Chapitre 22

Ophélia nous ouvre avec le sourire et le perd en voyant mon meilleur ami, elle le regarde stupéfaite. Soit c'est l'aura vampirique soit...

Je souris et regarde Edward, je crois que lui aussi est stupéfait. Je claque des doigts devant leurs visages, ils reprennent vie. Ophie nous fait coucou de la main et se recule pour nous laisser entrer, je vais directement dans le salon, Edward me suit et bien sûr, Ophie n'a d'autre choix que de faire pareil. Je souris et les regarde tour à tour, aucun d'eux n'est visiblement prêt à s'asseoir. J'aime beaucoup avoir raison. Ophie se reprend finalement et me regarde.

* Comment tu connais 8e merveille ?

« Qu'est-ce... quoi ?

* Ne me dis pas que tu ignores qui il est ?

Il sait forcément que nous parlons de lui puisqu'elle vient de le pointer.

* C'est le mec pour qui tu m'interdis de craquer, m'explique-t-elle.

Je souris. Comme le monde est bien fait.

« Je te réponds juste après, Ophie.

Ça lui donnera un peu de suspens.

« Tu vas encore au lycée ? Demandé-je à Edward.

« Je n'ai pas encore mon bac, je ne vais pas avoir fait toutes ces années pour m'arrêter juste avant la ligne d'arrivée, s'amuse-t-il avant de se tourner vers Ophie. J'en conclus que nous sommes dans le même établissement ?

Elle hoche la tête, ses joues rougissent à vue d'œil.

« Est-ce que j'ai eu raison ? Interrogé-je Edward.

Il sait de quoi je parle. Ophie doit se sentir mise à l'écart mais c'est trop important, je dois savoir et mettre un sens interdit sur cette route. Il me sourit.

« Tu as eu raison, dit-il en hochant la tête.

Son regard retourne sur elle. Bien sûr que j'ai raison. C'est à la fois quelque-chose que je redoutais et quelque-chose qui devait arriver mais... ça va, je me sens à l'aise avec l'idée que mes meilleurs amis finissent ensemble.

« Alors, Ophie... je vais te répondre, maintenant. Non, je n'ignore pas qui il est. Je te présente Edward, mon meilleur ami.

« Edward, voici Ophélia, ma meilleure amie. Et comme tu l'as compris, elle est muette.

Ophie ne cache pas sa surprise, son regard passe de lui à moi, elle finit par me sourire.

* Je devrais t'envoyer ce que je veux dire, pour que tu lui fasses lire et qu'il comprenne la conversation et y prenne part.

Je me tourne vers Edward.

« Ophie voudrait ton numéro pour faire un sms groupé et discuter avec nous.

Elle me regarde sidérée puis reprend vite une expression impassible mais elle n'arrive pas à cacher le fait qu'elle est subjuguée par lui. Je vais pouvoir me venger et l'embêter avec lui comme elle m'a embêtée avec Paul.

« Bien sûr, accepte facilement Edward.

Ophie sort son téléphone et le lui tend, il a une hésitation évidente avant de le prendre mais le fait finalement, il entre son numéro, il prend un air soucieux puis il le lui rend. Je me rends compte qu'il a eu accès à ses pensées, l'espace de dix secondes. Il faudrait qu'il le lui dise rapidement parce qu'elle doit savoir qu'il entrera dans son intimité chaque fois qu'il la touchera ou touchera un objet qu'elle a touché. Il aura au moins l'avantage de pouvoir lui parler sans apprendre le langage des signes et sans téléphone. Ophie écrit son message sur son appareil, je sors mon téléphone et nous recevons le même message sur le groupe qu'elle a créé.

– C'est fou que vous vous retrouviez à habiter à côté, au final. Vous vous en êtes rendu compte par hasard ?

Pas si fou que ça parce que tout était prévu par les visions d'Alice. Ophie s'assoit sur le fauteuil, Edward et moi, nous nous asseyons sur le canapé, il me prend machinalement la main, Ophie voit le geste et me sourit comme si elle savait quelque-chose. Et elle sait quelque-chose, elle sait que j'ai toujours des sentiments pour lui mais elle ignore que j'ai choisi Paul.

« Il m'a recontactée hier, pour me fêter mon anniversaire et c'est là qu'il m'a dit où il habitait. Il n'avait pas supprimé mon numéro, finalement.

Pendant que je parle, je relâche la main d'Edward pour me passer les mains dans les cheveux et les pose sur mes cuisses en reprenant mon tel. Ophie nous sourit et pianote sur son portable.

– C'est trop bien.

Ophélia n'a pas l'air très à l'aise, je pense qu'elle ne s'attendait pas à ce que le mec pour qui elle craque soit dans son salon ni qu'il soit mon meilleur ami et mon ex. Je sais qu'elle est un peu timide mais maintenant qu'Edward s'est rendu compte de son existence, il va gérer ça comme il faut et elle va se rendre compte que les autres filles ne l'intéresse pas.

Nous discutons ensemble, la conversation se tourne vers les profs chiants, je leur annonce que je suis collée demain soir à cause de l'utilisation de mon tel en cours.

« Il faut toujours que tu te fasses remarquer, se moque Edward.

« Pas de ma faute si je suis remarquable.

« Et c'est moi qui me vante, soupire-t-il.

« Bien sûr que c'est toi ! Tu... attends... tu sais comment les filles parlent de toi au lycée ?

Ça expliquerait pourquoi il s'est vanté d'être la 8e merveille du monde, tout à l'heure.

« Difficile de passer au travers, me signifie-t-il.

« Ouais, je suppose.

– Il est devenu le sujet principal des pauses récrés xD

« Et je n'arrive toujours pas à m'y faire. Je préférais encore quand personne ne faisait attention à moi ou quand certaines se foutaient de moi.

Ophie fronce les sourcils.

– J'ai du mal à imaginer que des gens se foutaient de toi.

« Autrefois, oui. Jusqu'à ce que Bells arrive et mette un coup de pied dans la ruche. Elle m'a défendu avec force et m'a fait sortir de la muraille que je m'étais construite.

Ophie semble comprendre.

– Je l'imagine facilement faire ça :) C'est une fille vraiment géniale.

Je souris fièrement.

« Pas trop de compliments, s'il vous plaît, envoyé-je avant de me tourner vers Edward. Et aujourd'hui, tu as des fan-girls.

« M'en parle pas, souffle-t-il.

Il est temps de préparer le terrain ou quelque-chose.

« Te connaissant, j'imagine qu'aucune d'elles ne te plaît.

Il me regarde du coin de l'œil.

« Aucune de celles que j'ai déjà entendu au lycée, en tout cas.

Je souris. Pitié, Ophie, comprend le message sous-jacent. Un bruit de moteur nous parvient de l'extérieur de la maison. Ophélia perd le sourire et s'inquiète. Elle pose son portable sur ses genoux.

* Désolée, ma mère rentre déjà, je pensais que sa garde se terminait demain. Ce serait cool qu'on se voit une autre fois. Enfin, on se voit vendredi, de toute façon, toi et moi.

« Oh, fais-je. Bien sûr, on se programmera un truc, jeudi vu que je suis collée demain.

Je me tourne vers Edward.

« On va devoir y aller, lui annoncé-je.

Il hoche la tête. Nous nous levons, je me tourne vers Ophie.

« Je t'enverrai un sms pour te dire, pour jeudi.

Elle hoche la tête.

« Ravi de t'avoir rencontrée, lui dit Edward. J'imagine que je te vois au lycée demain ?

Elle rougit et hoche de nouveau la tête avec un sourire gêné. La porte s'ouvre et finalement, une femme d'une quarantaine d'années apparaît sous l'encadrement de l'ouverture du salon, elle a les même cheveux vénitiens que sa fille, coiffés en chignon et les yeux verts. Elle nous lance un regard peu enchanté.

« Tu as invité des amis ? Demande-t-elle à sa fille.

* Ils sont passés me voir mais ils allaient partir.

La maman d'Ophie hoche la tête.

« Bonsoir. Je suis Bella et voici Edward, nous présenté-je.

« Vous êtes dans son lycée ?

« Edward oui, je suis au lycée de La Push.

« D'accord. Et bien, bonne soirée à vous.

Son regard vacille entre nous trois mais s'attarde plus sur Edward. Je me demande si l'aura des vampires fait effet sur toutes les tranches d'âge et suis prête à me marrer si la mère d'Ophie se met à draguer Edward.

« Bonne soirée, répond Edward.

Il est le premier à partir après un sourire lancé à Ophélia. Je fais un signe de la main à ma meilleure amie et suis Edward qui me laisse ouvrir la porte.

« Tu as faim ? S'enquiert-il.

« Pas tout de suite. On peut aller chez toi, je suis curieuse de savoir si tu habites dans une grotte de vampires, maintenant.

Il accepte et nous grimpons dans sa Volvo.

« Où est la voiture de ton grand-père ?

« Tombée en panne.

« Tu as gagné au loto ? Tu as volé une banque ?

« Non, il se trouve que j'avais de l'argent quelque-part et je ne le savais pas.

« C'est extrêmement cool.

« C'est surtout extrêmement bizarre. Ils m'ont fait découvrir l'existence d'un compte bancaire mis à mon nom qui m'aurait été révélé à mes 18 ans. Sauf que celui qui a ouvert ce compte me l'a ouvert plus tôt.

« Alice et Jasper sont peut-être des barrons de la drogue et c'est de l'argent sale qu'ils ont blanchi.

« Bien sûr, et là, je t'emmène voir le conte Dracula.

« Ça se trouve, il existe. Peut-être que les légendes de Dracula viennent de faits réels. Maintenant que nous savons que les vampires et les légendes Quileutes existent, tout est possible.

« Qui sait ? Je compte bien élucider le mystère de mon compte bancaire mais mon don ne marche pas avec les vampires si je ne les touche pas directement. Tu avais probablement raison pour la télépathie par la sueur, les vampires ne transpirent pas et donc ne dépose aucune pellicule de sueur sur ce qu'ils touchent, ce qui explique que ça ne fonctionne pas avec eux sur les objets.

« J'aime avoir raison.

Edward traverse la route principale et nous fait passer par une allée qui s'enfonce dans la forêt, il habite à l'opposé d'Ophie. Je découvre une grande villa faite de bois et de baies vitrées, bien loin de l'antre que j'imaginais. Elle est sur deux étages et toute en longueur. Il me fait entrée dans un hall d'entrée spacieux. Il me précède pour monter les escaliers qui nous mène directement devant une baie vitrée à l'arrière de la maison. Je découvre donc un grand salon avec une autre baie vitrée, au devant de l'habitation.

« C'est immense.

« Tu as remarqué ?

Je lui lance un regard de travers. Il y a une ouverture, tout à gauche de la paroi, au fond du salon menant à une autre pièce et de là surgit Alice qui me sourit grandement en me voyant.

« Bella ! Je suis heureuse de te retrouver dans de meilleures circonstances.

Elle m'enlace comme si nous étions de grandes amies alors que pas du tout. Elle se tourne vers Edward.

« Tu es de bonne humeur, n'est-ce pas ?

Edward plisse les yeux.

« Tu as retrouvé Bella, tu as rencontré ton âme-sœur, énumère-t-elle. Alors tu ne peux que l'être ? J'ai vu que c'était le meilleur moment mais Bella rend mes visions trop floues pour être sûre. Tu l'es ?

« Qu'est-ce que tu manigances ?

« Nous avons des invités.

« Et ?

« Tu les connais. Ça va peut-être te faire un choc alors... prépare-toi.

Alice s'éloigne vers l'ouverture et se penche en s'appuyant sur la paroi.

« Vous pouvez venir.

Elle se décale et un homme et une femme d'une trentaine d'années font leur apparition, tous les deux des vampires aux yeux dorés. L'homme a les cheveux blond platine coiffé en arrière, la femme a de longs cheveux auburn. Ils sont hésitants et se sont arrêtés dès qu'ils se sont trouvés dans notre champ de vision. Je me tourne pour voir ce que pense Edward d'eux mais je vois ce que voulait dire Alice quand elle a parlé de choc. Il les regarde complètement sidéré. Il prend finalement un air mécontent et... disparaît. Je me retrouve seule devant ces vampires dont je connais à peine la moitié d'eux. La femme est peinée, l'homme la console en la prenant dans ses bras.

« Est-ce qu'on peut m'expliquer ?

« Nous sommes les parents adoptifs d'Edward, m'explique l'homme. Je suis Carlisle Cullen et voici ma femme Esmée. Nous avions adopté Edward quand il avait sept ans.

Je les regarde effarée. Les parents qui l'avaient adoptés sont des vampires ? Depuis quand ? Pourquoi ?

« Vous l'aviez abandonné parce que vous aussi étiez déçu qu'il soit... différent ? Demandé-je d'un ton accusateur.

Je vais les engueuler, vampires ou pas. Esmée aspire l'air comme si ce que je venais de dire était impensable.

« Bien sûr que non, nous aimons notre fils, m'assure Carlisle. Je suis devenu un vampire un an et demi plus tard, j'ai transformé Esmée par instinct, je ne pouvais pas risquer sa vie.

Je le crois quand il dit qu'ils l'aiment. Ils le considèrent d'ailleurs toujours comme leur fils.

« C'est vous, le compte en banque, supposé-je.

« En effet.

« Pourquoi maintenant ? Pourquoi ne pas être apparus plus tôt ? Ça fait un moment qu'il est un vampire et vous le saviez, non ? Avec Alice.

« Alice t'a dit de me l'amener quand il a commencé à se transformer mais tu ne l'as pas fait, m'apprend-il.

« Vous êtes le docteur Masen ?

Il hoche la tête.

« Nous sommes obligés de changer d'identité quand nous avons vécu trop longtemps quelque-part.

« Je pensais qu'il fallait l'emmener à l'hôpital, pas dans un cabinet médical. Je croyais qu'il était empoisonné mais il a beaucoup insisté pour que je l'emmène dans un hangar abandonné, au port. Il savait qu'il se transformait et... un vampire se réveillant à l'hôpital, c'est pas terrible.

« Effectivement. Alice a vu un endroit sombre sans détail particulier alors nous avons cherché ce qui y ressemblerait jusqu'à ce qu'on trouve finalement mais vous n'y étiez plus. Ensuite, Alice a vu que notre rencontre allait mal se passer alors il nous a fallu attendre le bon moment. J'ai donc envoyé Jasper et Alice voir si vous étiez retourné au foyer et ce fut le cas. Il semble que tu bloques les visions d'Alice.

« Je bloque aussi le don d'Edward.

« Celui de Jasper également, déclare Alice.

« Mais tu as quand même eu des visions de moi, dis-je.

« Non, pas de toi directement. J'ai eu des visions des personnes avec toi et je pense que c'est pour ça que mes visions sont floues dès que tu es dedans.

« C'est probablement parce que je suis la fille de la lune, c'est un truc de ma tribu.

« Je sais, m'annonce Alice. C'est pour ça que ton sang ne nous attire plus et qu'il était extrêmement attirant avant de recevoir ta marque et la magie qui transforme les tiens en loups.

Je plisse les yeux.

« Tu sais ? Attends, tu savais que ce serait moi ?

« Oui, je le savais.

« Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Ou à Edward ?

« Parce que tu aurais probablement refuser de te rendre à la réserve. Il fallait que tu sois sur les terres où la première fille de la lune a été conçue, pour t'imprégner de la magie de la lune combinée à celle de l'ancienne chamane qui imprègne les terres Quileutes.

Je me tends, sidérée.

« Tu veux dire que j'avais moyen d'échapper à ce destin de merde et tu ne m'en as pas laissé l'opportunité ? S'il y a bien une chose que je déteste c'est qu'on me force la main sur quoi que ce soit. Tu aurais dû me le dire, tu ne peux pas jouer avec moi comme le destin s'amuse à le faire.

Je retourne en bas sans un mot de plus pour sortir de la villa et espérer retrouver Edward. La voiture est toujours là mais il peut être n'importe où.