Note : Heu… salut ! *beaucoup moins fière que la dernière fois* Je voulais tenir le rythme de 2-3 chapitres par semaine et là… bah ça fait 8 jours que je vous ai rien partagé… *morfondue* Du coup je vous en mets deux pour le prix d'un pour me faire pardonner !
Chapitre 8 : Beaucoup de blabla
…
Hao regarda avec flegme les plats apparaître à sa table. En face de lui, Macchi commença aussitôt à se servir. Elle avait sauté le repas du midi pour finir un devoir en retard et devait avoir un appétit d'ogre. Elle avait beau harceler Kanna, elle n'avait pas encore réussi à lui arracher le chemin pour se rendre directement aux cuisines et Hao, comme la concierge, prenait un malin plaisir à la laisser chercher sans lui confier ce secret.
À sa droite, Mari entreprit de picorer comme à son habitude. À quelques places de là, Nichrom n'avait pas remarqué les plats.
Il se servit des gyozas, du tonkatsu et des aubergines, décidant qu'aujourd'hui ce serait japonais, et dégustait tranquillement son repas quand le froncement de sourcils de Nichrom dont le regard ne déviait pas de la table des professeurs l'interpela. Il ne comprenait pas la présence des deux représentants du Ministère.
— Bron est directeur du département de la coopération magique internationale et Radim du département des sports, rappela-t-il, faisant sursauter Nichrom. Ce sont eux qui ont organisé le Tournoi des Trois Sorciers.
Le Pache s'empourpra et piqua du nez sur son assiette. Vide. Il fut obligé de relever la tête pour la remplir, s'attirant quelques ricanements de ses voisins de table.
— Je ne savais pas qu'il y avait des Paches au Ministère de la Magie, s'étonna Andrew Roussel, un camarade de classe de Macchi assis à côté d'elle.
— Goldova Pache, ça te dit quelque chose ? lui tomba aussitôt dessus la rousse. Tu sais, le vieux avec des plumes qui a été élu Ministre de la Magie.
Son interlocuteur, à l'instar de Nichrom avant lui, s'empourpra à son tour et maugréa dans sa barbe qu'il ne savait pas qu'il y avait d'autres Paches que Goldova.
Tout en mangeant, Hao garda un œil sur Sâti, jaugeant la directrice d'académie. À un moment, leurs regards se croisèrent et le sorcier lui adressa un sourire auquel elle répondit brièvement, avant de tourner la tête vers Silva à ses côtés qui lui proposait du vin.
Hao ne la lâcha cependant pas du regard.
— Mari s'ennuie, souffla sa condisciple de cinquième année en face de lui.
— Vraiment ? lui répondit le préfet-en-chef avec amusement. Alors que les choses commencent enfin à devenir intéressantes ?
Mari fit la moue.
…
Le repas touchait à sa fin quand Hao s'étira, balayant du regard la table des professeurs. Denbat détourna la tête trop tard et Marco semblait se forcer un peu trop à ne pas regarder dans la direction de la table des Serpentard. Se réjouissant d'avance de ce qu'il avait prévu, Hao se leva avec nonchalance, délaissant sa glace au thé vert. Il traversa la Grande Salle d'un pas tranquille, attirant l'attention des élèves comme des professeurs. Il avait l'habitude d'aimanter les regards et cela ne le gêna pas le moins du monde, au contraire ! C'était le but recherché.
Arrivé devant la table des Gryffondor, il sourit en constatant que Maxwell-Lasso, elle, ne l'avait pas aperçu, dos à la salle et tout à sa conversation avec son voisin d'en face. Ce dernier en revanche le fixait pourtant bouche bée, mais il fallut que la voisine de table de Jeanne lui donne un coup de coude dans les côtes pour que celle-ci s'aperçoive de sa présence.
L'avisant, elle se tourna sur son banc pour lui faire face et leva la tête vers lui, du défi dans les yeux.
— Plaît-il ? ouvra-t-elle les hostilités.
Ah Jeanne Jeanne Jeanne…
Hao prit le temps de la toiser quelques secondes d'un œil amusé, mais le petit bout de femme qu'il avait devant lui ne semblait pas vouloir comprendre la raison de sa présence.
— Je viens récupérer mon écharpe.
À ces mots le visage de la Gryffondor vira au rouge vif, de la pointe du nez à la racine des cheveux. Joli accord avec ses yeux.
Elle détourna le regard et ôta rapidement l'écharpe qu'elle avait gardée autour des épaules.
— Merci, lâcha-t-elle à contrecœur dans un marmonnement à peine audible.
— Merci à toi, répondit clairement Hao en récupérant son bien.
Du coin de l'œil, il aperçut Marco en train de s'étouffer avec son jus de citrouille.
Sur un sourire resplendissant, il fit un clin d'œil à la fille du directeur et retourna calmement à sa table. Il ne poussa pas le vice jusqu'à confronter le regard de Marco mais porta tout de même l'écharpe à son visage dans un geste de pure provocation. Une odeur de savon, pas de parfum.
En périphérie de son champ de vision, il pouvait voir Marco passer du rouge au blanc et Montgomery tenir fermement le bras de Denbat pour l'empêcher de se lever.
Ah la la… À quoi s'attendaient-ils d'autre, en lui envoyant leur protégée ?
Rakist se leva au moment où Hao se rassit.
Il présenta Bron et Radim, générant des applaudissements polis, puis laissa la main à ce dernier pour le discours d'introduction.
— Bonjour à tous chers élèves !
La voix pleine d'entrain de Radim retentit dans la Grande Salle. Le Pache avait été un grand commentateur sportif des matchs de Quidditch et nul doute qu'ils auraient le droit à ses merveilleux avis pendant les épreuves du tournoi. En espérant qu'il ait acquis un vocabulaire plus châtié que celui qui l'avait rendu célèbre dans son domaine…
— … sommes très fiers d'accueillir cette année sur notre territoire le Tournoi des Trois Sorciers. C'est un évènement avec une grande résonnance internationale qui unit tous les jeunes sorciers partout dans le monde autour d'une compétition fondée sur le respect, l'excellence et l'amitié. Tous les jeunes gens âgés de plus de dix-sept ans peuvent prétendre représenter leur école au cours de ce tournoi exceptionnel…
Une partie de l'esprit de Hao décrocha du discours dont il avait déjà eu le script sous les yeux. Les cinq représentants du jury, le processus de sélection des champions de chaque école, le contrat magique qui liait les champions une fois désignés, les risques encourus, la récompense du vainqueur, les examens reportés à la rentrée de septembre pour les champions… Il savait tout cela.
Le regard de Hao s'arrêta sur Marco qui le dévisageait froidement. Il se permit de lui adresser un sourire, auquel le blond ne répondit bien sûr pas, avant de reporter son attention sur Sâti. La directrice de Gandhara était intéressante et se révélerait sans doute plus contrariante. Ou plutôt… moins prévisible.
Les deux assistantes à ses côtés avaient un faux air sage qui lui donnait envie d'aller creuser sous la surface. Il s'était demandé si la directrice viendrait accompagnée, il n'avait pas su à l'avance qui constituerait son escorte. On pouvait parler d'escorte, non ?
Sages et attentifs, les élèves de Beauxbâtons et de Gandhara étaient droits comme des i sur leurs bancs, les yeux tournés vers Radim qui n'en finissait plus de parler et parler et parler. À la table des Gryffondor, Jeanne était de dos, ses longs cheveux blancs se distinguant parmi tous les autres, mais d'où il était Hao ne pouvait pas voir si ses joues avaient repris une couleur « normale ».
Il aperçut en revanche Tamao qui lançait des œillades enamourées vers la table des Poufsouffle.
« Yoh », songea-t-il immédiatement en cherchant son jumeau du regard.
Ce dernier était tourné vers la table des professeurs et avait les yeux dans le vague. De toute manière il y aurait sa fiancée ou son meilleur ami pour lui faire un résumé des points importants, il pouvait bien dormir.
Cette pensée le fit rire doucement. Hao pouvait se l'avouer, il avait de l'affection pour son frère.
Radim acheva enfin son discours alors que Bron venait déposer la Coupe de Feu au centre de l'esplanade, devant la table des professeurs. Des exclamations enthousiastes retentirent un peu partout dans la Grande Salle mais seul un soupir exaspéré franchit les lèvres de Hao.
L'honneur revint à Sâti de tracer la limite d'âge autour de la Coupe de Feu, pour empêcher les élèves mineurs de participer, puis quand elle se fut rassise Rakist se leva de nouveau.
— Je m'adresse à présent à nos chers invités. Deux ailes ont été spécialement aménagées pour vous accueillir. J'invite les élèves de Beauxbâtons à suivre Mrs Bismark et les élèves de Gandhara à se ranger derrière Mr Ryunosuke. Ils vous conduiront à vos appartements, protégés par mots de passe. Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne nuit.
Aussitôt un brouhaha assourdissant retentit et Hao poussa un nouveau soupir. Il hésita à rejoindre directement sa salle commune mais préféra s'en tenir à ce qu'il avait prévu et s'avança donc vers la table des professeurs.
— Sei… Mr Asakura, le salua Bron, retenant de justesse le « Seigneur » qui lui avait brûlé les lèvres.
Hao lui rendit son salut d'un hochement de tête et d'un sourire chaleureux. Radim émit un son à chemin entre un grognement et un « bonsoir » et s'éloigna.
— Marco, salua le préfet-en-chef.
Il crut un instant que Marco allait l'ignorer mais ce dernier tourna la tête vers lui.
— Hao.
Réponse polaire.
Il eut envie de mentionner Jeanne. De le pousser dans ses retranchements. Un feu s'alluma dans ses prunelles et il vit très bien l'autre se crisper mais avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche, Mikihisa intervenait.
— Professeur Maxwell, si vous permettez que je vous conduise à vos quartiers.
Dernier regard foudroyant de la part du blond. Regard de mise en garde de la part de son père. Enfin a priori, difficile de vraiment dire, avec ce masque…
— Bonne nuit, lança Hao d'un ton désinvolte avant de tourner des talons.
Il croisa le regard de Yoh qui n'avait pas perdu une miette de l'échange. Hao se força à lui sourire et traversa la Grande Salle pour rejoindre le hall d'entrée. Yoh détourna le regard, appelé par Chocolove McDonnel qui devait se demander ce qu'il avait à rester planté comme un piquet.
Macchi et Mari, qui l'avaient attendu, lui emboitèrent le pas quand il traversa le hall en direction des cachots. Juste avant de s'y engager, il croisa Anna qui discutait avec Pirika. Les cernes sous les yeux de la blonde avaient disparu.
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