Note : Salut ! Désolée, c'est pas cool de poster le dimanche soir ! Je passe un peu en coup de vent. Bonne lecture à tous =)


Chapitre 2 : Bienvenue à Poudlard

— J'aime beaucoup « Alohomora mon amour », mais je ne me souviens jamais du nom de la chanteuse, expliquait Jeanne à Tamao, comme ces dernières échangeaient sur leurs groupes de musique préférés.

— Célestina Moldubec, rappela à sa mémoire Tamao. Je préfère « Un chaudron plein de passion ».

— C'est une de ses chansons ? demanda Jeanne.

— Oui, c'est la plus connue.

— Ça ne me dit rien.

— A-ah bon ? s'étonna Tamao, confuse.

— Non, réfléchit Jeanne. Je ne vois vraiment pas. Peut-être que si je l'entendais je reconnaîtrais l'air, mais son titre ne me dit rien.

Tamao la dévisagea pendant quelques minutes, puis commença tout doucement à la fredonner. Les yeux de Jeanne s'agrandirent.

— Oh oui, je connais, s'exclama-t-elle. Tu sais la chanter ?

— Oh, n-non, rosit Tamao, gênée.

Jeanne se dit qu'il ne fallait pas qu'elle insiste… mais insista malgré elle.

— Tu peux la fredonner encore alors ? S'il te plait !

Et devant ses yeux suppliants Tamao finit par lui céder.

Une heure durant, Jeanne fut aux anges, écoutant son amie chanter doucement toutes les musiques qu'elle lui demandait. À sa grande surprise pour l'instant Tamao les connaissait toutes. Peut-être parce qu'elle avait une culture musicale infinie, peut-être parce qu'elle avait les mêmes goûts musicaux que Jeanne.

Tamao était en train de chantonner une chanson des Ice Men sur les non retours et le bout du monde quand la porte de leur compartiment s'ouvrit. La chanteuse devint brusquement muette comme une carpe et Jeanne mit quelques secondes à émerger de ses rêveries pour fixer son attention sur la blonde qui venait d'entrer.

— Ah Tamao, tu es là. Yoh n'est pas avec toi ?

Tamao piqua un fard.

— N-non, répondit la jeune fille d'une petite voix.

— Tss, où est-il encore passé ce bon à rien ?

Sans autre forme de cérémonie, la blonde referma la porte et s'en fut.

Jeanne resta quelques minutes à fixer ladite porte, stupéfaite. La blonde était beaucoup plus âgée qu'elle. Ce devait être une sixième ou une septième année. Mais cela n'excusait en rien ses manières désinvoltes.

— Tu la connais ? demanda-t-elle à Tamao.

— C'est Anna. La p-pupille de Kino.

— Qui est Kino ?

— La m-mère de Keiko.

— Et qui est Keiko ?

— La femme de Mikihisa.

Jugeant que la conversation ne mènerait à rien, Jeanne laissa tomber.

Elle s'allongea sur sa banquette et papillonna des yeux.

— Je devrais faire une sieste, dit-elle à haute voix.

Tamao l'approuva en hochant la tête.

— Mais… poursuivit Jeanne. Je crois que je n'ai pas envie. J'ai hâte d'être arrivée.

Son amie lui sourit.

Jeanne se demanda où était Marco, si sa rentrée se passait bien, et commença peu à peu à se perdre dans ses pensées.

En face d'elle, Tamao sortit un cahier à dessins.

Le temps s'écoula paresseusement. Toujours allongée, Jeanne ne sommeillait qu'à moitié, regardant curieusement à travers la porte vitrée les autres élèves passer devant leur compartiment. Une fille rousse avec des couettes en salopette. Une brune avec de longs cheveux éparpillés sur une grande cape beige. Un garçon renfrogné en short avec une veste jaune. Un autre en chemise blanche et cravate. Ce dernier était si petit que Jeanne avait du mal à croire qu'il puisse même être en première année.

La blonde Anna repassa également devant leur compartiment. Deux fois. À son second passage, elle était vêtue d'une robe de sorcière noire et avait troqué son bandana rouge pour un chapeau pointu.

Il devait être aux alentours de dix-huit heures lorsque le ciel commença à s'assombrir. Jeanne se leva pour s'approcher de la fenêtre et contempler les couleurs mordorées du coucher de soleil.

— Il faut qu'on se change, déclara Tamao à côté d'elle.

Jeanne opina de la tête et tira sa valise de sous son siège.

— Tu veux bien m'aider ? demanda-t-elle ensuite à Tamao en lui présentant son dos. J'ai du mal à enlever mon corsage toute seule.

Sans voir les joues roses ni les mains tremblantes de sa camarade, Jeanne se laissa délacer puis, sur un « merci » enthousiaste, fit voler au-dessus de sa tête corsage noir et robe blanche à froufrous.

Désormais en sous-vêtements, la jeune fille se mit en devoir de plier soigneusement ses vêtements puis de chercher dans sa valise sa robe de sorcière noire.

À côté d'elle, Tamao se changea le plus vite et le plus discrètement possible, enfilant sa robe par-dessus son pantalon pour n'enlever ce dernier qu'ensuite.

— Rou.

Jeanne releva la tête vers les deux petits hiboux de Tamao qui avaient les yeux ouverts et semblaient la fixer en penchant leurs têtes sur le côté.

— Ils sont mignons, fit-elle.

Mais avant qu'elle n'ait pu ajouter quoique ce soit, Tamao jeta sa cape par-dessus la cage, les cachant à leur vue.

— Quand ils ne dorment pas ils sont bruyants, se justifia-t-elle maladroitement en rangeant ses affaires.

Jeanne rangea de nouveau sa valise sous la banquette et se rassit dessus. Elle glissa les doigts dans la cage de Shamash et se mit distraitement à lui caresser la tête, ce que le grand-duc apprécia.

— On ne devrait plus tarder à arriver, marmonna Tamao en se rasseyant également.

— Il me tarde, rêva Jeanne.

Jeanne ne tenait plus en place lorsque le train ralentit, tout doucement d'abord, puis de plus en plus nettement, pour s'arrêter totalement. Conformément à l'annonce vocale qui avait retenti quelques minutes auparavant, les jeunes filles laissèrent leurs bagages dans le train et descendirent en suivant la masse des élèves. Toute petite au milieu des autres, Jeanne s'empara naturellement de la main de Tamao pour ne pas la perdre.

— Les première année, par ici, entendit-elle un peu plus loin.

En se dressant sur la pointe des pieds, Jeanne réussit à repérer un grand type bizarre avec une cape violette et une coupe de cheveux révolutionnaire. Il tenait une lanterne à la main qu'il suspendait au-dessus de lui pour être repérable des élèves.

— Allez les première année, par ici. Les autres aux calèches, comme d'habitude.

— Viens, fit Jeanne en tirant sa camarade vers le groupe.

— Tiens, salut Tamao. Passé de bonnes vacances ?

Jeanne cligna des yeux en entendant le type aux cheveux bizarres interpeller sa camarade.

— O-oui, bégaya cette dernière.

Elle retira délicatement sa main des doigts de Jeanne en rosissant.

— Je dois aller avec les autres. À tout à l'heure.

Elle lui sourit, rougit, s'inclina légèrement puis se fondit dans la masse d'élèves plus âgés.

Jeanne resta un moment stupéfaite. Elle avait été persuadée que Tamao était, comme elle, en première année. Mais si ce n'était pas le cas, cela voulait dire qu'elle aurait pu lui poser plein de questions sur Poudlard ! Sur les maisons, sur la répartition, sur les cours, sur l'école, sur les professeurs…

Choquée, elle faillit ne pas suivre son groupe lorsque le sorcier qui les avait rassemblés les conduisit sur un chemin étroit et escarpé qui s'enfonçait dans l'obscurité.

Tout le long du chemin, personne ne parla beaucoup, ce fut à peine s'il y eut quelques chuchotements.

Perdue dans ses pensées, Jeanne suivit docilement leur guide.

— Moi c'est Ryu, se présenta-t-il alors qu'ils traversaient ce qui ressemblait à une forêt. Je suis le Gardien des Clés et des Lieux à Poudlard. Vous n'allez pas tarder à apercevoir l'école.

À peine eut-il prononcé ces mots qu'ils arrivèrent dans un tournant et que le château se dévoila à leurs yeux.

Perchée sur la montagne, immense, la silhouette de Poudlard semblait émerger du lac pour se dresser vers les nuages. Ses grandes tours effilées pointaient vers le ciel et une multitude de lumières éclairaient sa façade.

Jeanne ne put retenir un grand « Oooh ! » d'admiration. Elle porta une main à sa poitrine et sentit sous ses vêtements son cœur battre plus fort et plus vite.

Ils traversèrent le lac dans des barques qui glissaient toutes seules sur l'eau, leur permettant de contempler le château à loisir. Jeanne ne décrocha les yeux de Poudlard qu'au tout dernier instant, lorsque la barque qu'elle partageait avec deux garçons s'enfonça dans un tunnel au pied de la montagne. Leur embarcation échoua sur un sol rocailleux sur lequel Jeanne faillit se tordre deux fois la cheville.

Guidés par Ryu, ils délaissèrent les barques pour grimper le long d'un passage creusé dans la montagne et arriver finalement sur une vaste pelouse, devant une volée de marches au sommet desquelles se dressait une lourde porte en chêne massif.

Ryu sortit sa baguette magique et tapota avec contre la porte. Aussitôt, celle-ci s'ouvrit et Jeanne sentit son excitation monter encore d'un cran dans sa poitrine. Derrière les portes s'apercevaient des lumières, un vaste escalier, un plafond démesurément haut et, semblant les attendre, un grand sorcier aux longs cheveux noirs, vêtu d'une robe d'un beige très clair qui surprit Jeanne.

— Silva, salua Ryu.

— Ryu, répondit le sorcier. Veuillez me suivre, s'il vous plaît, reprit-il à l'attention des première année.

À l'instar de ses condisciples, Jeanne traversa l'immense hall d'entrée, non sans jeter un coup d'œil curieux aux quatre sabliers qui y trônaient, puis se serra dans une petite salle qui leur était visiblement réservée. En tendant l'oreille, elle pouvait entendre l'écho des rires des élèves plus âgés provenir de derrière l'une des portes et elle sentit l'appréhension la gagner. Elle avait réussi à se séparer de sa nervosité dans le train avec Tamao mais cette dernière revenait farouchement à la charge, plus vive qu'à son départ le matin-même sur le quai de la gare.

« Respire », s'ordonna-t-elle mentalement. « Tout ira bien. »

— Bienvenue à Poudlard, prit la parole le sorcier à la robe beige qui les avait conduits dans cette pièce. Je suis le professeur Silva Pache, le sous-directeur de l'école. Vous pouvez m'appeler simplement Silva et vous dispenser de mon nom de famille pour ne pas que cela porte à confusion, vous comprendrez pourquoi.

— Dans quelques instants, vous passerez cette porte pour vous rendre dans la Grande Salle où a lieu le traditionnel banquet de début d'année. Avant d'y prendre part, vous rejoindrez l'une des quatre maisons de Poudlard au cours de la Cérémonie de Répartition. Il s'agit d'une cérémonie très importante. Une fois réparti dans une maison, celle-ci devient votre seconde famille. Vous suivrez les cours avec les élèves de votre maison, vous partagerez les mêmes dortoirs, vous passerez votre temps libre dans la même salle commune.

— Il y a quatre maisons à Poudlard : Gryffondor, Poufsouffle, Serpentard et Serdaigle. Elles sont toutes aussi honorables les unes que les autres. Traditionnellement a lieu une compétition amicale tout au long de l'année entre les quatre maisons. Lorsque vous aurez de bons résultats vous ferez gagner des points à votre maison et lorsque vous enfreindrez le règlement vous en perdrez. À la fin de l'année, vous imaginez très bien que la maison qui l'emporte est celle qui a le plus de points.

— La cérémonie aura lieu dans quelques instants. Je reviendrai vous chercher dès que tout sera prêt.

Sur cette présentation, Silva s'éclipsa.

Jeanne était toute fébrile et se força à croiser ses mains dans son dos pour ne pas les tordre. Autour d'elle, les autres élèves commencèrent à chuchoter entre eux. Elle voulut ouvrir la bouche pour dire quelque chose aussi mais aucun de ceux qui étaient autour d'elle ne lui accordait d'attention.

— Ah !

Jeanne sursauta et se retourna vers le mur d'en face d'où un fantôme venait de surgir. Quelques élèves poussèrent des cris terrifiés, mais Jeanne avait déjà entendu parler des fantômes de Poudlard par Meene et ne s'étonna pas outre mesure.

— Et bien, ils sont beaux ces première année, fit le fantôme en inclinant la tête sur le côté.

Sans qu'elle ne sache l'expliquer, il faisait penser à un lézard. Peut-être à cause du semblant de bandana ou de casque transparent qu'il avait sur la tête avec un dessin brouillon du reptile.

— Tu n'as rien à faire là, lui répondit une voix fâchée comme un deuxième fantôme sortait à moitié du mur. Ils attendent la Cérémonie de Répartition.

— Ouais je sais. J'avais envie de les voir, répondit le premier fantôme.

— Tu les verras pendant le banquet.

— C'est pas drôle si je peux pas les voir avant tout le monde.

— Si tu continues je vais chercher Ryu, menaça le deuxième fantôme dont les habits faisaient penser à ceux d'un samouraï japonais.

— Rah lâche-moi la grappe Amidamaru, s'agaça le premier fantôme.

Mais comme ledit Amidamaru disparaissait le doute se peignit sur son visage.

— Hey ! Tu vas pas vraiment chercher Ryu, hein dis ? fit précipitamment le fantôme lézard avant de se fondre dans le mur.

Jeanne secoua ses cheveux en arrière et reporta son attention sur la porte derrière laquelle avait disparu Silva, tentant de chasser les fantômes de son esprit pour se recentrer sur la cérémonie à venir. La porte se rouvrit justement sur le sous-directeur, qui leur sourit amicalement.

— Allez, suivez-moi, leur lança-t-il.

Courageusement, Jeanne prit la tête des élèves de première année et s'engagea à la suite de Silva.

Ils traversèrent de nouveau le hall d'entrée puis franchirent une double porte qui menait sur la Grande Salle.

Les yeux écarquillés, Jeanne leva la tête vers le plafond peuplé de chandelles en lévitation tout en essayant de suivre Silva. Ils s'engagèrent dans la rangée principale entre deux grandes tables où étaient assis leurs condisciples plus âgés. Au bout de la salle, la table des professeurs faisait face à celles des élèves, surélevée de quelques marches.

Jeanne reconnut Rakist au milieu des professeurs et croisa son regard.

Il lui fit un bref signe de tête, pour lui montrer qu'il l'avait aperçue, et Jeanne se sentit tout chose. Il y avait comme une petite flamme au creux de sa poitrine. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne l'avait plus vu…

Silva fit léviter un tabouret devant l'attroupement des première année et y déposa un vieux chapeau pointu. À la surprise générale des nouveaux élèves, ce dernier se mit à remuer, puis à chanter.

Il chantait moins bien que Tamao.

— Quand je vous appellerai, vous viendrez vous asseoir sur le tabouret et coiffer le choixpeau, déclara Silva en déroulant un rouleau de parchemin devant ses yeux.

De nouveau l'appréhension.

Jeanne regarda sans les voir les premiers élèves s'avancer pour être répartis, ne prêtant aucune attention aux divers applaudissements qui s'élevèrent des tables. Où allait-elle aller ? Où était Tamao ? Elle ne le savait même pas.

Elle se décida à chercher les cheveux roses de sa camarade dans la salle, mais avant qu'elle n'ait pu la repérer, l'échéance arriva à son terme.

— Jeanne Maxwell, appela Silva.

Se forçant à braver sa peur, Jeanne s'avança dignement jusqu'au choixpeau.


Note : Alors ? Qu'en avez-vous pensé ? Dans quelle maison pensez-vous que Jeanne va être répartie ? Dans quelle maison est Tamao à votre avis ? Et avez-vous trouvé Charlie-Hao ? =D