Note : Coucou ! J'ai réécrit et réécrit ce chapitre je ne sais combien de fois. J'espère vraiment qu'il va vous plaire, mais surtout n'hésitez pas à me dire si ce n'est pas le cas ! Bonne lecture à tous =)


Chapitre 4 : Vol du petit bouchon

— Encore perdu, ricana Stebbins alors que sa dame pourfendait le roi de Macchi.

Hao la vit serrer les poings à s'en faire blanchir les phalanges et un rictus amusé se dessina sur ses lèvres. Macchi détestait les échecs.

La rousse faillit renverser le plateau en se levant et s'en alla tempêter dans son dortoir. Mari la regarda passer avec indifférence.

— Mati est devenue ennuyeuse, commenta-t-elle d'une voix atone.

— Tu te sens délaissée, Mari ? demanda Hao d'une voix légère.

Ladite Mari l'observa longuement avant de répondre.

— Mari s'ennuie sans Mati.

Et sur cette réponse, elle replongea la tête dans son livre de runes.

D'un geste négligent de baguette, Hao fit se ranger toutes les pièces d'échecs de Macchi dans leur boîte, sous le regard admiratif de Stebbins qui ordonnait à un cavalier récalcitrant de se ranger dans la sienne.

Mari ricana.

Hao ne s'en formalisa pas, il avait l'habitude qu'elle l'épie du regard. Que tout le monde l'épie du regard.

Il fit tourner sa baguette entre ses doigts, pensifs.

Lui aussi s'ennuyait. Aller voler le distrairait.

Il y avait déjà quelqu'un sur le terrain de Quidditch lorsque Hao y arriva avec son Galaxie 8. Deux filles. Sur les vieux Brossdur de l'école. Elles volaient bas.

Hao songea à s'en retourner, après tout il était venu ici mécaniquement mais il n'avait pas l'intention de voler autour du stade, c'était d'un ennui… Cependant, il reconnut de loin les cheveux roses de Tamao et un monstre féroce rugit dans sa poitrine. Cette fille… Il avait reconnu en elle sa proie de la nuit à l'instant où il avait croisé son regard apeuré et orné de cernes le lendemain de sa chasse. S'il avait pu l'attraper… Le désarroi de Mikihisa lorsqu'il aurait traîné devant lui sa petite protégée aurait été jouissif, mais elle lui avait ravi cette victoire.

Les deux filles s'étaient à présent stabilisées et Tamao semblait expliquer quelque chose — grands gestes à l'appui — à sa camarade dont les mains étaient crispées sur son manche à balai. Hao les rejoignit.

Il était à quelques mètres d'elles quand Tamao l'aperçut. Sa bouche se ferma aussitôt et une jolie couleur pivoine vint colorer son visage. Hao sourit machiavéliquement en levant la tête vers elle.

À ses côtés, les longs cheveux blancs qui trahissaient Jeanne Maxwell-Lasso volèrent lorsqu'elle se retourna vers lui en constatant que quelque chose n'allait pas. Elle le dévisagea avec un froncement de sourcils.

— Qu'est-ce que tu fais là ?

Hao ne répondit pas tout de suite, détaillant la petite fille sur la défensive, le regard bravache mais les épaules tremblantes. Il fallait dire que la pauvre petite chose ne devait avoir qu'une douzaine d'heures de vol à son actif.

— Je ne sais pas, que pourrai-je bien faire avec un balai sur le terrain de Quidditch ?

— Nous te serons gré d'aller voler plus loin, déclara Jeanne d'un air digne en rejetant la tête en arrière.

Hao esquissa un sourire.

— Je crains, Maxwell-Lasso, que le terrain ne soit pas ta propriété exclusive.

L'albinos devint encore plus blanche qu'elle ne l'était déjà. Ravi d'avoir visé juste, Hao éclata d'un grand rire.

— Oh, c'était un secret ? se moqua-t-il.

Il nota cependant que Tamao ne semblait pas surprise. Rien de vraiment étonnant à ce qu'elle soit au courant si les deux filles étaient aussi proches que le disaient certaines rumeurs.

— Jeanne, l'appela cette dernière.

Elle s'approcha de son amie et posa une main sur son avant-bras. Jeanne se décrispa et se tourna vers elle. Tamao paraissait confiante, sûre d'elle. Loin de la jeune fille effarouchée que Hao connaissait.

Elle devait beaucoup prendre sur elle... Macchi n'avait peut-être pas de raison d'être jalouse.

— Viens, intima-t-elle.

Elle donna une impulsion à son balai et, guidant celui de Jeanne, l'entraîna un peu plus loin.

Hao rit devant cette fuite. Ou tout du moins cette tentative de fuite. Il n'avait pas vraiment l'intention de les laisser filer. Pas alors qu'il s'amusait.

Il enfourcha son balai et s'éleva d'un coup dans les airs, droit sur Tamao, qui ne l'évita de justesse qu'en effectuant une roulade du paresseux.

Jeanne poussa un cri perçant.

— Tu es complètement malade ! l'invectiva-t-elle, sa frayeur se muant en colère.

Cela convenait à Hao.

— Je n'aurai pas parié que tu savais jurer, lui répondit-il avec un sourire torve.

Jeanne lui retourna un regard meurtrier et allait répliquer quand Tamao se rangea à côté d'elle.

— Tout va bien, Jeanne, dit-elle doucement en évitant de croiser le regard de Hao. Viens, rentrons.

— On n'a pas à partir juste à cause de lui, s'énerva Jeanne.

Mais Tamao semblait catégorique dans sa décision et avait déjà pris la direction du sol. Hao lui coupa brusquement la route, la forçant à faire une violente embardée. Était-ce la peur ou la colère qui brillait dans ses grands yeux roses ? Les deux lui plaisaient.

— Prendre la fuite sur ton balai, on sait que tu es douée pour ça, n'est-ce pas ? lui lança-t-il.

La lucidité se fit dans les prunelles roses et un éclat de pure terreur les traversa.

Hao rapprocha son balai du sien, assez près pour que leurs cuisses se frôlent, et amena son visage tout près de celui de la jeune femme. Ses grands yeux étaient écarquillés et sa lèvre inférieure tremblait.

— Mais ne t'inquiète pas, petite sœur, lui confia-t-il malicieusement, ton secret est bien gardé.

Il vit ses joues virer au rouge brique et se délecta de son embarras. Au même moment une odeur le saisit. Celle de l'été, des mûres, du sucre.

— Dis-moi juste une chose, ajouta-t-il sans en tenir compte et en effleurant son esprit, c'est pour mon frère, mon père ou le petit bouchon qui ne sait pas monter sur un balai ?

L'incompréhension passa dans les yeux et les pensées de Tamao. Hao sourit mais se recula légèrement, son hypothèse mise à mal. La mauve douce était pourtant un composant commun à la plupart des philtres d'amour…

— Laisse-la tranquille !

Le cri offusqué du petit bouchon derrière eux fit rire Hao.

Il écarta plus franchement son balai, se soustrayant par là-même au parfum de Tamao, et lança une œillade enjouée à la petite fille qui tremblait dans les airs. Elle paraissait outrée mais il y avait autre chose derrière ses beaux yeux rouges. Comme de l'incertitude. Ce qui ne l'empêchait pas de le défier du regard.

— Je croyais que vous n'aviez pas de secret l'une pour l'autre ? releva-t-il d'un air étonné.

Jeanne ne put retenir un coup d'œil furtif à Tamao dont les joues étaient toujours cramoisies.

— Tu es…

Un éclair de compréhension passa soudain dans les yeux de Jeanne.

— Tu es un Asakura, lâcha-t-elle comme une évidence.

Hm… Pas vraiment le secret qu'il voulait pousser Tamao à éventer mais tant pis.

— Bravo Jeanne, se moqua-t-il en applaudissant lentement, confirmant sa déduction.

— Tu es de la famille du professeur Mikihisa Asakura, poursuivit Jeanne sur sa lancée.

— Entre autres, répondit évasivement Hao.

Le regard de la jeune fille filait de lui à Tamao. Cette dernière hocha lentement la tête, les joues un peu moins rouges qu'avant.

— Tu es le frère de Yoh, devina-t-elle.

— Entre autres, répéta Hao avec un sourire.

— Ça veut dire… que vous avez été… enfin…

Jeanne fronça ses fins sourcils blancs, comme ennuyée, cherchant les mots pour formuler sa pensée.

— Élevés ensemble ? se moqua Hao. Non, non pas vraiment, rigola-t-il.

Tamao à côté de lui semblait mal à l'aise. Mais Jeanne n'en démordit pas.

— Mais tu es le fils de Mikihisa, insista-t-elle.

— Entre autres, confirma Hao. Et toi la fille de Marco et la petite-fille de Rakist, détourna-t-il le sujet.

— Entre autres, lui retourna Jeanne d'un air hautain.

— Aucun d'eux ne sait très bien monter à balai, ce doit être génétique, commenta-t-il sur le ton de la conversation.

La Gryffondor se crispa.

— À moins que ce ne soit simplement pas une matière enseignée en première année à Beauxbâtons, ajouta-t-il avec désinvolture.

Il savait parfaitement qu'il visait juste.

Le visage de son interlocutrice se décontenança un instant avant qu'elle ne parvienne à afficher un masque d'indifférence.

— Comment tu le sais ? ne put-elle cependant s'empêcher de demander.

Ne savait-elle donc pas pourquoi Rakist était parti ?

— C'est Nichrom qui te l'a dit ? s'agaça-t-elle.

— Non, ce n'est pas de Nichrom que je le tiens.

— Qui alors ?

Il la dévisagea longuement avant de répondre, si longuement qu'elle se mit à se trémousser sur son balai, mal à l'aise. Cela l'amusa beaucoup.

— Tu ne sais vraiment pas, n'est-ce pas ? susurra-t-il.

Il lut la perplexité dans ses yeux bien qu'elle gardât une contenance. Avec un regard hautain, elle détourna la tête, mimant le désintérêt. Si elle croyait qu'il pouvait s'y laisser prendre…

— Jeanne, Jeanne, Jeanne, se désespéra-t-il à mi-voix.

Il leva la tête vers le ciel, mais nota du coin de l'œil que le rose avait coloré les joues de la Gryffondor.

— Rakist me l'a dit, finit-il par lâcher.

Cela aurait pu passer par de la pitié. Ce n'en était pas.

Ses mots ouvraient plus de questions qu'ils n'en fermaient.

— Pourquoi te l'aurait-il dit ?

La voix de Jeanne s'était voulue neutre et maîtrisée mais Hao sentait qu'elle était troublée.

— Jeanne, appela doucement Tamao.

Elle s'était rangée à ses côtés et tentait de leur faire perdre de l'altitude pendant qu'ils parlaient. Sa condisciple ne le lâcha cependant pas des yeux, déterminée à ne pas perdre le duel visuel qui venait de s'engager.

Une idée lui traversa l'esprit.

— Dis-moi, Tamao, lança-t-il sans lâcher la première année du regard, que dirais-tu de jouer à un jeu ?

Jeanne cilla.

Hao avança son balai jusqu'au sien et vint s'interposer entre les deux Gryffondor. Il passa les deux jambes du même côté de son balai et laissa courir ses doigts le long du manche du Brossdur de la première année.

Panique dans les yeux de la jeune fille. C'était amusant.

— On inverse, lâcha-t-il en sautant souplement de son balai qui resta sagement stationné dans les airs pour venir se caler derrière Jeanne.

Cette dernière tremblait comme une feuille comme il posait une main juste à côté des siennes sur le manche à balai.

— Je fuis, tu chasses, énonça-t-il les règles à une Tamao décomposée.

— Hao, essaya-t-elle de l'arrêter.

Mais le jeune homme les avait déjà fait monter en chandelle, Jeanne et lui.

La vitesse, le vent, le froid, l'altitude. Il adorait. Un frisson de pur délice parcourut son dos comme le vent rejetait familièrement ses cheveux en arrière. S'il n'était pas raisonnable, il aurait tenté quelques figures, mais cela risquait de faire un peu trop pour la novice qui l'accompagnait. Les cours de vol du premier trimestre ne faisaient jamais s'élever bien haut, ni aller bien vite. Du moins pas dès le début de l'année. La petite fille entre ses bras devait être assaillie par tout un flot de sensations pour la première fois.

Elle était penchée en avant, crispée sur le manche à balai. Il pouvait le voir à la raideur de son dos, à ses jambes serrées l'une contre l'autre et à ses doigts fins qui agrippaient le bois.

La courageuse petite Gyrffondor était-elle effrayée ?

— Je ne te laisserai pas tomber… lui chuchota-t-il à l'oreille, manquant de manger ses longues mèches blanches.

Il jeta ensuite un coup d'œil en arrière pour voir Tamao filer vers eux. Elle… avait pris son balai ! Décidée à tout mettre de son côté pour les rattraper, alors.

Hao la nargua du regard et, quand elle les eut presque rattrapés, se colla au dos de Jeanne et plongea en piqué vers le lac. Entre ses bras, la Gryffondor étouffa un petit cri. « Amusant », songea-t-il, un brin sadique, en esquissant un sourire.

Il redressa leur trajectoire au tout dernier moment — arrachant un hoquet à sa captive — et leur fit survoler la surface miroitée. La respiration de Jeanne était hachée et ses doigts, toujours cramponnés au manche, avaient viré au blanc.

Hao se redressa un peu, se décollant de Jeanne qui resta allongée sur le balai. Les longs cheveux blancs en profitèrent pour se disperser, lui fouettant par moments le haut du front.

Il lâcha le manche et sa main droite s'empara des doigts de Jeanne. Ils étaient froids.

— Lâche, intima-t-il en lui arrachant le bras du balai.

Il la sentit trembler contre lui et entendit sa respiration s'emballer. Son bras gauche s'enroula autour du ventre de la première année, la plaquant contre lui, ce qui, il s'en doutait, n'était sûrement pas pour la rassurer.

Sans en tenir compte et tenant fermement sa main droite, il les fit pencher tous les deux sur le côté pour frôler l'eau du bout des doigts, ne se retenant au Brossdur que par les jambes.

— Ose me dire que tu n'aimes pas ça, murmura-t-il.

Jeanne ne répondit pas tout de suite. Était-ce du rose qu'il apercevait sur ses joues ?

— J'adore ça, avoua-t-elle après quelques instants.

La satisfaction tira un sourire à Hao. À leur droite, Tamao les avait rattrapés et couvait d'un œil inquiet sa protégée.

Hao les redressa, laissa Jeanne se raccrocher des deux mains au manche du Brossdur, attrapa lui-même nonchalamment ce dernier de la main gauche et les fit remonter pour aller planer du côté de la forêt interdite.

— Mais je préférerai avec Tamao, compléta Jeanne, s'étant reprise, de la provocation dans la voix.

— Oh je n'en doute pas, ricana Hao.

Cette dernière s'était d'ailleurs élevée à leur hauteur.

— Tu veux ma place ? lui proposa-t-il aimablement.

Son interlocutrice sembla perdre confiance, incertaine.

Hao fit une manœuvre et stoppa son balai sous celui de Tamao.

— Descends, lui intima-t-il.

— Tu n-ne veux p-pas plutôt… qu'on ret-tourne au stade, bégaya-t-elle.

Hao prit appui sur l'arrière du balai pour se mettre debout, faisant un peu trembler le manche auquel Jeanne se tenait désespérément.

— Pour ma part je récupère mon balai, dit-il le plus simplement du monde bien que chacun de ses mots soit calculé. Mais tu peux rester avec moi si tu veux.

Jeanne leva un regard paniqué vers eux.

Tamao déglutit et, comme il s'y attendait, passa lentement une jambe de l'autre côté du manche du Galaxie 8 qu'il venait de saisir. Il lui proposa sa main, dont elle s'empara volontiers, puis tira le balai vers lui, ramenant Tamao et l'été près du Brossdur. Ses doigts effleurèrent la hanche de la Gryffondor quand celle-ci se laissa glisser derrière Jeanne à sa place. Le balai vacilla dangereusement. C'est que trois personnes, cela devait faire beaucoup pour le vieux matériel de l'école.

En une traction, Hao se hissa sur son propre balai et effectua un petit cercle autour des deux filles qui ajustaient leurs positions.

— Contente ? lança-t-il à Jeanne.

Cette dernière lui renvoya un regard noir que Hao trouva des plus cocasses.

Tamao passa ses bras autour de Jeanne pour attraper le manche et faire doucement virer son balai pour retourner vers le stade de Quidditch. On voyait qu'elle n'avait pas l'habitude d'avoir quelqu'un avec elle.

— Ça va ? s'inquiéta Jeanne.

— Ça va, répondit-elle d'une voix un peu hachée. C'est juste… ça aurait été plus simple si j'avais été devant. Pour se pencher et tout ça…

— Guide-moi je vais le faire, répondit Jeanne.

Hao se retint de se moquer trop fort en les suivant de loin. Il n'aurait pas fallu que les deux petites princesses chutent dans la forêt interdite.

Ce ne fut que lorsqu'elles eurent rejoint le stade qu'il dévia sa trajectoire et repartit vers le château. Il s'était bien amusé, maintenant il allait voler.

Hao fila en piqué vers la tour d'astronomie, tournoya sous les fenêtres des classes du quatrième étage puis redescendit vers les serres de botanique, les bras tendus, goûtant le vent qui lui balayait le visage, ne se tenant à son Galaxie 8 que par les jambes. Il adorait ces bols d'air frais et de liberté. Et il n'y avait pas à dire, les vieux Brossdur de l'école ne pouvaient pas rivaliser avec le petit bijou qui était le sien.

Il allait poursuivre vers l'entrée principale quand il avisa Kanna, Mari et Macchi près des serres. Il se posa à quelques pas d'elles, sans manquer de noter que Macchi éteignait vivement sa cigarette et dissimulait le mégot dans l'une de ses poches.

— Macchi…

Il laissa ses mots en suspens, se contentant d'un regard appuyé sur la sixième année dont le teint prit la couleur de ses cheveux.

— Je t'avais dit que tu aurais une retenue, ricana Kanna.

Qui était celle qui avait fourni l'objet du crime.

Hao se désintéressa du sujet.

— Beaucoup de problèmes ? demanda-t-il à Kanna.

— Je déteste la rentrée, répondit cette dernière en tirant un nuage de fumée en l'air. Les magasins de farces et attrapes ont sorti plein de nouveaux produits pendant l'été et les sales mômes en ont les valises remplies. Je passe mon temps à distribuer des retenues.

— Ce qui n'est pas pour te déplaire, avoue, la chambra Macchi en retrouvant le sourire malicieux qui faisait sa marque de fabrique.

— Non, fit Kanna en retour avec un sourire mauvais. Je les donne par semaines entières.

Hao se tourna vers Mari alors que les deux filles ricanaient.

— Mari, tu étais bien la tutrice de Tamao à une époque, non ?

Si sa question surprit la blonde, elle n'en laissa rien paraître, se contentant de hocher vaguement la tête. Macchi par contre avait dressé les oreilles et cessé de rire dès que le prénom de Tamao avait été prononcé.

— Et désormais c'est… laissa-t-il en suspens, bien qu'il le sache parfaitement.

— Diethel, feula aussitôt Macchi, mordant à l'hameçon.

— Hm… fit mine de réfléchir Hao. Ça n'a pas l'air de te plaire, fit-il remarquer en penchant la tête sur le côté.

La rousse grinça des dents et détourna la tête pour éviter son regard.

— Tu sais, je pourrai arranger ça. Il suffit de demander.

Il vit Macchi se tendre mais être piquée par la curiosité.

— Arranger quoi ? demanda-t-elle sur la défensive.

— Enfin arranger… disons plutôt dégrader. La relation entre Tamao et Lyserg.

— Dégrader dans le sens « pourrir », ricana Macchi avec un rire méchant.

Petite tornade de jalousie possessive.

Hao lui sourit, d'un faux sourire qui se voulait conciliant alors qu'il avait déjà prévu un plan qui mettrait la rousse en furie.

— Oui, pourrir. Ça te plairait, Macchi ?

Ils se jaugèrent un instant du regard. Elle avait tout à fait conscience de passer un pacte avec le Diable.

— Oui, lui lança-t-elle.

Sa voix était un mélange d'exultation et de défi.

Le sourire d'Hao s'agrandit.

Il avait son feu vert, donc…