Guest : Ahah ! Moi aussi je m'excuse du retard, les vacances, sans pc toussa toussa quoi… Ravie que les précèdents chapitre t'es plû ! J'espère que je ne t'ai pas fait patienter trop longtemps, en espérant que ce chap' te plaise :D
-Pas eu le temps de corrigé correctement ce chapitre donc eh, tapez les fautes si vous les voyez-
Putain qu'il avait mal. Ce salaud ne l'avait pas raté.
Passant à côté de lui comme si de rien n'était, le commandant Ackermann s'avança jusqu'à la table et déposa les papiers qu'il avait en main, désormais chiffonnés.
— Je suppose que t'es le chef ? demanda-t-il à Armin.
Bien que déconcerté, ce dernier se reprit rapidement :
— Non, c'est la personne que vous venez de frapper. Jaeger Eren, notre représentant, je suis son second, Arlet Armin.
Eren ravala toute la rage et la tornade d'émotion qui lui tordait l'estomac, bien plus forte que le coup qu'il venait de recevoir, et se leva :
— Enchantée de vous rencontrer, ironisa-t-il.
— Pas moi. J'suis le commandant Ackermann, Livaï Ackermann mais pour vous, commandant ça ira bien. J'suis malheureusement en charge du boulot d'Erwin Smith à cause d'un problème dont j'sais rien et dont je me fous.
Il regarda tour à tour les Valgulfr présents puis s'assit lourdement avant de reprendre :
— Je suis pas diplomate et j'ai pas demandé à être là mais pour notre nation et la votre, tâchons de nous entendre pour les jours à venir. Maintenant, j'aimerais commencer cette foutue réunion.
Armin le jaugea longuement du regard, puis jeta un œil à Eren et ce qu'il vit lui déplut. Ce dernier avait le regard brillant, avide. Et ses foutues oreilles dehors.
Il s'approcha rapidement de son ami et déposa ses mains sur sa tête, ce qui lui permit de le sortir de sa transe.
— Bien sûr, nous n'attendions plus que vous, lança-t-il, dos à Livaï tandis qu'il jetait un regard noir à Eren.
S'il supposait bien, la cohabitation allait être très compliquée, mais au moins, Eren sembla faire un effort. Ce dernier se leva et alla s'asseoir à la table, face à Livaï et croisa les mains devant sa bouche. Armin prit place à ses côtés, sous le regard inquisiteur du commandant.
Eren étant étrangement silencieux, Armin prit la parole :
— Comme vous avez l'air de l'avoir compris, la pluie ne devrait pas tarder à arriver et nous aimerions définir l'emplacement de notre camp. Dans un souci d'équité et de-.
— Abrège, coupa Livaï : "les belles paroles sont une perte de temps."
Eren sourit, Armin fronça les sourcils et reprit :
— Nous aimerions monter notre camp près du vôtre, à un kilomètre plus au nord pour que nous soyons proches tout en gardant une certaine limite.
— Quatre kilomètres plus au nord, ça me va, pas moins.
— Pourquoi quatre ?
— Vous êtes capable d'entendre des proies et des conversations audiblement jusqu'à deux kilomètres en forêt, et encore, ce sont seulement d'après nos estimations. Alors en plaine, je suis certain que c'est bien plus portant. Je pense que mes hommes ont envie d'un minimum d'intimité en ce début de paix.
Armin allait rétorquer, mais Eren le devança et accepta :
— Hannes, prévient la troupe et montez le campement au plus vite, à cinq kilomètres d'éloignement en restant au nord de la ville, ajouta-t-il à l'adresse de son garde.
— Cinq ?
— Oui, cinq.
Hannes l'observa longuement, puis fit son salut militaire, cou apparent et s'en alla.
Le silence revint, tous l'observèrent étrangement, les yeux dans ceux de Livaï, Eren reprit :
— Armin, la suite.
— Nous devons aborder l'affaire principale, c'est-à-dire la reconstruction de la ville et de celles aux alentours, ainsi que l'arrivée de nos concitoyens et des vôtres.
— Nous n'avons accepté aucune arrivée avant le mois prochain.
— Nous avons posé la même condition aux nôtres, mais cela devra être avisé selon la taille et la durée des travaux prévus. Pour cela, il va nous falloir expertiser la ville et faire un choix qui en dépend : Reconstruire ou réparer.
Livaï les observa quelques secondes, au moins, ils avaient des dirigeants un minima conciliants face à lui, même si c'était des gosses.
— Nous aimerions également faire des paires entre Homidés et Valgulfr.
— Humains. Pour nous décrire, nous utilisons le mot Humain. Je vais également faire passer le message à mes hommes pour vous appeler… Valgulfr, finit-il par dire après une hésitation.
— Soit, lança Eren, nous devons faire de notre mieux pour nous entendre, après tout.
La phrase qui sembla anodine aux personnes présentes ne résonna pas de la même manière pour le commandant. Il était presque certain que si ces réflexes n'avaient pas pris le pas sur sa réflexion, il serait resté béat devant la présence d'Eren. Comme ce jour-là. Et il avait même failli le laisser le toucher ! Putain, dire que ce foutu gamin était presque un homme, maintenant ! Quel âge avait-il ? dix-huit, vingt-ans ? Pitié, lui qui ne voulait jamais le revoir allait devoir travailler avec. Ô Ymir, qu'avait-il donc fait dans sa chienne de vie pour mériter de souiller ce souvenir en revoyant ce gamin ?
Il frissonna et se pencha en avant. Il détestait la sensation qu'il ressentait à l'instant même. Celle d'être épier et d'être à la merci de l'homme-bête en face de lui. Même s'il venait de dire qu'il devait faire des efforts sur leur langage, personne n'était dans sa tête pour l'empêcher de les appeler comme ça. Et les yeux scrutateurs d'Eren lui déplaisaient assez pour qu'il ait le droit de l'insulter mentalement. Ca, et ses cheveux plus longs que dans ses souvenirs. Si ça continuait, ils cacheraient bientôt ses émerau-yeux. Ses putains d'yeux, se corrigea-t-il.
Ce fut Armin qui le sortit de ses pensées :
— Bien évidemment, la priorité est l'expertise, pour cela nous aimerions constituer plusieurs groupes avec des personnes de chaque espèce. Je pense qu'il est nécessaire que vous soyez autant investi que nous pour cette tâche. Qui plus est, il faut également penser à la nourriture et à la manière de fonctionner pour le service, ainsi que faire des rondes. J'appuie vraiment pour que nous partagions la nourriture, je veux dire, que nous mangions ensemble.
Armin avait l'habitude d'être examiné, d'être passé sous toutes les coutures par ses semblables et ça ne le gênait même plus. Cependant, sous les yeux de Livaï, il lui semblait ne plus être un loup mais un gibier.
Pitié, pourvu que la réaction d'Eren ne soit pas dû à ce qu'il pensait, songea-t-il.
— Pourquoi ça ? Nous ne connaissons même pas vos régimes alimentaires, et vous, les nôtres, répliqua Erd.
— Justement. Nous sommes censés vivre ensemble, nous devons les connaître pour le futur, et il est démontré que partager son repas est l'un des meilleurs moyens pour créer des liens. Ca et les activités communes.
— Si vous êtes tant méfiant que ça, c'est également une bonne chose pour vous, continua Eren : "Vous allez pouvoir apprendre et comprendre comment nous fonctionnons, alors que l'inverse n'est pas aussi vrai."
Le regard de Livaï se posa sur lui. Son loup eut un frémissement et il eut du mal à contenir ses oreilles. Mien, mien, mien ! Il le refoula, quelque chose de plus pressant allait arriver, il aurait tout le temps de profiter du commandant Ackermann plus tard. Eren retint un sourire.
— Nous sommes amenés à cohabiter, nous devons aussi penser aux Humain qui vont venir, nos coutumes doivent aussi s'installer ici, ainsi que notre religion, lança Petra.
— Il est d'autant plus intéressant de faire un groupe inter-espèce pour examiner les travaux et remanier une partie de la ville, rajouta Armin.
Livaï posa son poing contre sa bouche, pensif. Erwin lui avait demandé de faire en sorte que la cohabitation se passe pour le mieux, et d'être poli. Bon, pour la seconde c'était raté, mais pour la première, l'idée de créer des groupes hétérogène était le meilleur moyen de respecter sa part du marché.
Puis, d'ici la semaine prochaine, ce ne serait plus à lui de s'occuper de ça, donc il n'avait aucune raison de refuser. Il soupira avant de répondre :
— Nous avons besoin de former deux groupes qui ne bougeront pas, ou peu : Les sentinelles et les cuisiniers. En ce qui concerne l'expertise, il faudra ensuite qu'ils deviennent les réparateurs si on peut dire, mais nous pourrons toujours modifier les groupes pour garder les plus robustes.
Il releva les yeux, laissa le temps à Petra de griffonner sur l'un de ses nombreux calepins et accepta la demanda :
— Soit, c'est une bonne idée et solution pour commencer notre entente.
— Dans ce cas-là, demain après-midi nous pouvons nous retrouver pour créer les groupes, sourit Armin.
Livaï haussa un sourcil alors il explicita :
— Nous devons expliquer ce qu'il en est à nos camarades et les répartir dans l'un de ses trois groupes. Nous choisirons également qui se trouve à la tête de chaque groupe et lors de la prochaine réunion, nous expliquerons nos choix afin de mener ce projet à bien. D'ici deux jours, si tout se passe bien, nous pourrons alors commencer le plus gros de notre travail.
Il n'eut droit qu'à une moue en guise d'acquiescement. Eren leva la tête vers la vitre la plus proche. Le ciel noircissait à vue d'œil. Sachant ce qui se préparait, il reposa son regard dans celui de Livaï.
— Je pense que, pour aujourd'hui, cela sera suffisant.
Armin l'observa, surpris :
— Nous n'avons pas encore abordé toutes les spécificités de notre cohabitation, ni nos religions ou encore les denrées qu'il faut pour chaque camp, ni…
Un éclair le coupa dans sa phrase.
Eren ne leva pas les yeux, trop plongé dans ceux de Livaï.
— Je crains que Freyr ne soit déjà là et que nos hommes n'aient pas fini de monter le camp, lâcha-t-il en se levant.
Il se courba gracieusement devant les trois Humains, et prit congé sans plus de cérémonie. Sans attendre Armin ni Jean, il entama son pas. Son ami le rejoignit rapidement tout en pestant :
— Mais qu'est-ce qui te prend ? Nos camarades sont parfaitement compétents pour gérer un problème comme celui-ci !
— Nous oui, eux… fit-il en observant le camps des Homidés : "Non."
Armin observa les cieux, remplis de promesses sombres, puis le camp des Ho-... Humain.
— L'orage va être si violent que ça ? Ce n'est pas pour tout de suite, malgré tout…
Eren sourit.
— L'averse ne va pas arriver tout de suite, mais le problème, ce n'est pas tant qu'elle nous tombe dessus, c'est qu'elle a commencé bien en amont.
L'esprit d'Armin comprit aussitôt :
— La rivière ! Elle va déborder ?
— Ce n'est pas la rivière le plus inquiétant, c'est le barrage.
— Il va craquer ! Attends, tout à l'heure, tu le savais déjà ?
Eren haussa les épaules. Comme pour beaucoup trop de choses, on lui avait soufflé la réponse.
— Le commandant a eu une bonne idée en nous écartant de leur camp finalement et au moins, je ne passe pas pour quelqu'un de méfiant. Jean, rends-toi au camp et dis-leur de monter absolument toutes les tentes et d'en laisser la moitié vide. Débrouillez-vous pour les faire obéir et s'il y a des mécontents, c'est à moi qu'ils auront à faire.
Jean et Eren s'appréciaient autant qu'ils se détestaient. Pour une raison étrange, ils étaient incapable de se parler correctement plus d'une dizaine de minutes mais dans les cas comme cela, il était fier d'être l'un des proches d'Eren.
— Bien !
Il disparut en quelques secondes.
Eren s'approcha d'une ruelle tout en défaisant sa cape et sa chemise, il lança :
— Prends mes affaires, je serai de retour plus vite que tu ne le penses.
— Tu comptes te transformer aussi près d'Homidés ? lâcha Armin avec horreur.
Eren lui sourit :
— J'ai besoin de me défouler et d'être à un endroit rapidement, c'est la meilleure solution !
— Un endroit ?
Il fut nue quelques secondes plus tard sans répondre à Armin. En un clignement de paupières, un majestueux loup lui faisait face, les yeux plus vert que l'émeraude.
Il grogna et s'élança dans la ruelle, sans attendre son compagnon.
Pour ne pas se faire remarquer, le plus simple était encore de longer l'enceinte et de sortir le plus au Nord possible, loin de leur campement pour que ses sujets ne le repère pas, avant de bifurquer dans la forêt.
Si ce qu'il pressentait était vrai, le commandant allait faire une sale gueule. Par pure rancune, il avait vraiment envie de voir ça.
Mais qu'est-ce qu'il est vilain notre petit Eren, un p'tit sadique :D
À la semaine prochaine !
Cia o/
