... Bonne année 2023.
Bon OK j'ai ENCORE posté un nouveau chapitre à une nouvelle année mais Hey, mon dernier chapitre date d'octobre, on est en janvier donc j'ai pas mis 12 mois à écrire donc c'est déjà une bonne chose (j'imagine ?)
Encore une fois MERCI BEAUCOUP pour tous les commentaires que vous me laissez ça me fait très plaisir et ça m'encourage, à l'heure où j'écris ces lignes il est 1H07 du matin et j'ai relu en boucle vos comm pour me booster à finir mon chapitre (que j'ai fini y a 15 minutes mais il faut que je fasse la chasse aux fautes mdr). ET ce chapitre, quel chapitre hein il se passe pas mal de trucs du côté de Makoto pour une fois. Plonger dans la psyché de ce personnage n'a pas été facile surtout qu'il a beaucoup de contradictions et tout...( je dis ça alors que je l'ai littéralement inventé enfin bref)
fun fact : j'y connais pas grand chose au système scolaire japonais donc disons qu'ils sont en vacances ok
fun fact 2 : de manière générale ne soyez pas trop regardant pour certains trucs c'est une fanfic donc jme permets tavu (lol)
Fun fact 3 : faites pas gaffe aux fautes d'orthographes svpp je fais comme je peux snif T-T
TW : relation toxique, abusive, tentative de viol, agression sexuelle et violence conjugales.
Bref, c'est un peu lourd psychologiquement mais j'imagine que vous avez l'habitude hein, le ton de la fic est un peu sombre *euphémisme*
N'hésitez pas, comme toujours à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire 3
POUR LES GENS PRESENTS POUR LE 1827 PAS D'INQUIETUDE, car c'est le dernier chapitre qu'on verra du pdv d'un de mes OC, les chapitres d'après c'est full romance 1827 (oui il aura fallu 20 chapitres et 118k pour en arriver là mais on aime le slow burn ici)
SUR CE bonne lecture.
Akane : Salut, merci encore pour ton commentaire ! Alors non, je lâcherais pas cette fic franchement même si je mets 10 ans à la finir je compte très sérieusement la finir, ne t'en fais pas là-dessus ! Après une autre fic ? Je pense que j'en écrirais sur ce fandom mais pas quelque chose d'aussi long à priori mdrr je pense avoir des vieux OS dans mes placards si je leur redonne un coup de jeune je les posterais ahah !
Guest : contente que le chapitre t'ai plu :)
Quand Makoto a dix ans, Sawamura Tomoko revient au Japon avec ses parents après deux longues années passées à l'étranger.
Avant ça, ils étaient meilleurs amis, leurs familles se connaissaient, ils jouaient constamment ensemble.
Mais avec son départ, leur lien s'était brisé et ils s'étaient éloignés.
Alors quand elle revient, Makoto la déteste.
Tomoko est une petite fille parfaite. Elle est déléguée de leur classe, elle est intelligente, souriante, ses deux tresses bougent à chaque fois qu'elle parle et puis elle est l'une des plus fortes dans leur club de taekwondo.
Elle est parfois un peu colérique et laisse la violence et l'impulsivité diriger ses actions mais malgré ça, tous les parents l'adorent.
Makoto déteste la manière dont son père utilise toujours cette fille pour le rabaisser.
« Tu te rends comptes Makoto, c'est une fille et elle est capable de tout faire bien mieux que toi » ou « Vous avez tous les deux dix ans mais elle est tellement plus intelligente que toi, plus forte que toi, plus… ».
« Comment est-ce que tu espères prendre ma suite si tu continues d'être aussi inutile et faible ? Je ne serais pas toujours là pour te protéger. Tomoko l'a très bien compris, elle se débrouille parfaitement toute seule. »
Makoto était petit, gros, maladroit et peureux au grand désespoir de son père. Tomoko représentait un modèle de perfection que son père attendait de lui.
Ce n'était pas comme s'il ne voulait pas prendre la suite de son père et ce n'était pas non plus comme s'il ne se donnait pas du mal pour répondre à toutes ses attentes mais rien ne semblait jamais le satisfaire. Et Makoto en avait juste assez d'être un raté aux yeux de son modèle.
— Si tu l'aimes tant que ça cette fille eh bah… Eh bah t'as qu'à en faire ta fille à ma place ! explosa un jour Makoto durant le diner, après une énième comparaison.
Satoshi et Hoshiko le fixèrent, surpris avant que l'homme n'éclate d'un rire tonitruant sous l'œil réprobateur de son épouse.
— Tu n'as pas tort mon fils, avait-il dit.
Et la semaine suivante, Tomoko débarquait chez eux avec ses parents pour prendre le thé et jouer avec Makoto, « Comme au bon vieux temps, » s'amusait à dire la mère de Tomoko.
Il n'avait jamais été autant en colère contre son père.
Il s'avéra que Satoshi était intéressé par le potentiel qu'avait la gamine et comptait bien remplacer Makoto en tant qu'héritier de l'empire FIVE. Fort heureusement pour le jeune garçon, les Sawamura n'avaient aucune envie de laisser leur fille s'exposer à de tels dangers.
Satoshi n'avait pas abandonné l'idée mais il s'avérait bien moins insistant et en attendant, Makoto se retrouvait forcé de trainer avec « Miss parfaite ».
Malgré tous les efforts qu'il faisait, il n'arrivait pas à la battre, ou la dépasser dans quelque discipline qu'il soit. Tomoko était toujours la meilleure.
Elle ne semblait pas spécialement s'en vanter. Elle encourageait même Makoto et essayait de lui prodiguer des conseils, comme si l'humilier n'était pas suffisant.
— J'arrive pas à la battre, je suis trop nul, pleura un jour Makoto.
Sa mère caressa gentiment ses cheveux en le serrant contre elle.
— Mon chéri, tu n'es pas nul. Dans la vie, tout le monde a des forces et des faiblesses, c'est ce qui nous rend humain. Le plus important c'est de savoir comment bien les utiliser afin de trouver un équilibre. Tomoko semble naturellement savoir comment user de ses forces à son avantage mais si tu trouves ses faiblesses, tu pourras les utiliser contre elle et la surpasser, lui expliqua-t-elle.
Hoshiko avait toujours été une femme intelligente. Satoshi disait toujours que c'était à cause de Makoto qu'elle avait arrêté ses études à l'étranger. Hoshiko ne semblait pas regretter sa période étudiante et disait toujours qu'elle aimait s'occuper de leur petite famille.
Makoto n'était jamais capable de distinguer quand sa mère mentait, elle avait un trop bon contrôle de ses émotions pour ça.
— Mais comment est-ce que je trouve ses faiblesses ? Et si je me trompe et qu'au final, ça l'aide plus qu'autre chose ? demanda le petit garçon.
— Il faut que tu te rapproches d'elle, essaye de devenir son ami de cette manière elle te dira plus facilement ses petits secrets. Ensuite, se tromper n'est pas la fin du monde Makoto, il faut que ton père arrête de te faire croire ça. Tu t'en sortiras mon cœur, j'ai confiance en toi, lui sourit-elle, embrassant sa joue.
C'était peut-être l'une des seules personnes au monde à croire en lui et rien que pour ça, Makoto ne voulait pas la décevoir.
...
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Tomoko, quand on apprenait à la connaître, était une fille maladroite, beaucoup trop honnête pour son propre bien, impulsive, (trop) empathique avec une tendance à jouer les héroïnes parce qu'elle se sentait seule quand ses parents n'étaient pas là.
Elle était par-dessus tout très naïve, mais c'était suffisamment bien caché pour que personne n'y prête réellement attention.
Tant de défauts qui la rendaient tout à coup bien moins parfaite aux yeux de Makoto et surtout… Plus appréciable.
Ce n'était pas bien.
Il n'appréciait pas Tomoko, il la détestait, la jalousait. S'il se mettait à l'apprécier ce serait comme admettre qu'il était en dessous d'elle et qu'il était nul. Makoto allait la surpasser et un jour elle serait à genoux devant lui alors l'apprécier ne servait à rien et n'avait aucun sens.
Malgré tout ce que se disait Makoto, ses résolutions finirent par définitivement s'ébranler le jour de ses onze ans.
...
...
Le jour de son anniversaire, Makoto est seul chez lui et il pleut.
Son père est en voyage d'affaire en Corée et sa mère était en croisière avec ses amies. Elle aurait dû rentrer deux jours plus tôt mais son retour avait été retardé à cause d'intempéries sur la mer.
Alors Makoto était seul.
Ce n'était pas comme si ça le dérangeait réellement, après tout il avait l'habitude de rester seul chez lui parfois mais… Souffler ses bougies dans une maison vide et froide avait quelque chose de triste.
Même s'il n'était pas vraiment triste.
Soudain, quelqu'un sonne à la porte de chez lui.
Makoto n'attendait personne. Et son père lui avait dit de toujours se méfier des gens qui se pointaient sans avoir annoncé au préalable qu'ils venaient.
L'enfant s'approcha lentement de l'entrée, prenant doucement la batte de baseball dans le porte parapluie et serra le manche, le cœur battant.
On sonna encore.
— Ma-kun t'es là ? résonna la voix fluette de Tomoko de l'autre côté.
Makoto lâcha un petit soupir de soulagement (parce que soyons honnête, si ça avait été un véritable ennemi, il n'aurait pas pu faire grand-chose) avant de reposer sa batte de baseball. Au moment où sa main se posa sur la poignée pour ouvrir la porte, il eut un instant d'hésitation. Qu'est-ce que lui voulait Tomoko ? Et puis, avait-il réellement envie de voir sa rivale le narguer le jour de son anniversaire ?
— Je sais que c'est ton anniversaire et je voulais… Enfin, je veux dire… commença-t-elle, de l'autre côté de la porte.
Le bref silence marquait son hésitation.
— Je sais ce que ça fait de passer son anniversaire seul et je me disais que ça te plairait d'avoir un peu de compagnie ?
Pendant un instant, Makoto ne sait pas quoi dire. Il fixe silencieusement la porte, écoute le bruit de la pluie qui s'abat sur le sol de l'autre côté et se demande sincèrement si ce qu'il se passe est réel. Si Tomoko est parfaite à ce point-là, si elle se soucie de lui de cette manière.
Personne ne s'est jamais autant soucié de lui. Makoto sait que même si son père l'aime, il reste une sorte de fardeau, une faiblesse présente dont il se serait bien passé. Quand il le regarde, il ne cache même plus la déception qu'il ressent envers lui. Quant à sa mère, la façon dont elle s'absente épisodiquement pour des sorties avec ses amies le plus loin possible de chez eux le fait se questionner sur la manière dont elle le perçoit. Makoto sait juste que sa mère ment très bien.
— Makoto ?
Il revient à lui et pose la main sur la poignée de la porte pour l'ouvrir.
Tomoko est sur le pas de la porte, ses longs cheveux noirs détachés pour une fois, mouillés par la pluie, comme tout le reste de son corps. Elle ne porte pas ses lunettes habituelles et Makoto ne la trouve jamais aussi belle qu'à cet instant présent. Son t-shirt blanc est transparent et laisse voir la couleur de sa brassière noir et Makoto est prêt à détourné le regard, embarrassé, quand il voit ce qu'elle tient dans ses mains.
Le gâteau au chocolat est protégé par un couvercle en plastique transparent mouillé par la pluie. Il peut voir écrit un « JOYEUX ANNIVERSAIRE MAKOTO » au glaçage blanc qui contraste avec la couleur sombre du gâteau. Les caractères sont tremblants, comme si la personne s'était concentrée pour que ce soit parfait sans parvenir à le rendre parfait.
Il lève les yeux vers Tomoko qui se contente de lui sourire.
Ce n'est pas comme si c'est la première fois qu'il la voit sourire mais la manière dont tout son visage s'illumine lui retourne l'estomac. Son cœur bat plus fort que d'habitude.
— C'est toi qui l'as fait ? demanda-t-il sur un ton qui se voulait froid.
— Oui, j'ai mélangé du-
— Pourquoi ?
Tomoko se tut immédiatement en le regardant.
— Pourquoi est-ce que tu fais tout ça ? Pourquoi est-ce que t'essayes à tout prix de faire ton petit numéro de miss parfaite avec moi ? Tu crois que j'y vois pas clair dans ton jeu ?
La gamine perdit son sourire, ses sourcils se fronçant, exprimant sa confusion.
— Makoto… T'es mon ami. Mon meilleur ami. C'est ce que font les amis, se soutenir pendant les moments difficiles. Et je sais que parfois, c'est difficile d'accepter de l'aide des autres mais… commença-t-elle doucement.
Une expression triste passa sur son visage et elle fit nerveusement passer une mèche de ses cheveux derrière son oreille avant de regarder Makoto dans les yeux, l'air déterminée.
— Moi je suis prête à t'aider et à t'épauler et je… Je demanderais jamais rien en retour, je te promet ! Je serais toujours là pour toi tu sais ! Parce que… Parce que, c'est ce que font les amis. Je te laisserais jamais seul parce que, je sais ce que ça fait d'être seul et de se demander si on mérite de l'être. Alors…
Elle tendit le gâteau vers le garçon, le plaquant presque contre sa poitrine.
— Tu peux le jeter si t'aimes pas et si tu veux pas de moi ici je peux partir mais juste… Accepte le.
Il y avait quelque chose dans le ton de sa voix, dans son regard, dans la manière dont les gouttes de pluie retraçaient chaque détail de sa peau, qui firent tomber Makoto amoureux d'elle. À ce moment précis, la seule pensée qui le traversa fut « Merde, je crois que je l'aime ».
Ce fut à la fois une catastrophe et un miracle.
...
...
...
Après cet évènement, Makoto et Tomoko se rapprochèrent encore plus, si possible, et devinrent inséparables. Ils allaient toujours aux entrainements de taekwondo ensemble, rentraient de l'école ensemble, allaient à l'école ensemble, et passaient le plus clair de leur temps l'un chez l'autre.
D'une certaine façon, cela aida Makoto à prendre plus confiance en lui, s'améliorer au taekwondo et perdre du poids. Sa mère voyait ça d'un œil bienveillant mais son père soupirait toujours quand il le voyait se séparer de Tomoko à la fin d'une longue journée passée ensemble.
Il lui avait toujours dit que l'amour était une faiblesse. Ce n'était pas forcément quelque chose de négatif mais chaque ennemi savait où attaquer pour faire plus mal. Makoto n'avait pas encore d'ennemi mais s'ils apprenaient qu'il appréciait Tomoko, elle deviendrait leur cible.
Makoto devait la protéger.
Mais comment protéger quelqu'un de plus fort que soit ? Comment protéger quelqu'un qui n'avait pas besoin qu'on la protège ?
La réponse arrive quand ils ont quatorze ans et que ses parents meurent.
...
...
Sa vie change drastiquement à ce moment-là et Makoto réalise alors deux choses.
La première, c'est qu'il est bien trop faible.
Trop faible pour ne serait-ce que défendre sa mère, morte en essayant de le protéger, trop faible pour faire autre chose que pleurer et trembler comme un poussin quand on le menace d'une arme, trop faible pour se battre, défendre le peu d'honneur qu'il lui reste, défendre l'honneur de sa famille.
Tomoko est venue le sauver.
Tomoko, du haut de ses quatorze ans, ses longs cheveux noirs attachés en une natte serrée, ses lunettes sur le nez, son uniforme tiré à quatre épingles sur elle et ses converses préférées aux pieds avait traversé la ville pour le sauver. Elle s'était battue pour lui. Elle avait tué pour lui.
Tomoko a toujours été forte et c'est peut-être ce sauvetage inespéré qui lui fait réaliser la deuxième chose.
Il ne veut plus être faible.
Être faible c'est être dépendant, c'est ne plus avoir le droit de choisir sa destinée. Être faible c'est devenir un pantin.
Makoto l'a très bien compris avec son oncle.
Dès que son père est mort, il s'est empressé de prendre le contrôle du gang, d'imposer ses règles, de défaire tout ce que son père avait construit pour y apporter sa touche personnelle. Et Makoto avait beau être un gamin et ne pas y connaître grand-chose au business que gérait sa famille, il voyait bien que son oncle tirait beaucoup trop avantage de la situation.
Mais il ne pouvait rien y faire car il était bien trop faible.
Le seul moyen qu'il avait de pouvoir prendre le contrôle du gang et venger ses parents était de devenir plus fort et pour ça, il avait besoin de Tomoko.
Il aime toujours Tomoko aussi fort mais quelque chose a changé dans la façon dont il la voit depuis l'incident.
Tomoko n'est plus une fille parfaite, elle est un atout majeur. Ce n'est plus la fille qu'il aime, c'est sa plus fidèle alliée. Tomoko ne le laisserait jamais tomber et a déjà montré à maintes reprises qu'elle lui était loyale. Il n'y avait pas de Makoto s'il n'y avait pas de Tomoko.
Ça l'arrangeait et le rassurait.
Le monde de la pègre dans lequel il s'était plongé pour prendre la suite de son père était un monde dangereux, vicieux et violent. On ne pouvait y faire confiance à personne. Makoto en grandissant et en se heurtant à de nombreuses trahisons finira par le comprendre.
Il faut s'endurcir si on veut survivre. Il faut devenir fort.
Il doit devenir fort pour protéger Tomoko, pour ne plus jamais faillir à ceux qu'il aimait.
Alors Makoto s'entraine. Et quand il comprend que tout ça, ce n'est pas pour Tomoko, qu'elle ne le supporte pas, il décide de la laisser partir, il décide de s'éloigner d'elle pour continuer à être plus fort. Pour enfin lui être digne.
Quand il revient après deux mois, il n'est plus le même.
...
La première fois qu'il embrasse Tomoko, ses lèvres sont salées, comme le goût de ses larmes. Il y a du sang sur son visage, ses mains sont rouges et son corps entier tremble. La panique se lit dans son regard derrière ses lunettes et ses longs cheveux ne sont pas nattés pour une fois, ils partent dans tous les sens.
Il la trouve belle.
Il la trouve belle parce qu'elle exprime une telle fragilité qui contraste avec toute la force qu'elle possède en elle. La Tomoko en face de lui est une adolescente de quinze ans qui vient de voir son meilleur ami tuer un homme sous ses yeux par un simple accès de colère. Elle a peur, elle est bouleversée et elle est si humaine, si imparfaite, que ça la rend belle. Il ne l'a jamais autant aimé qu'à cet instant-là.
Il caresse doucement sa joue, essuie le sang sur son visage et essuie ses larmes.
— Tout va bien To-chan. Je suis avec toi d'accord ? Rien ne pourra jamais t'arriver tant que je suis là, lui dit-il gentiment.
De la même manière qu'il avait eu besoin d'elle quand il avait été faible et démuni, elle avait désormais besoin de lui et il était là pour elle. Il n'y avait plus de Tomoko s'il n'y avait pas de Makoto.
Et lentement, elle acquiesce, se laisse aller contre lui et s'accroche à lui. Il n'y a rien de plus beau que la voir lui accorder sa confiance aussi facilement.
Peut-être que ce moment-là aurait dû être un indice, un signal clair et évident que leur amour n'était rien d'autre qu'un mélange malsain de dépendance, de chaos et de violence. Mais même si Makoto le savait, il n'en n'avait rien à faire.
...
La première fois que Makoto la frappe, c'est après leur première grosse dispute.
Un des contacts d'un gang allié a informé l'oncle de Makoto qu'il y avait une taupe dans leurs rangs. Il a donc rendez-vous avec lui, dans une ville voisine pour mettre au clair cette histoire et éventuellement punir le ou les concernés. Le truc c'est que, Makoto sait pertinemment que le traître n'est autre que son oncle lui-même qui prévoit depuis un moment de l'assassiner afin de ne pas avoir d'opposant au poste de leader. Depuis quelques semaines il le soupçonne et ses doutes ont été récemment confirmés par Tomoko.
Elle est la seule personne à qui il peut faire confiance, et même si elle ne veut plus être impliquée dans ces histoires, elle n'hésite pas à agir quand il s'agit de la protection de son petit-ami.
Alors Makoto se demandait de quelle façon il allait exposer la vérité au reste de leur gang et de quelle manière il allait tuer son oncle. Il y réfléchissait à voix haute, proposant ses idées à Tomoko, en attente de son avis.
Mais Tomoko n'était pas d'accord. Elle pensait qu'aller à ce rendez-vous c'était se jeter dans la gueule du loup, que ce serait bien trop dangereux.
Et la dispute éclata.
Makoto et Tomoko ne se disputaient pas souvent et la plupart du temps, Tomoko ressortait victorieuse de leurs altercations, prouvant encore et toujours qu'elle savait mieux que lui, qu'elle était la plus mature et sensées d'eux deux. Qu'elle était comme toujours la meilleure, la plus parfaite.
Mais les choses ont changé. Tout d'abord, parce que Makoto n'est plus le même qu'il était avant, il est devenu plus fort. Ensuite, il a pris confiance en lui et en ses décisions, alors l'avis de Tomoko lui semblait désormais n'être que l'expression d'une certaine lâcheté.
Que Tomoko agisse comme une lâche était nouveau et passablement agaçant. Mais que Tomoko agisse comme une lâche pour son soi-disant bien être et sa sécurité était juste insultant. Makoto n'avait plus besoin qu'on le protège, il était devenu fort. Tomoko était forte elle aussi, elle l'avait toujours été. Alors pourquoi se comportait-elle ainsi ? Pourquoi agissait-elle comme lui avant ? Avait-elle oublié ce que c'était de se battre ? D'imposer sa volonté aux autres ? De montrer qu'on était supérieur ?
Makoto avait simplement voulu lui rappeler.
La gifle fait tourner la tête de Tomoko, ses lunettes tombent sur le sol et une mèche de ses longs cheveux bruns se retrouve dans sa bouche.
Pendant un instant, elle est immobile, silencieuse. Encore choquée par ce qu'il vient de se passer.
Sa main vient doucement toucher sa joue et ses yeux tombent droit dans les siens. Ce qu'il voit dans son regard c'est d'abord de la tristesse. Comme si ce que venait de faire Makoto ne l'avait pas touchée physiquement, comme si ça la peinait. Et puis, la colère.
Makoto y est familier même si ce n'est pas quelque chose qu'il connait chez Tomoko. Elle n'est jamais en colère contre lui.
Elle est en colère contre les autres étudiants avec qui ils vont à l'école, en colère contre les idiots qui essayent parfois de l'agresser, contre le distributeur qui ne veut pas lui rendre sa monnaie mais jamais contre lui.
— Tu veux mourir ? demanda doucement Tomoko la voix si basse qu'il ne l'entendit presque pas.
Makoto ne savait pas vraiment quoi dire. La jeune fille ne lui laissa pas le temps de répondre à sa question dans tous les cas, car elle l'attrapa par le col et le poussa avec force contre le mur le plus proche.
— Est-ce que tu veux mourir Hanagawa ? répéta plus fort Tomoko avec fermeté.
— Non, mais-
— Alors pourquoi est-ce que tu cours vers le danger de cette façon ? Ton père est mort de la même façon, tu sais ? Tu veux finir comme lui ?
Cette fois, les mots réveillent en lui la colère qui l'animait quelques instants avant.
Il retira brusquement ses mains qui le tenaient et la poussa en retour.
— C'est bien pour honorer sa mémoire que je fais ça ! Tu crois qu'il aurait voulu que je passe mon temps à fuir ? Il aurait voulu que j'agisse comme un homme, que je combatte comme un homme !
— Ton père aurait voulu que tu sois en sécurité !
— Mon père est mort Tomoko ! Spéculer sur ce qu'il aurait voulu n'a aucune importance parce qu'il n'est plus là ! Ma mère non plus ! Et bientôt toutes les personnes qui comptent pour moi vont mourir si je ne fais rien pour prouver à tout le monde que je mérite cette place de leader !
Tomoko le fixe silencieusement en secouant doucement la tête, une expression réprobatrice sur le visage. Et Makoto déteste ça. Il déteste savoir qu'elle n'est pas de son côté, il déteste sentir le doute qui commence à l'envahir parce qu'au fond, Tomoko a toujours raison, elle sait toujours mieux que lui.
Il est près d'elle en quelques pas, sa main vient saisir son visage, ses doigts s'enfonçant cruellement dans ses joues. Elle ne bronche pas, se laisse faire soutenant son regard avec fureur. D'habitude il aime son regard, il aime sa détermination mais aujourd'hui il a juste envie de lui faire comprendre qu'elle est stupide d'agir de cette façon. Elle est stupide de s'opposer à lui.
— Comme t'aimes poser des questions, moi aussi je vais t'en poser une. Est-ce que tu veux mourir Sawamura ?
La brune secoue doucement la tête, tremblante de colère.
Makoto la lâcha brusquement.
— Alors ferme-là et laisse-moi faire.
Il allait quitter la pièce quand la voix de Tomoko résonna derrière lui.
— Je veux pas être celle qui va encore te sauver la peau.
Il gloussa cruellement.
— C'est bien à ça que tu sers non ?
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Comme Tomoko l'avait prédit, ce fut un piège. Makoto manqua de se faire tuer, Tomoko le sauva et c'est elle qui se chargea de faire comprendre à son oncle qui était le réel boss du gang. Makoto ne savait pas ce qu'elle lui avait fait mais jusqu'à ce jour, il le respecta.
Ils ne reparlèrent jamais de la façon dont Makoto lui avait parlé ni de la manière dont il avait levé la main sur elle. La vie reprit son cours normalement.
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Leur couple prend une dimension un peu plus violente après ça.
Brutaliser Tomoko devint quelque chose de normal. Après tout, elle pouvait le supporter et puis elle ne se plaignait jamais. Une bousculade au détour d'un couloir lui valait un coup de coude dans le ventre, un baiser un peu violent lui valait une morsure sanglante et parfois quand Makoto ne voulait pas la lâcher lors d'un échange houleux, elle l'étranglait.
Mais tout allait bien.
Parce que Tomoko n'était pas faible elle le prouvait tous les jours dans la manière dont elle répondait à chacune de ses attaques, elle le prouvait dans la façon dont tout le monde baissait les yeux en la voyant, elle le prouvait dans la manière dont elle était sa plus fidèle alliée. Makoto n'avait jamais aimé quelqu'un aussi fort qu'elle.
Parallèlement à tout ça, le gang va de plus en plus mal en interne. Makoto se voit obligé de faire des choses qu'il n'aurait jamais fait avant. Mais c'est le rôle d'un boss n'est-ce pas ? C'est à lui de protéger les siens et ceux qui lui sont chers. C'est à lui d'endosser cette responsabilité. Et s'il doit devenir un monstre sans cœur, alors qu'il en soit ainsi.
Ça lui a fait perdre de précieux alliés et certaines ententes importantes mais c'était le prix à payer.
Et Tomoko était toujours là alors, le reste importait peu.
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Ce n'est pas la première fois que Makoto expérimente la jalousie. C'est juste la première fois que cette jalousie est envers quelqu'un d'autre que Tomoko.
Tomoko reste malheureusement Miss parfaite. Tout le monde l'aime. Les filles la voient comme un modèle et les garçons ne cessent de la draguer (même si Tomoko dit toujours que ce n'est rien et que Makoto se fait des idées).
Makoto, ça l'énerve de la voir doucement mais sûrement s'éloigner de lui. Parce que si elle commence à exister en dehors de lui, si elle commence à avoir sa propre individualité alors la présence de Makoto n'aura plus aucun sens.
Dans un couple il y a toujours quelqu'un qui aime moins que l'autre et il sait pertinemment que ce quelqu'un c'est Tomoko. Ses valeurs morales très forte et son perfectionnisme ont toujours été plus fort que tout chez elle.
Finalement peut-être qu'elle n'a plus besoin de lui.
Cette pensée le terrifie. Tomoko est sa plus fidèle alliée, son bras droit. Mais c'est aussi sa petite-amie qu'il aime de tout son cœur. Tout ce qu'il fait c'est pour la protéger. Que deviendra-t-il si elle le laisse tomber ? Que faire si elle décide de se rendre compte qu'elle ne veut plus vivre leur histoire ?
Makoto ne veut pas le découvrir. Alors il décide d'agir.
Isoler Tomoko est simple. Il suffit de faire comprendre à tous les imbéciles de la ville à qui elle appartient réellement et quelles seront les conséquences que subiront toutes les personnes qui osent l'approcher d'un peu trop près.
Ce qui est compliqué en revanche c'est d'insuffler des idées à Tomoko, rentrer dans sa tête pour lui faire accepter la situation. Pour être honnête, Makoto n'aime pas vraiment faire ça même si c'est nécessaire. Tomoko est une personne trop têtue pour simplement se laisser aller ou acquiescer sans broncher. Il faut la convaincre de manière détournée pour y arriver.
Pour que Tomoko accepte de n'appartenir à personne d'autre que lui, il faut qu'elle accepte que personne ne l'aimera, que Makoto est sa seule et unique solution, qu'il est son monde entier, qu'elle a besoin de lui.
C'est difficile et laborieux et Tomoko souffre et pleure souvent et elle change aussi. Elle se coupe les cheveux, elle ne riposte plus quand il la frappe, elle parle moins souvent. Mais ce n'est pas grave parce qu'elle reste à ses côtés malgré tout.
C'est le plus important.
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Les vacances sont enfin arrivées.
Makoto veut profiter de cette courte période pour passer du temps avec Tomoko. Il n'aime pas se rendre compte que sa présence lui manque, même s'il l'accompagne en cours le matin et la raccompagne chez elle le soir. Il sait grâce à certaines sources, qu'elle traine parfois avec ce type, Sawada. Ça ne lui plaît pas.
Il arrive à tolérer Akira et Hayashi mais ce nouvel arrivant vient briser un équilibre mis en place depuis bien longtemps.
Makoto ne sait pas encore quand est-ce qu'il va décider d'agir pour régler le cas Sawada mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'il n'envoie certains de ses hommes le menacer. Pour l'instant il veut simplement rappeler de manière subtile que Tomoko n'appartient à personne d'autre que lui.
Quand ils arrivent chez lui, elle boude encore un peu par rapport à la remarque qu'il lui a faite sur ses cheveux alors il tente de la distraire en lui montrant les nouvelles acquisitions qu'il a faite pour son appartement.
Malgré de nombreuses discussions et demandent, les parents de Tomoko ont toujours refusé qu'ils emménagent ensemble, les considérant encore comme trop jeunes pour quelque chose d'aussi sérieux. Il sait pertinemment que si ça ne tenait qu'à elle, Tomoko aurait déjà dit oui mais Makoto est un homme patient. Un jour, ses parents changeront d'avis.
— Regarde Tomoko, le nouveau canapé que j'ai acheté, lui dit le jeune garçon.
Sa petite-amie regarde le meuble et tout son visage s'illumine à sa vue. Makoto cache son sourire satisfait. Il savait pertinemment que ce canapé lui ferait plaisir. Tomoko était le genre de fille qui aimait les choses un peu vintage, anciennes. Ce petit canapé correspondait exactement au style de Tomoko, en cuir marron foncé, avec un design européen, des coussins d'assise remplis de plumes et des bords recourbés.
Il aimait la voir aussi enthousiaste, s'affalant dedans, touchant le cuir comme pour s'assurer que c'était du vrai. Elle le fixa, le sourire aux lèvres, heureuses et Makoto sentit son cœur rater un battement et une chaleur agréable se diffuser dans son ventre.
— Il est génial ! Où est-ce que tu l'as trouvé ? demanda-t-elle.
Mais Makoto ne l'écoutait même plus.
Il se contentait de détailler attentivement la manière dont ses lèvres bougeaient, sa peau parfaite qu'il savait douce à son touché, la manière dont ses cuisses se croisaient et décroisaient selon ses envies et les quelques mèches rebelles qui n'étaient pas retenues par ses épingles.
Makoto était toujours aussi amoureux d'elle. Il la trouvait toujours aussi belle, aussi parfaite malgré qu'elle se soit coupée les cheveux, malgré ses erreurs. C'était le plus beau et le plus horrible sentiment qu'il n'avait jamais pu ressentir de toute sa vie.
— Makoto ? questionna doucement Tomoko, comme si elle avait peur de le brusquer ou de dire une bêtise.
Sa main était posée sur son avant-bras et elle le fixait de ces yeux trop naïfs, trop tendre, trop compréhensifs. Comme s'il était faible.
Et quelque part, il lui en est reconnaissant. Tomoko est la seule personne qui voit encore le gamin peu sûr de lui, désireux de rendre heureux son père. C'était la seule à le voir encore comme un humain. C'est pour ça que Makoto l'aime, elle possède un cœur qu'il n'a plus, trop abimé par les aléas de la vie. C'est ce qui fait de lui le réel monstre d'entre eux deux.
Il lui sourit, saisissant sa main avant de l'amener à ses lèvres.
— Je connais un gars qui connait un gars… commença-t-il avant de la ramener contre lui et l'embrasser sur sa joue.
— Qui connait un gars… continua-t-il en embrassant son nez et son front.
Tomoko gloussa en reculant dans le canapé et en emportant avec elle Makoto. Il laissa ses mains vagabonder sur ses hanches, se rapprochant dangereusement de ses fesses mais Tomoko ne bronchait pas, continuant à rire alors c'est que ça ne la dérangeait pas n'est-ce pas ?
— Qui voulait se débarrasser d'un vieux canapé. Alors j'ai pensé à toi et je me suis dis que ça te plairait du coup, je l'ai pris, termina le brun.
Tomoko embrassa chastement ses lèvres, toujours souriante.
— Ça te plait ? lui demanda-t-il.
Elle acquiesça vigoureusement, entourant ses épaules de ses bras avant de se blottir contre lui.
Il ferait tout pour elle. Makoto lui offrirait leur ville s'il le pouvait et ensemble, ils la dirigeraient comme le roi et la reine d'un petit royaume.
Rien ne le rendait plus heureux que de savoir qu'elle lui appartenait. Tomoko était sienne, dévouée entièrement envers lui et personne d'autre. Il a perdu beaucoup trop pour se permettre de perdre Tomoko. Elle est la seule personne qui lui rappelle pourquoi il fait tout ça, où est-ce que va le mener son plan et tous ses stratagèmes.
Il sait que Tomoko ne l'aime plus. Mais ce n'est pas grave car il lui rappelle régulièrement qu'elle lui appartient.
— Ça te dit qu'on l'inaugure ? sourit-il.
Ce fut comme si Tomoko s'était transformée, l'espace d'un instant. Elle leva la tête presque brusquement vers lui, le corps crispé, toute forme de joie ou de bonheur disparue sur son visage. Il n'y avait que de la peur et de la tension, celle qu'elle exprimait quand elle avait peur et qu'elle se demandait ce qu'elle devrait faire pour s'échapper ou se défendre.
Mais elle n'avait pas d'échappatoire. Elle le savait pertinemment, c'est pour ça qu'elle feignit la décontraction, reformant un sourire faux sur ses lèvres, forçant son souffle à reprendre son rythme normal pour se calmer.
— Mais tu l'as, tu l'as déjà inauguré non ? Enfin, ça fait un moment qu'il est là, pas vrai ? Et ça fait au moins deux mois qu'on s'est pas retrouvés chez toi tous les-
Makoto savait qu'elle faisait l'idiote mais ça ne l'énervait pas encore. Il pouvait lui aussi faire l'idiot.
Il déposa un baiser dans la couronne de ses cheveux avant de se baisser pour atteindre son cou, allongeant lentement mais avec force, Tomoko dans le canapé en dessous de lui. Il était au-dessus d'elle, son corps surplombant le sien bloquant toute forme de sortie ou d'échappatoire, ses mains fermement ancrées sur ses hanches, glissant sur ses fesses qu'il empoigna.
Tomoko était complètement pétrifiée.
— Tu sais, ça fait un moment que toi et moi on n'a pas…
Il ponctua la fin de sa phrase par un baiser langoureux que Tomoko ne lui rendit pas, toujours figée. Ça ne le dérangeait pas. Tomoko aimait faire comme si elle ne voulait pas et jouer les prudes mais à la fin il savait qu'elle adorait quand ils couchaient ensemble. Il fallait juste prendre un peu de temps pour la décoincer.
— Oui mais j'ai pas… Makoto j'ai pas envie de faire ça encore moins ici et… maintenant, dit doucement Tomoko en posant ses mains sur son torse, comme pour le repousser.
Il se contenta d'écarter ses cuisses puis de soulever son bassin pour qu'il rencontre le sien et se frotta à elle.
L'horreur se lut sur le visage de Tomoko qui sentait le début d'érection de son petit-ami contre elle. Makoto gloussa doucement puis se pencha près de son oreille.
— Allez To-chan… Ça fait si longtemps et je sais que t'en a envie…
Elle commençait à trembler.
— Makoto, arrête, dit-elle d'une voix qui se voulait ferme mais cela n'eut aucun effet sur lui.
Ses mains remontèrent sur son corps, glissant sous son t-shirt et-
La gifle que lui assena la jeune fille fit siffler ses oreilles. Il pouvait sentir son visage rougir à l'endroit où elle l'avait frappé.
Makoto la regarda.
Ses yeux étaient emplis de larmes et elle serrait le poing. Elle avait l'air si faible, tremblante, le souffle court et à deux doigts de s'effondrer.
Il détestait ça. Pourquoi elle agissait comme s'il lui faisait autant de mal alors qu'il essayait simplement de lui faire comprendre à quel point elle comptait pour lui ?
Pourquoi est-ce que Tomoko ne comprenait rien d'autre que la violence ?
Il la saisit brutalement par le cou, la plaquant contre l'un des coussins du canapé. Tomoko se débattait faiblement, glapissant de douleur mais il s'en fichait.
— Je comprends pas c'est quoi ton putain de problème Tomoko. Y a quoi de compliqué à écarter les cuisses et se laisser aller ? Merde, t'es censée être ma copine et toi tu…
La sonnerie de son téléphone retentit.
Il y eu un moment de flottement durant lequel ils se fixèrent puis Makoto soupira en lâchant Tomoko avant de décrocher. Il avait expressément fait comprendre à tous ses hommes qu'il ne voulait pas être dérangé et que l'imbécile qui le ferait se verrait couper les doigts. Le seul fou capable de ne pas suivre ses ordres et s'en sortir indemne était son oncle.
Ça devait être important.
— Quoi ? grogna le brun en passant une main agacée dans ses cheveux.
— Il faut que vous veniez, on se fait attaquer, résonna la voix inquiète de son oncle dans le téléphone.
Makoto raccrocha, ne se souciant pas de savoir si la conversation était terminée ou pas. Ce genre de situation était l'un des inconvénients qu'il y avait quand on était le chef d'un gang.
— On y va, le gang se fait attaquer, dit-il à Tomoko.
Malgré le fait qu'elle n'était plus une membre du gang depuis plusieurs années et qu'elle avait précisément statué le fait qu'elle ne voulait plus être dans ces histoires, elle était toujours inclue dans les situations de crises comme celles-ci. Cela ne faisait que prouver une fois de plus l'importance de la place qu'elle occupait, qu'elle le veuille ou non. Makoto le lui avait dit il y a bien longtemps, elle n'avait pas le choix.
Pourtant, cela ne semblait pas la déranger car elle se leva, un peu vacillante, avant de se redresser complètement.
— Qui attaque ?
Il haussa les épaules en ouvrant la marche vers sa chambre. Dedans, il se dirigea vers son armoire dont il sortit plusieurs pistolets et munitions qu'il tendit à Tomoko qui chargea son pistolet sans broncher. Il y avait quelque chose de familier à la voir tenir dans ses mains une arme.
Tomoko est sa poupée, sa princesse, sa parfaite soldate.
Elle n'est jamais aussi belle que quand elle tient un pistolet et tire avec assurance sur ses ennemis. Elle n'est jamais aussi belle que quand ses mains sont tachées de sang et son regard est absent, comme si elle n'était pas réellement là.
Tomoko est aussi un monstre mais elle ne veut pas l'accepter. Elle est violente et impitoyable, tout son être respire la puissance et le danger mais elle semble être la seule à ne pas en avoir conscience.
Elle se croit faible mais Makoto sait que si elle le voulait vraiment, il serait mort. Si elle arrêtait de laisser ses sentiments la guider elle ne serait pas en train de pleurer et de supplier pathétiquement quand Makoto la frappe.
Et ça le met tellement en colère parce que Tomoko pourrait être plus que ça, elle pourrait être aussi glorieuse que lui. Mais elle décide de rester faible, elle décide de rester à une place qui ne devrait pas être la sienne.
Tant pis pour elle. Tout le monde fait des choix dans la vie, Makoto avait fait les siens et Tomoko aussi.
.
Malgré l'empressement et la rapidité dont ils firent preuve pour arriver sur place, le chaos était déjà bien installé. L'oncle n'était pas encore là quand ils arrivèrent.
Makoto fut quémander par certains de ses hommes quant à Tomoko, on lui donna un fusil de précision et on l'obligea à se placer en hauteur pour tirer sur la personne qu'elle estimait être le chef de tout ça sans questionner une seule fois si elle était capable de tirer ou si ça la dérangeait. Comme toujours.
Elle avait rarement vu autant d'hommes pour s'opposer aux FIVE. Il devait sûrement y avoir une alliance ou quelque chose dans ce genre. La question était, qui était à la tête de cette coalition ?
La réponse lui vint quand elle réussit à distinguer en bas dans la mêlée, le type qu'elle avait frappé la dernière fois, Junichiro Yukiteru.
Mais qu'est-ce qu'il fiche ici ?
Elle peut aussi apercevoir plus loin certains de ses amis. Donc les Underwater's étaient bien présents. Décidément, ces imbéciles n'avaient peur de rien, ils étaient déjà sur la sellette, Makoto ne les supportait que parce qu'il avait la flemme de les exterminer. Et malgré leurs derniers écarts à tabasser ou brûler certains membres des FIVE en territoire FIVE ou ailleurs, ils se permettaient d'engager les festivités en les attaquant.
Ils souhaitaient mourir. Elle ne voyait pas d'autres explications.
Elle ouvrit le feu sur quelques types, histoire de faire bonne mesure. Elle put voir une sorte d'éclat orangé et lumineux passer très vite dans son champ de vision mais elle n'arrivait pas réellement à déterminer si c'était une forme humaine ou des explosifs d'une technologie avancée.
C'est super bizarre ce truc
Il y avait des Redevils et d'autres petits gangs mais ceux qu'elle ne reconnaissait pas étaient les types en noirs. Les plus étrange est bien le type en costume noir qui ne prend même pas la peine de se battre. Il se contente de tirer sur ses ennemis avec une dextérité impressionnante et son regard n'exprime rien d'autre que de la froideur.
Il dégage quelque chose de dangereux, quelque chose que Tomoko n'aime pas.
Soudain, le regard gris métallique s'ancre dans le sien. Un petit sourire se dessine sur ses lèvres, l'espace d'un instant et Tomoko sent son sang se glacer dans ses veines. Son instinct de survie lui hurle de s'éloigner le plus possible de ce type même s'ils sont littéralement à deux étages de distance.
Et puis, il s'élance dans la bataille, au corps à corps, détournant son regard de Tomoko, le sourire effacé de son visage comme s'il n'avait jamais existé.
Qui est ce type ?
Elle reste immobile pendant un moment, perdue dans ces pensées et perturbée par ce qu'il vient de se passer.
— Tomoko.
Elle sursauta au contact de la main de Makoto sur son épaule qui la ramena à la réalité. Un coup d'œil sur la situation en bas lui indiqua que les choses avaient évoluées mais elle ne saurait dire en faveur de qui.
Contrairement à tout à l'heure où Makoto semblait simplement agacé par la situation, son visage exprimait de la gravité. C'était mauvais signe.
— Il faut que tu partes, une voiture t'attend, dit-il.
Elle haussa un sourcil, surprise.
— Mais pourquoi ?
Il la fixa longuement dans un silence qui ne lui était pas du tout caractéristique. Tomoko commençait réellement à paniquer.
— Ils ont tué mon oncle.
— Quoi ?
Elle était sous le choc. En temps normal, personne n'arrivait à l'approcher. En temps normal, il n'allait même pas se battre, demandant à d'autres personnes de se salir les mains à sa place. Qui avait fait ça ?
— C'est beaucoup trop dangereux, je vais régler tout ça mais il faut que tu partes. Je peux pas te perdre toi aussi.
Tomoko ne savait pas quoi faire.
Son instinct lui hurlait de rester et de protéger Makoto, mais une autre voix, plus pragmatique lui disait que si elle partait et que Makoto mourrait, il y aurait encore quelqu'un pour diriger le gang et le venger. C'était sa fonction en tant que bras droit. Ce serait toujours sa fonction, qu'elle le veuille ou non.
— S'il te plaît, To-chan, dit-il, presque implorant.
D'un coup, ce fut comme si Makoto était redevenu le gamin pleurnichard qu'il avait été dans un passé plus paisible, presque une autre vie.
Elle acquiesça simplement, puis lui embrassa la joue avant de partir.
Il se passait des choses étranges dans cette ville mais d'habitude rien ne sortait d'un certain registre. Les FIVE qui perdaient une bataille ? C'était plus qu'étrange mais surtout ça venait remettre en cause la hiérarchie que Makoto avait mis tant de temps à rebâtir.
Si ce gang voulait survivre, ils allaient devoir riposter vite, et très fort.
