Les oreilles sorties, le nez changé en truffe, Historia avançait désormais en ville. L'explosion des chars avait soufflé trop d'odeur de poudre dans l'air pour qu'elle se repère, jusqu'à ce que de la lavande lui mette la puce à l'oreille. Malgré cette senteur qui camouflait facilement les autres, elle avait trouvé une très légère odeur de musc et de cèdre. Si légère qu'elle avait peur de la perdre si elle ne la suivait pas immédiatement.

Baladée à droite et à gauche, elle dû revenir plusieurs fois sur ses pas. Armin, qui la suivait silencieusement, pria pour qu'elle trouve quelque chose.

L'annonce de l'explosion avait déjà fait le tour de la ville, et la plupart des médecins Humain présents s'étaient rués vers l'Ouest, tandis que les civils étaient calmés par les militaires en fonction.

Historia, trop obnubilée par sa tâche, ne remarquait même pas le regard surpris ou choqué des passants.

Ils arrivèrent vers le Nord-Est de la ville. Armin constata que sa marche était mesurée, comme si elle savait où elle allait.

Quand ils arrivèrent dans une rue qu'il reconnut, il pria pour que son instinct le trompe. Ses yeux dorés fixèrent soudainement un point lointain. Figée plusieurs secondes, elle s'élança vivement et fut devant une maison trop rapidement pour que des yeux Humain puissent la suivre.

Armin eut envie de vomir.

Elle examina la porte, puis se tourna vers lui quand il s'arrêta près d'elle.

— Tu sais où nous sommes.

Il déglutit :

— Oui.

Sans plus de cérémonie, elle enfonça la porte d'un coup de pied et entra sans s'annoncer.

La maisonnette était calme. Comme pour la plupart des maisons de ville, on accédait directement au salon, la cuisine était à droite et au fond se trouvait des escaliers ainsi qu'une salle d'eau. Elle monta dans les chambres, tandis qu'Armin restait en bas, les bras ballants. La cuisine était remplie de divers fruits et légumes de saisons, ainsi que de confitures.

— C'est vide, pesta Historia en revenant, elle fixa Armin, croisa les bras et demanda : "Donc, c'est la maison de qui ?"

— Annie. Annie Leonhart.

Le regard de la Königin s'assombrit. Elle ne l'avait jamais rencontré en personne mais l'avait vu de loin à plusieurs reprises en la compagnie de son ami. De ce qu'elle en avait comprit, ils s'entendaient très bien, et Armin l'appréciait réellement.

— Tu ne crois pas qu'elle puisse être une rebelle, remarqua-t-elle à ses yeux fuyants.

— J'ai du mal à le croire, effectivement.

— Elle a réussi à tromper tes sens de Valgulfr, plutôt douée comme Humain.

— Elle- !

Il se coupa seul, soupira et reprit plus calmement :

— C'est peut-être un piège pour l'incriminer elle. C'est difficile de nous tromper, j'aurais dû sentir ses envies meurtrières ou juste son antipathie, mais là, il n'y avait rien à part de la curiosité, je te l'assure.

— Croire ou savoir que c'est la vérité sont deux choses différentes. Il n'y a qu'une possibilité pour la connaître : Trouver cette femelle.

— Elle ne doit pas être bien loin…

Mikasa entra dans la maison et salua Historia. Elle devina qu'Eren allait bien malgré la mine contrariée de sa garde.

— Trouves-moi la femelle nommée Annie Leonhart. Armin, tu connais ses habitudes ?

Il secoua la tête.

— Elle fait partie des militaires Humain, elle doit être en pleine ronde, ou alors avec des collègues pour une relève… Je ne connais pas son emploi du temps, il faudrait demander à Erd ou à Petra. Ils sauront nous en dire plus.

Mikasa baissa la tête en signe d'accord et sortit aussi vite qu'elle était arrivée.

Ils restèrent ainsi silencieusement, jusqu'à ce qu'Armin lève la tête.

— Et si on l'avait obligé ? Si on l'avait enlevé ? Ou encore pire ?

De ses yeux de glace, elle rétorqua :

— Et si tu acceptais de t'être fait berner, cela serait beaucoup plus simple.

— Je n'ai rien révélé de problématique.

— J'en suis sûre.

— Alors pourquoi m'aurait-elle parlé tout ce temps ou se serait-elle rapprochée de moi ?

Historia le regarda, puis commença à marcher autour de la table, avant de s'arrêter près d'une fenêtre.

De nombreuses personnes, Humain et Valgulfr, étaient devant la maison, chuchotaient ou passaient avec des regards curieux. Si Annie était encore dans la cité, elle saurait en peu de temps que sa maison avait été forcée et que la Königin était à ses trousses.

— Parfois, les voix ou les choix sont… inexplicables, lâcha-t-elle : "Preuve en est Eren et Livaï."

Elle se tourna et plongea son regard dans le sien. Il y avait beaucoup à dire sur leur relation et en même temps, si peu de chose compréhensible. Pour autant, elle s'était tû ces dernières semaines.

— Annie… Elle n'est pas mon Bashert et je n'ai jamais pensé à me lier avec, répondit logiquement Armin.

— Mais tu l'appréciais.

— De la même manière que j'apprécie mes camarades ou d'autres Humain ! Je… Je n'ai pas fait de favoritisme et même si elle m'apparaissait différente, je n'ai rien montré. Cette ville doit prouver notre entente, je ne voulais rien faire qui puisse changer ça !

Elle secoua la tête et soupira.

— Allons, tu sais que tu n'as rien fait de mal et je le sens. Tu n'es pas le seul à t'être lié d'amitié avec l'autre espèce et tu as raison : c'est une bonne chose de l'avoir fait. J'ai vu différents de nos soldats avec l'enne-... Avec des Humain. Je ne te réprimanderai pas sur ça, surtout pas. Cependant…

Elle se tourna complètement vers lui et ajouta :

— Nous allons devoir comprendre ce qu'il se passe.

Perdu mais néanmoins présent, il hocha la tête.

— Cet événement n'a aucun sens, et il faut lui en trouver.

— Nous sommes à moins de deux jours de la lune de sang. Une fête que nous attendons avec impatience, que des Humain nous aide à mettre en place, vont voir pour la première fois et qui vont participer. Attaquer maintenant revient à attaquer nos deux espèces, une chose bien étrange si on l'a compare à l'enlèvement du louveteau.

Armin appuya ses deux bras sur la table et posa son menton dessus. Il fixa le mur sans le voir.

— L'enlèvement du louveteau mettait un Humain en faute et prouvait la colère d'un couple Valgulfr. Cette attaque est complètement à l'aveugle, personne ne pouvait savoir qui serait touché, ni comment.

Il se regardèrent :

— Mais il doit y avoir une raison à cela.

— Personne n'attaque sans raison.

Ils se retournèrent vers l'entrée. Erwin était dans l'encadrement, les deux pieds plantaient dans le sol.

— Je m'excuse de mon arrivée tardive, mais j'ai tenu à faire un détour auprès des blessés.

— Vous avez bien fait, répondit Historia sur le ton de la conversation.

Erwin entra, les regarda à tour de rôle.

— Nous sommes dans la maison du commanditaire, donc.

— Nous ne pouvons pas encore l'affirmer, rétorqua Armin.

Historia lui jeta un regard en coin, mais ne le reprit pas.

— En effet, tant que nous n'avons pas interroger la personne, nous ne pouvons rien assurer. Cependant, les effluves que j'ai suivi mènent jusqu'ici. C'est un fait que nous ne pouvons nier.

— Ce serait donc le fait d'Humain.

— Peut-être aidé par des Valgulfr, ajouta Historia.

Confus, ils ne surent que dire. Ils refusaient de perdre la paix qu'ils avaient mis en place, ainsi que les efforts et la joie de la ville en effervescence. On ne pouvait accuser personne sans preuve, mais on ne pouvait rejeter l'évidence. Il y avait des Humain impliqués, c'était certain.

— Je… Nous ne savons même pas qui peut être impliqué, lâcha Armin.

— Certes, mais ici, nous avons un début, et nous allons trouver qui peut l'être.

Son affirmation résonna comme une promesse.


Bon, je tiens à notifier que le prochain chapitre contiendra un lemon purement inutile à l'histoire (enfin, ça servait à rien de l'écrire mais eh, j'me suis laissé emporter, ok ? oui oui, le lemon c'est du fanservice aller, genre vous en voulez pas bien sûr erh /ZBAF/) et donc sera inclu dans le chap', prévenu dans l'intro et sera aussi notifier au moment ou ça commence dans le chap' mais je tiens à vous prévenir un peu avant ahah

Aller, cia o/