Ha ben cette fois, les résultats sont clairs. Zhong Xing va nous quitter momentanément (on le reverra tout seul hein. On va pas l'abandonner comme ça même s'il le mériterait) et QingMing a apprendre a mentir pour sortir.
On avance on avance.
Dans ce qui m'a été librement proposé, nous avons :
- Long Ye qui vient du sud en réponse au message de Hongruo.
- Boya qui est envoyé de l'est pour s'occuper de la situation. Soit en réponse à l'appel du nord, soit en réponse a l'appel de Hongruo. Et pourquoi pas les deux !
- Conservation de l'opposition entre QingMing et Boya avec un combat au début.
- Hongruo comme mentor de QingMing pour l'aider à se détacher de Zhong Xing
Je crois n'avoir rien oublié.
Tout ne sera pas utilisé dans le chapitre, mais je garde tout sous le coude pour le bon moment. Si vous avez d'autres proposition, n'hésitez pas.
Hongruo aurait pu dire qu'il était surpris, mais ça aurait été un mensonge. Il fallait qu'il soit honnête avec lui-même. Pendant que l'élève s'épanouissait dans les couloirs de la secte Ouest comme un champignon dans la chaleur d'un automne humide au fond de la foret, le maître se recroquevillait de plus en plus sur lui-même et sur sa rancœur croissante.
Ses messages au temple du yin yang étaient restés sans réponse. Ceux envoyés aux deux autres sectes principales avaient eu des réponses prudentes qu'il n'avait pas été difficile de comprendre. Le Yin Yang avait dû profiter de l'absence de Zhong Xing pour le faire passer pour un danger potentiel, voir un dangereux lunatique. Les propres messages de Hongruo avaient sans doute quelque peu temporisé la situation mais ça ne pourrait durer qu'un temps.
Il fallait que Zhong Xing se décide.
Soit il abandonnait son poste et Hongruo lui accorderait l'asile même s'il en grinçait de plus en plus les dents, soit il retournait dans le nord pour reprendre sa place à la force du poignet.
Zhong Xing semblait être parvenu à une décision.
"- Alors tu parts ?"
Zhong Xing enfournait dans des poches qiankun ses vêtements et ses possessions. Sa jambe était totalement guérie, il avait repris ses forces et fait le plein en talismans divers et variés, la plus part fait et inventés par son élève d'ailleurs.
"- Cette situation ne dure que depuis trop longtemps. Il est plus que temps que je mette les choses au clair."
Hongruo était d'accord.
"- Et pour ton élève ?"
Cette fois, Zhong Xing se figea. Les lèvres pincées, il fronçait les sourcils. Il avait réfléchit à la chose évidemment. Mais que faire de la cause de ses problèmes ? Il avait fait de son mieux avec QingMing mais commençait à se dire qu'il ne pourrait rien en tirer de plus. Il était plusieurs fois allé le voir dans sa petite chambre en pleine nuit pour discuter avec lui. A chaque fois, il n'avait pas trouvé son élève mais un monstre velu endormit à sa place. Sa première transformation complète quelques semaines plus tôt avait visiblement déclenché quelque chose chez lui qu'il ne savait plus comment contrôler. Mais en même temps, il n'avait jamais vu QingMing aussi épanoui en tant qu'humain que lorsqu'il était éveillé et plongé dans la vie du temple de l'ouest avec un enthousiasme de gamin bien que tout le monde lui batte froid. QingMing semblait totalement se ficher que personne ne souhaite socialiser avec lui. Qu'on l'ignore le ravissait.
Zhong Xing était encore une fois partagé. D'un côté, il voulait même cette soif d'isolation sur sa nature de démon. Les renards démon n'étaient pas connu pour être très sociable même si les blancs l'étaient beaucoup plus que les roux. Les renards blancs vivaient surtout en meute là où les roux ne vivaient qu'en unités familiales constituées d'une matriarches et ses petits, parfois ses filles et leurs propres petits, mais rien de plus. Les renards blancs étaient soit de purs solitaire, soit des colonies de plusieurs dizaines d'individus qui se coordonnaient pour vivre en bonne intelligence sur leur territoires. Les démons n'étaient guère différents. Un peu d'intelligence en plus, pas mal de cruauté et de fourberie, trop de puissance pour leur bien à tous et c'était ce qu'était QingMing. Zhong Xing avait fait de son mieux pour étouffer à mort le renard, le rendre inaudible aux oreilles de son élève mais le sang humain n'était visiblement pas assez fort pour faire taire celui du démon. Si QingMing se contentait de ne blesser personne, sans doute Zhong Xing pourrait-il quand même considérer cela comme une réussite. Bien qu'il commence à cerner pourquoi son élève n'avait et ne pourrait jamais utiliser le bouclier de leur secte. QingMing n'avait pas les émotions nécessaires en lui pour ça. Sans doute ne savait-il pas ce qu'était l'amour. Zhong Xing pouvait accepter cette défaillance pour ce qu'elle était. Ce n'était pas un défaut de son enseignement mais une tare inhérente à l'espèce de son élève.
Ce n'était pas vraiment la faute de QingMing non plus. Il était ce qu'il était.
"- Pourrait-il rester ici ? Au moins le temps que je reprenne le contrôle ? Il semble se plaire ici. Plus que dans le nord."
Hongruo jeta un coup d'œil à son vieil ami. Ce n'était pas la première fois qu'il se disait qu'il lui manquait une case. Cette fois plus que jamais, il en était sûr. Zhong Xing ne semblait même pas réaliser qu'il rendait sa propre secte responsable du malheur de son élève. Si QingMing s'épanouissait à ce point d'être ignoré et méprisé par tous, comment le yin yang le traitait-il pour qu'il considéré que cette indifférence à peine polie était une bonne chose et un progrès sur sa vie ordinaire dans sa secte d'origine ?
Le chef du temple de l'ouest ne dit rien. Bien qu'il n'apprécie pas plus que ça le jeune homme à cause de sa double ascendance, le manque de considération de Zhong Xing pour l'homme qu'il avait élevé comme un fils le heurtait. Hongruo ne pourrait sans doute jamais voir QingMing pour autre chose qu'un demi-démon, et jamais comme un demi-humain, mais il ne concevait pas de le laisser ainsi à la merci de tout un chacun. Ce n'était pas honorable.
Ce n'était pas… Humain… tout simplement. Ils se targuaient d'être plus que les démons. A un moment il fallait le prouver.
"- Il peut rester ici le temps nécessaire. Il a l'air de bien s'amuser à la bibliothèque, il ne fait de mal à personne et personne n'a peur de lui. Tant qu'on en reste là, je ne suis pas opposé à ce qu'il reste ici pendant que tu vas faire ton devoir." Ou tout au moins une partie.
Qu'avait donc fichu Zhong Xing avec sa secte toute ces années ? Il avait enfilé des perles ? Comment le contrôle avait-il pu lui glisser des mains aussi aisément ? Et tout mettre sur le dos de son élève était trop facile. Surtout quand le dit élève réagissait au moindre bruit trop violent par un réflexe de fuite et de protection instantanément censuré. C'était une victime. Pas un fauteur de troubles. Ou si fauteur de troubles il était, ce n'était que parce que ceux qui le jugeaient voulaient le prendre en défaut pour le punir !
Aussi dubitatif que Hongruo puisse être sur les demi-démons en particulier, il ne pouvait que trouver l'injustice que subissait le jeune homme problématique. Il ne pourrait pas faire grand-chose pour lui, mais peut-être son temps loin de Zhong Xing lui ouvrirait les yeux sur ce que pourrait être sa vie ailleurs. Le garder dans l'ouest était la seule porte de sortie qu'il pouvait lui offrir décemment.
"- Merci, Hongruo." Soupira Zhong Xing.
Ce problème réglé, il le chassa rapidement de son esprit. QingMing ne serait pas dans ses pattes dans le nord et ce serait déjà un bon point. Certes, le demi-démon était une force de la nature, mais il était une force de la nature justement. Zhong Xing avait ses shishen avec lui. C'était suffisant. Ça avait toujours été suffisant jusque-là.
"- Je partirais dès que QingMing sera prévenu."
Au moins Zhong Xing avait la décence de ne pas laisser à Hongruo la charge de prévenir QingMing que son maître l'abandonnait comme un chiot au pied d'un arbre.
"- Puis-je appeler un de mes shishen ?"
Hongruo laissa Zhong Xing faire. Le petit esprit de chance qu'il connaissait déjà le salua de la tête, visiblement soulagé de voir son maître.
"- Zhong Xing Daren ! Qu'est ce qui s'est passé ? Vous étiez en danger mais vous ne nous avez pas appelé !" Il était scandalisé.
des shishen du maître de secte, il était celui qui était à ses côtés depuis son adolescence. Il l'avait vu devenir un adulte, puis… changer. Changer bizarrement sans qu'il ne puisse en comprendre la raison. Ses deux frères shishen étaient venu après. Aussi ne s'était-il jamais ouvert de eux de ses inquiétudes. Après tout, Zhong Xing avait perdu son premier amour dans l'Est. Peut-être était-ce la cause de ces changements.
"- Il semblerait que le Bureau a décidé de me montrer la porte à cause de QingMing." Soupira Zhong Xing. "Mais nous allons régler le problème." Il donna ses affaires à son shishen. "Je vous invoquerai à nouveau quand je serais dans le nord."
L'esprit d'apparence si jeune hocha la tête. Contrairement à QingMing, Zhong Xing n'avait pas la force de les laisser sur le plan physique en permanence.
"- Très bien. Je vais prévenir les autres."
Il disparut rapidement. Les forces de Zhong Xing déjà impactées par sa présence.
Hongruo et le maître du nord se mirent à la recherche de QingMing. Sans surprise, ils le trouvèrent à la bibliothèque, le nez dans une impressionnante pile de livres et de rouleaux. La satisfaction béate du demi-démon était presque cocasse à voir. Le visage du jeune hybride faisait affreusement plus jeune quand il n'était pas tendu par l'angoisse.
"- QingMing."
Le visage du disciple se ferma immédiatement. La fenêtre sur la vraie personne qui était sous les robes blanches parfaitement propres et taillées se ferma avec la violence d'une chute de météorite. Hongruo en fut fortement ébranlé. A l'inverse, Zhong Xing ne sembla pas une seconde concerné par la transformation radicale à laquelle il venait d'assister.
"- Shifu." Le demi-renard s'inclina profondément devant son maître.
"- Je vais retourner dans le nord pour reprendre le contrôle de la situation."
"- Ha ! Le temps de prendre mes affaires et…"
"- Tu restes ici." Le coupa son maître.
L'image de pure trahison qui se peignit sur le visage du demi-sang disparue si vite que Hongruo se demanda une seconde s'il l'avait rêvé. QingMing avait retrouvé son apparence placide si vite que s'en était effrayant.
"- Maître, je pourrais vous aider…"
"- Je n'ai pas besoin de toi. Tu seras mieux ici jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de danger."
"- Je peux vous aider !" Insista quand même le jeune homme."
"- QingMing."
Le demi-renard baissa la tête, grondé pour le coup.
"- Bien maître." Mais il était évident qu'il avait le cœur brisé.
Hongruo fut sûr à cet instant là que son ami avait tort. Son élève savait parfaitement ce que c'était que d'aimer. Il n'avait juste personne à protéger vraiment. Même son maître ne se qualifiait pas comme quelqu'un qu'il pouvait protéger. Pas alors qu'il le tenait à bout de bras comme il le faisait.
"- Je te ferais savoir quand rentrer. En attendant, Hongruo a accepté que tu restes ici. Ne créé pas de problèmes, soit respectueux et obéissant. Je ne veux pas recevoir de plaintes te concernant."
"- Bien sûr, maître."
La docilité de son élève satisfit Zhong Xing qui posa finalement une main sur son épaule pour la serrer doucement.
"- Tu rentreras rapidement à la maison."
Le sourire remplit à la fois de peine et d'espoir du jeune demi-humain attrista Hongruo. Il était si affamé de l'approbation de son maître que s'en était écœurant. Pour un peu, il aurait vu ses queues battre frénétiquement derrière lui de ce simple contact.
Zhong Xing ouvrit un portail pour le nord qui se referma derrière lui.
Le jeune demi-renard se dégonfla comme un soufflé. Il faisait presque fragile dans ses robes si larges caractéristiques du nord.
"- Puisque tu es là pour rester, jeune QingMing, nous allons te donner une vraie chambre."
Malgré ses protestations qu'il était très bien, QingMing se retrouva le soir même dans une chambre plus grande avec un mur couvert d'une bibliothèque où il pourrait ranger ses rouleaux, une minuscule salle d'eau et deux fenêtres qui donnaient sur la prairie infinie au-delà du temple.
Lorsqu'à la nuit, il entendit les cris de renard locaux qui jouaient entre eux, il lui fut affreusement difficile de ne pas les rejoindre même s'il était vingt fois plus grand qu'eux
Le Chasseur était dubitatif.
Les rapports contradictoire reçut par le Trône d'abord, par JingYun ensuite, avaient causé quelques émois.
C'est une Impératrice extraordinairement crispée qui avait convoqué JingYun à ses pieds en plein milieu de la nuit pour s'entretenir avec le chef de secte jusqu'aux petites heures du matin.
Boya était resté avec èr-shidi à la porte de la salle d'audience pour la garder contre d'éventuels petits malins curieux jusqu'à ce qu'on le fasse entrer.
il s'était retenu de tendre l'oreille lorsque la Princesse ChangPing avait rejoint l'impératrice presque immédiatement après que les portes se soient refermées sur le chef de secte, l'Impératrice et le Maître de l'Observatoire. Boya avait salué ce dernier d'un simple signe de tête que l'homme lui avait rendu malgré sa crispation majuscule à lui aussi. Qu'est ce qui se passait ?
Il n'y avait bien sûr pas eut de cris. Mais lorsqu'on l'avait introduit à son tour à la grande angoisse du Second Disciple de JingYun, laissé à la porte, il avait vu la colère et l'angoisse sur le visage de la Princesse et de He Shouyue ainsi que le malaise évident sur celui de son Shifu.
Il s'était immédiatement prosterné comme il le devait avant que l'Impératrice lui permette de se relever.
"- Boya Daren. Vous êtes dès à présent investit de l'autorité Impériale pour trouver et rétablir la vérité sur les agissements du Temple du Yin Yang en général et leur Chef de Secte en particulier."
Boya s'inclina encore.
"- A vos ordres."
Il avait lu à la demande de son shifu les rapports contradictoires qui étaient venu de l'ouest et du nord. Il était évident qu'il se passait quelque chose. Les petites guéguerres de pouvoir internes aux sectes n'étaient pas une chose rare ni inconnue, mais qu'elles s'étalent sur la place publique, beaucoup plus. Là, pour que ça remonte jusqu'à l'Impératrice elle-même, c'était plus qu'un simple "problème". C'était un PROBLEME.
Problème qu'on confiait évidemment à JingYun pour le régler. L'Impératrice voulait du calme et de la tranquillité. La prochaine Adoration du Ciel devait avoir lieux dans quelques années à peine, il fallait de la sérénité pour que les Temples s'y préparent. Une guerre interne au Yin Yang ne pouvait que poser des difficultés pour cette cérémonie si importante pour l'Empire.
Le groupe de Chasseurs se retira au plus vite pour retourner à leur Temple où Boya reçut ses ordres précis ainsi qu'un état de la situation mis à jour par les espions et les lettres reçut par le trône. Une révolution de palais avait lieu dans le nord. Le chef de secte en place depuis des décennies était aux abonnés absent mais aurait été vu dans l'Ouest, ce que confirmaient les lettres du Zongzhu local. Quant à la raison invoquée par le Nord pour cette prise de pouvoir, l'ancien Zongzhu serait sous le contrôle d'un renard démon. Ou aurait décidé d'en contrôler un pour prendre le pouvoir.
C'était ce flou qui gênait particulièrement le Shifu de Boya. C'était soit l'un soit l'autre. Pas les deux. Le chef de secte du Nord ne pouvait pas être à la fois ordonnateur et victime. Sans compter que prendre le contrôle ? le contrôle de quoi ? C'était bizarre au mieux, perché plus certainement.
Boya allait devoir aller dans l'Ouest puisque toutes les pistes assuraient qu'il était là-bas et établir la vérité. Suivant ce qui se passait, il devrait prêter main forte au Bureau ou à son ancien Zongzhu. L'Impératrice avait appuyé très fort sur la protection de Zhong Xing Zongzhu puisque c'était le nom de l'individu. Boya n'avait pas souvenir de l'avoir vu mais avant qu'il soit Premier Disciple, il n'avait aucune raison de rencontrer quelqu'un d'aussi important. Maintenant qu'il l'était, il ne s'était rien passé pour que le chef de secte du Bureau du Yin Yang vienne à JingYun.
C'était pour ça que trois semaines plus tard, Boya était monté sur un cheval estafette aussi nerveux qu'il était rapide même s'il avait l'endurance d'un bao jeté dans un chenil, en route vers l'Ouest aussi vite qu'il le pouvait.
Les premiers jours, le jeune Chasseur avait cru qu'il allait en crever. Ce qui avait crevé, c'était les ampoules qu'il avait sur les fesses et qu'il avait été honteusement contraint et forcé de faire soigner par une guérisseuse locale dans un petit village si voulait continuer sa quête. Il savait monter à cheval depuis l'enfance mais jamais il n'avait dû rester en selle plus de deux ou trois heures. Là… la peau de ses fesses était encore tendre mais au moins n'avait-il plus d'ampoule de la taille de sa main. La guérisseuse qui aurait pu être sa grand-mère avait beaucoup rit de ses tourments mais sa pommade avait fait des miracles. Le coussin en peau de mouton rembourré qu'elle lui avait dit de poser sur sa selle le temps qu'il s'habitude encore plus.
Son Shifu allait se moquer de lui tellement fort ! Ce n'était pas de sa faute si JingYun ne s'occupait que de la Capitale et ses plus proches alentours. Il n'avait jamais eut besoin de s'éloigne de la capitale de plus d'une demi-journée à cheval.
Boya arrêta soudain sa monture lorsque son audition supérieure perçut quelque chose.
Il n'était plus qu'à une journée de cheval de son but. La nuit était en train de tomber, il était temps qu'il mette pied à terre avant que sa monture se casse une jambe dans un nid de poule. Ici, les routes étaient largement moins bien entretenues qu'à la capitale même si elles restaient carrossables.
Boya sauta de sa monture. Il la poussa dans un petit bosquet à l'écart de la route puis activa un talisman de protection pour lui et l'animal. Il n'avait pas oublié le bruit qui l'avait fait se figer. Une fois sûr que son cheval avait à boire dans un seau pliant en cuir et qu'il pouvait s'éloigner assez pour brouter sans sortir de l'aire de protection du talisman, il vérifia ses armes pour se faufiler dans la nuit à la recherche de la cause du bruit qui l'avait interpelé.
Un lourd frisson lui remonta dans le dos devant le spectacle qui avait sous les yeux.
A quelques dizaines de mètres de lui, un peu en contrebas, un énorme renard blanc, forcément un démon, se roulait dans les herbes hautes comme un bébé chien. Le monstre sautait dans les fourrés comme un gamin. Il se figea soudain, les oreilles en avant, les queues rigides et resta immobile suffisamment longtemps pour que Boya craigne d'avoir été repéré.
Son arc s'était naturellement retrouvé déplié dans ses mains avec une flèche encochée. On ne laissait pas ce genre de monstre libre et vivant. Il banda son arc en visant juste au moment où le renard sauta brusquement en cloche dans l'herbe pour s'y enterrer à moitié. Il en ressortit en roulant avec un lapin dans la gueule qu'il dévora en deux coups de dents. Le petit cri de douleur du pauvre animal avait été immédiatement coupé net, en même temps que sa nuque avait été brisée. Le renard se félicita lui-même de son amuse-gueule, visiblement très fier de lui-même si ses queues qui s'agitaient follement comme celle d'un chiot heureux étaient un signe, tout en émettant ce rire étrange qui mettait des frissons nerveux dans le dos de Boya. Tant et si bien que le démon dû s'asseoir soudain pour démêler ses queues avec son museau, ses pattes et ses dents. Les longs appendices blancs semblaient un peu trop indépendant pour le bien être de Boya. Ce renard était-il un bébé ? L'idée de tuer un enfant le mettait un peu mal à l'aise, quand bien même il s'agissait d'un bébé démon. Un bébé démon renard en prime. Tant et si bien qu'il retint encore un instant sa flèche. Il espérait que le monstre ferait quelque chose qui lui donnerait une raison de le tuer. Le voir folâtrer comme un chiot était vaguement gênant.
Plus encore lorsque le monstre perdit soudain pied à force de se tortiller pour démêler ses queues et roula furieusement dans l'herbe jusqu'au milieu de la petite pente où il s'était installé pour être plus à l'aise pour son démêlage. Le renard démon s'écrasa le museau dans l'herbe avec un petit glapissement mélangé de stupeur et de douleur.
Si la discipline de Boya avait été plus faible, il aurait surement éclaté de rire. La maladresse du monstre était presque… touchante. Quand on oubliait que cette créature une fois adulte dévorerait des humains. Le Chasseur encocha encore sa flèche, prêt à tirer. Une fois de plus, il hésita.
Le renard était encore dans la pente, sur le dos, les queues sur le ventre et les pattes repliées sur lui, les yeux levés vers le ciel. Le démon poussa un grand soupir de contentement béat. Sa longue langue baveuse coulait sur le coté de sa gueule avec la plus absolue décontraction.
Cette créature était heureuse.
Boya ne put que se demander. Est-ce que le renard démon aussi comptait les étoiles ?
Cet instant supplémentaire d'hésitation couta sa chasse à Boya.
Des voix humaines se firent soudain entendre. Aussitôt Boya leva son arme et arma sa flèche. Un coup d'œil vers les humains qui arrivaient et il était prêt à tirer le renard pour les protéger et… Mais sa proie avait déjà filé comme le vent. Il ne voyait déjà plus au loin que la masse blanche qui filait ventre à terre comme terrorisé par les quelques paysans qui revenaient de leurs champs en coupant à travers les fourrés pour rentrer plus vite chez eux.
Boya claqua de la langue, en colère contre lui-même. Pourquoi avait-il hésité ? Qui savait combien d'humains ce monstrueux renard tuerait encore avant que quelqu'un l'arrête ? Il s'en voulait. Il avait eu la parfaite occasion et avait hésité. Si son Shifu l'apprenait, il allait lui chauffer les oreilles.
Aussi Boya décida-t-il en accord avec lui-même de ne rien dire à personne de sa rencontre impromptue avec le démon blanc.
Il rangea son arc dans son dos, quitta son poste d'observation pour aller saluer les paysans.
Les hommes furent naturellement surpris et sur la défensive. Ils ne connaissaient que les moines du temple non loin dans leurs robes orange et jaunes. Un Chasseur de l'Est ? En cuir noir ? Il fallut que Boya leur prouve avec un talisman qu'il était bien un Cultivateur pour qu'ils cessent de le menacer avec leurs outils.
"- Avez-vous des problèmes de démon en ce moment ? Des morts bizarres ?" Enfin, normalement, le temple local s'en chargeait mais…
Les paysans le fixèrent avec hauteur. Ils étaient peut-être des paysans, mais ils étaient des paysans de l'Ouest. Pourquoi un étranger, quand bien même un cultivateur, viendrait leur poser des questions ?
"- Non, Daren. Rien du tout. Le Temple s'occupe très bien de nous." La réprobation était évidente.
Boya n'insista pas plus. Il remercia, demanda la direction du plus proche village puis retourna à sa monture. Maintenant qu'il avait vu le renard néanmoins, il ne se sentait plus assez en sécurité pour dormir à la belle étoile.
Le village le plus proche n'était qu'à moins d'une heure d'après les paysans. Son cheval était assez reposé pour qu'il le porte jusque-là. Il profiterait lui aussi d'une auberge et de son écurie.
Question 25 : Comment réagissent les shishen de Zhong Xing a son abandon momentané de QingMing ?
/polls/eNg6ROO18gA
A- Soulagés
B- Outrés mais compréhensifs de la situation
C- Indifférents (ils ont autre chose sur les bras pour l'instant, ils verront les détails plus tard)
D- Assez scandalisés pour menacer Zhong Xing de l'abandonner
E- L'un d'eux au moins l'abandonne sur le champs
Question 25bis : UNIQUEMENT SI VOUS AVEZ REPONDU LA REPONSE E A LA QUESTION 25 Quel shishen abandonne Zhong Xing. Vous pouvez cocher autant de réponses que nécessaire
/polls/GPgV3ddN4Za
A – Kuang HuaShi
B – Xue TianGou
C – Gold Spirit
D – He Shouyue par mimétisme même s'il comprends pas ce qui se passe (et ça mets tout le monde dans la merde)
Question 26 : Boya et QingMing se rencontrent
/polls/ajnENwwJ9gW
A – Dans la salle commune de l'auberge
B – A l'extérieur de l'auberge
C – Sur un toit
D – Dans les bains de l'auberge
E – Ils se retrouvent à devoir partager une chambre
Question 27 : Retournons auprès de Zhong Xing. Comment se passe son retour dans le nord ?
/polls/QrgeVYYBLZp
A- Bien
B- Très bien
C- Mal
D- Très mal
E- Très très mal
Fin des votes le 5 novembre 2022 à 23h59, comme d'habitude
