Ce matin, en se réveillant, Emma ne se sentait pas dans son assiette. Elle transpirait comme si elle avait couru pendant son cours de sport, elle avait mal à la gorge et son nez était tellement encombré qu'elle se retrouvait dans l'incapacité de respirer autrement que par la bouche.
StoryBrooke était pris au piège sous un épais manteau blanc depuis plusieurs jours et elle avait bien tenté d'y résister mais la tentation avait été trop forte. Simplement habillée de son pyjama, elle s'était glissée dans le jardin malgré l'interdiction de sa mère pour s'y amuser. Bonhomme de neige, ange dans la neige, jeté de boule de neige sur la mairesse qui tentait tant bien que mal de la ramener au chaud – la petite blonde s'en était donné à cœur joie. Elle avait même initié la création d'un igloo digne des plus grands Inuits mais la brune avait malheureusement réussi à la trainer de force à l'intérieur – mettant ainsi un terme à son activité de construction.
En entendant son réveil sonner, mais surtout en sentant la lourdeur de son cœur, la fillette compris qu'elle aurait dû écouter sa mère qui l'avait bassiné en lui répétant, encore et encore, qu'elle allait attraper froid pour l'empêcher de sortir. Elle lui avait désobéie et se retrouvée à être malade, comme cette dernière l'avait prévue. Au finale, les adultes ne possédaient-ils pas un sixième sens pour toujours prévoir les bobos ou alors les mauvais rhumes à l'avance ?
Quoi qu'il en soit, elle eut énormément de mal à quitter son petit lit douillet. Peluche sous le bras, couverture enroulée autour de son corps frigorifié, elle s'aventura dans le couloir où elle y retrouva sa mère qui était à peine plus réveillée qu'elle. Sans attendre, elle combla la distance qui les séparait pour s'accrocher à sa jambe – manquant au passage de faire tomber Regina en la percutant de plein fouet.
« Bonjour à toi aussi mon bébé. » Soupira la brune en la soulevant du sol.
« Maman. » Marmonna Emma qui glissa son visage au creux de son cou.
« Tu nous couves un bon rhume. Qu'est-ce que je t'avais dit ? » Souffla la mairesse en lui caressant les cheveux humides de sueur.
« Pas aller jour dehors. »
« Et toi, qu'est-ce que tu as fait ? » Lança l'adulte avec un sourire.
« Aller jour dehors. » Grommela la petite avec un bâillement.
« C'est bien ce que je me disais. Allez, tu devrais te sentir un peu mieux après un bon choco-cannelle bien chaud. » Assura-t-elle.
« Du miel ? » Fit la blonde en relevant la tête.
« Bien sûr, je rajouterais du miel. » Dit-elle en lui embrassant tendrement le front.
Descendant lentement les escaliers, Regina déposa sa fille sur le canapé en l'enveloppant confortablement dans la couverture qui se trouvait sur le dossier de celui-ci. Après un baiser déposé sur son front bouillant, elle se dirigea vers la cuisine où elle prit le temps de lui préparer une tasse fumante de chocolat chaud dans lequel elle n'oublia, évidemment pas, le nuage de cannelle.
« Maman, qu'est-ce que tu as fait à ton pyjama ? » Lança Emma en récupérant sa boisson chaude.
« De quoi est-ce que tu parles ? » Fit la brune, les sourcils froncés.
« Ton pyjama, il est plein de trou. » Informa la fillette en pointant du doigt les morceaux de peau qui apparaissaient.
D'un pas lent, elle se dirigea vers l'entrée où se trouvait un grand miroir à pied dans lequel elle découvrit son ensemble de pyjama, découpé, détruit, ruiné. Des morceaux de tissus manquaient ici et là, dévoilant ainsi sa peau nue.
La petite blonde sauta du canapé pour la rejoindre et, alors qu'elle s'apprêtait à lui parler, sa mâchoire tomba en découvrant son propre reflet. Son visage était entièrement maquillé – plutôt gribouillé. Le rouge dépassait de loin la limite de ses fines lèvres, ses yeux étaient pris au piège dans deux cercle noir tel ceux d'un panda, son nez était aussi rouge que celui d'un clown et, en blanc, des moustaches de chat prenaient place sur ses joues.
« Mais ! » S'exclama-t-elle en sursautant.
« C'était mon pyjama préféré. » Marmonna la mairesse.
Du coin de l'œil, mère et fille remarquèrent les deux petits lutins qui se trouvaient perchés sur le haut du meuble. Mininours, les ciseaux à la main, Primprenelle, la tête plongée dans la trousse de maquillage, elles n'avaient pas besoin d'en voir plus pour comprendre qu'ils venaient de leur jouer un très vilain tour.
