Note : Coucou !
Est-ce que j'ai oublié de poster le chapitre 8 la semaine dernière ? Oui !
Est-ce que je suis désolée ? Oui !
Est-ce que je suis pardonnable ? Non !
Est-ce que je vais quand même essayer de me faire pardonner ? Oui !
Comment ? En vous postant le chapitre 9 tout de suite bien sûr ! (Mais certains pourront me faire remarquer que de toute manière le chapitre 9 était déjà censé arrivé aujourd'hui… Désolée désolée désolée !)
Bonne lecture !
Chapitre 8 : La danseuse muette
…
La semaine suivante, Jeanne se présenta aux cours d'enchantements de deuxième année, ce qui ravit le professeur Chrom.
— Jeanne, l'accueillit-t-il avec un sourire bienveillant. Il reste une place au premier rang à côté de Nichrom.
Jeanne acquiesça d'un mouvement de tête et s'installa à la place désignée. Son voisin de table avait les cheveux bruns ébouriffés, du maquillage sous les yeux et une longue et fine tresse dans le dos.
— Bien, reprit le professeur Chrom. Jeanne se joindra à notre classe tous les mardis, en observation. Je vous fais confiance pour lui faire bon accueil. Est-ce que l'un de vous peut nous rappeler ce que nous avons étudié jeudi dernier ?
Plusieurs mains se levèrent, dont celle de son voisin de table mais ce ne fut pas lui qui fut interrogé.
— Les possibilités et limites de la magie pour casser et réparer des objets, répondit la jeune fille brune avec des mèches rouges qui avait été désignée.
— C'est exact. Aujourd'hui nous allons faire un peu de pratique, pas seulement de la théorie, et nous allons nous exercer au sortilège de réparation sur de petits objets. Vous ne devriez pas avoir de difficultés, c'est un sortilège qui avant été au programme de fin de première année. Vous allez vous exercer sur des verres. Qui peut me donner l'incantation à prononcer ?
De nouvelles mains se levèrent et cette fois-ci le professeur interrogea Nichrom.
— Vera Reparo, répondit-il.
— C'est cela.
Le professeur effectua ensuite un mouvement ample avec sa baguette magique et un verre à pieds fêlé apparut sur le pupitre de chaque élève.
— Le mouvement de poignet qui doit accompagner l'incantation est comme ceci, reprit-t-il en effectuant un petit mouvement sec avec sa baguette. Démonstration.
Il s'avança vers le bureau de Jeanne qui était le plus proche et pointa sa baguette sur son verre.
— Vera Reparo, lança-t-il clairement en réitérant le geste.
La fêlure disparut aussitôt.
Le professeur Chrom donna un petit coup de baguette dessus et celui-ci se brisa en deux.
— À vous maintenant, annonça-t-il à la classe. Lorsque vous aurez réussi à réparer votre verre, vous irez le poser sur mon bureau et vous pourrez prendre dans cette boîte en carton un autre objet cassé pour vous entraîner. Bien sûr il vous faudra adapter l'incantation.
Sur ces mots la classe se mit à fourmiller. Jeanne jeta un regard à la dérobée à Nichrom qui avait déjà sorti sa baguette et regardait son verre à pied d'un air concentré.
— Vera Reparo, dit-il.
Son verre chancela et la fêlure se referma mais il resta une ligne au milieu du verre, comme si on y avait mis de la colle.
Comme elle ne bougeait pas, Nichrom jeta un regard suspicieux à Jeanne qui s'empressa aussitôt de sortir de sa poche sa baguette magique. Elle inspira en regardant son verre brisé, rejeta ses cheveux en arrière et releva le menton.
— Vera Reparo.
Il ne se passa rien.
Contrariée, Jeanne réitéra la formule. Cette fois-ci elle put voir les deux morceaux frémirent mais son verre resta désespérément coupé en deux. À côté d'elle, Nichrom essayait d'effacer la cicatrice que son précédent sortilège avait laissé. Il y réussit au bout de la quatrième tentative.
— Il est plus difficile, fit remarquer le professeur Chrom qui circulait dans les rangs et qui passa derrière eux, de réparer un objet qui a été mal réparé la fois d'avant. Cela demande une plus grande concentration pour orienter le sortilège comme on le souhaite.
Nichrom hocha gravement la tête, puis se leva pour aller chercher un autre objet sur le bureau.
Jeanne reporta son attention sur son verre.
— Vera Reparo, tenta-t-elle de nouveau plus calmement.
Cette fois-ci les deux morceaux s'animèrent, se rejoignirent et se fondirent pour reformer un verre parfait.
— Félicitations Jeanne, la salua son professeur avant de s'éloigner.
Satisfaite, Jeanne rejoignit Nichrom et posa son verre sur le bureau. Son camarade était en train de fouiller dans la boîte en carton.
— Bien joué, lui dit-il en la voyant arriver.
— Merci, toi aussi, sourit Jeanne.
Nichrom lui rendit son sourire avant de brandir un petit pantin de bois désarticulé et fracturé par endroits. Il s'éloigna avec et Jeanne put à son tour choisir un nouvel objet d'entraînement. Son regard fut aussitôt attiré par une boîte à musique. Elle s'en empara prestement et retourna s'asseoir d'un pas aérien.
— Tu n'as pas choisi l'objet le plus facile, commenta Nichrom.
— Toi non plus, trouva simplement à répondre Jeanne.
— Plus que toi, retourna-t-il.
Jeanne ne voyait pas bien pourquoi. Elle posa sa boîte à musique sur son pupitre, se rassit, brandit sa baguette magique… et resta muette. Elle ne connaissait pas l'incantation.
— Pupa Reparo, scanda Nichrom à sa gauche.
Son pantin de bois tressauta mais ne se répara pas.
Jeanne se mordit la lèvre inférieure.
— Tu peux essayer Ferrum Reparo, lui conseilla Nichrom en devinant son problème.
Jeanne lui adressa un regard reconnaissant et essaya. Au bout d'une dizaine de tentatives sans résultat, elle emprunta « Le livre des sorts et enchantements, niveau 2 » de son voisin, en feuilleta les pages et expérimenta autre chose.
— Muse Reparo, hasarda-t-elle sans résultat. Arca Reparo.
Cette fois-ci elle sentit quelque chose remonter dans ses doigts, bien que la boîte à musique reste strictement immobile. Rassénérée, Jeanne se recentra.
— Arca Reparo, répéta-t-elle clairement.
Si la boîte ne se répara pas, le couvercle s'ouvrit brusquement et la danseuse fit un tour silencieux sur elle-même.
— Arca Reparo.
Cette fois-ci rien ne se produisit. Elle se mordit la lèvre de contrariété.
Le professeur Chrom s'approcha.
— Tu n'as pas choisi l'objet le plus évident, commenta-t-il gentiment. Arca Reparo peut marcher, mais Ferrum Reparo est plus pertinent, car c'est le mécanisme avec les lames qui est cassé. Plus la mécanique est complexe, et c'est souvent le cas avec les objets moldus, plus la réparation l'est. Si tu t'embrouilles avec l'incantation, un simple Reparo peut suffire. Les mots ne servent qu'à fixer le sortilège pour lui donner plus de force. L'important, c'est que ton intention soit claire dans ta tête pour que la magie puisse agir.
Le regard de Jeanne fit un moment la navette entre sa boîte à musique et le professeur.
— Réessaie, l'encouragea-t-il.
— Reparo, formula cette fois-ci Jeanne.
La danseuse effectua de nouveau un tour en restant muette.
Le professeur lui sourit cependant avant d'aviser le pantin en bois réparé de son voisin de table.
— C'est bien Nichrom, le félicita-t-il. Tu peux aller piocher d'autres objets si tu veux continuer de t'exercer. Il reste un petit quart d'heure.
Si ce petit quart d'heure permit à Nichrom de réparer une fiole en verre et une paire de lunettes, cela ne permit pas à Jeanne de réussir à faire fonctionner sa boîte à musique. Elle en était d'autant plus frustrée que tous les autres élèves avaient réussi à réparer leur objet particulier, à l'exception d'elle-même et d'un garçon potelé qui avait choisi une montre à gousset.
— Trop ambitieuse, souffla Nichrom avec un demi-sourire à côté d'elle.
Il avait un petit air supérieur qui l'agaça, bien qu'il ne fasse que la taquiner.
Malgré la fin du cours, Jeanne ne voulait pas renoncer.
— Professeur, demanda-t-elle en s'approchant du bureau alors que les autres élèves rangeaient leurs affaires. Est-ce que je peux garder la boîte à musique pour m'entraîner ?
— Bien sûr, lui sourit Chrom. Mais ne t'inquiète pas de ne pas y parvenir tout de suite. Cela demande une meilleure maîtrise de la magie qu'un verre ou un sac.
Jeanne approuva d'un sourire mais partit avec la détermination de parvenir à réparer l'objet.
…
Octobre arriva, et avec lui les vents froids qui mirent un terme aux après-midis ensoleillés dans le parc. En cours de sortilèges, ils s'exerçaient désormais par paires à lancer des « impervius » sur leurs vêtements. Quand Nichrom eut lancé le sien, elle loucha quand il s'approcha d'elle avec un verre d'eau rempli qu'il était censé verser sur sa robe.
— Je te fais confiance, déclara-t-elle d'une voix claire, plus pour s'en convaincre elle-même.
Nichrom lui sourit, de ces demi-sourires sans joie auxquels il l'avait désormais habituée.
Jeanne retint sa respiration lorsqu'il versa son verre, mais à son grand soulagement le sortilège fonctionna et elle resta au sec. Un cri aigu de l'autre côté de la salle leur apprit que quelqu'un n'avait pas réussi son sortilège aussi bien que Nichrom.
— À toi maintenant, déclara ce dernier.
Et la lueur qui brillait dans ses yeux était un avertissement : elle avait intérêt de ne pas se rater.
Fort heureusement Jeanne parvint au bout de trois ou quatre essais à maîtriser le sortilège et estima qu'elle pouvait désormais en tester les effets. Elle alla remplir leur verre à la fontaine magique posée sur le bureau du professeur Chrom et revint en le tenant bien en équilibre pour ne pas verser d'eau à côté. Elle le pencha ensuite légèrement sur la robe de Nichrom et l'eau tomba par terre, repoussée du tissu par le sortilège.
— Ça te réussit mieux que le Arca Reparo, l'embêta Nichrom en prenant son petit air suffisant.
Jeanne le foudroya du regard.
Elle n'avait toujours pas réussi à réparer sa boîte à musique et en éprouvait une très grande frustration.
Elle s'en était ouvert à Tamao qui l'avait encouragée à poursuivre ses efforts.
— Si c'est important pour toi, tu y arriveras, lui avait-elle confié avec chaleur.
Jeanne en avait été toute retournée.
Elle avait en outre constaté que son amie travaillait rarement dans la salle commune. En dehors des repas, Jeanne avait donc eu du mal à trouver Tamao avant de comprendre qu'elle était le plus souvent en salle d'études ou à la bibliothèque. Avec Lyserg.
La première fois, elle les avait rejoints avec nonchalance pour discuter avec eux. La deuxième fois, elle avait marqué un temps d'arrêt avant de s'asseoir à leur table. La troisième fois, elle avait fait demi-tour pour ne pas les déranger.
…
Le premier week-end d'octobre, Jeanne se leva de bonne heure. Elle n'était pas la seule car la salle commune de Gryffondor fourmillait d'activité pour la première sortie à Pré-au-Lard de l'année. Les première année ne pouvant s'y rendre, ses camarades de dortoir faisaient la grasse matinée, aussi Jeanne descendit-elle seule à la Grande Salle.
Tamao n'était pas encore là ; Horo-Horo non plus. Jeanne se dit qu'elle pouvait en profiter pour faire la connaissance d'autres Gryffondor mais elle croisa le regard de Lyserg à la table des Serdaigle. Elle lui sourit, il lui sourit, et elle décida de le rejoindre.
— Qu'est-ce qui te rend si joyeuse ? lui demanda-t-il en guise de salutations alors qu'elle prenait place à côté de lui.
— Oh rien, je suis juste contente.
Les yeux de Lyserg brillèrent et son sourire s'agrandit.
— Ta bonne humeur est contagieuse, rit-il. Confiture de fraise ou d'abricot ?
— Comment sais-tu que je vais prendre de la confiture ? demanda-t-elle innocemment.
— Tes capacités magiques d'engloutissement de sucré ont ébloui Horo-Horo.
Jeanne perdit de sa superbe et prit un air mi-triste, mi-vexé.
— Ta légende a traversé toute la Grande Salle, tu te rends compte ? reprit Lyserg en écarquillant les yeux pour mimer l'admiration.
Cela dérida Jeanne qui éclata de rire avec lui.
— Dis, reprit-elle en faisant ses tartines. Je me demandais… il y a quelque chose entre Tamao et toi ?
— C'est une bonne amie. Elle est gentille et j'aime bien travailler avec elle, répondit-il d'un air décontracté.
Jeanne nota cependant qu'il ne la regardait pas dans les yeux.
— Et pour toi ? retourna-t-il.
— Moi ? répondit naïvement Jeanne.
— Elle te plaît ?
La Gryffondor ouvrit de grands yeux. Elle voulut aussitôt lui expliquer que ce qu'il disait n'avait aucun sens mais une petite voix au fond d'elle l'en empêcha sans qu'elle ne comprenne pourquoi. À la place elle lui renvoya une autre question.
— Pourquoi tu me le demandes ?
— Pourquoi ça t'intéresse, sinon ? lui répliqua-t-il avec un petit sourire en coin qu'elle ne lui connaissait pas.
Jeanne fut déstabilisée.
— Mais parce que c'est mon amie. C'est tout.
— Ou parce que la réponse t'intéresse, rétorqua Lyserg d'une voix douce.
— Je…
Jeanne se sentit un peu perdue. Elle se recula un peu en position défensive et le dévisagea avec perplexité, mais aussi un peu de colère.
— Peut-être que j'ai des sentiments pour toi, avança-t-elle.
La meilleure des défenses, c'était l'attaque. Et puis c'était vrai qu'elle trouvait le jeune homme charmant. Enfin, qu'elle l'avait trouvé charmant.
Elle n'était habituée ni à mentir, ni à dissimuler, ni à provoquer. C'était étrange et cela la mettait mal à l'aise.
Sa réplique ne sembla pourtant pas perturber Lyserg. Il finit de boire tranquillement son chocolat chaud avant de lui répondre.
— Des sentiments peut-être, mais sûrement pas de la même nature que ceux que tu as pour Tamao.
Sa réponse pouvait avoir plusieurs interprétations.
Jeanne cligna des yeux et cherchait sa prochaine répartie quand Lyserg se pencha un peu vers elle.
— Je te demande pardon, déclara-t-il en la fixant dans les yeux. Je voulais simplement te taquiner un peu, je ne veux pas me battre contre toi.
— Oh, répondit simplement Jeanne.
— Amis ? lui proposa-t-il en lui tendant la main.
Jeanne n'hésita qu'une fraction de seconde avant de lui pardonner.
— Amis, lui répondit-elle en souriant.
Ils échangèrent un regard complice, puis Jeanne entreprit de dévorer ses tartines.
Note :
Tadam ! Alors, qui s'attendait à l'apparition de Nichrom ? *fière d'avoir introduit le personnage* Surtout n'hésitez pas à me laisser vos impressions ! J'espère en tous cas que ça vous a plu et je vais de ce pas vous mettre en ligne le chapitre suivant ;)
