Hellooooooo ^^ Tant que je ne suis pas couchée, on peut considérer que c'est encore dimanche, non ? Merci à vous pour vos reviews, elles me font vraiment super plaisir, j'adore lire vos interrogations et vos théories ! Et merci à Neliia pour la relecture et la correction, bonne lecture à vous !


Au premier regard, Isaac comprend pourquoi la communauté de Recherches pour un Remède peut être considérée comme un paradis. Elle est située au cœur de l'Oregon, près de Crater Lake, à probablement une heure de route du supermarché le plus proche. L'air sent si bon, comme la terre, les pains et une touche de feu de cheminée. Il inhale profondément.

Il ne sait pas exactement où ils sont. L'adresse exacte de la communauté est tenue secrète. Ils sont arrivés par hélicoptère, alors tout ce qu'il a vu après avoir quitté Portland, c'est de la forêt et une route, ici ou là. Il y a un héliport juste à côté des bâtiments qui composent la communauté.

Leur rencontre avec Jennifer Blake était intéressante. Elle s'est méfiée d'eux, mais pas pour la raison qu'ils pensaient. Elle n'a aucune idée qu'Allison est amie avec des loups-garous, ni même qu'elle fait partie d'une meute. Au contraire, elle a tout de suite annoncé qu'elle ne voulait pas que son organisation soit associée à l'OLL.

« Avec tout le respect que je dois à votre tante et votre grand-père... », dit-elle à Allison, sous-entendant clairement qu'elle n'en avait aucun. « L'OLL est un groupe haineux. Un groupe terroriste. Mon organisation a pour but d'aider les gens. Nous avons quelques principes en commun, mais très peu. Si vous êtes ici parce que vous avez besoin d'une nouvelle base maintenant que l'OLL a été démantelée, la porte est à votre gauche. »

« Je ne suis pas là pour ça. », lui a assuré Allison. « Comme vous, je n'ai que peu d'opinions communes avec l'ancienne OLL. Mes parents ont subi une enquête très minutieuse et nous n'avons aucun lien avec les crimes perpétrés par l'OLL. Oui, mon père travaille pour un lobby anti-lycanthrope, mais son but est de protéger les gens, pas de leur faire du mal. »

Jennifer l'a étudiée un long moment avant de hocher la tête. « Le soutien de votre famille serait utile. », a-t-elle fini par dire. « Nous fonctionnons entièrement grâce aux dons et je suis sûre que vous pourriez rallier de grosses entreprises à notre cause. Mais je me dois d'être claire vis-à-vis des objectifs de mon organisation. »

« Vous travaillez principalement avec des pays du tiers-monde, c'est bien cela ? », a demandé Allison.

Jennifer a acquiescé. « Oui, certains plus proches que vous ne pourriez le penser. Nous avons beaucoup travaillé en Amérique du Sud, ainsi qu'en Afrique et en Asie. Nous avons quelques américains dans nos communautés, mais ils sont très minoritaires. »

Tout ce qu'elle a dit n'a fait que confirmer ce qu'elle a également dit à Stiles. Rien n'a paru étrange. Allison a présenté Isaac comme un loup-garou venu d'Angleterre, transformé contre sa volonté. Isaac imite très bien l'accent britannique, surtout grâce à toutes ces émissions sur la BBC que Stiles et Cora l'ont obligé à regarder. « C'est un accent londonien plutôt qu'un accent campagnard. », a fait remarquer Isaac à Stiles, dubitatif, mais ce dernier est presque sûr que Jennifer ne remarquera pas la différence. Et puis, Isaac n'a pas à parler énormément.

Pour garder les choses simples, ils ont utilisé une partie de la vérité pour Isaac. Il a été blessé, proche de la mort, et un alpha local l'a transformé pour lui sauver la vie. « J'étais reconnaissant, vraiment. », a expliqué Isaac à Jennifer. « Mais être dans la meute, c'était... suffoquant. Je n'arrivais plus à supporter ça. » Il lui a dit qu'il s'était enfui et avait rejoint les États-Unis parce qu'il avait entendu que les choses étaient différentes ici, et Allison l'a rencontré à un événement que son père avait sponsorisé.

Après une heure de discussion, Jennifer a accepté de conduire Isaac et Allison à la communauté en Oregon, et maintenant il regarde autour de lui, et respire. « C'est génial. », dit-il et Jennifer lui sourit en le remerciant.

« Nous nous faisons livrer la plupart de ce dont nous avons besoin. », les informe-t-elle en leur faisant signe de la suivre. « Mais nous essayons d'être aussi autonomes que possible. Nous ne pouvons pas vraiment faire pousser des cultures mais nous avons nos fruits et nos légumes. Presque tout le monde ici est spécialisé. Nous avons notre plombier, notre électricien, et cætera. J'ai peur que nous n'ayons pas le wi-fi. », ajoute-t-elle en voyant Allison regarder son téléphone. « Nous avons eu des discussions pour faire installer une tour relais mais, jusqu'à présent, nous n'avons pas les moyens pour cela. »

« Oh, ce n'est pas un souci, mon père et moi pouvons vous aider pour ça. », répond Allison en rangeant son téléphone.

Il n'y a pas de voitures à la communauté, éliminant le besoin pour une station service. La communauté est constituée d'un peu plus d'une vingtaine de bâtiments. Les jardins communautaires se situent au milieu. L'un des bâtiments est une sorte de salle de regroupement, un autre fait office de supermarché, explique Jennifer, bien que ce ne soit que l'endroit où leurs réserves sont rassemblées. Il n'y a pas d'achat, pas de monnaie. Les gens font une demande pour ce dont ils ont besoin et, dans la mesure du raisonnable, un petit avion leur apporte tout ça une fois par semaine. L'un des bâtiments abrite un générateur qui fournit la communauté en électricité. Le reste des bâtiments sont des maisons.

« À chaque fois qu'on accueille un nouvel arrivant, nous commençons à construire une maison pour le prochain. », dit Jennifer. « De cette manière, il y a toujours une maison libre en cas de besoin. Isaac, ce sera la tienne. »

La maison est de plain-pied et est décorée de manière spartiate, bien qu'il ne puisse blâmer personne. Il y a l'électricité, donc il a un réfrigérateur et le four est électrique. « Pas d'air conditionné, désolée. Mais nous n'avons pas vraiment chaud, par ici. Il peut faire froid, par contre, alors on a du chauffage central. »

Jennifer a prévenu de leur arrivée, alors quelqu'un a un peu meublé la maison. Il y a du savon, du shampoing et du dentifrice dans la salle de bains. La cuisine contient quelques pains, des fruits, du fromage et des légumes frais. Il y a du sucre et de la farine dans le placard, ainsi que quelques boîtes de conserve et des ustensiles de cuisine.

« Vous ne mangez pas tous ensemble ? », demande Isaac, surpris.

Jennifer secoue la tête. « L'autonomie est un principe très important ici. Tu devras te préparer tes propres repas. Bien sûr, tu as tout à fait le droit d'inviter quelqu'un. », ajoute-t-elle.

Isaac se rend compte qu'il vient d'éveiller ses soupçons, alors il se dépêche d'ajouter : « C'est juste que... c'est très différent de comment faisait la meute. »

« C'est l'idée, oui. », sourit Jennifer. « Je sais que ce n'est pas très personnel ici. Le hall central a une petite collection de livres et de DVDs. Il y a un registre, alors tu peux réserver ce qui te convient. Les habits fournis ne t'iront peut-être pas parfaitement mais nous t'en donnerons des plus à ta taille aussi vite que possible. »

« C'est bien. C'est génial. Merci beaucoup. »

« Je vais te présenter à Utari. », ajoute-t-elle en leur faisant signe de la suivre. Ils vont trois portes plus loin et elle frappe au battant. La femme qui leur ouvre est dans la trentaine, la peau tannée et un ventre rond. Elle est enceinte. Elle ne sourit pas en leur ouvrant, ni ne fait un geste de bienvenue. « Utari, c'est notre nouveau résident, Isaac. », dit Jennifer. « Isaac, Utari est en charge de tout ici alors si tu as besoin de qui que ce soit, viens la voir. »

« C'est un plaisir de faire ta connaissance. », dit Isaac en se rapprochant instinctivement.

Utari fait un pas en arrière, refusant à Isaac tout contact physique. Mais elle lui fait un petit sourire. « Bienvenue. J'espère que le logement est à ta convenance. »

« Oui, euh, c'est bien. Est-ce que... Je vais rencontrer les autres ? Je veux dire, on vit tous ensemble, alors j'ai cru que... »

« Je comprends que ça puisse paraître bien différent pour toi. », dit Utari. « Tu vas t'adapter. Pour ce qui est de rencontrer les autres, c'est un peu compliqué. On parle beaucoup de langues, ici. Il n'y en a que deux autres qui parlent couramment anglais. »

« Oh – vraiment ? », demande Isaac, surpris.

« On porte secours à des gens aux quatre coins du monde. », intervient Jennifer. « Au début, quand ils s'installent, ils ont un traducteur avec eux pour qu'on puisse s'assurer qu'ils ont tout ce dont ils ont besoin. Mais on ne peut pas se le permettre à temps plein. Nous avons des gens ici qui parlent Hindi, Swahili, Urdu... Beaucoup de langues différentes ! »

« Je vais peut-être en apprendre quelques-unes, alors. », tente Isaac.

Jennifer sourit, lui rappelle encore de leur faire savoir s'il a besoin de quoi que ce soit et raccompagne Allison à l'hélicoptère. Allison regarde par-dessus son épaule comme pour s'assurer qu'Isaac va s'en sortir. Il hoche la tête d'une manière qu'il espère rassurante, debout au seuil de la porte de la maison qu'on lui a donnée.

Maintenant, c'est presque la nuit. Ils n'ont pas rencontré Jennifer avant le milieu de l'après-midi, et le voyage était plutôt long. Il rentre et se fait un sandwich au fromage, qu'il mange accompagné de quelques légumes.

Ça lui paraît incroyablement étrange d'être si seul. Il a passé la majeure partie de sa vie seul, après le départ de Camden, mais il s'est rapidement habitué à la compagnie de la meute l'an passé. Et même s'il ne s'y était pas habitué, cet endroit est l'endroit le plus isolé qu'il ait connu. Il regarde par la fenêtre pour voir si quelqu'un va sortir voir les autres. Mais non. Une femme sort prendre quelques choses dans le jardin. Il peut voir la lumière chez les autres. Des gens vivent ici. Mais ils vivent complètement séparés les uns des autres. Ils ne peuvent même pas communiquer ensemble.

Il peut facilement voir comment vivre dans un lieu pareil pourrait rendre fou un loup-garou, encore plus les rendre misérables. Il a déjà besoin du toucher de sa meute. La maison est propre et stérile. Ça ne sent rien du tout. Et c'est si calme. Elle pourrait tout aussi bien être insonorisée. Il n'entend aucun bruit de la nature. Il n'entend pas un battement de cœur réconfortant dans la pièce à côté, auquel il s'est tellement habitué.

Ce qu'il trouve intéressant, ce n'est pas vraiment comment ce lieu va à l'encontre de tous ses besoins en tant que loup-garou, mais plutôt combien on lui assure à chaque instant que c'est ce qui est bien. Qu'il va s'habituer. Qu'il va s'adapter.

Il ne va pas s'adapter, et il le sait. C'est plus que quelque chose qu'il veut. Ce n'est pas juste mystique. C'est chimique. Mais il peut voir comment un loup traumatisé, qui a déjà une raison de haïr ses besoins, à qui on répète constamment que ses besoins sont mal, peut perdre l'esprit. Et ça a déjà dû arriver. Jennifer Blake et son organisation ont déjà dû le voir. Mais ils continuent à imposer ce mode de vie aux loups qui arrivent. Ce qui veut dire que, soit ils sont vraiment aveugles, soit c'est délibéré.

Isaac se couche et regarde le plafond ; sa peau lui pique de solitude. Dès que le soleil se lève, il sort et prend la petite route. Il ne sait pas comment il va s'enfuir mais il ne peut pas rester une nuit de plus ici. Il a besoin de retourner à Beacon Hills. Vers la meute. Vers Cora.

Utari a l'air contrarié quand elle entrouvre la porte, portant un peignoir. « Quoi ? », demande-t-elle sans aucune trace d'amabilité.

« Ce – cet endroit va me rendre fou. », dit Isaac en se souvenant de son accent au dernier moment. « Je ne peux pas rester ici. »

À ces mots, Utari pose une main sur son épaule et Isaac peut sentir tout son corps répondre à ce contact. « Tu vas t'habituer. », dit-elle en serrant un peu.

C'est rassurant, et horrible. Isaac peut déjà le voir arriver. Utari va devenir la seule personne à lui accorder un contact physique et il va en être dépendant. Des petites faveurs qui masquent la privation. Comme un étrange cas de syndrome de Stockholm. « Je suis désolé, mais ce n'est pas le cas. Je dois partir d'ici. Je dois – j'ai eu tort de quitter ma meute. Je dois les retrouver. Est-ce qu'il y a un téléphone ? Je suis sûr qu'ils viendront me chercher si - »

« Il y a un téléphone, mais on ne pourra pas appeler en Angleterre. », dit Utari. « Je peux appeler Mme Blake. »

« S'il te plaît. S'il te plaît, fais-le. »

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Stiles écoute tout ce que Cheryl Krasikeva veut lui dire, et lui pose énormément de questions, comme l'avait prévu Derek. Il prend beaucoup de notes et ne perd qu'un mot ou deux. Puis il la remercie et Derek la raccompagne. Il revient dans la véranda où ils ont fait l'interrogatoire. « Qu'est-ce que tu en penses ? »

« Je pense que les lycéens de Beacon Hills sont tout à fait capables de glisser une note dans le casier de Paige pour se moquer d'elle. », dit Stiles. « Je ne pense pas que ça ait quelque chose à voir avec ce qui lui est arrivé. »

« Ah non ? », demande Derek, un peu surpris.

« Écoute, je ne suis pas contre une bonne théorie de conspiration, mais cette hypothèse me semble vraiment pas crédible. Quelqu'un était énervé qu'un loup-garou puisse choisir une pauvre immigrée, alors ils l'ont tuée avant que ce soit possible. Okay. Pourquoi pas. Mais n'oublions pas que le but n'était probablement pas de la tuer. Les rejets sont trop rares. Celui qui l'a mordue devait vouloir la transformer, pas la tuer. »

« Oui mais si elle avait été empoisonnée avant ? Comme Gérard Argent ? »

« À quel point c'est crédible ? C'est possible, oui, mais vraiment tiré par les cheveux. Ce serait quoi, le but ? Deucalion a fait ça à Gérard parce qu'il voulait faire porter le chapeau à Peter. Et probablement aussi parce qu'il avait entendu dire que Gérard essayait de se faire mordre, ce qui l'a... » Stiles s'arrête. « Énervé, d'une manière bien spéciale. »

« Insulté ? », essaie Derek.

« C'est proche... »

« Offensé ? »

« Oui, c'est ça ! Deucalion s'est senti offensé que Gérard veuille la morsure, alors il l'a utilisée pour le tuer. Mais une personne lambda, tuer une lycéenne comme ça ? Pourquoi ? Il y avait des manières bien plus simples. »

Derek doit admettre que Stiles n'a pas tort. « Et du coup, pourquoi elle est restée tard à l'école ? »

« Oh, comme je l'ai dit, je pense totalement que quelqu'un puisse utiliser son béguin pour toi pour l'attirer. Mais cette personne ne voulait probablement pas que ça se produise. La personne a probablement pensé que Paige resterait là, pleine d'espoir et que du coup, tu ne viendrais pas et que ça la blesserait. Peut-être même qu'elle attendait dans un placard pour se moquer - » Stiles s'arrête. « Bon sang, le témoin. L'appel aux secours ! »

Derek écarquille les yeux. « La personne ne voulait pas que quelqu'un sache qu'elle était là parce qu'elle a pensé qu'elle aurait des ennuis pour sa blague, pour avoir attiré Paige ici. »

« Alors le témoin a appelé le 911 et a nettoyé le téléphone. », dit Stiles. « Oh mon Dieu, Derek, c'est une piste ! Peut-être que le témoin a même vu quel alpha a fait ça ! » Il se remet sur pieds. « On a besoin de la liste exacte des gens dans l'école l'année où Paige y était. J'ai tellement de boulot ! »

« Calme-toi. », rit Derek en rattrapant Stiles, qui fonçait dans l'allée. « Tu penses toujours que Paige fait partie de la théorie des rejets ? »

« Je ne sais pas. Peut-être. Il y a encore tellement de choses que je ne sais pas – avec un peu de chance quand Allison et Isaac vont revenir aujourd'hui, je vais en trouver plus. Mais je veux cette liste et – qui saurait ? Pas Finstock, il ne fait pas attention à ce genre de choses – je me demande si Miss Schiffer enseignait ici en 2003 ? Non, elle est bien trop jeune. Mais bon, on va trouver quelqu'un. J'ai besoin de savoir qui traînait avec qui. »

« Okay. », répond Derek. « Au boulot. »

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Isaac passe une grande partie de la matinée à faire les cent pas dans la petite maison qu'on lui a donnée. Il se rappelle sans cesse que, même si Recherches pour un Remède n'a aucune intention de le laisser partir, la meute ne le laissera pas tomber. Ses doigts brûlent du besoin d'appeler Cora. Il lui envoie des dizaines de messages et regarde le petit ''échec de l'envoi'' d'un air morose.

Juste avant midi, Utari frappe à la porte et lui dit qu'elle a parlé à Jennifer. « Ils vont envoyer quelqu'un pour venir te chercher par le prochain avion. », dit-elle.

« Dans combien de temps ? », lâche Isaac.

« Trois, quatre jours probablement. », répond Utari.

Isaac ravale sa panique. « D'accord, je – d'accord. », finit-il lamentablement, sans savoir quoi dire d'autre. Il a cette intuition qu'il va y avoir un ''problème'' dans trois jours qui va l'empêcher de quitter les lieux. Qu'ils vont le garder ici aussi longtemps que possible pour voir s'il s'habitue et change d'avis sur le fait de partir.

Il se demande quoi faire et essaie de se convaincre de manger quelque chose quand il y a un petit tapotement à la fenêtre à l'arrière de la cuisine. Il lève les yeux, voit le visage de Peter et en reste bouche bée. Il se hâte d'ouvrir la fenêtre. « Qu'est-ce que tu fais là ? »

« Je suis venu te chercher. », répond Peter, imperturbable. « Au vu de la conversation que j'ai surpris, on dirait bien qu'ils veulent t'empêcher de partir. »

« Euh, oui mais – mais comment tu as fait pour venir ? », balbutie Isaac. « Ils ont dit que le lieu était top secret. Je sais que tu n'étais pas dans l'avion avec nous hier. »

Peter lui donne un de ces regards qui veut dire mon enfant, quand même. « Non, je n'y étais pas, mais le transpondeur de l'avion, oui. J'ai soudoyé quelqu'un qui travaille au hangar pour qu'il me dise où vous êtes allés. Du coup j'ai pris un vol de nuit pour Portland, j'ai loué une voiture et je vous ai suivis. Tu veux partir, ou pas ? »

« Oh, oui, absolument. », dit Isaac. Il porte encore les vêtements dans lesquels il est arrivé alors il n'a rien besoin de prendre. La maison a une porte arrière à côté de la cuisine, il s'y rend sans plus attendre. Peter part en direction de la forêt, les mains dans les poches. Isaac doit courir pour le rattraper. « Ils ne vont pas se demander où je suis passé ? »

« Probablement. »

Isaac y pense. « Ils vont savoir que tu étais là. Je veux dire, ils vont pouvoir te sentir. »

Peter hausse les épaules. « Ils ne vont pas savoir qui je suis, ni comment je les ai trouvés. Je suis sûr qu'ils ne vont parler que de ça, mais je m'en fiche totalement. »

« Oh okay. » Isaac hésite. « Tu as demandé à Stiles ? »

Peter prend un air amusé. « Je ne demande pas à Stiles la permission de faire mon travail. »

« Oui, mais c'est lui qui m'a envoyé là, alors... » Isaac s'arrête de parler. Il n'a pas vraiment envie de défier Peter et il penche inconsciemment la tête sur le côté, dénudant sa gorge, quand Peter se tourne pour le regarder.

« Cet endroit n'est pas bon pour toi. », dit Peter. « Tu ne vas pas rester là. Si ça pose problème à Stiles, il viendra m'en parler à moi. Mais ça ne lui posera pas problème. Il ne voudrait pas que tu restes dans un lieu qui te rend si malheureux. »

« Oh... Okay. » Isaac reste incertain, mais il n'a pas envie de continuer à discuter. Si on peut vraiment appeler ça une discussion.

« Il va falloir marcher. », continue Peter. « La route n'est pas juste à côté. » Il s'arrête pour regarder Isaac, puis le surprend totalement en l'attirant dans une étreinte. La surprise n'est que passagère cependant et il ne peut s'empêcher de s'approcher davantage, se délectant du contact physique. Peter lui lisse les cheveux et lui tapote le dos. Puis il le relâche et recommence à marcher comme si de rien n'était. « On peut rentrer à Beacon Hills en voiture. Ce sera plus rapide que de retourner à Portland pour prendre un avion. »

« Okay. », répond Isaac puisque sa notion de géographie est hasardeuse, et il n'a aucune idée d'où ils sont, à part en Oregon.

Il réalise alors que c'est la première fois qu'il se retrouve vraiment seul avec Peter. La maison est toujours pleine de monde et Peter n'est pas là la moitié du temps. Il devrait avoir un peu peur – et il n'a aucune honte à avouer qu'il est un peu intimidé – mais ce n'est pas le cas, pas vraiment. Peter se soucie de lui, de toute évidence, même si ce n'est que de manière périphérique parce qu'il est un membre de la meute. Et il ne va pas se battre pour rester dans la communauté une minute de plus.

Après 45 minutes, ils arrivent à une petite route de terre qui s'arrête à un portail avec une clôture en fer et les mots propriété privée. Peter l'escalade aisément et fait signe à Isaac de le suivre, ce qu'il fait. Quelques minutes plus tard, ils sont dans la voiture et ont trouvé une vraie route.

« Tu aimes la musique. », demande Peter en le faisant sursauter.

« Oh, euh, ouais. Bien sûr. », dit Isaac.

« Je n'aime pas le silence. », explique le plus vieux et il joue avec son téléphone jusqu'à ce que la musique emplisse l'habitacle. Tout comme pour les films, ses goûts sont très éclectiques. Une minute, du rock classique, puis de la guitare espagnole et ensuite, du heavy métal. Malgré le volume, Isaac s'endort.

« As-tu faim ? », demande Peter. Isaac se réveille un peu en sursaut et cligne des yeux. Ils sont sur une route principale, maintenant. Il hoche lentement la tête, tout ensommeillé. Peter s'arrête à un drive. Isaac mange deux cheeseburgers avant de se rendormir.

C'est le soir quand ils arrivent à Beacon Hills. Quelqu'un devait savoir ce que mijotait Peter, ou alors il doit avoir envoyé un message quand ils se sont arrêtés pour faire le plein parce que la majorité de la meute les attend. Cora couine et lui saute dans les bras, parsème son visage de petits baisers. Il l'embrasse en retour et la serre contre lui alors que le reste de la meute se serre contre lui, et les choses reviennent à la normale.

« Alors, ça craint cet endroit, du coup ? », demande Stiles.

« Horrible. », répond Isaac en s'asseyant sur le canapé, attirant Cora sur ses genoux avant de commencer à décrire son expérience. C'est étrangement gratifiant. Les membres de la meute réagissent comme s'il racontait une histoire d'horreur, avec des halètements et des yeux écarquillés. Quand il leur raconte à quel point c'était silencieux, Peter se lève et s'excuse. Isaac peut comprendre ce que ça doit être pour lui, essayer de dormir sans sa compagne à ses côtés. Il se demande si c'est pour ça qu'il dort si souvent chez Tom.

Stiles prend des notes et, quand il a terminé, prend la parole. « Au moins, je sais qu'il ne faut pas que je leur donne mon sang. Je ne sais pas encore trop comment ils sont connectés à l'affaire mais j'ai d'autres pistes, alors on verra bien ce qui se passe. En attendant... », ajoute-t-il. « Après que Peter m'ait envoyé un message j'ai fait des muffins aux mûres, alors - »

« Génial. », dit Isaac. Il ne veut pas lâcher Cora alors il passe un bras autour de sa taille et se lève, la portant comme une princesse. Elle rit et passe un bras autour de ses épaules. « Allons manger. »

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« Alors, à quoi penses-tu ? », demande Derek en tirant Stiles par le poignet, l'attirant sur le lit pour l'empêcher de faire les cent pas.

« Eh bieeeeeeeeeen. », répond Stiles en se laissant tomber sur le matelas à côté de lui. « Recherches pour un Remède n'est évidemment pas une bonne organisation. Et on va devoir trouver quoi faire pour eux. Le problème, c'est qu'ils sont juste assez réglos pour que ce soit compliqué. J'ai assez de pistes à suivre, je veux dire, si j'arrive à trouver qui était le témoin du meurtre de Paige, peut-être qu'il ou elle pourra me dire qui est l'alpha. Mais c'est là, le problème. »

« L'alpha. C'est comme pour ce qui est arrivé avec Deucalion. Pourquoi est-ce qu'un alpha aiderait quelqu'un comme ça ? »

« C'est un peu plus logique avec Recherches pour un Remède. Ils aident certains vrais loups-garous. », pense Stiles. « C'est possible qu'ils aient aussi un ou deux alphas. Tu sais, un pauvre bêta qui s'est fait mordre et qui a été poussé à tuer l'alpha qui l'a attaqué. »

« Okay. On trouve ça comment ? »

« Eh bien, je ne sais pas s'ils gardent des données là-dessus. Je me demande si on peut s'introduire dans leurs ordinateurs. Il faudra que j'appelle Danny. »

Il s'est occupé de la liste des étudiants, en commençant par ceux de la la même année que Paige pour essayer de savoir qui était dans la bande de harceleurs. Il a parlé à quelques profs de l'école et a retrouvé certains étudiants. Il ne sait pas si quiconque acceptera de lui parler, mais il va bien voir ce qu'il peut découvrir.

« Quelque part dans tout ça, il y a un indice. », murmure Stiles en regardant par la fenêtre.

« Mm hm. », dit Derek en se penchant pour caresser sa nuque avec son nez et ses lèvres. « Je change de sujet, mais est-ce que Peter et ton père ont reparlé de cette affaire, ou Peter a essayé de lui faire emménager par surprise à la maison de la meute ? »

« Oh, seigneur. » Stiles s'éloigne un peu. « Je ne pense pas pouvoir parler de sujets sérieux quand tu me fais ça. Alors garde tes lèvres pour toi pendant une minute. », ajoute-t-il, et Derek hausse un sourcil. « Tu vois, le truc c'est que Peter a raison. Mon père serait plus heureux s'il emménageait ici. Je veux dire, okay, ça sera horrible de faire la navette entre ici et le boulot, mais puisqu'il vient déjà manger là cinq ou six fois par semaine, ça ne va pas trop lui changer. Et je sais qu'il se sent seul. »

« Okay. Mais ça n'est pas si simple. »

« C'est ça. Je veux dire, c'est la maison où mon père a vécu avec ma mère. C'est la maison où j'étais bébé, et cætera. Et puis, on a travaillé sur les parterres de fleurs. Mais le truc, je crois que ce n'est pas ça qui dérange le plus mon père. Ma mère lui manque, bien sûr. Je ne veux pas qu'il oublie ce qui s'est passé avec elle, parce que ce n'est pas le genre de choses qu'on oublie. Mais il est passé à autre chose, dans une certaine mesure, tu sais ? Il a recommencé à rencontrer des gens quand j'avais, genre, quatorze ans, même s'il n'a jamais trouvé quelqu'un de sérieux. »

« Alors c'est quoi le souci ? », demande Derek.

« Je pense qu'il est inquiet que Peter n'y ait pas vraiment pensé. Je veux dire, au début il était juste contrarié que Peter ne lui ait pas demandé son avis, mais bon, une question : admettons que mon père emménage. Il va dormir où ? »

« Eh bien, il pourrait avoir notre chambre, ou alors il pourrait - » Derek voit ce que Stiles veut dire. « Rester avec Peter. »

« Ouais. Je pense que ce qui inquiète vraiment mon père, c'est que Peter l'invite inconsciemment, tu sais, à être sérieux ensemble. Et que, s'il dit ça à voix haute, il va ouvrir la boîte de pandore. »

Derek grimace. « Mais s'il repousse trop Peter, il envoie le mauvais message. »

« Ouais. Basiquement, c'est un gros bordel et ton oncle devrait vraiment aller voir un psy. »

« C'est vrai. » Derek repense à ce que Tom lui a dit. « Je pense que ton père espère vraiment que Peter va... s'occuper de lui, et accepter. »

« Je l'espère. Je veux dire, hé, il va mieux. Il va de mieux en mieux depuis que je le connais, alors peut-être que ça va continuer comme ça. » Il se mordille la lèvre inférieure avant d'ajouter : « Mec, je veux vraiment que mon père soit heureux. Je sais que ça a été dur pour lui, que j'emménage ici. J'aimerais bien, je sais pas, faire que les choses aillent bien entre eux. »

Derek passe un bras autour de ses épaules et l'attire dans un câlin. « Je pense que ton père sait ce qu'il doit faire. Pour le moment, on devrait le laisser prendre les choses en mains. »

« Je n'arrive pas à laisser les autres prendre les choses en main. »

« Je sais. », dit Derek, avant de rire. « Pourquoi est-ce qu'on ne trouverait pas autre chose que tu puisses prendre en main ? »

« Derek Hale ! », s'offusque faussement Stiles. « C'était grossier ! Je suis si fier de toi ! Je vais trouver plein de choses à prendre en main, tu vas voir ! »