Auteur : Lady Zalia
Type : Humour et Romance Drarry fluffy
Disclaimers : Univers appartenant toujours à J.K. Rowling. Drarry (donc relation MxM). Rating M. Ceci est l'avant-dernier chapitre, car oui finalement il y en aura un 5e.
Chapitre 4
Harry et Drago étaient tous deux appuyés contre le rebord du bassin, côte à côte, dans la Salle de bain des préfets, et ils profitaient de l'impression trop rare de paix dans leur quotidien d'étudiants rebelles. La buée générée par l'eau chaude avait envahi la pièce, les entourant comme une brume protectrice et Harry avait déposé sa tête contre l'épaule de son petit-ami, yeux fermés, une expression sereine au visage.
Soudain, alors que le silence régnait depuis déjà plusieurs minutes, Drago reprit brusquement la parole, faisant sursauter le Gryffondor.
- Franchement, t'es sûr qu'on ne pourrait pas l'empoisonner ? Ça serait radical !
Le Survivant soupira et rouvrit les yeux.
- Ce n'est pas que je tienne à sa vie, comme tu t'en doutes, mais j'aimerais éviter de faire des choses qui risqueraient de nous mener à Azkaban. Elle a déjà essayé de m'y envoyer cet été alors que j'étais innocent, je n'ai pas envie de lui offrir une nouvelle opportunité de le faire.
Le Serpentard haussa les épaules.
- Seulement si on se fait attraper. Je suis sûr qu'on peut en acheter des indétectables dans l'Allée des Embrumes. Si tu hésites, c'est que tu n'es pas suffisamment motivé pour te débarrasser d'elle.
- Drago, il faut trouver autre chose, quelque chose qui la fasse fuir. Ou qui la rende incapable de faire cours.
- Un maléfice alors ? Quelque chose pour la défigurer...
Soudain, Harry se redressa, les yeux dans le vague, alors qu'une idée fleurissait dans sa tête.
- Oh ! Hermione a déjà utilisé quelque chose comme ça… Bien sûr, elle n'a jamais envisagé de le faire sur un professeur, même si c'est Ombrage. Mais si je savais comment elle a fait, on pourrait le reproduire… Il suffirait de lui faire signer un parchemin enchanté. Et hop, dès qu'elle prononcera certains mots, elle se mettra à avoir une violente éruption de furoncles partout sur le corps… !
Drago haussa les sourcils.
- Granger a inventé un truc comme ça ?
- Ouai. Un parchemin pour empêcher tous ceux qui signent de nous dénoncer. Si jamais quelqu'un nous trahit, on saura tout de suite qui est le coupable.
Le Serpentard hocha la tête alors que les connexions se faisaient dans sa tête.
- C'est donc vrai ce que croît Ombrage ? Tu as monté un groupe secret ?
- Ouai, rien de délirant, on se retrouve pour s'entraîner et réviser le vrai programme de Défense contre les Forces du Mal. Ombrage peut bien dire ce qu'elle veut, les BUSE contiennent une épreuve pratique, donc on s'exerce. Mais avec toutes mes retenues, ça fait longtemps que je n'ai pas pu y aller.
- Je vois. J'imagine qu'il n'y a aucun Serpentard.
Harry lui adressa un regard contrit.
- Tu imagines bien. Il faut dire que beaucoup d'entre vous font partie de la Brigade Inquisitoriale. Ça n'inspire pas exactement la confiance. Mais bref, je vais essayer de savoir quel type de sort Hermione a pu utiliser et tu n'auras qu'à le reproduire, tu es plus doué que moi en enchantements.
- Je croyais que tu ne leur parlais plus ?
- C'est surtout Ron qui reste persuadé que j'ai dénoncé Hermione à Ombrage. Quand je leur ai annoncé qu'Ombrage était au courant pour la salle-sur-demande, il a dit : "Tu lui as aussi dit ça ?". J'avais envie de lui mettre mon poing dans la gueule.
- Tu aurais dû le faire, si tu veux mon avis, ça n'aurait pas été une grande perte.
Le Gryffondor pouffa de rire sans pouvoir s'en empêcher. Puis il s'accrocha aux épaules de son petit-ami, la tête à nouveau penchée pour embrasser la gorge offerte.
- Tu es infernal, tu sais, ça ?...
- Mais c'est comme ça que tu m'aimes, Potter !
Harry secoua la tête, regard rêveur.
- Ce n'est pas exactement ce que je qualifierais être ta qualité première. Ce qui m'a d'abord attiré c'est ton physique, ton intelligence, ton talent pour le vol… même si je suis meilleur que toi…
- Tu t'es déjà touché en pensant à moi ?
- Hum, ça m'est arrivé. Je pensais n'avoir aucune chance. Et puis tu m'as laissé entrevoir que j'avais mes chances… Et toi ?
Drago lui offrit un sourire lubrique.
- Oh, si tu savais tout ce que j'ai imaginé te faire. C'est justement pour ça que je veux un lit. Hors de question qu'on fasse notre première fois dans ce plumard poussiéreux de l'appartement désaffecté. Je veux la salle-sur-demande pour faire apparaître un baisodrome digne de moi et Ombrage fait obstacle à mon fantasme. Elle doit disparaître.
- Et si on allait dans ton appartement à Pré-au-Lard ?
- Harry Potter le héros des Gryffondor aurait-il peur ?
- Certainement pas. Je dis simplement que ça serait une solution. Les passages secrets pourraient nous permettre de sortir n'importe quand…
- Je pense que si on s'absentait aussi longtemps du château, les autres le remarqueraient forcément. Nous parlions donc d'un maléfice qui recouvrirait le visage d'Ombrage de pustules purulentes ?
- Ouai, je cite : "À côté, l'acné d'Eloïse Midgen aura l'air de ravissantes petites taches de rousseur".
Le Serpentard fit une grimace face à l'image mentale.
- Très bien, il nous faut ce sortilège. Et si ça ne fonctionne pas, il nous restera toujours la possibilité de l'empoisonner.
Harry leva les yeux au ciel, sans pour autant se départir de son sourire. Il aimait son caractère malicieux, surtout depuis qu'ils servaient la même cause. Et si pour le suivre il devait virer un peu plus Serpentard, qu'à cela ne tienne…
Ils se câlinèrent encore plusieurs minutes avant de sortir du bain et se sécher. Puis ils se séparèrent, le Gryffondor recouvert de sa cape d'invisibilité, et chacun regagna son dortoir pour la nuit.
Lorsque le Survivant passa la porte de sa salle commune, il avait le sourire jusqu'aux oreilles. Il était presque minuit et il avait retiré sa cape d'invisibilité pour pouvoir passer le tableau, pensant qu'il ne risquait désormais plus rien. Cependant son sourire s'évanouit en tombant sur Hermione, assise dans un fauteuil auprès du feu, un livre sur les genoux.
La jeune femme avait immédiatement relevé les yeux en l'entendant approcher, et il sentit immédiatement son rythme cardiaque s'accélérer. Il n'avait que quelques secondes pour inventer un mensonge suffisamment crédible pour tromper la perspicacité de la préfète de Gryffondor… Il tenta malgré tout de paraître naturel.
- Hermione ! Je ne pensais pas que quelqu'un serait encore debout à cette heure.
- Harry. Je suis revenue de ma retenue à 22h, puis j'ai fait mes devoirs et je voulais lire un peu avant de me coucher. Je ne t'ai pas vu sortir, j'étais persuadée que tu étais dans ton lit.
Il leva machinalement sa main pour lui montrer la cape d'invisibilité.
- J'avais envie de prendre l'air. J'ai encore fait un cauchemar et je voulais me changer les idées.
- Je croyais que tu avais fait des progrès en Occlumancie ? Tu avais l'air bien souriant pour quelqu'un qui n'arrive pas à trouver le sommeil.
- Ma promenade a été efficace. Et j'ai vu Peeves poursuivre Miss Teigne, c'était assez drôle…
Il pria mentalement que son excuse soit suffisamment crédible, cependant son amie plissa les yeux, signe qu'elle était déjà arrivée à une autre conclusion.
- À vrai dire, j'ai une théorie…
- Ah bon ?
- Oui. Ron bien sûr ne voit rien, mais j'ai remarqué que tu étais plus souriant et que tu avais l'air plus heureux ces derniers temps.
- Je suis soulagé de ne plus avoir de retenue, c'est tout.
- Harry, je crois que tu fréquentes quelqu'un.
- Absolument pas.
Il s'était efforcé de ne manifester aucune réaction qui aurait pu porter à confusion, mais l'air victorieux sur le visage de Hermione l'informa immédiatement de son échec.
- Je le savais ! Harry, tu ne sais pas mentir ! Tu vois quelqu'un en secret ! Je n'arrive pas à croire que tu ne m'aies rien dit !
- On reparle du fait que vous m'avez accusé de t'avoir dénoncé auprès d'Ombrage ? Ou du fait que tu me reproches sans cesse de ne pas travailler assez l'Occlumancie ? Alors non, je n'ai pas toujours envie de tout te dire. Et puis, j'ai tout de même le droit d'avoir des secrets, non ?
- Bien sûr, Harry. Mais j'aurais pensé que tu te serais confié à moi. À moins que ton petit-ami ne soit quelqu'un de pas très fréquentable…
Le Survivant détourna le regard, priant mentalement les 4 Fondateurs qu'elle ne cherche pas à en savoir plus.
- Rien de tout ça, Hermione, lui et moi n'avons simplement pas envie que ça se sache, c'est tout. Inutile d'insister, tu ne connaîtras pas son identité.
Malheureusement pour lui, la jeune femme semblait au contraire totalement enthousiasmée par ce nouveau mystère. Elle s'était mise à fixer un point derrière lui et ses lèvres bougeaient sans prononcer de mot, signe qu'elle élaborait déjà une liste de suspects potentiels.
- Très bien, ne me le dis pas. Au fait, j'ai entendu Lisa Turpin émettre l'hypothèse que tu étais gay sous prétexte que tu avais refusé de sortir avec Cho Chang. Je n'ai rien dit, bien sûr, mais je crois que ce secret-là ne va plus le rester très longtemps, donc tu devrais peut-être envisager de le dire à Ron. Après, si ça peut te rassurer, ça ne semble pas leur poser problème alors que c'est une Sang Pur, donc je crois que les sorciers se fichent bien de ce genre de chose. Bon ! Sur ce, je vais te laisser dormir. Bonne nuit Harry !
Harry resta un instant figé, pétrifié à l'idée de voir son orientation sexuelle étalée dans la presse. Il était évident que Rita Skeeter serait prête à tuer pour avoir un scoop pareil…
Il avait fait l'erreur de le révéler à Cho Chang pour préserver ses sentiments, mais il commençait à se dire qu'il avait orchestré sa perte. Non seulement Anthony Goldstein l'avait entendu, mais si Cho l'avait répété à sa meilleure amie Marietta Edgecombe, alors il pouvait être certain que l'information allait fuiter tôt ou tard…
Il se maudit pour son manque de réflexion et poussa un profond soupir avant de monter en direction de son dortoir. Avec tout ça, il n'avait même pas pensé à demander à Hermione quel sortilège elle avait utilisé sur le parchemin d'inscription de l'A.D.
Il peina à trouver le sommeil, mais lorsqu'il s'endormit, ses pensées étaient immanquablement tournées vers son petit ami. Drago était si éloigné de son propre caractère qu'il y avait bien peu de chance que Hermione parvienne à deviner son identité, cependant il allait tout de même devoir redoubler de prudence…
***/+/***
Dès le lendemain matin, Harry retrouva Hermione attablée dans la Grande Salle, et il s'installa à ses côtés. Comme à son habitude depuis le retour des vacances de Noël, elle avait posé un épais grimoire contre une carafe de jus d'orange et était en pleine lecture, portant par intermittence sa cuillère à sa bouche en un geste machinal.
Désireux de ménager son humeur, il attendit qu'elle relève les yeux pour le saluer avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Salut Hermione ! Dis-moi, c'est quoi en fait le sortilège que tu as utilisé sur le parchemin de l'A.D.
- Salut Harry. Comme je vous l'ai dit, si quelqu'un nous trahit et prévient Ombrage, nous saurons exactement qui a fait ça et il le regrettera amèrement.
- Oui, je m'en souviens. Mais, c'est un sortilège que tu as trouvé quelque part ou tu l'as inventé ?
- C'est un assemblage de sortilèges, à vrai dire. J'ai lu des choses passionnantes sur les sortilèges entremêlés. Tu connais le sortilège de Furonculose. Et bien je l'ai associé à deux autres sortilèges. Je me suis inspiré des techniques hypothétiquement utilisées par les Langues de Plomb. Vraiment, tu n'imagines pas tout ce qu'on peut trouver à la bibliothèque.
À sa seconde question, le regard de la préfète s'était illuminé. Elle parlait avec animation, comme chaque fois qu'un sujet la passionnait, et elle avait totalement cessé de déjeuner pour sortir un second livre de son sac. Il semblait si rempli que Harry la suspectait d'utiliser aussi plusieurs sortilèges pour lui permettre de tout porter en permanence.
- Je veux bien te croire, c'est impressionnant… et assez effrayant en fait. Donc si je comprends bien, on pourrait enchanter n'importe quel parchemin pour faire en sorte que la personne qui le signera sera victime du maléfice si elle dit quelque chose de précis, c'est ça ?
- Ça et bien d'autres choses. Le nombre de possibilités est infini ! Mais plus tu rajoutes de sortilèges et plus ça devient technique. Il faut avoir ton objectif clairement en tête. Mais tu me demandes ça dans un but précis ?
- Euh, je ne peux pas trop t'en parler ici. Est-ce que tu accepterais de me prêter ton livre ?
Hermione lui offrit une grimace désolée.
- Je voudrais bien, mais sans avoir fait d'Arithmancie, tu ne comprendrais rien. Ce n'est pas pour rien que l'ASPIC de cette matière est requis pour être briseur de maléfice. Ça m'a vraiment ouvert les yeux sur la création d'objets enchantés. Si vraiment ça t'intéresse, je peux toujours te prêter mon exemplaire de Numérologie et grammaire, c'est une bonne entrée en matière.
Harry fit la moue, notant mentalement le titre du livre qu'elle avait entre les mains.
- Non merci, je n'ai vraiment pas le temps de m'y consacrer en ce moment, avec tous les devoirs qu'on nous donne. Mais je m'y essayerais peut-être l'année prochaine, comme on aura moins de matières…
Il allait surtout se contenter de répéter l'explication à Drago dans l'espoir qu'il soit capable de reproduire l'assemblage de sortilèges.
Son amie retourna à sa lecture et ils furent bientôt rejoints par Ron qui s'empressa de déjeuner dans le peu de temps qu'il lui restait.
Son camarade était rapidement redevenu aussi cordial que d'habitude, et même si Harry gardait une certaine rancœur vis à vis de ses suspicions, Ron avait fini par admettre qu'il n'y était pour rien.
La journée se passa normalement, comme une journée normale peut l'être à Poudlard, et le soir, Harry, Ron et Hermione étaient réunis dans la salle sur demande en compagnie des membres de l'A.D. Ils avaient profité d'un des rares soirs où Ron et Ginny n'étaient pas pris par les entraînements de l'équipe de Quidditch et Harry n'avait pas de leçon auprès de Rogue. Harry leur avait fait part des suspicions d'Ombrage concernant le couloir du 7e étage, mais grâce à la Carte du Maraudeur, ils étaient parvenus à esquiver Rusard sans difficulté.
Recommencer les cours de défense rappela à Harry combien il aimait enseigner et il ressentit un vif plaisir lorsque plusieurs élèves parvinrent à invoquer un Patronus corporel. De plus, Seamus Finnigan avait décidé de les rejoindre depuis la parution de l'article dans Le Chicaneur, et tout le monde avait fait d'impressionnants progrès. Neville avait notamment redoublé d'efforts depuis l'annonce de l'évasion d'Azkaban, car il y avait parmi eux les Mangemorts qui avaient torturé ses parents à la folie. Harry avait éprouvé une certaine fierté en voyant son camarade d'antan timoré devenir de plus en plus fier et assuré.
La séance fut aussi productive que les précédentes, cependant, alors que tous les élèves partaient par petits groupes en direction de leurs dortoirs respectifs, Anthony Goldstein manifesta l'intention de lui parler.
Harry avait tout fait pour ne plus jamais se retrouver seul en sa présence depuis le baiser forcé de la dernière fois. Il se sentait trop mal à l'aise vis à vis de ça, mais lorsque le Serdaigle s'avança vers lui, il n'avait cette fois aucune excuse pour se dérober.
- Harry. Je voulais te parler de la dernière fois…
- Euh oui…
Anthony l'avait entraîné à l'écart pour éviter que les derniers élèves entendent le contenu de leur conversation, cependant il baissa tout de même la voix.
- Écoute, lorsque Malefoy m'a chassé l'autre jour, je suis allé en salle d'étude, et c'était Ombrage qui surveillait. Je pensais que t'allais débarquer mais tu n'es pas venu de toute l'heure…
Voyant où il voulait en venir, Harry sentit brusquement son rythme cardiaque s'accélérer, cependant il tenta malgré tout de paraître imperturbable.
- Ouai, Malefoy s'est bien foutu de ma gueule. Il voulait juste me faire balader.
- Je vois. Je me doutais que tu ne l'avouerais pas aussi facilement. Mais tu sais, je vous ai observé durant toute la semaine dernière. J'ai vu comment tu le regardais, comment il réagissait chaque fois qu'il entendait ton nom. Et je me suis souvenu qu'il ne t'avait même pas retiré de points. Il aurait pu crier dans tout Poudlard que Harry Potter était gay, il aurait pu dire à Ombrage que nous nous étions embrassés. Mais il n'a rien fait de tout ça… En fait, il n'a rien fait qui aurait pu t'attirer des ennuis.
Harry fit la moue, ne voyant pas trop quoi répondre à cela. Il se doutait qu'Anthony était probablement parvenu à la bonne conclusion, mais il ne voulait surtout pas le pousser dans ce sens.
- Je ne sais pas quoi dire, je ne suis pas dans sa tête.
- C'est vrai que tout cela semblerait assez incohérent pour quiconque connaîtrait un tant soit peu votre rivalité. Le Malefoy d'avant n'aurait eu aucun scrupule à inventer de nouveaux mensonges uniquement pour te nuire. Mais si on imagine que vous sortez ensemble, cela prend tout d'un coup beaucoup plus de sens.
Le Gryffondor avala sa salive, ne se sentant pas capable de nier en bloc sans aucun argument pour contrer la théorie du Serdaigle. Il regarda autour de lui, cherchant quelque chose qui pourrait le sortir de ce guêpier, malheureusement pour lui, il y avait simplement Hermione qui l'attendait à la porte avec un regard perplexe. Finalement, il trouva le courage d'assumer la réalité et poussa un bref soupir avant de reprendre la parole.
- Écoute, même si c'est le cas, je ne vois pas en quoi ça te concerne. Je t'ai dit que je n'étais pas intéressé pour sortir avec toi et ton baiser n'a rien changé.
Anthony grimaça, comme s'il l'avait giflé.
- En quoi ça me concerne ? Harry, tu es l'un des fondateurs de l'A.D. et Malefoy est un Serpentard, membre de la Brigade Inquisitoriale. Est-ce que tu lui as dit ce que tu faisais ce soir ? Est-ce qu'on peut s'attendre à être dénoncés dès que votre couple absurde aura pris fin ?
Le Serdaigle s'était approché et avait haussé la voix, mais Harry le repoussa.
- Il sait que je donne des cours de défense, mais il n'a pas cherché à en savoir plus, et de toute façon je lui fais confiance. Je ne compte pas sacrifier l'un au profit de l'autre.
- Tu as perdu l'esprit, Harry ! Pourquoi crois-tu qu'il n'y a aucun Serpentard à l'A.D. ? Ta relation met en péril notre organisation, et tu le sais parfaitement ! Tu as pourtant cité son père parmi les Mangemorts fidèles à Tu-Sais-Qui, que crois-tu qu'il arrivera à la fin de l'année lorsqu'il rentrera chez lui, avec toutes ces informations récoltées sur toi ?!
- Il le gardera pour lui, et encore une fois je lui fais confiance. Je ne considère pas avoir de compte à te rendre, Anthony.
- Très bien ! Voyons ce qu'en pense Hermione ! Car bien entendu, tu l'as dit à tes meilleurs amis, n'est-ce pas ?!
Évidemment, les cris d'Anthony avaient attiré l'attention de Hermione, et Harry remercia le fait qu'il n'y ait plus qu'elle dans la salle. Cependant il n'osa croiser son regard de peur d'y lire un sentiment de trahison.
- Anthony, Harry, que se passe-t-il ?
- Il se passe que notre cher professeur s'est entiché d'un Serpentard ! Il sort avec Drago Malefoy. Tu le savais ?
- Bien entendu, et je pense que Harry a droit à sa vie privée. Tu dois au moins respecter ça.
À nouveau, le Survivant s'efforça de rester imperturbable malgré le mensonge éhonté de sa meilleure amie. Hermione n'était au courant de rien, cependant elle avait prétendu le contraire pour apaiser Anthony. Il ne doutait pas qu'elle allait régler ses comptes avec lui une fois seuls, mais au moins l'apparence était préservée.
- Vraiment ? Même si ce mec est un incommensurable connard ? Il ne manque jamais une occasion pour nous persécuter, et Harry tu tolères ça ?! Comment peux-tu avoir des sentiments pour quelqu'un qui insulte tes amis et prend plaisir dans le malheur des autres ! À moins que tu ne sortes avec lui que pour son physique ? Dans ce cas, tu es bien plus superficiel que je ne le pensais !
- Écoute, c'est assez récent. Il a déjà arrêté de s'en prendre à Ron et Hermione mais on ne veut pas que ça se sache, et ça paraîtrait suspect s'il se rachetait une conscience d'un seul coup. Il est en train de changer et notre relation est vraiment importante à mes yeux, donc s'il te plait, ne le répète à personne.
Le Serdaigle soupira.
- Pfff, tu fais ce que tu veux de ton cul, mais ne compte pas sur moi pour lui tendre la main. Je le déteste, et rien de ce que tu pourras dire ne changera ça !
Il tourna les talons et quitta la pièce, laissant seuls Hermione et Harry. Juste après son départ, la préfète avait posé ses mains sur ses hanches à la manière de Molly Weasley lorsqu'elle s'apprêtait à disputer ses enfants, et Harry baissa instinctivement les yeux.
- Drago Malefoy !
- Ouai.
- Et depuis combien de temps ?
- Deuxième semaine de janvier.
- Je n'en reviens pas… C'est pour ça que tu as autant hésité à livrer le nom de Malefoy, lors de l'interview ! Tu avais peur qu'il rompe avec toi ! Et alors ?
- On est toujours ensemble. Il n'a pas apprécié mais je lui ai dit que je n'étais pas au courant pour l'interview. Et puis son père est trop bien placé pour que ça n'ait de réelles conséquences sur sa carrière.
- C'est lui qui m'a dénoncé auprès d'Ombrage !
- Non c'est Theodore Nott.
Il s'était empressé de sortir ce mensonge pour éviter de mettre en cause son petit-ami, mais Hermione sembla sceptique.
- Pourquoi ferait-il cela ?
- Ils étaient dans le couloir quand je t'ai crié de prendre ta responsabilité, ils ont entendu notre conversation. Theodore est le fils d'un des Mangemorts que j'ai nommé. Drago m'a dit que Crabbe et Goyle étaient trop bêtes mais lui avait cherché un moyen de se venger depuis la publication de l'article.
- Hum, c'est ce qu'il t'a dit. N'empêche qu'Anthony a raison, comment peux-tu sortir avec lui ! Il a tout fait pour faire renvoyer Hagrid ! Et il nous harcelait encore à Noël, tu as déjà oublié !?
- Je… C'est arrivé comme ça, ce n'est pas exactement très… prémédité. On s'est embrassés un soir et…
La jeune femme leva la main pour l'arrêter.
- Merci, je ne veux pas entendre plus de détails. C'est donc pour ça que tu avais l'air si enjoué ces derniers temps ! Et dire que je n'avais même pas envisagé cette possibilité. Comment Anthony l'a-t-il deviné ?
- Il a essayé de m'embrasser l'autre jour, et Drago est arrivé à ce moment. Il a retiré 50 points à Anthony et m'a dit qu'Ombrage me cherchait mais Anthony a vu Ombrage juste après et il a compris que c'était un mensonge.
- Je vois. Je ne peux pas dire que j'approuve cette relation, mais je suppose que quoi que je dise, cela ne changera rien.
- Non, en effet ! Je me fiche bien de ce que les gens en pensent. Ma relation avec Drago me rend heureux, et j'en ai bien besoin avec cette année de merde. Il ne supporte pas Ombrage plus que nous, mais son père lui a ordonné de rester dans ses bonnes grâces, donc sa marge de manœuvre est limitée. Mais depuis que nous sommes ensemble, il m'a déjà aidé à plusieurs reprises. C'est lui qui m'a soigné après mes retenues ou m'a emmené à l'infirmerie quand j'en avais besoin. Sous ses airs de parfait Serpentard, il prend soin de moi. Il m'a même aidé en Occlumancie, et j'ai beaucoup progressé grâce à lui.
Au fur et à mesure du discours de Harry, le sourire était peu à peu revenu sur les lèvres de la Gryffondor.
- Je comprends. Tu as l'air sincère, je veux bien te croire. Mais s'il te trahit, compte sur moi pour lui faire vivre l'enfer. Je veux bien… oublier ses mesquineries passées s'il prend réellement soin de toi. Mais je ne tolérerais pas qu'il joue avec tes sentiments. Alors maintenant, plus de cachotteries, n'est-ce pas ?
Le Survivant soupira de soulagement avant de serrer sa meilleure amie dans ses bras.
- Promis. Merci Hermione, merci d'être si compréhensive et d'être là pour moi. Ça fait du bien de vider son sac. Je me sentais mal à l'aise à vous cacher ça, mais j'étais terrifié à l'idée que vous réagissiez mal. J'aurais dû t'en parler dès le début. D'ailleurs, puisqu'on en est aux révélations…
- Quoi, tu as quelque chose de pire à m'annoncer que le roi des Serpentards en guise de petit-ami ?
- Heu, j'ai un serpent domestique, caché dans un vivarium derrière mon lit. Une serpent pour être exact. Elle s'appelle Kaliya et elle est magnifique. Drago me l'a offert pour Noël. Elle est parfaitement inoffensive.
- Pour Noël ? Je croyais que vous aviez commencé à sortir ensemble à partir de janvier ?
- Oui, mais c'est à ce moment-là que j'ai compris qu'il était intéressé. Il est venu me voir le 25 décembre, on n'était que tous les deux et on s'est serré la main. Après, les choses se sont faites comme ça.
- Mais pourquoi tu ne nous as pas parlé de ton serpent ?
- J'avais peur de la manière dont vous réagiriez. Je ne peux pas m'empêcher de penser à Voldemort, lui aussi est un fourchelang et a un serpent de compagnie…
Hermione soupira et posa une main sur son épaule, avec l'air d'une mère qui explique la même chose infatigablement à son enfant.
- Harry, tu n'as rien à voir avec lui ! Tu es gentil, tu penses aux autres, tu es révolté face à l'injustice et tu n'envisagerais jamais la violence ou le meurtre comme outil pour obtenir ce que tu veux ! Alors cesse de te comparer à lui, et si tu as envie de profiter d'être fourchelang pour avoir un serpent domestique, alors c'est comme pour le reste, ne te préoccupe pas de ce que peuvent penser les autres.
- De toute façon, j'aurais eu du mal à raconter comment je l'ai obtenu. Si j'avais expliqué à Ron que Drago m'avait offert un cadeau pour Noël, il m'aurait sans doute demandé si je n'avais pas abusé du Whisky Pur Feu. Tu penses que je devrais lui dire ?
La préfète de Gryffondor fit la grimace.
- Pour l'identité de ton petit-ami, peut-être pas. Je doute qu'il soit prêt à l'accepter pour le moment. Mais tu pourrais peut-être lui parler de ton orientation sexuelle pour commencer… Ou du serpent. Après tout, c'est ton voisin de dortoir, il vaut mieux que tu lui dises plutôt qu'il le découvre. Tu n'auras qu'à dire que tu l'as vu à la ménagerie de Pré-au-Lard et que tu as décidé de l'acheter sur un coup de tête. D'ailleurs, il doit nous attendre. Allez viens, il se fait tard…
Ils quittèrent la salle sur demande et lorsqu'ils arrivèrent à la tour Gryffondor, Ron était effectivement en train de les attendre.
- Bah vous en avez mis du temps, je commençais à m'inquiéter ! Vous avez eu des problèmes ou quoi ?
Prenant le problème à bras le corps, Harry s'avança, désignant les fauteuils installés auprès du feu.
- Désolé, j'avais besoin de faire le point, et Hermione a accepté de m'écouter. Est-ce que tu veux bien discuter un moment ?
- Bien sûr ! Tu sais que tu peux tout me dire Harry.
Ron s'assit et Hermione prit place à ses côtés. Elle aurait pu aller se coucher pour les laisser parler entre garçons, mais Harry savait qu'elle était restée pour éventuellement tempérer la réaction du rouquin, et il lui en fut reconnaissant. Il s'assit à son tour et serra brièvement les accoudoirs pour se donner du courage.
- Ok. J'espère que ça ne changera rien entre nous mais je voulais te dire que je suis gay.
Son ami fit un instant une tête étrange, comme s'il venait de tomber sur une Dragée Surprise goût poubelle ou crotte de nez, puis il releva les yeux vers lui.
- Et bien si je m'attendais à ça… Je veux dire, tu ne voulais pas sortir avec Cho Chang, il n'y a pas si longtemps ?
- Ouai et hum… En fait, j'ai trouvé ça assez décevant. Et puis je me suis aperçu que ça ne me faisait rien. Alors que certains garçons m'attirent.
- Ah. Et rassure-moi, tu n'as jamais eu envie… avec moi ? Non parce que je suis strictement hétéro hein.
Harry sourit, à la fois soulagé et amusé par la réaction de son meilleur ami.
- Non Ron, rassure-toi, tu es mon meilleur ami et je ne te vois pas autrement. Mon style, c'est plutôt… Les blonds.
- Ah ! Du genre McLaggen ?
Cette fois, le Survivant dû vraiment faire appel à tout son self contrôle pour ne pas grimacer de dégoût. Si Ron pensait qu'il avait des vues sur McLaggen, au moins il n'envisagerait pas qu'il puisse être en couple avec Drago.
- Euh, ouai… McLaggen est pas mal, mais il est vraiment trop bête. Et je ne suis pas prêt à sortir avec n'importe qui juste pour le physique. Mais heureux que tu le prennes bien. Je t'avoue que j'ai un peu hésité à te le dire, je ne savais pas du tout comment c'était vu dans la culture sorcière. Chez les moldus, tout le monde n'est pas encore prêt à l'accepter…
Ron haussa les épaules.
- Bah, je suppose que chez ces trous-du-cul de Sang Purs, style famille Malefoy et compagnie, ça doit être assez mal vu, comme ils veulent à tout prix des héritiers. Mais franchement moi je m'en fiche. Tant que t'es heureux… et que tu commences pas à faire des trucs chelous dans le dortoir ou les vestiaires…
- Ron, je ne vais pas changer, je sais me tenir. Bon, je suis soulagé. On devrait aller dormir, si on ne veut pas ressembler à des zombies demain. Merci encore Hermione. Bonne nuit !
Ils montèrent dans les dortoirs chacun de leur côté et ce soir-là, Harry n'eut aucun mal à faire le vide dans son esprit. Ces dernières heures, il s'était libéré de nombreux secrets, et aucune vision ne vint troubler son sommeil.
***/+/***
Le lendemain matin en revanche, Harry comprit rapidement que sa révélation de la veille allait changer son quotidien. Dès le réveil, Ron lui avait fait un clin d'œil, le visage fendu en un sourire goguenard.
- Alors, t'as rêvé de beaux muscles ?
Pas encore pleinement réveillé, il jeta un regard perplexe à son ami.
- Euh, pas particulièrement. Pourquoi, tu rêves de paires de seins toutes les nuits toi ?
Ron ricana avant de tendre les deux mains en avant, comme s'il était en train de malaxer une poitrine féminine.
- Non, mais j'aimerais bien, pour sûr ! Ça rendrait mes nuits plus agréables…
- Et nos réveils particulièrement gênants. Tu devrais te dépêcher de préparer tes affaires, je ne t'attendrais pas si tu traînes.
Vêtu de son pyjama, il attrapa les différents vêtements qui composaient son uniforme avant de se diriger vers la salle de bain commune pour prendre une douche et s'habiller. Mais lorsqu'il ressortit, il eut la surprise de voir Ron encore en pyjama, l'attendre juste derrière la porte.
- Ah, te voilà. Mais pourquoi tu n'es pas rentré ? Les autres doivent déjà être dans la Grande Salle !
- Ben, euh, je trouvais plus ma cravate… Et puis je voulais faire euh… mon sac. J'avais pas tout à fait terminé un devoir et j'ai rajouté quelques phrases…
Son ami avait bafouillé son excuse, ses oreilles aussi rouges que ses cheveux, et Harry fut pris d'un horrible pressentiment.
- Ne me dis pas que tu as refusé d'aller dans la salle de bain parce que j'y étais ! Non mais j'hallucine ! Je vais pas te sauter dessus, enfin ! Tu me prends pour quoi ?! Je croyais que ça changerait rien entre nous !
- Pour toi peut-être, mais maintenant que je le sais, je peux pas m'empêcher d'imaginer que tu vas nous mater. Ça va aller, c'est juste le temps que je m'habitue. Ne te prends pas la tête pour moi, je vous rejoindrai en bas !
Harry poussa un profond soupir et quitta la tour Gryffondor sans attendre. Manifestement, même si son ami ne comptait pas le repousser pour son homosexualité, il allait sans doute y avoir quelques frictions dans les jours à venir, et son instinct lui disait qu'il n'était pas au bout de ses surprises…
Il retrouva Hermione qui terminait son petit déjeuner et lui raconta la réaction de Ron. Sans surprise, la jeune femme secoua la tête avec fatalisme.
- Je me doutais qu'il allait se comporter comme un idiot. J'imagine qu'il s'y habituera…
Le rouquin les rejoignit quelques minutes plus tard, les cheveux encore humides et la cravate à peine nouée. Comme à son habitude, il salua vaguement Hermione avant d'attraper un peu tout ce qui était à sa portée. Mais alors qu'il engloutissait habituellement plusieurs bananes, sans se préoccuper de la moindre bienséance, il prit cette fois le temps de couper le fruit en rondelles avant de les manger à la petite cuillère, sous le regard interloqué de Harry, Hermione et Ginny. D'ailleurs sa sœur ne manqua pas d'exprimer son étonnement.
- Par les chaussettes de Merlin, mais pourquoi je n'ai pas un appareil photo pour immortaliser ça ! Maman n'en reviendrait pas ! Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon frère ?
À nouveau, Ron se mit à rougir, lançant un bref regard en direction de Harry avant de répondre à sa sœur.
- Ben quoi, pour une fois que j'ai envie de prendre mon temps, pourquoi tout le monde me regarde bizarrement !
Hermione avait été trop occupée à terminer son thé pour remarquer le regard qu'il avait lancé à Harry. Elle venait de refermer son livre et était en train de le ranger dans son sac.
- Ron, ça va sonner dans quelques minutes, ce n'est vraiment pas le moment de traîner inutilement ! Je refuse d'être en retard par ta faute.
Le Survivant pour sa part, se doutait que la nouvelle excentricité de son ami était liée à l'annonce de la veille, et il ne préféra pas insister, de peur qu'il vende son secret au beau milieu de la Grande Salle en voulant se justifier.
- Laisse tomber, Hermione. Pars en avance, moi je vais vite fait aux toilettes. Ron, on se retrouve dans le couloir !
Il avait utilisé ce prétexte pour vérifier sa théorie, et sans surprise, son camarade le rejoignit quelques minutes plus tard, encore en train de mâcher la banane qu'il venait probablement d'enfourner dans sa bouche. La mine sombre, il l'entraîna à l'extérieur malgré le temps maussade et les récriminations de son ami.
- Mais qu'est-ce qu'il te prend, c'est pas par-là !
- Ron, tu peux m'expliquer ? C'est quoi ce cirque avec les bananes ?
- Ben euh… Il paraît que…
- Que quoi bordel !
Bien qu'il ne fût encore que le matin, la colère commençait déjà à le gagner et il se força à retrouver son calme alors que Ron cherchait ses mots.
- Ben, je me suis dit, si je mange une banane devant toi, ça va ptet t'exciter, je sais pas moi, je suis pas gay…
Harry cligna plusieurs fois des yeux, partagé entre l'envie d'éclater de rire et celle de se mettre à hurler face à la stupidité de son ami. Par défaut, il inspira longuement, les yeux dans le vide, avant de se souvenir qu'il avait un cours d'Enchantements en première heure.
Incapable de trouver les mots justes pour exprimer sa consternation sans pour autant froisser son camarade, il tourna les talons pour aller en cours. Ron avait tout de même dû comprendre qu'il était dans l'erreur, car il n'avait pas rajouté un mot jusqu'à la salle de classe, et lorsque Harry prit place aux côtés de Hermione, il ne réagit pas davantage.
Le premier cours de la matinée était avec les Poufsouffle, et le second était Défense contre les forces du mal avec les Serpentard, mais pour une fois, il était presque content de passer l'heure à recopier bêtement les chapitres du livre d'Ombrage. Au moins cela lui permit de se vider l'esprit, et lorsque la cloche sonna la fin du cours, il avait pris sa décision. Il s'empressa de ranger ses quelques affaires pour quitter la salle avant que Ron n'ait eu le temps d'en faire de même, prévenant tout de même sa meilleure amie.
- Hermione, je mange seul ce midi. À tout à l'heure !
Empruntant quelques passages secrets pour aller plus vite, il rejoignit les cuisines de Poudlard où Dobby lui offrit un accueil aussi chaleureux que d'habitude.
- Harry Potter Monsieur ! C'est un plaisir et un honneur pour Dobby d'accueillir son ami ici ! Qu'est-ce que Dobby peut faire pour Harry Potter aujourd'hui ?
- Salut Dobby ! Excuse-moi de te déranger, je n'ai pas le temps d'aller dans la Grande Salle, est-ce que tu pourrais me procurer de quoi pique-niquer ? Juste quelques sandwichs, une gourde de jus de citrouille et une pomme, ça ira très bien. Je vais dans les appartements désaffectés de l'Aile Est, au 5e étage. Tu pourras me faire apparaître ça là-bas ?
- Oh, bien sûr ! Si les elfes peuvent faire quelque chose pour aider Harry Potter, Dobby sera enchanté ! Dobby ignorait que Harry Potter utilisait cet endroit, mais Dobby va réparer son erreur ! Votre repas sera servi dans quelques minutes.
Harry remercia l'elfe de maison et rejoignit le 5e étage. Quelle ne fut cependant pas sa surprise en découvrant Drago adossé contre la porte à son arrivée.
- Potter, t'en as mis du temps ? J'ai cru un instant que je m'étais trompé.
- Drago… Mais comment as-tu deviné que je serais là ?
- Je t'ai entendu parler avec Granger et j'ai fait marcher ma cervelle, tu devrais essayer des fois. Il est interdit de manger à la bibliothèque, Rusard a mis une alarme dans le couloir du 7e étage et il pleut à verse. Il ne restait pas beaucoup de possibilités.
Harry sourit largement et l'entraîna à l'intérieur.
- J'étais en cuisine pour me commander quelques sandwichs. Si j'avais su que tu serais là, j'en aurais demandé plus.
Il ouvrit la porte d'un Alohomora et ils découvrirent avec stupeur que la pièce principale avait été nettoyée. La table et les fauteuils étaient désormais exempts de poussière, et ils eurent à peine le temps de s'asseoir que Dobby réapparaîssait avec un plein plateau de sandwichs.
Il poussa un couinement choqué en reconnaissant Drago, et Harry eut tout juste le temps d'attraper le plateau pour éviter la catastrophe.
- Dobby ! Mais qu'est-ce que l'ancien elfe de mon père fait ici !?
- Quand ton père l'a libéré malgré lui, il s'est fait embaucher par Poudlard.
- Dobby n'a plus de maître, Dobby est un elfe libre ! Et Dobby est l'ami de Harry Potter !
- Embaucher ? Tu veux dire qu'on le PAYE ?!
- Dobby gagne 1 Gallion par semaine et a un jour de congé par mois ! Il travaille depuis deux ans à Poudlard.
Harry devait se retenir pour ne pas éclater de rire face au regard halluciné de son petit-ami. Il s'assit sur le canapé et commença à grignoter un sandwich.
- Merci beaucoup, Dobby, j'imagine que c'est toi qui a fait un coup de propre ? Allez viens Drago, assis-toi, il y en a bien assez de sandwichs pour deux !
L'elfe jeta un dernier regard de bravade au Serpentard avant de se tourner en direction de Harry.
- Dobby est navré de n'avoir pu faire davantage, si Dobby avait su que Harry Potter utilisait cette salle, Dobby aurait fait en sorte qu'elle soit entretenue ! Dobby revient bientôt avec le jus de citrouille et deux parts de tarte à la mélasse.
Il disparut dans un bruit de pétards et Drago se laissa tomber sur le canapé avec l'air de ne pas en revenir.
- OK, tu peux m'expliquer pourquoi il a l'air de te vénérer comme Merlin en personne ?
Harry pouffa de rire tout en s'emparant d'un nouveau sandwich.
- C'est un peu de ma faute si ton père l'a accidentellement libéré. Une longue histoire qui date de notre 2e année. J'imagine qu'il ne s'en est pas trop vanté auprès de toi. Enfin du coup il m'adore.
Lorsque Dobby revint, Harry lui fit jurer de garder secret leur présence mutuelle, puis ils purent déguster leur repas dans une agréable tranquillité. Cela n'avait cependant pas fait oublier à Drago sa question première, et dès qu'ils furent à nouveau seuls, il darda un regard inquisiteur sur son petit-ami.
- Alors, tu vas me dire pourquoi tu décides d'aller t'isoler en plein milieu de journée ? Je parie que c'est encore tes deux amis inutiles qui ont fait des leurs ?
- Seulement Ron. Écoute, autant tout te dire. Hier soir, Anthony Goldstein est venu me voir pour me dire qu'il était au courant pour nous deux. Il m'a pris la tête et est allé le dire à Hermione. Hermione est plutôt tolérante, elle m'a soutenu, contrairement à ce que tu crois, et m'a aidé à convaincre Anthony. Il va garder le secret, mais ensuite on a pas mal parlé avec Hermione, et quand on est revenu à la tour Gryffondor, j'ai avoué à Ron que j'étais gay. Au début, il a eu l'air de plutôt bien le prendre, mais depuis ce matin il multiplie les plaisanteries douteuses et a un comportement totalement ridicule. Il me regarde comme si j'étais un violeur psychopathe qui allait se jeter sur lui à la moindre occasion.
- Par Salazar, je savais que Weasley était débile, mais je ne le pensais pas aussi attardé ! Enfin, c'est pas faute de t'avoir prévenu ! Quant à Goldstein, je lui fais pas confiance. Ce connard va profiter de ça pour me menacer. Je te jure, s'il utilise cette information pour nous faire chanter, je ferais en sorte qu'on ne retrouve jamais son corps.
Harry soupira et s'affala contre le torse du Serpentard, soulagé qu'il n'envisage pas de rompre après cette information. Il embrassa la gorge du bout des lèvres et passa une main sous le pull pour raffermir sa prise.
- Au fait, j'ai demandé à Hermione comment elle avait fait pour enchanter le parchemin. Elle m'a dit qu'elle avait lié 3 sortilèges ensemble, mais ça a l'air compliqué, je me suis dit que tu comprendrais mieux que moi. Elle a utilisé le livre "Application supérieure de la numérologie" de Brigitte Wenlock.
Drago resta un instant silencieux, et Harry supposa qu'il devait être impressionné mais refusait de l'admettre tout haut. Finalement, il lâcha un bref soupir.
- Je vois. Et il n'y aurait pas moyen qu'on la convainque, maintenant qu'elle est au courant ?
- Franchement, je doute vraiment que Hermione accepte de s'en prendre à un professeur, même si c'est Ombrage. Mais je lui demanderais quand même…
L'heure de se séparer arriva bien trop tôt pour les deux amants. Ils retournèrent en classe après quelques baisers et la promesse de se retrouver le lendemain soir au même endroit.
À 14h, Harry était de bien meilleure humeur. Il n'avait pas oublié les stupidités de Ron, mais il ne les trouvait plus si graves. Il s'assit néanmoins à côté de sa meilleure amie, qui lui offrit un clin d'œil. Elle se pencha vers lui et se mit à chuchoter :
- J'ai remarqué qu'un certain blond était aussi absent ce midi. Serait-ce une coïncidence ?
Il secoua la tête avec amusement.
- Ce n'était pas prémédité. On évite de faire ce genre de choses habituellement, mais il a remarqué que j'avais l'air déprimé et il a voulu savoir pourquoi.
Le visage de la préfète se fendit d'un sourire attendri.
- Oh, je ne l'imaginais pas aussi attentionné.
Il la taquina d'un léger coup de coude pour la faire taire, alors que le professeur McGonagall passait dans les rangs pour distribuer le sujet du jour. Ils avaient cours avec les Serdaigle et ils devaient cette fois métamorphoser une simple feuille d'arbre en parchemin. Harry baissa les yeux et sortit sa baguette, s'efforçant de momentanément chasser son petit-ami de sa tête pour se concentrer sur la réussite de son sort.
À côté de lui, Hermione avait réussi du premier coup, et était déjà en train de s'entraîner à inverser la métamorphose. Mais alors qu'il s'apprêtait à prononcer la formule, le comportement de Ron attira son attention. Il était assis à la même hauteur que lui, de l'autre côté de la travée, et était en pleine conversation avec Lavande Brown. Manifestement, le sujet de leur discussion les enthousiasmait au plus haut point, car ils n'avaient même pas remarqué que le professeur McGonagall était en train de s'approcher et n'allait pas tarder à les surprendre.
Soudain, les deux élèves tournèrent leur tête simultanément dans sa direction, et Harry eut un horrible pressentiment. Il n'eut cependant pas le temps de vérifier sa théorie, car leur directrice de maison les apostropha avec sa sévérité habituelle.
- Miss Brown, Monsieur Weasley ! Dix points de moins pour Gryffondor à chacun d'entre vous. Je ne tolère pas les bavardages dans mon cours ! Monsieur Potter, je ne vous vois pas beaucoup vous exercer.
Immédiatement, il se remit à son exercice, cependant il avait désormais bien plus de mal à se concentrer. Il ne pouvait s'empêcher de penser que Ron venait de dévoiler son secret à Lavande, et il imaginait déjà la rumeur se propager dans tout Poudlard.
L'heure lui sembla interminable, et s'il parvint finalement à réaliser sa métamorphose, son parchemin était aussi friable qu'une feuille morte. D'ailleurs, le professeur McGonagall lui donna un devoir supplémentaire, comme à tous ceux qui avaient échoué.
À peine sorti, il se précipita vers Ron pour l'attirer à l'écart.
- Ron, je peux te parler ?
- Bien sûr, mec ! Enfin sauf si c'est pour me faire une déclaration d'amour. J'rigole !
Harry leva les yeux au ciel, résistant à l'envie de le secouer brutalement pour lui faire perdre l'envie de continuer ses plaisanteries douteuses.
- Très drôle. Écoute, je t'ai vu parler avec Lavande pendant le cours. Je voulais savoir si tu lui avais dit que j'étais gay.
Son ami eut soudain l'air gêné, et le Survivant sentit son intuition sur le point de se concrétiser.
- Ah ! Euh, ouai… Elle était en train de parler de Parvati, comme vous êtes allés au Bal de noël ensemble l'année dernière, elle m'a demandé s'il s'était passé quelque chose entre vous deux. Et je lui ai dit que ça risquait pas, vu que t'étais PD et…
- Mais qu'est-ce qu'il t'a pris, bon sang ! Je t'avais demandé de garder le secret ! Ron, je ne voulais pas que les gens le sachent ! Et maintenant, tout le monde va être au courant !
- Non mais elle est capable de garder un secret, je vais… je vais lui dire…
- JE t'avais dit de ne pas le répéter, à toi, pas à Lavande ! Tu n'es qu'un crétin, Ron !
Il serra les dents, à deux doigts de lui mettre son poing dans la figure. Il regrettait amèrement d'avoir voulu être sincère avec lui. Cela ne faisait même pas une journée et il l'avait déjà raconté à quelqu'un.
De rage, il envoya son poing dans le mur le plus proche avant de faire volte-face et de partir en direction de la volière. Il avait un besoin urgent de s'isoler, et n'était certainement pas en état de subir un cours de potion avec les sarcasmes de Rogue en prime.
Il monta jusqu'au balcon de la tour et il trouva rapidement Hedwige au milieu des autres hiboux. Il l'invita à venir sur son épaule et regretta de ne pas avoir de friandises dans son sac. Sa chouette lui avait toujours été fidèle et elle le lui avait à nouveau prouvé cette année en lui livrant le courrier de Sirius en dépit de la surveillance imposée par Ombrage.
Sa présence lui fit du bien et il passa ainsi l'heure, les jambes dans le vide, préférant ne pas penser à l'heure de retenue que Rogue allait sans doute lui infliger pour avoir séché son cours.
À 17h, il rejoignit la bibliothèque et se terra dans le coin le plus reculé pour essayer de faire ses devoirs. Il n'avait envie de parler à personne, pas même à Hermione, qui l'avait encouragé à se montrer honnête avec Ron. Il se sentait amer, trahi par celui qu'il pensait être son meilleur ami. Il s'imaginait déjà, pointé du doigt dans les couloirs, ostracisé par ses camarades pour son orientation sexuelle. Comment allaient réagir Neville, Seamus et Dean ?
Pétrifié par l'angoisse, il était incapable de se concentrer, et il relut en boucle le même paragraphe sans parvenir à rédiger la moindre phrase. Il resta ainsi plusieurs heures, l'esprit trop embrumé pour prendre conscience de son environnement ou même du temps qui passait, et ce fut madame Pince qui finit par le congédier lorsque vint l'heure du dîner.
Il lui semblait impensable de rejoindre la Grande Salle et il attendit que les couloirs soient déserts pour rejoindre son dortoir. De là, il attrapa sa cape d'invisibilité, sa carte du Maraudeur, et repartit immédiatement en direction des appartements désaffectés. Il ne voulait voir personne à part Drago, mais ils n'avaient pas prévu de se voir avant le lendemain, et il savait que le blond avait des devoirs à faire. De plus, il l'avait déjà rejoint ce midi, et il n'allait certainement pas disparaître à nouveau, au risque que ses camarades ne se posent des questions. À l'heure où tout Poudlard risquait bientôt d'apprendre son homosexualité, c'était d'autant plus à éviter.
Finalement il resta toute la nuit seul, recroquevillé en position fœtale sur le lit, et ce fut la lumière du jour qui le réveilla. La fenêtre de la chambre n'avait pas de rideau, et il l'ouvrit pour prendre l'air. L'appartement donnait sur la façade Est de Poudlard, quelque part au-dessus de la bibliothèque. Il n'avait pas plus envie de sortir que la veille, mais il allait bien devoir retourner en cours tôt ou tard, et il devait faire honneur à sa maison.
Le premier cours de la journée était Botanique, et il se consola en se disant qu'il allait au moins pouvoir admirer son petit-ami pendant les deux prochaines heures. Il était encore tôt, et il prit le temps de se débarbouiller dans la salle de bain et lancer un Recurvite sur son uniforme avant de quitter l'appartement.
Lorsqu'il rentra dans la Grande Salle, il s'attendait à voir tous les regards se tourner vers lui, cependant si plusieurs élèves étaient bien en train de le fixer, la majorité d'entre eux continuaient leur petit déjeuner comme si de rien n'était. À la table des Gryffondor, Il s'assit entre Neville et Hermione, face à Ginny, et dès qu'elle le remarqua, la préfète abandonna sa lecture pour se tourner vers lui.
- Harry, enfin ! Où étais-tu passé ?! Je me faisais du souci pour toi !
Il pinça les lèvres et commença à se servir une généreuse tasse de thé.
- J'avais besoin d'être seul. Hier, Ron a révélé mon secret à Lavande comme si de rien n'était. Maintenant je suis sûr que toute la tour Gryffondor est au courant.
Hermione soupira et fit la moue.
- Il fallait s'y attendre… De toute façon, Cho l'avait probablement raconté à d'autres de son côté…
- Ce n'est pas la question ! Je lui faisais confiance, et voilà comment il me remercie !
Ginny secoua la tête.
- Mon frère est un crétin. Ne t'inquiète pas, Harry, ça ne change rien pour nous, j'espère que tu le sais.
À sa droite, Neville hocha la tête, et le Survivant se sentit tout d'un coup plus léger. Au moins, il ne serait pas seul dans cette épreuve.
- Merci, ça fait du bien de l'entendre. Hier, Ron n'a pas arrêté de faire des plaisanteries douteuses, comme si j'étais une sorte de monstre de foire.
- Depuis le temps, tu devrais savoir comment il est, il dit tout ce qui lui passe par la tête sans réfléchir, et il a la capacité émotionnelle d'une petite cuillère. Mais je suis certaine qu'il s'en veut, et il viendra te faire ses excuses dès qu'il pourra. Il faut lui laisser le temps que ça monte au cerveau.
Comme toujours Hermione était en faveur de la tempérance. Mais pour le coup, Harry était encore trop en colère pour accepter ses arguments.
- De toute façon, je ne sais pas si je vais en vouloir, de ses excuses. Sérieusement, on dirait que tu cherches à le défendre. As-tu seulement une idée d'à quel point je me suis senti trahi ? C'est tout de même de ma vie privée dont on parle ! Comment crois-tu qu'il réagirait si j'allais raconter des détails honteux sur lui à tout le monde ?
- Mais Harry, il n'y a rien de honteux dans le fait que tu sois gay. Tu es qui tu es et tu t'assumes, tu devrais être fier de toi au contraire. Jusqu'à présent, tu n'as jamais laissé l'opinion des gens t'atteindre, pourquoi changer maintenant ? C'est exactement la même chose que pour ceux qui pensent que tu es fou ou que tu mens. Laisse-les parler dans le vide, ils finiront par se lasser.
Il poussa un profond soupir avant de se mettre à sourire, apaisé malgré lui par les paroles de sa meilleure amie.
- Je suppose que tu as raison. Je crois que je me suis un peu trop laissé influencer par les Dursley et leur volonté à vouloir faire comme tout le monde. Mais je ne suis pas un Dursley, je suis Harry Potter.
Affamé par sa récente diète, il engloutit quelques muffins beurrés et était en train de vider son mug de thé lorsque Fred et George s'incrustèrent de part et d'autre, chacun un bras posé sur son épaule.
- Harry, nous ne remercierons jamais assez.
- Je dirais même plus, tu as rendu un service à la population masculine de Poudlard.
- Hein, quoi ?!
- Le fait que tu sois gay, c'est une formidable nouvelle.
- Absolument.
Harry fronça les sourcils, incertain de comprendre la nouvelle lubie des jumeaux.
- Euh, OK. Et pourquoi ?
- Parce que ça en fait plus pour nous, pardi !
- Moins de concurrence !
- Bien sûr, certaines filles vont être éplorées…
- Mais nous serons là pour leur prêter une épaule attentive.
Hermione secoua la tête et Harry éclata de rire. Fred et George avaient au moins le mérite de dédramatiser une situation en quelques mots.
- Je n'en doute pas les gars. Bonne chance !
Ils terminèrent leur petit déjeuner sans voir Ron, cependant celui-ci les attendait devant les serres, et son air contrit suffit à faire comprendre à Harry combien il se sentait coupable.
- Euh, salut. Je peux te parler un instant ?
Ses lobes d'oreilles étaient rouge vif, et il avait brièvement croisé son regard avant de baisser les yeux vers ses chaussures. Harry l'entraîna derrière un plant de Figuier d'Abyssinie géant pour éviter les regards des élèves de Serpentard qui commençaient déjà à arriver.
- Ouai, je t'écoute.
- Bon, euh, je suis désolé. J'ai vraiment merdé hier.
- Ça, tu peux le dire.
- J'ai été un gros crétin. J'ai voulu me rendre intéressant et j'ai tout gâché. Je te demande pas de me pardonner tout de suite mais… J'espère que tu finiras par me pardonner… genre, avant la fin de l'année.
Le Survivant poussa un soupir, incapable de retenir le léger sourire qui commençait déjà à poindre sur son visage. Son meilleur ami était un idiot, mais un idiot avec un bon fond. Il secoua la tête et donna un coup de poing dans son épaule.
- Tiens, ça te servira de leçon. Allez viens, Chourave ne va pas tarder à arriver.
- Merci Harry. Encore désolé. T'es vraiment un pote… Et j'te mérite pas. Je laisserai personne te manquer de respect, tu m'entends ?!
Harry secoua la tête et l'entraîna vers la serre où le gang des Serpentard l'attendait de pied ferme. Pansy Parkinson arborait un large sourire, imaginant sans doute déjà quelle méchanceté elle allait lui sortir, mais elle ne lui faisait pas peur.
- Alors Potter, il paraît que t'as viré de bord ? C'est parce que Cho Chang a brisé ton petit cœur ?
- C'est surtout à force de voir ta sale tronche de pékinois, Parkinson. Tu es un argument à toi toute seule en faveur de l'homosexualité.
La grande majorité des élèves de Gryffondor éclata de rire, et Harry vit même quelques élèves de Serpentard sourire.
- Tu dis ça parce qu'aucune fille ne voulait de toi ! C'est clair que j'aimerais mieux embrasser Daphné que toi.
- Et moi je préférerais encore embrasser un Veracrasse que toi. Soyons honnêtes, si tu es si fan des grandes théories de Sangs Purs, c'est parce que tu sais que papa et maman te trouveront un mari quoi qu'il arrive, car sans ça personne ne voudrait de toi.
Plusieurs sifflements retentirent et Pansy devint si rouge que Harry s'attendait presque à voir de la fumée sortir de ses oreilles.
- C'est ça, rigolez bien. Mais tu me le payeras, Potter. Ne vas pas pleurer dans les jupes de ta mère quand tu verras les conséquences. Oh, pardon, j'avais oublié, de toute façon tu peux pas !
Le professeur Chourave arriva, mettant fin à leur joute verbale, qui de toute façon avait atteint son paroxysme. Serpentards et Gryffondors s'installèrent chacun d'un côté de la salle en se jetant des regards noirs, rendant l'atmosphère électrique. Pour une fois, la plante à s'occuper ne possédait ni crocs, ni griffes, ni dards, et heureusement, sans quoi des accidents entre maison seraient immédiatement survenus…
Le soir même, Drago rejoignit Harry dans le salon de l'appartement désaffecté, et si le Survivant arborait encore un large sourire, ce n'était pas le cas de son petit-ami.
- Tu n'aurais pas dû aller aussi loin avec Pansy, tout à l'heure. Je ne sais pas ce qu'elle prépare, mais elle est prête à tout pour te faire regretter tes mots.
- Tu penses que j'aurais dû me taire et m'écraser devant elle ?
- Je ne dis pas ça. Mais je me méfie de ce qu'elle est capable de faire. J'espère simplement que tu ne la laisseras pas te blesser.
- Ne t'inquiètes pas, je sais ce que je vaux. Elle peut bien s'amuser à raconter n'importe quelle horreur dans la presse, ça ne m'atteindra pas.
***/+/***
Harry n'eut aucune nouvelle le lendemain, ni même le surlendemain. Mais le dimanche matin, il n'avait pas encore eu le temps de s'asseoir devant son petit déjeuner que Dolores Ombrage était déjà venue jusqu'à lui, un sourire mauvais au visage.
- Monsieur Potter ! Apparemment, le mensonge n'est pas votre seul vice. Vous allez venir dans mon bureau. Tout de suite.
Fin du chapitre 4
Un chapitre un poil plus court que les précédents, mais je voulais terminer sur ce petit cliffhanger. ^^ Je vais commencer le chapitre 5 sans doute dès ce soir (vous avez vu, je suis raisonnable, j'ai écris malgré Hogwarts Legacy !). J'espère que vous avez apprécié ce chapitre et que vous êtes enthousiastes à l'idée de découvrir ce que j'ai prévu pour nos deux tourtereaux. 😉😏
À votre avis, qu'est-ce que Pansy a-t-elle bien pu faire de si terrible ? Hé hé hé...
