Chapitre 20

Je suis en retard à ma propre fête d'anniversaire. La fête devait commencer à 22h, une fois la nuit tombée, mais j'ai eu un problème d'intoxication alimentaire. Les fruits de mer mangés au dîner ne sont pas passés, j'aurais dû y penser et en manger moins, ils me créent des problèmes une fois sur deux et cette fois était la mauvaise fois.

Une fois que j'ai tout rendu, je me suis sentie mieux et maintenant que je me suis lavée les dents et débarbouillée, je peux enfin rejoindre notre fête. Paul se trouve derrière la porte quand je l'ouvre pour sortir. Il semble soulagé de me trouver.

« J'ai cru que tu avais profité du manque d'attention pour fuir la réserve.

« Les fruits de mer que Josh a préparé pour fêter mes 17 ans ne sont pas passés.

« Tu es malade ?

« Ça va mieux, je suis prête, je ne veux pas faire attendre tout le monde.

Je sors et ferme la porte puis nous commençons à marcher, il se gratte la tête.

« Je pense qu'ils ont déjà commencé.

« Sérieux ?

« Billy, ne te voyant pas, a demandé après toi et personne ne savait où tu étais alors... il a cru que tu ne voulais pas participer. Josh lui a demandé d'attendre et m'a envoyé te chercher mais je ne sais pas si Billy l'a écouté.

« C'est pas comme si je l'avais déjà apprécié, de toute façon. Il pensait vraiment que je ne voudrais pas participer à mon anniversaire avec ma sœur, mes amis et puisqu'il le faut, Jacob ?

Nous arrivons sur le terrain près du feu de camp, les gars se sont regroupés, seulement ceux concernés par le truc de loup. Billy et Harry sont assis sur leur tronc du feu de camp mais tournés dans l'autre sens pour faire face à la fête. Josh, qui discute avec Loona et Jake près d'eux, m'aperçoit et son sourire s'agrandit.

« Ah, Bella, tu es là, fait-il enjoué. Viens.

Il me fait le signe de venir avec la main, je le rejoins.

« Ça va ? Tu avais un problème ? On se demandait si tu ne voulais plus venir, finalement, mais je pense que tu as eu un soucis.

« J'ai été malade à cause des fruits de mer, désolée d'avoir retardé la fête.

« Mince, ça va mieux ?

Je hoche la tête.

« Tant mieux et ce n'est pas grave, ce n'était pas de ta faute.

Il se racle la gorge.

« Que tout le monde prenne un verre, nous pouvons débuter cette soirée d'anniversaire par un petit discours de Billy.

Ils vont vraiment faire de notre anniversaire quelque-chose de pompeux ? Je me dirige vers la table drapée d'une nappe fleurie où se trouve déjà des verres remplis par une boisson pétillante sans alcool. Une fois que nous avons notre verre, tout le monde forme un demi-cercle devant Billy et Harry, nous restons debout. Joshua s'assoit de l'autre côté de Billy, Loona et moi nous déplaçons à leur gauche quand Harry nous le demande.

« Comme vous le savez, c'est un grand jour puisque c'est l'anniversaire de Loona-Isha et de Lunabell. Les filles, un bon anniversaire à vous deux pour vos 17 ans.

Loona et moi hochons la tête, elle ajoute un "merci" timide.

« Harry, Joshua et moi avons une petite pensée pour Mahina, votre mère, qui a permis votre arrivée. Nous sommes très heureux de vous avoir parmi nous.

Il sourit et je vois une lueur triste dans son regard avant de reprendre contenance.

« C'est aussi un grand soir pour Loona qui va recevoir la marque de la lune et qui vous transmettra ainsi son pouvoir afin que nous puissions retrouver nos guerriers-loups. Pensez à regarder la lune ce soir et la remercier pour ce cadeau que son esprit nous a fait.

Je lève machinalement le regard pour voir la lune, totalement pleine et vraiment très luminescente au dessus de nous. Elle a l'air plus grande mais c'est parce qu'elle est au plus proche de la Terre. L'une des conditions essentielle pour l'apparition de la lune d'argent. L'autre étant la place de la Terre et celle du soleil afin que les rayons du dernier frappe la lune avant de nous rejoindre dans un certain angle. C'est ce qui fait qu'elle est beaucoup plus luisante ce soir.

Comme elle l'a été la nuit de notre naissance. C'est cette lune qui a déclenché l'accouchement et c'est ainsi que nous sommes nées avec quelques jours d'avance. Si ma mère n'était pas tombée enceinte au bon moment, nous serions des filles normales, enfin, Loona le serait et nous aurions la bonne couleur de cheveux et la bonne couleur de teint... ou nous serions nées trop tôt et nous n'aurions pas survécu. Tout s'est joué à rien. Ou alors... ou alors le destin est vraiment une merde et ma mère a été prise d'une envie insufflée par la lune au bon moment. Je ris pour moi-même. Ça ne m'étonnerait même pas que ce soit ça.

« Qu'y a-t-il de drôle ? Me demande Loona.

« J'étais en train de me dire que nos parents ont probablement été pris d'une envie de crapahuter tout nus sous la couette à cause de la lune.

Elle me regarde dépitée mais elle finit par en rire.

« Probablement, sourit-elle.

« Bon notranniversaire, alors.

« Joyeux notranniversaire, Bells.

Je souris en l'entendant utiliser le surnom de mon surnom. Maintenant que le petit discours de Billy est fini, nous discutons avec tout le monde. Jake se colle au dos de Loona et l'enserre contre lui, elle tient ses mains mais semble soucieuse. Je pense qu'elle est nerveuse à propos de la marque qu'elle va recevoir. Après tout, c'est cette nuit que sa vie va changer.

Paul m'attrape la main sans dire quoi que ce soit, je le regarde avec interrogation mais il m'entraîne derrière lui dans un coin reculé.

« Ils savent tous que je suis partie avec toi, le préviens-je. Ce n'est pas le moment de commencer ta série de meurtres.

« Merde, grommelle-t-il. Je pensais que ce soir serait idéal.

Il s'arrête quand il pense que nous sommes suffisamment loin des autres.

« Je sais que tu n'as pas parlé de cadeau mais... j'ai un truc. Pour toi.

Je souris, curieuse.

« Qu'est-ce que c'est ? C'est où ?

« Hé, du calme ! C'est rien, ok. C'est aussi rien que tu l'es.

Je le regarde, faussement dépitée. Il est bien sûr hors de question de montrer à quel point j'apprécie et suis amusée qu'il soit sarcastique lui aussi. Il passe sa main dans sa poche et en sort un petit coffret carré. Ça ressemble à un coffret de bague.

« Je suis contre le mariage, Paul. Hors de question que tu me pièges.

Il ricane.

« Je ne te demande pas en mariage ! Être coincé avec toi pour la vie ? Plutôt crever. Je l'ai fait moi-même, comme si j'allais dépenser tout mon argent pour toi.

Il ouvre le coffret et il y a quelque-chose qui ne ressemble pas à grand chose d'entasser dedans. Il récupère l'objet et je découvre un bracelet en argent.

« Il m'arrive de passer du temps dans la joaillerie de ma belle-mère, elle m'a appris deux-trois trucs. Je me suis dit que ça te plairait. Je te le mets ?

Je ne sais pas quoi dire, je hoche la tête et lui tends mon bras gauche.

« Le bras gauche, le bras du cœur, il paraît. Ne m'aime pas trop, s'il te plaît.

« Hé, c'était une chance sur deux, râlé-je.

Il sourit en m'accrochant le bracelet et le fait tourner. C'est une triple chaînes en argent, il y a une étoile en diamant dans la continuité de la chaîne du milieu et quelques breloques en forme de clochettes et trois en forme de lune, chacune représentant une phase de celle-ci. Les breloques sont très fines pour ne pas surcharger le bracelet. Je secoue mon poignet et ça fait un son assez discret et agréable.

« C'est le meilleur cadeau dont j'aurais jamais pu rêver, merci.

« C'est juste un bracelet, tu es trop dramatique.

Je le fixe.

« Un bracelet que tu as fait et qui me représente. C'est un cadeau personnel, beaucoup plus que juste acheter un truc cher dans un magasin.

« Dégoûté que tu aimes, grimace-t-il faussement.

Puis il sourit amusé et d'une main, glisse mes cheveux libres derrière mon oreille, sa main s'attarde sur ma joue. Nos sourires ont disparu, nos regards ne se quittent pas et... il se rapproche, moi aussi et nos lèvres se rejoignent. C'est un baiser tendre mais j'en ressens toute l'intensité. Il met fin au baiser mais me garde dans ses bras.

« Tu m'aimes assez bien finalement, remarqué-je.

« J'ai accroché des décorations pour toi.

Je pouffe.

« Tu as déjà utilisé ça pour justifier de ta gentillesse.

« M'en demande pas trop, jeune étoile.

« Jeune étoile ?

Il hausse les épaules.

« Ta sœur est la fille de la lune, tu peux bien être une étoile.

« J'aime assez être une étoile.

« Je ne suis pas quelqu'un de romantique, c'est le maximum que tu auras, je te préviens.

« Ça me va, j'ai un peu de mal avec ça aussi et tout ce qui est... tu sais ? Dévoiler mes sentiments blabla.

Il se détache et me traîne avec lui pour je ne sais quelle raison.

« Nos âmes sont des copies, ce n'est pas possible. Pourtant tu as bien dit que les opposés s'attiraient ?

« Qui se ressemblent, s'assemblent.

Il s'arrête et me fait face.

« S'il y a une expression pour les deux cas, à quoi bon ? Soupire-t-il.

Il trouve un arbre déraciné, il grimpe dessus et s'y assoit, il me place devant lui, dos à lui et m'entoure de ses bras.

« Tu veux sortir avec moi ? Pas de façon débile, je veux dire, vraiment être avec moi ?

« Je t'ai laissé m'embrasser donc oui, ça me plairait assez.

« Ça, c'est parce que tu ne me connais pas assez bien.

« Je suis à deux doigts de penser que ce n'est pas une blague, cette fois.

« Peut-être... glisse-t-il. Je ne suis pas... quelqu'un de bien. J'ai peur de plus ressembler à mon père que je ne le veuille... et ne l'admette. Je suis colérique comme personne et je tiens ça de lui. J'ai peur... de ne pas être assez bien pour toi.

« Oh, stop.

J'essaye de me tourner mais il m'en empêche en me maintenant.

« Je ne pense pas être le bon pour toi.

« C'est bien pour ça que je... j'aime traîner avec toi, à toutes heures du jour et de la nuit. Je sais que quelqu'un est le bon pour moi et crois-moi, je ne le veux pas parce que je n'aime pas que le destin ou quelqu'un décide pour moi. Peu importe qui c'est. C'est toi que je veux, c'est tout.

Il colle son nez dans mes cheveux, contre ma tête.

« Je suis sérieux quand je dis que je ne suis pas quelqu'un de bien, Bells. J'ai peur de finir par devenir... mauvais pour toi, un truc comme ça. J'ai peur de devenir mon père.

« Je crois que tu as remarqué que je savais me défendre et je ne suis pas une sainte non plus. Je ferai fuir n'importe quel gentil garçon, laissons les bons entre eux et restons entre nous. Peut-être que notre relation deviendra impossible et alors ? Quand elle ne nous conviendra plus, nos chemins se sépareront et c'est tout. On a au moins la chance de ne pas être piégés comme des âmes-sœurs ou des imprégnés ou encore comme Loona et Jake. Je ne vais pas te laisser me briser ou ne serait-ce que m'abîmer un peu. En matière de truc mauvais, je pense que tu ne feras pas pire que mon ex quand il a... quand il est... en manque.

« Je suis colérique, pire, j'ai déjà passé mes nerfs sur toi sans que tu ne le mérites, essaye-t-il de me convaincre. Imagine quand je serais harassé par la vie, si nous allons jusque là ? Ton ex drogué ne peut pas être pire.

« Il avait parfois envie de me tuer, dans ses gros moments de manque.

Sa respiration se coupe.

« Ok, il a gagné, je ne peux pas lutter contre ça.

« Ça fait deux minutes que nous sortons ensemble, on a quand même une conversation trop sérieuse par rapport au temps passé ensemble.

Il laisse un souffle de rire sortir de son nez.

« C'est pas faux mais je trouve que ça donne les bases, au moins on sait où on va et où on ne va pas. J'espère néanmoins que tu ne vois plus ton ex.

« Hm...

« Quoi ?

« C'est mon meilleur ami, on ne se voit pas parce qu'il est parti mais il va revenir, ça devrait être imminent, d'ailleurs.

Je le sens se tendre derrière moi. Je me tourne, cette fois il me laisse faire.

« Il est dangereux, me signale-t-il comme une évidence.

Je pensais qu'il était jaloux mais c'est de la protection, finalement.

« Il avait envie de me tuer mais il ne le voulait pas, il était assez lucide pour me mettre en sécurité dans ces moments, il a rompu pour cette raison et il en a fini... avec son problème.

« Tu es sûre que c'est fini avec lui ?

« Je ne suis pas Rachel, ok ?

« Je sais mais tu pensais toujours à lui, il y a un mois de ça. Est-ce toujours le cas ?

« J'ai choisi mon chemin, je t'ai choisi toi.

« Parce que je suis là. Qu'en sera-t-il quand il reviendra ?

« J'espère assez le caser avec Ophie, ils iraient vraiment bien ensemble.

« Tu veux caser ton ex junkie avec ta meilleure amie ?

« Ce qui prouve bien que j'ai fait mon choix. Il a travaillé sur ses problèmes d'addiction. Je ne te mentirai pas, alors oui, j'ai encore des sentiments pour lui mais j'en ai pour toi, je me demande pourquoi il ne sort pas du coin de ma tête mais il le fera parce que je l'ai décidé. Si tu as besoin, on peut attendre encore avant d'être vraiment en couple. Si tu veux être sûr de moi, on peut attendre que je l'ai mis derrière moi. Il reste cependant mon meilleur ami, j'ai promis de ne jamais l'abandonner et je tiens mes promesses, c'est une règle.

« Promets-moi de ne pas retomber dans ses bras tant qu'il y aura un nous.

Il nous pointe l'un l'autre tour à tour.

« J'aime qu'il y aie un nous, ajoute-t-il, je ne veux pas qu'on gâche ça.

« Je te le promets, ni lui ni personne d'autre. J'aime aussi ce nous.

Il hoche la tête et m'embrasse pour sceller ma promesse ou parce qu'il en a envie.

« S'il fait du mal à Ophélia, je m'en fous, je le tue.

« Je l'aurais tué avant.

Nous retournons auprès des autres, main dans la main. C'est à notre tour d'être sifflés par tout le monde. Je lève les yeux au ciel mais souris parce que je suis quand même amusée par leurs gamineries. Les gars décident de faire un foot sur la plage, n'aimant pas le foot ni le sport en général, je les regarde.

« Tu es un peu l'hôpital qui se fout de la charité, m'interpelle Jake.

Je fronce les sourcils.

« Quoi ?

« Tu as volé le copain de ma sœur.

« Il a rompu avec elle il y a trois semaines.

« Qui me dit que votre histoire ne commence qu'aujourd'hui ?

« Personne. C'est dommage de ne jamais être sûr de rien, hein ? Je n'ai pas de compte à te rendre mais sache que si tu fais du mal à ma sœur, tu devras me rendre des comptes.

« Quand je serai l'alpha et si Paul se transforme, je ferai en sorte de lui faire regretter d'avoir joué avec ma sœur.

« Oh mais grandis et ouvre les yeux, crétin. Paul n'a pas rompu pour se mettre avec moi, il a rompu parce qu'il a trouvé ta sœur en train de baiser avec un autre mec.

Il me foudroie du regard.

« Ouais, ta sœur n'est pas la victime dans l'histoire, elle avait caché un copain sous son oreiller. Faut croire que c'est de famille de ne pas être honnête.

« Je n'ai jamais eu deux copines en même temps.

« Mais tu n'as pas été honnête, ni avec Ophie ni avec Loona. Tu n'peux pas te plaindre qu'on te foute le nez dans ta merde, ensuite. J'imagine qu'il n'y aura pas de prochaine fois mais si jamais, sois juste honnête. Rien ne serait arrivé si tu avais assumé avoir changé d'intérêt.

« Je t'emmerde.

Il me tourne le dos et retourne auprès de ma sœur qui discute avec les chefs. Je soupire et retourne à la contemplation du match. Je finis par être fatiguée vers 23h et quart, je n'ai pas la volonté d'attendre que ma sœur obtienne sa marque alors je retrouve Paul et lui dis que je vais dormir. Il décide de me raccompagner, je souris et nous y allons.

« Tu retournes à la fête ? Lui demandé-je.

« Et donner plus d'occasion à ta sœur de me contaminer ? Non merci.

« Tu es toujours resté si éloigné d'elle, si c'est une contamination par contact, c'est sûr que tu es safe.

Il sourit... puis m'agrippe la nuque pour m'embrasser.

« Bonne nuit, petite étoile.

« Bonne nuit, souris-je.

Je rentre, mange un petit quelque-chose puis me prépare pour aller me coucher. Je m'allonge dans mon lit et regarde par le velux la nuit étoilée et la lune qui illumine parfaitement cette nuit.

J'espère que ta nouvelle vie va te plaire, Loona.