Guest : AHAHAHAHHAA J'AIME CA. Oui, le but est de vous faire mariner, dans un roman, on expose jamais tout d'un coup et encore heureux ! En fait, je déteste les scènes d'expo bien longue et chiante du coup, je sais que c'est frustrant, mais vous inquiétez pas, vous aurez bientôt toutes les réponses, (bientôt, je crois hein j'sais plus trop ds quel chap') après vous aurez p-e pas TOUTES les réponses à TOUT genre pck y'a des trucs que je lance mais que je developpe pas, je t'avoue :'D Bref, ravie de voir que l'histoire te plait et de savoir que tu es tjs présent(e) ! :D À la semaine prochaine ! o/

-pas corrigé-


Armin avait quitté la tente depuis de longues minutes quand Eren brisa le silence :

— Vous devriez vous changer.

— Pour que tu puisses me mater ? C'est hors de question.

Eren rit et se tourna.

— Promis, je regarde pas. Mes vêtements sont dans la malle, juste à côté de vous.

Bien que méfiant, il était difficile pour Livaï de s'empêcher de trembler à cause du froid et de ses vêtements trempés. D'un mouvement souple, il défit ses bottes et posa ses pieds nus sur une serviette qu'il venait d'étaler. Le sol était recouvert d'une bâche étanche, mais il n'avait pas envie de le détremper plus qu'il ne l'était déjà.

Il lui fallut plusieurs minutes pour défaire entièrement ses habits militaires, sous les moqueries d'Eren. Ce dernier respecta sa parole et ne bougea pas une seule fois, néanmoins, rien qu'à l'oreille, on pouvait comprendre que son jean mouillé lui donnait du fil à retordre. Ça, et ses injures.

Une fois sec et affublé d'habit trop grand -étant ceux d'Eren-, il se glissa jusqu'à son futon et s'emmitoufla dans ses couettes.

Eren se retourna et s'esclaffa :

— Si vous avez froid, je peux vous réchauffer !

— Gamin, ta vie va être courte si tu commence comme ça.

— Vous n'êtes pas drôle.

— Non.

Il fit la moue quelques secondes, puis son sourire revint aussi vite.

— Mais vous êtes forts.

Livaï le dévisagea quelques secondes. De ses cheveux toujours en désordre et bien trop long pour l'armée, à sa peau hâlée jusqu'à sa bouche pleine mais le pire, c'était ses foutues yeux. Putain de pierre précieuse plus verte qu'un champ aux printemps. Merde.

— Est-ce que vous êtes vraiment celui qu'on prétend ?

Il fronça les sourcils et remarqua une chose étrange : Eren ne criait pas pour se faire entendre, son ton était presque normal, Bien que la pluie continuait de marteler la terre, elle semblait comme atténuée.

Il fouilla le tissu de la tente du regard, mais rien ne lui permit de comprendre comment il pouvait estomper autant le son.

— C'est fabriqué avec quoi ? demanda-t-il en ignorant l'affirmation précédente.

— Secret. Je suis étonnée que vous l'ayez remarqué. Alors c'est vrai ce qu'on dit ?

— Sur quoi ?

— Vous. Comme quoi vous seriez le plus bestial des Homi… des Humains.

Livaï le fixa quelques secondes et soupira.

— Comment je pourrais savoir ce qu'on dit de moi ? Et qu'est-ce que ça peut me foutre ?

Eren rit avant de répondre :

— À moi, ça peut faire beaucoup de choses.

Ses yeux d'émeraude le fixaient, dans une curiosité et une infini franchise. Ce qui ne lui plaisait pas.

Livaï savait qu'il ne devait pas s'avancer sur ce terrain là, pourtant, après quelques secondes, à brûle pourpoint, il lança :

— La première fois qu'on s'est vu, tu t'en souviens ?

Dans un sourire, Eren répondit :

— Oui. Je ne pensais pas que c'était votre cas.

Livaï fronça les sourcils.

— Vous m'avez frappé tout à l'heure ! ajouta Eren : "Qui frappe son Bashert ?"

— Déjà, faudrait déjà que je sache ce que c'est et ensuite, t'avais qu'à pas essayer de me peloter.

Le plus jeune fit la moue.

— Je voulais pas vous "pelotez", comme vous dîtes ! Seulement vous toucher ! Comme si vous aviez pas senti la même chose que moi, grommela-t-il.

"Bien sûr que si et ça me fait grandement chier" avait-il envie de répondre, mais il se retint.

— Ressenti quoi ? lança-t-il à la place.

Les yeux d'Eren brillèrent un peu plus.

— Tout ! Sentit absolument tout ! La lumière, le vent, les sons, les odeurs mais surtout vous.

Il avait eu l'impression d'être sous forme de loup sans devoir subir les envies de son compagnon à quatre pattes. C'était affreusement merveilleux, et dans sa culture, ce moment était censé être magique. Avec Livaï, c'était surtout mal vu.

Livaï soupira.

— Donc vous ne niez pas…

Comment le pouvait-il ? Ce gamin l'envoutait sans qu'il ne le veuille et en tant que loup, il devait le sentir facilement. Ce qui ne lui plaisait pas.

— Et ça veut dire quoi ce "Ba-truc" là ? marmonna Livaï.

La couette glissa des épaules d'Eren et dévoila son pull en lin, au col rond trop large. Il posa ses mains devant lui et avança son buste.

Putain, il était bien foutu ce con.

— "Bashert", reprit Eren : "et dans votre langage c'est ce qui est égale à une âme-soeur, en quelque sorte."

Le commandant resta interdit de longue secondes. Il pesa le pour et le contre, se rappela les deux fois où leur rencontre ressemblait plus à un compte de fée qu'à la vie normale puis lâcha :

— Comment ça, "une âme-sœur en quelque sorte" ?

Eren sentit la joie prendre possession de ses veines puis de son cœur. Livaï s'intéressait à ce qu'il disait, donc il sentait aussi ce lien ! Il tenta de se modérer. C'était son loup qui le poussait vers le commandant, ça et sa déesse… Ces dernières années avait été si difficile qu'il n'allait pas pouvoir crier victoire trop vite à ce sujet là, il fallait qu'il se calme.

— Vous pouvez appeler ça comme vous voulez, le destin, la moitié ou autre, chez nous c'est la personne qui nous complète. Ensemble, nous sommes un tout. Ce… C'est assez rare qu'on le trouve. La déesse ne nous mets pas forcément sur son chemin mais quand c'est le cas, c'est censé être fabuleux.

La mâchoire de Livaï se crispa. Donc il était lié par la force des choses à ce chieur et ça, qu'il le veuille ou non, tout ça parce qu'une déesse avait décidé de faire ainsi ? Qu'est-ce que c'était que cette merde ? Et le gamin qui le regardait avec ses yeux avide. Il pouvait pas remettre son haut ? Son col laissait largement voir son cou et sa clavicule, presque son épaule ! Il n'avait rien à avoir avec le bambin de l'époque… Son visage n'avait plus rien d'enfantin sous une mâchoire qui devenait déjà plus carré. Il deviendrait certainement un bel homme.

Mais là n'était pas la question !

— Putain !

Eren haussa les sourcils à son exclamation.

— Quoi ?

Une main dans les cheveux, l'autre tenant la couette, Livaï soupira :

— T'es en train de me dire qu'on est censé être ensemble parce que le destin l'a décidé ? C'est non.

Contrairement à ce qu'il attendait, Eren ne grimaça pas, ne sembla pas blessé, bien que ses yeux s'assombrirent. Il décroisa les jambes et s'avança à quatre pattes.

— Si tu me touches, t'es mort, grogna Livaï.

— Pourquoi ? Vous vous fichez du destin alors pourquoi je devrais pas vous toucher ?

— Parce que j'aime pas ça.

Les yeux plantés dans les siens, Eren n'était plus qu'à une cinquantaine de centimètres.

— Vous mentez.

— Non.

Plus qu'une trentaine de centimètres. Livaï prépara sa jambe.

— Tu mens parce que je sens ta peur. Non, de l'appréhension plutôt, il baissa la voix et ajouta : "Tu appréhendes le moment où je te toucherais."

Le gosse un peu niais et souriant avait disparu. Habitué à avoir sa vie en jeu, Livaï calma les battements de son cœur. Le gamin allait prendre cher.

D'un mouvement rapide, il balança sa jambe en visant le menton. Eren l'évita habilement, l'attrapa et le tira vers lui. En moins de quelques secondes, Livaï se retrouva couché, en appuie sur ses coudes avec Eren accroupie entre ses jambes.

Les deux se fixèrent, immobiles.

La cheville maintenue par Eren, Livaï ne pouvait pas bouger sans craindre qu'il lui casse. Il connaissait bien trop la force des Hommes-bêtes pour ne pas la craindre.

— Lâche-moi, grogna-t-il.

— Non.

Contrarié, il se répéta :

— Lâche-moi.

— Non.

Ils restèrent ainsi pendant de longues secondes. La chaleur de la main d'Eren remontait doucement le long de sa jambe, comme si sa peau et ses veines prenaient feu. Il sentait son odeur, celle du bois et du printemps, avec une touche d'hibiscus.

C'était enivrant.

Son coeur battait fort, et il avait l'impression que sa respiration était lourde. Non ce n'était pas une impression, elle l'était. Tout comme l'atmosphère.

— Pourquoi tu veux pas me lâcher ?

Ses oreilles lupines étaient apparues.

— Vous avez de la chance, vous, les Homidés. murmura rauquement Eren : "Vous avez le choix. Vous ne vivez pas constamment avec une bête qui préfère suivre son instinct et vous empêche de vivre comme bon vous semble."

Face à lui, Livaï n'avait plus l'enfant, mais le loup.

Il le lâcha brutalement, sans prévenir, se leva et s'étira.

Ses oreilles avaient disparu.

— Ah, il se fait tard, on devrait dormir !

Le changement abrupt lui fit tourner la tête, et sa jambe tomba mollement contre son futon.

— Putain, c'était quoi ça ? lâcha-t-il sans le vouloir.

Eren se retourna et lui sourit.

— Vous êtes fatigués, vous devriez dormir.

Il s'approcha de la sortie de la tente tout en enlevant ses vêtements.

— Tu comptes te barrer sous cette pluie ?

Sans répondre, il poussa la toile de tente et sortit.

Seul, complètement perdu avec des habits éparpillés au sol, Livaï eut du mal à comprendre ce qu'il venait de se passer.


Et sorry pour le retard, mais eh, vacances, famille, ami, bref ! En espérant que ce chapitre vous ait plus,

À la prochaine,

Cia o/