Note :
Oups, je suis un peu en retard ! Salut tout le monde et désolée ^^ Si ça peut me pardonner, il se passe des trucs ! C'est comme pour le chapitre d'avant, ça commence doucement à bouger. J'espère que ça va vous plaire !
Bonne lecture !
Chapitre 6 : Amours et confidences
…
Le temps était encore au beau fixe et Jeanne se doutait que cela ne durerait pas. Décidée à en profiter, elle s'était donc calée dans le parc, sous un arbre, avec la vue sur le terrain de Quidditch. Il faisait plus frais qu'en France mais c'était supportable. D'où elle était, elle pouvait apercevoir des élèves voler sur leurs balais. Certains faisaient des figures vraiment impressionnantes. Jeanne avait très envie d'apprendre à les imiter. Mais actuellement, elle lisait tranquillement un roman amoureux.
— Salut, la sortit de sa lecture une petite voix timide qu'elle connaissait bien. Je peux m'asseoir à côté de toi ?
— Bien sûr, s'exclama Jeanne, trop heureuse que Tamao vienne à elle de son propre chef.
La jeune femme s'assit et sortit son cahier à dessins. Jeanne tenta de retourner dans son livre mais elle n'y arrivait plus. La faute à la présence de Tamao près d'elle…
— C'est le stade de Quidditch que tu dessines ? reconnut-elle.
— O-oui, balbutia Tamao, gênée.
— Désolée, s'en voulut Jeanne en la voyant rougir. Je ne voulais pas t'embarrasser. J'étais juste curieuse.
— Oh il n'y a p-pas de mal, lui répondit Tamao en se détendant.
Quelques minutes passèrent en silence, Tamao n'osant pas se remettre à dessiner et Jeanne hésitant à faire semblant de lire.
— T-tu veux voir ? lui proposa-t-elle soudain.
Une nuée de papillons remonta du ventre de Jeanne à sa poitrine.
— Oui, s'exclama-t-elle.
Tamao se cala un peu mieux à côté d'elle et entreprit de parcourir son cahier à dessins, présentant ses œuvres au regard bienveillant de son amie. Jeanne n'en revenait pas du cadeau qu'elle lui faisait. C'était une grande marque de confiance.
— C'est joli, commentait-elle parfois sur certains dessins.
Pas que les autres soient moches, juste qu'elle ne pouvait pas le dire pour chaque, ça aurait fait mécanique.
— Qui est-ce ? demanda-t-elle lorsqu'après une série de paysages Tamao lui montra le portrait d'un jeune homme.
— Oh, j'avais oublié que j'avais f-fait ce d-dessin dans ce cahier…
Tamao rosit considérablement.
— C'est Yoh… Le fils de Mikihisa. Et le fiancé d'Anna.
Jeanne perçut la pointe de détresse dans sa voix.
— Tu es… amoureuse de lui, comprit-elle en repensant au livre qu'elle lisait juste avant.
Tamao acquiesça d'un hochement de tête tout en se mordant l'intérieur des joues.
— Il est à Poudlard, pas vrai ? essaya de rassembler ses idées Jeanne. En septième année, vu qu'il est majeur. C'est un ami de Horo-Horo ?
— Oui. Horo-Horo et Yoh sont amis. Mais le meilleur ami de Yoh c'est Manta, le préfet de Serdaigle.
— Yoh est à Serdaigle ?
— Non. À Poufsouffle.
— Anna est à Serdaigle, se souvint Jeanne.
— Oui.
Jeanne inclina la tête sur le côté en regardant le portrait. Il était si bien dessiné qu'il lui semblait qu'à tout moment le Yoh sur le papier pouvait bouger. Puis elle reporta les yeux sur Tamao qui se tortillait, mal à l'aise, le regard un peu perdu.
— Quand tu dis qu'ils sont fiancés, tu veux dire qu'il l'a demandée en mariage ? voulut-elle savoir.
— Pas vraiment. Kino et Yohmei ont choisi Anna pour être la fiancée de Yoh. Car elle est… Elle est très bien.
— Tu veux dire que c'est un mariage arrangé ? demanda Jeanne, trop surprise pour être horrifiée.
— Ils s'aiment. Yoh est tombé amoureux d'Anna. Et Anna… elle tient beaucoup à Yoh. Alors c'est une bonne chose. Tout est bien…
La fin de sa voix se brisa et Jeanne se sentit toute chamboulée. Sans réfléchir, elle prit Tamao dans ses bras pour lui faire un câlin, sans voir le rouge soutenu qui s'étala aussitôt sur les joues de la jeune femme.
Elles restèrent ainsi un petit moment, puis Jeanne se recula et adressa un sourire rayonnant à Tamao.
— Je suis sûre que tu trouveras un garçon mieux que Yoh qui t'aimera toi.
Touchée, Tamao n'osa pas la contredire. Un garçon plus beau et plus gentil que Yoh à Poudlard, ça n'existait pas.
…
— Quelle scène touchante, ricana brusquement quelqu'un.
Jeanne et Tamao se tournèrent vers la personne ayant parlé. Elles tombèrent nez à nez avec deux jeunes femmes qui tenaient chacune un balai sous le bras. Leurs tenues de Quidditch étaient vertes et Jeanne déduisit qu'elles devaient appartenir à la maison Serpentard.
— On vous a aperçu vous faire des câlins de là-haut et on a voulu venir voir de plus près qui dans cette école pouvait être aussi dégoulinant de mièvrerie. Tamamura bien sûr, ce n'est pas une surprise, continua l'une des deux filles, une rousse avec des couettes et un sourire sadique.
Sa compagne, une blonde à couettes également, poussa un petit rire aigu en se cachant le visage derrière la main.
— Toujours à pleurer sur un amour impossible, c'est pathétique, se moqua-t-elle.
Elle tremblait d'avant en arrière et Jeanne comprit qu'elle était prise d'un fou rire. À côté d'elle, Tamao avait blanchi et ses yeux étaient écarquillés de peur.
Jeanne serra les poings, très en colère, et se releva pour faire face aux deux chipies.
— On ne vous a rien demandé, partez, fit-elle sèchement.
— Oh la comment elle nous parle la première année, s'exclama la rousse avec un air faussement choqué.
La blonde gloussa de plus belle.
— Tu ferais mieux de surveiller ta langue quand tu parles à tes aînées, si tu ne veux pas qu'il t'arrive des bricoles.
— Oh oui Mati, montre-lui ce qui arrive quand on nous parle mal. Mari s'ennuie. Mari veut punir cette fille insolente qui se prend pour une princesse.
Un sourire sadique s'étira sur les lèvres de Mati mais elle ne fit pas un geste.
— Premier et dernier avertissement Blanche-Neige, tu nous dois le respect, lança-t-elle avec un sourire diabolique.
Jeanne cherchait une répartie bien sentie mais les deux filles ne lui laissèrent pas le temps de la sortir. Elles se détournèrent et s'éloignèrent en continuant de glousser.
Jeanne leur lança des regards meurtriers de loin. Elle se força à inspirer et expirer pour chasser la colère. Il ne fallait jamais se laisser emporter par la colère, c'était Marco qui le disait. Même s'il était lui-même le plus prompt à se laisser emporter.
Quand elle fut calmée, Jeanne se retourna vers Tamao et se rassit en face d'elle.
— Tu n'aurais pas dû faire ça, lui murmura sa camarade.
Jeanne fit une drôle de tête en cherchant à croiser le regard de Tamao sans y parvenir. Elle s'attendait à des remerciements, pas à des reproches.
— Faire quoi ? Prendre ta défense ?
— Les provoquer.
— Ce n'est pas parce qu'elles se croient tout permis qu'il faut les laisser faire, déclara Jeanne. Elles se sont montrées méchantes et cruelles gratuitement. Je ne pouvais pas laisser passer.
Tamao releva la tête vers elle.
— Tu t'es mise en danger, fit-elle.
— En danger ? s'étonna Jeanne. Pourquoi ? Parce qu'elles allaient me critiquer, moi aussi ?
Jeanne lui sourit doucement.
— Ça ne m'aurait pas atteinte.
— Tu ne comprends pas, insista Tamao.
Jeanne commença à se sentir agacée et plissa les yeux.
— Elles auraient pu t'attaquer.
Voyant que Jeanne ne réagissait pas, Tamao s'explicita.
— Te lancer un sort.
Cette fois Jeanne écarquilla les yeux.
— Mais c'est interdit dans le règlement, contesta-t-elle.
— Ça ne les aurait pas arrêtées.
— Mais…
Jeanne était outrée d'apprendre que ces filles ne jouaient pas selon les règles. Un pli se dessina sur son front alors qu'elle se concentrait pour trouver une solution. Cependant, elle devait reconnaître que si la magie s'en mêlait, même si elle était plutôt confiante dans ses capacités, elle n'aurait sûrement pas pu tenir tête aux deux Serpentard plus âgées.
— La violence est l'arme des faibles d'esprit, finit-elle par lâcher avec dégoût.
Sa grimace réussit à faire sourire Tamao.
— Elles sont de ton année ? questionna Jeanne.
— Non, plus âgées. Marion, la blonde, est en cinquième année et Matilda en sixième année.
Cela acheva de contrarier Jeanne qui se mit à se mordiller la lèvre inférieure.
Après un moment, Tamao reprit la parole.
— Merci d'avoir pris ma défense. C'était… gentil. Et c'est l'intention qui compte. Mais ne le fais plus, d'accord ?
Jeanne la défia du regard.
— Je le referai à chaque fois que je le jugerai nécessaire, déclara-t-elle d'une voix assurée.
Tamao sembla touchée et n'essaya pas de l'en dissuader.
…
Au repas du soir, Tamao et Jeanne s'assirent face à face et se mirent à discuter du livre que Jeanne était en train de lire. La scène commençait à leur paraître familière désormais et cela leur convenait à toutes les deux. Cependant, elles furent brusquement envahies — il n'y avait pas d'autre mot pour qualifier l'arrivée impromptue venue troubler leur calme — par Horo-Horo et ses amis.
— Salut les filles ! Vous permettez, on s'installe.
Il prit place à côté de Jeanne alors que Lyserg s'asseyait à côté de Tamao. Un garçon que Jeanne ne connaissait pas s'assit à son tour à côté de Lyserg. Petit, châtain clair, avec de grands yeux qui lui dévoraient le visage mais dans lesquels brillaient vivacité et curiosité.
— Jeanne, Manta. Manta, Jeanne, présenta sommairement Horo-Horo.
— Mais… balbutia Jeanne en regardant Lyserg prendre place. Tu es à Serdaigle. Tu ne peux pas…
— M'asseoir à la table des Gryffondor ? finit le Serdaigle pour elle. Je suis peiné d'apprendre que ma compagnie n'est pas souhaitée.
— Ce n'est pas ça c'est que…
Elle s'interrompit en décelant l'étincelle de malice dans les yeux de Lyserg.
— Salut Tamao.
— B-bonjour Lyserg, murmura la jeune femme en rosissant. Bonjour Manta, reprit-elle d'une voix un peu plus ferme.
— Salut, lui répondit le voisin de Lyserg.
— Tu es à Serdaigle aussi, n'est-ce pas ? Tu es préfet ? demanda confirmation Jeanne en avisant l'insigne sur sa robe de sorcier.
— Tout à fait, confirma Manta. C'est Horo-Horo qui t'a parlé de moi ?
— Oui, lui répondit la Gryffondor. Horo-Horo et Tamao.
Manta adressa un regard rapide à Tamao qui rosit de plus belle.
— Alors, quoi de beau ? Qu'est-ce que vous avez fait de votre première et délicieuse journée libre de l'année ? voulut savoir Horo-Horo. Moi je me suis fait exploser aux Bavboules, ce qui m'a définitivement convaincu de ne pas m'inscrire au club. Je ne sais même pas qui en est le président cette année.
— Tu pourrais venir avec nous au club d'échecs, lui proposa Manta.
— Avec Lyserg et toi ? Non merci, trop de Serdaigle.
Lyserg rit doucement avant de demander poliment le sel à sa voisine. Tamao le lui attrapa et Jeanne nota que leurs doigts s'effleurèrent lors de l'échange, faisant rosir autant Lyserg que Tamao. Peut-être que son amie n'aurait pas à chercher bien loin pour trouver un garçon adorable et mieux que Yoh.
— Coucou !
Jeanne sursauta alors qu'un nouveau venu à la peau mate avec une coupe afro venait prendre place à côté de Horo-Horo.
— Avoue Manta, tu préfères Horo-Horo à moi ! attaqua-t-il aussitôt en s'adressant à son voisin d'en face.
L'interpelé poussa un profond soupir.
— Je le savais ! Je le savais que vous préfériez les Gryffondor aux Poufsouffle.
— En fait, tu vas rire, mais on préfère les Serdaigle, lui répondit Manta sans que son ami n'y fasse attention.
— On l'avoue, Choco, intervint Lyserg avec un air on ne peut plus sérieux, on préfère la compagnie de Tamao à la tienne.
Ladite Tamao piqua un fard sous les rires de Horo-Horo.
— Ok si c'est pour Tamao, je vous pardonne.
Jeanne examina les deux jeunes gens en face d'elle, son regard passant de Lyserg à Tamao et de Tamao à Lyserg, tentant de percer ce qu'il y avait entre eux deux.
— Salut, moi c'est Chocolove, la coupa dans sa réflexion le voisin de Horo-Horo en lui tendant la main par-dessus l'assiette du Gryffondor.
— Hey, je mange ! protesta ce dernier.
— Jeanne, se présenta la jeune femme en serrant la main de Chocolove.
— Enchanté, Jeanne. Si un jour tu es morose, viens me voir. Je suis le pro des blagues, je peux te redonner la bonne humeur en moins de deux.
— Ou pas, coupa Manta.
Ce à quoi Chocolove répondit en lui faisant une grimace.
— Ah, vous êtes là.
Jeanne jeta un regard froid aux nouveaux venus, commençant à trouver qu'il y avait vraiment beaucoup de monde et qu'elle était bien plus tranquille toute seule avec Tamao.
Elle reconnut Yoh au premier coup d'œil, le portrait de son amie était criant de vérité. Le jeune homme à côté de lui par contre, elle ne le connaissait pas. Mais elle allait sûrement apprendre à le connaître car il s'assit en face de Yoh qui lui-même s'était mis à côté de Tamao. Donc à côté d'elle.
— Salut Tamao, tu vas bien ? demanda Yoh.
— Oui, s'étrangla cette dernière avant de se cacher dans son bol de soupe.
Jeanne fit de son mieux pour détourner le regard. Elle aurait été capable d'assassiner le jeune homme du regard juste car il mettait son amie mal à l'aise alors qu'il n'y était pour rien.
— Jeanne, je te présente Yoh, intervint Horo-Horo. Poufsouffle.
— Salut, ravi de faire ta connaissance, fit Yoh avec un grand sourire en lui faisant un salut de la main.
— Et ton nouveau voisin de table taciturne et asocial, c'est Ren. Serpentard.
Ledit Ren ne pipa pas un mot et se contenta de se servir un verre de lait.
— Le Ren dont parlait Damuko, réussit à se souvenir Jeanne qui commençait à s'emmêler les pinceaux.
— Heu… ouais.
Ren jeta un regard noir à Horo-Horo qui déglutit et se plongea brusquement dans une intense discussion sur l'humour au service de la politique avec Chocolove.
Jeanne regarda attentivement Ren reposer son verre de lait avec élégance et commencer à se servir des frites. Elle n'arrivait pas à croire qu'un Serpentard, deux Serdaigle et deux Poufsouffle soient actuellement tranquillement assis à la table des Gryffondor.
— Yoh.
Jeanne s'efforça de garder son sang-froid en voyant encore quelqu'un débarquer à leur table. Elle releva la tête pour découvrir sans surprise la blonde du train. Anna. Sa voix froide était reconnaissable entre mille.
— Tu me fais une place ? réclama-t-elle.
Il y en avait juste à côté, des places, pensa Jeanne sans comprendre.
— Oui bien sûr, accepta aussitôt Yoh en se décalant pour qu'Anna puisse s'asseoir entre lui et Tamao.
Ah, c'était donc ça…
Tamao avait gardé la tête baissée depuis l'arrivée d'Anna, les yeux perdus dans son bol de soupe vide. Purée, ils ne pouvaient pas rester chacun à leur table, songea-t-elle avec colère en voyant son amie si mal.
Quand elle s'aperçut que la main de Tamao tremblait quand cette dernière fit passer le pichet d'eau à Ren, elle décida que c'en était assez.
— Tamao, j'aurai voulu aller à la bibliothèque mais j'ai peur de me perdre, déclara-t-elle en se levant, coupant Yoh, Anna et Lyserg dans leur discussion sur une nouvelle boutique qui aurait ouvert à Pré-au-Lard. Tu veux bien m'accompagner, s'il te plaît ?
Tamao accepta aussitôt d'un hochement de tête et se leva à son tour.
— Je peux te dessiner un plan si tu veux, lui proposa Manta. Tamao n'a pas fini de manger.
— C'est gentil mais ne t'inquiète pas, on emporte les desserts avec nous pour la route, lui répondit Jeanne en attrapant deux éclairs au chocolat.
— Ça nous fait un trou, commenta tristement Horo-Horo.
— Et bien remplis-le, s'exclama Chocolove en le poussant si fort que son voisin alla s'étaler à moitié sur Ren.
— À plus tard, leur lança Yoh avec un sourire amical.
— À plus tard, lui répondit poliment Jeanne avant d'emmener Tamao loin de lui.
Note :
Pas de Charlie dans ce chapitre (je précise, que vous ne cherchiez pas pour rien ^^). Mais vous avez vu ? Plein d'anciens Charlie qui prennent vie ! Manta, Ren, Mari, Mach, Yoh… Et puis le retour d'Anna et l'apparition de Chocolove. J'espère que tout ça vous a plu !
Le prochain chapitre s'appellera « Études et confidences » et fera écho à celui-ci et devrait arriver avant le week-end (je me dis que c'est mieux qu'ils arrivent avant pour que vous puissiez les lire pendant plutôt qu'après ^^'). À bientôt !
