Emma se leva d'un bond et se précipita à toute allure vers la porte de sa chambre afin de tirer sa mère du lit. Elle avait passé la nuit entière à rêver des diverses bêtises que pourraient s'amuser à faire les deux petits lutins qui créchaient actuellement dans son manoir, elle avait même cru entendre du bruit provenant du rez-de-chaussée durant la nuit alors le suspense était insoutenable !
Elle mit les pieds dans le couloir et se retrouva nez à nez avec Regina qui s'apprêtait justement à la réveiller. Un immense sourire sur les lèvres, elle lui attrapa la main et la tira à sa suite dans les escaliers pour rejoindre l'étage inférieur.
A première vue, le hall d'entrée ainsi que le salon n'avaient pas l'air d'avoir été le théâtre de leur amusement – tout était parfaitement comme elles l'avaient laissé la veille au soir alors, sans attendre, elle se dirigea vers la cuisine où elle espérait avoir plus de chance. Le comptoir qui accueillait normalement le petit déjeuné s'était converti en salle de sport : Mininours – allongé sur un bandeau acidulé qui lui servait de tapis – soulevait à bras le corps un haltère constitué d'un bâton de sucre d'orge, les pièces en chocolat avait sans doute servies de poids à soulever et les lassos colorés de corde à sauter. Un peu plus loin, également installée sur un tapi en bandeau acidulé se trouvait Pimprenelle qui semblait s'être emmêlé les pinceaux en cherchant à atteindre une position de Yoga sans doute trop compliquée pour une débutante.
La brune ravala un sourire amusé face à la mine que tirait sa fille et prépara tranquillement le petit déjeuné pendant que la fillette essayait, tant bien que mal, de libérer le petit lutin à jupe qui avait réussi à se nouer les jambes et les bras en un nœud compliqué et solide. Finalement, elle n'eut d'autre choix que de demander de l'aide à sa mère sinon la pauvre Pimprenelle ne serait jamais libérée. Profitant que l'attention de la brune soit dirigée la tâche à accomplir, elle subtilisa discrètement – mais pas assez – un morceau de chamallow qu'elle s'empressa de jeter dans sa bouche.
« Les sucreries sont autorisées le matin maintenant ? » Lança Regina sans relever la tête.
« Non. » Fit Emma en secouant la tête de droite à gauche.
« Alors, est-ce que je peux savoir ce que tu viens de mettre dans ta bouche ? » Questionna-t-elle en la regardant du coin de l'œil.
« Un morceau d'haltère ! » Assura la petite fille.
Elle esquissa un petit sourire en voyant la mine que tirait la fillette qui la prenait très clairement pour une idiote – mais pour une fois, elle laissa passer sans relever son comportement. Au contraire, elle lui tendit sa tasse de chocolat chaud et la couva du regard tout en la regardant manger avec appétit.
Elle eut du mal à défaire les nœuds qu'elle avait pourtant rapidement fait durant la nuit mais, une fois terminée, elle entraina Emma à l'étage pour se préparer à affronter cette nouvelle journée. Parée de leur tenue, mère et fille se retrouvèrent dans la salle de bain où l'enfant dut grimper sur son marche pied pour atteindre le miroir et ainsi se brosser les dents. Regina s'empressa de terminer son maquillage pour se pencher sur les boucles blondes qu'elle adorait caresser.
« Qu'est-ce qui t'arrives mon bébé ? Tu as l'air déçue. » Lança-t-elle en la regardant à travers le miroir.
« Non, ça va. » Marmonna Emma, brosse à dent dans la bouche.
« La surprise des lutins ne t'a pas fait plaisir ? » Questionna l'adulte qui connaissait déjà la réponse.
« Je m'attendais juste à mieux. » Soupira l'enfant.
Hier, à son réveil, elle avait découvert la tête du Père-Noël dans chaque cadre de la maison, même celui qui se trouvait dans le bureau de sa mère alors elle avait imaginé énormément de scénario plus farfelu les uns que les autres. Elle avait eu en tête des bêtises digne de ce nom alors, en se retrouvant face à leur mise en scène sportive, elle avait été un peu déçue mais sans doute avaient-ils fait en sorte de calmer le jeu pour ne pas s'attirer les foudres de la mairesse de la ville.
Elle ne pouvait, après tout, pas s'attendre à des folies tous les jours sinon sa mère risquerait de trouver la plaisanterie beaucoup moins amusante.
Une fois coiffée, elle se rinça rapidement la bouche et suivit l'ainée des Mills dans les escaliers. Elle enfila sa paire de chaussure, reçut un peu d'aide de la part de sa mère pour mettre son manteau et – au moment d'attraper son cartable pour rejoindre la voiture – elle explosa de rire.
« Comment je vais à l'école moi ? » Articula-t-elle difficilement en voyant son sac de classe parfaitement emballé dans du papier cadeau.
