Note :
Coucou tout le monde !
Nouveau chapitre donc. J'espère que ça va vous plaire ! On est toujours dans de la contextualisation mais il commence à se passer des trucs. Si si !
Bonne lecture !
Chapitre 5 : À nos pères adoptifs
…
Le deuxième jour de cours, Jeanne commença sa journée avec Mikihisa Asakura qui enseignait la défense contre les forces du mal. Quand elle en parla à Tamao lors du déjeuner, elle se remémora un détail que son amie lui avait dit dans le train.
— Tu ne m'avais pas parlé d'un Mikihisa quand cette fille blonde était venue nous déranger ? lui demanda-t-elle.
Tamao rosit.
— S-si, c'est lui. C'est mon tuteur.
— Ton tuteur ?
— C'est lui qui m'a élevée. Je… Je ne connais pas mes parents.
Jeanne en resta estomaquée.
— Moi non plus, lui confia-t-elle.
— A-ah bon ?
Jeanne acquiesça.
— C'est Marco qui m'a adoptée et s'est occupé de moi. Marco et Rakist.
— Rakist Lasso ? devina Tamao. Le d-directeur ?
Jeanne hocha douloureusement la tête en détournant le regard. Elle n'aimait pas trop parler de ça. Elle ne voulait pas revenir sur la violente dispute qui avait opposé ses deux pères adoptifs. D'ailleurs, non seulement elle n'avait pas écrit à Marco mais elle n'était non plus pas allée saluer Rakist.
— Mikihisa s'est toujours occupé de moi d'aussi loin que je me souvienne, reprit Tamao pour la détourner de ses idées noires. C'est mon tuteur. Sa belle-mère, Kino, est la tutrice d'Anna.
— Anna aussi a été adoptée ? Comme toi ? s'enquit Jeanne.
Tamao hésita mais finit par hocher la tête.
— Dans quelle maison est Anna ? demanda soudain Jeanne en se faisant la réflexion qu'elle n'avait pas recroisé la blonde depuis qu'elle l'avait entrevue dans le Poudlard Express.
— Serdaigle, lui apprit Tamao. Anna est préfète-en-chef, ajouta-t-elle après un instant.
— Je ne comprends pas bien le fonctionnement des préfets, avoua Jeanne. Et qu'est-ce que ça signifie, préfète-en-chef ?
— Dans chaque maison, lui expliqua tranquillement Tamao, il y a six préfets et préfètes. Deux en cinquième année, deux en sixième année et deux en septième année. À chaque fois il s'agit d'une fille et d'un garçon. De plus, parmi les huit préfets de septième année toutes maisons confondues, une fille et un garçon sont promus préfet-en-chef et préfète-en-chef. Ils doivent coordonner les autres préfets et préfètes.
— Donc en tout il y a… douze préfets et douze préfètes, c'est ça ?
— Oui, c'est ça. Dont un préfet-en-chef et une préfète-en-chef.
— D'accord, je comprends mieux.
…
La fin de la semaine arriva sans que Jeanne n'ait écrit à Marco, ni n'ait rendu visite à Rakist. Elle prenait la plupart des repas avec Tamao plutôt qu'avec ses camarades de dortoir, racontant toutes ses journées dans les moindres détails à son aînée sans que cela ne semble la déranger. Jeanne ne savait pas expliquer pourquoi elle se sentait aussi bien avec elle. Peut-être parce qu'elle était tombée sous le charme de sa voix lors de leur voyage dans le train ? Malheureusement elle n'eut pas de nouveau l'occasion d'entendre Tamao chanter, ni même fredonner.
Elle fit la connaissance du professeur Tepes, enseignant en métamorphoses, qui lui donna la chair de poule dès le premier cours. Les autres élèves murmuraient qu'il était le descendant d'un vampire. Et pas n'importe lequel, le célèbre Dracula en personne ! Jeanne ne savait pas si elle devait le croire.
Elle assista également à son premier cours de botanique et son premier cours d'enchantements. Le premier était dispensé par le professeur Thalim Pache — encore un ! — et les enchantements étaient enseignés par le professeur Chrom. Chrom Pache. Sans surprise.
Pour l'instant, les seuls professeurs à leur avoir demandé des devoirs étaient Pascal Avaf et Mikihisa mais Jeanne avait bien l'intention de les faire sans tarder, se doutant qu'ils en auraient bien plus la semaine suivante. La seule matière à laquelle elle n'avait pas encore assisté était l'astronomie dont elle aurait le premier cours dès le lundi suivant. Comme les leçons avaient lieu au milieu de la nuit, les élèves n'avaient pas cours le lendemain matin.
C'est guillerette que Jeanne s'installa dans la Grande Salle le samedi matin à la même heure qu'à l'accoutumée, bien décidée à se débarrasser de ses devoirs pour être tranquille l'après-midi et le lendemain.
Sans grande surprise, elle reconnut Michael parmi les hiboux venant porter le courrier et se mordilla la lèvre inférieure, mortifiée de n'avoir pas écrit à Marco.
Le hibou grand-duc atterrit avec cérémonie devant elle et tendit majestueusement la patte pour qu'elle en décroche le parchemin blanchi attaché avec un ruban. Avec un léger soupir, Jeanne s'empara de la lettre et laissa Michael picorer dans son bol de céréales en lui caressant distraitement le haut de la tête.
« Chère Jeanne, écrivait-il, Sans nouvelles de ta part je me permets de prendre les devants. J'aurai souhaité t'écrire plus tôt mais Meene me l'a interdit. »
Jeanne poussa un léger soupir. Elle n'osait imaginer quelle serait sa vie sans Meene. Sûrement celle d'une jolie princesse captive d'une tour d'ivoire, à l'image de Raiponce.
« J'espère que ton voyage s'est bien passé et que tu es arrivée à Poudlard sans encombre. Comment s'est déroulé la cérémonie de répartition ? Ta nouvelle école te plaît-elle ? S'il y a quoique ce soit, n'hésite pas à m'en faire part. Tu sais que cela ne posera aucun problème si tu dois réintégrer Beauxbâtons en cours d'année. »
« Dans l'attente de tes nouvelles. Je t'embrasse. Marco »
Avant que son courage ne la quitte, Jeanne s'empressa d'attraper une plume et un parchemin et griffonna une réponse.
« Cher Marco, Je me plais beaucoup à Poudlard. J'ai été répartie à Gryffondor. Bien à toi. Jeanne »
Succinct mais droit au but.
Après un instant d'hésitation, elle ajouta un post-scriptum pour dire qu'elle s'était déjà fait une amie et que ses camarades de dortoir étaient gentilles. Elle accrocha ensuite la réponse à la patte de Michael qui, elle le savait, ne reprendrait pas son vol avant d'avoir une réponse. Marco l'avait bien dressé pour cela.
Une fois la missive accrochée à sa patte, le hibou reprit son envol, plana quelques secondes dans la Grande Salle, puis s'engouffra dans l'une des grandes fenêtres pour entamer son voyage. Jeanne l'observa avec une certaine appréhension avant de se secouer la tête et de ranger sa plume et son encrier.
Son sac en bandoulière, elle sortit de la Grande Salle décidée à aller rendre visite à Rakist, mais réalisa bien vite qu'elle n'avait aucune idée de l'emplacement de son bureau. Cependant, elle se souvenait avoir entendu la préfète des Gryffondor leur dire que la salle des professeurs était dans le grand hall en face des sabliers. Elle croisa un groupe de sixième ou septième année qui se rendait dans la Grande Salle, guidé par un grand brun avec de longs cheveux qui portait l'insigne de préfet-en-chef. Elle réalisa qu'elle ne savait pas à quelle maison il appartenait et se dit qu'elle aurait dû le demander à Tamao. De mémoire Anna était à… Serpentard ou Serdaigle ? Elle ne savait plus.
Le bureau des professeurs était gardé par deux grosses gargouilles qui la toisèrent lorsqu'elle toqua à la porte. Jeanne les trouva un peu intimidantes.
Ce fut le professeur Pache qui lui ouvrit, Thalim de son prénom.
— Bonjour, salua-t-elle poliment. J'aurai souhaité parler au directeur.
— Bien sûr, je vais le chercher, lui sourit son professeur.
Jeanne tiqua mais ne dit rien. Était-il avec eux ? Elle comprit l'erreur de Thalim lorsque son directeur de maison, Silva donc, se présenta devant elle.
— Bonjour Jeanne. Que puis-je faire pour toi ?
— Bonjour professeur. J'aurai souhaité parler au directeur Rakist, précisa-t-elle cette fois-ci.
— Le professeur Lasso ? la reprit le directeur de Gryffondor.
— Heu… oui, confirma Jeanne, mortifiée par son erreur.
— De quoi s'agit-il ? lui demanda Silva.
Jeanne se souvint alors qu'il était également le directeur adjoint.
— C'est que… c'est personnel, déclara-t-elle.
Silva haussa un sourcil.
— S'il vous plaît, insista-t-elle.
— Bien, finit par céder Silva avec un léger sourire. Suis-moi.
Jeanne s'empressa de lui emboîter le pas alors qu'il prenait la direction des escaliers. Après quelques minutes à déambuler à travers le château, Silva s'arrêta devant une gargouille de pierre.
— Lamborghini, annonça-t-il.
La gargouille révéla alors l'accès à l'escalier menant au bureau du directeur. Silva et Jeanne montèrent les marches en silence. Arrivés sur le pallier, le directeur adjoint toqua à la porte pour annoncer son arrivée et pénétra dans le bureau directorial, Jeanne sur ses talons.
— Professeur Lasso, Jeanne Maxwell souhaite s'entretenir avec vous.
En passant un coup d'œil sur le côté, Jeanne put apercevoir Rakist derrière Silva, assis à un grand bureau noir sur lequel était posé un chapeau à plume et une bible. Revoir ces objets si fortement empreints du caractère de son grand-père adoptif fit monter une vague d'émotion dans le cœur de Jeanne.
— Merci Silva, je m'en occupe.
Silva salua d'un petit hochement de tête sec et quitta le bureau en refermant la porte derrière lui. Soudain toute intimidée, Jeanne fit quelques pas craintifs vers Rakist.
— Je me demandais quand tu trouverais le courage de venir me voir, lui sourit celui-ci.
— Tu aurais pu faire le premier pas, contra fièrement Jeanne en relevant la tête.
Rakist rit doucement. Il se leva et contourna le bureau pour s'approcher d'elle. Jeanne s'interdit de reculer.
— Tu as bien grandi, Jeanne, lui dit-il en la toisant d'un œil appréciateur.
— Tu as le bonjour de Marco, déclara-t-elle.
Le sourire de Rakist ne le quitta pas.
— Dire qu'il va venir ici… J'ai l'impression que cela fait des années que je ne l'ai pas revu.
— Cela fait des années, lui fit remarquer Jeanne, un peu acide.
— Oui, oui bien sûr.
Ils s'observèrent un moment en silence.
— C'est grâce à toi que le tournoi des trois sorciers peut avoir lieu, tu le sais ça ? Si tu n'étais pas à Poudlard, Marco n'aurait pas voulu le maintenir, malgré la tradition.
— Vous le sous-estimez, grinça Jeanne.
— Tu crois ?
Rakist la défia du regard de le contredire et Jeanne serra les lèvres sans répondre.
— Je suis content de te voir, Jeanne. Et je suis content de t'avoir à Poudlard.
— Si cela te fait tant plaisir, pourquoi ne pas être venue me voir ? ne put s'empêcher de demander Jeanne.
Cette fois, ce fut au tour de Rakist de ne pas répondre. Ça faisait mal. Mais Jeanne ne voulait pas le lui montrer.
— Les cours se passent bien ? changea-t-il de sujet.
— Je ne sais pas encore, ils ont à peine commencé.
— Bien entendu.
Nouveau silence. Jeanne ne savait pas vraiment quoi lui dire. Alors qu'elle allait relancer un sujet, il la prit de court.
— Ça m'a fait plaisir que tu viennes me saluer, Jeanne.
Il lui donnait congé. Qu'il en soit ainsi.
— Bonne journée, professeur.
Elle fit demi-tour et quitta le bureau sans lui laisser le temps d'ajouter quoique ce soit.
Son sourire s'était-t-il réellement figé sur ses lèvres lorsqu'elle l'avait appelé professeur ? Elle n'en était pas sûre et préférait ne pas se faire de faux espoirs. De toute manière, ce n'était pas très important. N'est-ce pas ?
