Chapitre 18
Je suis réveillée par Josh qui m'appelle dans un cri. Je râle dans un gémissement plaintif et me lève puis descends en pyjama.
« C'est quoi ce bordel ? Me demande-t-il en pointant le sol.
J'ai laissé des traces de boue en rentrant complètement trempée de ma sortie nocturne. Je m'étais dit en rentrant que l'eau sécherait mais je n'ai pas pensé que le bas de mon jean mouillé s'imprégnerait de terre et laisserait des traces derrière moi.
« Je me suis réveillée en pleine nuit et j'ai voulu en profiter pour faire un bain de minuit. Je vais nettoyer, je n'avais pas vu.
Josh me regarde effaré.
« Tu es complètement inconsciente ?
« Il n'allait rien m'arriver. Il n'y a pas de tueur en série dans la tribu, si ?
À part Paul, ai-je envie d'ajouter. Il secoue la tête, exaspéré.
« Tu penses que les vampires sont arrêtés par notre frontière ? Seule en pleine nuit, tu es une proie parfaite. Il n'y a personne pour te protéger, pour l'instant. Est-ce qu'il t'arrive de réfléchir ?
« Ça n'arrive pas tous les jours, apparemment. Il n'y a pas eu d'attaques de vampire depuis trois ans avant ma naissance et c'était à Forks.
« Ta mère a été tuée par un vampire, m'annonce-t-il. Et c'est arrivé à la réserve.
« Quoi ? C'était une crise cardiaque.
« C'était un sang-froid, je suis désolé de te l'apprendre mais nous ne sommes pas tant à l'abri que ça. Certains vampires chassent en ville mais d'autres préfèrent les lieux isolés.
« Mon père l'ignorait, n'est-ce pas ? Il n'a jamais cru aux légendes mais si ma mère est morte d'un vampire, il aurait dû finir par y croire ?
« Nous ne lui avons rien dit, ce n'est pas une nouvelle que nous laissons circuler partout. Je suis désolé de te l'apprendre ainsi mais tu dois comprendre que les sorties nocturnes seule sont dangereuses.
« D'accord, d'accord, je ne sortirai plus seule en pleine nuit.
Il hoche la tête, je me mets au boulot et nettoie toutes les traces que j'ai fait. Après un lavage des mains, je prends mon petit-déjeuner et comme j'ai commencé, je termine et nettoie toute la maison sauf les chambres de Josh et Sam qui s'en occuperont eux-même.
Je regarde un peu la télé puis me décide à rejoindre le chantier pour voir si du monde y travaille et aider un peu, si je peux. En y arrivant, je vois qu'ils sont une dizaine à bosser, Paul est assis sur l'un des troncs du feu de camp, tourné vers la maison. Il boit une canette de soda, je pense que je serai super utile en aidant Paul à faire sa pause. Je m'assois à côté de lui après l'avoir saluer et regarde les autres entrer et sortir de la maison avec des petites planches de bois qui seront la suite des escaliers, je pense.
« Bien dormi ?
« Pas assez, grimacé-je. Je me suis fait griller en laissant de la boue sur mon passage mais t'inquiète, je ne t'ai pas dénoncé.
Il sourit contre sa canette.
« Débutante, souffle-t-il avant de boire.
« Gn gn, répliqué-je.
« Quel manque de répartie, se moque-t-il. Je suis déçu.
« Je manque de sommeil, ne m'en demande pas trop aujourd'hui.
Je ponctue ma phrase d'un bâillement.
« Je vois ça, s'amuse-t-il.
Le silence retombe.
« Pour hier... enfin cette nuit...
Il soupire, cherche ses mots.
« Je suis désolé, j'espère que ça ne va pas changer... notre ennemitié.
Je le regarde du coin de l'œil.
« Notre "ennemitié" ?
« Je ne veux pas briser ton déni à nouveau, sourit-il.
Je souris.
« Tu t'es déjà excusé hier et il ne s'est rien passé... pas vraiment.
Je hausse les épaules.
« Il me semble que notre ennemitié est intacte, conclue-je.
« Ouais, lâche-t-il dans un souffle.
Je regarde son profil puisqu'il ne tourne pas la tête vers moi. Je crois qu'il est dans une sorte de croisée des chemins, un peu perdu à ne pas savoir quelle route prendre. Rachel d'un côté pour qui il éprouve des sentiments sincères même s'il n'est plus sûr d'être vraiment amoureux d'elle. Probablement dû à la distance et son sentiment de ne pas être assez bien. Moi, de l'autre pour qui il n'éprouve pas encore ces sentiments, je pense, mais peut-être des bébés sentiments qui lui ont tracé ce chemin vers moi. Je dois être dans la même situation que lui parce que, oui, j'ai espéré recevoir ce baiser sauf que, techniquement, je ne suis censée avoir personne sur aucune de ces deux routes, Paul ayant une copine et Edward étant sur le point de m'être inaccessible puisqu'il rencontrera son âme-sœur. S'il me retrouve. Mes deux routes ont des panneaux stop, des feux rouges et des panneaux route glissante qui veulent m'alerter et je ne dois pas refuser de les voir.
Paul tourne finalement la tête vers moi, il me scrute puis se décide à désamorcer mes pensées avec une blague :
« Je sais que je suis magnifique, Bells, mais arrête de m'admirer, je vais croire que tu m'aimes bien, en fin de compte.
Je lève les yeux au ciel. Je devrais faire en sorte de calmer les choses et je viens de trouver l'idée parfaite.
« Je me disais que si Rachel te manque, tu peux la rejoindre pour quelques jours, ça lui fera plaisir si tu lui fais la surprise. Il n'y a pas de raison que tu ne puisses pas avant l'anniversaire.
Et tu pourras retrouver ta route, pensé-je. Je suis probablement en train de marquer un but contre mon camp mais je ne veux pas être dans ce camp si je brise un couple. C'est mieux comme ça. Il sourit et hoche la tête.
« C'est peut-être une bonne idée... enfin, imagine, elle veut juste être tranquille ? Elle aurait pu réviser ici mais elle m'a dit que je la déconcentrerais trop.
« Forcément, elle serait à côté, tu irais forcément tout le temps la voir. Alors que là, c'est juste deux-trois jours, ça lui fera une pause et ça ne fait pas de mal.
Il y réfléchit et hoche la tête.
« Tu as raison, je vais organiser ça, il faut que je vois avec mes parents pour savoir quand ils pourraient me laisser partir plusieurs jours.
La mention de ses parents me rappelle ce qu'il m'a confié à propos de son père. Je suis persuadée qu'il devrait en parler aux chefs, ils sont censés gérer ce genre de trucs, normalement. Je ne sais pas si je dois trahir sa confiance et leur en parler moi-même ou le convaincre d'en parler quitte à le saouler avec ça.
Ophie et moi sortons du cinéma, hilares devant le ridicule du scénario du film que nous n'avons vu qu'à moitié, du coup. Nous avons préféré nous préserver en ne regardant pas la suite. Nous sommes vendredi 27 août, nous avons voulu profiter d'être toujours en vacances pour aller au ciné. Sam et Leah nous ont déposées et ils reviendront nous chercher devant le ciné à la fin du film, soit dans une heure. Ils ont décidé de prendre ce temps pour se faire un resto en amoureux.
« Tu veux voir le foyer où j'étais avant d'être kidnappée par les Quileutes ? Il y a un peu de marche, cependant, ce n'est pas tout près.
Ophie hoche la tête avec le sourire. Nous sommes à Port Angeles, il n'y a pas de cinéma digne de ce nom plus près. Je la guide dans la direction qu'il faut.
* Tu as des nouvelles de Paul ? S'enquiert-elle.
« Pas depuis son départ, il doit être arrivé là-bas et batifoler avec Rachel. Il revient lundi soir.
Elle hoche la tête. Ça fait à peu près deux semaines qu'il a failli se passer quelque-chose entre Paul et moi, j'ai gardé ce secret tout ce temps mais je sens que mon envie de m'épancher me fait vaciller.
« Je dois t'avouer un truc.
Elle me regarde.
« Ne me juge pas mais...
Je soupire.
« Paul et moi, on a failli s'embrasser.
Elle écarquille les yeux.
* C'était quand ? Dis-moi tout !
« Il y a 15 jours, à peu près. On est parti à l'aventure en pleine nuit pour se faire un peu peur et tout et... je sais pas, c'était un moment étrange, propice à ce genre de trucs, j'imagine. Du moins avec la bonne personne. Il s'est rappelé qu'il avait une copine juste avant de fauter, heureusement.
* Je me suis déjà fait la réflexion que vous iriez bien ensemble, m'avoue-t-elle.
« Tu ne m'aides pas, tu es censée me dire "c'est pas bien, ça se fait pas, shame on you".
Elle écarte les mains en haussant les épaules puis se remet à signer :
* Tu m'as dit de ne pas te juger. Et puis, vous ne vous êtes pas embrassés, au final. Ce n'était pas ton idée qu'il aille voir Rachel pour lui faire la surprise ?
« Euh... si.
* Tu ne veux donc rien avec lui ?
« Il a une copine et je ne sais pas si je suis prête à faire une croix sur Edward encore. Il y a peut-être un monde où il ne rencontre pas son... quelqu'un qui serait genre l'amour de sa vie.
* Tu as raison. Paul a Rachel et si tu penses encore à ton ex, c'est chiant.
« Exactement.
* Tu es prête pour ta dernière année de lycée ?
« Ça va, le lycée de la réserve est petit et je connais déjà pas mal de monde qui iront donc c'est tranquille. Et toi ?
* Je n'ai pas hâte.
« Dommage que tu ne viennes pas à la réserve.
Elle hoche la tête. Je m'arrête lorsque nous arrivons devant le bâtiment jaune beige.
« Et voilà, mon ancien foyer dans lequel j'ai vécu deux mois. Maintenant que nous sommes là, je me dis que ce n'est pas du tout intéressant.
Elle me cogne l'épaule pour me faire la regarder.
* Au moins j'ai une image d'où tu vivais avant et, de toute façon, nous avons du temps à tuer.
« C'est vrai. Bon, bah, retournons sur nos pas pour retourner vers le centre ville.
Elle hoche la tête et nous faisons demi-tour. Revoir le foyer et les alentours me rappellent trop Edward et je suis un peu nostalgique. Ophie attire mon attention.
* Ça va ? S'inquiète-t-elle.
« Ouais, t'inquiète. Hé, je viens de penser, je n'ai jamais vu ta mère, en fait. Soit elle est à l'hôpital soit on traîne hors de chez toi.
* Ma mère travaille souvent, en effet, ils n'ont pas beaucoup d'effectifs. Et elle n'est pas toujours de bonne humeur alors je n'aime pas trop la présenter à mes amis. Je n'ai pas envie qu'elle râle devant tout le monde.
« Oh, je vois.
Ophie me sourit. Un bruit attire notre attention derrière nous, nous nous retournons. Je me rappelle qu'il peut y avoir des vampires qui se baladent car il y a justement un vampire, là, et il me regarde totalement intéressé par se nourrir. Je suis terrifiée mais toujours incapable de me bouger le cul pour fuir parce que je suis aussi fascinée. C'est comme un accident, c'est terrible mais tu ne peux pas détourner les yeux. Je bataille dur pour me tourner vers Ophie qui se trouve dans la même situation que moi. Elle a peur mais son regard exprime aussi sa fascination. Je la secoue.
« Cours ! Va-t-en.
Je la pousse en arrière, elle m'obéit et court pour s'éloigner. Je me tourne vers le vampire qui me regarde avec fascination.
« Tu es courageuse de te sacrifier pour ta copine mais c'est de ton sang dont j'ai envie, de toute façon.
Il se pourlèche les lèvres, je grimace parce que ça le fait passer pour un pervers.
« Il y a quelque-chose avec toi, sourit-il. C'est comme si ton sang m'appelait, il chante pour mon odorat.
« Je crois... que tu te trompes de sens.
Il ne me répond pas parce qu'un truc se jette sur lui et le mord au cou. Ce truc, c'est un autre vampire, visiblement. Un vampire aux cheveux brun-cuivré en bataille. Il lui tient le front d'une main et le reste du corps de l'autre et dans un craquement, le décapite. Je regarde le corps tomber et la tête rouler un peu plus loin. Puis je remonte mon regard vers le vampire qui me fixe de ses yeux assoiffés.
« J'ai parlé justement de toi tout à l'heure, avec... un pote. Qu'est-ce que tu fais là ?
Il penche la tête et me sourit. J'ai envie de sauter sur lui mais vu ses yeux et son attitude distante, je pense que je ferai mieux de rester là.
« Il avait l'air d'une fille, ton pote. Alice a eu une vision, j'ai accouru en espérant arriver à temps. C'est pas parce qu'on ne peut pas être ensemble que je ne garde pas un œil sur toi, à travers le don d'Alice.
« Tu l'as vue ? Et donc ?
« Vaguement dans la vision d'Alice. Et donc quoi ?
« Elle est... tu sais ? L'amour de ta vie, les hirondelles bleues etc...
Il ricane.
« Aucune idée, je ne l'ai pas rencontrée, encore. Les visions d'Alice te concernant sont floues, alors je ne sais même pas vraiment à quoi il ressemble.
« Tant mieux.
Il arque un sourcil.
« Je ne désespère pas de t'empêcher de rencontrer ton âme-sœur afin de prendre sa place... qui est la mienne, j'étais là avant.
« Je suis revenu un peu trop tôt, visiblement.
« Qu'est-ce que tu veux dire ?
Il hésite à répondre.
« Ton sang n'est pas encore périmé, dit-il en haussant les épaules. Je pense que tu as du mal à m'oublier à cause de la fascination qu'engendre ma nature et en te revoyant, maintenant, je me demande si je tiens tant que ça à être avec la bonne personne pour moi et te laisser être avec la bonne pour toi.
Et comme ça, Edward balaye tous les panneaux de sa route. Il ne me reste qu'à savoir si je veux vraiment ré-emprunter cette route ou si j'en attends une nouvelle vers quelqu'un que je pourrais aimer et avoir sans le voler à une copine ou à une âme-sœur.
« Je ne pense pas qu'il y aie de bonne ou de mauvaise personne pour moi, je pense que ce sera celui que je choisirai qui le sera. Il ne me reste plus... qu'à choisir. Bref... se peut-il que mon sang se périme quand ma sœur obtiendra son pouvoir lunaire ?
« C'est ce qu'Alice pense, tu sais quand ce sera ? Parce qu'on ne sait pas, nous.
« Notre anniversaire, celui qui arrive.
Il hoche la tête.
« Nous aviserons à partir de là, alors, m'indique-t-il.
Je souris et tente de m'approcher mais il me stoppe d'une main.
« Je me suis nourri il y a trois jours et je suis déjà assoiffé à cause de ton sang donc ne joue pas avec le feu, Bells. Je vais devoir y aller avant de déchiqueter le joli cou que tu as là.
Je me renfrogne.
« Mais...
Je me tais quand je vois qu'il a disparu, comme s'il s'était téléporté. Les deux morceaux de vampires ont disparu aussi.
« Sympa, merci. Au revoir, si jamais.
Je n'ai pas demandé son nouveau numéro et je ne lui ai pas dit où j'habitais mais il semble qu'il puisse me retrouver avec les visions floues d'Alice. J'essaye de calmer la montée d'adrénaline que j'ai obtenu avec l'attaque et la vision d'un vampire se faisant décapiter par mon ex. Je me tourne et maintenant, il faut que je retrouve Ophie. Je sors mon téléphone mais entends la sirène de police au loin. Dans la logique des choses... j'attends et regarde la voiture de police arriver et s'arrêter à mon niveau. Les deux policiers sortent, l'un d'eux ouvre la portière arrière où se trouve Ophie qui a dû les guider. Elle court et me prend dans ses bras, elle serre tellement que je pense à une tentative de meurtre. Il ne semble pas qu'elle veuille me relâcher.
« Ophie, je vais bien, je t'assure.
Elle ne me relâche toujours pas alors je frotte mes mains dans son dos pour la calmer. Elle pleure si j'en crois les soubresauts de son corps.
« Ça va, tout va bien. C'est fini.
Elle me relâche finalement, elle a encore des larmes qui glissent sur ses joues. Je souris pour la rassurer et les essuies avec mes pouces en encadrant son visage.
« Mademoiselle, tout va bien ? M'interpelle l'un des policiers.
« Oui, ça va.
« Votre amie nous a dit que vous étiez sur le point de vous faire agresser. L'agresseur est parti depuis longtemps ? Dans quelle direction ?
« Il est parti y a cinq-dix minutes. Par là, dis-je en pointant la direction.
L'autre policier indique la zone dans son talkie-walkie.
« Vous allez d'abord nous le décrire avant d'oublier des détails importants, m'indique-t-il en sortant un carnet et un stylo.
« Euh... il avait les cheveux courts, châtains ou blond foncé. Les yeux noirs et il faisait à peu près...
Je mesure avec ma main, devant moi.
« 1m70, environ.
* Il avait la peau très blanche, dis-leur.
« Il avait la peau pâle.
Le policier note sur son carnet pendant que l'autre répète tout dans son appareil.
« Pas d'autres détails qui vous viennent en tête ? Un signe particulier, un tatouage ? Comment était-il habillé ?
« Non rien de tout ça, il avait un polo bleu marine ou noir et un jean. Je ne vois rien d'autre.
« Ok. Que s'est-il passé ?
« Il est arrivé par derrière et il nous... il allait nous agresser, j'ai dit à Ophélia de courir en espérant réussir à m'en dépêtrer seule.
« Pourquoi ne pas avoir couru, vous aussi ?
« Parce qu'il nous aurait rattrapées alors que si je restais, Ophélia serait au moins saine et sauve.
« Ensuite ?
« Je lui ai donné un coup de pied dans les parties... sensibles. Et il a fui.
« Il a fui ?
« Ouais, je suis effrayante.
« Vous ne vous laissez pas abattre, c'est bien. J'ai besoin de vos numéros de téléphone, vos noms et coordonnées.
Il tend le carnet à Ophélia qui inscrit tout, elle me passe le carnet, je note mon nom, Lunabell Swan et... je ne connais pas l'adresse où j'habite alors j'inscris seulement "réserve Quileute, La Push, chez Joshua Uley".
« Très bien, on vous appellera si on arrête un suspect. Voulez-vous qu'on vous raccompagne chez vous ?
« Non, c'est bon, des amis viennent nous chercher devant le ciné, ils doivent déjà être là.
« Laissez-nous vous accompagner jusqu'au cinéma, alors.
« Ok, accepté-je parce qu'Ophie est encore affectée et je pense qu'elle a besoin de ne pas être dans la rue.
Je sais que le danger est écarté, ils ne retrouveront jamais le suspect puisqu'il est mort. Merde, putain, j'ai vu quelqu'un mourir. Peut-être que j'ai besoin qu'on me raccompagne aussi, en fait. Nous montons à l'arrière, les deux policiers à l'avant et le conducteur démarre. Sam et Leah patientent déjà devant le ciné, Sam regarde la voiture de police s'arrêter sur le bord de la route et fronce les sourcils en voyant le policier nous ouvrir la portière.
« Merci, le remercié-je. Nos amis sont là.
Il regarde qui je pointe et hoche la tête.
« N'hésitez pas à voir un spécialiste si besoin, même si vous n'avez rien eu, la situation peut être traumatisante.
« D'accord, merci, bonne soirée.
Nous nous approchons du couple, Ophie me tient par le bras.
« Qu'est-il arrivé ? Demande Sam, inquiet.
J'apprécie qu'il ne pense pas que nous ayons fait quelque-chose de mal.
« Le film était nul alors on a décidé de se balader et un mec est apparu pour nous agresser, j'ai dit à Ophélia de courir, elle a été chercher la police mais j'ai réussi à le faire fuir donc tout va bien.
« Tu vas bien ?
« Ouais.
« Ophie ?
Elle hoche la tête mais il n'en croit rien car elle s'accroche à mon bras, un peu tremblante.
« Rentrons, décide-t-il. Une bonne nuit en sécurité chez toi devrait te faire aller mieux.
Nous montons dans la voiture, je prends la main d'Ophie pour continuer à la rassurer. Elle la relâche pour me parler.
* Le mec était trop flippant.
« Ouais, c'est clair, ça se voyait que c'était un psychopathe.
* Mais je ne comprends pas parce que je l'ai trouvé...
Elle s'arrête un instant et reprends :
* Beau mais pas d'une façon où il me plairait. Il avait quelque-chose de fascinant.
L'effet vampirique.
* Je ne suis pas normale.
« Si, tu es normale. Je pense que c'était l'adrénaline, ça a complètement perturbé tes émotions et tu ne savais plus vraiment comment tu te sentais.
Elle hoche la tête et reprend ma main pour se rassurer. C'est sa première fois avec un vampire, je pense que je n'étais pas dans un meilleur état après ma première tentative d'agression. Sam la dépose chez elle puis dépose Leah ensuite avant de nous ramener chez nous. Nous entrons dans une maison silencieuse et obscure jusqu'à ce que Sam aie la bonne idée d'allumer.
« C'était un vampire, révélé-je de but en blanc.
Il est à la fois surpris et effaré, il y a un temps mort avant qu'il ne puisse dire quelque-chose.
« Tu es sûre ?
« Plutôt sûre, oui. Teint cadavre, yeux noirs.
Je ne vais pas jouer les idiotes à cacher ce qu'il s'est passé, même si je suis sauve maintenant.
« Les vampires ont les yeux rouges, conteste-t-il.
« Pas quand ils sont assoiffés.
« Merde, comment tu as réussi à te sortir de là ?
Je cherche une excuse mais rien ne serait assez crédible.
« Attends, me devance-t-il. Comment tu sais que les vampires ont les yeux noirs quand ils sont assoiffés ?
Je crois que c'est le moment des révélations. J'espère que j'ai raison de lui faire confiance.
« Tu as besoin de t'asseoir, viens, on va dans ma chambre.
Il fronce les sourcils et regarde le canapé.
« Je ne veux pas que Josh entende, s'il se lève ou je ne sais quoi, je ne veux pas prendre de risque. Je t'assure que ce n'est pas un rendez-vous. J'ai déjà assez de routes interdites.
« De routes interdites ? Répète-t-il en me suivant dans les escaliers.
« Tu peux pas comprendre.
Une route vers Edward, une autre vers Paul. J'aimerais un bouton on/off sur mes sentiments mais en même temps, je ne sais pas si j'ai envie d'appuyer sur off. Je ferme la porte dès qu'il est entré, je pointe le bord de mon lit pour qu'il s'y assoit, je m'assois à côté de lui, de travers.
« J'ai su l'existence des vampires et je sais que les vampires ont les yeux noirs quand ils sont assoiffés parce que mon ex est un vampire.
Il tourne vivement la tête vers moi.
« Quoi ? Tu es sorti avec un vampire ?
« Il était humain à la base, hein. Je me suis fait agressée dans une ruelle en l'attendant, par un vampire. Il m'a sauvée en me bousculant et s'est fait mordre à ma place. Il s'est transformé en vampire, je ne pense pas qu'on aurait pu faire quelque-chose, le poison a visiblement traversé son corps très vite. Il a été torturé par le poison pendant trois jours et finalement, il est devenu un vampire. On est resté ensemble mais mon sang l'attirait trop quand il avait soif et on a été obligé de rompre. Il y a deux vampires qui sont venus à la rescousse de la première agression et ont poursuivi le vampire, l'une des deux a des visions de l'avenir et elle a vu l'agression de ce soir, mon ex m'a de nouveau sauvée, en tuant le vampire cette fois.
Il déglutit et essaye d'assimiler ce que je viens de lui raconter.
« Donc ton ex est un gentil vampire ? En tout cas, il est gentil avec toi.
« Avec tout le monde, je lui ai fait boire du sang animal et ça fonctionne. Les deux autres se nourrissent aussi d'animaux, ils ont les yeux dorés et non rouges quand ils n'ont pas soif.
« Je vois. Ton ex compte venir ici ? S'enquiert-il.
« Je ne pense pas qu'il viendrait ici. Surtout s'il y a des loups tueurs de vampires dans le coin. Peut-être qu'il reviendra à Port Angeles, c'est ce qui était prévu, à la base.
Je le laisse assimiler.
« S'il te plaît, ne dit rien aux chefs, mon ex ne me fera pas de mal et Alice dit que mon sang ne sera plus attirant dès que ma sœur aura son pouvoir.
« Je ne vois pas ce qu'ils pourraient faire contre lui, de toute façon. Si ton ex est gentil et qu'il te protège, je ne me vois pas vouloir le tuer, une fois que je serai un loup. J'essaierai de plaider sa cause avec toi auprès de Jake s'il n'est pas du même avis mais s'il habite Port Angeles, Jake n'est pas obligé d'apprendre son existence, tu n'as aucune obligation envers la tribu donc il ne peut pas t'interdire de vagabonder. Si ton sang n'est effectivement plus attirant et que ton vampire te protège d'autres éventuels vampires, ça me va.
Je souris.
« Merci, je suis contente de pouvoir te faire confiance.
« T'es un peu comme ma petite sœur, maintenant, petite fille, s'amuse-t-il en pinçant mon nez.
« Mais !
Il ricane et se lève.
« Allez, essaye de dormir et dis-moi si jamais y a quoi que ce soit. Bonne nuit.
« Bonne nuit, souris-je.
Je passe une grande partie de la nuit à échanger des sms avec Ophie jusqu'à ce qu'elle réussisse à s'endormir.
