Coucou ! Voici le chapitre de la semaine ! Ffnet me faisait des misères aujourd'hui, je profite que ça remarche pour poster avec un tout petit peu d'avance xD On ne sait jamais pour demain ! Merci pour vous reviews, j'ai normalement répondu à tout le monde ! Merci aussi à Neliia pour le travail de relecture ;) Et bonne lecture à vous !


Retrouver l'histoire des dix personnes qui ont fait un rejet après avoir été mordus par un alpha incontrôlable est plus difficile que ce qu'avait envisagé Stiles. Le problème, c'est que la plupart d'entre eux ne veut pas lui parler. Des dix personnes, deux sont mortes, six ont eu des complications majeures dues à la morsure et cinq ont atterri en thérapie après le traumatisme de leur attaque.

Stiles est une personnalité publique jusqu'à un certain degré et il n'est pas vraiment populaire auprès des gens qui sont anti-lycanthropes. Seule l'une des victimes accepte de lui parler et ils ont une brève conversation à propos de l'incident, qui ne lui apprend pas grand chose. Il pourrait en savoir davantage s'il cherchait une constante, mais un incident n'est pas suffisant pour lui donner ça.

Des sept autres, deux sont sur liste rouge et les cinq autres ne lui répondent pas ou l'appellent par des noms pas très jolis.

« Comment je fais pour comprendre si personne ne me parle ? », se plaint Stiles en écrasant des pommes de terre avec force. Derek lui frotte le dos en essayant de le rassurer. Stiles est encore en train de ressasser ça au dîner – il vient de raccrocher avec l'un des plus grossiers une heure plus tôt – et son père le regarde.

« Ils ne veulent pas te parler. Et alors ? »

« Et alors ? », demande Stiles. « Papa, comment je suis supposé avoir des informations si les victimes ne veulent pas me parler ? »

Tom hausse un sourcil en regardant Stiles avant de secouer la tête, clairement amusé. « Les attaques d'alphas incontrôlables sont un crime. », dit-il. « Ces personnes ont été interrogées à l'époque. Dans certains cas, le responsable a été arrêté. Pourquoi est-ce que tu ne demandes pas les dossiers ? »

« Oh. » Stiles cligne des yeux. « J'avais oublié que je suis à peu près réglo, maintenant ! »

Ce n'est pas qu'il n'a jamais demandé des dossiers avant, mais ça a toujours été pour des affaires en cours. C'est une chose d'appeler quelqu'un, prétendre être le shérif et trouver une raison pour laquelle il aurait besoin de jeter un œil à une affaire en cours. Les affaires non résolues, c'est autre chose. Il n'a aucune raison de s'y intéresser, alors demander les dossiers ferait parler.

Le shérif Stilinski secoue la tête en direction de son fils. « Dis-moi desquelles tu as besoin et je verrai ce que je peux faire. »

« Ouais ! » Stiles lève le poing en signe de victoire. « Je t'envoie une liste par mail. »

Le repas est interrompu quand Talia et Aaron arrivent. Talia a envoyé un message à Stiles, une heure plus tôt, pour le prévenir qu'ils seraient en retard et de commencer à manger sans eux. C'est un mardi soir, tout est calme. Laura et Jonathan mangent chez eux parce que Tyler a fait une bêtise et, en punition, il n'a pas le droit de voir ses oncles et tantes. Scott et Allison sont chez Mélissa. Peter est ici, mais il est à l'autre bout de la table au lieu de s'installer à la gauche de Talia comme d'habitude. Ce siège était vide mais elle sourit en arrivant. « Ça sent bon, Stiles. », dit-elle. Aaron tire une chaise pour elle. « Désolée d'être en retard. Il y avait de la circulation. »

« Tu es allée faire ta première échographie ? », demande Cora, pleine d'excitation.

« Oui. » Talia sourit tendrement à sa fille.

« Et ? », insiste la jeune fille en sautant sur sa chaise.

« Et les bébés ont l'air en excellente santé. », répond l'alpha en souriant, acceptant un plat que lui tend Derek.

« Les bébés ? », demande Cora, et Stiles et Derek lui font écho. « Les bébés ? »

« Plusieurs bébés ? », s'excite Stiles.

Talia acquiesce et elle a l'air de sourire tellement fort qu'elle ne peut plus parler. Aaron passe un bras autour d'elle et prend la parole : « Deux bébés, pour être exact. Des jumeaux. »

« Oh mon Dieu, c'est la meilleure journée de ma vie ! », couine Cora. Puis elle se tourne vers Isaac. « À l'exception du jour où je t'ai rencontré. Non, attends. C'était une journée horrible. Et il n'y a pas un jour particulier où on s'est mis ensemble, parce que c'était un processus, et je ne peux pas parler du jour où tu as rejoint la meute, parce que c'était une journée horrible, aussi. Alors oui, désolée, meilleure journée de ma vie ! »

Tout le monde rit, même Isaac. Il se penche pour embrasser Cora sur le sommet du crâne et frotte sa joue contre sa tempe.

« Des jumeaux, ouah. », dit Derek. « Des filles ou des garçons ? »

Talia lance un regard amusé à son fils. « C'est encore un peu trop tôt pour le dire, Derek. Sur l'échographie, ils ressemblent à des raisins. »

« Est-ce que vous avez une préférence ? », demande Isaac, un peu hésitant avec Talia. Mais il lui fait de plus en plus confiance à mesure que les jours passent.

« Pas vraiment. », répond Aaron en prenant la main de Talia. « Les deux nous vont. »

Tout le monde sait à quoi ils pensent, que ce serait bien d'avoir des garçons pour que Derek ait des frères, mais personne ne veut vraiment penser ça puisque ce sont ses frères qui sont morts dans l'incendie. Derek repense à ce que Tom lui a dit, de prendre les choses comme elles viennent, à propos des choses qu'il peut contrôler ou non. Il ne peut pas contrôler le sexe des nouveaux bébés, mais il peut contrôler son attitude envers eux. « Je pense que ce serait bien d'en avoir un de chaque. », dit-il, surprenant ses parents. « Vous savez, pour être à égalité. »

Talia lui sourit. « Ce serait bien, oui. »

Il y a un grincement sonore qui fait sursauter tous les loups-garous alors que Peter repousse sa chaise de la table. « Je dois y aller. », marmonne-t-il avant de disparaître par la porte arrière sans un autre mot.

Un moment de silence. Tout le monde se tourne vers Tom. Il prend une gorgée d'eau avant de parler. « Vous pouvez arrêter de me fixer, vous savez. »

« Est-ce que vous ne devriez pas... Le suivre ? », demande Cora.

Tom soupire. « Cora, ma chère, si je devais courir après Peter chaque fois que quelque chose le contrarie, je ne ferais que ça de ma vie. Donnez-lui quelques minutes pour se remettre. S'il n'est pas revenu dans 10 ou 15 minutes, je lui enverrai un message pour savoir s'il veut de la compagnie. » Il voit que plusieurs continuent à le regarder. « Les gars, on en a parlé. L'humeur de Peter est changeante en ce moment à cause de la grossesse de Talia. Il m'a promis qu'il me dirait s'il a besoin de moi. »

« Ce n'est pas... comme ça qu'on a l'habitude de le gérer. », admet Aaron.

« Je sais. », répond Tom. « Écoutez, je sais que je n'étais pas là à ses pires moments. Je sais que, il y a cinq ans, si vous ne suiviez pas Peter après une sortie comme celle-là, vous aviez peur de trouver son corps dans un ravin, plus tard. Mais Peter va mieux maintenant. Il ne va pas bien, ce n'est pas ce que je dis, mais il va mieux. Alors laissez-le aller mieux. D'accord ? »

« D'accord. », accepte Talia fermement avant de recommencer à manger. « Stiles avait raison. J'entame ma huitième semaine de grossesse. Ça me donne une date vers mi-octobre. »

« Oh mon Dieu, mais c'est dans quatre mois à peine ! », s'exclame Cora. « On n'a rien du tout pour le bébé ! Il va dormir où ? Vont ? J'ai oublié qu'il y en avait deux. Ils vont dormir où ? Il y a encore tellement de choses à faire ! »

« Cora. », intervient Talia, amusée. « Tu sais que ton père et moi, on est déjà passés par là ? Les bébés auront l'ancienne chambre de Tyler et Sylvia. Et oui, bien sûr, on va devoir acheter certaines choses. »

« Je pourrai aider à décorer ? À choisir les habits et les autres trucs ? Est-ce qu'on va faire une baby shower ? »

« Je... ne préférerais pas. », répond Talia. « Je ne veux pas en faire toute une histoire. D'accord, ma chérie ? Mais je serais heureuse de t'emmener faire du shopping avec moi pour choisir des affaires pour la chambre. »

« Qu'est-ce que vous allez faire à propos de la nouvelle maison ? », s'enquiert Tom. « Est-ce que vous allez mettre ce projet en suspens ? »

« Au contraire, on essaie d'accélérer les choses pour que ce soit terminé avant l'accouchement. », répond Aaron. « Crois-moi, Derek et Stiles seront bien plus heureux s'ils ne vivent pas dans une maison avec deux bébés loups-garous. »

« Un, c'est déjà bien assez. », grimace Derek en se souvenant des jours suivant la naissance de son neveu Tyler. Derek se souvient aussi qu'il avait 7 ans quand son plus jeune frère était né, et il se souvient avoir été très grognon de l'attention que prenait David mais ses souvenirs récents sont plus clairs. Il aime énormément son neveu, mais les bébés loups-garous sont bruyants.

« Ça peut être fait rapidement ? », s'intéresse Isaac. Il aime l'architecture et la construction, et Derek l'a encouragé à explorer ces secteurs à la fac, s'il en a envie.

« Avec un peu de chance, oui. », répond Aaron. « On a tous les permis, et les plans seront terminés à la fin de la semaine. Le terrain est déjà prêt ; on a fait faire toute la zone quand on a construit la maison de Laura et Jonathan. Alors si on paye un peu plus pour avoir deux équipes qui font des journées plus longues, et que le temps le permet, ça devrait être terminé pour début octobre. C'est un peu risqué, mais on va tenter. »

« Les Amish peuvent construire une grange dans la journée. », remarque Cora.

« Je ne veux pas vivre dans une grange. », rétorque Stiles, ce qui fait ricaner la jeune femme.

« Même si la structure n'est pas encore terminée, on pourra toujours dormir par terre et ne pas être réveillé par des hurlements de bébés à trois heures du matin. », suggère Derek, ce qui fait rigoler le jeune homme.

La porte à l'arrière s'ouvre et Peter revient. Il a l'air calme et se rassoit à côté de Tom, se penche brièvement pour frotter sa joue contre le sommet de son crâne. « Vous feriez mieux de me prévoir une chambre, dans ce cas. », dit-il.

« Tu en veux une ? », demande Stiles, incertain. Peter est à un âge difficile – il est bien plus jeune que Talia, mais pas assez jeune pour être considéré comme appartenant à la génération suivante. Tom est entre Talia et Peter en terme d'âge.

« Je plaisante, je plaisante. », répond facilement Peter. « Vous ne voulez pas d'un vieux chnoque dans une maison pleine d'excitation et d'amusement. De plus, quand la maison va se vider un peu, Tom va emménager ici. »

« Ah bon ? », demande Stiles, surpris.

« Ah bon ? », répète Tom, tout aussi surpris.

« Bien évidemment. », répond Peter sans perdre son aplomb. « Tu te plains toujours de devoir faire le trajet tous les soirs pour le dîner. Une fois que la nouvelle maison sera construite, il y aura beaucoup de place pour toi ici. Pour Mélissa aussi, si elle le souhaite. »

Tom se passe une main dans les cheveux. « Tu te souviens de notre discussion à propos des limites, Peter ? »

Peter n'a pas l'air perturbé. « Je ne vois pas en quoi elle s'applique dans ce cas. Je sais que tu serais bien plus heureux si tu vivais ici. »

« Cela ne veut pas dire que je veux quitter ma maison familiale. », dit Tom en mettant l'accent sur le mot familiale. Il n'a pas l'air de vouloir mentionner que c'est la maison dans laquelle il vivait avec sa femme.

Peter se raidit. « Ah. Je vois. » Il repose sa fourchette sans avoir mangé un morceau.

« Je ne dis pas non. », reprend Tom. « Je dis juste que c'est une décision que tu ne peux pas prendre à ma place. Tu peux proposer. On peut en parler. Mais tu ne peux pas l'annoncer comme ça et t'attendre à ce que tout aille bien. » Il secoue la tête. « On en parlera plus tard, okay ? Tu veux aller jouer un peu au billard chez McNally ? »

Tous s'attendent à ce que Peter soit contrarié ou énervé, mais après un moment, il hoche la tête. « Oui, c'est une bonne idée. »

« La nouvelle maison devrait avoir une table de billard. », déclare Stiles avant que les choses ne deviennent gênantes.

Talia rit. « Je verrai ce que je peux faire. »

OoOoOoOoOoOoO

« Ouah. », s'écrie Derek en pénétrant dans la chambre de Stiles, chez les Stilinski, pour voir chaque surface recouverte de papiers. « Est-ce que tout ça concerne les attaques d'alphas ? »

« Ouais. », répond Stiles, la voix un peu étouffée par le surligneur dans sa bouche.

« On dirait qu'il y a plus de dix incidents. », hésite Derek en fronçant les sourcils.

« Ah, oui, j'ai déchidé - » Stiles recrache le surligneur vers son bureau, où son chat Cléopâtre se met tout de suite à jouer avec. « J'ai décidé de demander les 56 dossiers, comme ça je peux chercher des ressemblances entre tous. Je veux dire, si quelqu'un a essayé de provoquer des rejets, il n'a pas pu réussir à tous les coups. Alors quelques uns de ces cas peuvent avoir la même personne à l'origine. »

Derek hoche la tête et regarde autour de lui. Il sait que Stiles préfère travailler sur ce genre de chose chez lui parce qu'il n'aime pas avoir ça dans leur chambre, à la maison de la meute. Pas seulement parce qu'il ne veut pas déranger Derek. C'est parce qu'il est trop susceptible de veiller tard ou de se relever au milieu de la nuit pour travailler sur une affaire s'il y a tout de suite accès.

Un jour, pense Derek, Stiles aura un bureau où il pourra garder tout ça. Mais, pour le moment, sa chambre fait l'affaire. « Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ? »

« J'ai réussi à réduire les cas à 24. », répond Stiles. « En écartant les incidents déjà résolus et où l'alpha a été arrêté. De ce que je peux en voir, Peter avait raison en disant qu'un loup-garou devient fou après un traumatisme. Alors maintenant j'ai 24 cas restants, incluant les 10 rejets d'origine, ce qui inclut Paige. Je pense en écarter encore quelques-uns, mais il m'en reste 17 qui ont tous de grosses ressemblances. »

« Okay. » Derek s'installe au bureau de Stiles après avoir bougé quelques papiers avec attention.

« Dans ces 17 cas, la victime était seule. », répond Stiles. « C'est important. Un alpha incontrôlable ne va pas montrer beaucoup de retenue. Certaines attaques ont eu lieu dans des écoles, des centres commerciaux, un fichu stade de foot. Quand ils deviennent fous, c'est énorme. Mais dans ces 17 cas, la victime était seule dans un lieu public. Pas à la maison. Quelques-uns faisaient la fermeture à leur boulot. D'autres faisaient leur jogging tôt le matin, ou tard le soir. Ce genre de choses. »

« Mm hm. », hume Derek pour montrer qu'il écoute, tout en regardant Cléopâtre jouer avec ses lacets.

« Aucun d'eux n'a vraiment vu son assaillant. », continue Stiles. « Ça s'est toujours passé très vite. L'alpha leur rentre dedans, les mord et s'en va. Ce qui est étrange pour un alpha fou. Il aurait plutôt tendance à essayer d'entraîner sa nouvelle recrue dans sa tanière. »

« Oui, c'est étrange. », dit Derek.

« Et je ne sais pas ce que ça veut dire ! », s'exclame fortement Stiles. « Les recherches préliminaires sur les dix personnes qui ont rejeté la morsure ne montrent aucun trait commun. L'âge varie entre 15 et 82 ans. Six femmes et quatre hommes. Aucun biais racial. C'est vraiment aléatoire. Je n'ai aucune idée de comment quelqu'un peut voir ces gens et se dire 'C'est quelqu'un qui va rejeter la morsure.' »

Derek étudie les affiches, réfléchit, mais la sonnette retentit avant qu'il puisse dire quoi que ce soit. Il jette un œil à Stiles. « Tu attends quelqu'un ? »

« Nope. » Stiles regarde sa montre. C'est trop tard pour un livreur. « Autant aller voir qui c'est. », dit-il. Ce n'est pas impossible que ce soit un voisin qui ait besoin de sucre. Il descend les escaliers, Derek sur les talons, et regarde par le judas. C'est une femme, un peu plus vieille que Derek, avec des cheveux bruns et un joli sourire. Elle a l'air seule, alors il entrouvre la porte. « Je peux vous aider ? », demande-t-il, rassuré par la présence solide de Derek derrière lui. Il n'est pas si nerveux que ça, sauf qu'il l'est. Trop de mauvaises choses se sont passées quand des gens sont venus à sa porte pour qu'il ne soit pas nerveux.

« Je l'espère, oui. », répond-il en souriant toujours. « Je m'appelle Jennifer Blake, de Recherche pour un Remède. J'ai essayé de vous contacter. »

« Oh, oui. Je me souviens bien avoir ignoré vos mails. », rétorque Stiles et Derek a un reniflement amusé.

« C'est pourquoi j'ai décidé de venir en personne. », continue Jennifer. « Je sais que, pour vous, quelqu'un d'une organisation comme la mienne doit vous rendre méfiant. Je ne vous blâme pas du tout ! Mais nous ne sommes pas l'OLL, Stiles. Notre objectif est d'aider les gens, et nous aimerions vous y inclure. »

« Oui, d'accord, mais je suis heureux dans une meute. Vraiment heureux. Extatique, même, suivant si je suis habillé ou non. »

« Bien sûr. Vous avez rejoint la meute de votre propre chef. Pas tout le monde n'a cette chance. Nous essayons d'aider ceux qui ne veulent pas être un loup-garou. Ceux qui ont été transformés contre leur gré. Ce n'est pas vraiment un problème ici, aux États-Unis, mais nous travaillons beaucoup en Afrique et en Amérique du Sud. »

Stiles hésite une minute, réfléchit. « Beaucoup de monde dans ces régions-là vénère les loups-garous. », dit-il.

« Oui, beaucoup de monde. Ce qui crée une société déséquilibrée où certains loups-garous profitent des humains. Ça arrive, Stiles. Je ne dis pas que tous les loups-garous sont comme ça. Je ne dis pas non plus que la plupart sont comme ça. Mais il y a un très fort potentiel d'abus dans une société qui traite certains membres mieux que d'autres. »

« Eh bien, allez réparer ça. », répond Stiles. « Ça n'a pas de rapport avec moi. »

« Cela pourrait. Nous pensons que le rejet de morsure pourrait détenir la clé d'un remède à la lycanthropie. »

« Euh, j'en doute. Je veux dire, je vois pourquoi vous pouvez penser ça. Genre, Il y a les anticorps produits par quelqu'un qui fait un rejet, okay. Mais si vous essayez de donner ces anticorps à quelqu'un qui est déjà un loup-garou, vous allez juste le tuer. Je veux dire, vous en parlez comme si l'option n'avait pas déjà été explorée. »

« En ce moment, nous nous concentrons sur un sous-ensemble très particulier de victimes de rejet de morsure. », explique Jennifer. « Ceux qui ont été exposés précédemment à l'aconit ou au gui. Nous pensons que les anticorps créés dans ces conditions pourraient être légèrement différents de ceux de quelqu'un qui fait un rejet naturellement. Si c'est le cas, seulement vous et une poignée de personnes aux États-Unis peuvent nous aider. »

Stiles se mordille la lèvre inférieure. « Je ne sais pas. Je veux dire, oui, je sais qu'il y a probablement des gens qui ne veulent pas devenir des loups-garous. Mais je ne suis pas sûr que les guérir soit le choix. Certains aimeraient prendre un remède contre l'homosexualité, s'il existait, et ça ne serait pas bien non plus. » Il fronce soudain les sourcils. « D'ailleurs, si vous avez un problème avec l'homosexualité, vous pouvez partir tout de suite. »

« Je suis lesbienne. », répond Jennifer.

« Oh. Continuez, alors. »

L'air amusé, elle s'exécute. « Certaines personnes aimeraient prendre ce remède, oui. Mais même si l'homosexualité est naturelle, avons-nous le droit de leur dire qu'ils doivent l'être ? Les cheveux gris sont naturels, mais nous n'interdisons pas les teintures. Les poils sur les jambes sont naturels, mais on ne dit pas aux gens de ne pas se raser. La lycanthropie n'est pas toujours naturelle. Il y a des incidents où les personnes sont transformées contre leur volonté. C'est terrible, mais ça arrive. »

« D'accord, mais leur problème n'est pas vraiment avec le fait d'être un loup-garou. Le problème, c'est le traumatisme lié, et on ne peut pas les dés-attaquer en les guérissant - »

« C'est vrai, jusqu'à un certain point. Mais ça ne veut pas dire qu'un remède n'aiderait pas. Si une femme se fait violer et qu'elle tombe enceinte, on ne lui dit pas qu'elle ne peut pas se faire avorter parce que la grossesse est naturelle, et que se débarrasser du bébé n'effacera pas le viol. »

Stiles ne sait plus vraiment quoi dire. « Okay, écoutez, je vais y penser. Qu'est-ce que vous voulez de moi, de toute manière ? »

« Juste un échantillon de sang. », répond Jennifer. « C'est tout. C'est tout ce que vous avez à faire. »

« J'ai une question. », intervient Derek, surprenant Stiles. « Disons que vous prenez les anticorps de Stiles et que vous développez un sérum qui pourrait guérir la lycanthropie. Sur qui allez-vous le tester ? »

« Des volontaires. Les personnes qui ne veulent pas être des loups-garous. »

« Uh huh. », répond Derek. « Je pense que, avant de se mettre d'accord sur quoi que ce soit, nous demanderons à nos avocats d'évaluer votre organisation. »

« Bien sûr. » Jennifer sort une carte de visite et la leur tend. « Ils peuvent m'envoyer un mail ou appeler quand ils veulent. » Elle leur offre son joli sourire. « Merci d'avoir pris le temps de me parler aujourd'hui, Stiles. J'ai hâte d'entendre de vos nouvelles. »

Elle fait un signe de la main et retourne à sa voiture. Stiles la regarde pour s'assurer qu'elle part, et ferme la porte.

« Elle a déjà travaillé avec des loups-garous. », remarque Derek, et Stiles lui envoie un regard interrogateur. « Elle n'a pas essayé de te serrer la main. Elle savait que je ne voudrais pas de son odeur sur toi. »

« Hmm. Intéressant. »

« Oui, elle est intéressante, hein ? Elle est très persuasive. Elle m'y a même fait réfléchir pendant une minute. »

« Tu détestes ça, hein ? »

Derek hausse une épaule. « Tout ce que je suis me crie que les gens peuvent, et devraient, être heureux en tant que loups-garous. Si quelqu'un est mordu contre son gré, alors il faut punir l'alpha qui a dépassé les limites, mais il ne faut pas effacer la morsure. Il faut trouver une meute où la victime peut être heureuse. »

« Ouais. Il y a vraiment du potentiel pour des dérives s'ils arrivent vraiment à trouver un remède. »

« Mm. »

« C'est drôle quand même, qu'elle vienne me voir maintenant. », remarque Stiles. « Juste quand je fais des recherches sur les rejets. »

« C'est drôle, oui. », acquiesce Derek.

Stiles soupire. « Argh, ma tête est pleine. C'est assez pour aujourd'hui, je crois. Demain matin, je vais faire des recherches sur son organisation, et je verrai s'ils sont réglo ou pas. Tu veux aller voir le jardin ? Ça fait un bail que j'ai pas élagué. Ces roses vont bientôt nous supplier de les achever. »

Derek sourit. « D'accord. Ça me paraît bien. »

OoOoOoOoOoOoO

En apparence, Recherche pour un Remède est une organisation parfaite. C'est un organisme sans but lucratif destiné à aider les personnes qui ont été mordues sans consentement. Comme l'a dit Jennifer, ils travaillent surtout en dehors des États-Unis. Beaucoup de leurs actions impliquent de faire venir les victimes aux États-Unis, les faisant entrer dans le pays pour les éloigner des meutes qui les ont enlevées et pour leur trouver de nouvelles maisons.

Bien sûr, ils sponsorisent également plusieurs expérimentations scientifiques qui ont pour but de trouver un remède à la lycanthropie. Ça ne surprend pas forcément Stiles. Il y a toujours eu ce genre d'études, plus ou moins légitimes. La lycanthropie est un sujet fascinant – à moitié scientifique, à moitié mystique – et beaucoup de vrais scientifiques l'ont étudiée. D'autres scientifiques ont assemblé différentes études pour essayer de trouver un moyen d'inverser la transformation.

Stiles sait très bien, avec les recherches qu'il a faites, que beaucoup de ces études se sont conclues par la mort de beaucoup de loups-garous, la plupart n'ayant rien fait pour mériter ça. Alors il reste sceptique quant au fait que Recherches pour un Remède soit différent.

Quoi qu'il en soit, tout ce qu'il trouve sur cette organisation prouve qu'elle est réglo, vraiment orientée sur le fait d'aider les gens, qu'ils sont dignes de confiance. Plus une façade est clean, plus ça cache quelque chose, selon lui.

« Qu'est-ce que je peux faire ? », demande-t-il à Peter. « Je ne peux pas exactement travailler sous couverture comme je l'avais fait pour l'OLL. »

« Non. », répond Peter. « Alors trouve quelqu'un qui connaît la réponse et qui veut bien te la dire. »

Stiles fronce les sourcils. « Comme qui ? » Puis il se rend compte que la réponse est évidente. Elle est littéralement assise à table avec eux. « Hey, Allison ? », l'appelle-t-il. « Tu crois qu'il y a la moindre chance que tu convainques ton père de me parler ? »

« Je peux essayer. », répond la jeune fille.

Chris Argent est, basiquement, un mec bien. C'est un mec bien avec de gros préjudices instillés en lui par son père, des préjudices qu'Allison et la meute brisent un à un. Il déteste toujours le fait que sa fille fasse partie d'une meute, et l'une des raisons pour laquelle Allison n'a jamais envisagé la morsure est que son père ne lui adresserait plus jamais la parole. Mais au moins, il a réalisé que tous les loups-garous ne sont pas horribles, alors il pourrait accepter de parler à Stiles.

« Rappelle-lui que j'ai résolu le meurtre de son père. », dit-il à Allison.

Elle lui lance un regard amusé. « Compris. »

C'est comme ça qu'il se retrouve à rencontrer Chris Argent au poste de police le lendemain matin. Personne ne veut de lui à la maison de la meute – Chris inclus – et il ne veut pas vraiment aller chez Chris. Ça semble grossier et dangereux. Il y a encore quelques questions sans réponses sur la famille Argent et Stiles ne pense pas avoir un jour une réponse. Il se demande parfois si Chris a vraiment pu être si aveugle que ça quant au côté meurtrier de sa sœur, ou s'il a juste choisi de ne pas le voir.

Comme métier, Chris vend des armes et des systèmes de sécurité et il s'appuie sur la peur xénophobe qu'ont les gens à l'égard des loups-garous. Il bénéficie des rumeurs et propagandes selon lesquelles les loups-garous ne peuvent vivre en paix que pendant une courte période avant qu'ils ne deviennent violents et s'introduisent chez vous pour voler vos enfants. Il a beaucoup travaillé pour que davantage de restrictions légales s'appliquent aux loups-garous, pour les empêcher de vivre près des écoles ou des parcs, pour mettre fin à la Cérémonie de Recherche.

Chez certaines personnes, ce comportement énerverait Stiles mais le problème avec Chris, c'est qu'il croit vraiment qu'il fait quelque chose de bien. Il a été endoctriné à la naissance par son taré de père et ça demande beaucoup de travail et de temps pour briser ses préjudices. Au final, Stiles se sent désolé pour lui.

« Vous savez quoi sur Recherches pour un Remède ? », demande-t-il à Chris. Ils tiennent cette conversation dans le bureau de son père parce qu'il ne veut pas envoyer le mauvais message en posant ses questions en salle d'interrogation. Et aussi parce qu'il ne veut pas que quelqu'un espionne leur conversation.

Chris hausse les épaules et répond avec prudence : « À peu près autant que j'en sais sur toute organisation anti-lycanthrope. »

« Est-ce qu'ils sont vraiment anti-lycanthropes, ou bien juste pro-humains ? »

Chris lui envoie un regard. « C'est un peu la même question que demander si quelqu'un est pro-vie ou anti-avortement, non ? »

« Oui. Ce sont deux choses très différentes. Quelqu'un de pro-vie sera contre la peine de mort et voudra un système de santé gratuit pour les enfants. Beaucoup de pro-vie ne le sont pas réellement. Alors, est-ce que Recherches pour un Remède est anti-lycanthrope, ou bien pro-humain ? »

« Je dirais anti-lycanthropes. Ils recherchent un remède à la lycanthropie. Ça répond à la question. »

« Eh bien, ils disent qu'ils font ça pour aider les gens qui ont été transformés contre leur gré. », souligne Stiles.

« Bien sûr qu'ils disent ça. », renifle Chris. « Le gouvernement leur tomberait dessus s'ils disaient vouloir débarrasser le monde de la lycanthropie. Et puisqu'ils se reposent sur les dons, la jouer comme ils le font leur permet de bénéficier de deux groupes de gens – ceux qui veulent vraiment aider les autres, et ceux qui détestent les lycanthropes. »

Stiles hoche la tête, réfléchit. Jennifer est intelligente, apparemment et, plus que ça, elle est astucieuse. Sournoise. Il se demande quelle est sa vraie position dans l'organisation. C'est difficile de trouver des informations sur leur organigramme. « Vous pensez qu'ils aident vraiment les gens ? »

Chris regarde rapidement autour de lui, comme pour s'assurer que personne ne peut les entendre. « Je pense, », dit-il doucement, « qu'ils veulent vraiment aider les gens à quitter les meutes qu'ils n'ont pas rejoint volontairement. Mais je me demande aussi ce qu'il arrive à ces gens, après. » Il écarte les mains. « Le loup a besoin d'une meute. Être un oméga est dangereux, ainsi que malsain. Beaucoup de ces victimes qu'ils sauvent restent dans des 'communautés'. C'est un mot que l'on entend qu'à un seul endroit. »

« Des sectes. », dit Stiles.

« Exactement. Ils forment des quasi-meutes de loups-garous qui détestent être des loups-garous. Qui rejettent ce dont ils ont besoin pour être heureux. Si j'étais transformé contre ma volonté, je détesterais ça. Je serais furieux et bouleversé. Mais je trouverais une meute à rejoindre, parce que je sais que j'aurais besoin de certaines choses. De contact, de hiérarchie, d'une tanière – les loups-garous sont misérables sans cela. »

« Recherches pour un Remède sauve les loups-garous mais ne les intègre pas à la société lycanthrope. », résume Stiles, et se passe une main sur le visage. « Alors quand Jennifer dit qu'elle a des volontaires pour leurs expérimentations, elle dit vrai, techniquement, mais ces personnes sont volontairement maltraitées en tant que loup pour qu'elles veuillent participer à ces expériences. »

« C'est ma théorie. », répond Chris.

« C'est logique, pourtant. Et ce truc sur les communautés devrait être facile à vérifier. » Il fait une pause, tapote son stylo contre le bureau de son père, pense à toutes les informations et hoche la tête. « Okay. J'ai une idée. »