Note : Pire fin de chapitre de toute la fic jusqu'à présent. Un deuxième chapitre à venir dans la semaine (ce week-end je pense) en contrepartie. Je préviens, au cas où vous voudriez attendre l'arrivée de la suite avant de lire ^^


Chapitre 13 : Des larmes pour un lapin

Hao était contrarié. Tamao avait osé lui poser un lapin et cela l'avait mis de fort méchante humeur. Constater qu'elle n'avait pas le cran de descendre manger après cela n'était pas une consolation.

— Ce n'est pas très courageux, ça, Tamao, murmura-t-il à voix basse.

Mari lui adressa un regard interrogateur auquel il ne répondit pas.

— Diethel me sort par les yeux, râla Macchi en face d'eux. Faire ce devoir avec lui c'est… argh !

Hao ne put empêcher ses lèvres de se tordre en un rictus mais s'abstint de tout commentaire. En temps normal il se serait bien amusé aux détriments de la rousse, mais sa contrariété risquait de le rendre un peu trop acide.

— En plus ce que nous a demandé Turbin est super compliqué ! Il ne pouvait pas nous demander une traduction toute bête ? On aurait chacun fait la moitié et on n'aurait pas eu à se parler !

Mari soupira.

— Je n'arrive pas à supporter ce type. Avec son sourire hypocrite et son petit air de monsieur parfait. Mais le pire, c'est qu'il fait croire à tout le monde, les professeurs surtout, qu'il est un innocent et naïf jeune garçon alors que c'est le diable en personne sous sa frimousse d'ange ! Enfin pas le diable, il n'est pas comme… peu importe ! Disons un diablotin.

« Pas comme moi », pensa Hao avec un certain plaisir, n'ayant pas manqué le regard en coin que Macchi lui avait adressé.

— Il passe son temps à me répondre « Devine » à chaque fois, je dis bien à chaque fois, que je pose une question. « Tu crois qu'Anna et Yoh sont vraiment là pour étudier ? » Devine. « Bon c'est de quel côté déjà les livres de runes ? » Devine. Il me sort par les yeux !

— Mati l'a déjà dit trois fois ce repas, se plaignit Mari. Mari s'ennuie.

— Mais il me sort vraiment par les yeux !

— Mari avait compris. Diethel sort par les yeux de Mati.

Mari ricana.

— C'est bizarre, Mati est assise depuis plusieurs minutes et Diethel n'est toujours pas apparu. Toujours pas sorti par les yeux de Mati.

— Ha ha très drôle, vraiment je suis morte de rire, riposta aigrement Macchi.

— Peut-être que si tu lui posais des questions en rapport avec votre devoir, il te répondrait, fit remarquer Charles Stebbins.

La rousse foudroya du regard son voisin de table qui se décala de plusieurs centimètres. Six ans qu'ils étaient dans la même classe et Stebbins savait toujours appuyer là où ça faisait mal chez Macchi. Quand Hao s'en abstenait.

Alors que l'heure tournait, la Grande Salle se vidait peu à peu de tous ses élèves. La majorité des professeurs avaient déjà déserté leur table. Seules restaient Rutherfor, oiseau nocturne qui venait de se lever et buvait son café, ainsi que Samy et Mamy, en train de discuter entre elles à voix basse.

— Salut frangin !

Hao esquissa un demi-sourire en voyant Yoh s'approcher de la table des Serpentard, abandonnant derrière lui ses camarades de promotion.

— Je t'ai déjà dit ne pas m'appeler comme ça, lui fit remarquer Hao en dégustant son tiramisu.

Yoh se contenta de sourire bêtement en réponse. Machinalement, Macchi lui fit de la place sur le banc et le Poufsouffle s'y laissa tomber.

— Comment ça va ?

— Mati se plaint de Diethel, répondit Mari.

— J'ai bien le droit, se défendit vivement Macchi.

Yoh en rigola.

— Ah oui, à cause des devoirs de runes c'est ça ? Lyserg aussi se plaint beaucoup de toi il paraît. C'est ce que dit Manta.

— Pff, réagit dédaigneusement Macchi en détournant la tête.

— Je suis surpris de vous voir encore à table, releva Yoh.

— Hm…

Hao évita le regard inquisiteur de son frère, l'air de rien. Yoh n'insista pas. Il ne pouvait tout de même pas lui dire qu'il attendait de voir si leur charmante sœur allait finir par oser descendre manger ou pas après lui avoir posé un lapin.

— Vous avez des plans pour la soirée ? demanda joyeusement Yoh.

— Aider Mari sur son devoir de botanique, répondit négligemment Hao. Et s'entraîner aux échecs pour Macchi, ajouta-t-il en lançant un sourire moqueur à cette dernière.

— Avec qui ? s'intéressa Yoh.

— Toute seule, j'ai emprunté un livre à la bibliothèque, répliqua Macchi en relevant le menton, le défiant d'y redire quoique ce soit.

Hao se retint de taquiner la Serpentard mais c'était sans compter sur Stebbins.

— D'habitude c'est avec moi que tu t'entraînes. Marre de tes échecs répétés ?

Stebbins ricana tout seul de sa blague et Macchi brandit sa baguette magique. Le Serpentard pâlit considérablement et se dépêcha de quitter la table.

— Si tu lances un sort, je serai contraint de t'infliger une retenue, commenta platement Hao.

Il pouvait fermer les yeux quand ça l'arrangeait, mais pas si elle le faisait juste sous son nez au milieu de la Grande Salle.

Avec un grognement, Macchi rangea sa baguette et Hao se tourna vers son frère.

— Et toi ?

Yoh se pencha sur la table avec un sourire de conspirateur.

— Avec les autres, on va faire une escapade dans la forêt interdite, leur confia-t-il à voix basse.

Les yeux de Mari et Macchi pétillèrent de malice et Hao soupira légèrement.

— Je suis préfet-en-chef Yoh, lui rappela-t-il.

— Et alors ? répondit innocemment son jumeau sans voir le problème. L'important, c'est qu'Anna ne soit surtout pas au courant.

Mari ricana et Macchi sourit diaboliquement.

— Kanna va vous pincer, fit-elle remarquer.

— Ryu nous couvre, répondit tranquillement Yoh. Et si on se fait prendre, on compte sur Manta pour trouver une excuse.

— Ce n'est pas au préfet-en-chef d'empêcher que certains préfets… dérivent, insista Macchi en jetant un coup d'œil vers Hao.

Ce dernier se contenta de sourire. Il ne pouvait pas nier que l'envie d'attraper le Poufsouffle et ses amis, ou plutôt de faire attraper, était très tentante. Mais c'était Yoh. Dans sa naïveté la plus touchante.

— Oyamada, Usui, McDonnel, commença à énumérer Mari.

— Ren et Lyserg, compléta Yoh.

Macchi sursauta violemment à l'évocation de Diethel mais ce fut Mari qui réagit.

— Vous avez réussi à embarquer Tao ? demanda-t-elle, vaguement intéressée.

— Ouais, confirma Yoh avec un sourire réjoui. Et il n'a pas été facile à convaincre !

Non, vraiment. Même si ce serait délicieux, Hao ne pouvait pas faire ça à son jumeau. Ce n'était pas à lui de payer pour cette petite impertinente de Gryffondor.

Hao n'était pas moins contrarié que la veille le jeudi soir quand il alla frapper à la porte du bureau de Boris. Le professeur de métamorphoses s'inclina légèrement en le reconnaissant et s'effaça aussitôt pour le laisser entrer.

— Seigneur Hao, murmura-t-il respectueusement une fois qu'il eut refermé la porte.

— Boris, lui répondit Hao avec un sourire. Merci de me recevoir.

— C'est un plaisir, comme à chaque fois, lui assura Boris. Je peux vous offrir quelque chose à boire ?

— Non rien, je te remercie, répondit négligemment Hao en se laissant tomber sur une chaise en face du bureau.

Le professeur Tepes contourna ce dernier pour se réinstaller dans son fauteuil. Malgré leurs places, ils savaient très bien qui était l'élève et qui était le maître.

— Tu corrigeais des copies ? devina Hao en balayant du regard les parchemins étalés sur le bureau.

— Vos devoirs sur la métamorphose humaine, le renseigna Boris.

Intéressé, Hao inclina la tête sur le côté avec un léger sourire. En face de lui, le professeur se mit à feuilleter une pile de copies, ayant visiblement deviné ce qu'il avait en tête.

— Celui de votre frère, indiqua-t-il en lui tendant le devoir convoité.

Hao s'appuya sur le dossier de la chaise et commença à lire. Il hésita un instant à demander à Boris d'effectuer la correction lui-même mais renonça à l'idée.

Il parcourut le devoir des yeux, souriant parfois devant une erreur, une remarque particulièrement pertinente ou une tâche d'encre.

— Il n'a pas mentionné les métamorphomages, commenta-t-il simplement en reposant le parchemin.

— Vous souhaitez le corriger ? proposa Boris.

— Non, je te fais confiance pour cela.

Comme Hao s'y attendait, Boris ne put s'empêcher d'afficher une mine satisfaite, ce qui l'amusa légèrement. Il n'oubliait pas cependant la raison de sa présence.

— J'ai un problème avec une élève, annonça-t-il.

— Tamamura, comprit tout de suite Boris.

Ah, Macchi avait jasé et Kanna avait joué les colporteuses. Il ne pensait pas que le professeur Tepes aurait pu le deviner juste à partir de sa dernière visite. Après tout, il avait feuilleté les devoirs de tous les quatrième année, Boris n'aurait pu dire auquel il avait accordé le plus d'intérêt. Quoique… avec cette rumeur sur leur course-poursuite, peut-être ne devait-il pas accuser les filles trop rapidement.

— Oui, Tamao Tamamura, confirma doucement Hao.

Il laissa s'installer un silence, soupesant une dernière fois ses options. Mais il avait déjà pris sa décision.

— Mets-la moi en larmes.