Hello~!

Ravie de retrouvez mes revieweuses, ça fait un bien fou ! Contente que ça vous plaise toujours autant, merci aux followers et fav' discret, je sais que vous êtes là, c'est toujours plaisant !
Bonne lecture o/

Guest : J'espère que tu ne fais pas des insomnies trop souvent D: Contente que ça ait pu t'aider à passer la nuit malgré tout ! Et ouiiii, la mythologie se met en place même si j'avoue avoir laissé quelques part d'ombre dans tout ce méli-mélo mais après tout, que serait un bouquin sans vous laissez un peu d'imagination ? J'espère que ce chap' te plaira ! ;)


Livaï se sentait bien. Extrêmement bien, même. Au chaud dans un cocon d'odeur agréable, de couette et près d'un corps bouillant.

Un corps.

Bouillant.

Un corps.

Il bougea les mains, ça semblait réel. Il fronça les sourcils, ses paupières frémirent avant de s'ouvrir complètement.

Effectivement, il était face à un torse et un cou, entouré par les bras de la personne.

D'un bond, il fut hors du lit et en deux sauts, collé au bureau.

— Putain de bordel de merde, Jaeger !

Eren, qui s'était fait poussé violemment contre le mur, se massa la tête en râlant.

— J'peux savoir c'que tu fous dans mon pieu ? fuma le commandant.

— Je dormais, comme toi, en fait.

Ah. C'était le matin alors le morveux le tutoyer soudainement ? Il ne s'en offusqua pas, il avait d'autres préoccupation plus importantes tel que :

— J'peux savoir comment t'es arrivé là ?

Eren soupira, s'étira et se laissa tomber dans les coussins comme un chat.

— Tu devrais plutôt me dire merci… Tu t'es endormi dans le temple. À même le sol. Tu cachais bien ton épuisement, fit-il remarquer après quelques secondes.

Livaï endigua la colère qui montait en lui, difficilement. Quand il posa les yeux sur la cause de ses tourments, le barrage céda. Il s'approcha vivement et le saisit par le col.

— Donc c'est ça que tu voulais, merdeux, que je tombe de fatigue !

— Non !

La réponse rapide le déconcerta pendant une milli-seconde avant qu'il se reprenne :

— Alors tu voulais quoi, bordel ? T'as très bien vu que j'veux te choper depuis que t'as voulu m'arracher la nuque, p'tit con !

— J'ai rien voulu arracher du tout mais j'aurai pas dû faire ça parce que tu vas vouloir m'étriper encore plus que maintenant ! J'peux essayer de respirer ou c'est trop te demander ? s'emporta Eren à son tour.

— Seulement si tu m'réponds !

— J'te répondrais quand tu m'aurais lâcher !

Orage contre émeraude, ce fut la pierre qui gagna.

Livaï ferma les yeux quelques secondes, lâcha prise et s'assit au bout du lit. Assez proche pour pouvoir l'attraper, assez loin pour conserver un espace vital.

— Alors ?

Eren cala son dos contre le mur, bailla et se gratta la tête.

— Gamin…

— Ca serait pas mal si vous arrêtiez de m'appeler comme ça, grommela-t-il.

— Oh, tu me vouvoies à nouveau, donc t'es réveillé, ça y est ? Tu vas pouvoir m'expliquer, alors, fit-il, sarcastique.

Mécontent, Eren grigna et se renfrogna.

— Si c'est au sujet de la morsure, j'suis désolé, j'aurais pas dû faire ça. Et j'suis aussi désolé des problèmes que ça a apporté.

— Donc tu savais.

— Autant qu'on peut savoir quand c'est des Bashert. Après tout, on avait déjà une sorte de connexion avant que je vous morde…

La curiosité piquée, Livaï coupa :

— Déjà avant ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

— Que vous saviez que j'étais encore vivant à l'heure actuelle avant même de me revoir. Ou que vous avez peut-être senti un mal-être il y a quelques années sans pouvoir l'expliquer, ou encore que vous m'avez pas oublié en dix ans.

L'exaspération se lut sur son visage et Eren sut qu'il avait raison, alors il continua :

— Donc, le fait que je vous morde, ça n'a qu'ajouter un peu de… problème avec ce qu'on avait déjà, finit-il.

— J'sais pas si je préfère quand tu me vouvoie ou quand tu me tutoies. Maintenant j'aimerais bien connaître les problèmes dont tu parles et si ça pouvait m'expliquer pourquoi j'me sens autant irrité, que je ressens des choses qui ne viennent pas de moi ou que j'ai l'impression de mieux voir, ça m'arrangerait. Ca, ou encore qu'il y a un putain de fil.

L'orage fixé sur lui le mit mal à l'aise. Eren prit le temps de réfléchir à comment annoncer ça sans se faire tuer puis décida de se lancer sans prendre de gant. C'est généralement ce qui fonctionnait le mieux avec le commandant.

— La morsure est commune à toute notre espèce dans les couples. Elle crée un lien entre les deux personnes, qui permet de sentir plus facilement les émotions de l'autre, ou de le sentir même quand il n'est pas là. Par contre, j'avais jamais entendu parler de modification physique. Enfin j'avais jamais entendu parler de Bashert Valgulfr et Homidé… Quant au fil… C'est la présence du Lien, en fait.

L'expression soudainement noir, Livaï le foudroya du regard et lança :

— Donc t'es en train de me dire qu'en me mordant, tu m'as refilé tout ton sale comportement et ce que tu ressens genre, tout le temps ?

Eren leva les yeux et les posa sur le bureau.

— Euh, ouais. En quelque sorte. Enfin, je crois parce que t'as pas vraiment été très clair. Mais la colère ça m'étonnerait pas que ce soit à cause de moi. Ou des sautes d'humeurs. Mais non, pas tout le temps ! Parfois. C'est juste qu'au début c'est difficile mais on s'y fait…

Le lit grinça et Eren plaça ses bras en avant, en position de défense. Seulement, Livaï ne fit qu'en sortir du lit et se posta devant la fenêtre.

Les volets n'avaient pas été fermés et il voyait clairement le soleil entamer sa descente d'après-midi.

Combien de temps avait-il dormi, au juste ?

— Livaï ?

— Quoi ? grogna-t-il.

Interdit, Eren resta de longue minute silencieux avant de lâcher en se pointant lui-même du doigt :

— Tu n'essaie pas de me tuer ?

Le commandant se recula et passa ses mains dans ses cheveux.

— C'est pas l'envie qui m'en manque, gamin. Ça s'enlève, ce truc ?

— La morsure ? Enfin, le lien ? Hmm… tant qu'on ne l'achève pas, oui, ça va s'estomper après quelques mois et de douloureux moment.

Livaï le dévisagea, décontenancé.

— Attends, c'est pas définitif donc ça s'enlève mais dans la douleur ? C'est quoi "définitif" et c'est quoi "douloureux", chez toi ?

Désormais en tailleur, Eren se balança pour essayer d'extérioriser son malaise.

— Le Lien n'est définitif que si les deux parties se mordent. Les Alphas ont tendance à être violents ou trop extrêmes alors ça limite les Liens involontaires.

— Donc… si je te mords pas, ça sera pas définitif ? J'suis pas un putain de loup, moi.

— Ca doit quand même marcher comme si tu l'étais. Je pense. Peut-être. Je devrais voir avec Armin… Et les ressentis qu'on partage, enfin ce que tu sens à cause de moi s'arrêtera mais…

— Mais ?

— Mais ça va s'intensifier de plus en plus jusqu'à ce que ça se coupe net. Et ça peut être… violent. Psychologiquement et physiquement du coup.

Oh. Ça, Livaï le comprenait que trop bien. Il ferma les yeux et laissa les battements de son cœur envahir son corps. Aujourd'hui était un nouveau jour. Il était encore vivant, la paix était toujours présente. Et on lui avait imposé un putain de gamin immature, contrôlé par ses émotions comme futur compagnon.

Bon, il était peut-être mauvaise langue, il était immature seulement quand ça le concernait lui, de ce qu'il avait pu constater.

Attendez, est-ce que c'était à sens unique ?

— Gamin…

— Je suis pas un gamin !

— C'est à sens unique, ton truc ? Là, j'veux dire, c'est à sens unique si j'te mords pas ? lâcha Livaï sans l'écouter.

— Hm.

— Hm ?

— Ouais. Ouais, c'est à sens unique pour le moment mais moi je ressens plus de chose que toi à la base donc on peut dire qu'on est quitte ?

Est-ce qu'il pouvait tuer le chef des Valgulfr sans risquer de se prendre la population à dos ? se demanda Livaï. Pesant le pour et le contre, il eut des dizaines de solutions pour cacher le corps, où le faire disparaître en moins de deux heures. Pour ça, il aurait juste besoin d'aller assez loin pour que l'odeur de putréfaction ne revienne pas jusqu'à la truffe des subordonnés d'Eren.

Pourtant, étrangement, sa colère ne se montra pas aussi violente que les jours précédents. Oh, il se sentait agacé depuis qu'il s'était réveillé mais rien d'aussi pénible à vivre. Etait-ce parce qu'Eren semblait calme et devait donc l'être et qu'il le ressentait ? Rien que de réfléchir à tout ça lui donnait envie de fracasser quelque chose.

— Tu as bien dormi ?

La question d'Eren le désarçonna. Ce chieur avait le don pour !

— Ouais. J'ai l'impression d'être reposé en tout cas. Pourquoi ?

— Parce que moi aussi et depuis la… Enfin tu vois, c'était pas arrivé. Enfin, pas correctement.

— Et ?

Toujours mal à l'aise, Eren continuait de se balancer au plus grand agacement de Livaï.

— Non, comme ça…

Le plus vieux se tourna complètement vers lui, les bras croisés.

— T'es pas en train d'essayer de vouloir dormir avec moi pour les prochaines nuits ?

Eren observa le plafond, soudainement très intéressant.

— Bah… on avait vachement besoin de sommeil donc pour éviter ça à l'avenir…

— Comment ça ?

— Euh… Toi, plus de vingt-quatre heures, environ… Je pense, je t'ai trouvé hier à la même heure donc, ça doit être ça, lâcha-t-il presque fièrement avec un sourire.

Livaï ouvrit grand la fenêtre. La rue n'était pas spécialement passante, du peu de personne vivant ici et dû au fait qu'elle avait été entièrement rénovée, ses soldats ne venaient dans le quartier que pour dormir.

Il entendit le martèlement et le bruit des travailleurs, ainsi que le chant des oiseaux.

Son ventre gargouilla.

Il baissa les bras et posa les mains à plat contre le rebord.

Hier, il était rentré dans ce temple. Il se sentait comateux et cette fois, il n'avait pas pu résister à son envie d'y foutre les pieds. Non, il n'avait pas résisté à la force qui l'appelait, plutôt. Puis, il s'était approché de la statue, l'avait insulté pour finir par s'asseoir près d'un pilier à cause d'une étrange fatigue.

Donc, s'il avait faim c'est parce qu'il avait sauté le repas de midi, peut-être pas parce que vingt quatre putain d'heures c'était écoulées…

— Je vous ai trouvé au milieu de l'après-midi, hier, et là, c'est pas encore le milieu d'après-midi, lança Eren.

— Tu lis dans mes putain de pensées, gamin ?!

Il haussa les épaules en guise de réponse et se leva à son tour.

— On ferait mieux d'aller manger, non ?

— Tu as laissé mes hommes sans commandements pendant vingt-quatre heures pour me laisser pioncer ! pesta Livaï.

— Pas du tout, vous avez deux bras droits très compétents et des soldats civilisés, enfin pour la plupart, alors tout c'est très bien passé !

— Pour la plupart ?

Eren se changea, Livaï tourna la tête par réflexe, toujours mécontent.

— Il y en a qui ne sont pas très agréables avec certains de mes subordonnés mais pour le moment, rien d'ingérable.

Il prit ses chaussures et observa le commandant :

— Vous ne vous changez pas ?

Livaï examina ses vêtements, les mêmes que la veille si ce que disait Eren était vrai. Il devait puer. Toujours grognon, il bougonna :

— J'vais me laver, avant.

— Je pars devant, alors ! À tout à l'heure.

— Gamin !

Eren s'arrêta sur le bas de la porte. Livaï, le bras en l'air, ferma son poing avant de le ramener près de son corps.

— Crois pas qu'on en a terminé tous les deux.

— J'espère bien, rit ce dernier.

Il perdit un peu de sa splendeur sous le regard noir de Livaï, jusqu'à ce qu'il lance :

— Et tutoie-moi, tu me donnes mal au crâne à changer toutes les deux secondes.

Ses yeux brillèrent soudainement :

— Bien, mon commandant !

— Casse-toi !

Dans un rire, Eren ferma la porte et Livaï se trouva seul, avec sa conscience et le chant des oiseaux.

Pourquoi lui avait-il dit de le tutoyer et pas de le vouvoyer, comme un con ? C'était très bien, le vouvoiement, ça mettait une limite ! Qu'ils avaient largement dépassé en dormant ensemble. Et ce chieur allait en profiter pour revenir, et s'il ne pouvait pas, le tanner pour le faire.

Ô Ymir, Livaï venait de se réveiller et il avait déjà envie de retourner dormir.


Sauf qu'il ne peut pas, quel dommage ! :D

À la semaine prochaine,

Cia o/