Chapitre 35

Edward m'a proposé de me déposer chez Bessie, suivant mon envie de me retrouver seule avec moi-même pour réfléchir à ma vie. J'ai refusé l'offre malgré son insistance, lui aussi semble avoir été pris d'un sentiment de danger immédiat suite aux paroles de Carlisle. Il n'y a pas de raison pour qu'un vampire se trouve attiré par moi tout comme il n'y en a aucune qu'il soit attiré par de l'herbe.

Marcher et prendre l'air me fait du bien, j'ai l'impression d'étouffer depuis le rendez-vous, hormis les moments d'accalmie dans les bras de Paul et ceux d'Edward. J'entre chez Bessie, Noémie travaille toujours ici, elle me sourit quand elle m'aperçoit.

« Bonsoir, une table pour deux ? Demande-t-elle.

« Je suppose, je suis seule à manger, ce soir.

Elle cache assez bien sa déception. Elle m'installe puis m'apporte le menu avant de repartir à l'assaut d'une autre table pour prendre leur commande. Je regarde les plats mais tout ce dont j'ai envie, c'est de quelque-chose de sucré. Je n'ai pas si faim, de toute façon, j'ai le ventre noué. Je me décide pour un milk-shake chocolat et regarde pour une boisson. Je parcours la liste et opte pour un Coca. Je replie la carte et la pose devant moi.

Je vais être maman... à 17 ans... je ne connais rien de la vie et je vais devoir guider Bidule dans la sienne. Comment suis-je supposée le faire si je ne connais rien, moi-même ? En tout cas, pas grand chose. Ce qui est sûr, c'est que je lui apprendrai à suivre sa propre voie et non pas celle que les autres voudront lui imposer.

J'ai une montée d'angoisse quand je pense à tout ce que ça va changer dans ma vie. Je serai responsable d'un autre être, c'est beaucoup de responsabilités. Beaucoup trop. Je devrai être... parfaite, je n'aurais aucun droit à l'erreur, je devrais montrer l'exemple et ne faire aucune bêtise. Je n'ai pas fait toutes les bêtises que je suis censée faire à mon âge, je n'ai pas fait de soirée en boîte de nuit, je n'ai jamais été bourrée, je n'ai même jamais bu d'alcool, n'ayant jamais été invitée à des soirées lycéennes. Je vais être maman avant d'avoir l'âge légal de boire de l'alcool.

Je reprends la carte et mes yeux parcourent les listes des boissons alcoolisées. S'il y a un moment où j'ai le droit d'être bourrée, c'est avant d'avoir cette responsabilité sur mes épaules. Je suis curieuse de savoir ce que ça fait, je me le suis toujours demandé et ce sera la seule occasion que j'aurais. Je veux savoir l'effet que ça aura et si ça me permet de lâcher prise, c'est une bonne chose, non ?

Noémie revient me voir, je lui commande un milk-shake chocolat et un Long Island qui, par chance, possède du Coca dans sa liste d'ingrédients. Si je veux connaître l'état d'ébriété, il faut que je tape dans un cocktail d'alcools forts et le Long Island me semble l'un des plus forts de la carte. Noémie ne fait pas d'histoire à propos de ma commande d'alcool. Elle s'en va préparer ce que j'ai demandé.

Elle m'apporte ma commande, je réfléchis par quoi commencer. Je goûte d'abord le cocktail, grimace quand l'alcool me brûle un peu la gorge. J'ai l'impression de boire un Coca au produit ménager. Je coupe le goût avec le milk-shake et alterne entre les deux jusqu'à ce que le goût du cocktail me soit moins désagréable. À la fin, je me sens un peu bizarre mais pas au point d'être bourrée. Je ne pense pas l'être. Je commande une Margarita à Naomie et un milk-shake à la vanille.

« Merci Naomie, souris-je quand elle pose mes deux boissons devant moi.

« C'est Noémie et de rien.

« Ah oui, pardon.

J'engloutis tour à tour les deux boissons et remarque seulement maintenant que le restaurant tourne.

« Dinguerie, ce resto.

Je me sens bien. Ça fait si longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien si on enlève le tournis que me provoque le restaurant tournoyant. Je ne sais pas si l'attraction est cohérente avec le fait de servir de la nourriture et me demande comment Noméie fait pour marcher correctement sans rien faire tomber.

Maintenant que je me sens bien et en adéquation avec la vie et moi-même, je prends mon téléphone pour appeler Paul, je découvre qu'il m'a envoyé deux messages tout à l'heure.

J'ai crevé un pneu. Demande à Ed de te ramener à la frontière ou même de t'amener chez moi. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas rentrer dans la réserve, en fait. Je vais devoir courir pour arriver à temps pour l'oral, c'est donc normal si je ne réponds pas de suite.

Ouf, je suis là à temps. Comment tu te sens ? Je voudrais être là, petite étoile. Sache que je serai là pour toi, quoi qu'il arrive.

J'envoie ma réponse :

Ut as tué un pneuu ? Il est mot mintenant ! C es méchant. Comment l'orage s'est passé ?;?... Je veux qutu sois la assi. Je truove assi que Edwinn devrais pouvoir rentre en moi je t amie for fort for tu veux coucher vec moi ?

Je suis un peu triste pour le pneu que Paul a tué mais heureusement, ça n'affecte pas mon bien-être, sûrement parce que je ne sais pas de quel animal il s'agit. J'espère qu'Épaule veut faire des choses vilaines sous la couette parce que j'aime bien. Pull m'appelle directement, je pense qu'il a envie, du coup. Je décroche à ma troisième tentative pour appuyer sur le bouton vert qui esquive mon pouce à chaque fois.

« Bon...

« Tu es bourrée ? M'attaque Paul sans me laisser lui dire bonjour.

« Non, réponds-je.

« Tu as bu combien de verre d'alcool ?

« J''ai bu un Longue Langue et une marguerite pour voir ce qu'être bourré faisait avant d'avoir Bidule mais mon pouvoir lunaire doit m'empêcher d'être saoule.

« Tu es saoule, Bells, m'indique-t-il.

« Comment tu peux le savoir si moi-même je le sais pas ?

« Ton message rempli de fautes et d'un incroyable lapsus, ta façon de parler et je ne pense pas que longue langue et marguerite soient des cocktails qui existent. Tu devais probablement parler de Long Island et de Margarita.

Quelles fautes ?

« Oui, Longue Aïe Langue.

« Tu es où, là ?

« Chez Onémie.

« Onémie ? C'est quoi ça ?

« Le serveuse, Noméie. Chez Bessie. Tu veux coucher avec moi ?

« Ne bouge pas d'où tu es, j'appelle Edward pour qu'il vienne te chercher. Je ne peux pas venir, j'ai crevé mon pneu.

« C'était ton pneu ?! M'effaré-je. Je suis désolée, tu dois être trop triste.

« C'est juste un pneu, Bells. Ça se remplace.

J'écarquille les yeux, choquée.

« J'espère que tu diras pas la même chose de Machin.

« Machin ?

« Machin-truc... Bidule, voilà, Bidule.

« Ouais bon, je raccroche, Bells. Surtout, reste où tu es.

« Mais tu m'as pas répondu, tu veux coucher avec moi ?

J'attends mais seul le silence me répond.

« Pull ?

Il ne répond toujours pas. Je souffle et lui raccroche au nez mais ne trouve pas le bouton rouge sur mon écran. Je clique là où il aurait dû se trouver et range mon téléphone pour profiter de la salle rotative de chez Bessie.

Je ne sais pas combien de temps est passé ni comment Edgard a fait pour monter dans la salle alors qu'elle tournait. Il s'avance vers moi et il n'a pas l'air très content alors que je lui envoie mon plus grand sourire joyeux.

« Bells, soupire-t-il. Ce n'est pas très malin.

« La salle tourne, c'est trop cool. Pourquoi elle ne tourne pas tout le temps ?

« Parce que tu es ivre, là.

« Je ne suis pas un livre, Eddy.

« J'ai dit ivre, pas livre. Tu es bourrée.

Je ricane.

« Paul aussi m'a dit ça. Il a tuer son pneu, ça doit être un rongeur ou quelque-chose comme ça. Je sais pas s'il veut coucher avec moi.

« Allez, viens.

Il m'agrippe le bras et me force à me lever. Comme la salle tourne, je n'arrive pas à marcher droit comme Noméia, Edwinn est obligé de me maintenir pour que je ne m'écroule pas. Il me dirige vers la voiture mais je suis prise par une nausée de grossesse et me penche pour vomir. Edmond a eu le temps d'attraper mes cheveux libres et les maintient au-dessus de ma tête. Je regarde un peu dégoûtée la flaque de vomi que j'ai faite.

« Je suis enceinte.

« Tu es surtout saoule et tu n'aurais jamais dû boire vu que, oui, tu es enceinte, me réprimande-t-il.

« Me gronde pas, je suis gentille.

« Ouais, allez viens.

J'avance mais Edward me dévie de ma trajectoire pour ne pas que je marche dans mon vomi. Il me fait monter dans sa voiture et m'abandonne là. Après quelques secondes ou une éternité - qui peut le savoir ? - Edwinn monte de l'autre côté.

« Si tu vomis dans ma voiture, je te jure que je te la fais nettoyer de fond en comble trois fois.

Je lui prouve ma bonne foi en verrouillant ma bouche. Il me ramène à la villa et me fait monter jusque ma chambre. Il s'arrête au centre alors je fais pareil, il se tourne vers moi et je me perds dans son regard doré. Il tangue un peu alors il s'accroche en haut de mes bras pour se maintenir droit. Ou peut-être que c'est moi qui tanguait ? Je glisse mes doigts sur sa joue, sa mâchoire et sa bouche.

« Tu veux coucher avec moi ?

« Bells, c'est Paul ton petit-ami et Ophie est mon âme-sœur. Que fais-tu d'eux, mh ?

« Ils ont qu'à coucher ensemble, comme ça, tout le monde est content.

Il pouffe.

« Tu as une solution pour tout, n'est-ce pas ?

Je hoche la tête quatre ou cinq fois.

« Alors ? Insisté-je avec un sourire charmeur.

« On ne va pas coucher ensemble.

« Mais on va avoir un bébé, ça devrait nous autoriser à coucher ensemble, quand même.

« Non, sourit-il. Tu as fait ton choix, Bells. Je t'ai laissé l'opportunité de me choisir mais tu as préféré suivre la voie du destin. Ce qui me va tout autant.

« Tu ne m'aimes plus ?

« Si, Bells, je t'aime toujours mais j'aime Ophie et tu aimes Paul. Même si la proposition serait tentante si tu avais été sobre, je sais qu'on le regrettera tous les deux, au final.

Je laisse retomber ma main, il détache ses mains de mes bras et encercle mon visage avec.

« Tu as toujours une place spéciale dans mon cœur et je sais que j'ai la mienne dans le tiens mais il n'y a plus de retour en arrière possible et tu te diras la même chose demain, quand tu auras décuvé.

« Je t'aime, réponds-je. J'aime Paul aussi mais je ne préfère pas l'un ou l'autre de vous trois.

« Trois ?

« Oui, Toi, Edwinn et lui, Épaule. Un, deux... et... mphf, y a pas de trois, en fait.

« Je m'appelle Edwinn, maintenant ?

Je fronce les sourcils.

« J'ai dit Edgard.

« Toujours pas, Bells.

« Je sais comment tu t'appelles, râlé-je. É...ddy.

Il sourit, amusé.

« Ouais, bien sûr. Allez, viens te laver les dents, ensuite je te laisserai dormir.

Il m'accompagne à la salle de bain et après m'avoir regardé galérer, il me lave les dents lui-même. Il me ramène à ma chambre, me retire mes chaussures, mon sweat et mon jean puis m'aide à m'écrouler dans le lit. Il caresse mon front et pose un baiser dessus avant de disparaître dans un lent flou artistique.

J'ai horriblement mal à la tête quand je me réveille. J'ouvre les yeux et les referme quand la lumière du jour m'agresse. Je gémis plaintivement avant de tenter une nouvelle tentative. Je me tourne et découvre un verre d'eau et une boite de paracétamol. Je prends la boite, en sort un cachet et l'avale avec l'eau puis me rallonge en attendant que ça passe.

J'ai peu de souvenirs du pourquoi je me trouve toujours chez Edward. J'essaye de m'en rappeler et quelques bribes me reviennent en mémoire. J'ai d'abord voulu coucher avec Paul, encore ça, ça va mais ensuite, j'ai voulu coucher avec Edward. Et merde. Je sais que j'ai envoyé un message à Paul mais je ne me souviens plus de ce que j'ai pu dire. Je me lève pour récupérer mon portable dans la poche de mon jean et retourne m'asseoir sur le lit. Je vois un appel de Josh qui doit se demander où je suis passée, ne m'ayant pas vu revenir depuis que je suis partie pour mon rendez-vous médical. Je lui envoie un sms pour lui expliquer que je suis chez des amis, que j'y suis restée parce que je ne me sentais pas bien. Je relis la conversation d'avec Paul. J'ai fait d'horribles fautes et confondu oral et orage, j'ai aussi dit qu'Edward (que j'ai appelé Edwinn) devrait pouvoir rentrer en moi et non pas à la réserve. Putain, j'ai dit ça à Paul. Il va rompre avec moi, c'est sûr.

Je sais maintenant ce que ça fait d'être bourrée, ça te rend hors de contrôle et complètement débile. Je me rallonge parce que c'est encore le moyen le plus sûr pour ne plus faire de connerie. Des coups assez faibles sont frappés à la porte, elle s'ouvre et Edward apparaît.

« Hey, tu es réveillée. Tu as pris un cachet ?

Je hoche la tête. Il referme la porte et viens s'asseoir près de moi.

« Comment tu te sens ?

« Je crois que j'ai ce que les gens appellent la gueule de bois. J'ai mal à la tête, je me sens vaseuse et surtout, je me sens honteuse.

« J'espère que ça sera suffisant pour t'empêcher de recommencer.

« Je suis désolée, je t'ai fait du rentre-dedans hier soir, je me souviens.

« Je m'en fous si tu me fais du rentre-dedans, Bells.

Il place sa main sur mon ventre.

« Ce dont je me fous pas, c'est que tu l'as mis en danger en buvant de l'alcool. Ce n'est pas bon pour lui.

« Je... je ne pensais pas.

« Je sais, souffle-t-il. Viens manger, Esmée te prépare un repas.

« Elle sait ?

« Oui, Carlisle aussi.

« Ils sont en colère ?

« Tu vas avoir droit à un sermon, à mon avis.

Il se lève, je me lève à mon tour. Je me rhabille, récupère mon téléphone que je glisse dans ma poche et le suis jusque la cuisine comme si j'allais à l'échafaud. Esmée est effectivement là, il y a une assiette encore chaude sur la table avec les couverts, un verre et une bouteille d'eau. Je ne pense pas que ce soit le moment d'annoncer que je n'aime pas les brocolis. Sur ma liste de légumes atroces, ils sont en troisième position derrière les choux de Bruxelles et les navets.

« Installe-toi, nous allons discuter pendant que tu manges.

Je hoche la tête et m'assois docilement. Je n'aime pas me faire engueuler, je sais que j'ai tendance à me braquer et à répondre aux gens qui essayent de le faire alors que j'estime qu'ils n'ont aucun droit sur moi. Esmée, cependant, est la grand-mère de Bidule, enfin, techniquement. Elle est ce qui se rapproche le plus d'une mère pour moi et je sens que je n'ai pas envie de répondre avec mes sarcasmes habituels ou avec une pique que je pourrais sortir à des gens comme Billy ou Jake. Esmée s'installe face à moi tandis qu'Edward se met à mes côtés. Je l'en remercie, je n'aurais pas aimé que les deux se trouvent devant moi, tel deux flics me faisant passer un interrogatoire.

« Tu m'as demandé hier de t'aider pour endosser ton rôle de mère. Sache qu'être maman ne commence pas à la naissance mais bel et bien dès maintenant. Tu n'es plus seule, il y a ce petit être qui vit en toi et qui n'a que toi pour le garder à l'abri et en bonne santé.

Elle me dit tout ça d'une voix douce, sans m'engueuler mais je culpabilise, maintenant.

« Je suis désolée, marmonné-je.

« Est-ce que c'est quelque-chose que tu fais habituellement ? Pour gérer tes angoisses ou oublier ce qui t'arrive ?

« Non, c'était la première fois. Je réfléchissais et je me disais que j'allais être mère avant d'avoir l'âge légal de boire, que je n'avais même jamais bu d'alcool et ne savais pas ce que ça faisait. Je me disais que si je devais l'expérimenter un jour, c'était maintenant avant de devoir être parfaite pour l'enfant que j'élèverai et tout. Faire des bêtises avant pour ne pas être tentée de les faire après.

« Personne ne te demande d'être parfaite, tu as seulement besoin de faire de ton mieux, me rassure-t-elle. Quand tu ne seras plus enceinte et si tu n'allaites pas ou plus, tu pourras boire de l'alcool si tu veux mais avec modération et de temps en temps. Boire à outrance n'est pas si amusant que l'on peut le penser.

« Ouais, j'ai bien senti, au réveil.

Je prends un morceau de brocolis puis un morceau de blanc de poulet tout de suite après puis me redresse pour caler mon dos contre le dossier. Je passe ma main sur mon ventre en espérant que l'alcool que j'ai bu hier soir n'aie rien fait de dramatique à Bidule.

« Je ne pensais pas que ça ferait quelque-chose à Bidule, j'espère que je n'ai pas causé de dégâts sur lui.

« Tant que ça ne se reproduit pas, je pense qu'il n'y a pas à s'inquiéter.

Elle se lève pour nettoyer la poêle et la casserole qui a servi pour ma viande et les légumes démoniaques. Edward me ramène une crème chocolat pour mon dessert, je lui souris et la dévore comme si je n'avais rien mangé de sucré depuis des siècles. Si quelqu'un cherche la définition du cliché de la femme enceinte, il trouvera ma photo dans le dictionnaire. Enfin, je n'ai pas encore demandé des fraises à 2h du matin. Edward et moi traînons dans le salon, il est assis en bout de canapé et ses cuisses me servent d'oreiller vu que je suis allongée. Il a une main dans mes cheveux et l'autre trace des arabesques dans mon cou. Je regarde le dessous de sa mâchoire, les mains posées sur mon ventre pendant qu'il est perdu dans ses pensées, regardant un point aléatoire vers la télé.

« On va avoir un enfant, dis-je.

Le dire à voix haute est un pas vers la réalisation. J'ai au moins avancé dans le sens où je ne sens pas de crise d'angoisse pointer son nez mais c'est peut-être dû à ma nouvelle inquiétude pour Bidule. Le regard d'Edward quitte son point imaginaire pour me regarder, il me sourit.

« Ouais, un fils ou une fille qui ne s'appellera pas Bidule.

Je souris malicieusement.

« Ce sera une fille.

« Tu es sûre de toi ? S'enquiert-il, amusé.

« La première née de la première née etc... ne peut-être qu'une fille. Ce sera donc une fille. Même si l'idée que ce soit un mec me ferait énormément rire.

« Étant donné ton addiction à ne pas faire ce qu'on attend de toi, je suis près à parier que ce sera un p'tit gars.

« C'est vrai que ça serait le summum de mon esprit rebelle et ce, sans faire exprès.

Il sourit, amusé.

« Esmée m'a dit qu'Ophie était venue, samedi.

« Ouais, je l'ai invitée à la maison, on a passé notre temps à discuter.

« Ça avance ?

« On apprend à se connaître, je sens que je lui plais et je pense qu'elle sait qu'elle me plaît mais je la sens aussi sur la réserve alors je me montre patient. J'ai aussi quelques réserves à propos de ma nature, je ne sais pas comment elle réagira quand elle comprendra ce que je suis. Elle pourrait ne pas vouloir d'un vampire comme petit-ami et dans ce cas, il vaudrait mieux qu'elle le sache avant de trop s'attacher.

« Ce n'est pas comme si tu étais un vilain vampire. Tu n'as même jamais été ne serait-ce qu'un peu méchant.

« Sauf quand j'avais soif de ton sang.

« Oui, bon, c'était exceptionnel, ça ne devrait pas compter.

« Si tu le dis, souffle-t-il. Pour changer de sujet, je dois t'amener à Paul dès que tu seras prête, non pas que je te mette à la porte, tu peux rester la journée ici, si tu veux.

Je n'ose pas dire que j'ai un peu peur de l'accueil que je vais recevoir de la part de Paul, après le sms que je lui envoyé hier soir.