Auteur : Lady Zalia

Type : Humour et Romance Drarry fluffy

Disclaimers : Univers appartenant toujours à J.K. Rowling. Drarry (donc relation MxM). Rating M.

Et oui, le chapitre 2 est déjà là ! Il faut dire qu'il était déjà écrit aux 3/4 quand j'ai posté le premier. ^^ Merci pour toutes les reviews au chapitre précédent. 😘 Bonne lecture !


Chapitre 2

La journée du vendredi sembla interminable à Harry. Alors que ces derniers mois, son existence à Poudlard lui avait semblé particulièrement sombre, Drago avait rallumé la lumière. L'impossibilité de jouer au Quidditch, l'enfermement de Sirius au Square Grimmaurd, les visions de Voldemort, les cours d'Occlumancie avec Rogue, l'absence d'Hagrid ou encore la récente évasion des Mangemorts d'Azkaban. Tout ce qui pesait sur son moral paraissait soudainement plus léger à la simple idée d'avoir un petit ami.

Et pas n'importe quel petit ami. Le Survivant ne pouvait s'empêcher de l'observer chaque fois qu'il en avait l'occasion, admirant la finesse de ses traits, sa manière de passer sa main dans ses cheveux ou la façon dont ses yeux s'illuminaient lorsqu'il croisait son regard. Il se gardait bien de lui sourire, évidemment, mais la légère rougeur qui saisissait ses joues parlait d'elle-même.

Bien entendu, cela n'échappa pas à sa perspicace meilleure amie, qui finit par l'interroger à l'heure du dîner.

- Tu sembles bien enjoué aujourd'hui ? Tu as reçu une bonne nouvelle ?

La question fit sursauter Harry, qui manqua de s'étouffer avec son repas.

- Euh, pas spécialement. Je n'ai pas de nouvelle retenue de prévue avec Ombrage donc je pensais simplement profiter de ma soirée pour me coucher tôt. Je manque un peu de sommeil à cause de tu-sais-quoi, donc pouvoir me plonger dans mon lit avant 22 heures, je m'en réjouis d'avance.

Il offrit un sourire qu'il espérait convainquant à la jeune femme qui hocha la tête, l'air néanmoins dubitative.

- Je vois. J'espère que tu ne négliges pas les exercices que le professeur Rogue t'a conseillé.

- Par pitié, ne me reparle pas de ça. Je parviendrais bien mieux à résister à tout ce merdier une fois suffisamment reposé.

Il s'empressa de terminer son repas pour éviter d'autres questions potentiellement gênantes et regagna son dortoir près d'une heure avant le rendez-vous. Il se choisit un jean propre et ajusté, un t-shirt noir qui le mettait plutôt bien en valeur, et prit une rapide douche pour se décrasser de sa journée de cours. Il ne savait trop ce que Drago avait l'intention de faire, mais il comptait se laisser porter et profiter au maximum de chaque minute de bonheur qui lui serait offerte.

Hermione n'avait pas trouvé d'information sur la perception de l'homosexualité par les sorciers dans la bibliothèque de Poudlard, cependant Drago n'avait pas semblé s'en préoccuper, et c'était tout ce qui comptait.

En attendant l'heure du rendez-vous, il s'était simplement allongé sur son lit, rideaux fermés, regard perdu dans les ténèbres du tissu qui l'entourait. Il était sans doute vrai qu'il avait du sommeil en retard, mais pour rien au monde il ne raterait son premier rendez-vous romantique !

À 22h10, Harry se recouvrit de sa cape d'invisibilité et se glissa silencieusement entre les rideaux de son baldaquin pour quitter son dortoir sans se faire remarquer. Dans la salle commune de Gryffondor, plusieurs élèves étaient encore debout, et il s'efforça de marcher sur la pointe des pieds jusqu'à la sortie. L'heure du couvre-feu étant déjà passée, il avait pris sa Carte du Maraudeur par précaution, et grand bien lui en pris, car préfets, concierge et professeurs veillaient au grain.

Lorsqu'il arriva devant la statue de Boris le Hagard, Drago était d'ailleurs en grande discussion avec Rusard, et il ne semblait pas être de bonne humeur.

- … Non, j'ai participé aux rondes hier, je ne vais pas les faire tous les soirs tout de même !

- Le professeur Ombrage…

- Le professeur Ombrage ne peut raisonnablement pas exiger que des élèves restent éveillés chaque soir de la semaine pour surveiller les couloirs du château. J'ai aussi besoin de repos et de temps pour faire mes devoirs. Les membres de la Brigade inquisitoriale alternent. Ce soir c'est le rôle de Crabbe, Goyle, Montague et Warrington de s'en charger. Si elle veut plus de monde, elle n'a qu'à recruter davantage d'élèves.

- Très bien, je lui dirais.

Rusard s'éloigna d'un pas étonnamment souple pour son âge et Drago poussa un soupir audible avant de commencer à se diriger vers la salle de bains des préfets. Harry le suivit sans attendre, et ils arrivèrent bientôt devant la bonne porte.

- Je suis là.

Le Serpentard eut un bref sursaut, mais il ne se retourna pas, hochant brièvement la tête comme s'il craignait que quelqu'un les observe.

- Bulle de lavande !

La porte s'ouvrit immédiatement, laissant voir la salle carrelée de marbre blanc et sa piscine aux robinets d'or. Harry se glissa par l'ouverture, bientôt suivi par son alter-ego qui s'empressa de refermer la porte derrière eux avant de la verrouiller.

- Alors, on regrette déjà de s'être fait enrôler par Ombrage ?

Drago lui fit signe de se taire et de quelques coups de baguette, alluma plusieurs robinets successivement. Différents liquides se déversèrent alors dans l'énorme bassin qui ne tarda pas à se remplir d'une eau mousseuse et parfumée.

- C'est bon, personne ne pourra nous entendre maintenant. Fichue vieille ganache, comme si je n'avais que ça à faire de mon temps. Père m'a recommandé de saisir chaque opportunité pour me faire bien voir d'Ombrage, mais je crains de m'être laissé pervertir par le pire délinquant de Poudlard…

D'un geste possessif, il attira le Survivant jusqu'à lui, scellant leurs lèvres d'un baiser auquel Harry répondit avec passion.

- Et moi par le mauvais garçon de Serpentard. J'avais tellement hâte à ce soir. Tu avais une idée derrière la tête en me donnant rendez-vous ici ?

Sans plus tarder, le Gryffondor entreprit de dénouer la cravate de son vis-à-vis tandis que ce dernier se contentait de le déshabiller du regard.

- Qui sait. Peut-être que j'ai envie d'admirer plus attentivement ce que tu m'as laissé entrevoir hier.

À ce moment, Harry se recula, la cravate vert-et-argent à la main, un sourire mutin au visage. D'un geste vif, il retira son t-shirt, offrant son torse glabre et délicatement musclé au regard de son petit ami.

Comme envoûté par cette vision, Drago s'approcha et posa ses deux mains sur les épaules dénudées, faisant frissonner le Survivant par son contact. La peau du Serpentard était fraîche et contrastait avec l'air ambiant, cependant il ne fit rien pour s'en défaire, le laissant au contraire explorer ses courbes avec une excitation palpable.

Désireux de ne pas être en reste, le Gryffondor entreprit de déboutonner la chemise qui recouvrait encore l'objet de son désir, mais l'autre garçon chassa ses doigts avant de se reculer d'un pas, après avoir récupéré sa baguette dans sa poche arrière. D'un informulé, il fit apparaître un cintre pour accueillir sa chemise qu'il accrocha à l'une des patères murales.

- Je ne voudrais pas qu'on me voit ressortir débraillé de cette salle et qu'on s'imagine quelque chose. Toi en revanche, personne ne remarquera la différence.

Harry avisa son t-shirt tombé en boule au sol et pouffa.

- Je n'arrive déjà pas à me coiffer et je crains que personne ne m'ait jamais appris à repasser magiquement mes vêtements. Mais est-ce que ça ne rajoute pas un peu à mon charme ?

- Tu te surestimes, Potter. Un peu de classe ne te ferait pas de mal. Je t'apprendrais, à l'occasion. En attendant, il y a un bain chaud qui nous attend.

En quelques secondes, il se débarrassa de ses chaussures, chaussettes, pantalon et caleçon, sous l'œil appréciateur de Harry qui s'empressa de l'imiter. La température dans la pièce avait suffisamment augmenté pour créer une buée tiède, et il fut contraint de retirer ses lunettes pour y voir quelque chose.

Manifestement pas gêné par leur nudité respective, Drago se dirigea tranquillement jusqu'au bord du bassin, mesurant la température de l'eau de sa main avant de s'y laisser tomber avec un soupir appréciateur.

Loin d'être aussi à l'aise avec le bas de son corps, le Gryffondor résista à l'envie de courir jusqu'à la baignoire pour plonger dedans, doutant que son petit ami apprécie un tel geste. Les deux mains en coupe autour de son sexe, il le rejoignit néanmoins rapidement, soulagé que l'épaisse mousse blanche dissimule ses attributs intimes. Il n'avait pas imaginé qu'il aurait à se dénuder alors que ce n'était quasiment que leur premier rendez-vous. C'était cependant sans compter le Serpentard qui le rejoignit de quelques brassées avant de le plaquer contre le rebord du bassin en un baiser dominateur.

- Détends-toi Potter, je ne compte pas te violer. C'est toi qui as proposé qu'on sorte ensemble, non ?

- Ouai, et je ne compte pas faire marche arrière. C'est juste que c'est la première fois que je suis avec quelqu'un. Et je ne veux pas tout gâcher. Tu as déjà été avec un homme ?

Drago pencha la tête sur le côté.

- Comme c'est mignon ! J'ai eu quelques aventures. Mais si peut te rassurer, je ne me montre pas ainsi à n'importe qui.

- Oh, je suis privilégié !

- Il se pourrait que je t'aie déjà imaginé couché à mes pieds avec ta cravate pour seul vêtement.

- Et la réalité est-elle à la hauteur de ton fantasme ?

- Indubitablement.

D'un geste vif, Drago profita de sa taille pour appuyer ses deux mains sur les épaules du Survivant, l'obligeant à plonger la tête dans l'eau du bassin. Puis il le hissa de nouveau à la surface avant de passer ses mains dans la chevelure brune pour la plaquer en arrière. Harry souffla et essuya machinalement son visage pour chasser l'eau de ses yeux.

- Tu veux déjà me noyer ?

- Je voulais voir ce que pouvait donner un Harry Potter coiffé. Tu sais qu'il existe du gel pour tenir tes cheveux en place ?

- Si ça te plait, je pourrais peut-être faire un effort.

Le blond l'embrassa à nouveau avant de se reculer pour admirer le visage de son petit ami.

- Fais-le pour moi et tu ne le regretteras pas.

À son tour, Harry leva sa main pour la glisser dans la chevelure du Serpentard, remettant en place une mèche qui rebiquait sous le coup de l'humidité.

- Même ici, la couronne est encore visible. L'argent te va plutôt bien… mon roi.

- C'est une évidence ! Qui mieux que moi méritait de porter cette couronne ? Dumby a bien dit que ça durerait une semaine.

Harry sourit face au narcissisme de son petit ami.

- Oui, et d'ailleurs il faut qu'on se voie demain pour préparer ce qu'on va dire.

- Je sais. Il y a de grande chance pour qu'Ombrage soit là. Et il vaut mieux que je contrôle ce qui va sortir de ta grande bouche. Si tu finis en retenue tous les soirs de la semaine, ça va être compliqué de se voir.

Tout en parlant, Drago s'était saisi de la mâchoire du Gryffondor pour la presser entre ses doigts, les yeux fixés sur ses lèvres tentatrices. Son autre bras s'était enroulé autour de la taille de son petit ami, et Harry se rendit compte qu'il ne ressentait aucune gêne malgré leur proximité et leur nudité respective. Leur bassin était collé l'un contre l'autre mais il se sentait bien, apaisé par la douceur de cette relation naissante. Alors qu'ils avaient été rivaux pendant des années, les choses venaient naturellement, et il déposa un simple baiser sur les lèvres du Serpentard avant de poser sa tête sur l'épaule pâle.

- Je me sens bien avec toi.

Drago appuya sa tête contre le rebord du bassin et ferma les yeux durant quelques secondes un sourire bienheureux au visage. Lorsqu'il les rouvrit, son regard métallique avait retrouvé cette lueur espiègle que Harry connaissait si bien.

- Ouais, moi aussi. Qui aurait cru que tu puisses être si calme, Harry Potter le rebelle. Et dire que le Ministère te considère comme un dangereux anarchiste. Dumbledore finira par tomber. Prend garde de ne pas l'accompagner. Le vieux n'a plus rien à perdre, mais toi c'est ton avenir que tu joues.

Courroucé par la direction que prenait la conversation, le Survivant détourna le regard, mâchoire serrée et yeux fuyants.

- Je ne peux pas me taire. Pas alors qu'il est revenu et a tué Cédric juste sous mon nez.

- Tout le monde finira bien par le savoir, je doute qu'il se contente de rester dans l'ombre. Mais en attendant, il doit bien rire de vos tentatives.

- Comment les gens peuvent-ils rester aveugles alors que tous ces Mangemorts se sont échappés ! Ça me rend dingue !

- Ne m'en parle pas. Bellatrix Lestrange est ma tante. Je n'ai aucun souvenir d'elle, mais je doute qu'elle soit très fréquentable après plus de dix ans à Azkaban. Changeons de sujet, tu veux ?

Harry hocha la tête, recomposant un maigre sourire.

- Tu as raison. Tous ces connards me gâchent bien assez la vie comme ça. Heureusement que j'ai un petit ami extrêmement sexy pour me changer les idées.

Ils s'embrassèrent à nouveau, profitant de la quiétude ambiante avant que Drago ne se hisse hors de l'eau et commence à se sécher.

- Je commence à m'endormir, et contrairement à toi, j'ai tout le château à traverser.

Lorsque Harry sortit à son tour, il ne put s'empêcher de rougir face à l'observation appuyée du Serpentard. Sans doute un peu trop rapidement au goût de son petit ami, il se précipita vers la pile de serviettes pour recouvrir son postérieur, provoquant un ricanement de la part de ce dernier. Il se rhabillèrent en quelques secondes avant de se rassembler une dernière fois devant la porte.

- Demain, 14h à la bibliothèque ?

- Tu vas devoir te lever tôt, j'y serai pour 10h30. J'ai entraînement de Quidditch demain après-midi. Nous avons une certaine équipe de Serdaigle à écraser samedi prochain. Tu viendras me voir ?

- J'assisterai au match, mais ne compte pas sur moi pour supporter ton équipe. Tu pourras voler en sachant que je t'observe depuis les tribunes. J'espère que tu m'offriras un beau spectacle.

- Évidemment. À demain.

Ils s'embrassèrent et Harry se recouvrit de sa cape d'invisibilité avant que Drago n'ouvre la porte, puis ils se séparèrent sans un mot, chacun regagnant son dortoir avec un sourire sans doute plus prononcé qu'à leur arrivée.

***/+/***

Le lendemain matin, les deux adolescents se retrouvèrent comme prévu à la bibliothèque. Drago avait déjà synthétisé les rapports des Serpentard et des Serdaigle et sans surprise, les avis étaient très hétérogènes.

Les Serpentard dans leur majorité appréciaient Ombrage, puisque la sous-secrétaire d'État était un ancien membre de leur maison et de fait, les avantageait systématiquement. De plus, la Brigade Inquisitoriale étant presque exclusivement composée d'élèves de Serpentard, cela leur permettait d'engranger un grand nombre de points pour la Coupe des Quatre Maisons.

Les Serdaigle au contraire se préoccupaient des BUSE qui se déroulaient en fin d'année, et s'inquiétaient que le programme d'Ombrage ne leur permette pas de réussir les épreuves, cependant ils restaient très mesurés dans leurs critiques envers la nouvelle professeure de Défense contre les forces du Mal.

Sur l'avis de Drago, ils transformèrent les réponses sous forme de statistiques pour les rendre anonymes avant de se séparer, peu avant l'heure du déjeuner. Ils avaient été avertis que Dumbledore recevrait tous les rois et les reines de Poudlard le dimanche après-midi et si le blond était persuadé qu'Ombrage serait présente, Harry espérait ardemment que non.

Malheureusement, lorsqu'ils arrivèrent dans la salle du conseil de Poudlard en compagnie des autres élèves nominés, ils durent se rendre à l'évidence que le Serpentard avait raison. La Grande Inquisitrice de Poudlard se tenait à la droite de Dumbledore, vêtue de son habituelle robe rose, et Harry sentit sa cicatrice à la main lui démanger à la simple vue de son sourire hypocrite.

- Mes chers élèves. Le professeur Ombrage s'est proposé pour recueillir avec moi les avis de l'ensemble de notre communauté. Ne soyez pas timides, asseyez-vous autour de la table. Nous allons commencer par les premières années. Et si vous avez des critiques à adresser à un professeur, je vous demanderai de rester mesuré dans vos propos.

Le Survivant resta un instant coi face à l'attitude du directeur. Comment pouvait-il réagir comme si tout allait bien ? Comme si le point le plus néfaste et délétère de l'établissement ne se trouvait-il pas juste à côté de lui ?

Sans grand étonnement, les premières années, intimidés par la présence d'Ombrage et de Dumbledore, n'avaient émis aucune critique ou presque. Les couples d'élèves se succédèrent dans leurs rapports et la sous-secrétaire d'État prenait des notes tandis que Dumbledore se contentait d'écouter, hochant ponctuellement la tête face à telle ou telle remarque. On aurait dit qu'il s'ennuyait, et Harry dû faire appel à son self contrôle pour ne pas se lever et le secouer un bon coup.

Finalement, leur tour arriva, et il se tourna immédiatement en direction de son petit ami. Drago avait insisté pour être celui qui ferait le rapport, et le Gryffondor n'avait pas cherché à le contredire sur le moment, mais à présent qu'il était en présence de la cause directe de ses griefs, il dut se mordre la langue pour s'empêcher d'intervenir.

Le Serpentard énonça les résultats de l'enquête avec une attitude parfaitement neutre, fidèle à son éducation de descendant Malefoy. Cependant, lorsqu'il mentionna les "quelques élèves" qui se plaignaient de sanctions particulières d'Ombrage, il avait ponctué sa phrase d'un de ces sourires narquois qu'il maîtrisait si bien.

- Globalement, le sujet d'inquiétude principal de 60% des élèves de 5e année concerne le passage des BUSE à la fin de l'année, et seul un faible pourcentage, de cancres sans doute, se préoccupe de sujets futiles tel que les friandises, les relations entre élèves et les sanctions appliquées dans l'établissement.

- Bien, je vous remercie monsieur Malefoy. Passons aux 6e années à présent.

À nouveau, Dumbledore s'était contenté de hocher la tête avant de se tourner vers le duo suivant, cependant Ombrage s'éclaircit la voix, stoppant les élèves avant qu'ils ne prennent la parole.

- Humhum, je me permets de vous interrompre. Monsieur Malefoy, je serais très curieuse de discuter personnellement avec les élèves qui se plaignent de mes méthodes d'apprentissage. J'aimerais que vous me remettiez leurs noms. Je suis certaine qu'il s'agit d'une méprise de leur part…

Drago fronça les sourcils, mais Harry prit la parole à sa place, incapable de garder le silence plus longtemps.

- Je crains que ça ne soit impossible, professeur. Nous avons rendu anonyme tous les questionnaires que nous avons fait passer.

- Je vois, cependant vous connaissez vos camarades, monsieur Potter. Je suis persuadée que si vous le vouliez vraiment, vous pourriez sans mal me donner leur identité. Vous viendrez me rejoindre dans mon bureau lundi soir après dîner pour une petite discussion. Je ne doute pas de votre bonne volonté à faire progresser les choses, n'est-ce pas ?

Le Gryffondor jeta un bref regard en direction de Dumbledore mais ce dernier l'ignora de la même manière qu'il l'avait ignoré depuis son procès au Ministère. N'y tenant plus, il tapa du plat de la main sur la table, faisant sursauter quelques élèves.

- Professeur Dumbledore, allez-vous vraiment laisser cette femme faire ce qu'elle veut dans Poudlard ?! Vous êtes le directeur, non ?! Elle répète que la mort de Cédric est un regrettable accident !

Le visage de Drago se tordit en une grimace, comme s'il ne ressentait que du dégoût à son encontre.

- Et bien entendu, Harry Potter considère que son opinion est une vérité absolue ! Ne peux-tu pas la fermer, Potter ? Tu fais perdre du temps à tout le monde.

- Ne vous inquiétez pas, Monsieur Malefoy, je m'occuperai de votre camarade comme il se doit. Vous viendrez dans mon bureau, monsieur Potter. Lundi à 20h. Ne soyez pas en retard.

De son côté, le directeur lui jeta un de ces regards perçants dont il avait le secret.

- Je suis désolé, Harry, si je suis certes le directeur de cet établissement, je n'ai pas la prétention de surpasser les ordres du ministre de la Magie en personne. Maintenant reprenons. Les élèves de 6e année, je vous prie…

Serrant les dents à s'en faire crisser l'émail, Harry resta parfaitement immobile jusqu'à ce qu'on leur donne congé. Et lorsqu'enfin ils purent sortir de la pièce, il s'empressa de rejoindre la tour Gryffondor d'un pas rageur, la mine particulièrement sombre sous le coup de sa colère contenue.

***/+/***

Le lundi soir, ce fut avec la même nausée que le Survivant se rendit à son heure de retenue. Il détestait tellement Ombrage qu'il aurait voulu pouvoir la faire disparaître sur le champ, malheureusement il devait se rendre à l'évidence qu'elle était bel et bien là, entourée de ses insupportables chatons de porcelaine.

Sentant la rage l'envahir, il fixa le rebord de son bureau pour ne pas croiser le regard de la sorcière rose. Durant la journée, Drago lui avait envoyé un message lui disant combien il était stupide, mais il s'était contenté de hausser les épaules avec fatalité.

Il savait pertinemment que rien de ce que pourraient dire ses amis ou son petit ami ne pourrait atténuer l'amertume qu'il ressentait devant la passivité de Dumbledore. On aurait dit que le vieux directeur avait simplement baissé les bras face à la couardise de Fudge, prêt à lutter bec et ongles pour nier le retour du mage noir.

- Ah, monsieur Potter, vous voilà. Je crains que la précédente leçon n'ait été insuffisamment retenue… Alors, vous allez recommencer… aussi souvent qu'il le faudra…

Presque deux heures plus tard, la tête lourde des miaulements incessants et la main plus enflée que jamais, il avait perdu le compte du nombre de lignes écrites lorsque la voix du Serpentard résonna juste à sa gauche, le faisant brusquement reprendre contact avec la réalité.

- Professeur Ombrage. Je viens vous faire mon rapport au nom de la Brigade Inquisitoriale. La ronde s'est bien passée et nous n'avons pas croisé d'élèves dans les couloirs. Grâce à vous, les éléments indésirables commencent à rentrer dans le rang…

- Ah, très bien monsieur Malefoy, merci. En parlant d'élément indésirable, vous ramènerez monsieur Potter ici présent jusqu'à son dortoir. Je ne voudrais pas qu'il se perde en route, hihi !

D'une main tremblante, le Gryffondor ramassa son sac avant de se redresser, cependant il fut pris d'un vertige et ce ne fut que grâce à l'intervention bienvenue du Serpentard qu'il évita de s'écrouler sur le sol. Sans s'embarrasser de précaution, ce dernier le souleva par l'épaule avant de le traîner d'autorité en direction de la sortie.

Une fois hors du bureau et la porte refermée, Harry se permit un soupir de soulagement qui fut cependant bien vite remplacé par un halètement de douleur. En voulant se saisir de sa main, Drago avait appuyé sur la plaie à vif, et s'il s'était immédiatement aperçu de son erreur, le mal était fait.

Le Survivant ravala un haut-le-cœur, alors que ses terminaisons nerveuses étaient au supplice.

- Bon sang, mais qu'est-ce qu'elle t'a fait ?!

- Tu croyais quoi ? Cette mégère me torture comme ça à chaque heure de retenue. Elle m'oblige à écrire avec mon propre sang…

- Par Salazar, et tu continues de la provoquer ? Mais tu es stupide, ma parole. Viens, suis-moi.

- Où allons-nous ?

- Tu verras. Maintenant ferme là. Et si Rusard se pointe, tu me laisses parler, c'est clair ?

Harry maugréa en guise de réponse, se contentant de se laisser porter par le Serpentard. Le blond avait fermé ses doigts autour de son poignet pour ne pas toucher la zone blessée et il l'entraînait d'un pas sûr à travers les couloirs de Poudlard, sans qu'Harry ne réussisse à se concentrer suffisamment pour deviner leur destination.

Bien que leur relation n'en soit encore qu'à ses débuts, il faisait confiance à Drago pour prendre soin de lui et il ne chercha pas à résister. Ils finirent par arriver dans une pièce inconnue de Harry. Elle était située au rez-de-chaussée et était plus petite qu'une salle de classe, mais ses murs étaient recouverts d'étagères et de tiroirs de différentes formes et tailles. Une table assez haute occupait le centre de la pièce mais aucune chaise n'était visible.

Harry plissa les yeux dans l'espoir de distinguer plus clairement son environnement malgré la pénombre ambiante.

- Où sommes-nous ?

- Dans la réserve de Chourave. C'est ici qu'elle conditionne toutes les plantes utiles. On ne devrait pas y être dérangé à condition de ne pas parler trop fort. Maintenant assieds-toi et tends ta main.

L'estomac noué par la douleur, le Gryffondor se hissa sur le rebord de la table et tendit néanmoins sa main, retenant son souffle alors que Drago commençait à appliquer le baume qu'il venait de sortir de son sac. Il étalait la pommade par des gestes précautionneux et Harry sentit bientôt la douleur refluer. Il poussa un soupir de soulagement, alors que la fatigue prenait le pas sur le stress qui l'avait habité tout au long de la soirée.

- Merci. Je…

- Si seulement tu avais fermé ta grande gueule, tu n'en serais pas là.

- Je sais. Mais c'est plus fort que moi. J'espérais que Dumbledore fasse quelque chose…

- Ce vieux schnock n'est pas plus utile qu'un Croup pour garder une maison. Tu devrais arrêter de compter sur lui.

- Ouai… tu as sans doute raison…

Perdu dans ses pensées, il ne vit pas le Serpentard approcher, et il sursauta lorsque des doigts glissèrent le long de sa mâchoire pour l'inciter à relever la tête.

- Bien entendu, j'ai toujours raison.

Drago ponctua sa phrase par un baiser impérieux, et Harry s'y abandonna avec délice, sentant la pression retomber pour la première fois depuis le début de sa journée.

- Je crois que je suis déjà accro. Tu me ramènes jusqu'à la tour Gryffondor ?

- Je me garderais bien de désobéir à un ordre de la grande Inquisitrice elle-même. Et par Merlin, cesse de la provoquer, tu es mon petit ami maintenant, et je ne veux pas d'un homme mutilé ou difforme.

Le Survivant pouffa brièvement de rire, résistant à l'envie de l'embrasser à nouveau alors qu'ils venaient de passer le pas de la porte. À cette heure, le château avait retrouvé son silence, et ils ne rencontrèrent pas une âme jusqu'à arriver à proximité de la Grosse Dame. Drago avait profité d'un recoin de couloir pour embrasser une dernière fois Harry avant de reprendre son rôle. Mais lorsque le Gryffondor passa la porte de sa tour, il ne put s'empêcher d'offrir un dernier sourire à son Serpentard préféré…

***/-/***

Le mardi matin au réveil, Harry n'était guère plus enthousiaste que la veille. Aujourd'hui était en effet le jour où avait lieu un nouveau cours d'Occlumancie avec Rogue, et il ne pouvait s'empêcher de redouter par avance la séance après le fiasco de la dernière fois.

Le lundi de la rentrée, il avait expérimenté une première leçon, mais cela n'avait donné lieu qu'à un sérieux mal de tête et une heure de commentaires acerbes du potionniste. Aujourd'hui il n'était pas beaucoup plus optimiste, cependant il avait désormais une excellente raison de garder son esprit fermé : sa nouvelle relation avec Drago Malefoy.

Et ce n'était plus seulement ses secrets ou sa sécurité qui étaient en jeu, mais bien celle de son petit ami, car si Rogue découvrait la vérité et la révélait à Lucius Malefoy ou pire, à Voldemort lui-même, il n'y aurait plus aucun moyen de revenir en arrière.

À défaut de conviction, il était fermement résolu à protéger ce secret, ce fut donc avec une mentalité particulière qu'il regagna les cachots ce soir-là. Comme d'habitude, Ron et Hermione l'avaient vaguement encouragé, cependant ils n'étaient pas au courant de la véritable source de son angoisse, et bien évidemment, il n'avait rien dit à son petit-ami de peur qu'il ne pique une crise en l'apprenant. Drago avait été clair, il n'hésiterait pas à rompre si jamais quiconque venait à apprendre la nature de leur relation. Et au vu du marasme dans lequel le Gryffondor évoluait quotidiennement, l'affection du Serpentard était une bouée de secours dont il ne voulait déjà plus se passer.

Il pressa le pas, de peur de croiser l'un des élèves de Serpentard, arrivant devant le bureau du terrible professeur légèrement essoufflé. Désireux de ménager autant que possible l'humeur de son cauchemar personnel, il frappa à la porte et attendit qu'on lui ordonne de rentrer. Comme la dernière fois, un espace avait été aménagé au centre de la pièce, et il prit une grande inspiration pour se donner courage, alors que Severus Rogue posait sur lui son habituel regard méprisant.

- Ha, Potter. Ne perdons pas de temps. Legilimens !

Pris par surprise, le Gryffondor se retrouva foudroyé sur place, incapable de se défendre face au sortilège qui fractura sa mémoire avec la force d'un ouragan. Immédiatement, plusieurs souvenirs déferlèrent devant ses yeux : la dernière fois qu'il avait vu Sirius, les cours, les retenues avec Ombrage… Soudain, le visage de Drago apparut, et il poussa un cri, tentant de toutes ses forces de repousser l'intrusion.

Pour la première fois, la force de sa résolution fut telle qu'il parvint brièvement à repousser Rogue, cependant cela sapa toute son énergie, et il tomba en arrière, les fesses sur le sol de pierre glacé. Il grimaça face au choc, haletant sous le coup de l'adrénaline, malgré tout soulagé d'être parvenu à préserver son secret, et leva les yeux vers le ténébreux professeur.

Ce dernier avait toujours la même grimace de dégoût, cependant cette fois il croisa les bras au lieu de le réattaquer immédiatement. Sans doute devait-il considérer que lui laisser le temps de se relever était encore la meilleure récompense qu'il pouvait lui offrir.

- Incroyable, l'un de mes conseils serait-il donc parvenu à pénétrer votre esprit obtus ? Voyons si ce n'était pas un simple coup de chance. Debout ! Legilimens !

À peine remis de la première attaque, Harry s'exécuta néanmoins sans rechigner, sachant pertinemment qu'une remarque de sa part serait mal accueillie. Il se plaça face au potionniste et s'efforça de se remettre dans l'état d'esprit qui lui avait permis de résister l'instant d'avant. Résister… Non, pas résister, repousser. Éjecter l'envahisseur hors de son esprit.

Au départ, sa motivation fut insuffisante, mais à nouveau, lorsque le visage de son petit-ami apparut dans son esprit, l'angoisse qui le saisit à l'idée de perdre son affection fut le signal déclencheur. C'était presque un réflexe instinctif, une peur supérieure encore à celle que lui inspirait Voldemort : Se retrouver seul à nouveau après avoir goûté à quelques instants de bonheur.

Cette fois encore, il s'était écroulé sur le sol, ses jambes trop faibles pour supporter son poids. Il avait l'impression d'avoir couru un marathon, et il chassa nerveusement les larmes qui perlaient de ses yeux, le cœur au bord des lèvres.

- S'il vous plaît, laissez-moi un instant…

Un reniflement sonore lui répondit, et il supposa que Rogue n'avait cette fois rien d'autre à dire, car il ne fut pas réattaqué dans la seconde. Il soupira de soulagement. Si le professeur de Potion partageait manifestement la même haine qu'Ombrage envers sa personne, il devait tout de même reconnaître qu'il était moins cruel.

Ravalant sa fierté, il tenta tout de même de poser une question.

- Je crois… commencer à trouver quelque chose, mais c'est si épuisant. Comment est-ce que je suis censé y parvenir dans mon sommeil ?

- Il n'y a que l'entraînement et le travail assidu qui vous permettront d'y parvenir. Deux choses avec lesquelles vous semblez malheureusement peu familier. Mais Dumbledore continue d'attendre un quelconque exploit de votre part.

Harry grimaça à l'évocation du directeur. Il n'avait pas oublié l'amertume ressentie dimanche.

- Je ne le fais pas pour lui, je le fais pour moi ! C'est moi qui dois supporter ses visites dans ma tête !

- Et si vous êtes trop égoïste pour comprendre les conséquences de votre insouciance, j'ose néanmoins espérer que cela vous donnera une motivation suffisante pour vous protéger efficacement. Reprenons. Debout !

Les tentatives suivantes ne furent pas toutes couronnées de succès et Harry comprit rapidement que seul le secret autour de sa relation avec Drago lui donnait la force suffisante pour repousser les assauts de Rogue. Pourtant, le potionniste semblait prendre un malin plaisir à chercher les scènes les plus humiliantes de son existence, telle que la fois où il s'était fait poursuivre par Molaire, l'un des molosses de la Tante Marge, ou lorsque les Dursley l'avaient enfermé dans la chambre du 1e étage, après sa première année.

À l'issue de l'heure, Harry se sentait complètement lessivé, à peine capable de mettre un pied devant l'autre, et jamais le trajet jusqu'à la tour de Gryffondor ne lui sembla aussi laborieux. Cependant il s'endormit avec la fierté d'être parvenu à protéger son secret, envers et contre tout.

***/-/***

Le temps passa, installant une nouvelle cadence dans le quotidien de Harry. Chaque jour il allait à ses cours, mangeait et faisait ses devoirs en compagnie de Ron et Hermione. Mais chaque soir, après le couvre-feu, il devait jongler entre ses rendez-vous secrets avec Drago, les cours d'Occlumancie avec Rogue, les entraînements avec l'Armée de Dumbledore et ses propres devoirs.

Harry retrouvait son petit-ami trois fois par semaine, et s'il aurait aimé davantage, il devait bien se rendre à l'évidence, il n'avait pas le don d'ubiquité. Parfois, ils se retrouvaient dans la salle de bain des préfets tandis que d'autres fois ils s'étaient retrouvés dans la salle sur demande ou encore dans l'un des nombreux passages secrets de Poudlard. Harry avait dévoilé l'existence de la Carte du Maraudeur à son petit ami et jusqu'à présent, ils filaient le parfait amour, cachés mais heureux.

Avec le temps, Drago se montrait à la fois de plus en plus affectueux mais aussi de plus en plus possessif, mais Harry était beaucoup trop accro à son Serpentard pour s'en plaindre. Cependant il devait redoubler d'efforts pour trouver de nouvelles excuses, lorsque sa soirée était occupée par une réunion de l'A.D. ou l'un des cours particuliers de Rogue. Généralement, il prétextait avoir des devoirs en retard, mais Drago était un élève studieux, et il ne manquait pas dans ce cas de lui reprocher sa paresse, ce qui énervait généralement le Gryffondor.

Parallèlement, il mentait régulièrement à ses amis, prétextant sans cesse avoir du sommeil en retard pour aller se coucher tôt et ensuite s'éclipser discrètement de la tour de Gryffondor. Mais cette situation le mettait sur les nerfs et il craignait que Ron ne finisse par ouvrir les rideaux de son baldaquin en son absence, ou que Hermione ne s'inquiète de sa fatigue excessive.

Bien évidemment, dans ces conditions, il y avait de grands risques que la situation éclate à un moment ou un autre. Harry était épuisé par le manque de sommeil et il devait saisir chaque moment de libre pour pouvoir avancer dans ses devoirs. Il devait cacher à Ron et Hermione sa relation avec Drago, cacher à Drago le cours d'Occlumancie et les réunions de l'A.D. et protéger tous ses secrets des attaques mentales de Rogue lorsque ce dernier l'entraînait.
Et c'était sans compter Ombrage et son harcèlement ou encore les visites nocturnes dans l'esprit de Voldemort. Il commençait sérieusement à se dire qu'il allait terminer l'année par une crise nerveuse…

Ce soir-là, il était installé avec Drago dans une salle qu'ils avaient trouvée récemment. Il devait s'agir d'anciens logements de fonction de professeur, car leur ameublement n'avait rien à voir avec une salle de classe, et surtout ils pouvaient être verrouillés de l'extérieur comme de l'intérieur. La pièce principale comportait une grande bibliothèque vide, un bureau et sa chaise, une cheminée devant laquelle trônaient deux fauteuils et une table basse. Une chambre était attenante, ne contenant qu'un lit et une armoire, et une petite salle de bain se trouvait derrière la dernière porte. Le mobilier dans son ensemble portait les stigmates du temps passé, signe que les lieux n'avaient pas été utilisés depuis plusieurs années, et Harry et Drago s'étaient simplement installés sur le lit, après un rapide époussetage.

Drago était en train de relire le devoir de potions de Harry, raturant le parchemin à intervalles réguliers tandis que ce dernier était simplement allongé sur le lit, les yeux fermés.

- Ce n'est pas si mauvais. Tu fais des raccourcis pour arranger ta réflexion mais le fond est correct… Oh Potter, tu m'écoutes ?

- Hum. Oui, oui je t'écoute…

- Comment peux-tu être aussi fatigué ? Tu ne participes même plus aux entraînements de Quidditch !

- Pfff, merci de me le rappeler. Le monde entier semble s'être donné pour mission de me faire craquer d'ici la fin de l'année. Vold… Tu-Sais-Qui, Ombrage, Rogue…

Il s'était repris, sachant pertinemment l'effroi que provoquait le nom de sa Némésis chez son petit ami, et ce dernier lui jeta un regard suspicieux.

- Rogue ne t'a pas donné de retenue depuis longtemps pourtant.

- Ouai, mais il m'a collé des cours de soutien.

- Tu me prends pour un jambon ? Pourquoi te donnerait-il des cours volontairement ? Il te déteste !

Harry soupira, pesant le pour et le contre. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'ils étaient ensemble et il sentit qu'il pouvait lui dire la vérité.

- Il se trouve qu'à travers ma cicatrice, j'ai une connexion avec Voldemort. C'est pour ça que je dors aussi mal. Et Dumbledore a ordonné à Rogue de m'apprendre l'Occlumancie pour arriver à fermer ça.

- Sérieusement ! Et tu n'as pas songé à PEUT-ÊTRE m'en parler ?!

Manifestement, sa colère lui permettait de surmonter sa peur, car il ne l'avait même pas repris pour l'emploi du nom du Seigneur des ténèbres. Le Survivant eut un triste sourire.

- Désolé. J'ai déjà eu suffisamment de mal à te convaincre de sortir avec moi, je ne voulais pas te faire fuir.

Drago sembla un instant pensif.

- Il faut que tu arrêtes ces cours ou notre relation sera découverte…

- Crois-moi, je n'y vais pas par plaisir. Mais je doute qu'il lâche le morceau aussi facilement. Je n'arrive pas à me concentrer suffisamment, et de son côté il prend un malin plaisir à m'humilier.

- Alors je vais me charger de t'enseigner l'Occlumancie moi-même. Il est hors de question qu'il tombe sur ce qu'on fait ensemble. Tu vas devenir tellement bon qu'il sera bien obligé de reconnaître que tu n'as plus besoin de cours.

- Jusqu'à présent j'ai réussi à lui cacher ça. Mais je suis pas très doué, je préfère te prévenir. Et le jour où Rogue me fera un compliment, il neigera des poules…

- Il comprendra par lui-même qu'il a mieux à faire. Et dans le pire des cas, je lui ferai croire que tu dois bosser pour moi. C'est mon parrain, il sera plus enclin à m'écouter. Pfff. Par Salazar, tu es d'un pénible !

Harry soupira, yeux fermés. Si seulement sa vie était moins compliquée…

- J'y suis pour rien moi, les embrouilles me tombent dessus naturellement. Je comprends mieux pourquoi il te favorise tout le temps, du coup !

- Tu peux parler monsieur le chouchou du directeur. "Allez, on va donner 100 points à Gryffondor, parce que Potter est un brave garçon." Je me demande quelle tête il ferait s'il savait que j'ai dévoyé son précieux champion…

Drago s'était efforcé d'imiter la voix de Dumbledore et Harry éclata de rire.

- Ah ah ah ! Tu as raison. Misère, je ne veux pas imaginer la tête de Rogue s'il apprenait que nous étions ensemble. Il s'étoufferait sans doute avec sa propre salive !

- Qu'est-ce qu'il t'a dit sur l'Occlumancie ?

- Qu'il fallait vider son esprit. Rogue me le rabâche sans cesse, comme si c'était facile. Mais tu vas pouvoir m'apprendre ? Vraiment ?

- Je suis un très bon Occlumens, figure-toi ! Ma mère m'a enseigné l'Occlumancie très tôt, ça fait partie du bagage indispensable pour tout Black qui se respecte. Je devrais pouvoir t'aider.

- Black…

- Le nom de jeune fille de ma mère.

Harry plissa les yeux avant de hocher la tête en se remémorant l'arbre généalogique situé au Square Grimmaurd.

- C'est vrai, Sirius m'avait dit qu'il était parent avec ta famille.

- Sirius comme Sirius Black ? Tu le fréquentes ?

Prenant conscience de ce qu'il venait de dire, Harry se redressa pour lui faire face.

- Non ! Je l'ai juste rencontré à la fin de la 3e année. Il est toujours en fuite, mais il m'envoyait des lettres jusqu'à ce qu'Ombrage ne se mette à vérifier le courrier. Ce n'est pas lui qui a trahi mes parents, en vrai, et comme c'est mon parrain, j'aurais pu aller vivre chez lui s'il avait été innocenté. Mais Peter Pettigrow, le vrai coupable est avec … Tu-Sais-Qui maintenant, et sans lui c'est impossible de prouver quoi que ce soit, surtout avec le ministère actuel qui continue de raconter n'importe quoi…

- Je vois.

Comme pour le réconforter, Drago abandonna sa plume pour venir s'installer sur son petit ami qui frémit à son contact. Doucement, il vint déposer ses lèvres sur celles de Harry et ce dernier s'empressa d'entourer sa nuque de ses bras pour approfondir son étreinte. Le baiser était doux, chaud, et le contact avec la langue électrisa le Gryffondor. Il voulait plonger dans cette volupté qui lui tendait les bras, s'y noyer pendant quelques minutes pour perdre le sens de la réalité et en profiter pleinement.

Ils s'embrassèrent pendant plusieurs secondes avant de rester simplement enlacés, pressés l'un contre l'autre dans une intimité paisible. Finalement, Harry rouvrit les yeux, offrant au Serpentard un regard empreint d'adoration.

- Merci. Tu me donnes la force d'affronter mon quotidien.

- C'que tu peux être mélodramatique, Potter ! Tu as Drago Malefoy pour petit ami, il est normal que plus rien ne trouve grâce à tes yeux !

Harry éclata de rire et plongea à nouveau sa tête contre la gorge offerte, humant le parfum raffiné de son après-rasage avant d'y déposer ses lèvres.

Jusqu'à présent, ils n'étaient pas allés au-delà de langoureux baisers et de quelques effleurements lorsqu'ils partageaient la baignoire de la salle de bain des préfets, mais Harry se sentait trop intimidé pour faire le premier pas. S'il était fier de sa musculature acquise à force d'exercices, il ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu complexé par le physique de son petit ami. Alors que son corps était un champ de bataille vivant, où les maltraitances des Dursley se lisaient aux côtés de ses affrontements contre Voldemort, Drago avait une peau parfaite, exempte de la moindre cicatrice ou imperfection.

Il y avait aussi cette assurance affichée par le Serpentard, qui n'en était manifestement pas à sa première conquête, alors que pour Harry il était le premier.

Pour l'instant, il ne s'en sentait pas encore trop frustré, ils apprenaient tranquillement à se découvrir. Mais il ressentait parfois un désir incandescent traverser ses reins, et à en juger par l'érection qu'il sentait parfois contre son aine, son petit ami n'était pas en reste.

Il reprit contact avec la réalité lorsque Drago roula sur le côté pour se dégager de son étreinte.

- Il faut qu'on y aille. Il se fait tard…

- Hum, tu as raison. J'aurais aimé pouvoir dormir à tes côtés.

- Pas que le faire aurait été désagréable, mais il aurait été difficile de trouver une explication rationnelle. Tu te souviens, on ne peut laisser aucun indice nous trahir. Demain, rendez-vous à la bibliothèque à 15h, au même endroit que la dernière fois. Je compte bien te faire bosser, Potter, et tu as intérêt d'y mettre du tien.

- Chef, oui chef !

Il salua le Serpentard avant de se recouvrir de sa cape d'invisibilité, puis ils quittèrent la pièce sans un bruit, partant chacun de leur côté pour rejoindre leurs dortoirs respectifs.

***/+/***

Le lendemain était une journée bien chargée pour Harry. Il avait ses cours, puis le rendez-vous avec Drago à 15h à la bibliothèque et le soir une réunion de l'A.D.

Durant l'après-midi, il avait dû une nouvelle fois trouver une excuse pour justifier le fait qu'il allait passer son temps à la bibliothèque. Il avait expliqué à ses amis que Rogue lui avait donné un devoir supplémentaire du fait de son absence totale de progrès en Occlumancie, et si Ron s'était immédiatement détourné avec un "Sans moi !", Hermione lui avait jeté un regard suspicieux qui l'avait mis mal à l'aise.

La jeune femme était bien trop perspicace pour rester bien longtemps dans l'ignorance et ce fut sans grande surprise qu'elle le rejoignit près d'une heure plus tard. Comme d'habitude, ils s'étaient installés au fin fond de la bibliothèque pour être à l'abri des regards. Harry était plongé dans un livre que Drago lui avait ordonné de lire, et ce fut ce dernier qui la remarqua en premier.

- Potter, ta groupie veut te parler, je crois.

Il releva brusquement la tête, croisant le regard de Hermione, à moitié cachée derrière une étagère.

- Harry ! Je venais voir si tu avais besoin d'aide pour tes recherches. Mais…

Manifestement, elle ne s'attendait pas à voir le Serpentard à ses côtés. Réfléchissant à toute vitesse pour trouver une excuse plausible, il jeta un regard implorant à Drago qui lui répondit par une expression empreinte de condescendance.

- Tu peux partir, Granger, Potter a enfin compris qui était le plus utile de nous deux.

Avec une mine contrite, Harry souleva brièvement la couverture du livre pour la lui montrer, et Hermione fronça les sourcils.

- Mais, Harry, tu… tu lui as dit ?

- Euh ouai… Je cherchais un livre sur l'Occlumancie et il m'a entendu quand j'ai posé la question à Mme Pince. C'est lui qui m'a conseillé ce grimoire. Ce n'était pas vraiment prémédité.

Cette explication ne sembla guère convaincre la Gryffondor, cependant le regard réfrigérant de Drago l'encouragea à battre en retraite. Harry soupira. Il pouvait être certain qu'elle allait exiger de plus amples explications par la suite. Il se repencha sur le grimoire avec l'idée de reprendre sa lecture, mais c'était sans compter Drago qui lui mit un coup de pied sous la table.

- Il va falloir que tu trouves une excuse un peu plus crédible si tu veux mon avis.

Il avait chuchoté et Harry lui répondit de la même manière.

- Je sais. Elle ne doit pas comprendre ce qui m'aurait poussé à m'asseoir à ta table. Je pourrais toujours lui dire que depuis l'histoire des rois, on a pris l'habitude de travailler ensemble ?

Le Serpentard afficha un sourire carnassier.

- Elle risque d'être vexée que tu me préfères à elle, ça me convient parfaitement. Disons que tu as été ébloui par mes facultés intellectuelles et que tu m'as humblement demandé mon aide.

Le Survivant secoua doucement la tête, la main sur la bouche pour taire ses éclats de rire.

- Elle en serait outrée, mais bien que j'apprécie énormément ton aide et ta présence, je ne veux pas perdre ma meilleure amie. Je formulerai sans doute ça de manière plus… diplomate.

Il termina la lecture du chapitre et Drago lui reformula les passages qu'il n'était pas certain d'avoir compris. Il fallait bien reconnaître que le Serpentard avait un certain sens de la pédagogie et il lui promit de faire des exercices chaque soir avant son sommeil.

À 17h, ils se séparèrent comme prévu, chacun partant de son côté. Après le dîner, Harry savait que Drago participait à la ronde en tant que membre de la Brigade Inquisitoriale, et il en avait profité pour caler une réunion de l'A.D. ce soir-là, pour lui éviter d'avoir à se trouver un nouvel alibi. Il menait toujours une double vie, mais au moins il avait révélé à son petit-ami les cours d'Occlumancie avec Rogue, et c'était un secret de moins à porter. Sans compter que le Serpentard était redoutablement efficace en magie de l'esprit, et ses conseils allaient sans nul doute permettre à Harry de progresser.

Le soir venu, ils étaient donc dans la Salle-sur-Demande et venaient de mettre fin à la séance d'entraînement lorsque Cho s'avança vers lui. Harry se sentait encore mal à l'aise du baiser qu'ils avaient échangé avant les vacances de noël, cependant il lui offrit un sourire affable, attendant de savoir ce qu'elle lui voulait.

- Salut Harry, heu… Il y a une sortie à Pré-au-Lard la semaine prochaine, je ne sais pas si tu as vu.

- OK, je n'y ai pas fait très attention, je t'avoue. J'ai beaucoup de devoirs en ce moment…

- Ça tombe le jour de la Saint-Valentin.

- Ah, très bien…

Pour sa part, il ne voyait pas très bien où elle voulait en venir. Aux dernières nouvelles, ils n'étaient pas ensemble… Et même si elle avait pris leur baiser pour une déclaration, cela faisait plus d'un mois qu'ils ne s'étaient qu'à peine adressé la parole en dehors des réunions de l'A.D.

- Est-ce que tu voudrais… sortir avec moi à Pré-au-Lard ce jour-là ?

- Je… Heu…

- Oh, ce n'est pas grave si tu ne veux pas…

La jeune femme avait l'air mortifiée, et il s'en voulu immédiatement. Officiellement, il était célibataire, il n'avait aucune raison de refuser. Et il n'y avait aucune chance pour que Drago aille à Pré-au-Lard avec lui ce jour-là, il pouvait donc y accompagner Cho Chang… en toute amitié. Elle avait commencé à s'éloigner, mais il la rattrapa alors qu'elle allait passer le pas de la porte.

- Cho, attends ! Je veux bien. Je m'attendais pas à ce que tu m'invites. Mais je serais heureux de t'y accompagner.

Immédiatement, son visage s'illumina d'un grand sourire.

- Génial. À samedi prochain donc !

Il hocha la tête, convaincu qu'il venait de faire une bonne action, mais lorsqu'il se retourna, Hermione le fixait avec un regard empreint de jugement.

- Quoi ? J'ai fait quelque chose de mal ?

- Harry, tu ne m'avais pas dit que tu préférais les hommes ?

- Euh, oui, et c'est toujours le cas… Quel rapport ?

- Tu viens d'accepter un rendez-vous à Pré-au-Lard pour la Saint-Valentin. Il est évident que Cho s'attend à un rendez-vous galant !

- Ah bon, tu crois ? Mais je ne suis pas en couple avec elle !

Cette fois, elle leva les yeux au ciel.

- Ce que tu peux être aveugle ! Tu verras le moment venu. Quoi qu'il en soit, j'aurais peut-être moi aussi quelque chose de prévu ce jour-là. Je te tiendrais au courant dès que j'en aurais la confirmation.

- Ah ? Tu veux dire, avec Ron ?

Hermione cligna des yeux, manifestement sans comprendre.

- Quoi ? Mais non. Je te dirais en temps voulu. Tout le monde est sorti, allons-y.

Alors que Ron était passé en premier avec la carte du Maraudeur pour ramener tout le monde à bon port, Harry et Hermione fermaient la marche, recouverts de la cape d'invisibilité. Ils avaient mis au point ce système après chaque réunion de l'A.D. et jusqu'à présent, ils ne s'étaient jamais fait prendre.

Ils atteignirent sans encombre la tour de Gryffondor mais il était déjà très tard, et Harry ne tenta pas de s'expliquer auprès de Hermione sur son amitié nouvelle avec Drago. D'un autre côté, la préfète de Gryffondor ne lui avait pas reposé de question à ce propos, et en vérité, il espérait qu'elle ne s'en préoccupe pas outre mesure. À ses yeux, l'excuse qu'il avait donnée lorsqu'elle les avait surpris à la bibliothèque était bien suffisamment crédible et il ne voyait pas ce qu'il allait pouvoir répondre si elle l'interrogeait davantage…

***/+/***

Le matin du 14 février, Harry rejoignit Cho dans le hall d'entrée. Il n'avait pas eu le temps de lui reparler depuis qu'elle lui avait fait sa demande et il n'était toujours pas certain qu'il devait dissiper un quelconque malentendu. Après tout, la jeune femme n'avait pas parlé de rendez-vous romantique, et de toute façon Hermione lui avait demandé de le rejoindre aux Trois Balais aux alentours de midi, ce qui ne laissait finalement que le temps de la matinée à passer aux côtés de la Serdaigle.

Il se dirigea directement vers la jeune femme avec un sourire.

- Salut ! On y va ?

- Salut ! Oh… euh, oui.

Ils rejoignirent la file des élèves dont Rusard cochait les noms sur sa liste, mais Harry n'avait pas grand-chose à lui dire, de sorte qu'ils attendirent dans un silence pesant. Si elle faisait partie de l'Armée de Dumbledore, ils ne pouvaient se permettre d'en parler en public, et au-delà de ça, les sujets de conversation étaient plutôt restreints.

Cho Chang avait un an de plus, et Harry ne se voyait guère lui parler des BUSE qu'il devait passer à la fin de l'année. Par ailleurs, son interdiction de jouer au Quidditch pesait lourdement sur son moral, contrairement à la jeune femme qui était toujours attrapeuse pour son équipe.

Ignorant son amertume, la Serdaigle ne put s'empêcher de poser la question fatidique, alors qu'ils passaient devant le terrain de Quidditch où s'entraînait l'équipe de Gryffondor.

- Ça te manque vraiment, hein ?

- Évidemment.

Il soupira face à ce qui lui semblait une question évidente, et Cho sembla percevoir la froideur de sa réponse, car elle n'ajouta plus rien jusqu'à ce qu'ils aient atteint les barrières de Poudlard. C'est à ce moment-là qu'une bande de filles de Serpentard, menée par Pansy Parkinson, les dépassa.

- Potter et Chang ! Beurk, Chang, je ne te félicite pas pour ton goût. Au moins Diggory était un beau garçon !

Cho écarquilla des yeux, ne trouvant rien à répondre, alors que le troupeau gloussant accélérait pour les dépasser.

- Quelle bande de pouffiasses ! Parkinson ne rate jamais une occasion de faire sa harpie. Si seulement elle pouvait tomber la tête la première dans une flaque de boue, ça laverait un peu ce qui lui sert de bouche.

La Serdaigle poussa un bref rire.

- Tu as bien raison ! Personne ne les aime, elles passent leur temps à critiquer les gens. Je n'ose pas imaginer l'ambiance dans leur salle commune. Je suis bien contente de ne pas avoir atterri à Serpentard.

- Et moi donc !

- À cause de Drago Malefoy ? Tout le monde connaît votre rivalité.

Harry ne put s'empêcher de sourire à l'évocation de son petit ami. Ils étaient sans nul doute le couple le moins probable de Poudlard…

- Euh ouai… mais je crois que j'aurais eu du mal à supporter l'atmosphère de leurs quartiers globalement. Leur salle commune et leurs dortoirs sont dans les cachots, ça ne doit pas être très joyeux.

- C'est vrai ! Et tu imagines avoir le professeur Rogue comme directeur de maison ? Jamais je n'aurais osé lui poser la moindre question. Alors que le professeur Flitwick est tellement gentil !

Ils babillèrent ainsi jusqu'à arriver à Pré-au-Lard et Harry se sentit soulagé. Finalement, il avait raison, Cho ne lui avait proposé rien de plus qu'une sortie entre amis.

La météo était maussade, cependant la grand-rue était pleine d'élèves.

- Où est-ce que tu veux aller ?

- Oh, ça m'est égal. On pourrait peut-être aller voir les magasins ?

Ils se dirigèrent vers la boutique de Derviche et Bang. Une affiche était collée sur la vitrine et Harry eut un mouvement de recul en reconnaissant les photos des dix Mangemorts évadés d'Azkaban. L'affiche offrait mille Gallions de récompense à quiconque fournirait des informations pouvant conduire à la capture des fugitifs, et le Gryffondor serra les dents en voyant que Sirius était associé aux autres criminels. Évidemment, le Ministère préférait lui faire porter le chapeau plutôt que reconnaître la résurrection de Voldemort…

À ses côtés, la voix de Cho le fit ressortir de ses pensées.

- C'est drôle, tu te souviens quand Sirius Black s'est échappé et qu'il y avait des Détraqueurs partout à Pré-au-Lard pour le rechercher ? Aujourd'hui, dix Mangemorts sont en fuite et on ne voit aucun Détraqueur nulle part…

Il regarda de part et d'autre, espérant qu'aucune de ces créatures n'allait débarquer.

- Ouai, tu as raison, c'est bizarre.

Clairement, il n'allait pas s'en plaindre. Même si c'était bien une preuve que le mage noir avait rallié ces détestables créatures à sa cause…

Bientôt, une pluie drue et glacée se mit à tomber sur le village, et il songea qu'il aurait finalement été mieux à Poudlard, lorsque Cho l'attrapa par le poignet pour l'entraîner vers une rue adjacente.

- Heu… Tu veux qu'on aille prendre un café ?

- Bonne idée. Où veux-tu aller ?

- Il y a un endroit très agréable un peu plus loin là-bas. Chez Madame Pieddodu, tu connais ?

Le nom ne lui disait rien, et lorsqu'il arriva devant le salon de thé, il regretta immédiatement de ne pas avoir choisi les Trois Balais. La salle était exiguë et surchargée de décorations roses qui lui rappelaient le bureau d'Ombrage. Des angelots dorés volaient au-dessus des tables pour jeter des poignées de confettis roses sur les clients et il n'y avait que des couples qui se tenaient la main ou s'embrassaient. D'ailleurs, Roger Davies, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, était justement installé tout près d'eux, et il semblait vouloir aspirer l'âme de la blonde assise face à lui.

- C'est mignon, non ? Elle a fait une décoration spéciale pour la Saint-Valentin.

- Euuh, c'est pas trop mon style je t'avoue…

Cho eut l'air déçue de sa réaction, cependant ils s'installèrent à la dernière table encore libre, plus pour éviter d'avoir à retourner sous la pluie qu'autre chose. Elle se trouvait juste derrière la vitrine, et Harry voulu en profiter pour regarder la rue, cependant il y avait tant de buée qu'il ne voyait rien du tout.

- Qu'est-ce qui vous ferait plaisir, mes enfants ?

La patronne du salon de thé était une femme assez imposante, et elle devait se contorsionner pour passer entre les tables.

- Deux cafés, s'il vous plaît.

La Serdaigle avait répondu à sa place, et il se contenta de hocher la tête par politesse. Ce "rendez-vous" commençait de plus en plus à devenir laborieux et Harry eut presque hâte qu'il soit l'heure de rejoindre Hermione.

- Pendant que j'y pense, Hermione m'a donné rendez-vous à 12h aux Trois Balais. Est-ce que tu voudras venir avec nous ?

Cho haussa les sourcils, tout sourire disparu.

- Tu as rendez-vous avec Hermione Granger ? Aujourd'hui ?

- Ben oui, elle voulait absolument que je la retrouve là-bas… Elle a dit que tu pouvais venir.

- Ah bon ? Eh bien… C'est très aimable à elle.

À en juger par le ton employé, Cho était loin d'apprécier l'attention. Haussant un sourcil face au comportement froid de la jeune femme, il allait lui demander quel était le problème lorsqu'un bruit de porte le détourna de la conversation. Lorsqu'il tourna la tête, ce fut pour voir Drago, suivit de près par Pansy Parkinson, se diriger droit vers lui avec un air passablement énervé. Sans même lui laisser le temps de réagir, il avait sorti sa baguette pour la pointer en plein milieu de son visage.

- POTTER ! Tu vas me le payer ! Tu viens avec moi, à moins que tu ne préfères que je te défigure devant ta petite amie ?

Loin de s'attendre à ça, Harry écarquilla des yeux, et la première chose qui lui vint à l'esprit fut de nier.

- Quoi ! Mais c'est pas ma…

Sans même lui laisser le temps de finir sa phrase, Mme Pieddodu arriva armée de son plateau.

- Pas de bagarre dans mon salon ! Où je vais me plaindre au professeur Dumbledore ! Dehors !

D'un geste vif, Drago empoigna le col de son manteau pour l'entraîner vers la sortie, et le Gryffondor eut tout juste le temps d'attraper son sac avant de se voir évacué manu militari sous les yeux effarés de Cho Chang. Malgré la situation surréaliste, la jeune femme ne fit pas un geste pour le secourir, et Harry s'en sentit un peu vexé. Après tous les entraînements de l'A.D., il aurait au moins attendu une tentative de sa part, mais manifestement, elle devait penser qu'il ne risquait pas grand-chose.

Une fois dans la rue, Drago ne le lâcha pas pour autant, l'entraînant dans une petite ruelle à l'abri des regards. Crabbe et Goyle l'avaient rejoint une fois sortis du salon de thé, et leur présence n'était pas pour le rassurer, sans compter que Parkinson les suivait toujours. Harry commença à s'inquiéter de savoir jusqu'où irait le Serpentard pour sauvegarder les apparences.

- Oh Malefoy, mais ça va pas ! Qu'est-ce que tu me veux bon sang ?! Lâche-moi !

- Tu te fous de ma gueule ? Je vais te latter, Potter ! J'ai vraiment envie d'écrabouiller ta sale tronche de balafré là tout de suite. Mais je ne voudrais pas que tes précieux larbins puissent intervenir, donc on va aller faire une petite promenade à l'abri des regards.

Pour une raison que le Survivant ne comprenait pas, son petit ami avait l'air véritablement furieux, car il l'avait rarement entendu aussi vulgaire. Il tenta de se débattre mais Goyle s'empressa de lui faucher les pieds, et la seule raison pour laquelle il ne s'écrasa pas sur le sol fut que Drago le tenait toujours.

Soudain, ils arrivèrent devant une haute maison à colombages et Drago sortit sa baguette pour déverrouiller la porte. Il y avait plusieurs sonnettes, mais Harry n'eut pas le temps de lire les noms qui y étaient associés avant de se voir poussé sans ménagement à l'intérieur. Cependant son petit ami s'était stoppé sur le palier et s'était retourné vers ses acolytes.

- Crabbe, Goyle, retournez à Poudlard et assurez-vous que personne ne cherchera Potter. Débrouillez-vous comme vous voulez, mais je ne veux pas vous voir dans le coin. Pareil pour toi, Parkinson. Je te remercie de m'avoir prévenu, maintenant mieux vous en saurez et mieux ça vaudra pour vous. Du vent.

Les trois comparses déguerpirent sans demander leur reste et Drago fit signe à Harry de monter d'un geste de baguette.

- Mais tu vas me dire ce qu'on fait là, à la fin ? Et t'étais vraiment obligé de me traîner comme ça ?

- Tais-toi et avance, Potter, tu m'exaspères. Troisième étage.

Harry soupira mais monta néanmoins les marches, poussé par la curiosité. Ils arrivèrent finalement devant une porte semblable aux autres, et Drago sortit une clé de son sac pour la déverrouiller. Une fois encore, il poussa le Gryffondor à l'intérieur, et Harry put découvrir un petit salon meublé d'un grand bureau et sa chaise, d'un canapé, d'une table basse et d'une patère.

Le Serpentard ne prit pas le temps de se défaire de sa cape. À peine étaient-ils entrés et la porte refermée, qu'il le plaqua contre le mur le plus proche, ses deux mains serrées autour du col de son manteau.

- Bien ! Maintenant que nous sommes seuls, tu vas pouvoir m'expliquer à quoi tu joues ?!

- À quoi JE joue ? Non mais tu délires ! Je me balade à Pré-au-Lard avec une amie et tu viens m'insulter et me traîner je ne sais où et c'est moi qui dois m'expliquer ?!

Drago plissa les yeux et profita de sa taille pour le soulever de quelques centimètres.

- Cesse de te foutre de moi, Potter. Tu étais avec une fille, en rencart, le jour de la Saint-Valentin !

- Mais… J'en ai rien à carrer moi de la Saint-Valentin ! Cho m'a demandé si je voulais aller à Pré-au-Lard avec elle, j'ai dit oui, je vois pas le problème. C'était pas un rencart !

- Au salon de thé de Madame Pieddodu !

- Mais je connaissais même pas cet endroit y a une heure ! C'est elle qui m'y a amené. Sérieux, tu me fais quoi là ?

Le Serpentard sembla comprendre quelque chose, et il le relâcha soudainement avant de se détourner, les poings toujours serrés.

- J'ai une furieuse envie de te frapper, Potter…

- Mais pourquoi, bordel ?! Tu me reproches quoi ?

- Cho Chang est amoureuse de toi, sombre crétin ! Elle t'a invité à un rencart dans un repaire de couples le jour de la Saint-Valentin ! Et toi… et toi tu te laisses faire !

Harry écarquilla les yeux, comprenant soudain l'origine de la colère de son petit ami.

- Ah. Mais… M'enfin tu sais très bien que je ne ressens rien pour Cho Chang !

- Et comment pourrais-je le savoir, je te prie ?

- Ben… euh… Parce que je suis avec toi.

- Est-ce qu'elle a déjà essayé de t'embrasser ?

- Oui… Mais c'était avant Noël ! On était pas encore ensemble ! Et c'était horrible ! Elle pleurait en même temps, c'était humide et vraiment désagréable. Jamais je ne t'aurais trompé, et encore moins pour ça, je te le jure !

Le Survivant, qui avait envie de le rester, s'était empressé de se justifier en voyant la baguette de Drago apparaître à quelques centimètres de son visage.

- Mieux vaut pour toi Potter, car ce serait la dernière chose que tu ferais de ta vie… Pfff…

Le blond s'éloigna de quelques pas pour retirer sa cape, puis il alla s'asseoir sur le canapé, et Harry attendit quelques secondes avant de l'imiter.

- Alors on est où là ?

- Un des appartements de père. Habituellement il le loue, mais depuis cette année, il préfère qu'il soit libre au cas où j'aurais besoin d'une solution de repli. Il pense que Dumbledore n'est plus capable d'assurer notre sécurité.

- Réjouissant. Il pense que Voldemort pourrait attaquer Poudlard ?

- Ne prononce pas son nom ! Je ne sais pas et je ne veux pas le savoir. Et en attendant, je suis ton petit ami et nous sommes le jour de la Saint-Valentin. N'as-tu pas d'autres sujets de préoccupation plus urgents ?

Le Gryffondor éclata de rire, se rapprochant pour déposer un baiser sur la joue de Drago.

- Tu as raison. Je n'ai pas eu le temps de t'acheter un cadeau, mais je peux au moins te montrer combien j'aime être à tes côtés. Hermione m'a donné rendez-vous vers midi aux Trois Balais, mais nous avons encore deux heures rien que pour nous.

- Granger ?!

- Ce. N'est. Pas. Un. Rencart. Hermione est comme une sœur pour moi, et elle sait que je préfère les hommes. Rassure-toi, il n'y a que toi dans ma vie. Parole de Harry Potter.

Cédant finalement au désir qui l'avait saisi à la vue de son petit ami, Harry enjamba Drago pour venir s'installer sur ses cuisses, afin de lui offrir un baiser torride. Le Serpentard lui répondit sans hésiter, cependant il le repoussa bientôt en arrière, refusant de se soumettre au Gryffondor.

- Mon anniversaire est le 5 juin. Tu as intérêt à retenir cette date et à m'acheter un cadeau en avance, Potter, car je n'accepterais pas la même excuse.

Harry pouffa de rire.

- Sale gosse pourri gâté.

Drago le bascula sur la table basse qui était heureusement en bois massif, et s'installa directement sur lui, assis sur ses hanches.

- On m'a appris à toujours exiger le meilleur. C'est bien pour cela que je sors avec Harry Potter.

L'intéressé rougit sous le compliment. Le Serpentard avait scellé leurs lèvres et Harry passa un bras autour de sa nuque, le second autour de sa taille pour resserrer leur étreinte. Il poussa un soupir de bonheur alors que la chaleur corporelle de son petit ami se diffusait malgré leurs vêtements respectifs. Il sursauta en prenant conscience de l'érection grandissante de Drago contre sa cuisse, et cela fit naître en lui un désir inédit. Et s'il osait…

Repoussant doucement son petit-ami pour mettre fin au baiser, il se redressa sur les coudes et baissa les yeux vers l'objet de son fantasme. Il n'avait jamais fait cela mais il voulait offrir quelque chose au Serpentard, quelque chose pour lui faire comprendre à quel point son affection était précieuse à ses yeux.

Drago avait suivi son regard, et une soudaine rougeur apparut sur ses pommettes habituellement pâles. Harry lui fit signe de se lever et le blond se recula avec un empressement assez comique.

- Tu m'as dit que je devais me faire pardonner et je crois que j'ai trouvé une idée. Assieds-toi…

- Attends… j'ai quelque chose de plus confortable qu'un canapé. Viens…

Il l'aida à se relever avant de l'entraîner en direction d'une autre pièce qui s'avéra être une chambre. Elle était meublée d'un grand lit à baldaquin, d'un tapis et d'une armoire en bois sombre. Le couvre-lit était fait d'une fourrure grise d'une grande douceur, et Drago le repoussa sans ménagement, dévoilant une couverture vert pâle brodée d'hermines noires. Le Serpentard allait s'y asseoir lorsque Harry l'attrapa par les anses de son pantalon pour le stopper.

- Déshabille-toi.

Son petit ami sembla un instant trop stupéfait pour bouger ou même se rebeller face à l'ordre donné, mais lorsque Harry l'embrassa, il répondit avec une ardeur renouvelée. Le Gryffondor en profita pour lui retirer sa ceinture, mais Drago prit rapidement le relais, sans doute mal à l'aise à l'idée de le laisser mener la danse. Il délaça ses chaussures impeccablement cirées et les posa sous le lit, puis retira son pantalon avant de le plier en deux et l'étendre sur le dossier d'une chaise attenante. Pour Harry, la lenteur de cet effeuillage sonnait comme une torture, et il s'attaqua à ses propres vêtements dans l'espoir d'attiser l'excitation du Serpentard. Il retira pèle mêle ses baskets, son sweat, son sous-pull, son jean et ses chaussures qu'il lança en boule dans un coin de la pièce, sans se soucier le moins du monde du regard atterré de son petit ami.

Une fois uniquement vêtu de son caleçon, il se mordit la lèvre face à l'érection fièrement levée de Drago. Devinant sans peine son intention, ce dernier s'était assis sur le rebord du lit intégralement nu, et Harry tomba à genoux devant cette vision hautement stimulante. Sans attendre davantage, il empoigna la verge et passa sa langue sur le gland hypersensible, ce qui provoqua un gémissement de la part du Serpentard.

- Bon sang, Potter…

- Je n'ai jamais fait ça. Alors n'hésite pas à me dire si je m'y prends mal.

- Tiens là fermement et ne t'arrête pas, par Salazar !

Encouragé par le plaisir qu'il lisait sur le visage de son petit-ami, Harry plongea à nouveau la tête en avant, entourant le sexe chaud de ses lèvres humides. C'était une impression étrange, sans doute pas la plus agréable, mais rien ne valait l'expression de volupté intense qui illuminait les traits de Drago. Juste pour ça, il était prêt à recommencer aussi souvent qu'il le voudrait…

Se concentrant sur l'objet entre ses doigts, il s'inspira de ce qu'il faisait lorsqu'il se masturbait sous la douche. Au moins avec un homme, il était en terrain connu. À l'aide de sa langue, il passa et repassa sur le sommet du gland, reproduisant ce geste qu'il aimait faire avec son pouce, et un halètement bruyant le conforta dans son idée.

- Oh oui, c'est bon… Potter… continue !

Exalté à l'idée d'amener le Serpentard à la jouissance, il accéléra le rythme et serra les lèvres pour augmenter la pression. Il voulait lui offrir un orgasme, et il s'y appliqua du mieux qu'il put malgré l'engourdissement de sa mâchoire. Finalement, le sexe entre ses doigts sembla se tendre un peu plus avant de se relâcher en plusieurs soubresauts, et le corps tout entier de Drago s'affaissa sur le lit en un long gémissement, manifestement transporté par l'expérience. Il s'était répandu dans sa bouche et Harry s'était empressé d'avaler, préférant ne pas s'étendre sur le goût du sperme. Il toussa brièvement avant de se redresser, un large sourire aux lèvres.

- Joyeuse Saint-Valentin, Drago.


Fin du chapitre 2

J'espère que vous avez apprécié. ^^ Je vais commencer le chapitre 3 dès demain, mais je ne sais pas vous donner un délai. Je suis actuellement malade et incapable de reprendre le travail depuis début janvier, donc j'ai du temps pour écrire, mais pas toujours l'état d'esprit ou l'énergie nécessaire pour le faire. Vos reviews sont bien évidemment un puissant moteur de motivation (non ce n'est pas du chantage). Plus sérieusement, je ne sais pas du tout combien de temps je vais rester arrêtée mais je crains que ça ne dure encore au moins un mois selon les pronostics les plus optimistes et ça impacte un peu mon moral... Je ne suis pas certaine de réussir à écrire le chapitre 3 en une semaine mais l'écriture reste encore un plaisir donc comptez sur moi pour le faire aussi souvent que possible ! 😉