Aller, j'me lance !
Première histoire sur ce site, inspirée de la fiction "Désir de liberté", écrite par Celmon ( si vous ne connaissez pas, je vous invite à allez lire sa fic, maintenant. Oui, oui, la tout de suite). C'est elle qui m'a donné envie d'écrire en premier lieu.
Sinon, eh bien, One Piece ne m'appartiens pas ( pleure toutes les larmes de son corps), mis à part mon Oc, bien évidemment.
Bonne lecture !
Chapitre 1 : nouvelle vie
Assise sur le toit d'un immeuble abandonné, je parcours des yeux les rues de ma ville. Aujourd'hui, nous sommes le deux novembre, il est exactement vingt-deux heures trente et une. Demain, je fête mon seizième anniversaire. Le temps passe drôlement vite quand on y pense.
Mes jambes nues se balancent dans le vide, alors que le vent frais d'automne balaye négligemment mes cheveux châtains. Le bruit des klaxons et de quelques discussions animés, parvient jusqu'à mes oreilles frigorifiées. Parfois, moi aussi j'aimerais bien être comme ces gens, menant bien tranquillement ma petite vie avec une famille aimante et des amis, mais je sais bien que dans ce monde, tout cela m'est interdit...
Je souffle et regarde de nouveau l'heure qu'indique ma montre, acheté avec mes maigres économies pour Noël dernier. Vingt-trois heures et trois minutes. Eh bien, ça risque d'être long, du moins, si le froid ne me tue avant que je puisse jouir de ma liberté.
Il serait vraiment bête de crever maintenant, après tout ce que j'ai du traversé pour m'en sortir...
Enfin, je préfère éviter de penser à tous mes problèmes. Me morfondre sur ma situation ne fera certainement pas avancer le cours des choses, au contraire même, et puis, de toute manière j'ai horreur de me plaindre. Les gens qui chouinent sans chercher à surmonter leurs soucis sont souvent les mieux lotis, et les plus insatisfaits de leur situation. Ils ne cherchent même pas à résoudre leurs problèmes, se contentant de se lamenter à longueur de temps.
Je déteste ces personnes, elles ne savent rien faire d'autre. Encore moins profiter de la vie qui s'offre à elles. Elles sont pitoyables.
De mon perchoir, la vie semble s'écouler au ralentit. Les passants ressemblent à des fourmis qui arpentent les rues grisonnantes, et les voitures à de minuscules lumières mobiles qui clignotent dans le noir. Ce soir, pour la première fois en seize ans, je ne rentrerais pas à la maison.
Je ne reverrai plus mon père alcoolique, ni ma mère, et encore moins ma petite soeur.
À cette pensée, mon cœur s'emballe anormalement vite dans ma cage thoracique. Dès à présent, je suis libre d'aller où bon me semble, de faire ce qu'il me plaît sans avoir à me soucier de mes parents. Enfin, pas que ce soit le cas avant, car personne ne m'impose de règles, c'est moi qui les fixe. Depuis toute petite je m'efforce de survivre, alors que mes propres parents me négligeaient. Ils ne se sont jamais occupés de moi plus que nécessaire.
Et pour m'avoir traité comme de la merde pendant tout ce temps, je leur en veux énormément. Comment des parents peuvent-ils ne pas aimer leur progéniture, au point d'ignorer jusqu'à l'existence même de sa souffrance ? Cela restera un éternel mystère pour moi.
Mon cellulaire - aussi payé avec mon argent - vibre, m'annonçant que j'ai officiellement seize ans depuis une minute et deux secondes, ce qui chasse rapidement mes sombres pensées.
- Joyeux seizième anniversaire ma vieille... dis-je un faible sourire aux lèvres.
À partir de maintenant, je dois prendre ma vie en main. Je ne peux plus compter sur mes parents pour me loger et me nourrir - ce qu'ils n'ont pas toujours fait, je ne dois mon salut qu'à ma débrouillardise et ma ténacité. Sans elles, je serai six-pieds sous terre à l'heure qu'il est. La défaite n'est pas une option, je me battrais jusqu'à mon dernier souffle. Me trouver un petit boulot me semble pas mal pour commencer. Ensuite, j'aviserais. Élaborer des plans complexes ce n'est pas trop mon genre.
Rien ni personne ne pourra m'imposer de limites. Pour survivre en ce bas monde, il faut se battre coûte que coûte, sinon la société te bouffe et tu meurs comme un con sans jamais avoir pu réaliser tes rêves. Pendant que certains bénéficiaient d'une enfance heureuse, voilà ce que j'ai appris, à me battre et ne pas abandonner quoi qu'il arrive. Et surtout, à ne rien attendre des autres.
Mon vœu le plus cher est de vivre plus librement que quiconque. Prier ou mendier ne servira à rien, car ici tu es le seul maître de ton destin. Quand je pense à tous ces enfants pourris gâtés, ignares des horreurs qui peuplent ce monde, ça me dégoûte au plus haut point.
Au moins, être livré à soi-même apporte quelques avantages indéniablement utiles.
Mais trêve de bavardages futiles. Il me semble, chers lecteurs, que je ne me suis point présentée. Veuillez me pardonner, je n'ai pas trop la tête à ça en ce moment. Océane, tel est le prénom que ma génitrice m'a attribué à la naissance. À défaut de ne pas être présente dans ma vie, au moins elle possède du goût. Pas sur que cela est un réel intérêt dans l'immédiat, mais bon, passons...
Demain, une grosse journée m'attend, je dois faire de mon mieux. Fatiguée, je me lève sans un regard pour les rues de ma ville, que je connais désormais comme ma poche, ayant passé des après-midi entières à déambuler dans ce labyrinthe grisâtre. Mais au même moment, l'immeuble entier se met à bouger, alors que des gens poussent des hurlements de terreurs en contrebas.
Mon corps bascule dans le vide à une vitesse vertigineuse, me donnant le tournis.
Est-ce comme ça que je vais mourir ? Sans avoir pu profiter de ma liberté. Non ! Je refuse de mourir maintenant ! Ce n'est pas encore le moment pour moi de quitter ce monde !
J'affronte courageusement les derniers mètres qui me séparent du sol, les yeux grands ouverts, prête à en découdre avec la mort. Mais l'impensable se produit, car au lieu de heurter la rue pavée bondée de monde, mon corps s'enfonce dans un liquide transparent. Le choc est tel que sous la pression, mes paupières se referment brusquement.
De l'eau. Je suis tombée dans de l'eau. Pensais-je complétement sonnée.
Mes poumons me brûlent atrocement alors que je remonte rapidement à la surface, respirant de grandes goulées d'air frais. Devant moi s'étend un océan à perte de vu alors que le soleil cogne fortement contre mon crâne endoloris.
À suivre...
