Alex avait passé dix jours à l'infirmerie, et avait pris énormément de retard. Dans ses cours comme dans sa mission. Elle n'avait pas revu Chris depuis qu'il l'avait abandonnée aux mains de miss Woodblood, et elle avait besoin de se défouler. N'osant plus aller à la forêt interdite depuis la dernière fois, la douleur qu'elle ressentait toujours trop cuisante dans ses souvenirs malgré les douces volutes de la morphine qui accompagnaient ce souvenir, elle arpentait les cachots à la fin des cours à la recherche de quelqu'un à tourmenter.

Quelle ne fut pas sa joie quand, au détour d'un couloir, elle croisa un groupe de première année perdus ! Des Gryffondor en plus, c'était presque trop beau ! Elle sourit, sa baguette en main - elle avait dû demander à Valérie de la récupérer avec un sortilège d'attraction quelques jours plus tôt, ne se souvenant ni de l'endroit ni du moment exact où elle l'avait lâchée. Ce n'était pas comme si elle en avait jamais eu besoin pour manipuler le feu… Qui se déclara soudainement dans le couloir, sous les cris des plus jeunes qui s'enfuirent en courant, effrayés, bousculant quelqu'un qui s'avançait à contre-courant.

Perry. Evidemment. Ils ne pouvaient pas s'éviter éternellement, même dans un château ! Ils ne savaient pas comment réagir, les flammes s'estompaient autour d'eux à mesure qu'ils se souvenaient de tout ce qu'ils avaient vécu la dernière fois qu'ils s'étaient vus.

« Arrête de torturer les rouges… Tu vas attirer l'attention sur nous.

- Moriano n'est pas dans le coin. Et j'avais besoin de me défouler.

- Tu changeras jamais… Dis Chris froidement, mais avec le sourire.

- Pourquoi je changerais ? N'est-ce pas toi qui m'a dit l'autre jour que quand j'étais pas moi-même, je faisais peur ?

- Justement, l'autre jour… J'ai cru que… » Il n'acheva pas sa phrase. Qu'ils allaient mourir ? Qu'il avait revue Alex comme elle était, avant que tout ne leur retombe dessus ?

Ils étaient face à face, peut-être un peu proches pour qui aurait aimé lancer - ou relancer - une rumeur peut-être plus si précoce que ça… Mais ils se regardaient sans se voir, évitant scrupuleusement le regard l'un de l'autre. Le silence était lourd de ressentis refoulés et d'émotions contradictoires. La peur, beaucoup. La gêne, aussi. C'en fut beaucoup pour Alex, à qui ce pauvre petit incendie n'avait pas préparé au choc de revoir Chris si vite et à la fois si longtemps après les évènements. C'en fut bientôt trop pour la jeune serpent, qui les yeux pleins de larmes se jeta dans les bras de celui de qui elle avait été inséparable, il y a ce qui lui semblait être dans une autre vie. Ils s'enlacèrent un moment qui leur parut trop court à tous les deux, puis Perry se sépara de sa partenaire de mission en regardant autour de lui. « Pas ici… Rejoins moi dans mon dortoir. Discrètement… »

Chris la précéda jusqu'à la salle commune et descendit l'escalier en colimaçon naturellement, tandis qu'Alex alla se faire oublier, comme à son habitude, devant la cheminée, aux côtés de Valérie, Sky, et Drago. Ils étaient venus la voir chaque jour, mais cela n'avait rien retiré à la leçon qu'elle avait reçu à Halloween. Elle devait se concentrer, oublier les cours, oublier tout et tout le monde, si ce n'était : comment avoir Potter. Et pour cela, elle devait se rapprocher de Chris… Jusque'à quel point ? Et elle, en avait-elle envie ?

Prétextant un livre à récupérer - et se rendant compte au moment où elle parlait du bidon de cette excuse - elle se leva, et se dirigea vers l'escalier des dortoirs en surveillant que personne ne regardait où elle allait afin de pouvoir se rendre vers chez les garçons.

Chris était allongé sur son lit, un bras derrière la tête. Il ne la releva pas en entendant la porte s'ouvrir, et des pas s'approcher. Son regard fut toutefois attiré par le bras enflammé d'Alex qui éclairait la pièce, et il put constater sur les flammes ne consumaient pas l'uniforme de la jeune femme. Elle s'améliorait de jour en jour./p
p style="margin: 0px; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: 'Helvetica Neue';"Ils restèrent un moment en silence, à se regarder sans se voir, attendant que l'autre commence. Leurs yeux se croisèrent, et ne se lâchèrent plus. Il lui criait qu'il était désolé. Elle, qu'elle savait, et que ce n'était pas sa faute. Il sembla comprendre, et se releva en passant sa main sur son visage. Ils étaient très proches de l'un de l'autre, à présent. Il lui posa la main sur la nuque et l'approcha vers lui. Elle se laissa faire, les paupières baissées. Ce n'était pas la première fois qu'ils s'embrassaient. Mais ce n'étaient que des jeux, avant. Ils avaient tous deux attendu ce moment depuis le premier regard, d'abord dans une complicité parfois malsaine, puis dans le deuil, enfin en tant que partenaires de souffrance dans une mission que le plus puissant mage noir de tous les temps n'arrivait même pas à effectuer lui même… Et là dans ce baiser.

Mais Alex se recula. Ils ne pouvaient pas se distraire avec ça… La douleur était encore trop présente dans tout son corps. Et celle du départ de Mary, dans son coeur. Elle avait peur qu'on se serve de ceux qu'elle aimait contre elle, et Chris était au premier plan s'ils s'aventuraient sur cette voie. « On est que tous les deux ici… Toi et moi. » dit-il pour la rassurer en la regardant dans les yeux. « Comment veux-tu que qui que ce soit le sache ?

- Bellatrix n'est pas à Poudlard pour voir ton attitude.

- Non, mais il y a Rogue, Ammerbach, Drago… Enfin, je ne pense pas que lui dirait quoi que ce soit, mais les rumeurs sont déjà lancées, grâce à Mary. » Ils sourirent au souvenir de cette époque de leurs premières années au château.

« Mais ici… Il n'y a personne.

- Je sais. C'est pour ça que je suis venue. »

Ils se regardèrent quelques instants de plus, se redécouvrant silencieusement, se rapprochant aussi, sans le réaliser avant que leurs lèvres ne soient ne se rencontrent à nouveau. Mais il était impossible de véritablement être seuls, à Poudlard : la porte s'ouvrit dans un fracas, qui devint cri de victoire alors qu'Alex et Chris se séparaient. « J'en étais sûr ! Cria Qyburn, hilare. Je venais te chercher parce que Summers fait un strip, au salon secret… Mais je vois que t'as déjà de quoi t'occuper ! » Ils avaient tout prévu, sauf l'évident. A tel point qu'ils en oubliaient même de chercher une excuse.

« La ferme Qyburn, lâcha Chris à son ami.

- Ha non mon grand ! Maintenant que c'est officiel, vous allez en entendre parler ! Ca fait 6 ans que j'attends ça !

- Non, je déconne pas là. » Le ton de Chris fit cesser tout rire.

« Rapport au Truc ? Demanda Qyburn après un instant

- Ouais, le… Truc.

- Ok, je suis une tombe, tu le sais. » Ils hochèrent la tête. « Par contre, si tu veux pas attirer les soupçons, faut que tu viennes avec nous, gros. Et que toi, tu redescende foutre le feu à quelque chose… C'est que le temps se fait froid, et tes flammes ont manqué à pas mal de monde, en bas… Enfin, surtout Sofia. » Ajouta-t-il avec un clin d'oeil.

Ce fut au tour d'Alex de hocher la tête en silence. Elle regarda Chris, sans savoir quoi dire. Peut-être n'y avait-il rien à dire, après tout. Ils s'embrassèrent à nouveau, avant d'être pressés par leur ami et de se séparer à contrecoeur, laissant l'élémentaire sortir avant les garçons pour ne pas attirer l'attention.

Samara s'arrêta devant la porte de la bibliothèque, et serra les deux grosses tasses fumantes qu'elle avait en main en inspirant un grand coup. Son amie Alejandra lui avait dit que, depuis quelques semaines, Sofia disparaissait chaque samedi après-midi, et que Sky se réfugiait à la bibliothèque, potassant pour deux. Et personne n'aurait pu dire jusqu'à quand cela se produirait… Elle n'allait pas laisser passer cette occasion.

Revêtue d'une robe courte et bleue, elle avait arrangé ses cheveux autant que possible malgré leur état dû à Lestrange, s'était laissée maquiller par Alejandra qui faisait toujours des miracles, et était descendue aux cuisines chercher deux chocolats chauds. Dans l'un des deux, elle avait versé quelques gouttes de la si précieuse potion confiée par le professeur Ammerbach. Elle jeta un dernier coup d'oeil à sa meilleure amie, qui lui fit un clin d'oeil en la poussant légèrement. Puis elle entra, et parcourut les rayons de livres et les tables à la recherche de celui qu'elle aimait depuis toujours.

Sky était à la fenêtre, caché derrière une immense pile de grimoires sur les inferii. Il résumait le plus possible, tentant d'oublier sa frustration, son regard se perdant régulièrement vers le parc… Si au moins Valérie lui avait dit où elle allait ! Mais elle s'était énormément renfermée sur elle-même, depuis la mort de ses parents… Il tentait de lui changer les idées comme il le pouvait, mais elle semblait distante, presque concentrée sur autre chose, et il était hors de question qu'elle rate son année !

Rageur, mais déterminé, il ferma le livre d'un coup sec, et se saisit du suivant, quand un chocolat chaud apparut devant lui. Miracle ! Le serpent leva les yeux pour voir qui était son sauveur dans ce moment troublé, et tomba sur Moriano, qui dès qu'elle n'était pas en cours était vêtue comme une moldue, comme à son habitude. Elle aurait fait un bon Serpentard, songea-t-il, avec sa détermination qu'elle avait à vouloir attirer son attention. Attention qu'il posait à présent sur elle avec intérêt. En effet, du chocolat, ainsi qu'une jolie fille, et le plaisir de parler dans sa langue natale réunis était bien plus attrayant que les inferii.

« Je me suis dit que tu avais besoin d'une distraction… Tu te prends pour un Serdaigle ? » demanda Samara en Italien, un sourire aux lèvres, désignant la pile de livres. « Je peux t'aider ? »

Sky hocha la tête, humant le chocolat, toujours trop chaud pour y porter les lèvres. « C'est pour le devoir pour Rogue… Je fais des recherches, se justifia-t-il en posant la tasse brûlante sur la table.

Je l'ai fini ce matin. Toi aussi, tu bosse pour deux ?

- J'en ai déjà marre, dit-il sans rien préciser. Tu as fait le devoir pour qui, toi ?

- Alejandra… Svaranna, précisa-t-elle pour qu'il situe.

- Je croyais que les Serdaigles étaient travailleurs…

- Ils le sont. Mais elle ne va pas bien en ce moment. » Les yeux de Samara glissèrent sur les bandes qui ornaient ses bras, couvrant les dernières crises de sa meilleure amie élémentaire pour une part, et les flammes de Lestrange de l'autre. Elle releva la tête, pour voir que le regard de Sky avait suivi le sien./

« Comment tu fais pour supporter… Tout ça, dit-il en désignant le corps entier de la jeune femme couvert de cicatrices et de bandages.

- T'en fais pas va. Ça vaut le coup, sourit-elle en profitant du moment. Puis, je me soigne moi-même depuis que j'étais à Beauxbâtons.

- Mais pourquoi tu devais te soigner, quand tu étais là-bas ? Ça ne fait que deux ans que les filles se défoulent sur toi…

- Ça fait dis ans qu'on se connaît, Sky. Et je suis le jouet préféré de Lestrange, je te rappelle…J'ai des engelures depuis que j'ai huit ans, expliqua-t-elle alors. Quand ma mère a appris que mon père et moi étions des sorciers, elle est partie… J'en avais cinq, à ce moment là.

- Tes pouvoirs se sont déclarés quand tu avais cinq ans ? » C'était tôt. Additionné au mystère du chapeauflou de la jeune femme, cela renforçait le soudain intérêt du Serpentard pour elle.

« Oui. Et trois ans après, mon frère et moi on est partis à sa recherche. On a grimpé les montagnes en suivant des rumeurs, On avait pas grand-chose pour se couvrir, genre une paire de gants pur deux, tu vois ? » Elle désigna ses doigts blancs. « Mais après plusieurs semaines, on l'a retrouvée. Enfin, c'est pas le sujet, c'est pour t'expliquer d'où me vient ma résistance au froid…

- Résistance… T'es pas mal amochée, quand même…

- Oui, mais contrairement aux flammes de Lestrange, je ne le sens pas quand ça m'atteint. Je m'en rend compte après. Et donc, à Beauxbâtons, j'ai grave bossé mes potions, et j'ai créé un onguent à base de Bobo…bulle ? Non, bulobulb, je crois… Je m'embrouille avec les langues, parfois./

- C'est pour ça que t'étais balèze à ce point en potions chez les mangeurs de grenouilles et que maintenant tu galères ?

- Pas que. Il y a les mesures, aussi. C'est le bordel, les cuillères et les tasses et les autres mesures anglo-saxonnes… Le système métrique me manque, rit Samara.

- Tu veux des cours de maths ? » C'était sorti tout seul, et elle en profita pour répondre immédiatement par l'affirmative avant qu'il ne se rétracte. Remarquant alors l'heure à la course du soleil qui atteignait à présent la lisière de la forêt interdite, Sky commença à ressembler ses affaires. Valérie n'allait plus tarder. Tant pis pour le devoir… Ils allaient devoir passer leur dimanche à bûcher. A moins que Lestrange et Malfoy ne puissent les aider ? En tout cas il était hors de question de demander l'aide de la sang-mêlée… Même si s'amuser avec elle pouvait être drôle. Il avait besoin de quelque chose pour occuper ses samedis jusque'à-ce que sa meilleure amie se décide à sortir de son mutisme mystérieux… Et quoi de mieux qu'une groupie ? Puis, pour la première fois depuis un long moment, il n'avait pas vu le temps passer...

Samara, le voyant regarder par la fenêtre et rassembler ses affaires avant de se stopper en plein mouvement les yeux rivés sur elle, fondit intérieurement. Et hurla mentalement, aussi, en voyant la soudaine note d'intérêt dans ses saphirs. « A samedi, alors ? Dit-elle avec espoir, tout sourire.

- Oui… A samedi. »

Valérie, comme toujours après son cours avec Naytsu, n'en pouvait plus. Elle tremblait, au bord de la crise de nerfs, en grimpant les escaliers vers la bibliothèque, ses yeux d'un bleu bien trop vif pour être naturels criant au monde son état déplorable. Cet après-midi, elle l'avait passé à subir des attaques mentales du mangemort, comme toujours. C'était de plus en plus dur, et il semblait de plus en plus prendre plaisir à la torturer… Elle se demanda un instant si tout cela était réellement nécessaire, avant d'immédiatement se dire que oui, il le fallait. Elle vengerait ses parents, peu importe le prix, et pour cela, elle devait être prête, quoi qu'il en coûte !

Elle entra à la bibliothèque et se dirigea vers la table qu'ils occupaient autant que faire se peut avec Sky lorsqu'ils étudiaient. Mais Sky n'étudiait pas. Il discutait avec… Moriano, réalisa la Serpentard, trop tard. Elle remarqua une odeur étrange, quand Sky la salua et lui dit qu'il arrivait tout de suite. Du chocolat, un feu de bois… Et une forêt d'oliviers. Reconnaissant immédiatement l'amorentia, elle éjecta la tasse qui était dans la main de son ami au moment où il la portait à ses lèvres en souriant à la sang-mêlée.

« TOI ! Endolo… » Mais Sky s'était jeté en-travers de la table sur sa meilleure amie pour lui arrachant sa baguette des mains. Samara s'était enfuie, pourquoi Alejandra ne l'avait-elle pas prévenue, comme convenu ? Valérie n'avait eu qu'à faire un écart pour éviter la montagne de muscles qu'était le poursuiveur, et était déjà à la suite de la Serdaigle dans la bibliothèque, puis dans le couloir, lui lançant tous les sortilèges qui lui passaient par l'esprit sans l'atteindre. Samara regarda par-dessus son épaule un instant de trop et percuta le professeur Ammerbach, qui eut juste le temps de se rattraper à la rambarde pour ne pas basculer dans les escaliers. Ce ne fut pas le cas des Samara… Sofia savait, elle aussi, saisir une occasion lorsqu'elle se présentait. Et celle-ci était parfaite… « Stupéfix ! » Le sort partit dans un éclair rouge, et frappa la sang-mêlée dans le dos, la figeant dans une position grotesque alors qu'elle dévalait les escaliers.

Le temps que le Mangemort ne réalise ce qui venait d'arriver, il était trop tard. « Sky, va chercher Miss Woodblood, vite ! » Le Serpent, qui avait suivi les filles en courant et assisté à toute la scène sans rien pouvoir faire hocha la tête, et s'enfuit vers l'infirmerie. Naytsu descendait les escaliers presque en volant par-dessus, tout en hurlant à l'intention de Valérie. « 200 points de moins à Serpentard ! Retenue chaque samedi après-midi, dans mon bureau, jusque'à la fin de l'année ! Et tu viens ici ! » Il était arrivé au bas des marches à présent, et ne laissant aucune occasion à l'auteur de ce désastre de se défendre, il usa même de l'après-midi qu'ils avaient passés ensemble et plongea son esprit dans le sien, l'obligeant à le rejoindre. Il s'agenouilla devant Samara et lui ôta le sort toujours sans se servir de sa baguette. Elle était inconsciente.

Sofia n'eut même pas le temps de jubiler de voir son jouet préféré se briser de la sorte qu'elle se faisait incendier par Naytsu, autant verbalement que mentalement, si bien qu'elle était incapable de se justifier… S'il avait sû ce qui s'était passé, il aurait, comme elle, puni l'infâme oiseau, elle en était aussi certaine qu'elle se trompait totalement. Mais son corps semblait être hors de son contrôle, descendant mécaniquement les escaliers pour rejoindre son professeur. Comment pouvait-il la contrôler par la pensée ? Etait-il si fort que ça ? Elle se battit mentalement pour lui imposer ce qu'elle avait vu, avant d'attaquer la petite moldue toujours évanouie au sol, sa jambe dans un angle étrange en-dessous d'elle. Elle lui montra ce qu'elle avait vu, ou plutôt ce qu'elle avait senti, à savoir, le philtre d'amour… Il ne cessa pas son attaque mentale, ni les remontrances, tentant de réveiller la jeune femme allongée sur la pierre froide.

Miss Woodblood arriva derrière Sky qui dérapait sur le sol pour voir l'état de Samara. Il se fit ensuite dégager par l'infirmière, qui avait besoin de place, et toisa Valérie de toute sa hauteur. Elle qui était déjà petite paraissait ridicule, à côté de lui, mais elle soutenait pourtant son regard. Il cria en Italien « T'es malade ou quoi ? Tu aurais pu la tuer !

- Ouaaah, une sang-mêlée de moins, quelle horreur ! Elle a essayé de te refiler un truc, Sky ! Je le savais qu'elle était pas nette, cette fille ! » Valérie ne pensait même pas qu'elle avait là la parfaite excuse pour pouvoir continuer ses cours avec Naytsu, chaque samedi, et que 200 points, c'était peu cher payé par rapport à ce qu'elle avait fait. Elle n'était pas en état de penser, elle avait passé la journée à subir des attaques mentales, en subissait toujours une actuellement, et Sky avait failli se faire ensorceler sans rien voir !

« Tu débloques ou quoi ? C'était juste un chocolat chaud. D'ailleurs je comprends pas pourquoi tu lui en veux autant, à cette fille…

- Il y avait un philtre d'amour dedans je te dis ! » Mais Sky n'eut pas le temps de répondre. Woodblood avait remis en place la jambe de Samara , qui s'était réveillée en hurlant à cause de la douleur. Le professeur la rassura, et l'infirmière lui donna une potion apaisante. En in instant il fut à ses côtés, oubliant totalement ce que sa meilleure amie venait de lui révéler. La jeune Serdaigle était terrorisée par les yeux bleu nuit de sa rivale qui, elle les voyait par-dessus l'épaule d'Ammerbach, la foudroyaient, baguette au poing ; à tel point qu'elle en oubliait même l'être de son coeur à ses côtés. Il l'aida pourtant à se relever quand les effets de la potion se firent ressentir, et l'escorta jusque'à l'infirmerie sous le regard outré de Valérie, qui avait les yeux débordants de larmes, subissant toujours les attaques mentales de Naytsu qui l'empêchait de bouger…

Une estrade avait été montée au milieu du parc froid, sur laquelle tournait en rond un Poufsouffle de leur classe, Edward Vester. Un Français, qui était pour Samara ignorait quelle raison à Poudlard. Elle s'en contrefichait, à vrai dire… Elle avait désormais droit à des moments en tête à tête chaque samedi après-midi avec Sky, et le meilleur dans l'histoire c'était que Sofia ne pouvait rien y faire vu qu'elle était en retenue pour l'année dans le bureau du prof de potions ! Ce philtre d'amour n'aurait peut-être pas eu l'effet escompté, mais il les avait néanmoins rapprochés, et pour cela, Samara serait éternellement reconnaissante envers Ammerbach. « Qu'est-ce qu'il va faire, tu crois ? » lui demanda Sky, en désignant la scène et la petite masse d'élèves qui se formait devant.

« J'ai bien envie de dire jouer de la guitare, vu qu'il a un étui à côté de sa chaise, mais tu vas encore me dire que c'est trop Serdaigle de ma part, c'est ça ?

- Pourquoi tu ne veux pas me dire ce que c'était ?

- Parce que je ne l'ai même pas dit à mon frère, c'est pas pour te le dire à toi. Puis si je joues toutes mes cartes d'un coup, il n'y aura plus de mystère, et tu passeras tes samedis à faire des devoirs pour deux, sans mon aide.

- Oh ! Lâcha Sky la main sur le coeur. C'est moi qui te donne des cours, d'abord.

- On fait les devoirs de Sofia à sa place, je dirais plutôt. Mais s'il n'y a que ça pour arrêter de me prendre les flammes de Lestrange, je suis prête à faire un effort.

- Alors dis moi ce que c'était, ton chapeauflou.

- Jamais. Allez, viens ! » Elle le prit par la main, et ils pénétrèrent dans la foule quand le Poufsouffle sortit une guitare d'ébène et s'assit, amplifiant sa voix d'un mouvement de baguette.

Alejandra s'était mêlée à la foule pour toujours avoir un regard sur Samara… On ne sait jamais que Lestrange soie dans le coin ! Après ce que Sofia avait fait à son amie, elle surveillait chacun de ses rendez-vous avec Sky, travaillant à l'autre bout de leur allée à la bibliothèque, montant la garde. Et aujourd'hui, elle les avait suivis jusqu'au concert.

La chanson parlait d'un combat entre un groupe de sorciers et de chimères, et était rythmée. Devant l'enthousiasme des élèves, Samara jugea qu'elle devait être connue, mais elle n'écoutait que de la musique moldue, et n'en savait rien. Elle regarda Sky, éblouie par ce qu'elle voyait et qui n'était pourtant qu'un jeune sorcier à un concert. Le morceau prit fin, et la guitare se fit triste. Aux premières notes, elle reconnut immédiatement la chanson belge, qu'un de ses amis lui avait fait écouter à Beauxbâtons, bien que l'originale soie au piano. Jacques Brel…

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà,
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton corps
D'or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas Ne me quitte pas
Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s'embraser
Je te raconterai
L'histoire de ce roi
Mort de n'avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
de l´ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril,
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
mais, Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas...

Le Français, Alejandra ne le parlait pas. Elle le comprenait, un peu. Mais les émotions dans la voix de sa meilleure amie, qu'elle entendait se joindre à celle du chanteur, lui fendirent le coeur. Lorsque les applaudissements se firent retentir, elle aperçut à quelques mètres d'elle Samara se faire porter dans les airs, aux anges.

« Tu ne m'avais pas dit que tu savais chanter ! Lui dit Sky en la posant par terre alors que la musique reprenait.

- Personne ne le sait, ici. Ce n'est pas le genre de choses dont on parle le plus à Poudlard. Ça fait partie de ma vie moldue, dit-elle les joues rouges.

- Mais quand on a une voix comme ça on s'en sert ! Tu sais ce qu'on peut faire, dans la musicomagie ?

- Je ne m'y suis jamais intéressée. Et je ne joue pas toutes mes cartes d'un coup, je t'ai dit. J'ai pas fait exprès, c'est cette chanson, elle… Me faisait penser à toi, quand j'étais à Beauxbâtons, acheva-t-elle s'un souffle. Tu as compris les paroles ?

- Que dalle. Mais ça n'enlève rien à ta voix.

- Merci. »

Malheureusement pour le Poufsouffle sur scène, il continua à jouer des morceaux moldus, mais en Anglais cette fois, et la foule de sorciers se clairsema. Ce qui n'empêcha pas Samara de l'accompagner dans ceux qu'elle connaissait, heureuse d'enfin pouvoir mêler un de ces moments musicaux qu'elle n'avait d'habitude qu'avec son frère, et celui qu'elle passait avec Sky en cet instant. D'être sang-mêlée, et de faire briller cela au château en chantant des chansons d'un autre monde. Le concert s'acheva, et Sky la prit par la main pour la raccompagner jusqu'à sa tour.

Des étincelles sortaient de la baguette de Valérie alors qu'elle se cachait derrière un mur en voyant Sky passer tenant la main à Moriano. Dire que tout ce qu'elle faisait pour les séparer depuis plusieurs jours n'avait fait que les rapprocher. Avait-il bu de ce maudit philtre d'amour ? Quoi qu'il en soit, il était trop tard, et elle avait réussi son coup : enfin attirer son attention. Le pire, c'était qu'elle ne pouvait rien y faire, lui offrant même une opportunité de le fréquenter chaque semaine parce qu'elle s'était fait choper ! Temps qu'elle passait à se faire torturer, au passage. Furieuse, elle alla se réfugier dans la salle sur demande, qui était devenue son amie depuis ces dernières semaines et qui l'accueillit avec une énorme cheminée ronflante, sans remarquer qu'il y avait deux fauteuils au lieu d'un. Elle se roula en boule et se laissa aller à ses larmes quelques instants, avant que la porte ne claque derrière elle. Certes, la pièce était son amie, mais elle était aussi capricieuse…

Alejandra, en voyant que la salle sur demande était occupée, faillit faire demi-tour, essuyant son mascara qui coulait, avant de remarquer l'identité de l'élève qui était là. Sofia. Ben tiens ! Mais, elle, peut-être qu'elle comprendrait ce que Samara n'avait pas pu comprendre… Valérie verrouilla la porte derrière l'hispano-roumaine d'un mouvement de baguette afin que personne d'autre n'entre. « Si tu pleures pas devant Moriano c'est qu'il doit y avoir une raison. Il faut se soutenir, entre sang-purs… » Al' hocha la tête, persuadée par ces mots que la Serpentard ne lui ferait rien de mal, et alla s'asseoir face à la cheminée après l'avoir détaillée. Elle avait les cheveux emmêlés, c'était à peine si on la voyait sous leur masse dans laquelle elle était enveloppée, et qui lui barrait le visage. Derrière, on voyait pourtant ses yeux bleu nuit brillants de larmes.

« T'as autant besoin d'être ici que moi, à ce que je vois… » Mais Valérie ne répondit pas, et lui tendit simplement une boîte de mouchoirs sans la regarder. Alors Alejandra continua. « Je peux te poser une question personnelle ? Comment tu as réagi, quand tu as appris que tes parents étaient mangemorts ? Comment tu faisais, pour gérer le fait qu'ils risquaient n'importe quand de se faire enfermer à Azkaban ? Ou être tués ? » Crac, dedans, Valérie aurait dû la voir venir, celle-là, tiens. Sans qu'elle ne le contrôle, ses yeux prirent une teinte plus bleue, avant qu'elle ne réponde.

- Ce qui se passe ici reste ici ? » Alejandra hocha la tête. « Avant que je ne rencontre Moriano quand on avait 6 ans, je ne savais pas que ce qu'ils faisaient était hors-la-loi. Je ne vais pas dire mal, parce que je ne pense pas que ce le soie. Pour moi, on s'occupait du Foyer qu'ils géraient et des enfants dont ils avaient la charge, et parfois ils s'absentaient. Ils parlaient toujours de l'âge d'or du Seigneur des Ténèbres avec envie, et comme ma mère est née du viol d'un moldu, ça ne faisait que renforcer les idées de la famille… » Elle marqua un temps, et Alejandra ne parla pas, même si elle n'en revenait pas… Sofia n'était pas une sang-pur ?! Elle préférait juger les gens sur leurs valeurs que leur sang, mais ça, c'était de l'information ! Dommage qu'elle vienne de jurer de garder le silence, Samara aurait adoré ça ! « Pour te répondre, la peur ne part pas, quoi qu'on fasse. Et puis le Ministère Italien, le père de Moriano et les autres, ils sont sévères, mais… Pas très efficaces. Et j'avais Sky, et Alex. Et puis… » Nouvelle interruption. Alejandra savait ce qui venait ensuite. Toute l'école était au courant, pour la mort de ses parents. C'était exactement pour ça qu'elle avait posé la question.

« Voilà, dit alors la Serdaigle, se confiant à son tour. Je sais qu'à toi, je peux t'en parler… J'ai appris récemment que ma soeur était… Une adepte de Tu-Sais-Qui. » Dit-elle dans un souffle en évitant volontairement le mot Mangemort, qu'elle trouvait trop glauque à son goût. Qu'est-ce qui lui prenait ? Elle se confiait à la pire ennemie de sa meilleure amie ! Et pleurait de la neige ?… « Et je sais pas ce que je dois faire, depuis que je le sais j'ai peur tous les jours ! Je déteste le Ministère et la politique du monde magique dans son ensemble ! Je déteste les Mangemorts qui l'ont laissée se faire enfermer, mais en même temps je remercie celle qui l'a prise sous son aile et Merlin, j'en ai marre de perdre le contrôle de mes pouvoirs comme ça !

- Tu as de la famille au service du Seigneur du Mal ?

- Oui, ça ne fait pas longtemps que je le sais. Flore est une Mangemort, elle a organisé pendant deux mois avec mon père la disparition des autres adeptes de Tu-Sais-Qui de Barcelone avec mon père, et pour ça elle a été enfermée à Azkaban. Elle s'est enfuie en même temps que Bellatrix Lestrange, c'est tout ce que je sais. Elle m'a offert un collier, mais il est dans une boîte scellée, et je ne connais pas la formule.

- Genre… Bella ? La mère d'Alex ?

- Oui.

- Et ton collier, il ressemble à quoi ?

- En argent, avec des rubis ?

- Et la boîte ?

- Je suis nulle en sortilèges.

- Tu veux que j'y regarde ?

- Je ne crois pas que j'arriverais à sortir de la salle commune avec sans que Sam le voie…

- Quoi, tu as peur de Moriano ? Non mais t'es pas sérieuse, là !

- Je n'ai pas peur d'elle, se défendit Alejandra. C'est mon amie.

- Bha il est où le problème alors ? » La conversation tournait étrangement à l'interrogatoire. En effet, Valérie avait sa parfaite première recrue sous la main. /p
p style="margin: 0px; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: 'Helvetica Neue'; color: #292929;"L'élémentaire de glace ne savait plus quoi lui répondre, et chercha à retourner le sujet de conversation, détestant ainsi se sentir acculée. « Et toi alors… T'es jalouse de Samara, si je ne me trompe pas. » La pique atteint sa cible. Ce qu'elle voyait du visage de Valérie derrière ses cheveux était devenu aussi rouge que ses yeux étaient à présent roses. Et qu'elle ne répondait même pas. La Serdaigle sourit. « Ne t'en fais pas, ce qui est dit ici reste ici.

- Je voulais pas y penser, mais maintenant que tu le dis… peut-être.

- C'est pourtant pas la première fois qu'il se promène avec une fille au bout du bras.

"- Je sais bien, mais là, c'est elle… » Elle savait pertinemment qu'elle ne parlait pas du tout à la bonne personne pour être confortée sur le sujet. Et que la bleue avait abordé cela en toute connaissance de cause. Elle était allée trop loin dans ses questions pas assez subtiles, et elle en payait le prix. Alejandra profita de son effet, elle avait presque oublié qu'elle n'aimait pas Sofia le temps d'une seconde, mais c'était terminé.

« Et pourquoi ça te dérange autant ? Insista-t-elle alors.

- Parce que… Il est à moi ! » Se défendit Valérie puérilement pour éviter de dire qu'elle voulait tous les faire entrer dans l'armée du seigneur noir. Elle savait qu'elle s'enfonçait en faisant cela, mais elle n'avait pas d'autre moyen. Alejandra sourit

« Tu as ta réponse, dans ce cas. » Sur ces mots, elle se leva, et quitta la pièce, bien décidée à retrouver Samara, désirant plus que tout percer le mystère du collier que sa soeur lui avait offert…

Valérie était restée encore de longues minutes à contempler les flammes, et à ruminer ce qui lui était arrivé cet après-midi. Son cours d'occlumencie. Sky et Moriano main dans la main. Svaranna qui était issue d'une famille de Mangemorts, et personne ne le savait…

Elle aimait de plus en plus les après-midis passés avec Naytsu. Elle s'habituait aux attaques, ou peut-être était-ce lui qui lâchait la pression ? Elle en doutait. Il n'y avait plus eu d'incident depuis la toux sanglante qui l'avait pris, quelques semaines auparavant. Et il n'avait aucune raison d'être tendre avec elle. Pourtant, elle espérait lui faire redevenir l'enfant souriant dont elle avait le souvenir. Juste de le revoir sourire sincèrement rien qu'une fois, au lieu de cet air espiègle qu'il se donnait. Revoir ses yeux briller par un autre moyen qu'en la faisant souffrir….

En clignant des yeux, elle revit Sky qui tenait la main de l'autre sang-mêlée, là… Et la rage la gagna. Elle s'était éloignée de lui elle-même, c'était sa faute ! Et maintenant, elle ne pouvait plus rien faire contre cet emplumée ! Elle jura de faire quelque chose. Elle ne savait pas encore quoi, et aurait besoin d'Alex, mais elle récupérerait Sky.

Peut-être pourrait-elle réussir à faire changer Alejandra de camp ? Il lui faudrait du temps, elle en était consciente. Mais le temps payait.

Déterminée, Valérie se leva, pour rafraîchir dans un lavabo qui avait soit été toujours là, soit venait d'appaitre, elle ne savait pas. Elle remit ses cheveux en place, les tressant sur le côté, puis s'aspergea le visage. Enfin, elle traversa la pièce, et le château, pour rejoindre la salle commune qu'elle trouva fort animée en y entrant. Pour la première fois de l'année, Sky avait ressorti son violon. L'instrument, bien que moldu, s'était fait sa place au fil des années dans la pièce des Serpentard, et était à présent accueilli avec joie par tous.

Les élèves dansaient, chantaient, tapaient des mains et des pieds. Il y avait longtemps qu'une telle ambiance n'avait pas régné, ici. Valérie sourit. Son ami avait toujours aimé la musicomagie, et elle faisait une fois de plus l'effet désiré, sur les foules. Elle-même, en voyant le sourire de son meilleur ami en ce moment, en oublia la rage qu'elle avait ressentie auparavant, et reprit le refrain avec ses amis avant que la chanson ne s'achève sous les applaudissements. Ses yeux un peu plus verts croisèrent ceux du musicien. Il ne lui en voulait plus, pour avoir jetée Moriano dans les escaliers, évitant toutefois soigneusement de parler d'elle. Et cet instant là, où leurs yeux se croisèrent, elle sut qu'il ne la quitterait pas. Ils se prirent dans les bras, puis Sky remit son violon sur son épaule et entama une autre chanson, reprise en coeur par la salle commune.

Excepte pour Alex et Chris, dans un coin sombre, qui profitèrent de l'attraction générale pour s'éclipser vers l'un des salons secrets./p

La porte de la cabane hurlante se referma avec fracas, et Alex fut plaquée entre la paroi de bois et le corps de Chris, ses lèvres cherchant les siennes avidement. Les mains du jeune homme remontèrent le long de ses bras, et elle frissonna. Il encadra son visage de ses mains, et ils se sourirent. C'était si dur de faire semblant de rien, toute la journée ! Depuis la fois où Sky avait joué du violon, ils n'avaient eu l'occasion de se voir qu'à l'entrainement de Quidditch. L'instant était plus que magique, il était unique. Oubliée, la guerre. Oubliée, la mission. Oublié, tout le reste, rien ne comptait qu'eux, ils avaient tellement peu d'instants ensemble qu'ils n'avaient pas l'intention de gâcher celui-ci.

C'était sans compter la voix grave qui s'éleva derrière eux. « Ceci n'est pas une maison close ! » Immédiatement ils furent séparés, baguette en main, Chris devant Alex, toisant l'homme qui venait de parler. Grand, un visage tracé, de longs cheveux bruns, une légère barbe… Il ne leur disait rien. Ce qui n'était pas le cas de l'homme, qui sourit en voyant à qui il avait affaire. « Tiens… Les enfants Perry et Lestrange… Ensemble. Qui l'eut cru ?

- Qui êtes-vous ?

- Très bonne question. En voici deux autres : Que diront vos parents, ou pire, votre maître, lorsqu'ils apprendront que vous vous détournez de votre mission ? Et que me donnerez-vous, pour que je garde le secret ? » Ils étaient piégés, et ça, Strauss le savait. Ce n'était tout de même pas sa faute si le jeune couple s'était introduit chez lui ! C'était trop beau ! Il cherchait justement des jeunes… Certes, ces deux-là étaient déjà au service du Seigneur des Ténèbres, mais avoir quelques atouts en main n'était jamais négligeable. Surtout de cette taille !

Chris ne baissait pas sa baguette, son bras gauche toujours en direction d'Alex, la gardant dans son dos. Il ne permettrait plus que quoi que ce soit lui arrive. Il ignorait tout de ce type, mais il ne lui inspirait rien de bon, et en savait beaucoup trop sur eux à son goût. « Qui. Êtes. Vous ?

- Oh, mon nom de te dira rien. Et baisse cette baguette, tu as l'air ridicule. » L'homme se retourna, et grimpa quelques marches de l'escalier avant de leur faire face à nouveau. « Vous venez ? » Après un coup d'oeil à Alex, Perry lui prit la main et l'entraîna à la suite.

Ils arrivèrent dans un grand salon mieux entretenu que le reste de la maison. Leur indiquant de s'asseoir, Strauss fit de même. « Qu'attendez-vous ? » demanda Chris en s'asseyant, la main de l'élémentaire toujours dans la sienne.

« Moi, pas grand chose. Vos parents et votre maître, un peu plus. Et vous, beaucoup. Je me trompe ? » Encore une fois, il faisait mouche. C'était trop suspect, et les deux élèves gardaient toujours scrupuleusement leur baguette en main. « Voici ce qu'on va faire. Vous allez me dire comment rassembler le plus de jeunes de Poudlard le plus souvent possible dans un endroit qui n'est pas le château, et moi, je ne vais rien dire de votre petit écart. Après, vous irez faire ce que le Maître vous a demandé, et moi de même. Si nous nous recroisons, et quand ça arrivera, aucun de nous ne mentionnera cette conversation. »

Non mais, il se prenait pour qui, le pseudo-Mangemort qui confiait sa mission à deux étudiants ?. Alex allait lui répondre qu'il était hors de question qu'ils l'aident, quand Chris parla avant qu'elle n'aie pu ouvrir la bouche. « Je veux que Bellatrix et mon père nous lâchent. Je ne fais rien pour vous sans ça.

- Dans ce cas, cela nécessitera une petite mission complémentaire de ta part, cher Perry. Mais si tu acceptes, je ferais en sorte que ton désir se réalise… »

C'était trop beau. Serrant la main d'Alex dans la sienne, Chris hocha la tête lentement, abaissant sa baguette. Son cerveau tournait à tout rompre… Il avait entendu parler de quelque chose de similaire à ce que l'inconnu avait mentionné. Qu'est-ce que c'était, déjà… C'était un truc inutile, il n'avait qu'à peine écouté, lorsqu'on lui en avait parlé… Et ça, ça lui arrivait le plus souvent… En cours. En étude des moldus, plus précisément. Allez, comment ça s'appelait déjà ? « Genre une maison des jeunes ?

- Une quoi ?

- Un truc de moldus, faut croire que j'écoute à ce cours.

- Et c'est quoi, ça ? » Chris marqua un silence. Il n'avait pas écouté à ce point, et regarda Alex, dans l'espoir qu'elle puisse l'aider, mais elle semblait aussi confuse que lui. Elle eut pourtant une idée.

« Sky s'est rapproché de la sang-mêlée dernièrement. Je pourrais toujours lui faire cracher le morceau, à celle-là…

- Ils sont où ?

- Je sais pas, mais elle le suit comme un petit chien, et lui il ne veut plus qu'on se défoule sur elle. Je ne peux même plus lui brûler les cheveux ! Mais à part aux Trois Balais à faire la fête, ou chez Honeydukes… De toutes façons, ils doivent pas être loin.

- On y va. » Chris entraîna l'élémentaire de feu se se levant, indiqua au Mangemort qu'ils revenaient, puis se retrouva dehors en un instant trop court et lâcha la main chaude d'Alex, bien décidé à régler ce problème au plus vite. Une personne de plus connaissait leur secret, et pas des moindres.

Samara était assise à une table des Trois Balais le nez dans un chocolat chaud, regardant Sky danser avec Sofia, dévastée. Ce n'était pas avec un après-midi par semaine qu'elle allait pouvoir les séparer, ces deux-là. Soudain, la porte s'ouvrit en claquant, chose pas vraiment inhabituelle dans cet endroit, mais un peu plus lorsqu'elle révélait Lestrange qui, après avoir balayé la salle du regard, se dirigeait droit sur elle comme une furie. Qu'est-ce qu'elle avait celle-là, encore ? « Moriano… Dis, c'est quoi une maison des jeunes ? » Le ton de la voix de la fille de Bellatrix était étrange, jamais elle ne lui avait adressé la parole de cette manière, curieuse et douce, qui aurait pu bien lui aller si elle n'était pas qui elle était.

« Pourquoi je te répondrais ? Demanda la Serdaigle, méfiante.

- Parce que si tu le fais, j'arrête pour de bon de me défouler sur toi.

- Que me vaudrait cet honneur ? Tu m'appelles ton jouet préféré depuis dix ans !

- Justement. Tu veux que je te foute la paix, ou tu préfères que je recommences ?

Samara soupira, puis indiqua à son ennemie de s'asseoir. « Une maison des jeunes, c'est… Ce que ça s'appelle, en fait. Un endroit pour les jeunes. Il y a des concerts, un bar, des activités, des jeux, des psychologues… Des médicomages, mais pour la tête, ajouta-t-elle pour préciser. C'est un endroit où on peut être soi-même sans être jugé, et où on peut se réunir pour faire des rencontres en fonction de nos centres d'intérêt. C'est plutôt cool, comme endroit. C'est dommage qu'il n'y aie pas ça chez les sorciers. D'où tu connais ?

- Oh, nulle part, j'ai entendu ça je sais plus où. Merci. » Lestrange se leva, et repartit aussi vite qu'elle était arrivée, bousculant presque la serveuse qui arrivait dans l'autre sens.

Flore en avait marre de croiser Potter deux fois par semaine, marre de Rosmerta et des clients qui la traitaient comme une domestique alors qu'elle était l'apprentie de Bellatrix Lestrange, par Salazar ! De loin, elle voyait l'amie de sa soeur, en tenue légère, les bras recouverts de cicatrices et de bandages, en pleine conversation avec justement, la fille de son mentor. C'était la sang-mêlée dont Ammerbach avait dit qu'elle servirait bien de chair à canon. Elle servit un verre de prune, et alla le déposer devant elle lorsqu'Alex s'en alla. « C'est elle qui t'a fait ça, n'est-ce pas ? » Dit-elle en s'asseyant, montrant du menton les bras de… Comment s'appelait-elle ?

Samara sursauta, elle avait déjà vue Lila, la nouvelle serveuse, faire ce genre de choses avec des groupes d'élèves, mais jamais cela ne lui était encore arrivé. La blonde désignait sa peau marbrée. « Oui… Elles n'y vont pas de main morte. Mais visiblement, je viens de réussir à réduire de deux tiers les origines de tout ça. Reste le problème des engelures…

- Comment ça ?

- Ma meilleure amie est élémentaire de glace.

- Elle te fait ça volontairement ?

- Non, elle a juste du mal à gérer ses émotions, en ce moment… C'est compliqué.

- Bois, ça ira mieux, encouragea Flore, bien décidée à savoir si cette sang-mêlée si résistante devait les rejoindre ou être définitivement écartée de l'échiquier.

- C'est la faute de son imbécile de soeur ! Explosa Samara après avoir bu l'alcool d'un trait. A cause d'elle, elle maîtrise plus rien, elle est méconnaissable maintenant, je peux plus lui parler sans qu'elle explose… Et cette pureté du sang ! Pour que s'arrange, elle picole, et chaque jour ça augmente ! » Samara leva la tête vers Lila… La petite fleur blonde… Tiens… On aurait presque pu penser à Flore, si on cherchait loin ! Mais c'était trop évident, jamais elle n'aurait choisi un pseudonyme aussi facile à démasquer ! « Si je l'avais devant moi… Même si je maîtrise pas encore les sortilèges informulés, je vous jure que je lui ferais payer de la faire tant souffrir… » Elle s'interrompit soudain, se tenant la tête, un bourdonnement aux oreilles. Quelqu'un tentait d'entrer dans son esprit…

Flore écoutait la sang-mêlée dire du mal d'elle avec dégout, les poings serrés, et réagit au quart de tour, ne dissimulant aucune menace, autant dans son attaque mentale - qui fut avortée malgré sa puissance - que dans sa voix. « Tu crois que c'est de sa faute ? Après tout, qu'a-t-elle fait ? Je ne suis pas là pour juger ce que tu en penses, mais si sa soeur est Mangemort peut-être ne devrais-tu pas en parler de la sorte, ça peut-être dangereux.

Si elle aimait vraiment Alejandra elle ne serait jamais revenue !

- Comment peux-tu dire ça ?

- … Je n'ai jamais dit qu'elle était mangemort, par contre, dit soudain Samara en jetant un coup d'oeil inquiet à son verre.

- C'est justement parce qu'elle aime sa soeur qu'elle est revenue, petite idiote… Dis moi… Qu'est-ce qui ressemble plus à une fleur qu'une autre fleur ?

- Laisse-la tranquille. » Samara n'avait pas peur de la mangemort. Car elle l'avait démasquée et, à présent, la regardait droit dans les yeux, une lueur de défi dans le regard. Qu'allait-elle lui faire, au milieu des Trois-Balais ? Dire qu'elle coiffait ses cheveux avec sa baguette exactement comme sa soeur et qu'elle n'avait pas fait le rapprochement ! « Alejandra n'a pas besoin de toi. Elle n'est pas comme toi, et ne le sera jamais. Oublie là. » Le ton était monté, et on les regardait, à présent. Elle se leva, et contourna la soeur de sa meilleure amie sans plus un regard.

« Le chocolat chaud, c'est 4 mornilles et 19 noises ! » Lança alors Flore, le bras tendu en direction de Samara, irritée au plus haut point par la sang-mêlée, qui regarda le début de son tatouage sans être impressionnée.

« J'ai payé 5 mornilles, à la réception de la commande. C'est une habitude chez les moldus… Maintenant, à moins que tu ne veuilles qu'on discute avec Rosmerta de ta tendance à offrir de l'alcool à des mineurs, je vais retourner au château, il y a quelqu'un qui a vraiment besoin de moi. » Flore replia son bras, hors d'elle. Elle avait oublié cette coutume une fois de plus, décidément elle ne s'y ferait jamais, vivement qu'ils disparaissent tous, ces parasites !

Valérie dansait avec Sky quand Moriano et Lila se prirent la tête à propos d'habitudes moldues et d'elle ne savait quoi d'autre. Dégageant ensuite ses cheveux de son visage, elle était retournée s'asseoir, essoufflée, aux côtés de son meilleur ami. Au bar, elle pouvait voir Naytsu, qui la salua de son verre. Elle fit de même, puis reporta son attention sur le rire du poursuiveur, qui n'en revenait toujours pas de la manière dont Samara avait mouché la serveuse. « C'est pas drôle. C'est stupide, comme coutume.

- Peut-être, mais pas la répartie. Je me demande pourquoi elles se disputaient…

- On s'en fout ?

- Bha non, justement, je m'en fous pas. Tu sais, elle est gentille. Et vous vous ressemblez beaucoup, parfois.

- Je ne ressemble pas à ça !

- Elle s'appelle Samara, Val ! »

Valérie soupira, les yeux noirs. Après tout, ses notes avaient remonté, depuis que la Serdaigle faisait ses devoirs, et cela lui laissait passer du temps avec le professeur Ammerbach, qu'elle trouvait de plus en plus charmant malgré la violence de leurs samedis après-midis. Elle sentait son regard sans son dos, alors qu'elle-même regardait Sky, ne supportant pas qu'il en défende une autre de la sorte - et encore moins Moriano ! C'était la première des conquêtes de son ami pour laquelle ils se disputaient de la sorte. Qu'ils se disputaient tout court, d'ailleurs. Et cela lui faisait mal, très mal, tout au fond… Mais il lui était impossible d'admettre qu'il puisse trouver son bonheur dans les bras de cette sang-mêlée qui se prenait pour plus qu'elle n'était.

Elle vida son verre d'un trait, puis se leva en direction du comptoir. Elle ne pouvait pas attendre avant d'être servie. Elle ne voulait rien, si ce n'était oublier, se venger, détruire ceux qui se mettaient en travers de sa route ! Malheureusement elle était toujours mineure, et si Rosmerta fermait les yeux sur les écarts de sa serveuse, elle avait pour politique d'établissement de ne pas servir d'alcools forts à des sorciers qui n'en avaient pas l'âge… Valérie s'arrêta à hauteur de Naytsu, sa main sur sa baguette, à sa ceinture, et d'un sortilège projeta son esprit vers celui du mangemort. « Qu'y a-t-il ? » Répondit-il en sentant sa présence immédiatement dans sa tête, presque… Inquiet ? En quel honneur ?

« Tu peux me commander une bouteille s'il te plaît ? » Sentit-il la détresse, dans son esprit ? Ou alors vit-il la couleur de ses yeux, qui reflétaient son état sans qu'elle ne le contrôle ? Il se retourna néanmoins, et fit signe à Rosmerta qui lui déposa sur le bar un de ses meilleurs rhums, avant de s'en retourner vers d'autres clients. Valérie profita de la distraction de la tenancière pour déposer quelques pièces sur la table et prendre la bouteille sans un mot. Naytsu était loin d'être inutile. Et il s'occupait plus d'elle que Kreed, qui était censé lui montrer la voie, la former par Merlin ! Ca faisait des semaines qu'elle ne l'avait plus revu, qu'est-ce qu'il fichait ?

« Fais doucement », résonna la voix du mangemort dans sa tête alors qu'elle retournait vers sa table, où elle fut accueillie sous les cris de joie de ses camarades. Mais elle ignora l'avertissement. Elle avait besoin de penser à autre chose qu'à toute cette rage qu'elle avait en elle, et quoi de mieux que les vapeurs de l'éthanol pour cela ?

Naytsu aurait aimé qu'elle se serve ce cette rage qui teintait chaque souvenir de l'Italienne, justement. Il faisait exprès de la mettre dans des états pas possibles, lors de leurs cours, de la pousser dans ses retranchements, qu'elle puise dans ses capacités et les use le plus possible au lieu de s'en détourner, comme elle le faisait actuellement. Visiblement, Samara n'avait pas réussi à l'éloigner suffisamment de Sky. Il soupira. Un après-midi par semaine n'était pas suffisant… Mais que pouvait-il faire ? Il fallait qu'il aide la jeune Serpentard à atteindre son plein potentiel - et quel potentiel ! Du haut de sa taille de nain et de ses seize ans, elle arrivait à présent à contrer certaines de ses attaques mentales, certes pas comme il le désirait, mais elle s'en sortait, parvenant à faire remonter en lui assez d'émotions déstabilisantes que pour qu'il se retire de son esprit. Elle n'arrivait à ce résultat que lorsqu'elle était à bout, généralement vers la fin du cours, au moment où il la retranchait dans ses limites. Elle reprenait le contrôle en pensant à ses proches… Pour qui se prenait-elle ? Une Poufsouffle ? Il fallait qu'il supprime ce lien affectif qui la freinait. Qu'elle atteigne son plein pouvoir…

Alex décrivait les informations qu'elle venait de soutirer à la sang-mêlée. C'était exactement ce que le Mangemort recherchait, et il félicita les deux adolescents pour l'efficacité et la rapidité avec laquelle ils étaient revenus. Et avec des réponses valables ! « Cela signifie-t-il que vous allez nous aider ?

- Ma très chère Lestrange, sourit Strauss d'une manière étrange, Je n'ai jamais dit que j'allais vous aider. J'ai dit que je garderais votre secret.

- Et nos parents, et… Le Maître ?

- Cela veut-il dire que tu acceptes ma mission, Perry ? » Le sourire malsain de Strauss s'était élargi d'intérêt. Les deux Serpentards se considérèrent un instant du regard, inquiets. Puis la détermination de Chris prit le dessus, et il plongea ses yeux bleus dans le regard brun du Mangemort qui attendait.

« Oui. » La réponse était sortie, il était trop tard pour revenir en arrière… Et, l'espace d'un instant, Alex se demanda si tout cela n'allait pas leur retomber dessus. Elle voyait leur supérieur en face d'eux, se délectant du moyen de pression qu'il avait obtenu, et sut en cet instant que ce ne serait jamais fini. Il y aurait toujours quelqu'un pour profiter d'eux, pour se servir d'informations à leur encontre, pour les obliger à faire ce dont ils n'avaient pas envie… Ils n'auraient jamais la paix. Cela ne faisait que commencer. Là, c'était un petit mangemort inutile qui connaissait leur secret, mais quand viendrait le tour de leurs parents, que leur arriverait-il ? Et le Seigneur des Ténèbres, consentirait-il à une telle union ? Pas s'ils ne ramenaient pas Potter au plus vite… Elle serra la main de Chris dans la sienne, on ne peut plus inquiète en cet instant où une solution venait de s'offrir à eux.

L'ivresse était grisante. Valérie dansait, ne songeant plus à rien, enfin ! Fini, ses parents, sa vengeance, les cours, Moriano ! Plus rien ne comptait si ce n'était la musique, et ses pieds qui bougeaient en rythme, ses longs cheveux ondulant autour d'elle et la masquant presque totalement lorsqu'elle tourbillonnait. Elle sentit des mains sur ses hanches et se retourna, mais ne vit personne. La sensation était toujours présente pourtant. Familière, douce, et prévenante. Elle ne savait pas d'où ça venait, et repris sa danse quand la musique recommença. C'était comme si quelqu'un dansait avec elle, mais elle était seule sur la piste - du moins non, pas seule, mais elle n'était dans les bras de personne !

C'est lorsqu'elle croisa son regard qu'elle comprit. Naytsu. Evidemment. Il n'y avait que lui dans cet endroit pour ainsi donner une telle illusion dans l'esprit de quelqu'un. Elle n'avait même pas reconnu sa présence dans sa tête ! Il était tellement différent que lors de leurs cours en ce moment, loin de la méchanceté gratuite et de la torture. Elle ne tenta pas de le mettre dehors et lui sourit, bougeant de plus belle. « Pourquoi tu ne viens pas ? » Pensa-t-elle à son intention.

« Je suis professeur.

- Et alors ? Viens danser !

- Non. Danser dans ma tête me suffit.

- Ce n'est pas dans ta tête, mais dans la mienne.

- Tu m'as compris.

- Allez, viens !

- Je ne suis pas ici pour danser, Valérie.

- Alors pourquoi le fais-tu dans ma tête, dans ce cas ?

- Tu n'en as pas envie, peut-être ? » Un éclair rose passa dans les yeux de Valérie, avant qu'une idée folle ne gagne son esprit. Elle sourit. S'il tenait tant à danser avec elle dans son esprit, quelle serait sa réaction si elle dansait avec d'autres devant lui ?

Sans réfléchir, elle se dirigea vers la table et attrapa la cravate de Sky, le tirant malgré son poids jusqu'à la piste. Puis elle se concentra sur Naytsu et son esprit qui touchait toujours le sien, et s'abîma à la musique…

« Enfin vous arrivez ! Vous étiez où les amoureux ?

- Ecrase Sky ! » Chris s'assit, et instantanément un verre se posa devant lui. Il regarda l'alcool ambré, le fit tourner dans le cristal, l'huma, puis le porta à ses lèvres. « Ça vient d'où ?

- Val' !

- Elle a léché la serveuse pour réussir à avoir une bouteille pareille alors qu'elle est mineure ?

- Chris ! » Lança alors Alex en lui assénant un coup sur le bras, défendant sa meilleure amie, avant de regarder Sky dans les yeux. « Non, sérieusement, elle a fait comment ?

- Aucune idée, elle a été au bar, et est revenue avec… VAL ! »

Disparaissant sous ses cheveux, ses yeux tellement voilés qu'ils en semblaient gris et sans couleur, Valérie s'arrêta de danser en entendant qu'on l'appelait, et se dirigea vers ses amis. « Qu'est-ce qu'il y a ? Ha, vous êtes là, salua-t-elle Perry et Sofia.

- Tu peux nous refaire le coup de la bouteille ?

- Je sais pas si ça marchera deux fois… » répondit l'Italienne en jetant un coup d'oeil discret vers le bar où Naytsu sirotait son verre, le regard volontairement détourné, bien qu'elle sente toujours sa présence dans sa tête.

« S'il te plait ma petite praline d'amour que j'aime ? » Alex éclata du même rire fou que celui de sa mère en voyant la tête de son amie. Elle savait qu'elle ne pouvait pas résister quand Sky l'appelait comme ça dans leur langue natale… A vrai dire, tout le monde le savait, bien qu'il y en aie peu qui comprennent réellement ce qu'ils se disaient lorsqu'ils parlaient Italien. Elle la regarda soupirer en se dirigeant vers le bar, curieuse de la manière dont elle allait s'y prendre.

Toute la tablée surveillait les gestes de Valérie, en fait, silencieuse, avide de savoir comment elle allait faire, et si elle réussirait une fois de plus. L'Italienne pouvait sentir leurs regards dans son dos à mesure qu'elle s'approchait du bar, se concentrant à nouveau sur l'esprit de Naytsu qui ne l'avait pas quittée. « Encore ? » Résonna la voix de celui-ci dans sa tête sans qu'il ne la regarde.

« Ca va, je l'ai pas bue seule !

- J'ai vu. Mais il ya des majeurs à votre table, maintenant.

- C'est moins drôle.

- Je ne suis pas une fausse pièce d'identité là pour ton divertissement.

- Ha non ? Et tu es quoi, alors, professeur ? » Du coin de l'oeil, elle le vit sourire, et sut qu'elle avait fait mouche. Il commanda, et elle profita de l'inattention de Rosmerta qui partait à l'arrière chercher la bouteille tant convoitée pour déposer l'argent sur la table avant qu'elle ne revienne.

Le rhum fut posé sur la table dans un coup sonore, sous les cris de joie et les acclamations. « T'as jeté un sort à Ammerbach ? » lui demanda alors Qyburn alors qu'elle servait une tournée. Faute de pouvoir répondre la vérité, elle fit un clin d'oeil au septième année et garda le silence. Mais les autres ne se contenteraient pas de si peu, surtout Alex, qui cherchait n'importe quel prétexte pour parler autre chose que d'elle et Chris.

« Sérieux, t'as fait comment ? Insista l'élémentaire de feu en plongeant ses yeux dans ceux de sa meilleure amie, sentant bien qu'il y avait quelque chose qu'elle ne lui disait pas.

- Secret, j'ai dis.

- A moi, tu peux le dire non ?

- Parce que toi tu me dis tout, peut-être ? » Valérie glissa son regard sur Chris, avant de le reporter à nouveau sur Alex. « Tu peux rien me cacher, tu le sais, et je le sais. Lui, ne le sait pas visiblement, chuchota-t-elle rapidement en Italien pour se faire comprendre du moins de monde possible. Mais ne me prends pas pour une cruche. Tu…

- Allez ! Cul-sec ! » Interrompit Qyburn qui avait suivi la conversation de loin sans la comprendre mais avait saisi le ton, sauvant la mise du couple de jeunes Mangemorts dont il avait le secret, croyait-il, exclusif. « On fait un jeu ?

- On va bientôt devoir y aller de toutes façons, répondit Valérie sèchement. Tout le monde n'a pas la chance de se faire escorter par des adultes…

- T'es jalouse Sofia ? Dit alors Chris tout sourire. Tu veux que je t'invite à la prochaine sortie ?

- Non merci Perry ça ira… J'ai pas besoin de ton aide ni pour sortir, ni pour me bourrer la gueule comme tu as pu le voir. Ce n'est pas le cas de tout le monde…

- Val !

- Qu'est-ce qu'il y a Alex, j'ai tord ? » Les yeux de la Serpentard devenaient de plus en plus noirs au fur et à mesure qu'elle parlait. Elle s'était levée et toisait sa meilleure amie de toute sa hauteur - qui ne dépassait pas celle des autres, assis. Toute la rage qu'elle avait accumulée au cours de ces dernières semaines, depuis qu'elle avait rencontré Kreed et que son monde avait été dévasté, menaçait de ressortir, elle dévisageait sa meilleure amie de ses yeux noirs qui s'était levée, elle aussi, le regard plein de flammes.

« Tu sais très bien pourquoi je ne te dis rien de tout ça.

- Et toi, tu es censée savoir pourquoi ça me fait aussi mal ! T'as vu ton état, à Halloween ? Ça va durer encore combien te temps, avant que tu te fasses tuer à ton tour ?

- On est pas tes parents, merde !

- Non, c'est clair, eux ils avaient de l'expérience, et regarde où ça les a menés ! Ça sera quand, ton tour ? Ou le sien ? » Elle tenta de ne pas regarder Perry en disant cela, mais trop tard, son regard avait glissé. C'était la première fois qu'elle perdait à ce point ses moyens depuis que tout était arrivé. Mais à force de ressasser cela à chaque séance de tortur.. de cours, elle avait besoin que ça sorte, et même si ce n'était ni l'endroit, ni le moment, ni les bonnes personnes, c'était bel et bien trop tard. Elle allait ouvrir à nouveau la bouche quand des bras l'encerclèrent et la tirèrent en arrière.

« Ca suffit ! » Valérie se débattait à présent dans les bras de Naytsu, qui malgré leur différence de taille peinait à l'immobiliser. Mais il était en position de force : en effet, il était capable de franchir n'importe quelle barrière mentale rien qu'en touchant la peau de ses victimes… Et ce n'était pas cette pauvre étudiante - malgré le fait qu'elle aie plutôt de bonnes bases à présent, il y avait veillé - qui allait réussir à l'arrêter. Sa présence s'insinua dans son esprit et dans les vapeurs d'alcool et, contrairement à son habitude , fut bienveillante, et calme. Il fallait que quelqu'un ne l'arrête avant qu'elle ne détruise la couverture de tous les Mangemorts présents dans les environs ! D'un geste, il indiqua aux derniers élèves mineurs du café et non-accompagnés de le suivre, la Serpentard toujours dans ses bras. Il accorda un dernier regard à la table de serpents. « Vous connaissez l'heure, je suppose ?

- Minuit dans nos dortoirs, dit Qyburn, inquiet pour le secret de ses amis et à la fois rassuré que celui soit sauf.

- Bien. Bonne soirée dans ce cas. » Naytsu marchait aux côtés de Valérie, accompagnant les élèves jusqu'au château. Il lui faisait la morale par la pensée, pour ne pas attirer l'attention des autres. « Tu veux notre mort à tous ma parole ?

Non ! Je sais pas ce qui m'a pris, c'est sorti tout seul…

- Utilise ta rage à des fins utiles, pas pour te défouler sur ceux qui sont là pour toi.

- Je te rappelle les 200 points et l'année de retenue ?

- Ce n'était pas utile.

- Ha non ? Et le fait qu'elle tente d'ensorceler Sky ?

- Tu n'en sais rien.

- Si je le sais !

- L'important n'est-il pas qu'il soie heureux ?

- Pas avec ça… »

Aux Trois-Balais, Chris et Alex n'osaient pas se regarder. Heureusement que le Mangemort était venu à leur secours ! Sans le réaliser, ils se prirent la main sous la table au moment où leur amie quittait l'endroit, laissant Qyburn et sa nonchalance habituelle apaiser les esprits et les distraire. Ils étaient plus en danger que jamais, à présent qu'un des adeptes de leur maître connaissait leur secret et s'en servait pour leur faire faire ils ne savaient encore quoi… Alex frissonna au souvenir des endoloris à répétition et des rires de sa mère. Qu'allait-il leur arriver ?…

L'ivresse et la fatigue gagnaient les esprits, mais les deux jeunes Mangemorts restaient concentrés. Et inquiets. Qu'allait donc bien pouvoir leur demander l'inconnu de tout à l'heure ? Ils étaient déjà certains du risque. Mais leur vie entière n'était que risques, depuis le retour du Seigneur des Ténèbres ! Devaient-ils passer à côté d'une de leurs seules chance de paix parmi ces temps troubles ? Alex était-elle prête à perdre son amie de toujours au nom de son maître, de sa mission, de Chris ? On ne pouvait pas tout avoir, dans la vie…

Le retour jusqu'au château se fit dans le calme, cette fois. Alex regardait ses pieds, à la lueur de la flamme maqique qui brûlait dans sa main, éclairant son chemin. Elle s'inquiétait pour son amie qui se faisait de plus en plus secrète et distante. Certes, elle se remettait de la mort de ses parents. Mais cela ne justifiait en rien de l'agresser de la sorte ! Elle ne pouvait parler de sa mission à personne, si ce n'était à Chris, et ils n'étaient toujours pas parvenus à trouver la moindre stratégie pour réussir à ramener Potter jusqu'à leur Maître, qui avait été très clair lors de leur dernière rencontre…

Dans la salle commune, le feu ronflait. Valérie était allée prendre une douche brûlante pour se calmer, et était à présent assise en pyjama dans un canapé repliée sur elle-même, Sky lui démêlant son incroyable chevelure à l'aide d'un peigne en argent. Ils restèrent silencieux un instant, profitant de ce moment complice qui les détendait tous les deux, avant que le poursuiveur ne chuchote en Italien : « Tu as failli bien les foutre dans la merde, tu sais…

- Je sais.

- Pourquoi ?

- Parce que j'ai peur pour elle, à ton avis !? Tu as vu son état l'autre fois ?

- On sait pas si…

- Parce que la sang-mêlée te rend stupide en plus maintenant ? Qu'est-ce que tu veux que ce soie d'autre ? Ok, on sait pas ce qu'ils doivent faire, mais on sait pour qui ils travaillent…

- Peut-être. Mais c'est à eux de le faire, et pas à toi de t'en mêler. Tu n'es pas Mangemort. » Pas encore, voulut répondre Valérie, mais un noeud que Sky tentait de défaire la fit taire dans une grimace. Prenant son silence comme une incitation à poursuivre, il continua donc : « Et laisse Samara en-dehors de ça s'il te plait.

- Tu vas la garder combien de temps, celle-là, d'ailleurs ?

- Le temps qu'il te faudra pour revenir faire tes devoirs toute seule et réussir ton année sans son aide ? » Valérie soupira. C'était de sa faute, elle le savait bien, pas besoin de lui rappeler !

La porte s'ouvrit sur des rires et des bruits de pas, et les septième année entrèrent, ainsi que Lestrange. En remarquant la présence les uns des autres, ils se turent, les évènements de la soirée toujours frais dans les mémoires. Délaissant Sky et son peigne, Valérie prit son courage à deux mains, les yeux tirant vers le jaune, et se leva pour faire face au groupe qui venait d'arriver. « Alex.. Chris. Je vous présente mes excuses. J'avais bu, et je n'ai pas réfléchi aux conséquences de ce que je disais.

- C'est pas parce que tes parents ont échoué dans ce qu'on leur a demandé que ça sera le cas de tout le monde, Sofia, dit Chris d'un ton froid.

- Je sais.

- Et c'est pas en nous dénonçant en plein bar que ça va les faire revenir non plus.

Je sais aussi.

- Alors qu'est-ce que t'as foutu bordel ?

- De la bouse de dragon, je sais, je sais, JE SAIS ! Je vous demande pas de me pardonner, je sais bien que je ne le mérite pas. J'ai failli vous attirer dans de plus gros ennuis que ceux que vous avez déjà, et vous avez besoin de soutien, pas qu'on vous démasque en public.

- Et ? Demanda Alex, les bras croisés.

- Et je vous fous la paix.

- Et ?

- Et quoi ? J'ai peur de te perdre Alex, merde, c'est si dur à comprendre !?

- Non. Je sais que je suis incroyable. » Répondit l'élémentaire en ouvrant les bras à Valérie, qui vint s'y blottir avec envie. La chaleur naturelle d'Alex lui avait manqué plus qu'elle ne l'aurait cru. « Je sais que c'est beaucoup pour toi, en ce moment. Mais on gère, d'accord ? Essaie de ne pas t'inquiéter pour nous, et concentre-toi sur toi…

- Comment que tu veux que je m'inquiète pas quand je te vois revenir dans des états comme l'autre fois ? Tu es la seule soeur que j'ai jamais eu ! Et t'as même pas voulu me parler de ce qui t'était arrivé…

- Val'… Si je pouvais t'en parler, je l'aurais fait.

- Je sais, répéta une nouvelle fois la métamorphage émotionnelle en se dégageant de l'étreinte. C'est pour ça que je m'excuse. Je devrais pas péter un plomb comme ça sur vous. Vous avez déjà bien assez de problèmes comme ça.

- Tu es pardonnée…

- Merci…

- … si tu me dis comment tu as fait, pour le rhum ! Acheva Alex, hilare en voyant le rose gagner les yeux de sa meilleure amie. Alors ? Qyburn avait raison, t'as ensorcelé le prof ?

- Non, non… En fait, pendant les retenues il m'apprend à fermer mon esprit… Enfin, à bloquer ses attaques, plutôt.

- Rapport ?

- Je lui ai demandé par la pensée, tout simplement.

- Attends… C'est tout ? Et en quel honneur il t'a dit oui… deux fois ?

- Ca, j'en sais rien. Il est bizarre ?

- On avait remarqué ! » Lança la voix de Sky, qui avait suivi la scène, depuis les canapés. « C'est pas tout ça, mais je suis fatigué, moi. Tu viens Val', que je finisse tes cheveux et qu'on puisse enfin aller se coucher maintenant que c'est terminé ?… »

Valérie appréhendait un peu sa prochaine rencontre en tête-à-tête avec Naytsu. Il l'avait incroyablement ignorée, depuis Pré-au-Lard, et elle s'était bien gardée d'attirer l'attention sur elle. Mais elle ne pouvait oublier la sensation qu'elle avait ressentie, lorsqu'il était dans sa tête, lui faisant imaginer qu'ils dansaient ensemble. Il n'avait jamais été si doux, avec elle, et elle avait découvert une facette du Mangemort qu'elle n'aurait pas cru possible d'exister. Et elle ne savait pas quoi en penser. Ce n'était pas comme si elle avait quelqu'un à qui en parler non plus, entre Alex et Drago qui ne pensaient qu'à leur mission, Sky qui lui parlait de plus en plus de Moriano ou Kreed qu'elle n'avait plus revu depuis deux mois ! Et il avait osé lui dire qu'elle n'était pas seule !

Elle entra dans le bureau sans frapper au moment où Ammerbach reposait son inséparable fiole de cristal noir sur le bureau avec une grimace. Comme à son habitude, elle s'assit en face de lui, son esprit aussi concentré que possible, prête. Depuis peu, elle arrivait à le bloquer avant même qu'il n'entre, bien qu'après la manière dont il l'avait maîtrisée aux Trois-Balais elle se doutait qu'il la ménageait fortement. Elle sentait son esprit s'insinuer en elle lentement, comme la brume gagne les marais, et cela la changea fortement des attaques brutales habituelles. Elle ne s'y était, une fois de plus, pas attendu. Mais de combien de techniques de torture différentes avait-il à son actif ? Trop tard, les souvenirs remontaient, cotonneux, envoutants, presque collants… Et avec eux, les émotions évidemment, prenantes, vives et piquantes. Elle tenta de se concentrer sur Sky, mais Naytsu savait parfaitement comment contrer ces pensées, à présent : il lui rappelait que, pendant qu'elle était ici, lui était avec Moriano. Il lui fallait autre chose, et vite ! En le voyant sourire, elle ne put s'empêcher de repenser au dernier moment qu'ils avaient partagé ensemble, et lui imposa mentalement le souvenir, ainsi qu'une question : Pourquoi ?

Le mangemort se leva et fit lentement le tour de son bureau pour la rejoindre. Il l'incita à se lever, puis lui remonta le visage, sans un mot, aussi doux qu'il l'avait été au village, l'autre jour. Elle avait le regard plongé dans l'océan de ses yeux brillants dans lesquels elle ne parvenait pas à lire. Elle savait juste qu'il se rapprochait. Et avant qu'elle n'aie pu se rendre compte de qui que ce soit, leurs lèvres étaient les unes contre les autres…

Valérie ouvrit brusquement les yeux, assise sur sa chaise, perdue, et remarqua que ceci n'avait été qu'une illusion de plus. «Tu crois qu'en me montrant ce que je veux voir je vais me laisser faire ? » Ses yeux noirs lançaient des éclairs… Comme si elle avait besoin qu'il se foute d'elle maintenant ! Elle en avait marre d'être son jouet, marre de ces maudits cours d'occlumencie qui ne servaient à rien sinon à la mettre à bout de nerfs, marre de tout ! Elle aurait aimé retourner au dernier été, où tout était si paisible, si naturel, où ses parents étaient encore dans sa vie et Moriano, en-dehors ! Elle ne voulait plus… Et pourtant, elle voulait. Elle aurait aimé que les seuls moments où elle s'était sentie bien depuis l'annonce du décès de ses parents n'aient pas été des illusions. Que cette affection qu'elle réalisait avoir pour son professeur, n'existe pas. Que celui qui prenait si soin d'elle malgré sa violence aie vraiment ressenti quelque chose à son encontre…

Naytsu était dévasté de la voir dans cet état après qu'il n'aie que suggéré mentalement quelque chose. Qu'elle voulait, d'après ses dires, mais son comportement disait tout le contraire, jusqu'à ses yeux si noirs qu'on aurait dit de l'encre… Et lui qui était là pour qu'ils arborent cette couleur le plus souvent possible ! Oui, mais là, c'était à lui que ce regard était adressé. Et il n'aurait jamais cru se sentir aussi mal pour une chose si futile que des sentiments, mais visiblement sa perte de contrôle récente commençait à l'atteindre sur plusieurs plans… Oui, c'était sûrement ça… Lentement, il se leva, et fit effectivement le tour du bureau cette fois. « Désire-tu que je te fasse oublier ? » Il ne voulait pas la faire oublier. Mais il ne voulait plus qu'elle souffre à cause de lui - et tant pis pour ce que Strauss dirait, s'il voulait qu'elle soie protégée il n'avait qu'à assumer ses responsabilités ! Oui, mais lui, ne devait-il pas assumer ses sentiments ? Si. Et il le ferait. Si elle était plus heureuse sans lui, soit. Elle leva ses yeux pleins de larmes vers lui et hocha la tête sans réfléchir. « Ce n'est pas forcément pour le mieux. Et c'est douloureux

- J'ai pas peur de la douleur. Je veux juste plus me sentir comme ça… »

Ce fut au tour du Mangemort de hocher la tête, et pour la première fois depuis que Valérie l'avait rencontré, il sortit sa baguette magique de son étui et la posa sur sa tempe, entonnant lentement une longue formule complexe. Soudain, elle eut peur. Si elle oubliait ses parents ? Mais il était trop tard, encore une fois, elle sentait déjà s'évaporer une partie de ce qu'elle ne se souvenait plus vouloir oublier quelques secondes à peine auparavant dans une douleur insoutenable qui la fit saigner du nez. Prise de panique, Valérie rassembla tout ce qu'elle pouvait derrière un mur aussi solide qu'elle pouvait. Elle garda le souvenir de ce dernier Noël qu'elle avait passé en compagnie d'un fils d'Aurors, à qui elle avait offert un faucon - quel était son nom, déjà ? Elle réussit à garder in extremis un peu de cette affection dont elle voulait tant se débarrasser à peine quelques instants plus tôt, mais… Qui aimait-elle, exactement ? Sky, sans doute… Et lorsqu'elle chercha à nouveau quoi protéger de l'intrusion, celle-ci disparut, et avec elle, tous les souvenirs qu'elle avait de Naytsu et qui n'étaient pas lié à Poudlard…

Elle papillonna des yeux, perdue, se demandant ce qu'elle faisait au milieu du bureau de son professeur de potions, avant de se souvenir qu'elle était en retenue pour l'année parce qu'elle avait osé défendre Sky contre .. L'autre, là. Et qu'ils étaient ensemble actuellement, comme à chaque fois qu'elle perdait son temps ici à… à faire quoi, d'ailleurs ? Elle regarda Ammerbach, et remarqua qu'il avait les yeux humides, et ne souriait pas, contrairement à son habitude. Etrange… « Professeur ? Vous allez bien ? » Il se retourna vivement et se saisit de sa fiole de cristal, avant de remarquer qu'elle était vide. Un juron allemand plus tard il faisait à nouveau volte-face, les traits tirés, et la congédiait sèchement.

Sans savoir comment réagir mais heureuse de pouvoir être libérée plus tôt, Valérie quitta le bureau et s'empressa de retrouver Sky, ou Alex, pourvu que ce soie quelqu'un qui réussisse à lui changer les idées. Elle se sentait étrange, ignorait pourquoi, et détestait cela…