Note : Coucou coucou ! Je poste en coup de vent mais je tiens mon planning ! Et j'ai pensé à remettre mes point-virgule qui sautent quand on charge le chapitre sur le site ! *doublement fière*
Chapitre 7 : Les voyageurs volants
…
« Les délégations de Beauxbâtons et de Gandhara arriveront le vendredi 30 octobre à 18 heures. En conséquence, les cours prendront fin exceptionnellement dès 17h. »
Telle était la note affichée sur une grande pancarte dans le hall d'entrée, rendant les élèves plus fébriles qu'ils ne l'avaient jamais été. Etrangement, cela n'eut pas d'effet sur Jeanne. Elle était avec Tamao quand elle découvrit l'affiche et, si les doigts de cette dernière cherchant les siens pour les serrer furent d'un agréable réconfort, elle ne sentit pas sa respiration s'emballer ni son cœur paniquer. Marco arrivait vendredi. Rien de nouveau. Ça se passerait bien, c'était Tamao qui le disait. Dans ses regards. Elle n'avait pas à s'inquiéter. Elle était acceptée à Poudlard. Tout se passerait bien.
— Mon cours de runes va être écourté, commenta Tamao en lisant l'affiche.
Jeanne n'avait pas ce genre de souci, aucun de ses cours ne finissait jamais après 17h.
— Tu as aussi besoin de leçons de rattrapage en runes, Tamao ? railla une voix derrière elles.
Jeanne fit volte-face pour découvrir à son grand déplaisir Hao et son sourire goguenard qui lui faisait oublier qu'elle était pour la paix dans le monde.
Tamao piqua un fard et Jeanne lui attrapa le bras pour l'entraîner loin de l'arrogant Serpentard. Elle pouvait sentir le regard de ce dernier leur brûler le dos et l'imaginer ricaner en pensée. Cependant, quand elle risqua un bref coup d'œil dans son dos alors qu'elles entamaient la montée de l'escalier, elle l'aperçut en train de discuter avec Yoh sans plus leur prêter attention. Il fallait qu'elle se retienne de le mettre dans la boîte « méchants » trop vite, bien que ce soit extrêmement tentant.
…
La semaine passa à toute vitesse, si bien qu'avant d'avoir eu le temps de dire « paix », le vendredi était arrivé et un Lyserg tout contrit avait annoncé le midi même à Tamao qu'ils ne pourraient pas se voir pour travailler la métamorphose la semaine suivante non plus. Jeanne n'y aurait pas prêté attention si elle n'avait pas remarqué le regard de Tamao qui était allé se perdre sur la table des Serpentard. Elle ne pensait tout de même pas à accepter l'offre de Hao, si ?
À moins que ce ne soit Horo-Horo qu'elle regardât. Ce dernier avait relevé le pari de Ren qui consistait à manger à sa table ce midi. Yoh — et Manta à contrecœur — l'avaient accompagné pour le soutenir mais il n'était pas question pour Lyserg de s'approcher des Serpentard, aussi Chocolove et lui s'étaient-ils joints à elles à la table des Gryffondor.
Ils avaient passé tout le repas à parler du travail de fou exécuté par le personnel de Poudlard au cours des derniers jours. En effet, Ryu avait été chargé, conjointement avec Kanna, des préparatifs pour l'arrivée des délégations de Beauxbâtons et Gandhara. Les armures avaient été astiquées et huilées, les couloirs balayés, les portraits époussetés, les toiles d'araignées chassées des lustres et des plafonds. Dans le parc, les buissons autour du lac et sur l'allée principale avaient été taillés, le terrain de Quidditch tondu et les marches du château lavées à grande eau. Enfin, de grandes banderoles avaient été déployées dans la Grande Salle pour illustrer chacune des quatre maisons et les armoiries de Poudlard.
Le soir venu, tous les élèves durent se regrouper à l'extérieur où les responsables de maison les organisèrent en rangs pour recevoir comme il se devait leurs invités. Jeanne aperçut de loin Nichrom dans la foule d'élève qui se pressaient devant les grandes portes pour sortir et ils échangèrent un sourire discret. Leur relation était redevenue ce qu'elle était lors des cours d'enchantements avant leur fâcheux différent.
Une fois dans le parc, Jeanne pesta en réalisant qu'elle avait oublié son écharpe alors que Silva lui ordonnait de venir devant avec les autres première année, la séparant à regret de Tamao. Alors qu'un vent glacial s'engouffrait dans sa cape, une douce chaleur envahit son cou comme une écharpe de laine venait s'enrouler autour de sa gorge. Elle se retourna vivement vers le condisciple qui avait la bonté de lui prêter son écharpe, prête à insister pour qu'il n'en fasse rien, et faillit s'étrangler devant le sourire du Serpentard qu'elle aimait le moins.
— Hao, claqua la voix de Silva.
Loin de faire mine basse, le préfet-en-chef soutint le regard du professeur avec un sourire en coin, avant de rejoindre nonchalamment le groupe des Serpentard. Jeanne n'en revenait pas. Qu'il soit embêtant et outrecuidant et provocateur avec elle, pourquoi pas. Mais avec un professeur ! Le directeur adjoint de l'école, de surcroît !
Elle en fut tant perturbée qu'elle ne réalisa que trop tard qu'elle se retrouvait avec son écharpe autour du cou. Blanche, douce, chaude, mais diabolique ! Elle ne pouvait malheureusement plus la lui rendre et ça aurait été trop bête de l'enlever alors qu'elle avait si froid. Mais elle aurait une dette envers lui, il risquait d'attraper mal sans. « Bien fait ! » hurla une petite voix dans sa tête qui malheureusement se fit étouffer par ses bons sentiments.
— On se gèle, ce serait bien qu'ils se dépêchent, grommela Fred à côté de Jeanne.
— Il n'est pas encore 18 heures, lui répondit Padma.
— Presque. Ils ne vont pas tarder, intervint Ann.
Jeanne se mit à sautiller d'un pied sur l'autre en soufflant dans ses mains pour se réchauffer. Elle n'arrivait pas à déterminer si c'était mieux de souffler dessus ou de les garder dans ses poches. La prochaine fois, en plus de son écharpe elle penserait à prendre des gants. Ann à côté d'elle ne semblait pas souffrir du froid, mais il fallait dire qu'elle était équipée avec gants, cache-oreilles, écharpe, bottes, cape d'hiver et capuche en fourrure. Ça devait indéniablement aider.
— La délégation de Beauxbâtons arrive, signala Rakist. Toujours aussi ponctuel, ajouta-t-il avec un sourire en coin qu'on lui voyait rarement.
Jeanne leva aussitôt la tête au ciel.
— 18 heures pile, commenta Padma alors qu'un immense carrosse tiré par des chevaux géants descendait du ciel en survolant la cime des arbres.
« Marco ».
Jeanne sentit son cœur s'accélérer. Brusquement, elle n'avait plus ni peur ni appréhension, juste une terrible envie de le revoir.
Les chevaux et le carrosse à leur suite atterrirent tout en douceur dans le parc de Poudlard, soulevant un nuage de poussières.
— On dirait Cendrillon, murmura Susan, des étoiles dans les yeux.
Jeanne eut un pincement au cœur en reconnaissant l'emblème doré de Beauxbâtons sur les portes du carrosse — deux baguettes croisées comme un X lançant chacune trois étoiles — mais il s'estompa bien vite comme ces dernières s'ouvraient et que Marco en descendait.
Il était vêtu de sa robe de sorcier blanc traditionnelle, avec les baguettes de Beauxbâtons cousues en noir dans le dos et des étoiles dorées sur le bas de la robe. Ses cheveux blonds étaient aussi impeccablement coiffés que d'habitude, peignés et tirés en arrière, rasés de près dans la nuque.
Il mit pied à terre, rajusta ses lunettes sur son nez et, avant même de saluer Rakist, la chercha des yeux parmi les élèves au premier rang.
Leurs regards se croisèrent et une douce chaleur vint se loger dans son ventre alors que son cœur se mettait à battre un peu plus fort. Marco marqua un temps d'arrêt, esquissa un demi-sourire, puis se tourna enfin vers le directeur de Poudlard.
Les directeurs de maison se mirent à applaudir, aussitôt imités par les élèves, et Jeanne frappa ses mains tellement fort les unes contre les autres qu'elle en eut mal.
Rakist s'abstint d'applaudir mais serra la main de Marco d'une poigne ferme, les deux hommes se jaugeant longuement du regard.
— Marco.
— Rakist.
Un court silence entre eux ; les applaudissements qui se dissipent.
— Vous avez fait bon voyage ?
— Très bon, répondit sobrement Marco.
— Tes élèves ? ajouta Rakist en désignant de la tête la douzaine d'étudiants en blanc descendus du carrosse à la suite de Marco.
Derrière eux, Jeanne reconnut Meene et John qui devaient avoir été choisis pour accompagner le directeur et cela lui fit plaisir.
— Jeunes gens, prit la parole ce dernier d'une voix un peu plus forte, Rakist Lasso, directeur de Poudlard.
Les élèves saluèrent de la tête.
— Soyez les bienvenus à Poudlard, déclara Rakist dans un français parfait en désignant du bras le château dans son dos.
Jeanne aperçut quelques regards inquiets vers l'édifice malgré les foulards, les écharpes et les bonnets qui masquaient la majorité des visages. Certains d'entre eux lui parurent familiers ; très certainement des élèves qu'elle avait déjà croisés à Beauxbâtons. Auxquels elle avait même peut-être déjà parlé.
— Nous vous attendions par voie maritime, fit remarquer Rakist.
— Nous rentrions dans le carrosse sans avoir besoin de prendre le paquebot, répondit froidement Marco.
Les deux hommes n'eurent pas le temps d'échanger de plus amples formules de politesse que tous les élèves levèrent de nouveau la tête pour voir apparaître cette fois un groupe d'éléphants volants, chacun équipé d'une nacelle.
Jeanne ouvrit de grands yeux en les voyant approcher, distinguant dans chaque nacelle deux à trois personnes.
— Des éléphants ! Non mais vous vous rendez compte ? Des éléphants ! s'exclamait Fred, totalement ébahi.
— Ils font encore plus fort que Beauxbâtons avec le carrosse ! renchérit un deuxième année dans leur dos.
« Ce n'était pas une compétition », songea Jeanne, légèrement vexée malgré elle.
Les éléphants se posèrent avec bien plus de fracas que les chevaux, ébranlant le sol et faisant hennir ces derniers.
— Sâti ! s'exclama aussitôt Rakist avec respect en s'avançant vers le premier des éléphants, celui dont la nacelle était la plus majestueuse.
Sur cette dernière se tenait une jeune femme d'une beauté époustouflante, parée de bijoux et de soieries. Les deux jeunes femmes avec elle dans la nacelle descendirent vivement, se laissant glisser le long des flancs de l'éléphant avant d'aider la princesse à descendre.
Avec grâce, Sâti posa pied à terre et releva le voile transparent qui couvrait son visage, révélant des yeux clairs et une longue natte blonde qui reposait sur son épaule.
— Rakist, salua Sâti en souriant.
Le directeur de Poudlard inclina le buste. Il avança la main comme pour faire un baise-main à la princesse mais cette dernière attrapa cette dernière qu'elle serra franchement, prenant Rakist à contre-courant. Jeanne nota le rictus contenu de Marco et le rire étouffé de Rakist. Elle les connaissait trop bien.
— Je vous présente mes élèves, ainsi que Samy et Mamy, mes assistantes, dit Sâti.
Derrière elle, les étudiants de Gandhara étaient tous en train de descendre des éléphants.
— Je vous souhaite la bienvenue à Poudlard, déclara Rakist à leur attention.
Il se retourna ensuite vers Sâti.
— Notre concierge, Mrs Bismarch, va s'occuper des chevaux tandis que notre gardien des clés et des lieux, Mr Ryunosuke, s'occupera de vos éléphants, indiqua Rakist.
Jeanne chercha Ryu et Kanna parmi les professeurs et les aperçut alors qu'ils s'avançaient vers les animaux. Ryu semblait s'extirper à grand mal d'une profonde rêverie qui incluait Sâti tandis que Kanna tirait la grimace en traînant des pieds jusqu'aux chevaux. Elle était trop loin pour les entendre mais Marco échangea quelques mots avec elle et ne reçut en échange qu'un regard noir.
— Si vous voulez bien me suivre, invita poliment Rakist en offrant son bras à Sâti.
La princesse le prit avec un sourire et tous deux prirent la direction du château, suivis des élèves de Gandhara dispersés en petits groupes.
Marco prit la tête des élèves de Beauxbâtons, ces derniers marchant d'un même rythme en rangs derrière lui, Meene et John fermant la marche.
Enfin, Silva conduisit les Gryffondor à la suite des élèves de Beauxbâtons, imité par Karim, Chrom et Namari respectivement à la tête des Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard.
Quand Jeanne entra dans la Grande Salle, Marco et Sâti prenaient place à la table des professeurs aux côtés de Rakist et de deux autres personnes qu'elle n'avait jamais vus mais qui ressemblaient à des Paches. Meene et John étaient assis du côté droit de la table, entre Reiheit et Mikihisa. Mamy et Samy avaient pris place de l'autre côté, avec Tepes, Kanna et le professeur de runes au turban dont elle ne se rappelait jamais du nom, bien que Tamao le lui ai déjà répété plusieurs fois. Les élèves de Gandhara quant à eux s'étaient assis à la table des Poufsouffle et ceux de Beauxbâtons à la table des Serdaigle.
Jeanne suivit Fred et Susan à la table des Gryffondor et se retrouva assise parmi ses condisciples de première année.
Quand tout le monde se fut installé, Rakist se leva et balaya l'assemblée du regard.
— Bonsoir à tous et bienvenue à Poudlard, déclara-t-il. J'espère qu'au cours des mois à venir, vous pourrez tous considérer ce château comme votre maison et y passer un séjour des plus agréables. Je vous souhaite un bon appétit à tous et vous donne rendez-vous à la fin du banquet pour l'ouverture officielle du Tournoi des Trois Sorciers.
