Helloooo comme annoncé, ce chapitre contient un lemon... Il est noté son commencement dans le chapitre, vous pouvez passer directement au chapitre suivant (quand j'l'aurais posté évidemment ahah)

Bonne lecture !


Entre chien et loup, le ciel se colorait d'un lentement de rose et de bleu. Comme si rien ne s'était passé deux jours auparavant, tout était en place pour la lune de sang.

Les Valgulfr avaient maintenu leur tradition, et refusaient de céder à la peur ou à la panique. Une majeure partie des Humain les soutenaient, et allaient même assister à l'évènement. L'explosion avait fait autant de dégât chez les deux espèces, donc peu d'animosité régnait, au contraire, cela avait semblé les rapprocher.

Historia et Erwin se creusaient la tête depuis, mais rien n'y faisait, ils ne comprenaient pas les agissements ni les motivations qui poussaient ses deux attaques étranges. Bien évidemment, Annie était introuvable, et ses collègues avaient tous des alibis. Marco, un Humain qui s'était rapproché de Jean, leur avait fait remarquer que la plupart d'entre eux était désormais des amis inter-espèce et que cherchait uniquement dans les bataillons Humain était sûrement inutile. Dévoué à sa cause et à son peuple, Historia avait tout de même pris la remarque en compte et s'était promis de tenter de garder à l'oeil tout ce monde.

Livaï s'approcha des charrettes. Elles contenaient nourriture et boissons pour plus d'un régiment. Il en fit rapidement le tour, salua Niccolo et Connie, puis se plaça non loin de l'estrade.

Historia devait lancer les festivités, les Liées de cette année prendraient ensuite les différentes cordes -symbole de leur union- disposées devant l'estrade, puis devaient la jeter dans le feu après avoir déposé leur sang dessus. Armin lui avait expliqué que le feu représentait la porte entre leur monde et celui de leurs Déités, raison pour laquelle ils brûlaient leur mort. Lancer leur corde dedans permettait à leurs Déités de reconnaître leur union.

Il appréciait moins la partie du : "Si elles le refusent, il est possible que l'un des deux Liés se fasse avaler par les flammes." Oh, Armin avait précisé que c'était une légende et que personne n'avait vu ça de ses propres yeux mais, il lui en avait quand même parlé.

Livaï s'était moqué de tout ça jusqu'à présent… Jusqu'à ce qu'il se Lie. Certes, c'était surtout sur un coup de tête qu'il l'avait mordu, et sans trop y croire, sauf que le résultat était bien là.

Difficile de nier l'existence de quelque chose de plus… grand qu'eux, maintenant. Sur le moment, il avait été désorienté. Il ne s'attendait pas à ce qu'un Humain -surtout comme lui- puisse se Lier comme n'importe quel Valgulfr mais Eren l'avait convaincu que Freya l'avait béni. Ou quelque chose dans le genre.

Maintenant, il se demandait ce qu'il était. Livaï ne se sentait pas spécialement changé, si on omettait quelques détails physiques intéressants tels qu'une meilleure vue ou encore une rapidité accrue. Ce qui le perturbait, c'était surtout de sentir les émotions d'Eren aussi facilement. Plutôt ténu lorsque ce n'était qu'un fil, il suffisait qu'il pense à lui pour savoir ce qu'il ressentait, et l'inverse était aussi vrai. C'était un mic-mac un peu hasardeux dans lequel il avait du mal à se repérer. Ca, et le fait qu'il avait l'impression qu'Eren s'immisçait parfois dans sa tête.

Il lui avait assuré que c'était faux, qu'il ne sentait que ce que Livaï ressentait mais n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pensait. Malgré ses mots rassurants, sa paranoïa reprenait parfois le dessus.

Le manteau nocturne s'étendait peu à peu et la lune se levait déjà. Au loin, elle était d'un orange sanguin peu commun, qui émerveilla la foule.

Lui, ça lui contracta l'estomac. Livaï ne savait pas du tout ce qu'il allait ou devait faire ce soir. En réalité, Eren ne lui avait pas forcé la main, en fait, il ne lui avait même pas parlé de ce qu'il attendait de cette soirée. Faire, ou plutôt subir, ce rituel était flippant. Il se ne régénérait pas aussi vite qu'un loup ! Mais surtout, surtout, ça affirmait devant tous la relation qu'ils avaient. Relation amicale.

Livaï soupira et passa une main dans ses cheveux. C'était complètement faux. On embrassait pas quelqu'un qu'on aimait pas.

Enfin, on pouvait, surtout quand on avait besoin de se… Mais pas là, là, c'était différent. Donc si c'était différent, il fallait qu'il le prouve.

Historia arriva, la foule l'acclama.

Il chercha Eren du regard, mais ne le trouva pas. Pourquoi fallait-il qu'il joue à cache-cache ce soir ? Est-ce parce qu'il sentait son anxiété ? Peut-être. Livaï fronça les sourcils et remonta le long de la Corde. Il se mordit la lèvre quand il sentit la quiétude de son Bashert. Agacé plus qu'il ne l'aurait voulu, -Eren était toujours plus calme que lui !- il revint à ses propres émotions.

Livaï n'avait jamais été quelqu'un de très placide. Plutôt un faux-calme qu'il ne fallait pas emmerder longtemps. Depuis des mois, ses pauvres nerfs étaient mis à rude épreuve et il ne savait pas trop pourquoi, mais il s'emportait sur Eren qui le décontenançait bien trop à son goût.

Historia entama un discours rapide, sûrement un truc sur la paix et la joie dont il n'eut rien à foutre, trop occupé à faire le tour de la foule. Il fallait qu'il trouve Eren et qu'il sache ce qu'il devait faire !

Il l'aperçut enfin après de longues secondes, près d'une des tables les plus éloignées de l'estrade. Il était assis sur une table, les pieds sur le banc. Mauvaise habitude qu'il allait vite perdre. Il le maudit intérieurement et s'arrêta. Il se sentait idiot de le chercher, surtout ce soir. La lune de sang était une fête importante pour les Valgulfr, et qu'il ne lui en parle pas le perturbait.

Le feu s'alluma dans des applaudissements et des cris de joie. Il devina qu'Historia avait fini son discours.

Les tambours résonnèrent, il y eut un moment de flottement, puis des louveteaux hurlèrent et les premiers couples s'avancèrent.

Tant pis pour sa réflexion, songea Livaï, il avait fait la pire ou meilleure chose de sa vie en se liant avec ce sale môme, il se devait de l'assumer et de le montrer au monde. Même si ça ne l'enchantait guère. Il pouvait au moins faire ça pour l'idiot qui lui servait de Bashert et qui avait assez de considération pour lui en lui laissant le choix.

En quelques secondes, il fut devant Eren et le toisa.

— Je t'assure que je ne voulais pas ramener autant de boue dans la chambre, hier soir ! lança ce dernier.

Livaï resta sidéré, puis soupira. Cette histoire lui était sortie de la tête, bien qu'elle l'avait plus qu'énervé de bon matin. D'autant qu'Eren s'était étonnamment levé avant lui.

— Tu savais que t'en foutais partout, mais t'en avais rien à foutre, nuance. J'suis pas là pour ça de toute façon.

Eren haussa un sourcil, étonné. Quelques personnes autour d'eux chuchotèrent, il les fusilla du regard, puis tendit sa main à Eren. Il l'observa de la tête aux pieds avant de sourire et de la prendre.

— Je suis censé comprendre quelque chose ?

— Ta gueule, tu sais très bien.

Il le tira plus fortement qu'il ne le voulait et passa devant la foule. Elle ne prêta pas grande attention à eux, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent devant les cordes, non loin d'Historia. Un murmure parcourut l'assemblée à partir de ce moment-là.

Un peu gauche, Livaï prit l'une des cordes et la tendit à Eren.

— Je… J'sais pas comment on fait.

Eren resta bête de longues secondes. Il ne s'y attendait pas. Il n'en avait pas parlé exprès, de peur de se faire rabrouer ou juste envoyé paître. Livaï n'était pas le genre à offrir des serments ou des promesses, et il n'avait pas envie de changer l'homme qu'il aimait.

— Tu… Tu es sûr ? demanda-t-il.

Il se sentit un peu idiot de poser la question, surtout devant autant de monde, après l'effort qu'il avait dû faire pour le tirer jusque là, et surtout au vu de son regard noir. Eren se mordit la langue pour ne pas éclaté son bonheur au grand jour, puis l'attira vers Historia.

Tenant un couteau, elle attendait patiemment les couples. Eren le positionna. Ils tinrent tous deux la corde d'une main et présentèrent la seconde à Historia. Elle leur entailla la paume sans forcer, Eren laissa goutter le sang sur la corde, Livaï l'imita.

D'un geste solennel, il prit la corde dans sa main blessé, toujours imité par son Bashert.

Ils s'avancèrent ainsi jusqu'au feu, physiquement lié par la corde, et seulement par la corde.

Le coeur de Livaï battait dans sa paume et dans ses tempes. Il entendait largement les murmures, les exclamations et crut même entendre un encouragement de Petra. Si c'était réellement le cas, il se promit de la tuer plus tard. Il n'était pas un gosse !

D'autres couples avaient déjà lancé leur corde dans le feu. Quand ils arrivèrent devant, ils étaient l'un des derniers. Les flammes léchaient le ciel et leur clarté lui faisait presque mal aux yeux dans cette pénombre.

— Livaï.

Eren souffla si bas son prénom qu'il crut l'avoir rêvé.

— Tu es prêt ?

Il avait envie de hurler que non, qu'il en savait rien et qu'il faisait surtout ça pour lui parce que sérieux, leur tradition à la con, il en avait rien à foutre. Il n'en fit rien et hocha simplement la tête.

D'un mouvement souple, ils jetèrent la corde dans le feu. Le foyer se teinta subitement d'un rouge profond, sous le silence complet de l'assistance, avant de reprendre sa couleur chaleureuse.

Bonne ou mauvaise chose ?

Estomaqué, Livaï ne réagit pas immédiatement quand Eren lui prit sa main blessée. Il sursauta quand il sentit la langue de ce dernier lécher sa blessure en le regardant de ses yeux brillants.

Il songea que ça devait être une bonne chose, d'autant qu'il sentait la joie et le bonheur d'Eren glisser jusqu'à lui sans qu'il n'ait à le chercher.

— T'es au courant que ta bouche est remplie de germes ? s'entendit-il dire sans y penser.

Le sourire d'Eren s'agrandit largement avant qu'il n'explose de rire, sa main toujours dans la sienne. C'était une réplique tellement digne de Livaï !

— Si ma main s'infecte, tu rigoleras moins.

Les tambours avaient accéléré le tempo et des flûtes retentissaient. Accompagnés de cris de louveteaux et d'applaudissement en rythme, il se rapprocha de Livaï.

— Hors de question qu'je danse ! marmonna-t-il.

Réplique inutile, puisqu'Eren ne comptait pas le faire tourner, seulement le coller. Il lui souleva la tête et captura ses lèvres quelques secondes.

— Merci, souffla-t-il en posant son front contre le sien, il ajouta : "Merci d'être là."

Livaï se mordit la langue. On ne lui avait jamais dit. Ni jamais fait comprendre. Oh, bien sûr, il était un excellent soldat. On l'avait remercié de tuer, de sauver ses coéquipiers, mais jamais, ô grand jamais, juste d'être là. D'être en vie. Bien au contraire.

Sans trop savoir comment, les pensées embrouillées entre passé, présent et possible futur, Livaï fut tiré dans la foule observatrice où ils se noyèrent.

Ils s'éloignèrent sans qu'il ne puisse l'en empêcher.

— Tu veux pas profiter de la fête ? Je croyais que c'était important ? demanda Livaï en revenant à sa hauteur.

Ils venaient d'arriver dans les champs qui bordaient la ville. Assez loin pour les yeux des Humain, pas pour ceux des Valgulfr, ni pour leur ouïe s'ils cherchaient à les écouter.

— J'en ai retiré bien plus que ce que j'en espérais.

Il le colla à nouveau et s'empara de ses lèvres.

D'un mouvement habile, Livaï glissa les doigts de sa main valide dans ses mèches et approfondit le baiser.

Suite aux événements des derniers jours, ils étaient épuisés dès qu'ils rentraient. Trop de choses à traiter, trop de personnes à rassurer, trop de papiers à remplir, trop de décisions à prendre. Bien que curieux et troublé par ce nouveau lien, ainsi que par la sûreté de ses sentiments, Livaï n'avait pas eu le cœur ni l'envie d'en discuter. Eren, tout autant fatigué et trop heureux de ce revirement, voulait juste profiter du calme et du bonheur qu'impliquait la morsure malgré l'épée de Damocles qui régnait sur la ville.

Sachant qu'ils arrivaient à un point de non-retour alarmant, mettre des mots sur leurs besoins s'avérerait nécessaire. Sauf que, tout de suite, ils n'en avaient cure.

_ LEMON _

Les mains d'Eren se faufilèrent dans le creux de son dos. Il s'éloigna à contre-coeur de ses lèvres.

— J'en veux plus, grogna-t-il.

— Certainement pas dans un champ, répondit rauquement Livaï.

Le sourire d'Eren fut carnassier, Livaï fronça les sourcils. Avant qu'il n'ouvre la bouche, Eren le prit sur ses épaules. Un clignement de paupière, ils étaient devant la bâtisse du Gödi. Il le posa, les fit entrer et s'empara à nouveau de ses lèvres.

Maintenant qu'il pouvait les goûter comme bon lui semble, il était certain qu'il n'arriverait pas à s'en détacher. Humide de leur précédent baiser, il en profita pour les lécher, puis les mordiller alors qu'ils montaient dans l'escaliers.

Dans leur frénétique mouvement, Eren glissa et se retint de justesse à la barrière. Livaï se moqua dans un rire, avant de l'attirer à lui puis jusqu'à la chambre. La porte se referma sur eux, et leur danse reprit : impétueuse.

Ils semèrent les vêtements jusqu'à leur lit.

Poussant Eren dessus, Livaï le chevaucha et agrippa ses cheveux. Les oreilles lupines apparurent au même moment. Il en attrapa une, tandis qu'Eren effleurait sa gorge et que ses mains coulaient sur son corps.

Il soupira de bien-être sous sa chaleur. Leur cœur battait à l'unisson, étrange sensation de se sentir si proche par leur peau que par leur Lien.

D'un coup de hanche, Eren le bascula sous lui. Il découvrit son corps de sa langue, entamant une descente humide, il s'approcha du dernier rempart dans un sourire. D'une main experte, il retira le tissu qui lui barrait la route. Les mains toujours dans ses cheveux, Livaï les agrippa quand il lui mordit l'intérieur de la cuisse.

— Celle dans la nuque ne suffit pas ? souffla Livaï en se mettant sur ses coudes.

Sous la lumière rouge de la lune, les oreilles sorties et les yeux de lave en fusion, Eren lui semblait plus sauvage que jamais.

— Quand c'est de toi qu'il s'agit, rien ne me suffit.

Les joues déjà rouges de Livaï le brûlèrent un peu plus. Eren en profita pour prendre son membre en bouche, lui exposant l'image la plus érotique qu'il soit. Il retomba mollement sur le matelas. Une main toujours dans ses cheveux, il laissa Eren imposer son rythme. Sa respiration s'accélèra en même temps que les mouvements sur sa verge. Le jeu de sa bouche le rendirent fou, celui sur ses bourses également. Sa langue, ses doigts. Sa langue. Humide. Suçoter, titiller, profond, court… Le point de rupture n'était pas loin, il le sentait. Il appela son amant, tenta de le tirer en arrière, sans succès. Eren ne le lâcha pas, accéléra. Sa jouissance le faucha dans un râle muet.

Il redescendit de son nuage quand des doigts glissèrent jusqu'à ses fesses. Il n'avait pas prévu l'acte dans ce sens-là. Il se mordit la lèvre, avant de se relever et de voler un baiser à Eren. Tout en entourant sa nuque de ses bras, il tenta de basculer le corps du plus jeune, qui résista.

Eren esquissa un sourire contre ses lèvres. Il comprit ce que voulait Livaï et il ne lui donnerait pas cette chance, pas aujourd'hui du moins. Il avait un loup et lui-même à contenter !

D'un geste souple, il laissa Livaï s'asseoir sur ses jambes. Il pouvait au moins lui laisser cette amplitude de mouvement.

Soudainement raide, ce dernier observa quelque chose par-dessus son épaule, avant de glisser les mains dans le bas de son dos.

Eren glapit. Il se redressa vivement et tira sa queue de loup des doigts bien trop fort de Livaï. Abasourdi quelques secondes, Livaï tenta de cacher son rire, vainement.

— On tire pas sur la queue d'un loup, grogna Eren.

— J'm'attendais pas à en voir deux un même jour, se défendit Livaï, hilare.

— Je… On est content de… C'est pas important, là !

Il tenta de lui baiser le cou, mais se fit repousser à l'aide de ses cheveux.

— Hé, j'ai pas envie de me faire sauter par un loup, alors ça l'est un peu.

— Je suis un Valgulfr, tu vas te faire… Tu vas faire l'amour avec un loup. Mais je vais pas me transformé si c'est la question, sous le regard sceptique de son Bashert, il ajouta : "Pas entièrement, il y aura juste… ça."

Ses oreilles bougèrent un peu, et sa queue remua. Livaï du retenir un nouveau rire, sans savoir si c'était de moquerie ou de nerf. Si le visage d'Eren n'était pas aussi mature, il aurait eu l'impression de sortir avec un chiot à cause de son regard affligé.

Mécontent, Eren lui mordit le cou, un poil trop fort et glissa ses mains sous ses fesses. Soit, si Livaï voulait le railler, qu'il le fasse, lui, il avait d'autres projets en tête.

Lorsqu'il enfonça un doigt en lui, les mains de Livaï se crispèrent sur ses épaules. Il l'embrassa tendrement, et le caressa de sa main libre. La sensation devait être désagréable, mais elle passerait vite. Il ferait en sorte qu'elle passe vite. Il roula du bassin et son érection rencontra le membre de Livaï, encore amorphe. D'un geste tendre, il passa ses doigts sur son corps entier, et l'embrassa où il pouvait.

Livaï ferma les yeux. Les sensations étaient agréables, pour l'une des rares fois de sa vie, il décida de se laisser aller. Le corps d'Eren était chaud, ses mains tout autant et ses doigts agiles relaxaient ses muscles.

Son désir remontait en flèche sous ses caresses. Sa respiration lui faisait à nouveau défaut, et il sentit Eren s'activait un peu plus. Dans un mouvement ample, il manqua une inspiration avant de gémir de nouveau. Livaï bougea de lui-même ses hanches sous les baisers de son amant.

Il tira la tête d'Eren en arrière et lui ravit sa bouche. Il avait chaud, de plus en plus. Il nota leur position et sourit. Eren lui laissait les rennes, il le regretterait peut-être.

Il se dégagea de ses doigts. D'un mouvement brusque, Livaï l'allongea et s'accroupit au-dessus de lui. Il resta quelques secondes ainsi, les yeux plantaient dans les siens avant de s'empaler. Il vit avec plaisir qu'Eren s'était crispé et avait perdu pied avant de rouvrir ses yeux d'émeraude en fusion.

Les mains sur son torse, il entama un va-et-vient langoureux sans le lâcher du regard. Il devait avoir les joues aussi rouges qu'Eren, comme ses lèvres. Il se les lécha à cette pensée.

Les mains de son bashert se posèrent sur ses hanches et l'accompagnèrent, glissant au gré de leur envie, il sentait sa poigne, les frottements en lui, les yeux d'Eren dans les siens, ces foutus yeux qui allaient le perdre, ça ou ses soupirs d'aises.

Il refusa de perdre cette nouvelle bataille et se pencha vers l'arrière, laissant à Eren une vue imprenable sur son corps. Il bascula la tête dans une descente un peu brusque.

Ce fut trop pour le Valgulfr, il attrapa Livaï par la taille et l'allongea sous lui. Il mordit la base de son cou dans la manœuvre, lui empoigna une jambe et s'enfonça dans un grondement.

Le sourire de Livaï se changea rapidement en gémissement, sous le regard avide de son Bashert. La délicatesse n'était plus, son loup reprenait le dessus, il avait envie de le marquer, de le posséder.

Une jambe sur son épaule, il se pencha en remerciant Freya pour la souplesse de Livaï et s'arc bouta au-dessus de lui.

Front contre front, Livaï commençait à perdre la notion du temps. Une minute, dix, trente ? Il ne sut combien de temps ils restèrent ainsi, ô que c'était si bon ! Il n'avait pas du tout envie de sortir de ce cocon de désir et de passion. Eren était partout, en lui, au-dessus, en-dessous, ses mains brûlantes traçaient des arabesques inconnues et sa voix rauque l'emmenait par delà les murs, par delà le ciel.

Roulant plusieurs fois sous les assauts de leur amour, Livaï se crispa violemment après une énième caresse d'Eren. Dans un cri, il griffa son dos et l'oreiller.

À cette vue, Eren le suivit de peu dans un râle.

L'entourant de ses bras, il tomba lourdement à ses côtés. Il mélangea leur souffle dans un nouveau baiser, avant de fourrer son nez dans son cou.

La descente fut lente, mais quand il atterrit, Livaï nota que les oreilles et la queue d'Eren étaient toujours présentes. Le souffle encore rapide, il toucha du bout des doigts ces dernières.

— Elles ne partiront pas de la nuit ?

— Pas tant qu'il ne sera pas satisfait.

Livaï se figea. Ce n'est pas ce qu'il pensait, n'est-ce pas ?

Eren sourit et se remit au-dessus de lui.

À son regard et à la dureté qu'il sentait contre sa jambe il comprit que si, c'était exactement ce qu'il pensait.

Il était Humain, lui, pas Valgulfr !

Eren se moqua devant son air choqué, et lui ravit ses lèvres avant qu'il ne puisse rétorquer.

La nuit allait être longue.