Lumos
Note de l'auteur : Je suis à la recherche d'un ou une beta pour cette histoire qui, bien que mise à jour de manière sporadique, n'est et ne sera pas abandonnée! Merci à Jonathan pour sa review sur le chapitre 17, ça fait vraiment chaud au coeur de voir qu'une fic est toujours lue après tout ce temps.
Chapitre 18 : Après la Conférence.
Comme tous les jours de la semaine à 8 heures du matin précises, les cheminées du Ministère de la Magie fonctionnaient à plein régime. De partout des employés arrivaient pour prendre leur service et se précipitaient tels des fourmis à l'assaut d'un sucrier, vers les grandes portes d'or s'ouvrant sur les ascenseurs. Partout les discussions allaient bon train, qui demandant des nouvelles de la famille d'un collègue, qui racontant la finale du Trophée Eclair de Feu. Au milieu de l'Atrium, des journalistes criaient à s'en user les cordes vocales les derniers titres de la Gazette du Sorcier ou de Quidditch Magazine. Ce vendredi ne fit donc pas exception à la règle, même si pour un habitué, on pouvait distinguer une excitation légèrement plus élevée qu'à la normale. La première anomalie était que les journalistes étaient, à la fois bien plus nombreux, mais aussi bien plus silencieux qu'à l'accoutumée. Devant les grandes portes d'or, un bataillon d'Aurors obligeait les employés à passer un par un devant un capteur de dissimulation, puis, si rien n'était considéré comme suspect, une fouille corporelle sommaire était pratiquée.
Le bureau du ministre de la magie était déjà en effervescence même à cette heure matinale : Partout des gens s`activaient, transportant des liasses de parchemins ou écrivant frénétiquement. Même si peu de mots étaient échangés, on sentait dans l'air une excitation palpable, une attente de quelque chose, renforcée par la présence de 3 Aurors à l'air revêche, plantés de part et d'autre de la porte du bureau. Kingsley Shacklebolt distribuait diverses tâches à son personnel, lorsqu'un avion de papier fondit sur lui. Prenant connaissance de la missive, il fit un signe de tête aux Aurors présents qui lui emboîtèrent le pas. Tandis qu'il se dirigeait jusqu'à l'Atrium, il repensait à ses trois ans de mandat qui avaient été plus que difficile à gérer. Entre les mécontents de la nouvelle politique mise en place, ceux prônant un retour aux anciennes traditions, ceux exigeant que Harry Potter soit mis face à "ses responsabilités", et les diverses propositions illégales qu'il recevait chaque semaine, Kingsley se demandait combien de temps il allait pouvoir tenir à ce poste, surtout aux vues de la journée qui s'annonçait.
Lorsqu'il fut dans l'Atrium, il fut mitraillé de flashs d'appareils photo. Levant les mains pour réclamer un semblant de silence, il dit de sa voix forte :
- Bonjour à tous. La conférence de presse que vous semblez attendre de pied ferme se déroulera dans la salle de conférence de la Bibliothèque Albus Dumbledore, je vous invite à vous rendre sur place où vous trouverez de quoi préparer votre conférence. A tout à l'heure, et merci beaucoup.
Puis, toujours suivi par les Aurors, il transplanna près du Terrier pour retrouver Harry et ses amis.
Au même instant, M. Altis, Shirin, Ginny et le survivant se matérialisèrent à côté de la maison Weasley, et ils se dirigèrent tous ensemble vers celle-ci, après s`être salués.
Molly fut surprise de voir autant de monde devant, mais elle se ressaisit bien vite et offrit thé et gâteaux divers à ses hôtes, pendant que ceux-ci discutaient de la matinée à venir :
- Je pense, disait le Ministre, que nous sommes attendus au tournant avec cette conférence. Je n'aime pas trop faire cela, mais il va falloir multiplier les symboles pour être certain de rallier le plus de gens à toi Harry et stopper définitivement ce groupe de dissidents.
- Je n'aime pas trop ça non plus, mais je pensais à la même chose, reprit le survivant. On pourrait utiliser Eden, ça devrait rappeler quelques souvenir aux Aurors.
- Comment cela, et qui est Eden ? demanda le ministre ?
- Le Phénix qui a amené des mangemorts au sein même du bureau des Aurors il y a un peu plus de trois ans et trois mois maintenant.
- Je vois, répondit simplement Kingsley. C'est en effet une bonne idée. Mais les symboles ne font pas tout, est-ce que tu sais ce que tu vas dire pendant la conférence ? Demanda-t-il ensuite.
- J'ai... une petite idée oui, dit Harry.
- Nous avons un peu plus que cela en fait. Reprit Hermione en sortant d'une poche de sa robe un rouleau de parchemin. Voici le discours de Harry.
- Mon... discours ? fit Harry interloqué. Mais Hermione, je ne pensais pas que tu étais sérieuse quand tu parlais d'écrire un discours.
- C'est en tout cas du très bon travail Hermione, reprit M. Shacklebolt. C'est un très bon discours. Nous devrions avoir nos chances avec tout ça.
Hermione rougit sous le compliment puis lança un regard appuyé à Harry, lui faisant comprendre qu'il avait plutôt intérêt à suivre ce qui était écrit sur le parchemin. Ap!è que Kingsley eut fini sa lecture, il reprit :
- Je le redis, c'est un bon discours. Nous aurons quelques questions dérangeantes sans doute, mais je ne peux les prédire. Sache toutefois Harry que tu n'es pas obligé de répondre à une question qui te dérange, même si il vaut mieux essayer de répondre à toutes les questions. Et un dernier conseil, sois juste toi-même et tout ira bien. Sur ce, il est temps d'y aller je pense.
Au même instant, des pas retentirent dans l'escalier de la maison, et Ron apparut dans l'encadrement de la porte du salon. Il marqua un temps d'arrêt lorsqu'il vit la presque dizaines de personnes présente, puis fila sans dire un mot ni même adresser un regard pour quiconque. Ginny voulut se lever pour aller lui dire sa façon de penser, mais notre Hermione, toujours sage et réfléchie, lui fit comprendre que ce n'était peut-être pas vraiment le bon moment, tout en montrant Harry et Kingsley qui étaient déjà debout, prenant congé de Mme Weasley. La jeune rousse fut un peu déçue de ne pouvoir régler cette définitivement mais Hermione lui promit de tâter le terrain afin d'améliorer les choses au plus vite, elle aussi n'avait plus reparlé à Ron depuis son coup d'éclat avec Harry, et bien qu'elle trouvait l'attitude du sixième Weasley proprement scandaleuse, il lui manquait tout de même.
Une fois sortis du Terrier, Kingsley et les Aurors guidèrent la troupe à l'écart du passage, afin de prendre un Portoloin pour la bibliothèque Albus Dumbledore. Une fois la sensation de tournoiement disparue, Harry put rouvrir les yeux, ne connaissant pas du tout cet endroit. Il fut choqué par les dimensions du hall : De plus de trente mètres de long sur quinze de large, les murs de celle-ci étaient recouverts de fresques racontant la vie de Albus Dumbledore, de ses brillantes études à Poudlard jusqu'à sa mort au sommet de la tour d'Astronomie de Poudlard, en passant par son combat contre Grindelwald, tous les faits marquant étaient là. On pouvait même voir une fresque représentant l'ex-directeur de Poudlard extrayant par magie un bébé Harry Potter d'une maison en flamme.
- L'imagination des gens est toujours impressionnante, commenta Kingsley en voyant Harry regarder la fresque en question. Suivez-moi, nous allons nous placer derrière les cordons de sécurité.
Ils furent aussitôt encerclés par cinq Aurors qui les escortèrent derrière une petite barrière en corde rouge qui empêchait l'accès à une partie de la salle sur laquelle avait été dressée un podium avec un pupitre et divers appareils magiques étrange.
- Nous pouvons ouvrir les portes quand vous le souhaitez M. le Ministre.
- Faites donc, dit alors Shacklebolt.
A cet instant, de grandes portes furent ouvertes à l'autre bout de la salle et Harry prit vraiment peur : Il s'attendait à voir des journalistes, beaucoup de journalistes, mais pas à ça. Une foule de personnes était massée devant les portes et commençaient à avancer, courant, poussant, trébuchant, toujours plus vite pour être au plus près du cordon de sécurité. Harry crut même que la toute petite cordelette rouge allait céder sous les assauts des spectateurs, mais il n'en fut rien : Une sorte de bouclier invisible avait été activé et repoussait doucement mais fermement quiconque allait trop loin. Pendant qu'il lisait et relisait son discours pour s'en imprégner, la foule continuait à rentrer dans le plus grand bruit. Lorsque la salle fut pleine à craquer, les portes furent refermées mais devinrent translucides afin que les personnes n'ayant pu entrer puissent voir ce qu'il se passaient grâce à un écran magique placé sur les portes.
- Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, le Ministre de la Magie.
La voix magiquement amplifiée de l'animateur de conférence fit instantanément taire toutes les voix, faisant sursauter Harry. Dans un crépitement de flashs, Kingsley Shacklebolt monta sur le podium et sourit largement au public.
- Merci, merci à tous, merci d'être venus si nombreux ce matin.
Il fit une pause, puis reprit :
- Aujourd'hui est un jour particulier. Pour mettre fin aux différentes rumeurs qui ont filtré au travers de divers magazines, j'ai tenu à organiser cette conférence, afin de clarifier la situation. Aujourd'hui, pour ceux qui ne le savent pas encore, M. Harry Potter est parmi nous pour raconter son histoire, et pour répondre à vos questions. Ce jeune homme est un symbole pour nous tous, il a su montrer nombre de qualités que nous apprécions : la grandeur d'âme, le courage, la combativité, l'esprit d'équipe, l'intégrité, et j'en passe. Et aujourd'hui, celui que tout le monde aime à appeler le Survivant aimerait faire passer un message. Je lui laisse donc la place, Monsieur Harry Potter.
Dans un tonnerre d'applaudissements, Kingsley redescendit du podium pour laisser un Harry très nerveux prendre sa place. Le jeune brun regarda d'abord la foule, puis Hermione, Ginny et Shirin. Celle-ci lui fit un sourire d'encouragement et après une grande inspiration, il commença :
- Merci à tous. Merci de m'accorder ces quelques minutes de votre temps. Comme vous le savez, j'ai été absent de ce monde pendant trois ans. Les raisons qui m'ont poussé à le quitter sont indépendantes de ma volonté. Au sortir de combat contre Lord Voldemort, - la foule sursauta au nom du mage noir - je suis tombé dans un coma magique qui a duré 1110 jours, et sans l'aide d'alliés tout aussi inattendus que précieux, je ne serais pas parmi vous aujourd'hui. Ces alliés sont à présent autour de moi.
En faisant un geste de la main, Harry invita la famille Altis, Hermione et Ginny à le rejoindre. Puis, il émit un sifflement aiguë et Eden apparut dans un éclair blanc sur l'épaule droite du garçon.
- Voici Eden, un Phénix qui a choisit de se lier à moi tandis que j'explorais une forêt en quête d'un coin tranquille.
De la foule montait des murmures à la fois impressionnés et enthousiastes. Beaucoup comparaient le héros du monde magique actuel à Albus Dumbledore.
Harry continua ainsi son discours, racontant le peu qu'il y avait à raconter sur son retour dans le monde magique. Il ne parla en revanche pas de la guerre à venir, Hermione ayant juger que trop de nouvelles nuirait à la communication. Puis, lorsqu'il eut finit commença la séance de questions :
- M. Potter, est-ce vous qui, il y a trois, vous êtes introduit au Ministère de la Magie pour y livrer trois mangemorts inconscients ?
- En effet, reconnut simplement Harry.
Là encore, Hermione lui avait conseillé de répondre sans trop élaborer. Savoir que c'était Eden et non lui qui avait amené les dits mangemorts au Ministère n'était pas important et permettait d'épaissir le mystère.
- M. Potter, pourquoi vous ne faites rien pour reconstruire le monde magique après votre victoire contre Vous-Savez-Qui ?
Harry réprima un éclat de colère, et prit une bonne respiration avant de répondre calmement :
- Cette victoire n'est pas la mienne. Je n'ai fait que mon devoir, et la défaite de Voldemort est principalement due à l'implication de chacun d'entre nous dans ce processus. C'est donc à chacun d'entre nous de reconstruire le monde magique selon ses moyens et son temps.
- Mais maintenant que vous êtes revenu, vous allez pouvoir nous débarrasser de ce groupe qui prône le retour des Sang-Purs au pouvoir n'est-ce pas ?
Un autre journaliste avait posé cette question, et la foule grognait son assentiment. De partout des cris fusaient "Oui débarrassez-nous d'eux !" "C'est à vous de le faire." ou encore des commentaires plus acerbes du genre "Il n'est même pas capable de faire quoi que ce soit. Quelle est la preuve de ses pouvoirs finalement ?"
En entendant cette dernière phrase, Harry perdit son calme.
- Silence !
Il fut étonné de voir tout le monde se taire instantanément, et le regarder bouche bée, ne se rendant pas compte de l'Aura de puissance qu'il dégageait.
- Il vous en faut toujours plus n'est-ce pas ? Je vais accéder à votre requête, une et une seule fois.
Et fermant les yeux un instant, il se concentra pour que dans chaque main de chaque personne des deux premiers rangs apparaisse une coupe remplie d'eau, ce qui représentait plus de quinze coupes en tout.
- Pour qui ne le verrait pas, reprit alors Kingsley qui était monté sur le podium à côté du survivant, M. Potter vient de briser les lois de la métamorphose que nous connaissons, en faisant apparaître quinze coupes remplies d'eau, chacune s'étant matérialisée dans la main d'une personne précise. Avant de le voir, je ne savais pas qu'une telle chose é!ait possible. J'insiste donc sur deux points et ceci terminera notre conférence de presse : Rappelez-vous que ce n'est qu'ensemble que nous construirons un monde magique meilleur et plus sûr, et que ce n'est pas parce que M. Harry Potter, si doué et important pour nous soit-il, est revenu parmi nous que nous devons céder à la paraisse et attendre que tout soit fait. Toutes les âmes volontaires sont les bienvenues au Ministère pour aider à cette reconstruction. Merci à tous d'être venu.
Puis Harry et Eden disparurent dans un éclair blanc, montrant encore une fois la puissance du jeune homme pour être capable de se lier à un Phénix.
Ils réapparurent presque instantanément devant le Terrier, et Harry se dépêcha de frapper à la porte au cas où des journalistes l'attendraient dans le coin. Il eut toutefois à peine le temps de s'asseoir pour reprendre ses esprits, une tasse de thé à la main, que Ron entrait dans la pièce et se tenait debout devant lui, l'air à la fois mal à l'aise et renfrogné.
- Il faut qu'on parle.
Sa voix était sèche, presque froide.
- Etonnant ! se contenta de répondre Harry. Je pensais que tu voulais simplement me jeter un sort, comme tu sembles en avoir pris l'habitude...
- Je pourrais faire ça si tu ne m'écoute pas. N'oublie pas que je suis...
Mais Ron s'arrêta avant d'avoir explicité sa pensée, puis il reprit d'un ton plus calme.
- Ecoute Harry. J'ai... C'est très dur pour moi en ce moment. Tu te rappelles du soir de la bataille de Poudlard ? Tu nous a fait un signe de la main en nous disant qu'on se reverrait vite. Trois ans ont passé, on t'a cherché pendant trois ans Hermione et moi, sans arrêt, jours et nuits... Ginny ne s'en est pas remise, mes parents ont eu beaucoup de mal aussi même s'ils ne le montrent pas. Et voilà qu'un beau matin je te retrouve devant la porte, entrain de regarder ma soeur comme si c'était la huitième merveille du monde, comme s'il te suffisait d'un battement de cils pour tout réparer... Je ne peux pas supporter ça !
Il avait fini sa phrase en hurlant, mais Harry aussi s'était levé, devenant furieux.
- Et bien sûr tu ne t'es pas demandé ce qui m'était arrivé ! Non, c'était beaucoup plus facile de se dire que tout était de ma faute hein ?
- Et qu'est-ce qui t'est arrivé dis-le moi ? Rétorqua le roux furieux.
- Parce que ça t'intéresse maintenant ?
Pendant un très, très long moment, plus rien ne se passa : Chacun rivé dans les yeux de l'autre, les deux meilleurs amis ne dirent mot, se mesurant du regard, tentant de prendre le dessus sur l'autre. Puis, au bout de ce qui sembla plusieurs longues minutes, l'échange prit fin et Ron se rassit, Harry l'imitant quelques secondes plus tard.
- Tu as changé.
La voix de Ron était calme désormais, sans la moindre once de reproche.
- On a tous changé. Reprit Harry doucement. Je pourrai te dire la même chose.
- J'ai un peu discuté avec Ginny hier soir. Elle m'a expliqué que ce que vous faisiez était vraiment important mais elle n'a pu en dire plus. A chaque fois qu'elle essayait, elle se retrouvait muette pendant une minute au moins.
- Elle ne peut pas vraiment te le dire. Reprit le brun. Nous avons utilisé un sort très ancien pour que nos connaissances ne puissent nous être soutirées par la force par nos ennemis.
- Mais qu'est-ce que c'est que tout ça Harry ? J'étais à la conférence ce matin et j'ai vraiment l'impression que tu ne me dis pas tout. J'ai vu Hermione te lancer plusieurs regards pendant ton discours quand tu as commencé à parler de la magie.
Que pouvait-il faire ? Devait-il accepter de raconter à son meilleur ami ce qu'il se passait et la guerre qui allait éclater d'ici quelque temps ? Harry aurait aimé faire table rase du passé et raconter à Ron ce qu'il était sur le point de faire, mais une petite voix dans son esprit lui soufflait d'être prudent : Ron faisait toujours partie de cette organisation pour ramener un "ordre nouveau" dans le monde de la magie. Que ferait-il des informations obtenues ? Car même s'il ne pouvait les transmettre directement, elles pourraient l'aider sur bien des plans à accroître le rayon d'action de la "cause"...
- Je... reprit Harry, très hésitant sur la manière dont il pourrait tourner ça.
- Je ne sais pas si je peux t'en parler. Ce n'est vraiment pas contre toi personnellement, s'empressa-t-il d'ajouter. Tu restes Ron, je veux dire, on a fait tellement de trucs ensemble... Entre les Horcruxes, Voldemort tout ça...
- Je... Je ne fais pas vraiment partie de tout ça... Je... Je me suis laissé embrigadé par ces gens, de pensais utiliser l'organisation pour te trouver. Mais c'est après quelques mois que je me suis rendu compte que leurs buts étaient différents. Ils ont d'abord prétexté d'autres objectifs pour te rechercher moins activement, et puis ils ont fini par me dire que ce n'était plus du tout prioritaire. Mais j'ai appris que certains membres continuent à te chercher avec plus d'acharnement que jamais. Et je me demande si... Si je ne me suis pas trompé sur eux...
- Je ne sais pas Ron, mais sans vouloir remettre de l'huile sur le feu, tu m'as tout de même lancé un sort noir. Je préfère ne pas trop en dire pour le moment. Si tu veux nous aider il y a des multitudes de moyens sans pour autant connaître tous nos "secrets".
Voyant que Ron allait répondre, Harry ajouta, au moment ou du bruit se faisait entendre dans la cour du Terrier.
- Je suis désolé Ron, vraiment. Mais je ne peux pas faire plus tant que tu n'auras pas fait plus toi aussi.
Sur ces mots, Shirin entra dans le salon et jeta au rouquin un regard tellement froid, qu'il préféra s'éclipser sans demander son reste. Sur le pas de la porte, il échangea un regard bref avec Harry, indiquant que cette discussion n'était pas terminée. Le survivant quant à lui repensa quelques instants aux dernières paroles de son ami, et se dit finalement que cela aurait pu être bien pire.
- Alors quelles sont les nouvelles ? Demanda Shirin au bout d'un moment. Monsieur se serait-il rendu compte de ses erreurs ?
- Ne le juge pas comme ça, reprit Harry. C'est Ron, il lui a toujours fallu un peu de temps pour se reprendre. Je suis pas d'accord avec ses choix, mais je pense qu'il reviendra vers nous bientôt. Il a déjà commencé à se remettre en question et...
- Très bien. coupa la jeune fille d'un ton sec. J'étais venue te chercher car on a un soucis sur le lieu de la conférence.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Viens...
Et sans attendre sa réponse, elle le prit par la main et l'attira au-dehors. Alors que Harry se préparait à transplanner, elle l'arrêta.
- Beaucoup de gens sont à ta recherche. Utilisons mon moyen de transport, si tu le veux bien.
Et sans un avertissement, elle se colla contre lui, resserrant ses bras autour de son cou, et posant sa tête sur son épaule. Voyant son compagnon de voyage rougir, elle émit un petit rire.
- Je te conseille de t'accrocher à moi aussi si tu veux me suivre. Ajouta-t-elle dans un murmure, augmentant encore l'effet de gêne de Harry.
A peine eut-il enroulé ses bras autour de la taille de Shirin, qu'une force prodigieuse le poussa en avant, et il dût raffermir sa prise sur la demoiselle pour ne pas se faire éjecter et atterrir Merlin seul savait où. Lorsqu'il se fut habitué à la vitesse, il vit que tout autour de lui était bleu. Il voulut parler, mais la vitesse l'empêchait de faire tout mouvement. Le visage de Shirin était toujours dissimulé dans son cou, son souffle régulier à peine altéré par la quantité de magie déployée. Au bout d'un la vitesse sembla stagner, puis la décélération commença.
Dans une rue de Londres, une boule bleue sembla descendre du ciel comme par magie, effrayant une portée de chatons qui avaient élu domicile près d'une poubelle proche. Les deux jeunes adultes se stabilisèrent, puis la boule bleue disparut, les laissant encore enlacés. Shirin se dégagea doucement, le teint rouge et une lueur étrange dans le regard, que Harry n'aurait su interpréter mais qui déclencha en lui quelques remous au sein de son estomac, qu'il préféra attribuer au voyage plutôt qu'à n'importe quoi d'autre.
- Où sommes-nous ? demanda-t-il après avoir jeté un regard circulaire autour de lui.
- Les autres sont juste dans la rue d'à côté. Il y a un affrontement entre nous et un groupe de gens habillés en noir.
- Combien sont-ils ?
- Quand je suis partie, environ cinquante je dirais... Hermione et Ginny se battaient tandis que mon père se préparait à intervenir aussi.
- Il était temps que vous arriviez !
C'était Hermione qui, tout en esquivant des sorts, venait vers eux. Elle trouvait le moyen de contre-attaquer tout en courant, ce qui ne manquait pas de semer le désordre dans le rang adverse.
Harry ne perdit pas de temps et se lança dans la bataille. Il plongea sur le côté pour éviter un trait de lumière argentée, et dirigea sa baguette vers le lanceur du sort. Un trait de lumière rouge fusa vers sa cible avec une grande rapidité mais l'homme en noir parvint à l'éviter. Le combat reprit entre les deux opposants, chacun lançant, esquivant, sautant, plongeant, et si Harry se cantonnait à des sorts de désarmement ou de stupéfixion, son adversaire quant à lui alternait entre la magie blanche et noire. Bientôt, l'échange s'accéléra et Harry remercia mentalement Shirin pour toutes les heures passées à courir dès le levé du jour. Il fut toutefois sorti de ses pensées par une cuisante douleur à l'épaule droite. Titubant, il tenta de rétablir son équilibre mais ne parvint qu'à éviter une chute plus douloureuse encore.
- Pas si intelligent que ça ce Potter...
Son assaillant en profitait, le narguant. Bientôt un cercle de curieux se formait tout autour d'eux, les autres combats s'arrêtant pour observer ce qui allait se passer.
- Qui... Qui êtes-vous ? Parvint à demander le Survivant.
- Qui je suis ? Répondit l`homme en noir dans un grand éclat de rire. Montrons-lui qui nous sommes !
Et dans un ensemble parfait tous crièrent, baguettes pointées vers le ciel :
- Gorahn !
Un immense aigle rouge sang se matérialisa au-dessus de la foule. Il plana doucement, puis descendit, pointant son bec aiguisé vers le sol. Dans la foule, les réactions étaient diverses. Les hommes en noir riaient aux éclats, lançant des petites flammes de leurs baguettes pour toucher la créature rouge, la rendant encore plus agressive. D'un autre côté, les Aurors encore présents avaient dangereusement pâlis, fixant sans y croire l'aigle rouge qui était à moins de deux mètres de Harry, toujours allongé au sol, une flaque de sang autour de son épaule droite.
La réaction la plus vive cependant, vint également du ciel : Au-dessus de l'aigle rouge, une énorme boule bleue descendit à une vitesse folle vers le sol, striée d'éclairs, et accompagnée par un grondement sourd. L'aigle, s'apercevant de cette menace changea de direction et fondit sur la boule bleue. Pendant un instant, on le vit s'enfoncer à l'intérieur de cette sphère de matière inconnue, puis un immense éclair blanc sortit de la sphère d'énergie et propulsa l'oiseau en arrière. La boule s'ouvrit alors, et une personne se tenait immobile au centre, comme en vol stationnaire à plus de dix mètres du sol.
- Sh... Shirin... souffla Harry, avant de perdre conscience.
La jeune fille, bien qu'immobile, semblait être battue par les vents : sa chevelure brune volait derrière elle, tandis que son visage avait la dureté de la pierre. Lorsqu'elle parla, tout le monde présent fut saisi d'effroi.
- Vous ne toucherez pas à la magie !
Disant cela, un bouclier blanc étincelant jaillit dans sa main droite, tandis que de sa main gauche partit quinze éclairs bleus qui se dirigèrent vers la créature et la frappèrent tous en même temps. Il y eut un grand "dong", qui raisonna longtemps dans l'air. La créature poussa alors un horrible hurlement tandis que des flammes se propageaient le long de son corps. Mais les hommes en noir ne restèrent pas inactifs et dans le même ensemble, ils crièrent :
- Vous connaissez maintenant une infime partie de notre pouvoir. Nous sommes les Bâtisseurs, et nous bâtirons un tordre nouveau ! Gorahn Ghiorkum !
Les hommes et la créature disparurent alors dans une fumée noire tandis que dix des Aurors présents, touchés par un sort invisible, tombèrent, morts.
Puis, ce fut le silence.
