Chapitre 25

Ophie m'ouvre la porte et me sourit, je le lui renvoie. Elle me fait signe de la suivre, alors je le fais. Sa mère apparaît par la porte de la cuisine, elle n'a pas l'air très enjouée.

« Bonsoir, me salue-t-elle.

« Bonsoir.

Elle semble chercher quelque-chose du regard.

« Edward n'est pas avec toi ?

Je retiens mon amusement.

« Non, pas ce soir.

« Dommage, il a l'air d'un bon garçon, tu devrais y penser, Philia.

Sa mère appuie son regard, Ophie hoche la tête mais son visage exprime de la contrariété. Oh non, elle est en train de tout ruiner. Je comprends alors pourquoi elle a rejoint notre équipe si sa mère essaye de la caser, comme ça. Bon, j'essaye aussi de la caser mais elle a le choix de suivre ma proposition ou non.

* On monte, signe Ophie.

Maman d'Ophie me lance un regard impassible et s'en retourne dans la cuisine. Je crois qu'elle ne m'aime pas. Nous montons, Ophélia me fait entrer dans sa chambre. C'est assez mignon, son petit coin à elle, elle a quelques peluches comme déco.

« Pas mal ta chambre.

* Merci. Tu peux t'asseoir où tu veux.

Il y a son fauteuil de bureau mais elle n'aura pas de place alors je retire mes chaussures et m'installe en tailleur sur son lit. Elle s'installe de la même façon en s'adossant contre la tête de lit.

* [Mains fermées, elle les pose au-dessus de sa tête, les doigts fermés en l'air et les ouvre au-dessus comme une explosion], ton meilleur ami est très sympa.

Je devine alors que le geste que je n'ai pas compris est sa façon d'appeler Edward. J'imagine que ça fait référence à ses cheveux en bataille. Pour moi, elle imite des clochettes en prenant un air moqueur et pour Paul, elle fait une moue colérique avec ses poings autour de son menton, ce qui me fait toujours rire intérieurement en imaginant Paul faire la même chose.

« Bien sûr qu'il est sympa, c'est pas mon meilleur ami pour rien. Ta mère aussi semble bien l'aimer.

* Désolée pour ça. C'était trop gênant, elle ne sait pas que vous êtes sortis ensemble.

« Hé, c'est rien. Edward et moi ne sortons plus ensemble depuis un moment. Je suis venue pour te parler de ça, justement.

Elle porte toute son attention sur moi.

« Déjà, il faut que je t'annonce quelque-chose... et que je te le désannonce.

* Je suis curieuse.

« Paul et moi sortons ensemble depuis mon anniversaire donc depuis... deux jours.

Elle est surprise puis me sourit.

* Je suis contente pour toi.

Elle semble réfléchir.

* Mais pourquoi tu dois le désannoncer ?

Elle doit épeler – en signe – les trois premières lettre parce que désannoncer n'est pas un mot qui existe.

« Il ne veut plus me voir depuis ce matin.

Elle perd toute sa joie.

« Je ne sais pas si c'est une colère passagère ou s'il a rompu, en fait.

Je hausse les épaules.

* Mais pourquoi ?

« Tu vois, l'Angleterre et la reine ?

Elle fronce les sourcils.

* Ce n'est pas du tout ça ?

« Tu as bien retenu la leçon. En gros, il se trouve que ce n'est pas ma sœur qui est méga importante pour la tribu... c'est moi.

* Je ne comprends pas.

« Tu crois en la magie ?

* Non mais tu vas me dire que c'est magique ?

« Tu as un coupe-ongle ou quelque-chose qui coupe ?

Elle hoche la tête, hésitante, se lève et sort de la chambre, elle revient avec le coupe-ongle en main. Elle me le donne et se réinstalle devant moi. Je pince la peau sur le côté de mon index. Aïe. Elle s'affole de mon idée de merde et je lui montre ma coupure.

« Attends.

Elle voit la lumière apparaître, elle est interloquée durant tout le processus de guérison. Elle récupère le coupe-ongle avant que je n'ai l'idée de recommencer et le pose sur sa table de chevet.

* Tu es magique !

« Ouais, c'est de la magie lunaire. Voilà, c'est pour ça que ma sœur a été obligée de choisir l'un des trois fils des chefs et tout et tout. Sauf que c'est moi, en fait, la première-née. Personne ne savait.

À part Alice, pensé-je amèrement.

* Donc... c'est pour ça que Paul ne veut plus te voir ? Parce que tu vas épouser l'un des fils ? Me dit pas que tu vas épouser Jake !

Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer.

« Bien sûr que non, jamais de la vie. Non, mon pouvoir va permettre à certains Quileutes de se transformer en loups, des métamorphes. C'est pour ça qu'il ne veut plus me voir.

Elle écarquille les yeux.

* Tu blagues ?

« Non, j'aurais bien aimé que ce soit une blague. Paul ne veut pas se transformer en loup. C'est pour ça qu'il déteste et évite Loona avec tant d'ardeur... sauf que c'est moi qu'il était censé détester et éviter.

Elle est défaite.

* C'est nul. J'espère qu'il va changer d'avis.

« Moi aussi parce que je... tu sais ce que je pense de lui, je ne le répéterai pas.

Je laisse un temps de silence avant de reprendre :

« Billy veut me forcer à me lier à Sam pour qu'il devienne l'alpha mais il est hors de question qu'il dirige ma vie alors j'ai fui. Enfin, il veut que je reste proche de Sam en sachant que ça va me lier à lui.

* Tu as fui ?

Elle est sidérée.

* J'aimerais bien que tu restes ici mais ma mère ne voudra jamais.

« Merci meilleure amie, souris-je. Edward veut bien m'héberger et lui, il vit dans une villa alors tu ne fais pas le poids.

Elle me tape le genou en s'offusquant faussement.

* Tu as toujours des sentiments pour Edward ? Si Paul rompt bel et bien, ton dilemme entre les deux est terminé.

« Je ne vais pas sortir avec Edward parce que Paul ne veut plus de moi, j'ai fait mon choix, je ne peux pas revenir en arrière. Mes sentiments pour Eddy doivent disparaître et les siens aussi parce que ce n'est pas moi qui lui suis destinée. C'est toi. C'est lui, en fait, que je voulais te présenter.

Elle fronce les sourcils.

* C'est ton ex, on ne pique pas les ex de ses copines, surtout si elles ont toujours des sentiments pour eux.

« Déjà, je suis ta meilleure amie. Ensuite, mon ex ne m'appartient pas, même si j'ai toujours des sentiments à son égard. Comme j'ai dit, j'ai fait mon choix. Je sais, à 100%, qu'il est parfait pour toi et toi pour lui. Il te plaît, n'est-ce pas ? Tu voudrais sortir avec lui et tout ?

* Je ne le connais pas vraiment bien, je ne peux pas encore dire qu'il me plaise. Physiquement oui, bien sûr, mais je ne sais rien de sa personnalité, je sais seulement qu'il est sympa. Dans la mesure où ça ne te gêne vraiment pas, je pense que je peux voir ce que me réserve l'avenir mais je me suis fait avoir deux fois alors je vais prendre mon temps, cette fois.

Je hoche la tête, compréhensive, et lui souris.

* Ma mère serait ravie de t'entendre essayer de me caser avec lui.

Elle sourit et lève les yeux au ciel.

« Ne t'occupe pas de ce que ta mère dit ou pense. C'est ce que je pense, moi, qui compte. C'est ce que j'essaye de dire à tout le monde mais personne ne me prends au sérieux.

Elle rigole.

* Tu as un don pour me faire me sentir bien.

« Avec grand plaisir, souris-je.


Je suis réveillée par quelque-chose qui me frotte le bras, je gémis plaintivement et cache mon visage, je me rends compte que mes joues sont mouillées.

« Bells, souffle Edward, réveille-toi.

Edward ? Ah oui, c'est vrai, je me suis réfugiée chez lui.

« Tu m'as aspergée d'eau ? Pourquoi tu me réveilles ? Fais-je d'une voix plaintive.

J'essuie mes joues.

« Tu pleures en dormant, me révèle-t-il.

Je me redresse et lui demande d'allumer la lumière. J'essuie les larmes de mes joues et plie mes genoux pour les tenir dans mes bras.

« Je ne pleure pas. Pourquoi je pleurerais ?

Il allume ma lampe de chevet, il me regarde avec l'air de quelqu'un à qui on ne la fait pas. Il s'assoit de travers sur le matelas pour me faire face.

« Il se passe beaucoup de choses en ce moment, tu retiens tout et tu as besoin de faire ressortir tout ça. Comme tu ne le fais pas réveillée, tu le fais dans ton sommeil parce que c'est le seul moment où tu te relâches.

« Tu es devenu psy pendant ton absence ? Comment tu sais que je pleurais ?

« Je passais devant la porte quand j'ai entendu un sanglot, je suis venu voir ce que tu avais mais tu dormais.

Je ne sais pas quoi répondre et je suis fatiguée alors je le regarde fixement tel un zombie.

« C'est un tout ou c'est quelque-chose en particulier qui te rend triste ? S'enquiert-il doucement.

« C'est un tout, je suppose, je ne sais pas.

J'ai envie qu'il reste dormir – sagement – avec moi mais je sais que c'est une très mauvaise idée. Je ne devrais même pas en avoir envie même si un peu de réconfort me ferait du bien. Je laisse mes genoux tombés sur les côtés pour m'asseoir en tailleur et me penche pour poser ma tête contre son épaule, sa main vient se glisser dans mes cheveux.

« Ça va aller, chuchote-t-il.

« Nokomis, la première fille de la lune, a eu le même problème que moi. Elle aimait un mec mais était destinée à l'alpha et... elle est aussi tombée amoureuse de l'alpha. Ses sentiments pour le premier ont perduré jusqu'à ce qu'elle s'unisse à l'alpha. Ça devrait donc régler nos problèmes... si Paul ne rompt pas, bien entendu.

« Tu vas finalement te marier ? S'étonne-t-il.

« Mon Dieu, non, jamais. Je déteste les pièges. Je parlais d'un truc plus sportif que ça.

« Ah. Je me disais, aussi.

« Je déteste ma vie. Je voudrais savoir si Paul a rompu mais j'ai peur d'obtenir la réponse. Il me semble bien que ce soit vers lui que le destin me pousse mais je je ne peux pas m'en plaindre, j'ai choisi de passer du temps avec lui, j'ai choisi de me rapprocher de lui et j'ai choisi la route qui me menait à lui. J'ai peur d'avoir tout perdu.

« Tu n'as pas tout perdu, Bells.

Je me redresse pour le regarder.

« J'ai perdu le contrôle, je l'ai probablement perdu et je t'ai perdu.

« Je suis toujours là et tu ne sais pas ce qu'il décidera, il est aussi perdu que toi, ça se trouve. Tu dois lâcher prise.

« Je ne sais pas faire ça, grommelé-je.

« Ouais, ta sœur et toi êtes sacrément différentes sur ce point. Tu ne sais pas lâcher prise et ta sœur ne sait pas prendre sa vie en main.

Je me redresse et hoche la tête. J'ai besoin de gérer ce qui m'arrive, c'est irrationnel mais je ne sais pas me changer à ce propos.

« Il faut que je dorme, je suis épuisée.

Il passe sa main sur ma joue puis m'amène à lui pour déposer un baiser sur mon front.

« Dors bien et arrête de cogiter.

Je hoche la tête et me recouche, il éteint la lumière et sort de ma chambre. Une part de moi avait envie qu'il reste mais je dois le laisser partir, métaphoriquement parlant.

Le réveil est moins difficile que prévu, je m'assois sur mon lit et un regard vers mes vêtements d'hier sur la commode blanche me fait prendre conscience que je n'ai rien d'autre à me mettre sur le dos. J'ai dormi avec le t-shirt qu'Edward m'a prêté et ma culotte – et bien sûr le bracelet que Paul m'a offert que je ne retire jamais. Je me lève et mets mon jean, je prends mon t-shirt, mon soutif et mon élastique puis je vais à la salle de bain qui se trouve un peu plus loin. Une porte s'ouvre sur ma droite et Alice apparaît, je m'arrête et la regarde comme une biche devant une voiture qui se demanderait pourquoi le véhicule est rose.

« Pourquoi tes cheveux sont roses ?

Alice a teint ses cheveux noirs en rose clair.

« Je fais des tests, sourit-elle.

« Je vais prendre ma douche, tu as quelque-chose à me dire à propos de ça ou c'est bon ? Ça va pas me faire devenir une fée ?

Elle se demande si je fais une blague ou si je suis acerbe, je l'aide avec un sourire en coin. Elle finit par me sourire.

« Ça devrait aller, me dit-elle. Je suis désolée, j'aurais dû te le dire, j'ai été... égoïste sur ce coup.

« T'as de la chance parce que je n'aurais pas rencontré Paul si tu me l'avais dit. Même si ça m'aurait éviter des complications imprévues et même si je ne suis pas sûre de le retrouver.

« Tu le feras, glisse-t-elle avec un sourire.

Je prends un temps pour réaliser que ce n'est peut-être pas une parole en l'air pour me réconforter. Peut-être qu'elle le sait parce qu'elle l'a vu. J'espère parce que j'ai un peu d'espoir à présent. Je lui souris et l'abandonne pour passer aux toilettes et prendre ma douche.

Une fois prête et coiffée, je vais dans la chambre d'Edward pour le retrouver mais il n'y est pas. Comment dire que la villa est grande et que je n'ai pas envie de faire toutes les pièces ? Je vais donc au premier pour chercher la cuisine, je tente la porte à droite en bas des escaliers et tombe sur une immense pièce avec un grand piano à queue noir laqué au centre et des canapés au fond pour les spectateurs. Ils ont leur propre salle de spectacle, les gens riches sont effrayants.

Je devine que la cuisine est de l'autre côté de la paroi, celle derrière laquelle j'ai vu Alice apparaître, la première fois que je suis venue ici. Je traverse le salon et découvre une grande cuisine avec un îlot central et devant, une table de six personnes. Edward est là avec Esmée qui cuisine.

« Bonjour.

« Bonjour, me répond Esmée.

Edward me sourit tandis que je descends le petit escalier car la cuisine est en contre-bas.

« Il est si tard que ça ?

« 10h et demi, m'indique Edward.

Je vois effectivement l'heure sur le micro-onde qu'Edward me cachait. Je jette un œil à la poêle d'Esmée dans laquelle elle cuit des œufs et du bacon. Je fais un câlin à Edward sous le regard attendri d'Esmée puis je me rappelle que je ne suis pas censée lui faire de câlin. Il semble que ça va être compliqué de perdre certaines habitudes que j'aurais déjà dû avoir perdues.

« Je lui ai dit que tu mangeais des céréales au petit-dèj' mais elle a tenu à te préparer quelque-chose elle-même et les céréales ne le permettent pas.

« C'est gentil, fallait pas.

Elle me sourit.

« T'es pas au lycée ? Demandé-je à Eddy.

« Je suis malade, s'offusque-t-il. Et toi, alors ?

« Je suis en fuite.

Je regarde mon téléphone parce que ça me semble bizarre qu'il n'aie pas sonné. J'ai deux appels en absence et un sms de Josh, il n'a pas sonné car il a appelé et envoyé le sms après 8h30, le tel s'est mis en vibreur pour les cours.

Bella où es-tu ? Pourquoi tu ne réponds pas ? Tu es partie tôt ce matin ou tu n'es pas rentrée ? Appelle-moi, je m'inquiète.

Je range le téléphone.

« Tu ne réponds pas ? S'enquiert Edward.

« C'est Josh, je ne veux pas les voir rappliquer ici pour me forcer à rentrer.

« Il est de ton côté, il ne devrait pas le faire.

« On ne sait jamais, je pense qu'il est de mon côté tant que je reste à la réserve.

« C'est prêt, s'enjoue Esmée. Dis-moi si c'est bon ou si ça ne l'est pas.

Elle pose l'assiette avec mes couverts sur l'îlot, des œufs sur le plat, des tranches de bacon et une tartine avec de la confiture. Je prends l'assiette et les couverts et m'installe au bout de la table, Edward m'amène un verre de jus d'orange que je n'avais pas remarqué.

« Merci pour ça.

Je commence à manger.

« Vous auriez du sel, pour les œufs ?

« Désolée, s'excuse Esmée. Tu peux me tutoyer.

« C'est rien, vraiment.

Elle m'apporte la salière.

« Tiens, ma chérie.

Ça me fait bizarre parce que je n'ai pas l'habitude qu'on m'appelle "ma chérie" mais je ne dis rien parce qu'Esmée a l'air si gentille. Je sale les œufs et commence à manger.

« C'est bon, la rassuré-je alors que je la vois attendre mon verdict.

« Super. Tu as mangé quoi, hier soir ?

« Edward m'a commandé une pizza.

Elle sourit.

« Très bien, ce sera légumes ce midi alors.

« Oh non, me plains-je.

« Tu ne peux pas manger que de la malbouffe, me reproche-t-elle.

« Des pâtes, alors.

« Ce ne sont pas des légumes, me signifie-t-elle.

« Des frites, de la purée, négocié-je.

« Toujours pas.

« Bonjour tout le monde, fait quelqu'un derrière moi, m'empêchant de riposter.

Je me retourne pour voir... papa d'Edward descendre des escaliers. J'ai oublié son prénom, c'est un prénom anglais bizarre.

« Bonjour, dis-je.

« Comment s'est passé ton entretien ? Lui demande Esmée.

« On ne peut mieux, ils ont un tel manque de personnel qu'ils n'y croyaient pas en voyant ma candidature. Je commence lundi.

« Parfait, sourit Esmée.

Prénom anglais bizarre enlace sa femme et dépose un baiser sur sa tempe.

« Pardon mais... un vampire à l'hôpital ? On n'avait pas établi que c'était une mauvaise idée ? Et euh... j'ai oublié votre prénom.

« On peut se tutoyer, je suis Carlisle et ne t'en fais pas, je contrôle très bien ma soif, même autour de blessures ouvertes. Je n'ai pas de don mais j'ai au moins ça pour moi.

« Ah, ok. Et bien, félicitations.

« Tu seras dans quel service ? Demande Edward.

« Je n'aurais pas de service spécifique, je travaillerai en collaboration avec le docteur Miller. On sera là où on aura besoin de nous.

« Miller ? Répété-je. C'est la maman d'Ophélia.

Je lance un sourire de connivence à Edward.

« Qui est Ophélia ? S'intéresse Esmée.

Je lance un regard vers Edward pour le laisser répondre, je ne sais pas ce qu'il veut dévoiler ou non.

« C'est mon âme-sœur.

« Oh, je croyais que... fait Esmée en me pointant mais s'arrête avant de dire une bêtise.

« On est sorti ensemble mais même si nous ne le sommes plus, Bella reste ma meilleure amie.