Vous la sentez arriver l'opposition entre He Shouyue et JingYun ? Ça va être marrant. Surtout avec le backup de la Princesse.
Et Boya qui fait n'importe quoi et fait peur à son renard en prime.
Halala, toujours une cervelle d'oiseau ce Boya.
Mais ce chapitre des enfers ! quasi 10k ! en une journée !
Faut que j'arrête de faire des chapitres de plus en plus long, ça devient ridicule ! _
Pas de shishen ni de Zhong Xing dans ce chapitre. Il est déjà bien assez long comme ça !
On verra pour le prochain.
D'ailleurs, si vous avez des idées sur les merveilleuses de aventures de nos trois power rangers lâchés seuls dans le monde de humains, n'hésitez pas. Ca apportera un peu de fraicheur à ce truc XD
"- Qu'est ce qui se passe ?"
Le disciple de l'ouest haussa les épaules.
"- Ils s'engueulent."
"- ENCORE ? Et pourquoi cette fois ?"
"- Ils ont besoin d'une raison ?"
L'autre disciple eut une grimace. Effectivement, Boya et QingMing n'avaient pas vraiment besoin de raison pour se crier dessus.
"- Alors il s'est passé quoi pour qu'ils commencent ?"
"- Un des "shidi" est tombé."
"- … et donc ?"
"- Et donc ils l'ont soigné, remis sur pied, et maintenant ça se crie dessus pour savoir qui n'a pas bien surveillé."
"- Donc ils ont une raison de s'engueuler."
"- … le "shidi" a seize ans.'"
"- … Ha…"
Des mères poules.
Le renard et le tueur de démon étaient des mères poules.
Hongruo les laissaient régner sur les plus jeunes avec un amusement de grand père assez cocasse mais même les plus ronchons des anciens devaient admettre que les deux jeunes idiots avaient une capacité assez remarquable à s'occuper des plus jeunes. Les moins de dix ans leur vouaient presque un culte depuis qu'ils les avaient surpris à se taper dessus un après-midi tellement la baston les avait impressionnée.
Comment la bagarre avait commencé ? Personne n'en savait rien.
Comment elle s'était déroulée, tout le monde l'avait vu.
Boya avait une incroyable maitrise de ses armes mais QingMing était une sale bête fourbe et physiquement bien plus puissante que Boya qui n'hésitait pas à utiliser les pires trucs pour vaincre. Il lui avait volé son épée avait de faire un commentaire graveleux en la caressant qui avait empourpré si fort Boya qu'on aurait sans doute pu faire cuire du poisson sur ses joues. QingMing lui avait rendu son arme après lui avoir claqué les fesses avec le plat de la lame.
Le renard bondissait et tournoyait autour de Boya aussi bien grâce à sa souplesse remarquable pour un homme de sa stature qu'en passant par les portails qu'il maitrisait aussi facilement qu'il respirait.
Hongruo était fasciné par la maitrise des portails du jeune renard. Il savait pour en avoir parlé avec Zhong Xing plus d'une fois à quel point il était fatiguant d'en utiliser plus de deux ou trois pas jour pour un maître. QingMing les utilisaient comme il aurait ouvert une porte d'un doigt.
Mais Boya n'était pas en reste. Il était déterminé, réfléchis malgré sa violence, un maître dans l'utilisation de son arme et capable sur de brèves secondes de la contrôler à distance même si ce n'était pas une épée spirituelle. Qu'est ce que ce serait s'il en avait une ! Hongruo ne comprenait pas pourquoi JingYun ne lui en avait pas fournis une. C'était du gâchis.
Les deux hommes s'étaient rentrés dedans pour une question stupide comme deux cerfs pendant le brame. Le bruit du choc de leurs qi sur le terrain d'entrainement avait fait sursauter la secte entière lorsqu'ils s'étaient heurté la première fois. Et encore ! Les boucliers s'étaient immédiatement mis en fonction pour protéger l'extérieur. Mais les deux combattants n'en n'avaient eut cure.
La raison ?
Encore une fois, il n'y avait qu'eux qui la connaissaient. Hongruo était certain qu'il s'agissait d'une stupidité sans nom sinon ils ne seraient pas aussi gênés lorsque quelqu'un insistait pour savoir.
Toute le Temple s'était précipité pour voir ce qui se passait bien sûr.
La poignée d'enfants que Boya et QingMing devaient garder à ce moment-là, étiquetés baby-sitters officiel pour payer un peu leur présence à la secte, était précautionneusement rangée et protégée par des boucliers comme Hongruo n'en avait que rarement vu mais qui portaient le qi des deux hommes. Ils ne s'étaient pas rentrés dans le lard sur un coup de tête. Ou si coup de tête il y avait, il était assez réfléchit pour qu'ils aient tous les deux prit le temps de protéger les enfants de leur violence.
Si le combat avait eut lieu dans la nature, Hongruo aurait été terrifié qu'ils s'entretuent. Les premières minutes avaient été d'une sauvagerie comme personne dans l'Ouest n'en avait vu. Les anciens avaient réellement craint pour la vie de QingMing. Boya restait un tueur et ils ne voyaient pas d'autres raison à sa violence que tuer le jeune demi-démon. Avait-il enfin décidé de remplir sa mission et d'éliminer la "menace" ? Ils avaient tentés d'arrêter le massacre mais Hongruo les avait retenu. Boya était exceptionnel, le meilleur de sa génération dans les quatre sectes principales sans doute. Mais QingMing l'était tout autant.
Là où Boya avait la violence et l'inéluctabilité d'un glissement de terrain, QingMing avait la légèreté et la souplesse d'un champs de roseaux.
Les coups de Boya pouvaient couper un rocher en deux sans doute. Mais encore fallait-il qu'ils touchent. Et QingMing était intouchable.
Derrière leurs boucliers, les enfants encourageaient libéralement les deux combattants. La démonstration était de haute volée, dangereuse mais exaltante en même temps.
Hongruo n'avait pas été le seul à le remarquer. Les deux combattants aussi. La brutalité bestiale avait petit à petit diminuée puis disparue pour être remplacer par… du plaisir. Comme si les deux hommes n'avaient jamais jusque là rencontré un adversaire qu'il leur soit agréable d'affronter.
Les sourcils froncés et les lèvres pincées avaient lentement laissé la place à l'étonnement, à la timidité, puis au réel plaisir. Les coups de marteau-pilon avait disparus pour laisser la place à un combat qui ressemblait plus à une danse martiale qu'à un affrontement. Les coups qui portaient ne faisaient plus couler le sang mais rougissaient une main, claquaient une fesse ou posait un baiser sur une gorge.
D'accord, le renard touchait beaucoup plus que l'humain. Mais Boya aussi touchait. Les petits glapissements de QingMing dès que Boya parvenait à lui attraper une queue ou lui donner une pichenette sur une oreille étaient de bonne guerre.
Alors Hongruo avait laissé le duel se poursuivre jusqu'à ce que les deux hommes s'écroulent dans la poussière, hors d'haleine et épuisés.
Ils les avait ensuite grondé vigoureusement devant toute le Temple avec toutes les maigres ressources de tragédien qui étaient les siennes.
Puis il les avait punis.
Les deux jeunes gens avaient passés la nuit dans la cour, sous la pluie, à genoux, à méditer sur leurs fautes jusqu'à ce qu'Hongruo vienne leur ordonner d'aller se sécher.
Comme il l'espérait, lorsqu'il était venu les relever de leur punition le lendemain matin, QingMing avait déployé une queue au-dessus de Boya comme il l'avait fait pour lui-même pour le protéger un peu de la pluie.
Les deux hommes étaient trempés, misérables, Boya était transit jusqu'aux os malgré la tentative du renard de le protéger un peu et ils avaient partagés pour le diner les quelques rations de survie que Hongruo savait que Boya avait dans sa ceinture.
Les deux hommes s'étaient serrés les coudes lorsque Hongruo était venu exiger une explication. Ils avaient refusés d'expliquer. Le nez bas, ils fixaient le sol devant eux mais étaient resté mutiques. Les shidi avaient déjà eu le temps d'expliquer, eux. Et c'était aussi triste que pathétique. Ce n'était qu'une question stupide sur la place de chacun dans sa secte respective. La querelle était idiote pour de vrai.
Boya refusait d'accepter que QingMing puisse être un vrai disciple et QingMing refusait d'accepter que Boya soit juste un monstre assoiffé de sang, comme un démon.
Alors ils avaient fait la seule chose possible pour deux jeunes hommes emplis de testostérone, ils s'étaient tapés dessus.
Qu'ils aient pensé à protéger les shidi parlait en leur faveur heureusement. Qu'ils aient choisi de garder le silence sur la cause de leur bagarre beaucoup moins.
Hongruo les avait laissé à genoux sous la pluie pour la journée.
A la nuit tombée, les deux garçons étaient encore plus misérables qu'au matin mais ils restaient droit dans leurs bottes. Ils n'étaient pas amis. Ils ne partageaient et ne voulaient rien partager. Mais ils étaient à cet âge un peu bête où on se serre les coudes face à l'adversité. Surtout quand on s'était comporté comme un idiot.
Hongruo comptait là-dessus pour les forcer à se rapprocher un peu. Ou au moins, à se tolérer ailleurs que dans la salle de classe. Il y avait du potentiel entre eux. Hongruo le savait. Il n'allait pas laisser une éducation défaillante et la stupidité de leurs ainés se mettre en travers d'un avenir brillant.
Alors il les avait laissé une nuit de plus sous la pluie, le ventre vide, misérables et glacés.
Enfin… Boya était glacé. Le renard démon tolérait mieux le froid mais moins l'humidité.
Ils étaient carrément pathétiques lorsque Hongruo revint le lendemain matin. Alors, allaient-ils parler ? Toujours pas ?
Le chef de secte ne pouvait que louer leur ténacité. Ils avaient les défauts de leur qualité.
Ils avaient tenus trois jours avant que Hongruo ne prenne pitié d'eux. Il les avait torturé trois jours pour qu'ils craquent mais même QingMing qui semblait bien plus fragile que Boya n'avait pas craqué. Même Boya avec son entrainement à l'obéissance n'avait pas craqué.
Les deux gamins s'étaient serrés les coudes comme jamais.
Alors Hongruo les avait laissé retourner à leur chambre pour se sécher, aller manger, puis les avait punit encore.
Ils l'avaient mérité après tout, non ?
Plusieurs maîtres et anciens horrifiés étaient venu protester. PERSONNE de mémoire de disciple n'avait été punit aussi durement et aussi longtemps que trois jours sans boire et manger à genoux sous la pluie. Et Hongruo voulait en remettre une couche ? Ils ne voulaient même pas savoir de quoi il était question.
Et Hongruo non plus !
Il avait fait confiance à ses hommes pour qu'ils viennent demander la grâce des deux disciples étrangers. Si personne n'était venu, Hongruo aurait été bien embêté.
Heureusement, sa secte ne l'avait pas déçu.
Il avait accepté gracieusement de commuer les coups de fouets (sur le moment ça avait apparu comme une bonne idée puisqu'il ne les leur donnerait pas) contre quelques heures de service pour la secte.
Qu'aucun des deux gamins ne frémisse à l'idée d'avoir échappé à plusieurs dizaines de coups de fouet avait faillit faire faire une attaque à Hongruo qui avait envoyé une lettre supplémentaire à JingYun et au Trône.
COMMENT JingYun et le Yin Yang éduquaient-ils leurs disciples qu'ils trouvent normal des coups de fouet pour une bêtise mineure comme une petite bagarre entre jeunes hommes ?
Dans le silence de son bureau, Hongruo avait longuement hurlé des insultes après Zhong Xing et son homologue de l'est. Ils étaient cintrés ! Si leurs deux pupilles phare avaient été éduqué comme ça, qu'en était-il des autres ? Plus il y réfléchissait et plus Hongruo était déterminé à ne pas laisser les deux gosses à la merci de leurs sectes d'origine. C'était de la cruauté à tous les niveaux.
Mais au moins, Hongruo avait obtenu ce qu'il voulait. Les deux gamins étaient davantage intégrés au Temple, ils étaient reconnaissant envers les disciples locaux même si surpris de leur générosité. Hongruo avait une fois de plus faillit faire une mini déviation lorsque les deux gosses avaient calmement expliqué que chez eux, quand un disciple se noie, on leur appuie sur la tête. Alors les aider ? Nope, première fois qu'ils voyaient ça.
Si Hongruo n'avait pas été un cultivateur de qualité, il aurait un ulcère, il en était certain.
Au moins, c'était derrière eux et c'était déjà pas mal.
Une fois leur punition supplémentaire qui s'était soldé par être de service dans les écuries pendant une semaine tous les deux, Boya et QingMing s'étaient sans surprise rapprochés.
Ils avaient traversé les même épreuves, ils avaient ensemble pués le crottin, ils avaient glissés sans grâce tous les deux dans le lisier et ils s'étaient balancé plusieurs fois des bouses de yak à la figure dans la joie et la bonne humeur de fleurer bon le fumier. Alors un peu plus ou un peu moins… Ils n'allaient pas laisser l'autre avoir une tache de propre sur ses vêtements quand même !
Tant et si bien que Boya avait timidement proposé à QingMing de l'aider à brosser ses queues lorsqu'il l'avait vu dépité par l'état de ses poils. QingMing était tellement épuisé qu'il n'arrivait même plus à cacher ses appendices en plus. Boya avait cru qu'il faisait exprès et lui en avait fait la remarque plusieurs fois jusqu'à ce qu'il le voit physiquement peiner et qu'il entende le petit "pop" étouffé la dernière fois qu'il avait réussit à les cacher. Et surtout qu'il voit les taches sanglantes sur ses vêtements et le sang couler sur le haut de son crâne.
Il avait arrêté de lui crier dessus pour ça après. Alors pour se faire pardonner, il pouvait bien l'aider à brosser ses queues, non ?
Et voila qu'après des jours, les deux continuaient à se crier dessus quand même. Pourtant, ça n'avait plus le feu des premiers jours. Comme s'ils avaient besoin d'excuses pour se crier encore dessus et prenaient tous les prétextes pour y arriver encore dans l'espoir que personne ne réaliserait qu'ils s'appréciaient de plus en plus.
Hongruo n'était pas le seul à voir les petits coups d'œil en coin, la curiosité croissante et.. le désir.. Un désir trouble et incertain que Hongruo aurait bien été en peine de qualifier. Qu'il soit sexuel, amical ou autre chose, il n'en savait rien. Les deux hommes non plus d'ailleurs.
Hongruo voyait juste que les deux gamins voulaient aller l'un vers l'autre mais ne savaient pas comment. Alors ils se criaient dessus parce que c'était leur meilleur moyen de communication. Parce qu'ils n'en connaissaient pas d'autre.
Non. C'était une erreur.
Boya n'en connaissait pas d'autre et QingMing n'en connaissait aucun alors il faisait ce qu'on lui montrait.
Comme souvent, cette séance de hurlements se finit lorsque les plus jeunes de shidi vinrent les prendre par les mains.
"- On a faim, gege !"
Immédiatement, les deux jeunes gens s'accroupirent devant les gamins, toute "colère" oubliée pour s'occuper d'eux.
Les deux maîtres qui les avait observés secouèrent la tête avec désolation. Hongruo avait raison de vouloir les garder avec eux. Ces pauvres gosses étaient psychologiquement des épaves.
Ce qui avait commencé, une fois de plus, comme une lutte acharnée entre les deux hommes s'était vite transformée en compétition amicale.
Après leur bagarre de chiffonniers qui les avait vu si bien punis, Hongruo leur avait demandé s'ils accepteraient d'entrainer les disciples de l'ouest au combat. Leur temple était avant tout un monastère. Les arts martiaux y étaient enseignés mais rien d'aussi poussé qu'à l'Est et bien plus terre à terre qu'au Nord.
Alors les deux gosses avaient acceptés. On ne leur demandait pas de trahir les secrets de leurs sectes, juste de repayer la dette qui était la leur de vivre dans le Temple et de manger la nourriture qu'on mettait dans leur bol. Ils jouaient déjà les baby-sitter l'après-midi, ils aidaient déjà ceux qui en avaient besoin dans leurs études, ils pouvaient bien les aider à apprendre à se battre.
une fois de plus, Hongruo avait été consterné. Ces deux gamins avaient l'enseignement dans le sang. Bien avant le meurtre ou la servitude. Contrairement à nombre d'ainés qui devaient s'occuper des plus jeunes, eux aimaient enseigner. Leurs sourires quand leurs élèves parvenaient enfin à passer un mouvement, à réussir à tracer un talisman ou à lire un poème particulièrement complexe était une certitude en soit. Ils prenaient davantage plaisir à cette vie tranquille avec des bambins qui leur arrivaient à la taille qu'à tout ce qu'ils faisaient autrement.
Et ils n'étaient pas dupes. Pour l'autre, pas pour eux-mêmes.
Il suffisait de voir le sourire doux de Boya lorsque les enfants sautaient sur le dos de QingMing sous sa forme de démon pour faire du cheval sur son échine quand il courait dans les champs qui entouraient la secte lorsqu'il faisait un peu sec.
Ou le sourire de QingMing lorsque Boya emmitouflait un petit dans une couverture pour sa sieste et qu'il le couchait sur un petit lit de bambou tressé en fredonnant une vieille comptine de son enfance.
Les deux hommes avaient plus en commun qu'ils n'avaient de différence. La défense des plus faibles, le respect de leurs devoirs, et un caractère infernal… tout conspirait pour que les deux hommes s'adorent. Ou se détestent au point de se haïr.
Avec tout ça, Hongruo avait vu l'attitude des deux gamins changer. Surtout pendant les cours de morale et de philosophie. Si QingMing en avait déjà eu, ce qu'il recrachait était tordu d'une manière qui laissait les ancien de l'Ouest mal à l'aise et choqué. Tout ce qui avait été enseigné à QingMing l'avait été pour justifier sa soumission et la haine de sa propre nature.
Comme tout ce qui avait été enseigné à Boya l'avait été pour justifier sa haine de tout ce qui n'était pas humain et son mépris de sa propre vie.
C'était… Perturbant.
Assez pour que Hongruo envoie ENCORE une lettre. Mais au Trône seul cette fois.
Les Temples étaient farouchement indépendant sur leur méthode d'enseignements mais là, ça devenait ridicule. JingYun faisait passer la politique de sa secte avait l'Empire et le Yin Yang faisait passer leur pouvoir dans le Nord avant tout le reste. L'usage qu'ils avaient des shishen en était la preuve la plus flagrante.
Non vraiment, Hongruo n'aimait pas la tapisserie qui se nouait un peu plus chaque jour devant ses yeux.
La mousson était en train de se terminer. D'ici deux semaines maximum, la pluie cesserait de tomber. Encore quelques jours et la décrue serait amorcée. Une semaine, deux au plus après, et Boya pourrait demander à partir.
Il fallait que Hongruo trouve le moyen de le lui interdire. Il fallait que les deux gosses restent.
Dans toute la catastrophe qu'était ces dernières semaines pour lui et QingMing, la mousson était la respiration forcée nécessaire à ce qu'ils prennent un peu de recul.
Et du recul, ils avaient commencé à en prendre.
Plus les jours passaient et plus QingMing comme Boya étaient silencieux. Ils cherchaient activement la présence de l'autre sans le vouloir. Ils ne se disaient rien, ils ne se regardaient même pas, mais ils cherchaient la compagnie de l'autre. Surtout après les cours de morale et de philosophie.
L'un comme l'autre commençaient à réaliser que leur secte respective n'avaient pas leur bien-être à l'esprit mais qu'ils les utilisaient comme des outils.
Ils le savaient. Mais ils refusaient de l'admettre.
C'était encore plus dur pour QingMing que pour Boya.
Boya avait été envoyé par JingYun après la mort de sa mère.
QingMing… QingMing refusait de croire que Zhong Xing ait pu avoir quelque chose à voir avec la mort de sa mère. Mais maintenant qu'il osait y regarder de plus près… Il commençait à se poser des questions.
Son maître l'avait trouvé très, très vite après la mort de sa mère. Trop vite.
Beaucoup trop vite pour que ce soit normal.
Si seulement il pouvait se souvenir précisément… Mais sa mémoire était confuse. Il était si jeune, et ça faisait si mal d'y penser…
Ho, il y avait bien un moyen de se souvenir. Mais… Il avait peur.
Si peur…
Boya était inquiet. Pas inquiet pour QingMing évidemment. Non, il n'était pas inquiet pour un démon. Il était inquiet de… de… Il était inquiet et qu'on lui fiche la paix avec ça.
Depuis quelques jours, il voyait le regard doux se charger de nuages. Il voyait l'air de profonde détresse qui se peignait sur son visage lorsqu'ils devaient lire et analyser des traités de philosophie. Les derniers surtout, sur le devoir filial mais aussi sur le devoir des parents envers leurs enfants semblaient profondément le toucher.
QingMing n'était pas le seul évidemment. Boya aussi était perturbé par ce qu'il lisait. Il refusait d'admettre qu'il n'avait pas que des devoirs envers JingYun mais aussi des droits. Pourtant, il le voyait dans l'Ouest tous les jours. Les disciples devaient obéissance et respect à leurs ainés et au temple. Mais le temple leur devait aussi protection, respect, enseignement et décence. Boya commençait à réaliser que JingYun n'avait jamais été aussi généreux avec lui que l'Ouest l'était. Était-ce sa faute ? Il savait qu'il avait été une tannée à élever et à supporter quand il était plus jeune. Le traumatisme de la mort de sa mère avait été affreux. Celui de la mort de son père n'était même pas encore digéré quand elle avait été tué.
JingYun avait capitalisé sur sa haine, sa peur, ses traumatismes et son envie de tuer tous les démons. Il en avait conscience depuis longtemps. Jusque-là, ça ne l'avait jamais vraiment dérangé. Après tout, JingYun lui donnait en échange de ses capacités à tuer ce qu'il voulait : l'encadrement et l'aide logistique nécessaire pour qu'il puisse tuer des démons.
Mais maintenant ? Maintenant avec ce demi-démon qu'il n'osait appeler son ami mais que le simple terme lui brûlait de plus en plus la langue ? Il ne savait plus. Il était perdu.
Il se souvenait de la renarde rousse qui avait éventré sa mère. Il se souvenait des cris, du sang, de sa terreur. Il se souvenait que la renarde avait regretté de ne pas le manger. Il se souvenait… Vraiment ? Il se souvenait de ce qui s'était passé ou de ce qu'on lui avait dit qu'il s'était passé ?
Boya en avait mal à la tête.
Il avait décidé d'aller tenter de se noyer un peu dans les bains de la secte lorsqu'il avait entendu des petits cris de douleur provenant de la chambre de QingMing.
Il n'avait même pas réfléchit. Il était entré.
Le renard était effondré sur le sol, les yeux grands ouvert sur quelque chose qu'il ne pouvait voir et émettait de petits cris de détresse. Le qi qui courait sur lui était le sien. Quoi que QingMing ait fait, il l'avait fait lui-même pour une raison quelconque.
Boya aurait pu aller chercher de l'aide mais il hésita.
Il préféra le soulever doucement pour le poser sur le lit, le couvrir et rester près de lui. Il ne pouvait pas laisser seul un ennemi n'est ce pas ?
Il prit sa main dans la sienne et la serra doucement.
Fangyue reposa la lettre qu'elle lisait. He Shouyue était aussi troublé qu'elle.
Les nouvelles de Hongruo étaient inquiétantes. Toute cette histoire était inquiétante.
Ce qui n'aurait dut être qu'une péripétie idiote dans la grande marche de l'Empire était en train de lentement se transformer en situation plus que troublante.
Ce que Hongruo détaillait des comportements de Anbei QingMing et de Yuan Boya était intriguant au moins. Ce que de tels comportements sous-tendaient était pire.
Ce que Hongruo décrivait…
JingYun faisait de ses disciples des armes, ils le savaient tous. Mais jusque-là, les disciples de JingYun étaient des armes pour la protection de l'Empire et de ses habitants. Pas juste des machines à tuer qui obéissaient à tous les ordres, même les plus douteux.
Le Yin Yang faisait de ses disciples des maîtres de la manipulation et de la dissimulation. Mais là, ce n'était pas de la manipulation. C'était de la soumission abjecte.
Non, vraiment, ni la Princesse ni son shishen n'aimaient ça.
He Shouyue encore moins. Après tout, Boya était un peu le petit neveu de Fangyue et QingMing son neveu martial aussi. Il était le fils adoptif de son ancien maître.
He Shouyue se sentait une responsabilité pour les deux jeunes gens.
"- Fangyue… Avec votre autorisation, j'aimerai les faire integrer sous mes ordres tous les deux à l'Observatoire. Ce qui est dans ces courriers est trop dérangeant. Je ne pense pas qu'il soit de bonne politique de les rendre chacun à leur secte d'origine. Trop de questions se posent."
Fangyue soupira de soulagement. Elle ne pouvait faire protéger Boya de sa secte sans bonne raison. He Shouyue lui en donnait une sur un plateau d'argent. Elle s'inquiétait aussi pour l'élève de Zhong Xing par ricochet. Au fin fond de son cœur, elle aimait encore le vieil imbécile qui l'avait abandonné. Si les choses avaient été différentes, elle aurait pu épouser Zhong Xing, elle aurait été comme une mère pour QingMing… Elle voulait le considérer comme le fils qu'elle n'aurait jamais.
"- Fait les venir à la Capitale tous les deux. Qu'ils soient sous notre protection à tous les deux."
He Shouyue s'inclina profondément.
L'idée de barbotter les deux gamins à leurs sectes et en plus d'ennuyer profondément son ancien maître le mettait en joie.
"- Je vais envoyer un courrier immédiatement, Princesse."
Non, vraiment, ça lui plaisait.
QingMing avait ouvert les yeux sur les plaines de glace. Quand il tournait son œil intérieur sur lui-même, c'était toujours ici que son périple commençait. Sans doute à cause des heures, des jours même qu'il y avait passé à s'entrainer avec son maître.
Il lui fallait quelques instant pour stabiliser son monde intérieur puis chercher dans la bibliothèque de ses souvenirs ce qu'il cherchait. Certains étaient plus facile à accéder que d'autres. Celui qu'il cherchait était de ceux qui étaient dans la partie la plus ancienne et la plus sauvage de sa mémoire. Celle qu'il évitait depuis toujours.
Il ne voulait pas voir certains de ses souvenirs.
C'était pour ça que le visage de ses parents avaient lentement disparus de son esprit.
Mais cette fois, il fallait qu'il sache. Il avait besoin de savoir.
Depuis des jours, il en était venu à douter de la générosité de Zhong Xing à son égard. Il fallait qu'il sache.
Les plaines de glace autour de lui disparurent lentement pour être remplacées par une pauvre petite maison de bois. Elle était perdue dans la foret et si elle était petite avec une seule pièce, elle était chaleureuse et bien entretenue.
Un sanglot échappa soudain à QingMing lorsqu'une femme entra dans la maison. Non, pas une femme, sa maman. Ses cheveux étaient aussi blanc que ses quatre queues, elle souriait largement et ses yeux bleus pétillaient de vie. Ses oreilles sur le haut de son crâne étaient plus longues que les siennes. Ses queues aussi étaient très longues. Mais elle était adulte. QingMing savait qu'il avait encore quelques années devant lui pour grandir.
Mais si la femme était sa mère, alors le petit garçon sur le sol…
"- MAMA !"
Bébé QingMing bondit sur ses jambes pour ce jeter dans celles de sa mère. Il n'avait pas plus de cinq ans. Sa jolie queue blanche était touffue et toute pelucheuse, autant que ses oreilles qui semblaient bien trop grandes pour sa tête et tombaient sous leur propre poids sur le coté de sa tête.
Les mains sur la bouche, QingMing pleurait une scène qu'il avait choisi d'oublier parce qu'elle lui déchirait le cœur.
Sa mère l'attrapa sous les aisselles pour le jeter en l'air et le rattraper au vol, avant de le jeter comme un sac vers…
"- A-Lian ! Enfin !" Le rire masculin surprit QingMing qui resta stupéfait.
Son père ? C'était son père ? Mais quel âge avait-il ? La cinquantaine solide. Et il portait… Non, c'était impossible !
Mais QingMing ne s'intéressait pas à ça pour l'instant. Il se repaissait de voir ses parents ensemble. Il réapprenait leurs visages à tous les deux. Et si le souvenir qu'il hantait à présent tressautait par moment, ce n'était pas anormal. Pas pour un souvenir aussi vieux et aussi réprimé.
"- A-Lian… Et s'il était tombé et qu'il s'était fait mal à la queue, hein ?"
Le rire perlé de la démone fit sourire QingMing au milieu de ses larmes. Son père aimait sa mère comme un fou c'était évident. Mais sans la lueur de folie et d'obsession qu'il y avait toujours dans les yeux d'une victime de renard. Non, ses parents s'aimaient vraiment.
"- A-Shi…" Souriait la démone.
QingMing savourait les noms sur sa langue avec une infinie tristesse. A-Lian. A-Shi. Ce n'était pas les noms complets de ses parents mais c'était déjà plus qu'il ne s'en souvenait jusque-là.
"- A-Ming est…"
La porte de la maison s'ouvrit avec une rare violence. Une volée de flèches fut tirée à l'intérieur et QingMing ne dut la vie sauve qu'à son père qui le protégea de son corps pendant que sa mère lançait un sigil de bouclier. Mais c'était trop tard. Son père était tombé sur le sol, le corps transpercé. S'il n'était pas encore mort, il ne survivrait pas.
Sa mère échangea un regard de désespoir avec son mari qui ferma les yeux une seconde malgré la douleur. Qu'elle fasse ce qu'elle devait sans penser à lui.
QingMing vit son moi plus petit être arraché des bras de son père par sa mère. Elle bondit à travers la fenêtre et s'enfuit en courant mais d'autre archers étaient déjà là. Elle hurla sous la douleur des flèches mais continua à courir avec son petit dans sa gueule pour le protéger.
QingMing suivait le souvenir avec horreur. Il se voyait, petit renardeau terrifié tenu par la peau du cou dans la large gueule de sa mère en larmes de douleur, de rage et de peine pendant qu'elle courait droit devant elle.
Une flèche plus chanceuse que les autres lui trancha un tendon. Elle s'écroula dans la mousse des sous-bois.
Bébé A-ming roula dans l'herbe à quelques mètres.
"- Cache toi. Mama va revenir mon trésor."
Le renardeau se cacha sous une souche, étroitement serré dans sa queue mais incapable de détacher son regard du combat entre les archers humains et….
QingMing figea son souvenir. Quelque chose n'allait pas.
Il voyait les archers mais ils avaient tous le même visage. Comme si… Un souvenir fabriqué ? Modifié ?
Il s'approcha des assassins de ses parents avec un frisson de dégout. Des hommes étaient à l'arrière. Leur présence avait été… gommée ? Ils étaient là. Rien ne pouvait totalement effacer les souvenirs d'un cultivateur. Si sa mémoire avait été altérée, c'était parce que le souvenir datait de sa prime jeunesse et qu'il ne savait pas encore réellement se protéger. Mais il était un demi-renard. Sa nature même l'avait protégé en partie.
QingMing leva la main pour toucher les hommes qui étaient derrière les archers.
Il rencontra un mur translucide qui scintilla sous ses doigts.
Le souvenir se remit en route.
Dans son dos, sa mère hurlait de rage et de terreur mêlée. Elle parvint à tuer plusieurs des archers avant que des lanciers ne prennent leurs places pour la clouer au sol. Mais elle était forte sa maman. Elle massacrait les humains un par un. Elle savait qu'elle n'avait quasi aucune chance mais ce n'était pas pour elle qu'elle tuait. C'était pour protéger son petit.
QingMing refusait de se tourner pour voir encore mourir sa maman. Entendre ses cris suffisaient pour lui broyer le cœur.
Pourquoi n'arrivait-il pas à passer la barrière ? Il avait beau forcer, rien n'y faisait.
Un dernier hurlement échappa à sa maman. Il l'entendit lourdement chuter puis il n'y eut plus que le son de sa respiration douloureuse.
Les hommes cachés par la barrière s'approchèrent d'elle.
L'un d'eux l'attrapa par le cou et la traina dans la petite maison. Son père agonisait encore sur le sol. Il tentait de se redresser lorsqu'on jeta sa femme près de lui mais il ne put même pas lever la tête.
QingMing se mit à hurler lorsque les humains mirent le feu à la maison.
Il dut assister une fois de plus à la mort de sa mère, de ses parents, brulés vifs dans la petite maison où ils avaient appris à être heureux et qui était leur tombeau.
QingMing était tombé à genoux et suppliait, encore et encore. Qu'on épargne ses parents. Qu'on le tue lui, mais qu'on les épargne. PITIE… Pitié… pitié…
Mais le souvenir continuait, implacable.
Lorsque QingMing parvint à se redresser, ses parents étaient heureusement morts étouffés par la fumée bien avant que les flammes ne lèchent leurs corps.
A moitié assommé parce qu'il venait de voir, QingMing cahota jusqu'à la souche où son lui bébé ou presque se cachait.
Lorsqu'il y parvint, se fut pour y trouver Zhong Xing à genoux devant sa cachette et qui l'appelait doucement pour le convaincre de sortir de là.
Il ne restait plus aucun soldat. La barrière avait disparue. Il n'y avait plus personne à part eux deux.
Qu'est ce qui s'était passé ?
Il se vit sortir de sa cachette et se laisser agripper par la peau du cou par son maître qui le souleva devant son visage.
"- Parfait."
Zhong Xing posa un doigt sur le front du renardeau et le souvenir explosa sous la douleur.
Boya était au bord de la panique.
Il tenait QingMing par les épaules pour l'empêcher de se faire mal. Il ne savait pas ce que faisait le demi-démon mais sa forme oscillait entre une forme humaine totale, une intermédiaire et le démon complet. Il n'arrivait pas non plus à le réveiller.
Les hurlements de douleur, de terreur et de désespoir du renard lui mettaient le cœur en miette et l'estomac au bord des lèvres. Il n'avait jamais entendu un démon souffrir ainsi. Il ne pensait même pas qu'il était possible pour un démon d'avoir des sentiments. Là ?
Que les dieux-gardiens le pardonnent mais il regrettait tous ses choix de vie.
"- QingMing…. QingMing… QINGMING !"
Ses cris finirent par attirer des curieux qui entrèrent en coup de vent.
"- Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce que vous avez fait !" La condamnation immédiate crispa affreusement la chasseur qui grinça des dents. Ce qu'il avait fait ? il tentait de protéger un ami de lui-même.
"- Allez chercher de l'aide !" Ordonna le chasseur avec un regard noir pour le maître qui fila avec un coassement d'angoisse. "Aidez moi à le tenir." Une crise de Haut-Mal peut-être ? Mais les démons ne pouvaient pas souffrir de ça n'est ce pas ?
Les trois autres disciples entrés avec le maître se précipitèrent pour l'aider à immobiliser QingMing. A s'agiter en tout sens, il s'était blessé à plusieurs endroit sur les bras et les jambes.
"- Tenez le bon sang !"
Mais le renard était trop fort et sa forme trop fluide pour qu'ils y arrivent facilement et Boya ne voulait pas l'immobiliser magiquement. C'était un coup à se qu'il continue à se débattre et se casse quelque chose quand même.
Soudain, le grand corps s'arqua, QingMing hurla puis il retomba inerte dans les bras de Boya.
Le chasseur et les disciples restèrent immobile et inquiet une minute ou deux.
"- Je… Je crois que c'est fini." Souffla Boya.
"- Qu'est ce qui s'est passé ?" Hongruo était arrivé avec le maître qui était venu le chercher et deux guérisseurs.
Boya fit son rapport avec une efficacité un peu effrayante. Sa voix était basse, mécanique et monocorde.
Il était incapable de détourner les yeux du visage douloureux du demi-démon dont il avait posé la tête sur ses genoux.
"- Il… Il va aller bien, n'est-ce pas ?"
Hongruo dut s'assurer que c'était bien Boya qui venait de parler et non pas un petit shidi de dix ans.
"- Je n'en sais rien, Boya Daren. Mais avec les soins nécessaires, il devrait se réveiller rapidement."
"- Zongzhu ? Son Node est complètement à sec mais à part ça, il va bien. Deux jours de sommeil, un gros repas, et il sera sur pieds. Il faut juste que quelqu'un le surveille et…
"- Je m'en occupe." Assura Boya.
Le guérisseur jeta un coup d'œil interrogatif à son chef de secte. C'était une bonne idée, ça ?
"- Alors nous le laissons entre vos mains, Boya Daren. Prenez soin de lui."
Boya hocha la tête sans vraiment y penser. Il était encore trop inquiet pour son am… pour le démon.
Le chef de JingYun était troublé.
Les lettres qu'il avait reçu de l'Ouest étaient perturbantes.
Boya aurait dû être sur le chemin du retour depuis longtemps après avoir simplement tué le démon. Si les ordres étaient plus nuancés, Boya connaissait son travail
Un bon démon était un démon mort. Alors pourquoi ces atermoiements ?
Le chef de secte était inquiet pour son investissement. Il avait mis des années à modeler Boya dans la peau du parfait psychopathe bien obéissant. Il ne rechignait jamais et s'il gueulait pas mal, ce n'était jamais à propos de ce qui était important. Il y avait longtemps que le chef de JingYun avait appris qu'il fallait laisser une soupape de sécurité à tout ce qui se retrouvait sous pression. Une arme qu'on pressait en permanence sans relâcher la tension d'une façon ou d'une autre finissait invariablement par casser. S'il n'avait aucun problème à casser lui-même certaines de ses lames ou qu'il se fichait de ce qui pouvait bien leur arriver, Boya était l'un des très rare qu'il surveillait comme le lait sur le feu.
Boya était "important".
Important pour sa place dans la secte, important pour son sang, important pour ce que le chef de secte avait fait de lui au cours des années.
D'ici deux ou trois ans, il prendrait la place de Premier Disciple.
Lorsqu'il le serait, le chef de secte n'aurait plus à s'épuiser à dresser les disciples comme il le voulait pour en faire des moissonneurs de démons. Non. Boya les dresserait lui-même comme il avait été lui-même modelé par le chef de secte.
D'ici une dizaine d'années, il n'y aurait plus que des moissonneurs parfaitement dressés à n'obéir qu'aux ordres. Il n'y aurait plus de voix contradictoires. Il n'y aurait plus de protestations et le Temple pourrait enfin se mettre à faire ce pour quoi il avait été créé : détruire tout ce qui n'était pas humain.
Boya n'était que le premier d'une nouvelle génération de tueurs. D'ici une ou deux générations, les défauts qui touchaient encore les chasseurs actuels auraient disparu. La pitié, la compassion, l'indépendance n'avaient rien à faire dans une secte comme la leur.
Ils moissonneraient les démons, rapporteraient leurs Nodes à JingYun et la secte prospèrerait comme elle aurait du le faire depuis des siècles au lieu de voir leur nombre végéter à quelques dizaines parce qu'ils étaient trop gentils avec leurs proies. Il ne fallait pas se contenter de tuer les démons coupables. Il fallait tous les tuer.
Point.
Mais si Hongruo se mêlait de ce qui ne le regardait pas ?
Il lui fallait envoyer des hommes pour rappeler à Boya son rôle.
QingMing s'était réveillé en pleine nuit. Il était épuisé, nerveusement détruit, émotionnellement à cran et surtout, surtout, avec une boule de rage tout au fond de lui. Quelqu'un avait modifié ses souvenirs sur la mort de ses parents. Quelqu'un n'avait pas voulu qu'il se rappelle de quelque chose.
Mais on lui avait laissé le souvenir de Zhong Xing qui le récupèrerait. Ce n'était pas de la compassion qu'il avait vu sur son visage quand il l'avait prit dans ses bras. C'était du calcul. De la satisfaction. Un peu de honte aussi.
Qu'est-ce que ça voulait dire bon sang ?
Qui avait modifié ses souvenirs ?
"- QingMing ?"
Une main se posa sur sa joue.
Le demi-démon leva les yeux vers la personne qui était près de lui.
"- Boya ?"
Le chasseur frissonna. Les yeux du demi-démon étaient jaunes.
"- Comment vous sentez vous ?"
"- … épuisé. Et…furieux."
"- Qu'est ce qui s'est passé ?"
QingMing resta silencieux de longues minutes.
"- Je voulais… Je voulais savoir. Je voulais… me souvenir. La mort de ma mère… Je suis… je suis retourné dans mes souvenirs. Pour le voir. Pour savoir. Et…."
Boya s'était figé. Il pouvait faire ça ? Pourquoi ? Pourquoi subir à nouveau cette torture ? Mais Boya devait bien avouer qu'il tuerait pour voir à nouveau le visage de ses parents une dernière fois.
"- Quelqu'un à modifié mes souvenirs."
Boya posa sa main sur le front du jeune démon. Il ne voulait plus voir ses larmes mais ne voulait pas non plus le laisser seul à sa peine.
Le relation entre le chasseur et sa proie s'était apaisée depuis la crise du renard. Il n'y avait que Boya à savoir ce qui s'était passé exactement. Même Hongruo en était réduit aux questions auxquelles, une fois de plus, les deux jeunes gens refusaient de répondre.
QingMing semblait regretter d'avoir avoué à Boya ce qui lui était arrivé.
En tout cas, le chasseur le couvait un peu trop à son gout.
Ils étaient en train de finir d'aider une demi-douzaine de juniors avec leurs sigils lorsque la porte de la salle de classe s'ouvrit en grand.
"- Hé ! Il ne pleut plus et il ne devrait pas pleuvoir avant demain soir. On va en ville. QingMing, tu peux nous y emmener ? Qu'on gagne du temps ?"
Le renard démon se troubla un instant. Depuis qu'il avait retrouvé ses forces, il prenait bien soin de ne laisser plus voir ses oreilles et ses queues.
"- Heu… Oui. Bien sûr."
"- Boya, tu viens ?"
Le chasseur hocha la tête.
"- Finissez avec votre classe et retrouvez nous à l'écurie dans une heure."
Le jeune maître repartit en sens inverse pour prévenir les autres qu'ils n'auraient pas à se tortorer des heures dans la boue de la pampa.
C'était la première fois que Boya allait passer par un portail. Il resta de longues secondes à l'étudier de l'extérieur.
"- Allez-y, Boya. On a pas que ça à faire !"
Le chasseur jeta un regard noir au sénior qui leva les yeux au ciel.
"- Et on va arriver où ?"
"- Dans l'écurie de l'auberge en bordure de la ville."
"- Je vois…"
Il se sentit soudain rudement poussé aux épaules et serait tombé si QingMing ne l'avait pas rattrapé au vol. Boya lui jeta un regard meurtrier mais le demi-démon se contenta de lui sourire.
Les bœufs tirèrent tranquillement la charrette a travers le portail puis les derniers disciples. QingMing referma le portail. Il ne semblait pas une seconde impacté par la dépense d'énergie pourtant énorme, Boya le savait.
"- Bon, comme d'habitude, ceux qui sont de corvée de courses y vont. Les autres, rendez vous ici au coucher du soleil."
Hongruo leur laissait quartier libre pour la nuit, à leur grand plaisir à tous.
QingMing resta bête dans l'écurie sans savoir quoi faire. Il n'avait pas envie d'aller chasser. Pas alors que tout était trempé. Alors que faire ?
"- QingMing ? On y va ?"
Boya l'attendait, tout aussi maladroit et mal à l'aise que lui.
QingMing se sentit sourire pour de vrai pour la première fois depuis qu'il avait quitté ses souvenirs.
Boya rosit doucement sous ce sourire.
"- J'arrive."
Les deux hommes quittèrent l'écurie pour faire le tour de la ville. QingMing commençait à la connaitre un peu. Suffisamment en tout cas pour qu'il puisse les guider tous les deux.
Le silence s'étira entre eux sans vraiment être dommageable.
Boya était un taiseux lorsqu'on le laissait être lui-même et QingMing n'était guère plus bavard. Il aimait profiter de la présence des autres par leur simple présence.
Les gens autour d'eux les fixaient avec surprise. Si les robes des disciples de l'ouest, jaune et gris, étaient connus et reconnus, le blanc du nord et le noir de l'est ne l'étaient pas vraiment.
Alors ils ne pouvaient qu'être dévisagés sur leur passage.
A mesure qu'ils s'habituaient, c'est Boya qui prit la parole le premier.
"- La mousson se termine. Je vais devoir remplir ma mission."
QingMing carra les épaules. Prêt à être déçut une fois de plus.
"- J'imagine."
"- Je vais retourner à JingYun." QingMing resta silencieux. "Ma mission était d'estimer le degré de danger que tu représentes et prendre des mesures le cas échéant."
QingMing tourna la tête vers Boya, très digne. Des mesures hein ?
Ses yeux s'écarquillèrent soudain lorsqu'il vit Boya tirer son épée et la pointer vers sa gorge pour trancher.
Le groupe de mercenaire avait commencé par retrouver les corps de leurs camarades. Les ramener au camps, leur rendre les derniers hommages, puis les anciens avaient prit leurs dispositions pour avoir des informations.
Leur client était mécontent. Très, mécontent.
Leurs proies étaient vivantes et s'étaient échappées.
Les mercenaires n'avaient pas eut d'autre choix que de retrouver leurs proies échappées et de finir le boulot s'ils ne voulaient pas que ce soit eux qu'on élimine. Déjà, leur client les avaient crânement informés au bout de quelques jours qu'il avait retrouvé le plus vieux des deux fugitifs. C'était la moitié de la paye qui s'envolait. Les mercenaires en étaient déjà de leur poche et ils ne toucheraient rien de plus. Ils allaient devoir se débrouiller pour finir la mission avec ce qu'ils avaient.
C'était une pure perte aussi bien financière que d'hommes. Ce qui semblait être au départ une très bonne idée, une mission suffisamment facile pour qu'ils la traitent par-dessus la jambe et jouent avec leurs proies s'était révélé être un véritable cauchemar sur pattes.
C'était leur faute. Ils pouvaient l'accepter. Ils avaient cru que deux prêtres dont un apprenti ne seraient qu'une formalité et que la chasse serait juste un jeu.
Ils avaient joués et perdu.
Mais maintenant, c'était une question d'honneur aussi bien que de vengeance. Si on apprenait dans les milieux autorisés qu'ils avaient salopés à ce point la mission, ils allaient être mis au banc de leur société de malfrats.
C'était les meilleurs de leurs chasseurs qui avaient pris le relais.
Ils avaient commencés par remonter la piste jusqu'aux trois démons qui avaient hébergés les fugitifs.
Les torturer pour avoir des informations leur aurait fait plaisir mais malheureusement, ils n'avaient pas hésités une seconde à leur dire tout ce qu'ils voulaient. Ils ne devaient rien au renard démon et à son maître. Pas alors que leur vie était en danger.
Les mercenaires avaient été déçu de ne pas pouvoir s'amuser. Alors puisqu'ils avaient les informations qu'ils voulaient et bien… Ils les avaient torturés pour le sport avant de les tuer de la pire des façons possibles. Ils n'avaient pas besoin de les épargner un peu puisqu'ils avaient déjà tout dit.
Il leur avait fallut du temps pour aller vers le sud, puis l'ouest. Ils se déplaçaient à cheval. Avec la mousson, leurs déplacements avaient été encore plus compliqués.
Mais ils avaient finit par trouver la ville qu'ils cherchaient.
Sans surprise, prendre d'assaut le Temple de l'Ouest s'était révélé être impossible. Mais les locaux avaient finit par leur donner les informations qui leur manquait. Les disciples venaient en ville une fois par semaine quand il ne pleuvait pas. Souvent, ils avaient avec eux un disciples étranger habillé de blanc.
Il suffisait d'attendre.
Leur patience avait finit par payer lorsqu'ils avaient vu la douzaine de disciples sortir de l'écurie de l'auberge. Par où étaient-ils rentrés ?
Puis en était sortit leur proie et un homme en arme. Un garde du corps ? Possible. Il en avait la tenue et la manière de se mouvoir en tout cas.
Ils avaient attendus. Ils avaient suivit de loin.
Lorsque les deux hommes s'étaient enfin arrêtés pour discuter, perdu dans leur petit monde, ils y avaient vu leur chance.
Une première flèche avait été encochée puis tirée.
La flèche heurta la lame de l'épée.
QingMing lâcha un hoquet de surprise. Il s'était vu sa mort de la main de Boya et… Il venait de lui sauver la vie ?
Une pluie de flèches leur tomba dessus que QingMing repoussa en les faisant passer dans un portail puis on les pressa au corps à corps.
"- Les mercenaires."
"- Quoi ?"
"- Ce sont les mercenaires qui ont déjà essayé de tuer Shifu et moi ! Ils ont été embauchés par le Yin Yang."
Boya resta stupéfait, outré même pendant une fraction de secondes. Comment ça un temple tentait de tuer ses membres ? Ce n'était pas une blague alors ? C'était vrai de vrai ? Il aurait préféré que QingMing lui mente parce qu'une fois encore, ça tapait fort pour lui aussi. Est-ce que JingYun ferait pareil s'il se mettait à désobéir ?
Boya gronda.
Deux épéistes virent immédiatement au contact pour lui, mais surtout, ils essayaient de le séparer de QingMing. C'était le renard la proie. Pas lui. Il en tua un puis se débarrassa de l'autre en lui écrasant sa botte sur le nez, lui enfonçant le cartilage dans le cerveau avec un bruit écœurant.
De son coté, QingMing se défendait de son mieux.
Boya lâcha un juron. Le renard démon se défendait. Il se DEFENDAIT ce fils de corniaud ! On tentait de le tuer et il faisait de son mieux, quitte à se faire blesser, pour ne pas tuer des gens payés pour lui ouvrir le bide ! Mais qu'est ce qu'il avait dans le crâne !?
"- QINGMING ! TUE LES !"
"- NON !"
"- QINGMING !"
"- MERDE ! CE NE SONT PAS DES HUMAINS !" Hurla Boya en comprenant soudain le problème. "CE SONT DES TYPES PAYES POUR TE TUER ! ET ME TUER AUSSI ! ET SANS DOUTE LES DISCIPLES DE HONGRUO S'ILS S'EN MELENT !"
Et s'en mêler, les jeunes gens ne purent s'en empêcher. Dès que la rumeur d'un combat entre un type en blanc, un type en noir et des assassins balaya la ville, ils laissèrent tomber tout ce qu'ils faisaient pour venir aider. Enfin… au moins essayer.
Boya du en protéger plusieurs avec sa dague.
Combien de mercenaires y avaient-ils ? Une douzaine ? plus ? A croire qu'ils avaient mis toutes leurs ressources pour éliminer QingMing.
Boya ne croyait pas si bien dire. C'était exactement ce qui s'était passé.
Un cri de douleur lui échappa. Ils étaient trop nombreux, même pour lui. On venait de lui trancher la cuisse profondément. Il ne dut qu'a ses capacités de cultivateur d'enrailler l'hémorragie en compressant avec ses muscles l'artère entaillée suffisamment longtemps pour que la guérison commence.
"- BOYA !"
QingMing protégeait les disciples de l'ouest de son mieux aussi mais ils allaient être débordés.
Il ouvrit un portail pour faire partir les disciples
"- PARTEZ !" Ordonna-t-il.
Les disciples n'étaient pas idiots. Ils voyaient parfaitement qu'ils gênaient plus qu'autre chose aussi obéirent-ils à regret. La seule chose qu'ils pouvaient faire était de prévenir leur chef de secte et d'envoyer de l'aide qui elle serait utile. Mais pendant ce temps…
Pendant ce temps, Boya et QingMing se retrouvèrent rapidement dos à dos au milieu d'un carnage qui ne semblait jamais vouloir finir.
Les mercenaires avaient joués leur va-tout. Ils avaient trouvés leur proie alors ils avaient fait venir toute leur organisation ou presque. Une cinquantaine d'assassins pour deux jeunes hommes. Comment cela ne pourrait-il pas suffire ?
"- Boya ?"
"- Ça va. Tu peux nous sortir de là ?"
"- Oui mais ils vont nous suivre."
Boya n'était pas idiot. Il avait parfaitement comprit comme QingMing que s'ils fuyaient, la secte Ouest serait la prochaine étape des mercenaires. Ils ne pouvaient les conduire là-bas pas plus que s'y réfugier. Ils avaient tous les deux trop d'honneur pour causer autant de problème à un Temple qui avait été aussi généreux et accueillant avec eux.
Non… Ils ne pouvaient que tuer ou être tués.
Boya jura. QingMing était bien trop précautionneux avec leurs adversaires. Il tapait dur mais pour immobiliser et blesser mais pas pour tuer.
"- QINGMING ! BON SANG !"
Le renard démon secoua la tête. Son éventail tranchait dans les chairs, faisait jaillir le sang, mais il ne visait ni la gorge ni les artères. Il ne pouvait se résoudre à tuer. Pas alors qu'il entendait encore la voix de son maître dans sa tête. S'il tuait, il se comporterait comme un animal, comme un démon. Il l'avait déjà déçu une fois. Il ne pouvait se résoudre à le décevoir encore. Zhong Xing allait l'abandonner s'il le faisait.
"- QINGMING !"
On le jeta à terre. Une volée de flèches lui passa au-dessus du crâne mais un flot de sang lui macula de visage lorsque Boya cracha le sang qui venait de remplir ses poumons. Le chasseur n'avait pas réfléchit. Il avait vu les archers. Il les avait vu tendre leurs arcs et mettre QingMing en joue.
Il s'était mis entre eux par reflexes.
"- BOYA !"
"- Tue… les…" Supplia le chasseur avant de cracher une autre grande goulée de sang.
Il pouvait s'en sortir s'il pouvait concentrer sa cultivation sur ses plaies.
L'énorme renard blanc le coucha délicatement sur le sol.
"- Ho merde…"
"- C'était pas prévu ça…" Souffla un des archers.
Un démon ? un énorme démon renard ?
La fuite fut éperdue autant que de courte durée. QingMing ne réfléchissait plus. On avait blessé son ami. Son ami avait prit la volée de flèches à sa place. Le renard pouvait pardonner qu'on le tue lui. Il n'était qu'un misérable bâtard après tout. Une aberration. Mais Boya ? Boya n'avait rien fait de mal, lui. Il n'avait pas mérité ça !
Le renard était furieux. Comme avec Zhong Xing, le renard avait prit le dessus et ne laisserait rien passer. La boucherie fut aussi rapide qu'efficace.
Le renard n'avait aucune remord d'avoir massacré les deux pattes qui s'en étaient pris à son ami.
Pour lui, l'évènement était déjà au passé alors qu'il venait de broyer entre ses mâchoires le crâne du dernier mercenaire. Ne restait plus que l'inquiétude pour Boya.
Le renard abandonna la scène du massacre pour se précipiter après du Chasseur.
Boya avait réussit à enlever une bonne partie des flèches mais sa respiration était de plus en plus sifflante. Il n'allait pas tarder à se noyer dans son propre sang.
"- BOYA ! QUEL SOMBRE FILS D'ABRUTIT !" QingMing était en larmes. Il s'agenouilla près de lui pour lui transmettre autant de qi qu'il le pouvait pour dégager ses poumons et forcer ses plaies à se refermer. "Il fallait les laisser me tuer ! Tu n'étais pas concerné ! Ma vie n'a aucune valeur !" Il pleurait en hurlant après Boya pendant qu'il tentait de le stabiliser. Mais il n'était pas un guérisseur. Il ne pouvait pas faire grand-chose de plus. "Je te promet que si tu meurs, je trouverais le moyen de te ramener comme mon shishen, juste pour avoir le plaisir de te hurler dessus encore et encore." QingMing essuya sommairement son visage sur sa manche. "Tu verras si tu trouveras ça drôle de devoir servir un renard démon ! Imbécile heureux ! Crétin à la cervelle remplie de fromage mou !" QingMing finit par le soulever avec toute la prudence du monde. Il donnait tout le qi qu'il avait pour Boya mais en avait assez pour ouvrir un portail. Il fallait qu'il le ramène au Temple. Entre ce qu'il donnait à Boya et le portail, il avait toutes les chances de tomber en état de choc mais pour sauver le jeune chasseur, il se serait bien ouvert les veines alors qu'était un risque de déviation quasi certain ?
Le portail s'ouvrit avec un hurlement d'agonie qui fit sursauter tous ceux qui étaient de l'autre côté. QingMing sauta dedans avant qu'il ne se referme dans son dos avec un claquement sec.
"- Boya… Il…" Déjà, il sentait ses méridiens s'enflammer de douleur après ce qu'il avait fait. Il parvint à rester debout le temps qu'on lui arrache Boya des bras et qu'on le prenne en charge.
Alors seulement le demi-démon s'effondra à son tour. Du moment que Boya vivait, le reste n'avait pas d'importance.
Le cavalier en noir jeta un coup d'œil en coin vers le cavalier à sa droite. Lui portait la livrée des messagers rapides du Trône Impérial.
Les deux hommes se suivaient depuis des jours.
Au début, ils avaient cru tous les deux à une erreur. Mais les jours passant, il était évident qu'ils allaient au même endroit.
A présent, ils prenaient le dernier virage avant d'arriver en vue de la Secte Ouest.
Le Maître de JingYun et le Messager Impérial avaient tous les deux un message pour Hongruo Zongzhu.
Ils démontèrent en même temps devant la porte, toujours très occupés à se foudroyer l'un l'autre du regard.
Il ne fallait pas être grand clerc pour être à peu près certain que les sujets de leurs messages étaient proches si ce n'était similaires.
Le messager usa le premier du lourd anneau de métal sur la porte pour signaler la présence de visiteurs à la porte du temple.
Il fallut de longues minutes avant qu'un disciple vienne voir de quoi il retournait.
"- C'est pour quoi ?"
"- Message du Trône pour Hongruo Zongzhu."
"- Message du Chef de JingYun pour Hongruo Zongzhu."
Le disciple fit la moue mais les fit entrer.
On les entraina le long de plusieurs couloirs jusqu'à une petite salle ou un serviteur leur apporta du thé.
Le maître des lieux ne se présenta que plusieurs heures après. Il était sombre mais relativement détendu.
"- Et bien. Je m'attendais à des messages mais pas simultanés."
"- J'ai un message pour Boya Daren." Exigea le messager en noir.
"- Boya Daren n'est pas visitable pour l'instant."
"- J'insiste."
"- Et je vous refuse votre demande. Le Temple vous offre l'hospitalité pour la nuit. Vous pourrez repartir demain matin."
"- Mais…"
Hongruo n'attendit pas plus. Les deux messages en poche, il fit demi-tour pour les lire. Mais avant, il voulait voir comment allaient ses deux projets du moment.
Quand il entra dans la petite chambre de l'infirmerie, QingMing venait de tresser lâchement les long cheveux de Boya après les avoir lavés.
"- J'aurai pu le faire."
"- Le guérisseur t'as interdit de lever les bras encore une semaine."
"- Et il t'as interdit d'utiliser ta cultivation."
"- Je n'ai pas besoin de cultivation pour te coiffer sombre idiot de martyr héroïque et stupide !"
Boya pesta à mi-voix mais le laissa finir.
Hongruo soupira de soulagement.
Ils avaient bien faillit perdre Boya. Et QingMing.
Leur cœur s'était arrêté à tous les deux. Boya sous la perte de sang, QingMing de déviation.
Deux imbéciles. Tous les deux.
Mais le maître se secte s'était attaché à eux.
Il était toujours facile de s'attacher à des chiots perdus.
Question 48 : La mère de Boya
/polls/Dwyoq1rJxgA
A- A été tué par accident par une renarde
B- A été assassinée pour une raison autre que l'envie de tuer et de manger par une renarde mais qui reste une raison liée aux démons
C- Son assassinat a été commandité par des nobles.
D- Son assassinat a été commandité par JingYun.
E- Autre (dites-moi en commentaire)
Question 49 : Boya est-il 100% humain
/polls/05Zd1ow94y6
A- Oui
B- Non, en partie démon
C- Non, en partie esprit
D- Non, en partie dieu-gardien
E- Non, Autre (dites-moi en commentaire)
Question 50 : Le père de QingMing est
/polls/xVg7d493MZr
A- Un prêtre du Yin Yang
B- Un prêtre de JingYun
C- Un prêtre de l'Ouest
D- Un fonctionnaire haut placé
E- Un Cultivateur itinérant
F- Un simple soldat
G- Un artisan local/un paysan local
H- Autre chose de pas forcement humain (dites moi quoi en commentaire)
Question 51 : Est-ce que Boya va demander à QingMing de lui permettre de revoir lui aussi la mort de ses parents ?
/polls/e7ZJO6oNMy3
A- Oui
B- Non
FIN DES VOTES : Samedi 10 decembre 23h59
