Note : Je pars à la montagne demain et je sais pas encore comment sera la connexion internet là-bas mais je ferai de mon mieux c'est promis ! Bonne lecture à tous ! =D
Chapitre 9 : Sur les coups de 8h
…
Jeanne trépignait d'impatience dans la salle commune de Gryffondor. Elle savait qu'il était tôt, enfin relativement tôt pour un jour de week-end, mais tout de même ! Elle avait l'impression que tous les membres de sa maison, tous plein d'enthousiasme, étaient déjà levés et partis petit-déjeuner pour voir qui mettrait son nom dans la Coupe de Feu. Et elle restait là, assise sur un fauteuil, à se tordre les mains et balancer les jambes, incapable de se concentrer sur ses devoirs ou sur un livre ou sur quoique ce soit ! Mais elle attendait Tamao. Tamao qui, de toute évidence, dormait encore.
Elle se redressa vivement en reconnaissant des quatrième année parmi un groupe de filles qui se dirigeait vers la sortie et courut presque jusqu'à elles.
— Bonjour, excusez-moi, les interpela-t-elle.
Deux filles, une indienne avec une longue tresse noire et une rousse aux yeux gris, se retournèrent vers elle.
— Est-ce que vous savez si Tamao est toujours dans son dortoir ? Enfin, votre dortoir ?
Elle commençait à se dire que, s'il le fallait, son amie s'était levée plus tôt qu'elle et était déjà descendue.
— Oui, il ne reste qu'elle là-haut. Elle dormait encore quand on est parti, lui répondit la jeune fille rousse d'une voix posée.
— Ah, merci, répondit poliment Jeanne.
Les yeux noirs de la deuxième fille pétillèrent quand elle lui sourit.
— Tu n'as qu'à aller la réveiller, fit-elle.
— Oh.
L'idée n'avait jamais traversé l'esprit de Jeanne. Elle était en première année, elle ne pouvait aller que dans le dortoir des premières années. Telle était sa logique.
Les filles de quatrième année passèrent le portrait de la Grosse Dame, laissant là Jeanne à ses réflexions. Maintenant que l'idée était implantée dans son esprit, elle ne pouvait pas nier qu'elle en avait grandement envie. Mais malgré la tentation, elle hésitait, n'osait pas. Ça ne se faisait pas. Et puis qu'en penserait Tamao ?
Néanmoins… aller réveiller Tamao était une idée terriblement séduisante. Et puis elles pourraient descendre toutes les deux déjeuner. Et puis il était bientôt 8h et elle avait faim !
Mécaniquement, Jeanne se dirigea vers les escaliers au lieu d'aller se rasseoir dans le fauteuil. Elle monta la première volée de marche mais ne s'arrêta pas à son pallier, continuant de grimper les étages. Arrivée au quatrième, elle déchiffra longuement les noms sur la porte. « Sanna Bilis » « Brit Karlsen » « Agata Moore » « Ajita Petrov » « Iris Ruben » « Tamao Tamamura ».
Jeanne se balança un moment d'avant en arrière sans bouger, avant de se décider. Quitte à avoir cédé, autant aller jusqu'au bout.
Elle entrebâilla doucement la porte et se coula dans l'embrasure.
Le dortoir des quatrième année était en tout point semblable à celui des première année. Même superficie, même mobilier, mêmes lits à baldaquins… exception faite qu'il y en avait six et non quatre. Certains totalement défaits, d'autres aux draps très soigneusement bordés, un dernier abritant encore une dormeuse sous ses couettes.
Jeanne s'avança à pas de velours et s'assit doucement au bord du lit de Tamao. Elle avait envisagé un instant de réveiller sa condisciple à coups de polochon mais, outre le fait que ce n'était pas très convenable — et qu'en dirait Marco ! — maintenant qu'elle contemplait le doux visage de Tamao endormi l'idée lui paraissait sacrilège.
— Tamao ? chuchota-t-elle.
La rêveuse n'eut aucune réaction. Jeanne posa sa main sur son épaule et la secoua doucement.
— Tamao ? répéta-t-elle avec une petite voix.
Son aînée bougea un peu dans son sommeil cette fois-ci. Ses paupières se soulevèrent avec lenteur et elle papillonna des yeux. Jeanne lui adressa un sourire resplendissant avant de se lever pour aller tirer les rideaux, laissant entrer le grand jour dans la pièce.
Au lieu de se cacher sous la couette comme toute personne normale l'aurait légitimement fait — Jeanne l'aurait fait — Tamao repoussa sa couverture et se redressa. Elle cacha sa bouche en bâillant puis se frotta un œil d'une main. Jeanne l'observa un moment sans rien dire, attendrie.
— J-Jeanne ? finit par souffler Tamao.
— Salut. Tu es la dernière encore au lit, alors je suis venue te réveiller. Tu viens prendre le petit-déjeuner ?
Tamao ne répondit pas tout de suite, cherchant visiblement à mettre de l'ordre dans ses pensées.
— Quelle heure est-il ?
— 8h passées, répondit Jeanne.
La japonaise prit note de la réponse d'un hochement de tête. Elle s'extirpa de son lit, attrapa quelques affaires dans son sac et tituba jusqu'à la salle de bain.
— Je fais vite, lâcha-t-elle d'une voix encore ensommeillée.
— Je t'attends, lui répondit simplement Jeanne en se rasseyant sur le lit.
Une dizaine de minutes plus tard, durant lesquelles Jeanne avait détaillé avec curiosité le cahier à dessins posé sur la table de chevet sans se permettre d'y toucher, Tamao réapparut. Elle était habillée, coiffée, et, après s'être emparée des baskets noires rangées sous son lit, chaussée.
Jeanne se leva vivement du lit et lui adressa un grand sourire avant de prendre les devants pour descendre. Elles quittèrent la salle commune de Gryffondor et prirent la direction de la Grande Salle.
— Merci, d'être venue me réveiller, fit timidement Tamao comme elles atteignaient le sixième étage.
— Avec plaisir, sourit Jeanne en retour. Ça ne t'a pas dérangé au moins ? s'inquiéta-t-elle.
— Pas du tout, répondit vivement sa camarade.
Une boule de chaleur inexpliquée vint se loger dans la poitrine de Jeanne.
…
Quelques minutes plus tard, la chaleur avait disparu et Jeanne se retint de grimacer en arrivant dans le hall d'entrée. Depuis les escaliers menant aux cachots venait d'apparaître un groupe de Serpentard mené par Hao, suivi de près par les deux pestes blonde et rousse qu'elle n'appréciait pas.
Un Serpentard de sixième ou septième année que Jeanne ne connaissait pas interrogeait Hao.
— Tu vas mettre ton nom dans la Coupe ? Je suis sûr que tu seras désigné comme champion.
— Évidemment, répondit Hao.
Jeanne aurait voulu lui faire ravaler son arrogance.
— Tu ne peux pas.
Elle s'arrêta net en entendant Tamao à côté d'elle. Sa camarade s'était arrêtée et fixait Hao. Jeanne la dévisagea avec de grands yeux Elle n'en revenait pas !
Tamao, sa Tamao qui bégayait souvent, fuyait le regard de tout le monde et évitait toujours la confrontation venait de… Jeanne ne trouvait pas les mots pour décrire ce qu'elle était en train de faire. Elle se tenait juste là, droite et figée, l'air résolu, le regard rivé sur Hao, après les avoir interrompus, son camarade et lui.
— Je ne peux pas, Tamao ? fit Hao d'une voix doucereuse.
Jeanne se retourna vers le Serpentard et sentit la chair de poule lui courir sur les bras. Il y avait… comme une aura autour de lui. Une aura dangereuse. Les autres Serpentard s'étaient d'ailleurs tous reculés de plusieurs pas.
Du feu brûlait dans ses yeux qui fixaient intensément Tamao. Jeanne aperçut du coin de l'œil cette dernière trembler mais elle ne détourna pas le regard et lui tint tête.
Hao s'avança, d'un pas lent, et Jeanne sentit l'appréhension monter en elle. Pourquoi… pourquoi lui faisait-il cet effet ? Ce n'était qu'un élève, comme elles. Même s'il était en septième année et qu'il connaissait plus de sorts qu'elles deux réunies, ce n'était pas comme s'il allait brusquement les attaquer, encore moins dans le hall d'entrée que traversaient sans discontinuer professeurs et élèves ! Alors pourquoi se sentait-elle en danger ?
Et puis surtout, qu'est-ce qui était passé par la tête de Tamao ? Pourquoi était-elle intervenue ? Pourquoi Hao ne pourrait-il pas s'inscrire au tournoi ? Il était bien majeur !
Le Serpentard n'était plus qu'à quelques pas d'elles désormais.
— Je vais m'inscrire, je vais être désigné et je vais gagner, déclara-t-il d'une voix qui n'admettait aucune contradiction et dans laquelle brûlaient mille menaces.
Tamao se tint coite mais ne cilla pas, continuant d'affronter son aîné du regard.
Au bout d'un moment qui parut à Jeanne une éternité, un sourire en coin s'étira sur les lèvres d'Hao et ce dernier se détourna. Aussitôt, toute la tension dans l'air disparut et le préfet-en-chef prit tranquillement la direction de la Grande Salle, comme s'il ne s'était rien passé.
Jeanne accorda un regard timide à Tamao qui fixa un moment le dos de Hao avant de baisser les yeux. Ses épaules se relâchèrent et elle poussa un soupir. Elle paraissait épuisée, mais Jeanne était plutôt admirative. Quelles que soient les raisons qui avaient poussé Tamao à confronter Hao, c'était très… courageux de sa part. Peut-être cela avait-il un lien avec la famille Asakura. Tamao voulait-elle que Hao s'abstienne de candidater pour que Yoh soit désigné ? Elle ne trouvait pas cette explication satisfaisante mais elle n'avait pas d'autre idée pour l'instant.
— Tamao ? appela-t-elle.
Son amie leva un regard vide vers elle.
— On va manger ? fit-elle doucement.
Jeanne acquiesça sans en demander plus, glissa sa main dans celle de sa camarade et conduisit cette dernière jusqu'à la Grande Salle.
Sans surprise, les tables étaient remplies et la Grande Salle animée d'une ferveur que Jeanne ne lui connaissait pas. De nombreux regards étaient jetés à la Coupe de Feu qui trônait devant la table des professeurs. Devant elles, les élèves de Serpentard qui les précédaient obliquèrent vers leur table, à l'exception de Hao qui se dirigea droit vers la Coupe.
Il lâcha un bout de papier à l'intérieur et une flamme bleue s'échappa brièvement de l'objet.
Avant de rejoindre sa table, il jeta un regard dans leur direction et afficha un sourire narquois. Jeanne devina qu'il était destiné à Tamao qui frémit à côté d'elle.
Les deux jeunes filles lui tournèrent le dos pour aller s'asseoir avec les Gryffondor. Jeanne aurait voulu poser de nombreuses questions à Tamao mais se retint. Son amie ne paraissait vraiment pas bien. Elle était courbée en avant, gardait la tête baissée et avait toujours le regard vitreux. Jeanne se mordit la lèvre et serra la main de Tamao dans la sienne. La jeune fille lui rendit son étreinte.
— Salut, comment ça va ? les accueillit Damuko avec un sourire. Je crois qu'il n'y a plus de confiture d'abricot à cette table, mais il leur en reste chez les Poufsouffle si tu veux Jeanne.
— Merci Damuko, je ferai avec ce qu'il y a chez les Gryffondor, sourit la jeune fille en s'emparant de l'assiette de toasts. Tu sais si de nombreux élèves ont déjà déposé leurs noms dans la Coupe ?
— Tous les élèves de Beauxbâtons ont défilé ce matin. Bien en rang, un par un, sous le regard sévère de leur directeur. Il n'a pas l'air très rigolo, souffla-t-elle. Sinon, reprit-elle plus joyeusement, il y a Kwan qui a déposé son nom pour Gryffondor. Pas encore de Serdaigle, mais Hao à l'instant pour Serpentard et Amel plus tôt ce matin. Il y a aussi eu Yoh et Chocolove pour Poufsouffle.
— Chocolove ? tiqua Jeanne. Il n'est qu'en sixième année.
— Il a eu ses dix-sept ans en octobre, lui apprit Damuko. Horo-Horo râle toujours car lui ne les aura qu'en novembre, donc trop tard.
— Anna compte participer ? questionna Jeanne. Elle est préfète-en-chef après tout.
Elle s'appliquait désormais à étaler sa confiture de fraise sur ses tartines.
— Si c'est le cas elle n'a pas encore posé sa candidature, répondit le fantôme. À Serdaigle, outre les septième année, il y a Manta qui pourrait participer, mais Mosuke m'a dit que ça ne l'intéressait pas.
— Anna non plus, souffla Tamao.
Jeanne se réjouit de la voir assez rassénérée pour prendre la parole.
— Elle n'aime pas ce genre de choses. Elle préférera soutenir Yoh.
Damuko hocha la tête.
— Et pour Gandhara ? songea soudain Jeanne.
— On voit leurs élèves passer au compte-gouttes. Je pense qu'ils n'ont pas encore tous posé leurs noms. Mais ils ont toute la journée pour ça !
