refroidissant le bras de Harry avec un souffle frais sortant de sa baguette. J'ai réussi à réparer les tissus, mais il serait souhaitable que tu passes à Sainte Mangouste ou à Poudlard pour qu'une personne qualifiée juge de mon travail.

- Tu voudrais bien m'apprendre cette magie ? demanda Shirin intéressée. J'ai toujours été passionnée par l'art de la guérison mais il semble que je sois très loin de tout connaître sur le sujet.

- Je ne sais pas si je suis la mieux placée, mais je veux bien. répondit Hermione en souriant.

- Ce que je propose, commença Harry doucement, est que j'aille à Poudlard pour finir de soigner mon bras, ce sera plus discret qu'à Sainte Mangouste. Puis, demain matin, on se retrouve tous ici à onze heures pour aller se débarasser de ce rituel et ainsi commencer vraiment ce que nous devons faire.

Chacun acquiesça, et Hermione et Ginny rentrèrent en direction du Terrier pour la nuit, tandis que Shirin commençait la lecture du livre de soins avancés que venait de lui prêter Hermione.

- Je vais y aller. Je pense ne pas revenir avant demain, l'infirmière de l'école voudra sûrement que je reste à l'infirmerie pour la nuit.

- Très bien, dit Shirin, fermant son livre d'un claquement sec en se levant pour préparer quelques affaires.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Aurais-tu oublié que mon père a exigé de moi d'être ta protectrice ?

- Non mais je ne risque rien à Poudlard.

- Ça, ce n'est pas à toi d'en juger. Tu vas à boudoir, je vais à boudoir.

Harry éclata de rire :

- Poudlard Shirin. C'est Poudlard, la meilleure école de magie du monde.

- A l'exception de celle de Galaïdes, peut-être en effet. répondit-elle malicieusement avant de le suivre hors de la tente.

Quelques instants plus tard, ils se tenaient tous deux face aux grandes grilles surmontées des deux sangliers ailés, rappelant à Harry tant de souvenirs pour toutes les fois où il avait franchi ces grilles, à chaque rentrée. A sa grande stupeur, Harry remarqua que malgré l'heure plutôt tardive, les grilles étaient ouvertes, comme si tout le monde se croyait suffisamment en paix pour ne plus prendre aucune précaution. Ils pénétrèrent à l'intérieur du domaine et traversèrent le parc en direction des grandes portes de chêne, lorsqu'une grosse voix les interpela :

- Hey vous !

Sursautant tous les deux, Harry se retourna en direction de la voix avant de s'élancer vers un homme plus que familier.

- Hagrid !

- Harry ? C'est bien toi ?

- C'est bien moi oui. dit Harry échappant de justesse à une étreinte qui lui aurait brisé son bras blessé. Je suis revenu ici pour finir de soigner mon bras gauche qui s'est pris un mauvais sort.

- Toujours dans les ennuis hein ? rit le garde chasse en lui ébouriffant les cheveux. Puis se tournant vers Shirin il ajouta :

- Un très bon choix Harry. avec un sourire qui masquait difficilement le sous-entendu.

Rougissant furieusement tous les deux, ils finirent par secouer la tête en même temps, faisant rire le demi géant.

- Je suis content de voir que Poudlard fait encore attention à sa sécurité en tout cas, reprit Harry. Est-ce que vous savez si le professeur Mcgonagall peut nous recevoir un moment ?

- Je pense qu'elle le pourra oui. Elle doit être encore dans son bureau à l'heure qu'il est. Suivez-moi.

Emboitant le pas à Hagrid, ils entrèrent à l'intérieur du château, Harry en profitant pour raconter quelques anecdotes sur sa scolarité, se surprenant lui-même en se rappelant de bons moments plus que de mauvais. Lorsqu'ils parvinrent à la gargouille de pierre gardant le bureau directorial, Harry fut très surpris de voir que le passage était ouvert.

En se laissant porter par l'escalier en spirales vers le sommet de la tour, le jeune homme remarqua encore une fois un manquement à la sécurité : Aucun mot de passe n'avait été nécessaire pour ouvrir les portes de chêne, ni pour entrer dans l'escalier directorial. Il se promit d'en parler à la directrice de l'école tout en frappant sur la porte de son bureau.

En trois ans, le bureau de la directrice n'avait que peu changé, comme si quelque soient les événements extérieurs, la pièce restait et resterait à jamais intemporelle, comme une valeur sûre et inébranlable. Minerva Mcgonagall finissait de remplir diverses lettres et papiers administratifs lorsqu'une petite pendule sonna 23 heures sur son bureau. Au même instant, une petite alarme magique lui indiqua une présence dans ses escaliers et la directrice se prépara à recevoir son invité, un élève ayant enfreint le règlement sans doute. Tellement lasse de ce genre de corvées imposées par sa charge de directrice, elle ne leva même pas la tête pour s'adresser aux deux arrivants :

- Alors qu'avez-vous fait cette fois-ci ?

Ne s'attendant pas à une entrée en matière si directe, Harry fut incapable de répondre quoi que ce soit, se contentant de regarder son ancienne professeur de métamorphose. En l'absence de réponse, cette dernière leva la tête et resta sans voix.

- M... Monsieur... Potter ?

- Lui-même, répondit Harry en souriant légèrement. Je suis content de vous voir professeur, pour une fois que je n'ai pas enfreint le règlement intérieur de l'école.

- Comment... Comment est-ce possible ? Tout le monde vous croyait disparu, mort, ou que sais-je encore ?

- Une longue, très longue histoire, reprit Harry, ne voulant pas tout raconter encore une fois. Pourrais-je vous emprunter Mme Pomfresh quelques instants ?

- Bien sûr, mais avant si vous me le permettez, j'aimerais savoir ce qui s'est passé pour vous pendant ces trois ans, et qui est cette personne. Demanda la directrice d'un ton poli mais ferme en désignant Shirin pui s'était placée légèrement derrière Harry, scannant la pièce d'un regard impassible.

- Elle est...

- Sa protectrice. Coupa la jeune fille.

- Pensiez-vous avoir besoin de gardes du corps à Poudlard ? Demanda Mme Mcgonagall incrédule ?

- Vigilence constante. Répondit simplement Harry. D'ailleurs j'ai remarqué que la sécurité de Poudlard...

- Qu'avez-vous à reprocher à la sécurité ? S'enquit la directrice d'un ton plus sec. Hagrid fait très bien son travail.

- Nous avons pu entrer à Poudlard sans aucun problème majeur, et avec votre bureau ouvert...

- C'est assez. Coupa Mcgonagall brusquement. Je vous apprécie beaucoup Harry, vous avez toujours été un étudiant de Poudlard respectueux de sa maison, mais il est des limites à ne pas dépasser, même pour celui qui a survécut.

Harry allait rétorquer, quand Shirin parla pour lui, évitnt ainsi de s'enliser dans une conversation stérile :

- Si vous me le permettez Directrice, Monsieur Potter a été absent de ce monde pendant plus de trois ans à cause d'un coma magique' Je ne puis élaborer sur ce sujet, mais sachez toutefois qu'il a décidé de revenir en ces lieux de son propre chef, et qu'il présente actuellement une sévère blessure au bras gauche nécessitant quelques soins.

- Sévère, sévère... Tu exagères un peu Shirin, reprit Harry gêné.

Mais il n'en fallut pas plus pour que Mcgonagall se lève d'un bond pour sortir de son bureau et aller chercher l'infirmière sans même accorder un regard à ses visiteurs.

- Voilà qui l'a fait réagir. Constata Shirin avec un sourire. J'ai su qu'elle te tenait en haute estime, et j'ai préféré accélérer les choses afin qu'on n'y passe pas toute la nuit, car je te rappelle qu'on a un rituel à accomplir dès demain, sans parler de ta prochaine conférence de presse à préparer, et de ton entraînement...

- Stop ! Par pitié laisse-moi juste une nuit de repos avant tout ça... S'exclama le jeune homme en se laissant tomber dans un fauteil réservé aux visiteurs.

Il fallut moins de cinq minutes à la directrise de Poudlard pour revenir accompagnée de Mrs Pomfresh, qui, dès qu'elle le vit, fondit sur Harry pour l'examiner. Tout en enlevant les bandages et en passant sa baguette experte sur le bras du survivant, elle murmurait comme à son habitude diverses imprécations sur les risques inconsidérés que prenaient les jeunes aujourd'hui dès qu'il s'agissait de séduire les filles, en faisant un clin d'œil à Shirin qui rougit légèrement. Au bout d'une dizaine de minutes, elle releva la tête :

- Bien, je pense avoir fait le nécessaire pour que votre blessure cicatrise plus rapidement Mr Potter. Toutefois, je vous engage si vous le pouvez à rester dans un endroit calme au moins pour la nuit, afin de garantir une cicatrisation parfaite.

- Vous pouvez naturellement utiliser l'infirmerie de l'école. Ajouta le professeur Mcgonagall.

- Je pense que nous ferons ça en effet, aprouva Harry.

Et c'est ainsi que notre héros put faire ses retrouvailles avec sa deuxième maison à Poudlard après celle de Gryffondor, profitant de ce moment pour raconter à Shirin sa chute lors d'un match de Quiditch de deuxième année, permettant au plus incompétent professeur de l'univers d'exercer son talent pour dissoudre les os du bras gauche, ce qui fit éclater de rire la jeune femme. En moins de 20 minutes, ils étaient tous deux endormis sur deux lits côte à côte, protégés par un paravent.

Le lendemain matin, Harry fut réveillé par une série de chuchottements surexités, provenant d'un peu partout autour de lui. Relevant la tête, il constata qu'il était encore assez tôt, probablement aux alentours de 7 heures du matin aux vues de la clarté du jour. Voyant que Shirin était également éveillée, il l'interrogea du regard, mais elle fit un signe négatif de la tête, montrant qu'elle n'en savait pas davantage. On entendit alors Mrs Pomfresh arriver en courant et de quelques mots bien sentis disperser les perturbateurs en moins d'une minute. Passant la tête à travers le paravent, elle leur annonça d'une voix morne :

- Je crains que votre venue ne se soit propagée à tout Poudlard.

- Je m'en doutais, tout se sait ici. Répondit Harry dans un demi-sourire. Je pense que, vu que je suis réveillé, je vais en profiter pour aller déjeuner, histoire de montrer la grande salle à Shirin.

Harry avait imaginé cette "excuse" pour s'éclypser au plus vite de l'infirmerie, espérant que la gardienne des lieux le laisse aller librement. Contre toute attente, elle acquiesça d'un sourire énigmatique sans dire un mot, et après avoir vérifié que le bras gauche du survivant était dans un état normal, elle les congédia fermement sans se départir de ce sourire qui ne présageait rien de bon. Et en effet, l'arrivée de Harry Potter dans la grande Salle de Poudlard, en plein petit déjeuner, fut assez remarquable et remarquée : Tous les élèves se turent d'un seul coup, fixant sans y croire le survivant pour certains, le traitre pour d'autres. Puis, tout le monde parla en même temps, se levant, montrant Harry du doigt, criant pour se faire entendre, posant mille et une questions au jeune héros qui restait complètement figé, stupéfait de déclencher encore une telle chose. Il fallut une énnorme explosion provoquée par la baguette de la directrice pour que tout le monde se calme et se taise. Ayant obtenu le silence, elle se leva et s'adressa à ses étudiants :

- Chers élèves, vous avez été nombreux à remarquer l'arrivée d'un ancien étudiant, Harry Potter. Ce jeune homme revient de très loin et est passé par des choses dont vous n'avez pas idée. Aussi, vous demanderai-je de le laisser prendre son petit déjeuner en paix et de ne pas le harceler de questions auxquelles il ne répondra pas. Gardez à l'esprit qu'avant d'être un héros pour le monde magique, Harry Potter est un jeune homme tout à fait banal, qui a simplement voulu défendre ses idées. Je vous laisserai méditer cela durant votre petit déjeuner et vous en profiterez pour en discuter lors de votre cours d'éducation civique magique du samedi après-midi.

Sur ces mots, elle se rassit et invita Shirin et Harry à la rejoindre en bout de la table des professeurs, ou deux chaises supplémentaires avaient été installées.

- Cela fait vraiment étrange de se retrouver à cette table, murmura Harry.

Puis il se mit à manger, ou devrait-on dire à dévorer tout ce qui lui passait sous la dent. Tandisqu'il mangeait, Shirin examinait avec un intérêt poli la salle et ses alentours : Elle se sentait, sans trop savoir pourquoi, assez à l'aise dans cette salle peuplée d'élèves parlant tous plus fort les uns que les autres. Elle qui adorait la solitude, la méditation, ne se sentit nullement opressée par ce monde et ce bruit ambiant, et ce même lorsqu'à la fin du repas les élèves commencèrent à s'approcher de la table des professeurs, qui pour voir Harry Potter de près, qui pour tenter de lui poser des questions. Voyant cela, la directrice voulut intervenir, mais Harry lui fit comprendre d'un regard qu'il souhaitait s'exprimer. Voyant Minerva Mcgonagall se lever, les élèves retournèrent à leurs places respectives, plus attentifs que jamais à ce qui allait suivre.

- Bien ! Il semble que vous ne soyiez pas décidés à aller en cours sans avoir eu des explications du principal intéressé. Etant donné qu'il souhaite s'exprimer, je lui laisse la parole. Mr Potter, si vous voulez bien vous approcher...

- Merci. Dit Harry tout en se levant, se mettant à la vue de tous. Il prit une grande respiration et se lança sans savoir ce qu'il allait dire :

- Certains parmi vous me connaissent, d'autres non. Certains parmi vous me croient héros, d'autres pensent au contraire que je suis un traitre, abandonnant le monde magique. Ce que vous ne savez pas par contre, c'est ce qu'il m'est arrivé ces trois dernières années.

Harry fit une pause pour laisser aux élèves le temps de digérer cette petite introduction : Jamais la grande salle n'avait été aussi silencieuse qu'en cet instant, chacun tournant son visage pour observer le Héros, les première années allant jusqu'à monter sur les bancs pour mieux voir. Voyant cela, le professeur Mcgonagall hésita à intervenir, mais préféra se raviser, comme Harry reprenait la parole :

- Après la Grande Bataille de Poudlard, j'ai voulu m'isoler un peu pour prendre du recul sur les 17 premières années de ma vie. Vous ne le savez pas avec exactitude, mais la prophétie me liant à Voldemort était bien vraie. Celle-ci indiquait, entre autre, qu'aucun de nous deux ne pouvait survivre tant que l'autre vivait, ce qui signifie que je devais tuer Voldemort ou être tué par lui.

Là encore, le jeune homme fit une pause avant de reprendre, en choisissant cette fois bien ses mots :

- J'ai été victime d'une attaque il y a trois ans : une attaque qui a bien failli me laisser la vie si je n'avais reçu l'aide de cette demoiselle et de sa famille. Ils ont dû utiliser une méthode magique très peu commune pour me maintenir en vie, et ce n'est qu'au bout de trois ans que j'ai enfin pu me réveiller.

Dans l'assistance, des élèves chuchottaient, s'interpelant les uns les autres pour juger des dires de Harry. Le niveau sonore monta progressivement, jusqu'à ce que le survivant intervienne une dernière fois :

- Si je vous dis cela, c'est parce que les journaux vont relayer ma réapparition dans le monde magique et j'estime que vous avez le droit à la vérité, pour avoir déjà vécu cela lors de ma cinquième année. Pour les plus jeunes, demandez à vos septième années comment c'était, vous verrez que la situation était loin d'être rose. Je vous remercie de m'avoir écouté...

Et ce disant, il se rassit rapidement, un peu gêné de la fin de son discours plutôt décousu.

- Tu t'en es très bien tiré, dit Shirin en souriant. On voit que tu as eu l'habitude de faire des discours...

- Détrompe-toi, je déteste ça ! rétorqua-t-il en se relevant pour s'éclypser de la grande salle. Sur son passage, les élèves chuchottaient, qui affirmant que Harry mentait, qui croyant dur comme fer aux paroles du survivant. Les plus vieux élèves cependant préféraient commenter le physique de la jeune Altis, qui loin de s'en formaliser, leur répondait par un sourire espiègle, semblant bien s'amuser.

Après être sortis tous les deux de la Grande Salle et s'être excusés auprès de la directrice des lieux, ils sortirent de l'enceinte de l'école et, prenant le bras de sa protectrice, Harry transplanna en direction de leur tente.

En arrivant sur place, Hermione était déjà là, les attendant entrain de lire et de noter des informations sur un parchemin assez long.

- Bonjour, dirent-ils tous trois en chœur. Qu'est-ce que tu lis Hermione ? ajouta Harry.

- Je prépare ton discours pour la conférence de presse.

- Mon quoi ? Un discours ? Mais pourquoi ?

- Tu ne peux pas te permettre d'arriver les mains dans les poches Harry, il y a trop d'enjeux pour cela. Affirma Hermione d'un ton pérremptoire.

- Oh ça tu sais, reprit Shirin, il l'a déjà fait ce matin. Il a expliqué les grandes lignes de son absence à son école de magie pendant le petit déjeuner.

- tu pouvais peut-être te le permettre à Poudlard, ça n'est pas pareil quand tu es face au ministre de la Magie, et aux journalistes.

- Le ministre de la Magie ? Les journalistes ? Reprit Harry le regard de plus en plus sombre. Hermione, qu'est-ce que tu as organisé ? Ajouta-t-il d'un air de plus en plus pincé.

- Euh... Pas grand chose, répondit la jeune fille. Hier soir, je suis passé au Ministère quand vous êtes partis pour Poudlard. J'ai croisé Kingsley et lui ai raconté les grandes lignes de ton retour. Après en avoir discuté, nous avons convenu d'une conférence de presse ce vendredi. Ça permettra d'une part d'expliquer à tout le monde une seule fois ce qui s'est passé, mais aussi ça devrait envoyer un message fort à la communauté.

Trop abasourdi par ces révélations, Harry ne sut que répondre. Il préféra se concentrer sur des choses plus immédiates.

- Bon, il ne manque plus que...

- Crack !

- ... Ginny, termina Harry tandis que la jeune rousse apparaissait à leurs côtés.

- Salut, fit-elle à la cantonade. On y va ?

D'un hochement de tête, tous approuvèrent et Harry appela Eden par la pensée. Se matérialisant sur l'épaule de son maître, il émit un petit cri joyeux invitant tout le monde à s'accrocher à Harry ou à lui. Puis, dans un éclair blanc, il disparut en direction du lieu où se tiendrait le rituel.

Lorsqu'ils rouvrirent les yeux, ils se trouvaient dans un couloir au bout duquel une double porte d'or rayonnait doucement. Ne sachant où aller, Shirin allait interpeler quelqu'un quand une voix se fit entendre :

- Soyez les bienvenus à Galaïdes. Vous vous trouvez dans le bâtiment principal de la ville. La porte que vous voyez là-bas est la porte de la Salle des Souvenirs.

Elyor Altis arrivait de l'autre bout du couloir, et s'inclina en s'approchant d'eux. Hermione et Harry s'inclinèrent, tandis que Shirin échangeaient des mots avec son père dans une langue mélodieuse et inconnue.

- Si vous voulez procéder, c'est par ici. Et M. Altis partit en direction de la porte rayonnante. En franchissant cette porte, Harry eut l'impression d'être traversé par un étrange sentiment mêlant une flamme et de la glace, mais alors que cela commençait à devenir insupportable, la sensation cessa et Harry n'en crut pas ses yeux. Tout, autour de lui était noir. Il ne semblait y avoir ni murs, ni plafond. Il tenta d'avancer et se rendit compte avec horreur que même le sol semblait inexistant, comme s'il était au milieu de nulle part.

- Précisément. lui dit la voix douce d'Elyor Altis dans sa tête. Nous nous trouvons précisément hors de l'espace et du temps. Nous sommes là où tout commence et là où tout se termine, l'alpha et l'omega de la Magie.

En les entendant, Harry crut comprendre le sens des mots du maître de cérémonie, mais dès qu'il se pencha plus avant sur la signification de ceux-ci, toute compréhension disparut.

- Pour que le rituel soit pleinement opérationnel, vous devez trouver une pensée commune à vous trois concernant ce que vous voulez cacher.

En pensées, Harry Hermione et Shirin se consultèrent afin de décider de quelle pensée choisir. Peu familiers avec ce genre de pratiques, ils laissèrent finalement Shirin choisir pour eux une pensée correspondant à ce qu'ils voulaient cacher...

- Un gateau au chocolat ?

- J'ai toujours adoré ces gateaux, répondit la jeune Shirin d'un air mutin.

Ils étaient ressortis de la Salle des Souvenirs et se reposaient à présent dans une chambre de la demeurre des Altis, récupérant du rituel qui les avait très fatigués.

- Mais pourquoi avoir protégé nos souvenirs de toute cette guerre et de tout ce qui se profile avec un vulgaire gateau au chocolat ?

- Parce que c'est précisément ce que personne n'attend de nous, rétorqua la jeune femme aux yeux verts dans lesquels on pouvait voir de l'agacement.

- Réfléchis Harry, reprit Hermione. Si on protège nos secrets avec une pensée simple, quiconque voulant nous arracher ce secret ira chercher loin, très loin même dans nos esprits, et ne s'arrêtera jamais sur la vision d'un gateau au chocolat.

Pendant cet échange, Ginny restait silencieuse, digéeant les informations qu'elle avait reçu pendant le rituel. Durant celui-ci, chacun avait partagé sans pouvoir opposer de résistance tous ses souvenirs avec les trois autres concernant la guerre passée et à venir, Shirin y ajoutant également les souvenirs de la mort de sa soeur et de ses recherches sur le parchemin retrouvé par son père. M. Altis les avait prévenus qu'aucun détail ne serait épargné, si pénible ou intime soit-il. Aussi, c'est seulement au bout de plusieurs heures de repos, et tandis que les trois autres continuaient à discuter à voix basse, qu'elle entrevit toutes les implications de la tâche qui les attendait et pendant un instant, elle eut peur. Quatre personnes pour sauver l`avenir du monde, mais plus encore, quatre personnes pour sauver la Magie elle-même : Un minuscule grin de sable qui pourrait absolument tout changer se disait-elle.

Et, en s'endormant ce soir-là dans sa chambre du Terrier, Ginny ne se doutait pas à quel point ce minuscule grin de sable allait boulverser sa vie à jamais.