Hey hey ! Merci aux deux premières revieweuses et bonne lecture !

Cece48 : J'espère que la suite te plaira autant ! Merci pour ta review, ça fait toujours plaisir


Une carte était placée au centre de la table. Le continent principal était dessiné, là où ils se trouvaient, ainsi que la frontière entre leurs deux empires.

Ce fut Historia qui prit la parole en premier, coupant l'herbe sous le pied de Daris Zackley.

— Je pense que nous pouvons commencer. Nous sommes ici pour rédiger les premiers accords de notre armistice suite au cessez-le-feu approuvé par nos dirigeants il y a de cela deux mois jour pour jour.

Les Homidés l'observèrent longuement, considérant leur silence comme un acquiescement, elle continua :

— Nous avons pour mission principale de définir les frontières, ainsi que les mouvements de troupes. Que ce soit pour le retrait, que pour les gardes de nos territoires. Nous devons également mettre en place une liaison et des agents en qui nous avons toutes confiance pour garantir nos transmissions.

Le major Erwin Smith ne laissa rien paraître, contrairement à Daris Zackley qui tiqua face à la tirade. Ce dernier tenta tant bien que mal de rester poli et professionnel :

— Nous avons déjà eu un aperçu de vos demandes, tout comme vous, des nôtres. Concernant les frontières et le nouveau tracé, nous sommes à peu près d'accord à quelques exceptions près, surtout deux.

Ils s'approchèrent instinctivement de la carte. Daris posa le doigt sur un premier lieu, au Nord, près de la mer, à l'embouchure d'un fleuve qui prenait sa source dans le territoire des Valgulfr.

Historia plongea son regard dans celui du Général. C'était un point stratégique pour le pays des Valgulfr. Peu des fleuves parcourant leur territoire tombaient dans la mer du Nord, et pour le commerce avec d'autres continents, il était essentiel qu'il le préserve. Les Homidés en avaient trois de ce côté-là. Eux, c'était le seul.

— Si vous voulez un semblant de paix, et que vous tentez de nous barrer la route fluviale du Nord, c'est que vous vous moquez de nous. Cette guerre a longtemps bloqué nos échanges commerciaux avec le grand pôle, et bien que nous ne vivions pas principalement de cela, c'est un outrage que de vouloir conserver l'embouchure de ce fleuve. Cela en dit bien long sur vos intentions : Appauvrir nos échanges, notre économie et donc notre pays.

Daris conserva sa position, Historia aussi. Il était hors de question qu'elle laisse passer ce fleuve aux mains de l'ennemi. Il avait tant bien que mal résisté et réussi à le reprendre malgré ces décennies de guerre. Malgré le fait que leurs navires étaient coulés quand ils arrivaient en mer. Malgré les nombreuses batailles et les morts.

L'homidé reprit :

—- Nous avons accéder à toutes vos requêtes, nous vous avons même laissé quelques terres dans le sud et agrandir votre territoire.

— Vous ne les avez pas toutes rendues, et ces terres étaient nôtres avec cette guerre.

Que vous avez déclenché, ajouta silencieusement Historia.

Du coin de l'oeil, elle vit Eren bouger d'un pied sur l'autre avant de reprendre sa position. Il devait mourir d'envie de coller son poing à cette enflure et elle le comprenait parfaitement. Cependant, bien qu'ils n'étaient que quatre dans la salle, il valait mieux éviter l'incident diplomatique en si bon chemin de paix.

Elle prit une inspiration silencieuse et retrouva son calme. Elle sentit Eren répéter ses gestes, ce qui la rasséréna quelque peu.

Elle trouva étrange cependant que les Homidés en face d'elle osent lui tenir de tels propos. Historia décida de passer outre, ça sentait le piège. Elle tourna sept fois sa langue dans sa bouche et retint un rictus avant de reprendre :

— L'autre exception, ne serait-ce point Vigrid, par hasard ?

Les deux hommes l'observèrent sans comprendre.

Eren serra les dents et les mains d'appréhension.

Historia pointa une vaste plaine, ainsi qu'une forêt qui était bien ancrée dans leur territoire, à plus d'une centaine de kilomètres du front.

Daris resta silencieux. Ils prirent ça pour une affirmation. Eren tapa du poing sur la table.

— C'est une blague ? cria-t-il.

La fureur crispa ses traits et donna à ses prunelles vertes un aspect d'émeraude en fusion.

Historia leva brutalement une main, Eren reprit sa place aussi brusquement. Elle se consola en songeant qu'au moins, ses yeux n'avaient pas complètement changé et qu'aucune transformation n'était apparue.

Elle sentit l'odeur du sang et comprit qu'il se mordait la langue assez fort pour la couper.

D'un geste lent, elle posa ses yeux sur Daris. La colère froide qui l'animait devait être plus impressionnante que l'éclat de voix d'Eren, car il recula d'un pas.

Contrairement à Erwin qui ne bougea pas.

— Avez-vous seulement conscience de ce que vous demandez ? De l'offense, de l'injure, que dis-je… De l'infamie que vous osez vouloir faire ?

Le silence résonna plus fort que tous les coups qu'Eren avait pu entendre jusqu'à présent.

Il sentait la peur de Daris, elle avait un étrange goût d'amertume et de fleur putride. Il entendait son coeur battre, fort. Cependant, mis à part le pas en arrière, l'homme n'en laissa rien paraître. Leurs sens de lupins ne les trompaient pas, mais ils reconnaissaient le très bon jeu d'acteur de cet homme.

— Nous savons que c'est un site sacré pour vous, mais-

— Il n'y a pas de mais, claqua Historia en se penchant : Il est hors de question qu'un Homidé souille cet endroit ! S'il faut vous donner les terres du Sud alors soit ! Cependant, vos deux autres demandes sont rejetées ! Et sachez que si vous souhaitez accéder à notre site sacré, il vous faudra tuer notre peuple entier pour ne serait-ce que l'approcher.

La tension était palpable. Eren la sentait sur sa langue et dans ses muscles.

Ce fut Erwin qui calma le jeu.

— Nous venons à peine de commencer, rien ne nous oblige à prendre de décisions aujourd'hui et, plutôt que de rester buter sur un problème, tentons de résoudre les prochaines questions avant de revenir sur celle-ci. Si vous le voulez bien, évidemment, ajouta-t-il à leur égard après leur regard hargneux.

Historia se redressa. Daris bomba le torse.

— Nous pouvons reprendre avec les positions des troupes, tenta Eren bien que ça lui coûtait.

Nouveau blanc, Daris reprit :

— À partir de quoi ? Des frontières présentes avant la guerre ? Après la guerre ? Les lignes de front ? cracha-t-il.

— Nous pouvons pour le moment partir de la ligne de front. Aux dernières nouvelles, mis à part pour le Sud et une partie du Nord, elle suit plutôt bien les anciennes frontières, non ? sourit-elle amèrement.

— Que proposez-vous ?

— Le retrait de toutes nos armées à plus de cinquante kilomètres de ces dernières et l'interdiction à tout civil d'accéder à la zone. Seuls les messagers pourront la franchir sans accord préalable.

Daris ferma les yeux quelques instants.

— Cela me paraît correct.

Erwin et Eren retinrent un soupir de contentement. Peut-être réussiraient-ils à s'entendre plus qu'ils ne l'imaginaient.