Chapitre 27
Ophie découpe des parts de gâteau pendant qu'Edward sert quatre verres dont un qu'il ne rempli qu'à moitié. Edward précise à Ophie qu'il ne prend pas de gâteau parce qu'il est intolérant au gluten. C'est une idée de génie car il y a du gluten dans tout ce qui contient de la farine ou presque. Je me demande comment il se dépêtrerait si elle lui annonçait qu'il n'y avait pas de gluten dans ce gâteau-là. Edward me sourit quand il voit mon air moqueur et se rassoit à sa place après avoir posé nos verres au plus près de chacun sur la table basse.
Paul, quant à lui, lance un regard soupçonneux à son encontre et comme je suis une fille paranoïaque, je me demande s'il a capté la pâleur anormale d'Edward et la singularité de la couleur de ses yeux. Il sait à quoi est censé ressembler un vampire, sauf qu'Edward n'a pas les yeux pourpres et qu'à moins qu'il le cache bien et si je m'en réfère à Sam et moi-même, Paul ne ressent ni fascination ni peur face à lui. Mon petit-ami détourne le regard, voyant que je le fixe, je lui souris, il me répond en me souriant aussi. Pas de crise de panique, ça va.
Ophie nous donne une assiette de gâteau, à Paul et moi, prend la sienne et retourne s'asseoir. Je croque dedans comme si ma vie en dépendait.
« Mmmh, du sucre, enfin ! M'extasié-je en mâchant ce que je viens de croquer. Trop bon ton gâteau, Ophie.
Elle fait une petite révérence de la tête pour ne pas avoir à poser son assiette pour répondre.
« Ta mère adoptive est sympa, lancé-je à Eddy, mais sa volonté de me garder en bonne santé va me tuer, je n'en peux plus des légumes.
« Ce n'est pas si terrible, c'est très bon, les légumes.
« On en parlera ce soir, quand je te les ferais bouffer.
Il ricane.
« Tu sais ce que j'ai trouvé quand j'ai voulu me chercher un goûter, hier aprem ?
« Des gâteaux bios ?
« Des fruits ! M'exclamé-je dans un râle. Tu te rends compte ? Il n'y avait que des fruits. Bon, j'aime les fruits mais j'aime aussi les choco-BN.
* On ne peut pas vivre sans gâteaux, affirme Ophie. Edward, c'est un miracle que tu sois toujours en vie.
« On est d'accord, dis-je en retenant mon amusement.
Parce que, techniquement, Edward n'est plus vraiment... en vie.
* J'ai prévu des jeux, nous indique Ophie.
« Des jeux de cartes ou de société ? L'interrogé-je. Je ne connais que le poker et le Monopoly comme jeux qui seraient jouables à quatre mais je n'ai jamais réussi à terminer une partie du dernier. On arrêtait toujours avant avec ma sœur et mon père.
De plus, me dis-je, le poker est impossible avec Edward car il triche avec son pouvoir.
* Non, pas ce genre de jeux. Des jeux de soirée, je n'ai jamais pu en faire alors ça serait cool.
« Genre, le jeu de la bouteille ?
Je ne sais pas si le jeu serait idéal, au vu des circonstances.
« Tu as déjà embrassé deux-tiers de tes invités, me signifie Paul.
Je le regarde pour vérifier son humeur, il a le regard moqueur.
« Détends-toi, je ne vais pas te reprocher d'avoir existé avant de me connaître.
Je souris.
« C'est vrai, conviens-je. Je devrais embrasser Ophélia pour l'ajouter dans mon tableau de chasse et faire un score parfait de 3/3.
J'envoie un sourire sournois à Paul et un autre à Edward.
* Je n'avais pas prévu le jeu de la bouteille, fait Ophie, amusée. Il y a un jeu à boire mais je n'ai pas d'alcool. C'est "je n'ai jamais" ou sinon, il y a "question-défi ou mytho" c'est une application mobile, c'est une version d'action ou vérité. Je pense qu'on devrait choisir l'un ou l'autre.
« Le jeu de l'appli a l'air cool, annonce Edward.
Ce qui lui permet de ne pas boire.
« Ouais, approuve Paul. Mais ça risque de devenir le jeu des confidences dramatiques, selon les questions. Ça finit toujours comme ça.
« Ça fait du bien de parler, réfléchis-je à haute voix. Et c'est le meilleur moyen d'apprendre à se connaître pour ceux qui ne se connaissent pas ou pas très bien.
Ophie prend son téléphone et pianote dessus puis elle le pose sur les genoux pour nous expliquer les règles :
* Imaginons, c'est mon tour. Je demande à Edward s'il veut répondre à une question ou faire un défi. Il choisit l'un ou l'autre, je clique sur son choix ici.
Elle nous montre son portable, il y a deux cases, "question" dans un rectangle bleu et "défi" dans un rectangle jaune. Elle repose le téléphone sur ses genoux.
* Disons qu'il choisit une question. L'appli va donner une question au hasard et je la lui pose mais...
* Je peux choisir de lui donner ma propre question. S'il pense que c'est une question ou un défi qui vient de moi, alors il dit "mytho" et s'il a raison, il a le droit à un passe-droit qui lui permet d'éviter un défi ou une question. Que ce soit cette question ou une autre. Deux passe-droits peuvent se transformer en miroir et alors, c'est moi qui devrait répondre à la question ou faire le défi. Accuser quelqu'un de mytho à tort retire un passe-droit alors attention et ça peut aller dans le négatif donc même à zéro, il ne vaut mieux pas l'utiliser dans tous les sens.
« Ça va être fun ! M'exclamé-je. Et peut-être un peu périlleux.
* C'est ton anniversaire alors c'est toi qui commence, je vais noter les noms dans l'appli comme ça, l'appli peut compter nos passe-droits pour nous et il suffira d'appuyer sur les boutons pour comptabiliser tout ça.
Elle fait ce qu'elle vient de dire et me tend l'appareil.
« Ophie, appelé-je. Question qui tue ou défi dangereux ?
Elle sourit.
* Défi qui tue.
J'appuie sur le bouton défi et une case noire apparaît avec le défi à l'intérieur, en dessous, il y a des cases rectangulaires où il y a nos noms sur lesquelles on doit appuyer à droite ou à gauche pour donner ou enlever un passe-droit à notre cible et encore en dessous, il y a un bouton vert marqué "valider".
« Tu dois boire à ton verre... à l'envers.
Elle fronce les sourcils.
« Du bord le plus éloigné de toi, sans en renverser, bien sûr.
Elle prend le verre, tente de boire avant de réaliser qu'il faut qu'elle se penche en avant. Elle se redresse et essuie sa bouche. Je lui rends le tel. Elle choisit Paul, elle lui donne le défi d'embrasser qui il veut et où il veut. Il me choisit, me maintient le menton et me fait un bisou sur le nez. Il me sourit content de m'avoir trompé parce que je pensais qu'il choisirait ma bouche.
Après quelques questions et défis, le téléphone retombe dans mes mains, je choisis Edward qui se décide pour un défi. Je clique sur le bouton et fais mine de lire.
« Tu as 10 secondes pour trouver quelque-chose et le manger. 10... 9...
« Mytho.
« Faux. 5... 4... bon, c'est vrai, c'est un mytho. Je te donne ton passe-droit mais c'est bien parce que je ne veux pas te tuer avec le gluten.
Je lui tends le téléphone et la partie continue. C'est au tour d'Ophie, elle cible Eddy et il lui demande une question.
* Tu dois expliquer l'une des bizarreries de mon choix alors : pourquoi tu évites tout contact avec qui que ce soit ? Sauf Bella. Je te vois parfois reculer vivement ou ne pas serrer les mains qu'on te tend, au lycée. Et même moi, tu as sursauté quand j'ai voulu attiré ton attention et tu n'as pas voulu passer ma bouteille d'eau à [...].
Elle doit mentionner quelqu'un car je ne sais pas ce que ces gestes représentent.
« Je vais dire mytho mais je vais quand même te répondre.
C'est peut-être le grand moment des révélations.
* Oui, tu as raison, ce n'était pas cette question, avoue Ophie.
« Depuis que je suis petit, dès que je touche quelqu'un ou que quelqu'un me touche, j'entends une voix, généralement une seule, parfois une conversation de quelques voix. Je pensais être schizophrène et j'ai rapidement compris que ne toucher personne ne déclenchait pas de voix. Alors j'ai rapidement éviter tout contact avec les autres et avec mes parents.
* Ça doit être terrible. Tes parents t'ont fait voir des spécialistes ?
« Non, ils m'ont abandonné. J'étais décevant comme gamin, j'imagine. J'ai grandi à l'orphelinat et au foyer.
* Je suis désolée, tu as pu te faire des amis au foyer, au moins.
« Pas vraiment, contredit-il. Ça ne facilite pas la sociabilité quand on est gosse. Je n'ai pas toujours eu ce "succès", figure-toi, même plutôt l'inverse. Vers 12 ans, j'ai commencé à développé une sévère acné, ça, plus mon refus de tout contact m'ont fait devenir la cible d'un trio de harceleuses. Et Bella est arrivée, elle m'a coincée entre sa jambe et une vitre et je n'ai pas eu d'autre choix que de devenir son meilleur ami.
Ophie ricane pendant qu'Edward me lance un sourire de connivence.
« Bella a tout de suite suspecté que je n'étais peut-être pas schizophrène mais que j'entendais la voix intérieure de la personne que je touchais alors on a fait le test avec elle, je lui ai pris la main et... rien. Bella est la seule personne dont je ne peux entendre les pensées. Mon "don", ou fardeau dirais-je, s'est développé, j'ai maintenant les images qui vont avec les pensées et j'entends les pensées des gens qui ont touchés le même objet que moi au même endroit s'il n'a pas été lavé. Voilà pourquoi j'évite tout contact sauf celui de Bella.
« L'enfer, mec, commente Paul. Je savais pas que ça pouvait exister, des trucs comme ça.
* Tu es magique, toi aussi, fait Ophie. Je suis la seule moldue de la soirée.
« Ce qui fait de toi la personne la plus rare, sourit Edward.
Elle rougit, je le vois d'ici.
« Et ce n'est pas que je ne veuille pas avoir de contact avec toi mais je ne veux pas recevoir tes pensées sans que tu le saches. Si tu veux me parler par la pensée, tu peux me tenir la main le temps de penser ta phrase, si tu veux, mais fais attention à ne pas avoir de pensées parasites que tu ne veux pas que je sache. Pareil, quand je touche ce téléphone, je fais de mon mieux pour ne pas prêter attention à vos pensées, à Paul et toi. Désolé. Si quelqu'un peut tenir le téléphone à ma place, ça arrangera tout le monde, je pense.
Le téléphone finit par retomber dans mes mains.
« Edward, question insidieuse ou défi turbulent ?
« Défi turbulent, répond-il.
Je souris et clique sur défi.
« Tu dois embrasser la personne de mon choix à l'endroit de mon choix. Ophie et... sur la bouche.
Je lui envoie un sourire malicieux.
« J'ai combien de passe-droit ?
Je regarde et lui indique deux avec les doigts.
« Je vais dire mytho pour récupérer un de plus et j'utilise un miroir.
« Comment tu sais, me plains-je.
Je lui ajoute un passe-droit et lui en enlève deux. Il avait l'occasion parfaite pour embrasser son âme-sœur avec une excuse, je ne comprends pas pourquoi il utilise son miroir. Mh, en fait si, je comprends. Il ne veut pas que leur premier baiser soit pour un jeu. Quelle idiote. Quel idiot de romantique, aussi.
« Remercie-moi, je t'aide à compléter ton tableau de chasse.
Je lui envoie une grimace et me lève. Puisque c'est ça, je vais faire les choses bien. Je me penche vers Ophie, encadre son visage de mes mains et l'embrasse, plusieurs secondes. Quand je me détache, je ne cache pas mon amusement et souris fièrement à Edward qui arque un sourcil, Paul cache son sourire avec sa main en tournant la tête de l'autre côté. Ok... pour la jalousie, on repassera, je pense que deux filles s'embrassant fait l'effet inverse. Je me rassois sur les genoux de Paul et plisse les yeux à son encontre, il sourit innocemment. J'échange un regard complice avec Ophie. Je tiens le téléphone vers Edward, écran vers lui pour qu'il n'aie qu'à appuyer sur les boutons. La partie continue, après plusieurs tours, le téléphone arrive de nouveau chez Edward, Ophie lui tient l'appareil, il choisit Paul qui demande une question.
« Quelle est ta plus grande peur ?
Je vois Paul se fermer.
« J'ai un passe-droit ?
Edward regarde et secoue la tête. Paul soupire.
« De devenir mon père, répond-il simplement.
Ce qui ne manque pas de rendre Edward et Ophie interrogatifs.
* Pourquoi ? Demande Ophie.
Paul reste silencieux un moment mais finit par se confier :
« Mon père est un connard et j'ai déjà un peu de son caractère, je suis colérique, un trait qu'il m'a donné et si je me retrouve à devenir davantage comme lui, je me détesterai autant que je le déteste.
Ça me fait de la peine de l'entendre parler comme ça de ce qu'il pourrait être.
* Je suis désolée, fait Ophie. Tu devrais peut-être voir quelqu'un, un psychologue pour en parler.
« C'est ce que les CPE ont conseillé à mon père au fil de ma scolarité mais mon père affirme que je n'ai pas de problèmes.
« Tu n'es pas ton père, Paul, lui dis-je. Tu as besoin de quitter le foyer parental, je pense.
On traîne tous nos casseroles, je connais celles d'Edward, celles de Paul et les miennes. Je me demande quelles casseroles Ophie traîne derrière elle. J'espère qu'en tant que seule moldue, elle est aussi la seule à ne pas en avoir.
« J'ai aussi peur que Bella ne m'aime trop, parce qu'il est vrai qu'elle m'admire comme un Dieu, sort Paul pour faire passer son malaise.
« Rêve pas, asséné-je.
Le jeu continue sur des choses plus légères. Ophie récupère le téléphone après avoir imité Dingo danseur étoile, elle me choisit. Je demande une question, elle clique dessus et pose l'appareil pour me questionner :
* Qui emmènerais-tu sur une île déserte entre toutes les personnes ici ?
Oh, la vilaine question. Ça revient à me demander qui je préfère entre les trois et dans la logique des choses, ça devrait être Paul mais la vie n'est pas si logique.
« Autrement dit : "qui est ma personne préférée ?" Reformulé-je.
Je ne peux pas utiliser un passe-droit parce que ne pas répondre serait considérée à tort comme une partie de la réponse.
Paul passe sa main sur ma joue et m'approche de lui.
« Je ne me vexerai pas si je ne suis pas ton préféré, me murmure Paul à l'oreille.
« Je ne suis pas sûre d'avoir une préférence.
J'y réfléchis mais honnêtement, même Ophie n'est pas ma moins préférée alors que je ne suis pas amoureuse d'elle.
« Je vous collerai par les poignets comme ça, j'emmène Paul et vous êtes obligés de suivre.
* C'est de la triche, ça, fait Ophie.
J'imagine ses gestes comme si elle rouspétait.
« Toutes mes personnes préférées sont dans cette pièce. Je ne peux pas répondre à cette question mais à la place, je peux parler à cœur ouvert et dire pourquoi je préfère chacun d'entre vous.
Tout le monde est d'accord pour ça.
« Merde, qui a eu cette idée de merde ? Grommelé-je à la limite de changer d'avis.
Je prends une grande inspiration et ferme les yeux.
« Je vais commencer par ancienneté. Edward, la première fois que je t'ai vu, tu faisais tout pour ne pas te faire remarquer et te voir me fuir à une simple salutation m'a rendue curieuse à ton sujet. J'ai compris ce qui se tramait en rencontrant le fameux trio de pétasses et quand elles nous ont proposé d'entrer dans leur secte, à ma sœur et moi, j'avais déjà choisi dans quel camp je voulais être. Le tiens. Et oui, j'ai dû te coincer pour ne pas que tu me fuis de nouveau et je t'ai vu t'ouvrir à moi et j'ai découvert un mec vraiment génial qui sortait petit à petit de sa coquille. Je suis assez fière d'avoir déteint sur toi et de t'avoir appris l'art des sarcasmes. Je sais que je peux toujours compter sur toi et que tu ne seras jamais égoïste avec moi. Et même si j'aime toujours te faire chier, je t'ai laissé partir en tant que petit-ami mais tu ne te débarrasseras jamais de moi en tant que meilleure amie.
Je rouvre les yeux. Il sourit.
« Comme si j'allais te laisser me fuir, répond-il.
Je souris à mon tour. Je referme les yeux.
« Paul, la première fois que je t'ai vu, tu étais en colère contre une planche.
Il ricane.
« Tu as cru que j'étais Loona et tu m'as engueulée ce qui a donné le ton entre nous. Je suis assez fière d'avoir réussi à te clouer le bec et à te faire te sentir con. J'ai découvert un mec génial qui aime râler pour ne pas qu'on devine qu'il aime rendre service aux autres et je sais qu'on peut compter sur toi. Tu m'as dit une nuit que tu étais solide et oui, tu l'es, j'admire la force de caractère que tu as. J'aime beaucoup nos joutes verbales et ce que tu m'as laissé découvrir de toi, j'espère que tu me laisseras en découvrir plus. Tu as du répondant, tu es sarcastique et tu es presque aussi drôle que moi. Tout ce que j'aime. On est pareil et je me demande ce qu'on va donner, étant deux handicapés pour dévoiler nos sentiments et parler de nos émotions. J'aime ce nous, toujours et pour toujours et j'essaierai de garder ma pelle loin de toi.
Sa réponse est un baiser déposé sur ma tempe, je le regarde et lui souris avant de fermer les yeux à nouveau.
« Ophie, la première fois que je t'ai vue, tu cherchais après un crétin. C'est nul que tu sois tombée sur lui mais on ne se serait peut-être pas rencontrée si tu ne l'avais pas fait. On s'est rapidement liées d'amitié et qu'on devienne meilleure amie était une évidence. J'ai découvert une fille au caractère doux, prête à rire à toutes mes blagues et l'univers sait que j'aime avoir un bon public. Garde en mémoire ce que je t'ai dit l'autre jour et quand, dans dix ans, tu seras avec ton mari et votre... fils... adoptif, je serais là pour te dire : je te l'avais bien dit. Tu es une personne incroyablement magnifique.
Quand je rouvre les yeux, elle est toute émue, la pauvre. Elle se lève et viens m'enlacer, je la serre à mon tour avant qu'elle ne retourne s'installer. Finalement, je suis plutôt douée pour dévoiler ce que je ressens.
Je ne recommencerai plus jamais.
* Pourquoi adoptif ? Demande-t-elle ensuite.
Parce que les vampires ne peuvent pas faire de bébés, pensé-je.
« Pourquoi pas ? Dis-je à la place.
Il est l'heure de ranger et nettoyer la vaisselle alors nous nous mettons tous au travail puis disons au revoir à Ophie, je l'enlace, Paul aussi, Edward ne le fait pas mais Ophie écarte les bras alors il l'enlace aussi. Je me rappelle qu'il est frigorifié en permanence et qu'elle a dû le notifier. Cependant, s'il veut être en couple avec elle, il va bien falloir qu'ils entrent en collision. Ophie commence à signer pour Edward, je vois qu'elle s'inquiète justement de sa fraîcheur. Lui ayant déjà dit au revoir, j'entraîne Paul avec moi dehors pour laisser Edward et Ophie discuter seul à seul.
« Tu reviens à la réserve ? Me demande Paul quand nous arrivons au bout de l'allée.
Je m'arrête, me tourne vers lui et essaye d'imaginer mon retour à la réserve. Je vois Edward sortir de la maison et se diriger vers nous.
« Je ne suis pas prête à rentrer et leur faire face. Ils attendent trop de moi et je ne suis pas censé faire ça, on ne m'a pas appris tout ça. Je suis... dépassée et je ne contrôle plus rien. J'ai besoin de reprendre ma vie en main.
Edward est arrivé pendant mon discours. Paul hoche la tête, compréhensif.
« Tu pourrais venir chez moi, suggère Paul.
« J'aimerais assez mais tu habites sur la réserve, je ne peux pas rester enfermée dans ta chambre pour éviter qu'ils me trouvent.
Il est déçu et je le suis aussi.
« Tu peux venir à la maison, aussi, lui propose Edward. Tu l'empêcheras de tomber du lit.
« Je ne tombe pas du lit, protesté-je.
Je me tourne vers Paul.
« Viens, les parents adoptifs d'Edward sont cool et ses cousins sont plutôt... presque pas là. Puis, tu ne voudrais pas que j'ai des bleus à force de tomber du lit.
Il sourit.
« Bien sûr, je viens. Juste parce que je n'aime pas les schtroumfs. Laisse-moi appeler mon père pour prévenir et je vous suis.
Edward et moi montons en voiture et attendons que Paul s'installe dans la sienne. Je me fais la réflexion que j'aurais pu monter dans celle de Paul puisque nous allons au même endroit mais je n'ai pas réfléchi. Après il a dit "je vous suis", c'est de sa faute, ça m'a inconsciemment indiqué que je devais être dans la Volvo. Edward regarde dans le rétro intérieur puis démarre.
« Tu as dit la vérité ou tu as donné une excuse à Ophie pour ta fraîcheur corporelle ?
« J'ai dit que j'avais un problème médical.
« Quel menteur, le nargué-je.
« Être mort est un problème médical, souligne-t-il.
« Merde, pourquoi es-tu si intelligent ?
« Pour te faire taire.
« Ça ne fonctionne pas, répliqué-je. Blablabla blabla.
