Lungarden/Robotfan : Ce n'est que le début ! Les petites demoiselles ont encore du chemin à faire. Imaginez un peu Comme un Homme (Mulan) version Sororité x"D

La Sororité

Assignée pour curer les toilettes, maintenant… décidément, elles ne manquaient pas d'imagination les supérieures… à croire que les femmes étaient beaucoup plus sadiques que les hommes sous certains angles. Ses yeux se fermaient malgré elle… mais son entraînement alternatif était nécessaire… son objectif : dormir que d'une oreille pour être « prête » à la prochaine Nuit. C'était bien, mais Karen voulait faire plus ; lors de ses pauses la jeune fille observait les Sœurs se battre, pour s'inspirer d'elles. Quoique l'on pouvait dire sur les traitements des recrues, les Aînées étaient fortes, avec de l'expérience. Elles savaient innover… s'adapter. Devrait-elle prendre exemple sur les grandes ? Elle avait entendu un Maître d'arme dire à une récente Sœur de se fier à son environnement, d'utiliser tous ses sens.

« Si la vue ne te sert à rien, utilise ton ouïe. Si l'ouïe ne te sert à rien, utiliser l'odorat. Si l'odorat ne sert à rien, utilise le toucher… » et ainsi de suite.

Soudain, cela fit tilt dans sa tête : elle avait des sens beaucoup développés que la moyenne ! Pourquoi ne pas se servir de cet avantage pour anticiper la venue des Aînées ? Elle se frappa le front « quelle idiote… la solution est devant mon nez… » avec un sourire, elle se promit de tester, d'aiguiser elle-même ses capacités. Ainsi pourrait-elle se protéger et montrer qu'elle n'était pas une mauviette à prendre à la légère. La flamme allait se nourrir d'un nouveau combustible.

Pour cette journée, elle fit du repérage, à la recherche du lieu propice à ses cessions privées. Elle découvrait des lieux incroyables, peu utilisés par les habitantes. Une aubaine. Plus elle s'aventurait, plus elle comprenait un peu plus le système des canaux… dont certains étaient des raccourcis. « De toute façon, on dirait que les recrues doivent se débrouiller toute seule… du moins pour l'instant. Alors bon, quoi de mieux que de prendre de l'avance ? »

Elle commencerait demain, vu son emploi du temps, elle pouvait se le permettre. En fait ils changeaient à chaque début de semaine. Une nouvelle « adaptation » dans cette étrange école…

ooo

Juen Li écrivait sur un parchemin, une lettre à l'Empereur. Elle était excédée, Godo réduisait encore le ravitaillement de l'école. Entre ça et les tensions diplomatiques contre la Shinra suprématiste et l'orgueil de leur souverain… elles n'étaient pas aidées. Minh Tâm entra dans son office :

-De mauvaises nouvelles ?

-Juste un petit rappel à l'ordre à notre Empereur. Je tiens à ce que mes filles aient ce dont elles ont besoin. Ta visite n'est pas un hasard, un souci ? Une fille a voulu s'échapper ?

-Je l'ignore, je viens parler au sujet de Karen. Depuis sa première nuit, elle rôde dans des zones isolées, y faisant on ne sait quoi. Cela fait deux mois qu'elle est là et entreprend ce même rythme. S'adaptant au moindre changement. Et je viens d'apprendre que cette nuit, elle n'était pas dans son lit, ayant prise de court Ling. Elle a réussi à s'emparer de son couteau à la ceinture et a menacé de lui trancher la gorge.

Elle se tourna vers elle, haussant du sourcil : ces derniers temps elle en entendait beaucoup parler de cette petite… enfin… comme si elle était la seule : Vuong Chan et Xian Ying semblaient elles aussi occupées à faire quelque chose. Elle esquissa un petit rictus :

-Auraient-elles compris quelque chose qui nous semblent évident… convoque-les, demain. On tient peut-être des petites prometteuses…

Minh Tâm s'inclina avec un sourire. Elle devait s'en douter. Les Aînées n'étaient pas seulement là pour faire des misères aux recrues, elles les observaient de loin, repéraient qui pouvait être prometteuse ou non et ennuyaient celles qui avaient un potentiel à apporter à la Sororité. Le travail mental comptait plus que le travail physique. Elle rédigea dans sa loge une convocation pour les trois demoiselles, sur des papiers faits de papyrus. La matière était unique, et posé d'un sceau, un administrateur de la Cour Impériale savait que le message serait de la plus haute importance. Durant sa rédaction, la prêtresse de l'école, Mayuki, passa dans le couloir, afin de rendre visite à Juen Li. Ayant un grand rôle dans la Sororité : elle vivait uniquement pour obéir à la volonté du Leviathan en tant que Priante et Invoqueuse.

Pour un étranger, elle aurait le nom de sorcière. C'était elle qui préparait les herbes, les potions et les remèdes dont avaient besoin les filles ici. Gardienne du Sanctuaire, la jeune femme maintenant âgée de 20 ans avait bénéficiée d'une formation spéciale, en tant que telle. L'Elue du Leviathan n'en demeurait pas moins redoutable et son arme de prédilection était la faux. Si bien qu'elle en manipulait deux. L'Invoqueuse était presque fantomatique ; le teint blanc, les cheveux étrangement cendrés, qui faisait ressortir ses yeux ambre et vêtue d'un grand kimono de cérémonie. Elle ne sortait presque jamais du temple, sauf pour visiter Juen Li, qui était sa plus grande confidente. Dans l'office, la Doyenne servit du thé à la prêtresse.

-Ta venue n'est pas un hasard, en cette Nuit des visites.

-Je t'avais prévenue que la Flamme s'embraserait vite. Elle se nourrit du bois qu'on lui offre et l'adapte à ses besoins. Tu en as encore eu la preuve ce soir.

-Elle est encore jeune, elle commence à peine à comprendre le système, mais j'avoue qu'avec ses deux camarades, elles seront d'excellentes filles pour nos rangs.

-Les avoir convoquées est une bonne initiative. Mais je ne suis pas uniquement venue pour ça. Je viens aussi parler… de Godo.

-Ah… l'homme qui nous sert d'Empereur… son père et son grand-père n'auraient jamais laisser entrer des étrangers sur cette bonne terre. Tiens, lis la lettre qu'il vient de m'écrire.

La prêtresse posa ses yeux sur le feuillet avec le cachet impérial. Après quelques minutes de silence, elle regarda ailleurs… s'attardant sur les grandes orfèvreries qui décoraient la loge de la Doyenne. Tout était en bois verni. La pièce était grande, Juen Li était assise à son bureau, juste à côté d'une fenêtre qui donnait une vue imprenable sur l'école et la région marécageuse. Des statues à l'effigie du Leviathan ornaient la salle, avec des tapis de soie, des estampes et des armes présentées sur les murs. Au fond, la cuirasse de la Doyenne posée sur un mannequin. Sur le pan d'un mur, un autel était érigé avec des photos et des peintures : elles représentaient les Doyennes précédentes de l'école. Le tout était éclairé par des bougies et des lampes, offrant une atmosphère qui détendit un peu Mayuki :

-On n'est pas aidée ces dernières années… mais ce n'est pas nouveau que l'Empire veuille nous affaiblir. Mais ont-ils seulement oublié le lourd tribut que nous avons payé, il y a 500 ans ? Quand notre école a été fondée par des anciennes esclaves, qui ont donné leur sang pour détrôner le tyran qui a usurpé la famille Kisaragi, la famille a prêté serment de venir en aide à l'école. Aujourd'hui, nous avons besoin de ce soutien promis. A moins que ce ne soit ce que nous ayons toujours cru des hommes : si puissants soient-ils, ils ne prononcent que des paroles en l'air. A moins que ce ne soit une femme qui prenne le pouvoir. Et là, nous tenons notre espoir : l'épouse de Godo a donné naissance une fille. Nous devrions en tirer profit et amener quelques-unes de nos filles à la Cour.

-Toi, Mayuki, voudrais user de notre influence pour que nous puissions faire entendre nos voix ? En manipulant la future princesse ?

-Les temps sont durs. Elle vivra dans la guerre, Juen Li. Ne crois-tu pas qu'il est nécessaire pour le bien du Wutai de faire ce qui semble juste ?

-Laissons la politique de côté, nous sommes là pour défendre et tourner la guerre à notre avantage.

-Tout cela revient au même pour la Shinra. Sélectionne tes quatre filles, engage-les dans les quatre plus grandes factions de l'armée Impériale : l'Oiseau Vermillon, Le Tigre Blanc, Le Dragon Azur et La Tortue Noire. Et fais-en sorte qu'elles soient au plus proche de la fille de Godo

-Elles sont encore jeunes, Mayuki. Donne-moi 2 ans pour les former correctement.

-Les présages sont favorables. Tu auras 2 ans.

ooo

Minh Tâm sortit et se dirigea vers les terrains d'entraînement. Le nombre d'élèves avait drastiquement diminué, mais après tout, la Sororité ne choisissait que les meilleures des meilleures. Elles avaient une réputation à tenir. Fang Ying s'occupait de Xian Ying et de Vuong Chan, depuis leur entrée à l'école, à savoir deux mois auparavant, elles étaient inséparables, et agissaient toujours ensemble. On les nommait les jumelles, en raison de leur grande proximité. Si bien que si une avait des ennuis avec une Aînée, l'autre n'était pas loin pour prendre la défense et vice-versa. Quand la Maître d'Arme croisa l'instructrice, elles s'interrompirent et s'inclinèrent en respect devant la supérieure.

-Rompez. Je viens vous apporter à chacune une convocation de la part des Doyennes.

Fang Ying haussa du sourcil, mais ne pipa mot. Les deux recrues se regardèrent, allons bon qu'avaient-elles faits pour que les Doyennes s'intéressent à elle… elles prirent chacun leur lettre, soudainement soucieuses :

-Ce n'est pas une convocation de renvoi, si ? demanda Vuong Chan

-Comment cela, jeune fille ? Si c'était un renvoi, tu aurais déjà fait tes bagages ce matin à la première heure.

« On ne sait jamais avec l'organisation détraquée de cette institution… ». Elle finit par obtempérer et les deux nouvelles saluèrent leurs supérieures avant de se mettre en route. Lorsqu'elles furent un peu plus loin, elles prirent le temps de lire.

(Une écriture calligraphiée en caractère traditionnel, avec une encre ferrique)

Xian Ying,

Je te convoque aujourd'hui même et t'attends si tôt que tu auras reçu cette missive. Ne te pose pas de question et rejoins-moi au plus vite à mon office.

Juen Li, Doyenne de la Sororité

Hormis le caractère officiel et solennel de la demande, les deux jeunes se regardèrent :

-On va voir Juen Li…

-D'accord, ça devient effrayant…

-Tu crois qu'elle est au courant pour notre… secret ?

-J'espère pas ! On a toujours fait attention

-Xian Ying ? Vuong Chan ?, les appela Karen qui vint à son tour, vous aussi alors ? Vous avez reçu la lettre ?

-Ah ?

-Toi aussi ?

-… ça ne doit pas être pour la même chose… bon allons-y

Décidées à élucider ce mystère, elles se mirent toutes les trois en route. Les questions se bousculaient dans leur tête. Que la Doyenne convoque des recrues était un cas très rare. Karen était prête à affronter sa colère. Lors de la Nuit des visites, elle avait anticipé. Les pas de Ling l'avaient alerté, elle était sortie du lit, s'était cachée à l'embrasure d'un mur… malgré la peur de se tromper, de faire une erreur, elle ne voulait pas revivre l'enfer de la dernière fois… quand la porte s'était ouverte… elle s'était jetée sur l'Aînée, n'ayant pas cherché à savoir qui c'était. Elle était là pour faire du mal, mais ne lui en avait pas donné ce plaisir… avec une adresse peu commune, elle était parvenue à prendre son couteau à la ceinture… et l'avait glissé sous sa gorge… Ling avait été prise de court, cette inattendue riposte, avait montré que Karen était décidée à se battre… pour sa survie. Son regard avait montré une braise ardente, ses yeux si particuliers… que Ling abandonna, mais ses mots vibraient encore en elle :

« Juen Li sera au courant, Fille du Feu »

Que la Doyenne fût au courant, elle s'en fichait. Elle voulait juste survivre. Mettre en application ce qu'elle avait appris jusqu'ici pour résister, être forte… si c'était là le vrai enseignement de l'école de la Sororité.

Vuong Chan et Xian Ying étaient inquiètes du silence la rouquine. Craignait-elle quelque chose ? Y avait-il quelque chose qu'elles ignoraient ?

-Karen, il y a un souci ? demanda alors Vuong Chan

-Je crois savoir pourquoi je suis convoquée… j'ai défié une Aînée hier soir… lors de la Nuit…

-C'est pas vrai, comment t'as fait ?

-Eh bien… surtout ne le dites à personnes, mais je me suis entraînée… seule… j'ai aiguisé mes sens… donc je l'ai entendu arriver…

Les deux n'étaient en fait pas surprises. Elles se regardèrent avec un sourire :

-Nous aussi on a pris les devants. On s'entraîne de notre côté.

-Imagine avec des balais et des seaux !

Ce qui rassurait Karen… elle afficha un sourire :

-Alors vous aussi vous vous cachez quelque part pour…

-Peaufiner ? oui ! répondit fièrement Xian Ying, on ne veut pas se laisser faire.

Alors elles aussi avaient compris le système ? Elle se sentait moins seule d'un coup… Karen les serra dans ses bras, le cœur plus léger :

-En route.

ooo

-Savez-vous pourquoi je vous ai fait venir mesdemoiselles ?

Elles ne répondirent pas, laissant Juen Li reprendre la parole :

-J'ai eu vent de quelques-unes de vos actions. On dirait que le travail fourni n'est pas suffisant.

-Est-ce mal de prendre des initiatives ? rétorqua aussitôt Karen, on a bien compris qu'ici, il faut s'adapter et anticiper.

-Au point même de menacer une Aînée avec un couteau ?

La voix tranchante et accusatrice de Juen Li agita les « jumelles ». Ça sentait mauvais d'un coup… mais Karen serra son poing, prête à répondre. Minh Tâm leva la main, pour l'arrêter.

-Ne gaspille pas ta salive, Fille du Feu. Nous vous avons fait venir pour vous dire que votre initiation s'arrête ici. Le vrai travail va commencer pour vous trois. Vous allez être formées pour être des Sœurs.

La tension laissa place à la joie, mais aussi à l'incompréhension. Vuong Chan s'avança à son tour :

-Donc… tout ce qu'on a vécu c'était une… initiation ?

-En quelque sorte. Du moins pour vous apprendre à résister à l'humiliation, à faire de vous des femmes insoumises, qui n'obéissent qu'à leurs lois. Les Aînées vous ont observées, provoquées, humiliées pour voir jusqu'où vous irez. Vous vivez dans le monde des hommes, beaucoup d'entre vous ont pour idée que la femme doit obéir aux hommes, en tant que femme au foyer. En entrant dans la Sororité, vous vous détachez de ce monde, pour entrer dans celui,d'une combattante. Comprenez-vous mieux maintenant ? Nous ne sommes pas des sadiques qui prenons plaisir à vous faire souffrir. C'est le monde qui vous fera souffrir, préparez-vous à avoir des moments aussi difficiles que ceux que vous venez de vivre.

Elles étaient résolues… une Aînée les attendait déjà pour les guider dans le Temple. Elles prêteraient serment là. Elle avait un regard différent, elle souriait devant les recrues. D'un signe de tête, elle les invita à les suivre. Ce que firent les futures Sœurs. Karen lança un dernier regard à Juen Li.

-Nous nous reverrons, Karen. Je te formerai moi-même, ne me déçois pas.

C'était la première qu'elle l'appelait par son nom… elle inclina la tête, avant de partir. Le Temple était le bâtiment central de la citadelle. La prêtresse les attendait et les salua :

-Bienvenues au Temple du Leviathan. Les autres vous attendent. Vous êtes les 3 dernières.

Les portes s'ouvrirent sur une somptueuse salle, avec les bannières du Wutai. Un grand dragon d'or sur fond gueule, entremêlé de flamme. Des Aînées et des nouvelles Sœurs étaient là, attendant les retardataires. La cérémonie pouvait commencer.

Assises sur des coussins, elles prièrent le Leviathan, leurs ancêtre… elle remerciait le Dieu Dragon pour les avoir guidées jusqu'ici. On posa à leurs pieds les uniformes de la Sororité. Elles n'avaient plus à porter de vieilles friches…

-Ici commence la renaissance des nouvelles Sœurs. Les derniers moments de leurs vies de fille au foyer, s'arrêtent ici. Le Leviathan vous a choisies comme ses élues. Vous êtes désormais les filles du Leviathan. Protégez sa terre au péril de vos vies. La Sororité est votre famille maintenant, annonça la prêtresse, venez donc, mes filles, venez prêter serment.

Ce que firent les six filles. Devant elles, des tasses de thé étaient servies. Quand elles burent, elles répétèrent le serment donné par Mayuki :

Malgré les chaînes de l'obscurité, je vois la Lumière

Les eaux et les marées d'une mer déchaînée.

Là, un Serpent se dresse, je m'incline devant lui et prête serment :

Leviathan, Seigneur du vrai Wutai,

Ma vie est liée à toi. Ma lame est tienne.

Ton rugissement est un appel, je l'entends et t'obéis.

A l'image de tes écailles, mon corps sera une muraille,

A l'image de tes nageoires, ma lame sera un raz-de-marée

Je suis ton enfant, je suis une Sœur, le Wutai est mon foyer

Contre les traîtres, contre les envahisseurs, ma lame sera le châtiment.

Pour ce jour, jusqu'à la fin.