Chapitre 28
Il ne semble y avoir personne, la villa est silencieuse mais vu la taille, ils peuvent aussi bien être en train de danser, la musique à fond, à l'autre bout du bâtiment. Edward propose de faire la visite des pièces principales à Paul.
« Donc, le salon, présente Edward. C'est... un salon.
« Un grand salon, appuie Paul. Je n'avais pas remarqué.
« Oui, je m'en doutais. Moi-même, je me suis trompé, la première fois.
Je souris, amusée et suis les deux mecs. Nous longeons la balustrade des escaliers qui descendent pour passer derrière et atteindre les escaliers qui montent. Edward ouvre la porte qui se trouve avant les dits-escaliers et qui donne sur la pièce du piano
« La salle de musique, indique Edward. Il y a une bibliothèque là-bas et le bureau de mon père, il faut passer par le couloir derrière la porte d'en face.
Paul jette un œil.
« C'est pour impressionner les filles, le piano ? S'enquiert Paul.
Edward referme la porte et commence à monter.
« C'est ma mère qui joue. Je n'ai pas besoin de ça, je suis déjà impressionnant.
« Je comprends l'idée de Bella qui déteint sur toi.
« Hé, je ne suis pas si vantarde.
« Si, répondent-ils en même temps.
Génial, si je ne fais pas attention, je vais finir avec une alliance des deux contre moi. Nous arrivons dans le couloir.
« Ici la salle de bain, pointe Edward sans ouvrir la porte. Les toilettes.
Nous progressons encore dans le couloir.
« Ici, votre chambre, que Bella te fera découvrir elle-même.
Edward tape nonchalamment contre la porte à gauche.
« Et ici, fait-il en ouvrant sa porte au bout du couloir, c'est ma pièce de détente où je me trouve le plus souvent quand je m'ennuie. Si, des fois, tu aurais envie d'échafauder un complot contre Bells.
« Minute, hors de question d'échafauder quoi que ce soit contre moi, vous êtes censés être de mon côté, tous les deux.
Edward me sourit sournoisement, Paul s'amuse de la situation.
« Tu voulais qu'on apprenne à se connaître, non ? Me rappelle Edward. Je ne connais pas de meilleur moyen que le rapprochement contre un ennemi commun. Tu sais ? L'ennemi de mon ennemi...
« J'ai créé un monstre, réalisé-je avec gravité.
Il ricane et nous emmène à la cuisine puisque c'est la dernière pièce qu'il n'a pas montrée à Paul et c'est l'heure de manger. En arrivant dans la dite pièce, je suis enjouée à l'idée de ne trouver Esmée nul part, ça veut dire que je peux me préparer ce que je veux et manger des pâtes ou des frites ou commander un burger. Edward passe à côté de la table et ramasse un papier, il le lit à haute voix :
« "J'ai préparé ce qu'il faut pour Bella ce soir, c'est l'assiette au frigo. Esmée."
« Nooon, me lamenté-je. Regarde et dis-moi qu'il n'y a pas de légume.
Je cache mes yeux.
« Je ne peux pas regarder.
J'entends le frigo s'ouvrir et la sentence est sur le point de tomber.
« Cuisse de poulet et...
« Frites, frites, pitié, des frites.
« Haricots verts.
« Nooon, pourquoi ma vie est si nulle ?
Edward ricane.
« Pour être en bonne santé et avoir une vie nulle plus longtemps.
« Ai-je déjà dit que je n'aimais pas qu'on décide pour moi ? Les repas n'en faisaient pas partie mais c'est sur le point de changer.
« Pourquoi Esmée n'a préparé que le repas de Bella ? Demande Paul.
« Je dois préparer mon propre repas, ment Edward. C'est une punition pour avoir été insolent.
« J'ai toujours dit que tu tournerais mal, le piqué-je.
« Je vais préparer le repas pour Paul et moi et il ne mangera donc pas l'autre moitié des haricots verts dans le plat, tu devras les manger, demain midi.
« Pardon, dis-je rapidement.
Edward sourit, ravi d'avoir gagné. Je lève les yeux au ciel.
« Bon, envoie les haricots-poulet, je vais chauffer ça au micro-onde et grommeler sur l'injustice de ce monde.
« Si tu veux, je peux manger une partie de tes haricots, je n'ai pas si faim. Paul, tu veux du steak normal ou haché ?
« Normal.
Je mets mon assiette à chauffer.
« Le monde est si injuste, grommelé-je.
« Tu as la vie dure, se moque Paul.
Je le regarde de façon appuyée.
« Oui.
J'arque un sourcil.
« C'est vrai, j'avais presque oublié la partie fille de la lune.
Nous mangeons, Edward mange la moitié de mes haricots et sort l'excuse d'être végétarien pour ne pas manger de viande, comme Paul et moi. Après le repas, nous jouons à la console tour à tour, en un contre un.
Je rejoins Paul dans ma chambre après m'être mise en pyjama, il regarde à travers la baie vitrée qui fait toute la hauteur du mur et un mètre de large. Paul est encore habillé parce qu'il n'a pas de pyjama pour se changer. Je me rapproche de lui, il se tourne et me prends par les hanches avant de m'embrasser.
« Vous vous entendez bien, finalement, lancé-je.
« J'ai essayé de le détester, avoue-t-il. Mais il est sympa. Je pensais qu'il me détesterait ou qu'il chercherait un moyen de te récupérer mais il semble que tu avais raison, il y a un truc entre Ophie et lui, ça se voit à des kilomètres.
« J'ai toujours raison.
Il sourit.
« N'en prends pas l'habitude, sourit-il. Je comprends son truc de gamin décevant, j'ai cette impression chaque fois que mon père me regarde.
« Ton père est décevant, pas toi. Tu ne veux toujours pas en parler à quelqu'un, tu sais pour...
« Non, me coupe-t-il. Il me reste deux ans à tirer et puis, si je me transforme en loup, personne ne pourra m'en vouloir de me transformer devant lui et lui montrer qu'il ne pourra plus le faire.
« Je me sens mal de ne rien faire pour t'aider, j'ai l'impression de laisser les choses se faire et te laisser dans cette merde.
« Tu m'aides, tu vas me transformer en guerrier. Au moins un avantage à ce truc de loup.
« C'est vrai.
« Edward a l'air d'être un type bien, ce qui est marrant, c'est que pendant une seconde, je me suis demandé s'il n'était pas un vampire. Il a la peau très pâle mais ses yeux, même s'ils sont étranges, ne collent pas et je ne ressens aucune attirance ou intimidation à son égard. C'est dû à la drogue, son teint maladif ?
Je me détache et me recule un peu.
« Non, alors... soufflé-je. Je t'ai menti sur ça parce que je ne pouvais pas te dire la vérité. Pas encore, du moins. Edward est bien un vampire.
Il fronce les sourcils.
Je lui déballe tout, du début à la fin, la façon dont il est devenu vampire, son alimentation, mon sang de plus en plus attirant, ses tentatives de me repousser pour ne pas me tuer les deux fois où il avait soif en ma présence, mon deuxième sauvetage et le fait qu'Ophélia soit son âme-sœur. Paul me regarde sidéré puis s'avance vivement pour me serrer contre lui.
« Tu as failli mourir, s'effare-t-il. Deux fois, putain.
C'est visiblement tout ce qu'il a retenu.
« Edward est un vampire, aussi.
« Oui, mais il t'a sauvée. Bordel de merde, qu'est-ce que j'aurais fait si je ne t'avais pas connue ? Si je t'avais connue et que tu étais morte, ensuite ? Je ne peux pas l'imaginer. Merde, Bells, tu as l'air si calme et confiante alors que tu aurais pu mourir.
« J'ai été sauvée avant qu'il n'arrive quoi que ce soit et ça va, je vais bien.
« La deuxième attaque, c'était quand ?
« Le soir du jour où t'es parti voir Rachel.
« Putain, tu as failli mourir pendant que je découvrais que Rachel me trahissait.
Je reste silencieuse.
« Y a de quoi relativiser, lâche-t-il.
« Effectivement.
Il me serre davantage.
« Si tu sers encore, je vais arrêter de respirer.
Il desserre sa prise.
« J'aime que tu sois en vie.
« Et bien, contente de l'apprendre.
Il se détache un peu, encercle mon visage de ses mains et m'embrasse.
« Tout va bien, maintenant, souligné-je. Mon sang ne donne plus du tout envie aux vampires, d'ailleurs. Je ne risque plus d'attaque fortuite.
Ses mains se posent sur mes hanches.
« Tant mieux, souffle-t-il, soulagé. Au moins un avantage à ta condition.
Je me colle davantage à lui, il me serre un peu plus en contrepartie. Je lui prends la main et le fait s'allonger sur mon lit puis je m'assois sur lui et me penche pour l'embrasser. Je me redresse et souris puis glisse mes mains sous son t-shirt qui se relève un peu. Je découvre qu'il cache des abdos sous ses habits.
« Hey, tu fais du sport ?
« Nan, pourquoi ?
« Tu as un peu d'abdos, là.
Je chatouille l'endroit mais il n'est pas chatouilleux.
« La construction de la maison, sûrement.
« Cool, apprécié-je en glissant mes doigts sur les légers reliefs.
« La maison est bientôt finie alors ne t'y attaches pas trop.
Je fais une grimace boudeuse et me penche en reculant mes fesses pour déposer des baisers sur ses nouveaux abdos. Je remonte en parsemant un chemin de baiser jusqu'au t-shirt puis l'embrasse sur la bouche. Sa main s'accroche à mes cheveux entièrement détachés pour la nuit et l'autre glisse pour enserrer ma fesse.
« Tu veux... ? S'enquiert-il.
« Ouais.
Il passe la main dans sa poche et en sort son porte-feuille, il l'ouvre et prend un étui carré qui détient tout ce dont on a besoin.
« J'en ai qu'une alors faisons-en bon usage, annonce-t-il en le laissant tomber à côté de lui pour m'enserrer contre lui.
Il m'embrasse.
« Tu... ce n'est pas ta première fois ?
Encore cette question...
« Non, ça sera ma deuxième fois. Pourquoi ?
« Pour m'adapter en fonction, bien sûr.
« Et toi, alors ?
Il sourit.
« Non, ce n'est pas ma première fois.
Il entoure mon visage de ses mains.
« Tu es magnifique, me complimente-t-il.
Il fait glisser son pouce sur mes lèvres.
« Je ne vais faire qu'une bouchée de toi, sourit-il, aguicheur.
Je souris grandement avant de fondre sur lui. Nous retirons nos habits gênants, découvrons et explorons nos corps pour finir par nous réunir en un point intéressant. Nous finissons essoufflés, moi à moitié sur lui dans un câlin post-deuxième fois.
« Bells, tu t'es endormie ?
« Non, souris-je contre lui.
« Il faut que j'aille jeter ce qu'i jeter, je reviens, ok ?
« Mh, non.
« Bells, me réprimande-t-il.
Je râle et pivote légèrement pour le libérer et me fait retomber sur le ventre quand il sort du lit. Il enfile son boxer et son jean puis prends le mouchoir dans lequel il a caché la protection utilisée. Je ne sais pas s'il s'est perdu mais je trouve le temps long en son absence, je me remets en pyjama pour aller aux toilettes, je me cogne presque contre lui en sortant de la chambre.
« Où est-ce que tu fuis comme ça ? Chuchote-t-il.
« Aux toilettes, réponds-je sur le même ton.
Il se décale pour me laisser passer et retourne dans la chambre, laissant la porte ouverte pour me laisser un peu de lumière. Quand je reviens, il est en boxer, allongé, un bras plié sous la tête, les yeux fermés. Je m'immobilise pour mater un peu.
« Je sais que tu me regardes, se moque-t-il.
Je ferme la porte.
« Même pas vrai, je viens d'arriver.
Je le rejoins près du lit.
« Menteuse, souffle-t-il.
Je m'installe sur lui, me maintenant par les bras pour le regarder puis l'embrasse, ses mains chaudes qui glissent sur moi sont agréables.
« Faut se calmer, petite étoile. Je n'ai pas d'autre capote sur moi.
« Qui a dit qu'on allait recommencer, de toute façon ? Grommelé-je en me redressant.
« La façon dont tes lèvres étaient sur les miennes, ma virilité qui se réveille de nouveau. J'irais à la pharmacie demain matin.
Il cale ses mains sur mes fesses.
« C'est fermé, demain, lui indiqué-je.
« Merde, c'est vrai. Tant pis, faudra être sage jusque lundi.
« Foutu dimanche.
« On pourrait en profiter pour faire les tests des maladies, d'ailleurs, propose-t-il. J'ai toujours utilisé ce qu'il fallait, Rachel ne prenait pas la pilule, et ton ex est un vampire, donc ça ne sera que formalité. Ça nous fera un soucis en moins en cas d'incident de parcours, il restera juste...
« J'ai ma protection anti-piège sous forme d'implant contraceptif.
« Tu avais tout prévu depuis le début.
« Parce que je suis machiavélique.
Il me sourit, m'agrippe pour me pencher sur lui et m'embrasse.
« T'as passé une bonne journée d'anniversaire ?
« Très. T'as passé une bonne journée de mon anniversaire aussi ?
« J'ai retrouvé ma petite-amie, on s'est bien amusés, on finit dans la super baraque de ton ex et l'avons même provoqué en faisait des trucs obscènes sous son toit.
Je ricane.
« Attends, il ne peut pas savoir, hein ? Genre il n'a pas de rayons X ou de super écoute ?
« Non, ris-je. Il manquerait plus que ça.
« Ouf ! Me fais pas des frayeurs comme ça.
« Mais j'ai rien dit, moi.
Il me lance un sourire moqueur.
« Pourquoi je ne ressens pas d'attirance et tout pour Edward ?
« Hum, pourquoi voudrais-tu être attiré par Edward ?
« Alors non, princesse démoniaque. C'est juste que tant que je ne me transforme pas, je suis censé être une proie facile pour lui. Attirance et intimidation, c'est ce qu'a dit Billy.
« Sam et moi pensons que c'est parce que j'ai eu la marque et la magie irradie de moi et vous touche donc vous n'êtes plus des proies faciles pour les vampires sans pour autant avoir votre instinct de loup pour les déceler avant la transformation.
Il hoche la tête.
« Attends, quoi ? Tu l'as dit à Sam et pas à moi ? Tu m'as dit que tu m'avais menti parce que tu ne pouvais pas me le dire, mais Sam, oui ? Et tu lui a présenté ton ex ? Pendant que tu le faisais passer pour un junkie auprès de moi ?
« Je l'ai dit à Sam après la deuxième attaque parce que je n'avais rien de crédible à inventer pour m'être sauvée d'un vampire. Je ne lui ai pas présenté, il l'a aperçu en venant me chercher. Je t'ai menti parce que je pensais que tu avais une chance de ne pas te transformer, à ce moment-là.
« Et alors ?
« Je ne voulais pas t'inquiéter.
« Parce qu'un ex junkie qui a eu envie de te tuer juste parce qu'il était en manque, c'est censé m'inquiéter moins ?
Je soupire, là comme ça, je me sens bête.
« Ouais, c'était idiot. Je n'aurais pas dû te mentir.
Ses mains parcours mes flancs pour remonter vers mon visage, il m'entoure et me rapproche de lui, caressant mes joues.
« Je ne vais pas être chiant avec ce mensonge parce que tu as fini par me le dire de toi-même mais... je ne veux pas de mensonge entre nous. Ça va tout gâcher et je refuse qu'on laisse ça arriver. Je sais que certaines vérités peuvent blesser ou être difficile à entendre mais les mensonges ruinent tout.
« D'accord, accepté-je.
« Plus de mensonge ?
« Plus de mensonge, répété-je.
Il sourit.
« De mon côté, je ferais mon possible pour ne pas m'énerver si ce que tu as à me dire ne me plaît pas.
Je lui dépose un baiser avant d'éteindre la lumière de la lampe de chevet et m'allonge à ses côtés, à moitié sur lui.
« J'ai eu peur de t'avoir perdu, avoué-je.
Il me resserre avec son bras.
« Jamais... parce que t'es mon étoile. On ne peut pas perdre son étoile sans se perdre soi-même.
