Note : Coucou tout le monde !

Bon, avant de vous laisser découvrir ce chapitre, un certain nombre de choses à vous dire. Déjà, mille pardons pour l'attente. J'avais promis « un chouïa » de latence entre la partie I et II et… ben c'est un peu raté ^^ En revanche, ça m'a permis de mettre plein plein de choses au clair dans ma tête et ça c'est bien !

Je ne sais pas encore combien de chapitres comportera cette partie. Tel que c'est parti entre 20 et 30, je pense. Les 20 premiers chapitres étant déjà écrits.

Je vais très probablement publier de manière très rapprochée. Vous pouvez bien sûr lire et me donner votre avis au rythme que vous voulez (au fil des chapitres, par « groupe » de chapitres, pour toute la partie, jamais). Je le fais avant tout pour moi, avec l'idée qu'avoir un rythme de publication va m'aider à avoir également un rythme d'écriture. On verra bien si ça marche ^^

Bonne lecture à tous ! J'espère que ce premier chapitre de la partie, très différent des neuf précédents, vous plaira !


...


PARTIE II : Les vents d'automne


Chapitre 1 : Chasse d'une nuit sans lune

— Anna, appela Hao. Anna. Anna.

Il s'amusait à moduler sa voix, tantôt grave et chaude, tantôt aigue et chantante. Tantôt exclamation, tantôt chuchotement. Tantôt méprisante, tantôt séductrice.

— Quoi ? le coupa sèchement la jeune femme.

Hao lui retourna un sourire, n'ayant pas prévu qu'elle lui répondrait. Plus de dix minutes qu'elle l'ignorait, lui et ses appels divers et variés. Il aurait dû la chronométrer précisément pour établir ses meilleurs temps.

— Je te sens de mauvaise humeur, la provoqua-t-il avec nonchalance.

— Non, tu crois, siffla-t-elle.

Hao haussa un sourcil. Cette ironie mordante ne lui ressemblait pas. Était-ce l'occasion rêvée pour la pousser à bout ?

Il prit son masque de beau-frère inquiet.

— Qu'est-ce que mon jumeau a fait, cette fois ?

Et sur ces paroles dégoulinantes de fausse sollicitude, avec une pointe d'inquiétude, il sut à sa grimace de colère pure qu'elle allait sortir de ses gonds. Ça ne manqua pas.

Il s'empara de son bras, contrant la gifle, et la tint fermement quand elle tenta de se dégager en grognant.

— Je te trouve très impulsive, ce soir, se moqua-t-il.

Elle avait complètement perdu son calme, ce qui ne lui arrivait d'ordinaire jamais. Ses gifles — ou du moins ses tentatives — étaient toujours froides et non bouillantes ; ses lèvres restaient serrées au lieu de se tordre en l'affreux rictus qu'elles arboraient désormais ; ses yeux étincelaient d'agacement ou de peur mais ne brûlaient pas de rage.

Hao bloqua le poing gauche qui filait vers lui — il avait pris l'habitude du retour de flammes avec Anna — et la poussa contre un mur.

— J'en ai rêvé, tu sais, de te faire perdre ton calme, susurra-t-il. Mais le jeu perd tout son charme dès lors que la partie est gagnée, ajouta-t-il en instillant une pointe de regret dans ses mots.

Anna était furieuse. Elle fit claquer ses mâchoires lorsqu'il s'approcha d'elle et Hao sentit un monstre rugir dans son ventre. Elle avait cru qu'ils s'embrasseraient. Elle avait eu peur. Pas que de lui.

Cela faisait des années qu'il lui tournait autour et, ce soir, il pouvait faire d'elle tout ce qu'il voulait.

Ce qui aurait été parfait s'il avait voulu quelque chose.

— Toi et moi… souffla-t-il. Ce serait quelque chose.

Un instant il se perdit dans ses pensées, imaginant les ongles s'enfonçant dans sa peau et son combat avec la furie. Un bref instant. Puis il pencha la tête sur le côté et l'examina avec un demi-sourire. Ses cheveux blonds, au lieu d'encadrer sagement son visage, lui collaient aux joues et dansaient devant ses yeux.

— Mais, ajouta-t-il, et cette fois-ci la légère pointe de regret dans sa voix n'était pas feinte, je ne suis pas celui qu'il te faut.

Anna écarquilla les yeux lui la relâcha et se recula. Il s'interdit tout geste de tendresse envers elle alors que cela le démangeait de replacer les mèches rebelles derrière ses oreilles. Au lieu de cela, il resta un moment à la regarder, rêveur, suivant la courbe de son menton, ses lèvres pincées, son regard rouge et perdu qui laissa vite place au défi. Elle était tendue mais se recomposait petit à petit son masque de froideur.

Hao souriait toujours. Oui, Anna était quand même une sacrée femme.

— On a une ronde à finir, lui fit-il poliment remarquer en désignant un couloir de la tête.

Son homologue releva la tête, le dépassa sans un regard et reprit leur ronde d'un pas énergique. Hao la suivit avec nonchalance.

— Depuis quand n'as-tu pas dormi ? lui lança-t-il soudain alors qu'ils traversaient le couloir de métamorphoses.

Anna se crispa de nouveau.

— Un moment.

Sa voix claqua dans le silence, froide et hostile.

— Depuis la rentrée, hein ? devina-t-il.

Depuis qu'elle ne pouvait plus dormir avec Yoh.

Anna ne prit pas la peine de confirmer.

— Il va falloir faire quelque chose, lui fit-il remarquer nonchalamment. Tu es trop à fleur de peau pour m'épauler efficacement en tant que préfète-en-chef.

Elle l'ignora. N'avait-il pas été assez odieux ?

— Et puis les professeurs vont remarquer que tu te transformes en vampire et vont t'exclure, insista-t-il.

— Et ça t'inquiète ? demanda-t-elle d'une voix méprisante.

Ça y est, elle s'était reprise.

— Cela te surprendrait-il ? répliqua Hao en haussant un sourcil. Tu es ma future belle-sœur.

Anna ne répondit rien à cela et cette fois-ci Hao préféra la laisser tranquille. Il ne leur restait plus qu'un étage à vérifier et ils seraient libérés de leurs obligations.

Un bruit dans un couloir adjacent attira leur attention.

Sans se concerter, ils tournèrent tous les deux dans l'aile des enchantements.

— Ah, s'exclama un gros bonhomme dans un tableau en les voyant. Je lui avais bien dit qu'elle avait dépassé l'heure du couvre-feu.

— Où ? demanda Hao.

— Elle est partie par là, après je ne sais pas, répondit la peinture.

— Qui ? enchaîna Anna.

— Aucune idée. Une élève. Cheveux courts. Jeune.

— Première année ? s'enquit Hao.

— Non plus que ça.

Les deux préfets-en-chef le remercièrent et prirent la direction qu'il leur avait indiquée.

— On se sépare, décréta Anna.

— Non.

Si elle avait été un basilic, son regard l'aurait tué, mais ce n'était pas le cas. Malheureusement pour Anna et pour l'élève dissipée qui avait violé le règlement, songea-t-il avec amusement.

Il sortit sa baguette magique et Anna l'imita aussitôt.

— Lumos, lança-t-elle en entrant dans une salle de classe plongée dans le noir.

— Hominum revelio, préféra jeter pour sa part Hao.

Très brièvement, son sortilège lui révéla une présence humaine au bout d'un couloir adjacent.

— Quelle maison à ton avis ? demanda-t-il d'une voix neutre, tentant de deviner quel chemin allait emprunter leur fugitive pour retourner dans son dortoir.

— Se balader sournoisement dans les couloirs la nuit, c'est très Serpentard, lâcha Anna.

— J'aurai dit Gryffondor, répliqua Hao en faisant demi-tour.

Il y avait un passage secret à deux pas de là qui leur permettrait d'atteindre l'étage supérieur avant l'élève désobéissante. Les bruits de pas d'Anna lui apprirent qu'elle le suivait à contrecœur.

En quelques minutes, ils avaient atteint le haut des marches de l'escalier principal que la Gryffondor serait obligée d'emprunter si elle voulait retourner se coucher. Ils se postèrent dans l'embrasure d'une fenêtre mais l'absence de lune au-dehors les rendait invisibles à quiconque passerait par là, les torches n'éclairant que l'autre côté du couloir.

— Nox, chuchota Anna à côté de lui.

La lumière au bout de sa baguette s'éteignit.

Ils attendirent un long moment, sans que personne ne vienne. Hao sentait l'impatience le gagner à chaque minute supplémentaire et à côté de lui Anna poussait par moments des soupirs exaspérés.

— Raté, finit-elle par lâcher.

— Une Serdaigle aurait aussi dû passer par là, répondit Hao, contrarié.

— Poufsouffle ou Serpentard, répliqua Anna.

Ou une élève qui venait de quitter son dortoir au lieu d'y retourner, garda pour lui le préfet-en-chef.

— Ça a l'air de te convenir, qu'il y ait des élèves hors des dortoirs, fit remarquer Hao.

Regard furibond.

— Ça ne me fait pas autant plaisir qu'à toi, rétorqua Anna.

Reproche implicite. Il ne pouvait pas la contredire, il aimait bien quand des élèves violaient le règlement. Ça lui donnait l'occasion de jouer à les attraper. Et, petit plaisir personnel, les traîner devant Silva ou Mikihisa quand il s'agissait de Gryffondors. Énerver ces derniers avait toujours un goût particulier. Même si son père devait lui répéter qu'il n'était plus directeur de la maison rouge et or.

Hao retourna à Anna un regard malicieux mais sa condisciple détourna les yeux. Elle le planta là sans autre forme de procès et prit la direction de son propre dortoir. Hao pour sa part hésita à rester pour attendre le retour de l'élève — elle devrait bien revenir à sa tour à un moment — mais l'idée de poireauter encore potentiellement plus d'une heure ne l'enchantait guère.

Contrarié d'avoir manqué sa proie, il descendit les fameuses marches du haut desquelles il avait monté son guet-apens et prit le chemin des cachots.

Arrivé au rez-de-chaussée, il croisa Amidamaru qui s'efforça si bien de l'ignorer que cela lui parut suspect.

— Amidamaru, l'appela-t-il au moment où le fantôme allait traverser le mur menant à la salle des professeurs.

Il sentit l'ectoplasme hésiter et sut aussitôt ce que cela signifiait.

— Par où ?

Sa voix s'était faite dure.

Le fantôme ne répondit pas mais ses yeux le trahirent. Hao reporta son attention sur les lourdes portes menant au parc. De mieux en mieux. Se promener dans le parc la nuit était tout aussi interdit que de se promener dans les couloirs, mais la punition, elle, serait plus sévère.

Un rictus se dessina sur ses lèvres. Il aurait pu choisir d'attendre sur place, mais, au lieu de cela, il sortit du château.

Le parc était plongé dans la plus épaisse obscurité. S'y enfoncer à la recherche d'une fugitive — qui ferait tout pour rester discrète — était comme chercher une mandragore dans une forêt. Mais Hao s'était mis en chasse ; il ne rentrerait pas sans avoir capturé sa proie.

Il descendit les quelques marches qui menaient aux portes du château, s'agenouilla et tapota le sol de sa baguette magique. L'herbe se mit à luire faiblement, mais elle était trop courte pour pouvoir y distinguer des traces de pas.

Cette méthode n'ayant pas fonctionné, le préfet-en-chef se releva et lança un nouveau hominum revelio. Comme il s'y attendait, l'élève se trouvait cependant hors des limites de son sort.

— Spero Patronum, chuchota-t-il en dernier recours, le doux sourire d'Opacho à l'esprit.

Un mouton se matérialisa au bout de sa baguette.

Hao songea ensuite à Macchi, Mari et Kanna, celles qu'il aimait considérer comme des chats sauvages parmi les sorciers et sorcières qui embrasaient sa voie, et le mouton se scinda en trois boules de lumière qui prirent chacune une apparence féline.

— Trouvez-la moi, murmura-t-il.

Aussitôt les chats partirent chacun dans une direction différente et Hao s'assit tranquillement dans l'herbe. Il faisait froid — l'automne était arrivé — mais d'un coup de baguette le sorcier rendit sa robe et ses chaussures thermo-isolants.

Il ne lui restait plus qu'à attendre.

Il rejeta sa tête en arrière et contempla la voûte étoilée où la lune brillait par son absence. Une nuit idéale pour la cueillette de certaines herbes. Ou pour la reproduction des licornes.

Au bout de quelques minutes, l'un des trois chats lui revint.

Hao sauta souplement sur ses pieds, l'excitation courant dans ses veines. Il se lança vivement à la suite de son patronus à travers le parc obscur. Vite. Avant que sa proie ne s'échappe.

Vite mais pas assez.

Le chat bondit en avant, éclairant brièvement un visage d'ange nocturne aux cheveux rougeoyants avant que ce dernier ne s'envole sur un balai et ne disparaisse dans la nuit.

Hao pesta intérieurement. Le temps qu'il fasse venir son balai, il serait trop tard pour lancer la poursuite. Sa proie allait sûrement aller se poser en haut de la tour d'astronomie, mais elle aurait le temps de rejoindre la tour des Gryffondor avant que lui-même ne coure jusque là-haut. Sauf s'il s'agissait de la tour des Serdaigle… mais Hao continuait de miser sur une Gryffondor. Les Serdaigle n'étaient pas suffisamment téméraires pour briser le couvre-feu.

Avec un soupir, Hao annula son sortilège de patronus, faisant disparaître le chat venu se frotter à ses jambes, puis lança un lumos informulé. La lumière au bout de sa baguette éclaira les buissons épineux autour de lui et les fleurs mauves qui couvraient le parterre.

Autant rentrer… surtout qu'il avait encore une potion-somnifère à préparer.


Note :

Avez-vous trouvé le Hao-Charlie caché dans ce chapitre ? xD