Lumos

Chapitre 19 : Assimilation.

Shirin s'agenouilla auprès de Harry, toujours sans connaissance. Autour d'elle, les quelques personnes encore debout regardaient, hébétées, les corps des Aurors terrassés par le sort inconnu des bâtisseurs, se demandant que faire. Puis les choses s'organisèrent, des médicomages transplannèrent afin d'évacuer les blessés et les morts vers l'hôpital Sainte Mangouste. Pour les blessés les plus graves, des soins étaient tentés directement sur place afin de stabiliser l'état des patients avant leur transfert. Elyor Altis allait de civière en civière, aidant au mieux de ses capacités et de ses connaissances. Ses méthodes de guérison laissaient souvent perplexes les employés de l'hôpital sorcier, car rien n'était visible lorsqu'il soignait les diverses blessures. Hermione et Ginny, après s'être faites très légèrement soignées par M. Altis rejoignirent Shirin pour s'enquérir de l'état du survivant.

- Comment va-t-il ? demanda Ginny.

- Il va bien, lui répondit Harry en ouvrant les yeux. La Magie m'a protégé et guéri en grande partie des séquelles du Doloris, ajouta-t-il la mine sombre.

- Proprement incroyable ! reprit Hermione après avoir ouvert la bouche de stupeur. Un sort impardonnable n'est pas censé être dévié où du moins, on n'est pas censé pouvoir se protéger de ces effets.

En entendant ces mots, Shirin pâlit dangereusement.

- Retrouvez-nous dans la salle d'or. Prévenez mon père, dites-lui que la magie n'est pas stable.

Puis, saisissant la main de Harry, elle s`approcha tout près de lui et le regarda dans les yeux un long, très long moment. Elle effleura sa joue de sa main en souriant tristement et en disant :

- Fais-moi juste confiance Harry d'accord ?

Puis, sans attendre de réponse, elle le prit dans ses bras, et une boule bleue s'envola à grande vitesse, bientôt rejointe par un Phénix blanc. Un flash de lumière plus tard, ils avaient tous trois disparus.

Dans un manoir isolé, trois personnes apparurent quasiment instantanément et se dirigèrent d'un bon pas vers la salle d'or qui, après les avoir laissé entrer, se referma sans un bruit. Au centre de la salle, en lieu et place de la longue table de réunion se trouvait une estrade entourée de runes, sur laquelle était posée un fauteuil.

- Assieds-toi-là Harry !

Le ton était à la fois calme et sans réplique.

Comme s'il n'était plus maître de ses actes, Harry s'assit docilement dans le fauteuil, provoquant automatiquement l'activation des runes tout autour de l'estrade.

- Nous devons le laisser face à son destin maintenant ma fille. Dit M. Altis d'un ton plus triste.

- Il n'est pas près père! Je ne peux le laisser ainsi... la voix de la jeune brune se brisa sur ces mots, cassant complètement l'image d'assurance qu'elle avait montré quelques secondes auparavant.

- Son salut viendra de lui seul. Ton amour ne peut l'atteindre.

Sans dire un mot, les deux adultes sortirent d'un pas lourd de la salle. A peine les portes d'or furent-elles refermées que le sol se mit à trembler de plus en plus fort.

- La puissance est réveillée. Murmura Elyor Altis avant de prendre sa fille par le bras et de s'éloigner rapidement de cette partie du manoir.

Depuis son réveil après la bataille, Harry se sentait "bizarre", à la fois en pleine forme physiquement, mais également très anxieux. Tout allait bien pourtant, les assaillants avaient été repoussés, et bien qu'il s'en veuille de n'avoir pu aider davantage, il restait subjugué par la magie déployée par Shirin pour mettre l'aigle rouge hors d'état de nuire. Non, le sentiment d'anxiété allait grandissant et était apparu au moment où, sans y penser, il s'était rendu compte que la douleur provoquée par un Doloris lancé sur lui ne l'atteignait même plus. Il avait minimisé les faits auprès de ses amis, mais il se doutait bien que Shirin ne serait pas dupe bien longtemps et qu'elle comprendrait bien assez tôt ce qui s'était passé.

Lorsqu'elle s'était penché vers lui et avait caressé sa joue, Harry avait été sûre de deux choses: Qu'il allait au devant de moments assez pénibles, mais aussi que tant que cette jeune brune resterait près de lui, il serait capable de supporter beaucoup de choses.

Il s'était donc abandonné dans les bras de la jeune fille, avec la curieuse impression d'ailleurs qu'elle le serrait un peu plus que le strict nécessaire. Malheureusement, le temps prend toujours un malin plaisir à écourter les choses agréables et c'est ainsi qu'il se retrouva trop tôt à son goût hors de cette étreinte et placé par il ne savait quel miracle sur un fauteuil assez peu confortable.

Les instants qui suivirent resteraient à jamais gravés dans l'esprit du survivant : Il sentit que sa Magie n'attendait que d'être en lieu sûr pour s'exprimer pleinement. Dès qu'il entendit la fermeture des portes d'or, sa magie se manifesta et forma autour de lui un épais bouclier blanc et tourbillonnant à grande vitesse. Plus le temps passait plus la pression magique était énorme et plus il essayait de laisser sortir cette magie qui ne demandait qu'à s'exprimer. Il comprit malheureusement, que les runes autour de lui avaient un but précis, lequel était d'empêcher la magie de s'évacuer dans la salle et dans les autres parties du manoir. Complètement isolé magiquement, Harry n'avait d'autre choix que de dompter la magie qui était en lui, ou de se laisser submerger par elle, entraînant sa mort et celle de tout être vivant autour de lui dans un rayon d'environ 100 kilomètres.

Pendant ce qui lui parut des heures, Harry tenta par tous les moyens de réguler, réduire, ramener sa magie sous contrôle sans succès. Il faillit plusieurs fois abandonner tant la frustration, mais aussi la pression étaient importantes. Après un très long moment, il parvint à se détendre et il comprit comment réduire ses émissions magiques. Il fallut plusieurs heures, et un acharnement sans précédent au jeune homme pour canaliser sa magie et ainsi être plus à même de la contrôler, et lorsque la dernière parcelle magique eut réintégré son corps et son esprit, il s'endormit, épuisé.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il était allongé dans un lit chaud et moelleux. La chambre dans laquelle il était, plongée dans une douce pénombre, aspirait au repos et à la tranquillité. Il allait se rendormir, lorsque la porte s'entrouvrit et qu'une ombre fine se glissa dans la pièce. Elle s'assit à côté de lui sur le lit, puis s'allongea contre Harry.

- Sh... Shirin. Murmura Harry.

- Chut, je suis là Harry. murmura-t-elle doucement. Pardonne-moi... ajouta-t-elle dans un sanglot.

Le survivant voulut lui demander ce qui n'allait pas, mais il n'en eut pas le temps: Une terrible et indicible douleur le transperça de part en part. Une demi-seconde plus tôt il semblait en pleine santé, et il se retrouvait désormais dans un océan de souffrance où plus rien n'existait. Il ne s'entendit même pas crier tellement son esprit cherchait par tous les moyens de se déconnecter de son corps...

Shirin le savait, la canalisation de magie était quelque chose qui venait soit naturellement, soit qui devait être accompli au moyen d'un rituel plus que douloureux pour le concerné. Pour la plupart des gens, comme lui expliquait son père, la canalisation venait avec le temps et sans heurts, de manière instinctive.

- C'est notre apprentissage et notre approche de la Magie qui nous permet de la maîtriser. lui disait-il. Il existe des contrées où la magie est apprise différemment.

- Comment cela père ?

- J'ai rencontré il y a des années un homme qui devait utiliser un catalyseur pour faire appel à la Magie. Il utilisait ce qu'il appelle une baguette magique.

- Pourquoi n'en utilisons-nous pas alors ? demandait la fillette. Je peux faire appel à la Magie sans catalyseur.

- C'est une très bonne question. Pourquoi à ton avis ?

Avec Elyor Altis, l'enseignement était omniprésent et le plus souvent transformé en jeu afin de faciliter l'assimilation. Shirin prit le temps de la réflexion: Elle savait que, bien que posée sur le thon de la conversation, son père n'en demeurait pas moins très attentif et exigeant quant à sa réponse.

- Parce que nos corps sont des vecteurs de magie. Peut-être que ces gens n'en ont pas conscience, et se sentent obligés d'utiliser un catalyseur pour améliorer leur concentration.

- Certes c'est une hypothèse, mais ce n'est pas la seule raison.

Après une pause, Shirin reprit pour elle-même :

- La méditation est la clé... C'est parce que nous méditons que nous pouvons approcher la source de la Magie et que nous pouvons l'apprivoiser au mieux.

- Exact, approuva son père.

- Et que se passe-t-il si quelqu'un qui a appris la magie avec un catalyseur médite et veut utiliser...

- Apprivoiser. Corrigea immédiatement son père. L'utilisation conduit à l'abus, la Magie n'est pas une ressource...

- ... Mais une entité vivante avec laquelle nous vivons en symbiose. finit la jeune fille sur un thon d'excuse.

- Donc si quelqu'un, qui utilise d'ordinaire un catalyseur, médite pour apprivoiser la Magie, que se passe-t-il ?

- Peu de gens le peuvent. Il faut d'abord accepter un mode de pensée totalement différent. Mais le plus difficile reste l'étape de canalisation.

- Qu'est-ce que cette canalisation ?

- C'est la transformation du corps humain contre son gré pour devenir l'hôte de la Magie. Le corps humain a sa volonté propre et reste gouverné par notre cerveau. Durant la canalisation, notre cerveau se retrouve à accepter de coexister avec la Magie. Durant ce processus, la volonté du corps est annihilée pour laisser la Magie faire son oeuvre ce qui entraîne une grande douleur pour la personne.

La jeune fille avait passé la soirée à ruminer ses pensées jusqu'à ce qu'elle voit passer son père portant un Harry endormi et inconscient.

- Comment va-t-il ? Avait-elle demandé.

- Il a fait le plus simple. La magie est en lui: il ne restait aucune parcelle volatile après le rituel ce qui est normalement impossible.

- Mais cela implique que...

- J'en ai peur en effet, cela implique que la douleur sera encore plus insupportable. Le reste du rituel devrait se terminer cette nuit, mais je ne saurais dire quand exactement : Beaucoup trop d'inconnues et de mystères entourent ce garçon.

Shirin avait donc veillé et, lorsque le manoir se fut endormi, s'était glissée tout contre Harry. Elle avait espéré arriver avant le début de la canalisation afin de lui dire ce qu'elle avait sur le coeur, mais son voeux n'avait été que partiellement exaucé. Elle était désormais accrochée à lui pour lui transmettre un maximum de réconfort.

Combien de temps tout cela dura, la jeune fille n'aurait su le dire. Parfois elle avait l'impression que la douleur se calmait un peu, laissant son ami se reposer quelques instants, mais ce n'était que pour se renforcer quelques minutes après. Au premières lueurs du jour cependant, il lui sembla que le plus gros de la crise était passé. Sa vue troublée par toutes les larmes versées durant cette longue et affreuse nuit, Shirin se blottit encore davantage contre celui qu'elle n'oublierait jamais, et s'endormit.

Pendant ce temps, Hermione et Ginny, restées à Londres et n'ayant que très partiellement suivi les "problèmes" de Harry, se demandaient où avaient pu passer leurs trois amis.

- On dirait que Harry était en danger. Je n'ai jamais vu Shirin aussi inquiète à son sujet.

- Oui... Agréa Ginny de mauvaise grâce. Un peu trop inquiète à mon goût même, ajouta-t-elle pour elle-même.

- Je suis désolée Gin' que tu sois obligée de revivre tout ça. Mais tu ne peux malheureusement pas y faire grand chose.

- Je sais, mais ils ont l'air d'être plus complices entre eux deux que nous ne le serons jamais. C'est limite s'ils ne se cherchent pas ouvertement depuis quelques jours.

- Et c'est très probable qu'ils finissent par se trouver, ajouta Hermione. Tu dois vraiment passer à autre chose Ginny, pour toi, pour lui, et pour nous tous en fait. Cela va créer trop de tensions entre nous si on a ce genre de problèmes.

- Tu es vraiment une amie Hermione, mais parfois tu manques cruellement de tact.

Les larmes aux yeux, Ginny tourna les tallons et disparut quelques mètres plus loin, laissant la brunette réfléchir à ces dernières paroles. Hermione savait bien qu'elle était allée trop loin : sous ses airs de jeune femme forte déterminée se cachait un être sensible rempli de sentiments intériorisés. Elle pensait pourtant que des problèmes de couples n'avaient pas leurs places dans une guerre, et qu'il fallait vraiment que la benjamine du clan Weasley se ressaisisse pour ne pas perturber leurs actions futures. Très contente de son argumentation intérieure, et repoussant très très loin au fond de son esprit la petite voix qui lui murmurait qu'elle était tout sauf la mieux placée pour parler d'histoires de coeur vu sa vie sentimentale, elle partit d'un bon pas en quête d'informations sur les retombées du dernier combat.

Dès le lendemain matin, elle se fraya un chemin jusqu'au dernier étage du ministère de la Magie pour faire un point avec le Ministre qui, elle s'en doutait, allait lui demander des explications sur la bataille de la veille.

- Miss Granger, Hermione entrez ! l'accueillit Kingsley avec un sourire cachant mal sa lassitude et sa nervosité.

- M... Kingsley, je viens pour prendre des nouvelle de l'après bataille.

- Pas grand chose de ce côté j'en ai peur. La Gazette a déjà quatre articles sous presse relatant les faits, les autres magazines s'empressent de modifier leurs unes, et bien sûr les ragots vont bon train même au ministère.

- Et les blessés ?

- Ils s'en remettront, ce sont des gens forts qui en ont vu d'autres. Non, ce qui m'inquiète se sont les retombées médiatiques. Je crains que vous n'ayez d'autres choix que de faire une déclaration à ce sujet Hermione. Tout le monde vous a vu sur le champs de bataille. On vous a vu à côté de la famille Altis, qui suscite beaucoup de questions et de spéculations sur leurs origines et sur la manière d'utiliser la Magie.

- Y suis-je vraiment obligée ? demanda la jeune brune l'air inquiet.

- Oui, il ne faudra pas forcément tout leur révéler, mais il faudra en raconter une partie. Je vous organise cela à dix-huit heures ce soir. reprit le ministre au bout d'un moment.

- Si tôt ? s'affola-t-elle ?

- Tout ça doit être en première page demain pour espérer contrer l'attaque de panique de la population. On doit réagir vite et bien. Préparez donc quelque chose à dire d'ici ce soir, la conférence ne devrait pas durer plus de quinze minutes.

- Bien, je le ferai. fit la jeune fille d'un ton morne avant de quitter le bureau et de s'enfermer dans une bibliothèque, afin de préparer sa conférence de presse.

Lorsqu'il s'éveilla, Harry se trouvait toujours dans la même chambre. Il faisait toujours sombre, et il se sentait extrêmement fatigué, comme s'il avait passé des heures à courir : Il était complètement épuisé, si bien qu'il mit de longues minutes à se rendre compte que quelqu'un dormait profondément dans ses bras. Il dût bouger lors de son réveil, car Shirin ouvrit alors les yeux, et le voyant également éveillé, elle se jeta à son cou en balbutiant des mots inintelligibles, parmi lesquels Harry crut reconnaître des demandes de pardon et des excuses, pour il ne savait trop quoi. Pendant quelques instants, il la laissa faire, puis il lui demanda d'une voix rauque :

- Pourquoi dois-tu t'excuser ?

- Parce que... J'aurais dû te... te prévenir... Je savais. Je savais...

- Tu savais quoi ? De quoi aurais-tu dû me prévenir ?

- La... magie... rituel... ca... canaliser... horrible... douloureux...

Harry se souvint alors de la nuit dernière, de la douleur, du supplice qu'avait été ce rituel qui faisait passer les pires sorts de torture de Feu Lord Voldemort pour des sorts de chatouilles.

- Tu n'as pas à t'excuser, si tu ne me l'a pas dit, c'est que tu savais que je devais passer par ce "rituel" pour... pour... pour je ne sais quoi d'ailleurs, mais ce n'est pas important.

- Tu ne comprends donc rien ? s'emporta la jeune fille. Je n'ai rien dit par égoïsme, pour ne pas que tu prennes peur et que tu disparaisses, pour ne pas te perdre...

Elle laissa sa phrase en suspens, et plongea son regard dans les yeux verts du survivant qui tentait encore de comprendre le sens de ces derniers mots.

- Me perdre ? Mais pourquoi me perdrais-tu ? Je ne comprends rien...

- Je ne voulais pas te perdre... A cause de ça.

Et sans lui laisser le temps de répondre, Shirin se pencha vers lui et l'embrassa. Trop surpris pour la repousser, répondre à son baiser, ou ne serait-ce que penser, Harry resta là, sans bouger, incapable de croire ce qu'il était entrain de vivre, passant d'une indicible douleur à une autre douleur qu'il n'avait pas ressenti depuis plus de quatre ans désormais, depuis cet anniversaire au Terrier dans la chambre de Ginny, depuis ce cadeau tout aussi imprévisible que précieux offert par celle qu'il aimait alors. Celle qu'il aimait... Il comprit alors que malgré son affection et tout ce qu'il avait pu ressentir pour Ginny, trop de choses s'étaient produites depuis pour que leur histoire puisse continuer. Et parmi ces choses, une brune aux yeux verts avait vraiment tout remis en cause.

Harry resserra alors son étreinte autour de son amante, ce qui provoqua l'apparition d'un immense sourire sur le visage de celle-ci, et l'échange de quelques baisers supplémentaires.

- Une chose de réglée, reprit Shirin au bout d'un moment en riant.

- Parce qu'il y en a plusieurs autres encore ? lui demanda-t-il, avant de se redresser d'un coup, l'air choqué.

- Qu'y a-t-il ? S'alarma aussitôt Shirin. Pas une autre crise encore, le rituel est censé être terminé... Harry !

- Tout va bien, répondit-il d'une voix étrangement calme. C'est juste que... Je ne sais pas comment l'exprimer. Je ressens des choses bizarres, comme si je... Comme si je ressentais la magie qui m'entoure. Je sens la magie dans les murs de cette pièce, elle est à la fois calme et ordonnée, mais aussi déterminer à protéger l'intérieur de la chambre...

Il se détacha doucement de sa belle et ferma les yeux.

- Je ressens ta magie...

- Tu... Tu quoi ?

- Je ressens ta magie... Elle est... à la fois douce et sauvage. Je... Je pourrais la regarder très longtemps, c'est assez bizarre... Comment dire... Comme si je te connaissais depuis très longtemps.

Il rouvrit les yeux et réinstalla Shirin dans ses bras, avant de se rallonger.

- Tu verras que ce don peut être bien utile, mais qu'il est très fatiguant à utiliser dans les premiers temps.

- Je m'en rends compte, je crois que je vais dormir un peu...

- Dors, je veille sur toi. Reprit-elle doucement au bout d'un moment.

- Tu devrais en faire autant, on devra être complètement remis le plus rapidement possible.

- Pourquoi se presser ? On est pas bien là tous les deux ? demanda-t-elle avant de l'embrasser tendrement.

- Bien sûr que si, mais sans vouloir casser ces instants romantiques, j'ai trouvé comment rétablir l'équilibre de la Magie.

Et disant ces mots, il sombra dans un sommeil réparateur, suivi de près par Shirin, pressée de le rejoindre au pays des rêves.

Quelques heures plus tard, Elyor était entrain de gérer les tâches courantes liées à sa fonction lorsqu'un jeune couple entra dans son bureau privé, l'air parfaitement éveillé et visiblement très heureux.

- Félicitations mes enfants, dit-il apercevant leurs doigts entrelacés. Il semble que la Magie fasse parfois des miracles.

Harry et Shirin rougirent de concert, mais le survivant se reprit bien vite.

- M. Altis, votre fille m'a expliqué le principe de ce rituel de canalisation et d'assimilation de la Magie et j'ai pu en ressentir pleinement les effets depuis mon réveil.

- Je n'en doute pas un instant. La Magie est belle aujourd'hui n'est-ce pas ? reprit-il avec un sourire.

Pour n'importe qui qui serait entré dans le bureau à cet instant, M. Altis serait passé pour fou. Mais Harry se contenta d'acquiescer en souriant.

- Elle l'est assurément, et elle m'a soufflé bien des choses, comme le moyen de rétablir son équilibre.

- Oh vraiment ? J'avoue que j'espérais que le rituel se passe aussi bien, car cela va nous faire gagner un temps précieux. J'ai, de mon côté, retrouvé la localisation de la Pierre de Résurrection, nous allons donc pouvoir la remettre à sa place originelle.

- Quand partons-nous ? Demanda Harry, déjà prêt à en découdre.

- Dans deux jours, le temps pour moi de tout organiser, et pour vous de profiter un peu et de vous reposer, car même si c'est l'élément le plus facile à trouver, je ne doute pas que notre chemin sera long et semé d'embûches.

Ils sortirent donc du bureau sur un signe de la main du maître des lieux, et sortirent du manoir. La journée était chaude et ensoleillée, et le grand jardin offrait une multitude de bosquets à l'abri des regards. S'étant éloignés suffisamment, ils s'assirent à l'ombre d'un grand chêne et passèrent les heures suivantes à discuter de tout et de rien en se dévorant des yeux.

Depuis qu'elle avait découvert que Harry ne lui était pas indifférent, Shirin espérait en son fort intérieur qu'il en soit de même pour l'objet de tous ses désirs. Elle avait passé et repassé des dizaines de fois dans son esprit la scène idéale d'une déclaration d'amour parfaite, et avait été plus que stupéfaite de sentir Harry la serrer dans ses bras durant leur premier baiser. Depuis, sur un petit nuage, elle savourait chaque instant en compagnie de son cher et tendre, multipliant les gestes d'affection discrets et des regards bien plus expressifs que des mots. Elle ressentait toujours un peu une pointe de culpabilité vis-à-vis d Ginny, mais en même temps ne pouvait s'empêcher de goûter à la joie d'être aimée, comme si un vide s'était comblé en elle, un vide créé par la mort d'êtres chers il y a si longtemps qu'elle avait presque oublié sa présence.

- Tu m'as l'air bien songeuse... dit Harry doucement, la voyant ailleurs.

- Oui, je repensais à tout ça, à toi et moi...

- Et qu'est-ce que ça t'inspire ?

- Je me disais juste que j'ai l'impression d'avoir trouvé quelque chose de très agréable et que j'ai peur de m'y habituer trop vite.

- Je pense que tu as raison, mais il faut à mon avis que tu te contente d'en savourer chaque instant. On va avoir suffisamment de moments difficile par la suite pour ne pas en profiter.

- Avec ton aide, je pense y arriver.

Et tendis qu'ils s'embrassaient encore, elle s'abandonna dans ses bras. Tous les deux furent pendant quelques minutes bien trop occupés pour remarquer qu'une brume blanche sembla les entourer quelques instants, avant de passer par toutes les couleurs du jaune au rouge, et de disparaître.

Derrière sa fenêtre, Elyor sourit discrètement sans aucune raison apparente. A des milliers de kilomètres de là, Hermione fut subitement prise d'une étrange sensation de légèreté qui la fit rire, sans raison aucune.

Dans sa chambre du Terrier, Ginny le coeur allégé d'un grand poids se mit à écrire une lettre, scellant définitivement le sort de son histoire passée. A Poudlard, Minerva Mcgonagall se trouvait dans son bureau lorsque tous les instruments magique du bureau directorial se mirent à bourdonner et à cliqueter en même temps.

- Je n'espérais plus voir ce phénomène depuis longtemps, dit une voix grave derrière elle.

- Albus, même mort vous saurez toujours des choses que j'ignore. reprit la directrice d'un thon mi-amusé, mi-exaspéré.

- C'est à la fois la chose la plus simple et la plus complexe du monde, reprit-il énigmatiquement avant de s'endormir dans son cadre brodé d'or.