Hellooooo les loupiots! Voici le chapitre du jour, j'espère que vous l'aimerez. Merci à vous pour vos reviews, je n'ai pas pu encore y répondre mais j'ai lu chacune d'entre elles et ça m'a bien fait plaisir. Merci aussi à Neliia pour la correction. Bonne lecture à vous !
Ce n'est pas inhabituel pour Stiles de se laisser distraire quand il travaille sur une affaire. Sa méthode tient du 'jetons tout contre un mur pour voir ce qui colle', ce qui peut facilement créer des tangentes. C'est encore plus susceptible de se produire quand il bosse sur un cas comme celui de Paige Krasikeva, qui n'a pas de piste principale.
Sa conversation avec Talia lui a fait penser à la campagne pour informer sur le rejet. C'est un sujet avec lequel il est familier, bien sûr. Il sait qu'il a eu de la chance ; il a entendu plus d'une personne dire : « C'est une bonne chose que l'hôpital savait quoi faire. » Par curiosité, il a fait quelques calculs statistiques sur les rejets de morsure. C'est plus dur que ce qu'il avait anticipé. Ce n'est pas une maladie contagieuse comme la grippe, où le CDC tient des archives. Il doit envoyer plus d'une dizaine d'e-mails avant de trouver où aller.
Au final, il n'apprend rien de bien intéressant. Le taux de rejet est resté stable ces vingt dernières années. Vingt cas en 2013, vingt-trois en 2012. Vingt-et-un en 2011. Il peut remonter comme ça jusqu'aux années 80 et, avant ça, impossible de trouver des détails. Stiles essaie de calculer le taux de rejet mais il ne sait pas comment s'y prendre. Il recrute Allison et Scott pour l'aider avec les nombres. Ils arrivent à trouver que le taux de rejet est de 2%, ce qui est normal.
« Qu'est-ce que tu essaies de trouver ? », demande Scott.
Stiles hausse les épaules. « Je ne sais pas. N'importe quoi. » Il se fait une note mentale de parler à Talia pour savoir si elle serait intéressée pour réessayer la campagne de formation des ambulanciers, afin qu'ils puissent traiter le rejet sur le terrain. Bien sûr, elle est un peu occupée en ce moment. Ça va devoir attendre.
Suite à l'annonce de l'alpha, la maison des Hale est devenue un endroit très intéressant. Tout le monde est excité. Talia doit supporter les gens voulant toucher son estomac pour essayer de sentir le cœur du bébé au moins six fois par jour. Ça n'a pas l'air de la déranger.
En un sens, Stiles pense que cette grossesse surprise est la meilleure chose qui puisse arriver à Talia. Elle rayonne maintenant, et semble bien plus détendue. Stiles sait que tout le monde est content pour elle et Derek a mentionné une fois qu'il est certain que ses deux frères seraient heureux, aussi. Peter est le seul à avoir du mal avec la grossesse de sa sœur et ça ne surprend personne. Ça doit lui rappeler Olivia et ce qu'il a perdu dans l'incendie, alors personne ne commente son agacement et son départ quand le sujet vient dans la conversation.
Puisque Talia est occupée, Stiles met les statistiques de côté et retourne sur ce que Peter lui a dit. Il se concentre sur les alphas qui ont perdu des membres de leur meute. Ces données ne sont pas non plus compilées quelque part mais il envoie davantage de mails et scrute les journaux et, de cette manière, arrive à trouver plusieurs candidats. Les loups-garous ne meurent en général pas de mort soudaine et traumatique. Leur capacité de guérison leur permet de survivre la plupart du temps.
De ce fait, il trouve surtout des morts horribles et plusieurs ont rapport avec l'OLL. Ça ne l'étonne pas vraiment. L'OLL est probablement la cause de la plupart des morts soudaines et traumatiques de loups-garous. Certains ont vu leur voiture passer par-dessus un pont. Une fille a été électrocutée. La moitié d'une meute est morte d'un empoisonnement à l'aconit.
La plupart de ces alphas s'en sont remis et ont rebâti leur meute. Aucune preuve pour montrer que l'un d'eux s'est mis à mordre tout ce qui lui passait sous la dent.
Un cas attire son attention, cependant. Une alpha nommée Satomi Ito a perdu son petit-fils trois mois avant le meurtre de Paige. Sa mort n'est dûe qu'indirectement à un rejet. C'était, de loin, dû à un rejet. Sa compagne, une jeune fille de 19 ans a accepté la morsure après qu'ils aient été ensemble pendant un an. Elle a fait un rejet et a été emmenée à l'hôpital mais a fait une réaction allergique à l'un des immunosuppresseurs. Elle est morte quelques heures plus tard. Le petit-fils est monté sur le toit et a sauté.
Stiles se questionne un long moment en regardant son mur de faits. Si Satomi a mordu Paige, alors il peut imaginer qu'elle ait fui quand Paige a montré des symptômes de rejet.
Mais du coup, appeler les secours et nettoyer le téléphone de toute empreinte n'est pas un comportement de quelqu'un de bouleversé. C'est quelque chose de délibéré.
Cependant, il ne sait pas si c'est vraiment l'alpha qui a appelé les secours.
« Je suis en train de débattre avec moi-même. », fait remarquer Stiles à son plafond. « Il faut que j'arrête. »
Tout comme pour les autres, il n'y a aucune preuve que Satomi ait été bouleversée par la mort de son petit-fils. Elle semble avoir continué sa vie. Mais elle était dans les environs et il se demande si elle accepterait de lui parler. Il n'a aucune expérience pour interroger des suspects. Peut-être y a-t-il un moyen de la relier à Beacon Hill, plutôt, et ainsi laisser son père lui parler ?
« C'est pas comme si je peux juste aller voir des alphas que je ne connais pas et leur dire 'Hey, est-ce que, par chance, vous avez pété un plomb et mordu une adolescente au hasard en 2003 ?' », se plaint-il un midi à son père.
« Je sais. », remarque Tom en regardant le sachet de chou-fleur cru avec désespoir. « C'est pour ça que je t'ai dit que je te donnais accès aux ressources de la police. Réussis à convaincre un juge que Satomi Ito est un potentiel suspect et tu auras un mandat, comme ça tu pourras jeter un œil. Mais tu vas avoir besoin d'un peu plus que juste 'Elle a perdu un membre de sa meute à l'époque.' »
« Ouais, je sais. »
« Si j'étais toi », continue le shérif, « Je me concentrerais plutôt sur ce qui est arrivé à la meute après la mort de Paige. Comme tu le disais, tous ces gens semblent avoir reconstruit leur vie. Ce qui s'est passé était un traumatisme, mais nous savons bien que chaque alpha qui souffre d'une perte de ce genre ne devient pas incontrôlable. Mais si l'alpha est effectivement devenu incontrôlable, que se passe-t-il après ? »
« Je ne sais pas. », dit Stiles. « C'est pas le genre de chose dont on se remet. »
« Exactement. »
Stiles a de toutes nouvelles recherches à faire. Les données des meutes ne sont pas rendues publiques mais l'OLL a compilé beaucoup d'informations sur toutes les meutes qu'elle a pu et, grâce à Kate Argent et quelques magouilles, il a des copies de tout ça. Il s'installe pour étudier chaque meute dans un rayon de 160km autour de Beacon Hills.
Comme Peter l'a dit, les meutes grandissent et rétrécissent dans un rythme naturel, comme le font les familles, quand les gens se marient ou déménagent. Les loups-garous restent des gens. Un loup-garou peut avoir une opportunité d'emploi à Chicago, peut vouloir déménager à l'autre bout du pays. Dans ce cas, son alpha a la charge de lui trouver une nouvelle meute. Beaucoup de meutes se sont mêlées avec les années.
Il trouve des références ici et là à un événement majeur qui s'est produit en 2003, que Kate appelle dans ses notes 'l'implosion Black Steele', ce qui est, il pense, le titre le plus mélodramatique qu'il ait vu imprimé. Il part à la recherche de Peter, qui profite du soleil, lové dans un fauteuil papasan sur le porche, pour lui en parler.
« Ce n'est pas aussi mélodramatique que ça en a l'air. », bâille Peter en montrant les dents. « C'est un nom. Deux noms. Ennis Black et Kali Steele. »
« Ooooh. », comprend Stiles. « Pourquoi ils ont appelé ça une implosion ? »
« Parce que leur meute s'est auto-détruite. Pourquoi est-ce que ça t'intéresse ? »
« J'étudie les alphas qui auraient pu être incontrôlables plus ou moins du temps du meurtre de Paige. »
« Ah. » Peter bâille à nouveau et se réinstalle dans son fauteuil. « Eh bien, tu t'intéresses à la mauvaise piste. Ils n'étaient pas incontrôlables ; juste deux idiots avides de pouvoir qui ont eu ce qu'ils méritaient. » Il voit la manière dont Stiles l'observe et se redresse en soupirant. « Très bien. Voilà ce qu'il s'est passé. Tu as déjà remarqué, j'en suis sûr, que c'est très rare qu'un alpha choisisse un autre alpha comme compagnon. »
Stiles acquiesce. « Oui, maintenant que j'y pense, je ne crois pas avoir déjà vu ça arriver. »
« La théorie prévalente est que deux alphas sont rarement compatibles. Les alphas ont une forte personnalité et ont tendance à être directs et obstinés. Deux alphas ne vont en général pas ensemble dans le même foyer. C'est en partie pour ça que Talia et toi ne vous entendiez pas pendant si longtemps. Vous avez tous les deux une personnalité d'alpha. » Il bâille à nouveau. « Ton père est plutôt alpha, lui aussi, ou en tout cas, il le serait s'il était un loup-garou. Est-ce que vous avez des loups dans votre arbre généalogique, d'ailleurs ? »
« Euh, je ne sais pas, peut-être. », hésite Stiles. « Si c'est le cas, ça remonte à au moins trois générations. »
« Hm. Je pensais à quelque chose que ton père a dit un jour sur ta mère... comment il s'est senti quand il l'a rencontrée pour la première fois. Ça ressemblait énormément à un instinct d'accouplement. » Peter referme la parenthèse. « Je m'égare. Kali Steele était – est, il me semble qu'elle est toujours en vie – une alpha qui vient de quelque part dans le sud-ouest. Ennis Black venait du nord du Nevada. Après la Cérémonie de Recherche en 2002, ils ont annoncé qu'ils étaient compagnons. »
« C'était le cas ? », demanda Stiles.
« J'en doute. Tout le monde en doutait. Mais bien sûr, il n'y avait aucun moyen de dire le contraire. La cérémonie est, comme tu le sais si bien, sacrée. », ajouta Peter d'un ton pince-sans-rire.
« Okay. Alors Kali et Ennis se sont mis ensemble et ont fusionné les deux meutes ? »
« Exactement. »
« Ça n'a pas dû les rendre... c'est quoi le mot quand les gens t'aiment bien ? »
« Populaires. Non, ils ne l'étaient pas. Tous les alphas des régions alentour étaient contrariés. Comme tu le sais, plus la meute est grande, plus grand est le pouvoir. C'était évident pour tout le monde qu'ils allaient tenter de s'emparer des territoires autour d'eux. Et ils l'ont fait. Plusieurs packs voisins ont soudain trouvé de bonnes raisons de bouger. Personne n'a voulu admettre quoi que ce soit. »
« Okay. Qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ? »
« Personne n'en est vraiment sûr. Ennis a disparu. Il s'était fait beaucoup d'ennemis, et il y a de grandes chances qu'il soit mort. Kali a essayé de maintenir les meutes unies, mais beaucoup de ceux d'Ennis la blâmaient pour sa mort, disant que c'était de sa faute. Au final, ils se sont séparés et elle est retournée dans le sud, la queue entre les jambes. La plupart des meutes sont revenues et ont réclamé leur territoire, et voilà. »
Stiles soupire. « C'est intéressant, mais pas vraiment utile. »
« Non, je ne pense pas. », dit Peter. « J'ai entendu que tu voulais parler à Satomi Ito. »
« Je ne sais pas ce que je lui dirais. », admet Stiles. « Je ne peux pas simplement lui demander si elle a accidentellement tué une gamine de quinze ans. Et puis, si elle est devenue folle, est-ce qu'elle le serait pas encore ? Qu'est-ce qui arrive aux alphas incontrôlables, tu sais, après leurs attaques ? »
« Une question intéressante. Je n'en connais pas la réponse, pour être honnête. En général, ils sont arrêtés et le châtiment est, bien sûr, l'exécution. Ce qui m'a toujours semblé un peu dur, franchement, mais je ne crée pas les règles. Est-ce qu'un alpha pourrait guérir avec le temps ? Peut-être. C'est possible que savoir qu'elle a accidentellement tué une enfant aurait pu être l'électrochoc dont elle avait besoin. »
Stiles lève les mains en l'air. « J'ai besoin de données des pays où ce genre de souci arrive assez souvent pour qu'il y ait des données. C'est quoi le pire pays dans le monde pour être un loup-garou ? »
« Hmm, question difficile. », réfléchit Peter. « Quelques endroits en Afrique sont assez problématiques – Ouganda, Rwanda, cette zone – mais le reste du continent vénère les loups-garous. La Russie a des lois extrêmement strictes en ce qui nous concerne, à tel point que je ne croie pas qu'il y en ait là-bas. Les autres pays slaves peuvent être un bon début. Je commencerais par là. »
« Okay, merci. », répond Stiles en se remettant sur pieds. « Ça devrait m'occuper quelques semaines. »
« Effectivement. » Peter a l'air amusé. « Amuse-toi bien. »
OoOoOoOoOoOoO
Tom commence à attendre les jours où Derek passe à l'heure du déjeuner, surtout parce qu'il amène habituellement quelque chose de pas très sain qui ferait dresser les cheveux sur la tête de Stiles. Ils ont tous les deux une politique de Ce que Stiles ne sait pas ne peut pas lui faire de mal à ce sujet. Derek, bien sûr, ne mentirait jamais à son compagnon mais ils savent tous les deux que le cholestérol de Tom n'est pas aussi mauvais que Stiles le pense. Ils savent aussi tous les deux que Stiles fait ça à moitié pour enquiquiner son père.
« Mon sauveur ! », s'exclame Tom en ouvrant l'emballage pour voir un sandwich BLT. « Quoi de neuf ? »
« Je me demandais... Comment va Peter ? », demande Derek. « La grossesse de ma mère et ce que ça implique, ça doit être difficile pour lui. »
« Ça l'est. Il est contrarié car il peut sentir les hormones changer chez Talia et ça lui rappelle Olivia. Il ne restera probablement pas trop vers elle jusqu'à ce que le bébé naisse. C'est pour ça qu'il a dormi sur mon canapé ces trois derniers jours. » Il prend une autre bouchée. « J'ai essayé de lui dire qu'il pouvait dormir dans la chambre de Stiles, mais il n'a pas voulu. »
« C'est une grosse surprise. », dit Derek avec un soupir. « Je ne veux pas qu'il se sente exclu, mais... »
« Mais vous êtes tous excités. Il le sait. Il ne vous blâme pas. » Tom voit le regard de Derek et reprend. « Fiston, il y a certaines choses que tu ne peux pas réparer. Tu dois juste attendre qu'elles passent. Peter est bouleversé. Il va l'être un moment. Il faut le laisser être bouleversé. Le laisser gérer par lui-même. »
« La manière de gérer de Peter n'est pas toujours le genre de chose qu'il faudrait lui laisser faire. », répond Derek d'un ton pince-sans-rire.
Tom laisse échapper un petit rire. « C'est vrai. » Il reprend une bouchée. « Qu'est-ce qui te tracasse vraiment ? »
Derek détourne le regard. « Euh, les bébés. Stiles est pris dans l'excitation. C'est une combinaison intéressante, avec ses recherches sur le meurtre. La moitié du temps il parle d'alphas incontrôlables et de gens qui meurent de plein de manières horribles et l'autre moitié du temps il fait des yeux de merlan frit avec Cora et Allison. »
« Mon fils, des yeux de merlan frit. Ce n'est pas quelque chose que j'aurais cru voir un jour. » Tom prend sa canette de soda, pensif. « Tu penses à avoir des enfants ? Ou tu as peur que Stiles y pense ? »
« Un peu des deux, je crois. » Derek mâchouille sa paille, sans se rendre compte que ça trahit son état d'esprit. « Je ne veux pas que Stiles soit malheureux. La grossesse de ma mère m'y fait penser, c'est tout. Elle ne serait jamais tombée enceinte de manière consciente, pour la même raison pour laquelle je ne voulais pas d'enfants. Ça me semblait... irrespectueux. Comme si on remplaçait ceux qui sont morts. »
« Tu sais, après la mort de Claudia, je n'étais absolument pas intéressé par une vie amoureuse. Mais beaucoup m'ont dit que je devais me remettre sur le marché, pour le bien de Stiles. Qu'il avait besoin d'une présence féminine dans sa vie, que s'il n'avait pas ça, il tournerait mal. Ils n'ont pas utilisé ces mots. », précise Tom en voyant Derek plisser les yeux. « Mais c'est ce que ça voulait dire. Ce qu'ils ne comprenaient pas, c'est qu'essayer de remplacer Claudia n'aurait fait qu'énerver et blesser Stiles. Parce que tu ne peux pas remplacer la mère de quelqu'un. Après que Stiles et Scott ont décidé que je devais sortir avec Mélissa, je lui en ai parlé, et tu sais ce qu'il m'a dit ? Que je devrais faire ce qui me rend heureux. »
« Ça ressemble bien à Stiles. », commente Derek tendrement.
« Oui. Au final, j'ai décidé de voir ce qui arriverait. Si c'est destiné à se produire, je rencontrerais la bonne personne. Bien sûr, ce n'est pas une attitude que Stiles et toi pouvez avoir à propos des enfants. »
« C'est... Très vrai. Peut-être que c'est ça, en partie, qui me tracasse. On ne peut pas juste laisser venir. Il faudrait qu'on investisse du temps et des efforts. Mais, vous savez, il n'y a pas que moi. Vous n'avez pas envie que Stiles ait des enfants ? C'est votre fils unique. »
Tom fait un geste de la main. « Je pense que le fait de passer ses gènes est probablement le facteur le moins important de cette décision. Je ne suis pas le dernier Stilinski. J'ai deux frères, tu sais ; ils sont les deux au Midwest et on ne se voit pas souvent mais ils ont tous les deux plein d'enfants. Et les gènes de Claudia sont déjà passés. Est-ce que je serais content que Stiles ait des enfants ? Bien sûr, ça a l'air bien. Est-ce que ça m'importe qu'ils soient adoptés, que vous preniez une mère porteuse ou quoi que ce soit ? Non. Est-ce que je serais heureux qu'il n'ait jamais d'enfants ? Oui, ça me va. Pour moi, l'important c'est qu'il soit heureux. Et toi, aussi. »
« Et s'il décide d'avoir des enfants, mais que je ne veux pas ? », demande Derek.
« Alors vous en parlez. Vous faites des compromis. Vous essayez de savoir pourquoi il veut des enfants, pourquoi tu n'en veux pas et vous trouvez une solution pour que tout le monde soit content. » Tom prend une autre gorgée de son soda et lève une main. « Deux choses à se rappeler. Non, trois. D'abord, ne sois pas si inquiet à ce propos. Stiles n'a que 19 ans. Tu en as 26. Votre horloge biologique n'en est pas à son terme. Vous avez des années. Des décennies, pour prendre cette décision. Ton opinion peut évoluer. Tout comme la sienne. Ou alors, non. Mais ne la force pas à évoluer. Ça n'est pas comme ça que ça marche. »
Derek prend une profonde inspiration. « Oui. D'accord. »
« Ensuite. », continue Tom. « Je pense que Stiles n'est pas excité par l'idée des bébés en général, mais par le bébé de Talia. Il n'a pas réagi comme ça quand Laura était enceinte. Il était content pour elle, mais le bébé en lui-même ne l'intéressait pas. Je crois que Stiles est heureux pour Talia, et il se laisse emporter. »
« Vous avez peut-être raison. » Après leurs débuts très chaotiques, Stiles et Talia se sont beaucoup rapprochés l'année passée. Voir sa mère guérir comme ça, la voir heureuse, ça les rend tous heureux. Stiles inclus.
« Enfin, et tu peux me dire que je me trompe totalement, mais je pense que ta réticence à avoir des enfants vient du fait que ta mère t'a tant mis la pression. Tu avais l'impression de devoir remplacer tes frères et sœurs parce que ta mère voulait augmenter le nombre de membres. C'est normal pour toi de ressentir ça, et tu te sens encore mal à ce propos. Ça ne va pas s'évaporer en une nuit. »
Derek est un peu mal à l'aise car il sait que Tom a raison. Il était entièrement opposé à l'idée de compagnons et d'enfants et, si Stiles n'avait pas trébuché dans la salle où il était, il serait probablement encore célibataire. Jamais il n'abandonnerait sa vie avec Stiles, mais il doit admettre qu'une part de lui se rebelle encore contre la pression que sa mère lui a mise.
« Je ne dis pas que tu as tort, ou que tu devrais magiquement vouloir des enfants maintenant que je t'ai fait remarquer ça. », dit Tom. « Tout ce que je veux dire, c'est qu'il y a des choses que tu dois prendre comme elles viennent. Profite de la grossesse de ta mère, profite de ton nouveau frère ou de ta nouvelle sœur, profite que Stiles en profite. Ne t'oblige pas tant à changer tes émotions. »
« Je ne sais pas comment vous pouvez être si décontracté dans la vie. », s'étonne Derek. « D'abord Peter, maintenant ça. »
Tom sourit légèrement. « L'expérience, mon ami. Je suis plus vieux que toi et je sais qu'il y a des choses que je ne peux pas contrôler. Mon fils, par exemple. Je me suis assez tapé la tête contre les murs avant d'apprendre à ne pas nager contre le courant. »
« Prendre les choses comme elles viennent. Je n'aurais pas pensé que ce soit votre maxime. »
« Oh ce n'est pas ça, je ne serais pas shérif, sinon. Il y a certaines choses que tu ne peux pas contrôler, que tu dois prendre comme elles viennent. Et il y a certaines choses sur lesquelles tu peux agir. Tu connais la prière de la sérénité ? »
Derek hoche la tête. « La sérénité d'accepter ce que je ne peux pas changer, le courage de faire bouger les choses quand je le peux, et la sagesse de reconnaître la différence entre les deux. »
« Je ne suis pas fan de platitudes, d'habitude, mais c'est une bonne phrase. » Tom regarde sa montre. « Je ferais mieux de me remettre au boulot. On se voit chez toi ce soir ? »
« Oui, merci. »
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« Derrrrreeeeeekkkk ! », gémit Stiles en se laissant tomber dans le lit alors que Derek regarde des plans que sa mère a faits pour la maison. Il va créer tous les jardins et il a hâte. Il tend la main et caresse distraitement le visage de Stiles, ses doigts traînant sur ses lèvres. Stiles le mord. « Ma tête me fait mal et je suis frustré ! »
« À propos de quoi ? », demande Derek.
« Les maths. » Stiles grogne. « Je déteste tellement les maths, oh mon Dieu. »
« Ah. » Il sait que Stiles a encore des soucis avec les nombres. Il met ses papiers de côté et s'allonge, invite Stiles à s'affaisser sur lui. L'adolescent s'exécute immédiatement. « Quoi, comme maths ? »
« J'ai toutes ces données de, genre, vingt pays. J'essaie de calculer le pourcentage de rejet et des attaques d'alphas sauvages, et ces formules sont simples ! Tu comptes les attaques, les rejets, tu divises et, tadam ! Un pourcentage. Mais je dois me tromper quelque part parce que j'arrête pas d'avoir des résultats bizarres. »
Derek passe son pouce à l'arrière de la nuque de Stiles. « Tu veux que je vérifie tes calculs ? »
« Tu ferais ça ? Je sais que tu es occupé et que tu as des délais, mais je me cogne la tête contre les murs avec ça et je ne vais pas réussir à dormir tant que ce sera pas fait. »
« Les délais ne sont pas si courts pour la maison. », le rassure Derek. « La plupart de ce que je vais faire sera après la construction, de toute manière. » Il s'assoit et Stiles tombe de ses genoux. Ça ne ralentit pas l'adolescent. Il se remet sur pied et guide Derek à l'étage en-dessous, où ses papiers sont étalés sur la table de la cuisine. Il travaille souvent là pour pouvoir préparer des ingrédients pendant qu'il réfléchit, s'il est coincé sur quelque chose ou frustré. Derek voit plusieurs récipients de fruits découpés en rondelles, alors il était clairement en train de travailler.
« Okay, qu'est-ce que tu as ? », demande Derek en regardant les papiers.
« J'ai eu un rapport de vingt-trois pays différents. », explique Stiles. « Avec le nombre de loups-garous créés en un an, combien d'entre eux sont le fruit d'une attaque d'alpha incontrôlable et combien il y a eu de rejets. Tu vois, ça a commencé par des recherches sur un meurtre mais, pour le moment, je fais plutôt des recherches générales sur le rejet pour prouver que c'est important que les ambulanciers soient correctement entrainés, et cætera, et cætera. » Stiles fait un geste. « Mais j'essaie aussi de voir quel genre de loup-garou est à l'origine des attaques. »
« Okay. », dit Derek.
« Et certains des chiffres étranges que je trouve sont logiques. Par exemple, il y a des pays où le taux de morsure sans consentement est plus élevé à cause des différences culturelles, et ces morsures sont comptées comme attaques d'alphas incontrôlables. Mais ce que je cherche, c'est le taux de rejet pour les attaques. Ça devrait être le même que le taux de rejet plus général. »
« Les gens ne sont pas plus susceptibles de rejeter la morsure si elle ne vient pas de leur alpha ? », s'étonne Derek en levant les yeux.
« Personne n'a réussi à le prouver. C'est une théorie, mais il n'y a jamais eu assez de preuves. Parfois, le taux de rejet est un peu plus élevé, mais on parle de 4% au lieu de 2%, ce qui pourrait ou pas être significatif, statistiquement. »
« Okay. Alors si c'est ça que tu es censé trouver, qu'est-ce que tu as, à la place ? »
Stiles se mâchouille la lèvre inférieure. « Je ne veux pas t'influencer. Est-ce que tu veux bien faire les calculs ? Je te ferai des muffins au pain d'épices. »
« Tu n'as pas besoin de me corrompre. », dit Derek. « Mais d'accord. Juste le taux de rejet par pays, et le taux de rejet après une attaque, par pays ? »
« Oui, merci. » Stiles rentre dans la cuisine et commence les muffins pendant que Derek commence à calculer et prendre des notes. Comme Stiles l'avait dit, ce ne sont pas des calculs très difficiles. Diviser le nombre de rejets par le nombre de morsures, et noter le résultat. Ça va vite. Deux virgule quatre pour cent en Angleterre. Deux virgule sept en Thaïlande. Un virgule neuf au Brésil. Puis, il fait la même chose pour les attaques. Trois virgule trois. Deux virgule huit. Deux. Dix-sept -
« C'est quoi ce bordel ? », marmonne-t-il.
Il peut sentir la tension s'évaporer de Stiles. « Toi aussi, tu trouves ça ? », demande-t-il en revenant immédiatement vers Derek pour regarder par-dessus son épaule.
« Un taux de rejet de dix-sept pour cent pour les attaques d'alphas incontrôlables aux USA. », dit Derek. « C'est ça que tu trouvais ? »
« Oui. Je veux dire, j'avais remarqué que notre taux global était un peu plus élevé mais, jusqu'à ce que je sépare les données, je n'avais aucune idée que le taux de rejet après une attaque en était la raison. »
Derek hoche la tête et recalcule, pour vérifier. Ces vingt dernières années, les États-Unis ont vu plus de 23 000 nouveaux loups-garous transformés. Il y a eu un peu plus de 450 cas de rejet. Dix d'entre viennent d'une attaque. C'est raisonnable, jusqu'à ce qu'on considère qu'il y a eu à peine 56 attaques dans la même intervalle.
« Il y a eu si peu d'attaques que ça n'a pas vraiment changé le taux total des rejets. », dit Derek. « Alors personne n'a jamais remarqué ».
Stiles acquiesce, tapote nerveusement sur la table. « Et les attaques sont si rares que, si quelqu'un veut les étudier, ils doivent trouver des données de partout dans le monde. Alors personne n'a remarqué que notre taux de rejet après une attaque d'un alpha incontrôlable est bien plus haut que la moyenne. »
« Peut-être que c'est juste une anomalie. », suggère Derek. « Je veux dire, tu travailles avec des petits nombres donc... »
« J'aurais dit ça, si la moyenne n'était pas aussi régulière dans tous les autres pays. », contre Stiles. « Non, c'est vraiment bizarre. Je veux dire, 5 pour cent, ça peut être une anomalie. 17 pour cent, c'est autre chose. Mais tu peux forcer un rejet, comme on l'a vu avec Gérard Argent, ou on peut probablement prédire qui pourrait faire un rejet, comme moi. »
« Tu es en train de dire que ces attaques ont été spécifiquement faites sur des gens qui rejetteraient la morsure ? », demande Derek, et Stiles hoche la tête. « D'accord, mais pourquoi ? À quoi ça servirait ? »
« Je n'en ai aucune idée. », répond Stiles. « Mais je vais retrouver l'histoire de ces dix personnes, et le découvrir. »
