Coucou !

Nous sommes déjà en février 2023 ? Dieu, que le temps passe vite. Comment vous dire que, non, je n'abandonne pas cette histoire. Je ne sais pas s'il y aura beaucoup de personnes pour me lire, mais tant pis, je retrouve la motivation d'écrire. Surtout que je déteste commencer quelque chose et ne pas le terminer. Même si je dois avouer que j'ai eu du mal à écrire ce chapitre, retrouver mon ancien style d'écriture après tout ce temps m'a posé quelques problèmes. Alors voilà le chapitre 11.

TW pensées noirs, et autres gros mots.

Je vous souhaite une bonne lecture !

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Précédemment...

Océane, après que Franks lui ordonne de fuir les combats sanglants et de ne pas se retourner, l'adolescente est repêchée par des personnes qui s'occupent d'elle et la soigne. Dans son sommeil, elle délire et hurle à l'agonie, avant que le médecin chargé de s'occuper de ses soins de lui administre un calmant...

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Chapitre 11 : des pleurs déchirantes

Non d'un chauve capillotracté, ma p'tite tête me fait atrocement souffrir. J'ai l'impression d'avoir un troupeau d'éléphants obèses dans mon crane qui coure un marathon. Quoique, s'ils sont obèses, ils vont p't'être pas se mettre à courir. Ou alors ils courent justement parce qu'ils sont gros. Boarf, je n'y connais de toute manière pas grand chose en comportement animalier. Enfin, sauf si on parle pas de mes parents. C'est chacals.

Mais du coup, pourquoi est-ce qu'on dit pas chacaux pour le pluriel ? J'veux dire... on a journaux, bocaux vitraux, mais pas chacaux ? Elle est zarb cette langue quand même...

L'envie terrible de renifler sarcastiquement sur une échelle de un à dix se fait fortement ressentir, cependant, à part jouer à la perfection la morte, je ne me sens actuellement pas capable de grand-chose. Si vomir. D'ailleurs, ais-je seulement était capable une seule fois dans ma pauvre et misérable vie de petite fille indésirée ? Non, pas vraiment. Prendre des grand airs en disant que j'étais forte, ça, pas de soucis, je sais faire. Par contre, me sortir les doigts du cul pour affronter mes problèmes, confronter mes parents ou même trouver une alternative à ma vie de merde, pour ça, il m'aura fallu seize ans. SEIZE ANS.

Qu'est-ce que le manque d'amour peut rendre con.

- Il ne faudra pas la brusquer capt'ain, elle est très probablement en état de choc. Ne t'attends pas à retrouver celle que t'as rencontré il y a quelques semaines.

Ha ? De quoi il parle ? Et puis c'est qui, "il" ? Je suis où d'abord ? Je vous arrête tout de suite, très cher lecteur, je ne suis pas stupide, merci bien, nous dirons simplement que mes capacités cognitives sont encore hors service, dû à un sommeil prolongé causé par une raison dont j'ignore absolument tout. Et pour parfaire ma défense, mes deux pauvres neurones encore intactes sont elles, bien incapable de traiter et d'enregistrer les informations afin qu'elles parviennent jusqu'à mon cerveau. Dois-je aussi vous rappeler quand ce moment-même un troupeau d'éléphants unijambistes à privatiser mon organe pour y faire un concert de hard rock ?

Attends, c'était pas plutôt un marathon d'éléphants obèses... ? Argh, on s'en fous ! C'est la même chose !

- Je sais. Lui répondit, ce que je devinais être un homme, le fameux "capt'ain". Et physiquement ? Comment elle va ?

Pitié, faite qu'ils se taisent, et me laissent dormir en paix.

Une main chaude se pose sur mon front, et je devine alors que c'est de moi dont on parle. Je me retiens de peu de glousser comme une dinde. Qui est donc cet imbécile de charlatant ? Regardez comme je me porte à merveille ! Bon, d'accord, il est vrai que je peine à bouger, et que pour le moment, je me sens légèrement groggy. Mais ce n'est pas grand chose. Il en faut plus pour terrasser l'incroyable, que dis-je, l'exceptionnelle, brillante, magnifique et sensationnelle Océane ! Oui ! Oui ! Applaudissez-moi.

- Ça va pas te plaire. Il souffle, prenant le temps qu'il faut pour annoncer ce qu'il a à dire. Elle a des contusions en tous genres, mais là rien de grave. C'est... bénin par rapport au reste.

Son capitaine grince des dents, mais ne dit rien, préférant serrer les points plutôt que de s'énerver. Il ne veut pas créer d'esclandre dans l'infirmerie, déjà car son ami n'est pas coupable, mais aussi car il risque de réveiller la fille alitée sur sa droite. Au vu des récents événements, plus que quiconque elle se doit de se reposer. Alors le châtain ronge son frein en silence. Le doc, en voyant sa réaction sait d'avance que ça ne va pas être facile, mais malgré tout, il lui est reconnaissant pour s'être contenu alors qu'il sait son capitaine sanguin jusqu'aux bouts des doigts.

- Il y a des marques de brûlures sur son corps, et pas seulement une ou deux petites. À mon avis, ceux qui lui ont fait ça l'ont fait avec des cigarettes. Elle a aussi de sérieux problèmes de malnutrition, et ça ne date pas d'hier... tout porte à croire que cette gamine aie été battue, Ace.

En fin de compte, je crois détenir un autre talent que celui de faire la morte. Je peux jouer une comédienne jouant d'être morte. Vous verrez nulle part meilleure mise en abîme que les miennes. On a du talent ou on n'en à pas, et moi, vraisemblablement, j'en regorge. Arrêtez de m'applaudir, je vais me mettre à rougir de gêne. Ressembler à une tomate, non merci. Loin de moi l'idée de dénigrer ces fruits transgenres, qu'ils soient fruits ou légumes, féculents même, cela m'importe peu, du moment qu'ils sont heureux et qu'ils ne font de mal à personne. Mais disons que, devenir rouge, aussi rouge qu'un aliment trop mûre, ce n'est point esthétique, voyez-vous ? Je vous vois venir, bande de moches, à critiquer mes goûts. Sachez que, de votre avis, je m'en carre sévère, et na !

- ... je te jure que si je met la main sur ces connards, je les flambe. Dit-il en crispant ses poings.

Incapable de me rendormir, la faute à qui, on se le demande, mes paupières s'ouvrent avant de se refermer immédiatement, aveuglées par la lumière du plein jour qui me brûle la rétine. Soleil à la con, je vais venir avec mon extincteur, tu feras moins le malin.

- Tire les rideaux Deuce, elle se réveille.

En ouvrant les yeux pour la seconde fois, je tombe sur un visage familier.

- OoOh, t'es l'gars naco... nalcolémique ? Nan, attends, c'pas ça...

- Narcoleptique ? Propose alors celui en blouse blanche, un rictus aux coins des lèvres. Quoi que, tu me diras, elle n'a pas complètement tort sur ta consommation d'alcool Ace. -La ferme Deuce. Grommelle ce dernier, de manière inintelligible.

- Yeay, voilà, narcosceptique ! Mes sourcils se froncent, comme quand on est pas content. Arf, non, c'toujours poas ça..

- Dis-moi doc, t'es sûr qu'elle va bien ? Demande le brun, quelque peu surprit par mes réactions mais pas moins amusée.

- Oui, c'est... normal. Avec la dose de calmant et d'anti douleur qu'on lui a mis, elle risque d'être légèrement shootée pour quelques temps.

Ace paraît soulagé, tandis que je lui offre mon plus beau sourire. Me voilà désormais avec un public de choix, me parler toute seule, c'est bien, mais avoir quelqu'un qui écoute et rit à vos blagues les plus drôles, c'est encore mieux.

- C'est l'histoire d'un pingouin qui respire par les fesses, un jour, il se lève, puis il meurt !

Oh mon ! Je n'arrive plus à me retenir, je suis si marrante ! Mon rire fuse d'entre mes lèvres, fort, inarrêtable, retentissant dans toute la pièce. Ma gorge me fait mal à cause de toute l'eau salée ingurgitée, mais cela ne m'arrête pas. Tellement je me bidonne que mon estomac se contracte, j'en pleure. Dans mon exaltation la plus totale, je ne remarque pas les regards exorbités des deux pirates à mon encontre. L'un comme l'autre semble complètement dépassé par la situation. Lorsque j'arrive enfin -ou du moins, je le crois- à me calmer, mon rire redouble de plus belle alors que je me roule entre les draps.

- J'en ai une autre, si tu veux. Me dit le garçon brun. - Ace, ne participe pas à ses enfantillages... Mais il est vite coupé par mes cris de joie, n'ayant que faire de son avis. Et mon nouvel ami semble d'accord.

- Oh oui, Aceee, encore une blague !

Excitée comme une puce, je tape dans mes mains, étant toute ouï.

- Qu'est-ce qu'un steak ? Il entretient le suspens un court instant, me frustrant terriblement. Une pastèque ! S'exclame-t-il alors, me faisant pousser un cri d'exclamation.

- Eh bien... les prochaines heures promettent d'être amusantes... Deuce hausse les épaules, puis en voyant que sa présence n'est plus autant indispensable, s'éclipse. Oh, une dernière chose, tu t'en occuperas, étant donné que vous avez l'air de bien vous entendre, capt'ain.

Mais Ace ne l'écoutait déjà plus.


Le temps s'arrête. Mon cœur aussi, je crois. Tout est tellement flou. Pendant un court instant, mon corps se déconnecte totalement de mon cerveau, ne m'appartenant plus. Les larmes dévalent mes joues alors que je reste immobile sous les cris, à observer, impuissante, la scène macabre qui se déroule sous mes yeux exorbités par la terreur. Finalement, un cri plus fort que les autres me sort de ma transe. C'est un ordre du capitaine. Frank m'ordonne de fuir, le plus vite, et le plus loin possible.

Pourquoi ?

Sans un regard pour mes compagnons de voyage, m'évitant ainsi bien des douleurs, je m'enfuis en courant, loin de tout, loi de ça. Mes pensées se bousculent dans un coin de ma tête, je n'arrive plus à réfléchir calmement. Plusieurs fois, je manque de trébucher, de m'écraser sur le sol pour ne plus jamais me relever. Mais l'adrénaline dans mes veines me pousse à avancer. À grande peine, et sans savoir comment, je parviens jusqu'au port. Ne sachant que faire, je me planque dans une barque, prête à fuir. Je prends alors le large, ramant le plus vite possible pour fuir cette île.

Pourquoi ?

Une lâche. Voilà ce que je suis. J'ai abandonné les seules personnes m'ayant offert un peu de réconfort. Même en sachant que je n'aurai eu aucune utilité sur le terrain, c'est dure. Je m'en veux. Frustration, haine, colère contre moi-même pour mon incompétence.

Pourquoi s'être sacrifié pour me permettre de fuir ? Pourquoi ?!

- Ce n'est pas vrai Frank ! La gentillesse n'existe pas ! Ou alors... ou alors c'est de la faiblesse ! Personne n'aide quelqu'un juste par gentillesse ! Je hurle comme une démente en direction du ciel, me sentant démunie, dépouillée.

La douleur m'est insupportable. Peut importe à quel point je souhaite arrêter de pleurer, peu importe à quel point je maudis ma faiblesse, j'en suis incapable. Pour une fois, j'ai envie d'écouter Jack, et de me laisser aller, de pleurer pour effacer mes peines. Un instant de faiblesse qui m'aura presque coûté la vie. Car dans mon malheur, incapable de me concentrer sur le moment présent, je n'ai pas aperçu l'homme tirer dans ma direction.

Je vais vraiment mourir cette fois ?

"Pas encore" me dit mon destin.

- [...] Tout va bien, je suis là... c'est fini, je ne laisserai personne te faire du mal...

- Promis ?

- Je te le promet.


À suivre...