Chapitre 29

Je me réveille seule dans le lit, je me tourne pour me mettre sur le ventre, peu envieuse de me lever. Je profite de ce moment pour repenser à hier. Hormis le moment de doute en découvrant Paul chez Ophie et celui où il a découvert que je lui avais bêtement menti, ça a été une excellente journée qui s'est bien terminée. Je souris en y repensant.

Je me rends compte que nous avons fait ce truc trivial qui est censé sceller notre lien à jamais. J'ai une bouffée d'angoisse qui me vient à l'idée de m'être moi-même enfoncée dans ce piège mystique. J'essaye de me calmer et me défaire de cette vision que j'ai du mariage parce que, de toute façon, nous ne sommes pas mariés. C'est juste... un lien mystique... qui nous unit à vie. Merde, non, il faut juste que je n'y pense pas.

Edward se glisse dans mon esprit et force est de constater que sa route est toujours un problème car toujours présente. J'ai toujours des sentiments pour lui. Pourquoi ? Putain, juste... pourquoi ? Peut-être qu'il faut que Paul aie fait sa première transformation pour que le truc trivial fonctionne ? Ou peut-être que les sentiments ne disparaissent pas par magie...

Je vais juste ignorer ces sentiments. Pleins de gens vivent tous les jours avec des sentiments pour les mauvaises personnes. J'ai la chance d'en avoir autant pour la bonne, je dois m'en satisfaire et, un jour, je serai débarrassée de la seconde route.

Quand j'en ai assez de rester au lit, je me lève et me prépare tranquillement. Une fois prête, je descends et me dirige vers la cuisine, Paul ne s'y trouve pas. Je vois qu'il n'est que 8h sur le micro-onde. Je pars à sa recherche, ce qui me permet de découvrir de nouvelles pièces, quand j'en ai fini avec les deux étages, je ne peux que me rendre compte que je suis seule. Je vais voir si la voiture de Paul est toujours garée devant la villa mais quand j'arrive dans les premières marches des escaliers, je l'entends parler.

« …la sauvant, c'est ça ?

Je descends un peu et regarde en me penchant sur la balustrade, je le vois avec Edward à côté de lui. Ils sont accoudés à la rambarde de la terrasse, tournant le dos à la double porte fenêtre ouverte qui fait face à la porte d'entrée. Je me redresse mais reste sur place pour savoir de quoi ils parlent, tous les deux. Je m'attends à ce que ça dégénère, à un moment donné.

« Ouais, je ne savais pas ce qu'était ce mec, je savais juste qu'il était dangereux même s'il m'avait l'air étrangement fascinant. Il tournait autour de Bells et quand j'ai compris qu'elle était comme hypnotisée, j'ai foncé sur elle et il m'a mordu.

Je recule doucement et m'assois en haut des marches pour qu'ils ne me voient pas s'ils se tournent. Je me sens un peu coupable d'espionner mais je cède à ma curiosité.

« Dur, lâche Paul. Bells m'a dit que tu trouvais ça cool d'être fort, rapide et immortel mais ça a toujours été le cas où tu as eu une période d'adaptation ? Je demande ça parce que... et bien, je vais me transformer en loup et je suis bien obligé de l'accepter parce que je ne veux pas vivre sans elle.

« Je détestais ça, avoue Edward.

Ma respiration se coupe. Quoi ? Il a toujours l'air de trouver ça cool quand on en parle.

« C'est pas ce que Bells pense, fait remarquer Paul.

« Bien sûr que non, je ne lui ai jamais dit.

Je suis dévastée.

« Pourquoi ?

« Parce qu'elle aurait continué à s'en vouloir et je refuse qu'elle s'en veuille alors qu'elle n'y est pour rien. Elle n'a pas choisi d'être ce qu'elle est et n'a pas voulu ce qui est arrivé.

Mes yeux me piquent et même si je n'aime pas pleurer, je ne retiens pas les larmes. Pourquoi ne m'a-t-il rien dit ? Enfin, il vient de dire pourquoi mais... juste pourquoi ?

« La vitesse et la force est cool, c'est vrai, admet Edward. Mais j'étais terrifié à l'idée que je pouvais finir par la tuer, si je n'arrivais plus à me contrôler. Et l'immortalité ? Tout ce à quoi je pensais, à l'époque, c'était qu'un jour, j'allais devoir vivre sur une planète qui ne portait plus Bella. Je pense que tu peux imaginer à quel point cette pensée était effrayante. Vivre au-delà de la personne que tu aimes, c'est une chose à laquelle tu finis par penser quand tu es immortel. Et je n'ai pas fini de me battre avec ça parce qu'Ophélia est mon âme-sœur et je lutte sans cesse pour ne pas la transformer par peur qu'elle ne meurt.

La porte d'entrée s'ouvre, Esmée entre, regarde dans le fond de la pièce puis me repère. Elle prend un air inquiet en me voyant en larme, son regard bascule entre les gars et moi.

« Je vois ce que tu veux dire, finit par répondre Paul.

Ils ne l'ont probablement pas entendu car Esmée fait son possible pour fermer la porter silencieusement.

« Je ne sais si ça sera facile ou pas pour toi, de devenir un loup, fait Edward. Mais ça en vaudra le coup.

Elle me rejoint dans les escaliers et me présente ses mains sans rien dire, je les prends, elle me relève et, en gardant l'une de mes mains dans la sienne, m'emmène au salon. J'essuie mes joues de ma main libre tandis qu'Esmée nous dirige vers le canapé où nous nous installons.

« Ma chérie, qu'est-ce que tu as entendu qui te met dans cet état ?

« Edward... il détestait être devenu un vampire. Et c'est à cause de moi qu'il l'est devenu.

« Ce n'était pas de ta faute, c'était celle du vampire qui t'a attaquée.

« Mais c'est mon sang qui l'a attiré, rétorqué-je.

« Parce que tu contrôlais l'odeur de ton sang, toi ?

Je ne réponds pas mais je comprends ce qu'elle veut dire. Elle pose sa main sur mon épaule pour me rassurer.

« Ne t'inquiète pas, Edward va bien, il s'est habitué et ne déteste plus sa nouvelle nature. C'est le principal, non ?

Je hoche la tête.

« Allez, viens, je vais te préparer ton petit-déjeuner.

Nous nous levons au moment où les gars apparaissent dans les escaliers. Paul voit Esmée et a un temps d'arrêt en découvrant la mère d'Edward. Son regard fait des allers-retours entre Esmée et moi et on dirait qu'il craint quelque-chose. Je m'approche de lui, il me prend dans les bras et soupire de soulagement.

« Qu'est-ce qui te prend ?

Je me rends compte que je n'ai rien dit sur le fait que les parents adoptifs d'Edward étaient des vampires aussi mais je pensais que ça serait évident.

« Tu m'as dit que ta magie irradiait mais j'ai ressenti ce truc, un mélange de fascination et d'intimidation. Je me suis dit que peut-être, c'était parce qu'elle, elle était dangereuse vu qu'Edward ne m'a pas fait ça.

« Elle est dangereuse pour ma future obésité, c'est tout. C'est la mère adoptive d'Edward et si tu regardes bien ses yeux, elle se nourrit d'animaux.

Il la regarde.

« Ok, pardon.

« Ce n'est rien, sourit Esmée. Je suis Esmée et tu es donc Paul, je suppose que tu es le petit-ami de Bella ?

Il hoche la tête.

« As-tu pris ton petit-déjeuner ?

« Ouais, j'ai mangé un truc.

« Je vais préparer celui de Bella, alors.

Je me détache de Paul qui garde quand même son bras autour du bas de mon dos.

« Je peux manger des céréales, tu sais ? Ou le préparer moi-même.

Elle s'arrête et se tourne vers moi avec un air inquiet.

« Tu n'aimes pas ce que je fais ?

« Si, si, c'est bon ce que tu cuisines mais je ne veux pas que tu t'embêtes pour moi.

Elle est rassurée par mes paroles. Je n'ose pas dire que je n'en peux plus des légumes. Heureusement qu'il n'y en a pas au petit-dèj'.

« Ça ne m'embête pas, au contraire, j'aime cuisiner et tu es le seul prétexte que j'ai pour le faire sans gâcher la nourriture.

Nous tenons compagnie à Esmée pendant qu'elle me prépare des pancakes, je salive d'avance à l'idée de les manger. Je veux bien manger des légumes ce midi si elle me laisse mettre plein de sauce chocolat dessus. Quand elle a fini, je m'installe et verse le chocolat plus que nécessaire, je suis heureuse qu'elle ne me reprenne pas à propos de ça. Miam. Je mange sous les regards amusés d'Edward et de Paul, je donne un morceau à mon petit-ami parce que je suis généreuse avec mon prochain mais pas plus parce que faut pas déconner.

Je sors mon téléphone et le pose sur la table avant de le sortir de sa veille. Je suis soulagée de ne pas avoir de message inquiet aujourd'hui. Je cherche ce qui pourrait être intéressant à faire dans le coin.

« Tu fais quoi ? Demande Paul.

« Je cherche des activités à faire, il y a un musée sur l'art, un autre sur l'exploitation forestière, un aéroport de loisir et un stand de pêche.

« Un musée sur l'exploitation forestière ? Personne ne l'a demandé et Forks l'a fait.

« En même temps, qu'y a-t-il ici à part des arbres ? Répliqué-je.

Je mange un bout de pancake avec du chocolat et reporte mon attention sur mon tel. Je clique sur le seul truc qui attise ma curiosité, l'aéroport de loisir. On peut prendre des cours de pilotage, faire un tour en hélicoptère et on peut faire du saut en parachute.

« On pourrait faire un saut en parachute, un de ces jours, proposé-je.

« Tu n'y penses pas ? S'affole Esmée, interrompant le nettoyage de la poêle. C'est trop dangereux.

Je suis sur le point d'avaler un autre morceau mais m'interromps pour regarder Esmée. Je ne sais pas vraiment quoi répondre alors je la regarde bêtement. Elle n'est pas inquiète pour son fils, puisqu'il est indestructible donc elle s'inquiète pour moi. Entre ça et les repas qu'elle me prépare, je la trouve très... maternelle à mon égard.

« Pardon, c'est vrai que ça ne me concerne pas, dit-elle en prenant un torchon. J'ai l'impression que tu fais partie de la famille, en quelques sortes. Excuse-moi, si tu trouves que je suis trop sur ton dos.

Je lui souris.

« Non, ça va, je n'ai pas l'habitude, c'est tout. Ma mère est morte quand j'avais 9 ans et elle n'était pas très maternelle avec moi alors ça me change. Au moins, ça veut dire que je ne vous dérange pas. Votre villa est cool, en plus, vous pouvez m'adopter comme ça j'aurais une excuse pour m'incruster.

« On peut organiser ça, s'enjoue-t-elle.

Ah, je ne pensais pas qu'elle me prendrait au sérieux.

« Esmée, elle plaisantait, intervient Edward.

« Oh, bien sûr.

Elle me sourit, je le lui rends en retenant mon rire. La tête que Billy ferait si je me faisais adopter par des vampires. Je paierais pour voir ça.


Je digère mes pancakes allongées sur le canapé, la tête sur les genoux de Paul. Il fait courir ses doigts sur les côtés de mon crâne. La télé est allumée sur un match de base-ball mais je ne suis rien du match.

« Ta coiffure me gêne, tu peux la défaire ?

Je défais mon petit chignon, retire l'élastique puis défais la tresse et passe ma main dans mes cheveux en la secouant pour bien les éparpiller comme il faut et repose ma tête. Il reprend son massage et je ferme les yeux pour profiter. C'est agréable. Finalement, il s'arrête, je le sens se tendre. J'ouvre les yeux pour voir Jasper et Alice s'installer chacun sur les fauteuils qui entourent la table basse en verre. Alice a désormais les cheveux violets.

« Salut, je suis Alice et voici Jasper. Tu es... Paul, n'est-ce pas ?

« Ouais, dit-il avec méfiance.

« Yeux dorés, rappelé-je. Comment ça se fait que tu aies cette appréhension avec eux mais pas avec Edward ?

« Je ne sais pas, peut-être parce que je ne pensais pas qu'il était vraiment un vampire, au départ. L'effet s'est dissipé pour Esmée, cependant.

« Ok, si ça se dissipe, tant mieux.

Je tapote sa main qui s'est figée sur ma tête.

« Continue, réclamé-je.

Il sourit et reprend son massage.

« Vous devez vous nourrir chaque semaine ? Demandé-je aux vampires.

« Non, une fois par mois est suffisant, répond Alice.

Je fronce les sourcils.

« Edward a eu soif dès le 8e jour, pourtant.

« C'était à cause de ton sang, il l'assoiffait et ça allait être de pire en pire au fur et à mesure que le moment arrivait.

« Ah...

Ça aurait sûrement très mal fini s'ils n'étaient pas venus le retrouver au foyer.

« Comment êtes-vous devenus des vampires ? S'enquiert Paul. Enfin, si vous voulez en parler.

« Honneur au plus ancien, lance Alice.

« Je suis devenu vampire en 1821.

« Tu as... 201 ans ?

« 223 ans si tu comptes mes années humaines, j'ai été transformé à 22 ans. J'étais garde-forestier, je faisais une ronde dans la parcelle qui m'avait été confiée quand j'ai été attaqué par une femme qui s'est révélée être une vampire. Il se trouve qu'humain, j'avais une empathie exacerbée qui s'est révélé être un don. Quand elle m'a mordu, elle a reçu la douleur que j'ai ressenti et m'a relâché. Je ne l'ai plus jamais revue par la suite. Après trois jours d'agonie, j'ai rejoins la tour de guet de l'un de mes collègues en ignorant ce que j'étais devenu et sans vraiment comprendre ce qu'il s'était passé. Submergé par une soif de sang incontrôlable, je l'ai mordu mais je me suis arrêté en cours parce que je recevais sa douleur et sa terreur. Une randonneuse passait dans les parages, enfin, je pensais que c'était une randonneuse mais c'était en fait sa copine, elle est entrée et comme je n'avais pas eu assez, je me suis jeté à son cou, une fois encore, ses émotions m'ont arrêté. C'est ainsi que j'ai transformé Peter et Charlotte avec lesquels je suis restés par la suite.

Edward apparaît dans mon champ de vision. Il jette un coup d'œil général à tout le monde et me sourit.

« Y a plus de place, lui indiqué-je.

« Parce que tu prends toutes les places !

« Je voudrais bien t'en laisser un peu mais ça voudrait dire que je dois renoncer à ce trop génial massage du cuir chevelu.

Je lui lance un sourire auquel il répond par le sien. Il se penche pour prendre mes pieds, les relève et s'installe en-dessous pour les reposer sur ses cuisses, posant nonchalamment sa main sur ma cheville la plus éloignée de lui.

« Alors, où se trouvent Peter et Charlotte, aujourd'hui ? M'intéressé-je. Ils t'en veulent de les avoir transformés ?

« J'ignore où ils se trouvent, je les ai quitté deux ans plus tard. Ils ne m'en ont pas voulu, ils ont toujours eu l'âme aventurière.

« C'est ton don qui t'as poussé à te nourrir d'animaux ? S'enquiert Edward.

« Ouais. La soif de sang nous rend moins empathique mais avec mon don, j'ai ressenti la douleur et la peur de Peter et Charlotte alors je n'avais pas le goût de tenter une troisième fois, ce qui m'a rapidement forcé à trouver une alternative. C'est comme ça que j'ai découvert que, même s'il était moins appétissant, le sang animal calmait la soif tout aussi bien. Peter et Charlotte ne voyaient aucune raison de me suivre dans ce régime, ils se laissaient contrôlés par leurs instincts dès qu'ils avaient soif et avaient des remords ensuite mais dès qu'ils avaient soif de nouveau, les remords étaient oubliés et revenaient ensuite de façon moindre jusqu'à ce qu'ils ne les ressentent plus. Je ne voulais pas devenir comme eux, c'est pourquoi je suis parti.

« Oh, donc plus tu bois du sang humain moins tu es empathique ? Lancé-je.

« Exactement, acquiesce-t-il.

« Je suis contente d'avoir eu l'idée du sang animal pour Eddy, envoyé-je. Et comment as-tu rencontré Alice ? Vous êtes âme-sœurs ?

« Oui, elle est mon amour éternel, sourit-il à son égard. J'ai rencontré Alice il y a un peu moins de 40 ans mais c'est à elle de vous raconter ça.

« Mes parents m'ont placée en clinique psychiatrique à cause d'hallucinations qui me rendaient folles. Je ne savais plus ce qui était vrai ou pas. Par exemple, quand j'ai eu 8 ans, je suis entrée dans ma chambre et j'ai vu ma peluche préférée complètement déchirée avec la mousse éparpillée autour. J'ai piqué une crise de pleurs et de colère contre mon frère qui était le seul coupable possible. J'ai emmené la victime de ce crime à mes parents mais la peluche était normale pour eux. Il se trouve qu'ils avaient raison, la peluche n'avait rien. Des jours plus tard, je rentre à nouveau dans ma chambre et la même scène se présente à moi, j'en ai déduis que c'était encore une affabulation de mon cerveau alors je n'ai rien osé dire mais il s'est avéré que la peluche était cette fois, réellement déchirée.

« Ça a dû être terrible à vivre, dis-je.

« Effectivement, je n'ai jamais compris que les hallucinations étaient le futur qui m'était montré ainsi. Un jour, je me promenais dans la cour de la clinique et une hallucination m'a montrée Jasper, accroupi sur le haut mur qui entourait la cour, il me fixait. J'ai été subjuguée par cette hallucination si bien que chaque jour, je passais mon temps à regarder l'endroit en espérant que l'hallucination revienne. Un jour elle est revenue mais ce n'était pas une hallucination. Il m'a enlevée, m'a expliqué ce qu'il était et m'a dit qu'il lui était impossible de ne pas me transformer, j'ai accepté rapidement. Je suis donc vampire depuis 1984, j'avais alors 21 ans et je suis heureuse de pouvoir vivre auprès de mon âme-sœur même si certaines choses de mon humanité me manquent affreusement, essentiellement manger et dormir.

La conversation devient plus légère, ensuite. Je jette un regard à Edward qui semble perdu dans ses pensées alors je le taquine en faisant mine de le chatouiller avec les pieds. Il me lance un regard réprobateur en m'attrapant le pied et le remet en place. Paul demande comment ils ont réussi à avoir une telle villa, nous apprenons alors qu'il leur arrive parfois de jouer au loto, trichant avec le don d'Alice et qu'ils placent l'argent ensuite pour que celui-ci ne dorment pas. Ils ont en réalité plusieurs autres propriétés dans différents endroits pour pouvoir changer de vie facilement.

« Toutes ne sont pas aussi démesurée que cette villa, cependant, nous assure Jasper.

Paul continue de masser mon cuir chevelu et je prie pour qu'il oublie qu'il le fait et continue jusqu'à ce que l'on meurt de faim. Edward redresse vivement la tête et jette un œil à chacun de nous, il a l'air confus.

« Je crois que mon don se développe encore.

« Comment ça ? Demande Jasper.

« J'ai reçu une pensée que personne n'a semblé avoir dit. Mon don devient de la télépathie à distance.

« De la télépathie sans contact ? M'étonné-je. Tu as la même évolution que la carte bancaire. Tu as reçu quoi ? Pour savoir qui est le fautif.

« "Bien".

« C'est pas moi, me défends-je. Il n'y avait aucun "bien" dans mes pensées parce que tout ce que je pense, à chaque instant, concerne le mal.

« Personne ne se serait douté, me fait-il remarquer.

Je ricane.

« Je ne pense pas que c'était moi, fait Paul.

« Je crois bien que c'était moi, dit Alice.

« Arrête de penser, râle Edward.

Alice lui fait un sourire moqueur et lui tire la langue. L'action à la télé semble être absolument vitale pour l'équipe que Jasper soutient car il demande le silence dans le salon pour ne pas déconcentrer le batteur. Batteur qui bien sûr a une oreillette reliée directement à un micro présent dans ce salon, c'est pourquoi nous pourrions le déconcentrer.