Nouveau dimanche, nouveau chapitre ! Merci à vous pour vos review, et à Neliia pour la correction ! Bonne lecture
« Tu veux que je quoi ? », demande Danny en plissant les yeux.
« Que tu hackes le système d'une organisation de charité pour que je puisse avoir leurs données. », répond Stiles. « Sérieusement, ils sont pas cool. Et puis t'as pas de boulot en ce moment. »
Danny se passe les mains sur le visage. « Si on oublie que c'est illégal, parce que je sais que ça ne va pas t'arrêter, ils n'ont pas l'air si mal que ça. Je veux dire, je deviendrais fou sans wi-fi, mais je connais beaucoup de monde sur internet qui adorerait vivre dans un coin paumé du Wyoming où personne ne pourrait les embêter. »
« Ouais, tu sais, on le dit, mais c'est différent de le faire. », argumente Stiles. « Je pourrais te faire un exposé sur les cultes et leurs méthodes de lavage de cerveau, mais je doute que ça t'intéresse tant que ça. Et puis, on s'en fiche que ça embêterait quelques personnes, c'est conçu pour rendre un loup-garou complètement fou. La maison était basiquement une chambre de privation sensorielle pour loup-garou. Et pourquoi il n'y a personne qui parle anglais ? »
« Eh bien, s'ils ont sauvé des gens dans le monde entier - »
« Alors ils devraient avoir sauvé au moins trois ou quatre personnes qui parlent la même langue, alors pourquoi ne pas les mettre ensemble ? » Stiles secoue la tête. « Et ça me dérange moins que leur attitude. La manière qu'ils ont eue d'obliger Isaac. Lui dire qu'il allait s'y habituer, en se fichant complètement de ses sentiments. C'est basiquement du gaslighting(1). »
Danny grimace un peu. « Okay, okay. Ils ne sont pas cool. Mais tu réalises que hacker quelqu'un, c'est pas aussi facile que me contenter de taper à toute vitesse sur mon clavier pendant qu'un écran à la Matrix défile ? Je veux dire, je doute que tu connaisses leur adresse IP. »
« En fait, si. », répond Stiles et il sourit quand Danny lui lance un regard incrédule. « Quand Allison leur a rendu visite, elle a demandé si elle pouvait utiliser leur wi-fi et m'a envoyé un mail. Tu devrais pouvoir la tracer à partir de ça, non ? »
« Oui. », répond Danny à contrecœur. « Okay, d'accord. Un jour, je vais finir en prison à cause de toi, tu le sais, ça ? »
« Impossible. On est trop riches et trop mignons. »
« On ? », demande Danny, amusé. « Okay, tu veux que je te trouve quoi ? »
« Tout ce que tu peux. En priorité leurs finances et correspondances. »
« Okay, je vais m'y mettre. Mais la prochaine fois que tu vas chez Ellen, je viens avec toi. »
« Deal. » Stiles cogne son poing contre le sien avant de partir. Il a beaucoup de choses à faire en cuisine puisqu'il a beaucoup travaillé sur son affaire récemment, alors il retourne à la maison. Il s'arrête un coup pour regarder la construction, admire à quel point ça va vite.
Quand il arrive à la maison, il a une énorme pile de fruits et légumes à couper pour la semaine à venir, et il parle avec Allison de ce qu'elle a trouvé pendant qu'il travaille. Ce n'est pas autant que ce qu'il avait espéré. Il y a cinq communautés, mais elle ne sait pas où sont les autres. Elles ont parlé des expérimentations que sponsorise Recherches pour un Remède.
« Apparemment, », explique Allison en volant une fraise, « elle pense qu'une combinaison de rejet et d'ancêtres loups-garous peut être la clé du remède. »
« Huh. » Stiles sait que Peter a pour théorie qu'il peut y avoir des loups-garous dans son arbre généalogique. C'est peut-être pour ça que Jennifer insiste autant auprès de lui. Malheureusement, elle ne lui a pas donné plus d'infos sur les études, et elle n'a pas voulu pousser. Ils doivent faire attention et prendre leur temps ou alors Jennifer va comprendre ce qu'ils veulent.
Il a coupé la moitié d'une courgette qu'ils vont manger ce soir, quand son téléphone sonne et il l'attrape, avant de le mettre en haut-parleur pour pouvoir continuer à travailler. C'est Danny, ce qui le surprend un peu. Il ne pensait pas avoir de ses nouvelles avant plusieurs jours. « Quoi de neuf ? »
« Je voulais juste te faire savoir, je pense que ça va prendre un bon moment. », dit Danny. « Leurs données sont vraiment très bien encryptées. »
Stiles arrête de couper sa courgette. « C'est un peu bizarre, non ? »
« Mec, je n'ai vu ce niveau de sécurité qu'une fois dans ma vie, et c'est quand j'ai essayé de m'introduire dans le système d'une banque européenne. Euh, pour un ami. C'est mieux si tu ne poses pas trop de questions. Mais bref, oui, c'est bizarre. Je veux dire, les pare-feux en eux-mêmes ne sont pas trop mauvais, mais même si j'arrive à avoir des informations, ce sera inutilisable. »
« Tu peux les décrypter ? »
« Peut-être. Si tu me donnes quelques semaines. Ou quelques mois. »
« Okay, eh bien, fais ce que tu peux, mais je ne m'attends à rien, du coup. » Il dit au revoir à Danny et raccroche, avant de réfléchir. S'ils peuvent avoir un mandat, ils pourront tout avoir légalement. Mais il n'a aucune preuve de méfait. Il n'y a aucune loi qui interdit ce qu'ils font dans les communautés. Stiles n'est même pas certain que quelqu'un qui n'est pas familier avec des loups-garous se rendrait compte de ce qui s'y passe. Et même si c'est très suspicieux qu'ils s'intéressent aux rejets de morsure en corrélation à l'exposition à l'argent ou l'aconit, et qu'il y a un haut taux de rejet parmi les attaques incontrôlables, c'est à des années lumières d'être une preuve.
Ils ont besoin de plus que ça, décide-t-il. Alors il va continuer à chercher. Mais au moins, maintenant, il sait pour sûr qu'ils ont quelque chose à cacher.
OoOoOoOoOoOoO
La meute est au milieu d'une partie sans pitié de Risk, un samedi après-midi où il fait bien trop chaud pour quitter la maison, quand la sonnette d'entrée retentit. C'est inhabituel d'avoir des visiteurs à la maison de la meute. Tout le monde sait où elle est mais elle est à au moins vingt minutes en voiture du centre ville. Quiconque veut parler à Talia ou Aaron peut les joindre plus facilement à leur bureau, et le reste d'entre eux reçoit rarement des invités surprise.
« SI c'est pour moi, je ne suis pas là. », dit Stiles. Il est occupé à planifier une invasion de l'Australie. Derek renifle d'amusement et passe une main le long de son dos. Il aime le Risk mais ce qu'il aime le plus, c'est regarder Stiles y jouer. Pas parce que Stiles est meilleur – il se fait régulièrement battre par les autres – mais parce qu'il est tellement impliqué dans son jeu. Il joue avec un abandon dramatique.
Aaron regarde autour de lui, voit que personne ne va aller ouvrir la porte, alors il se lève. « Cora, garde un œil sur le Brésil pour moi. », dit-il en se dirigeant vers l'entrée. Tout le monde tend à moitié l'oreille. Une famille qui a survécu à deux tentatives d'assassinat devient un minimum paranoïaque. Mais il n'y a pas de bruit inhabituel, juste la voix de deux hommes qui discutent. Aaron revient au salon une minute plus tard, les sourcils froncés. Mais il a plus l'air surpris qu'inquiet. « Il y a un agent du FBI qui recherche Przemysław Stilinski. »
Tout le monde se tend un peu. Ce n'est pas exactement un code, plutôt une manière de communiquer qu'ils ne connaissent pas la personne puisqu'il n'a pas demandé à parler à Stiles. C'est Talia qui lève les yeux, et sa voix trahit la volonté de fer de l'alpha qu'elle est. « Pourquoi est-ce qu'un agent du FBI vient ici plutôt que nous contacter par le biais du shérif ? »
« Je ne suis pas certain. Voudrais-tu le lui demander, mon amour ? »
« C'est ce que je vais faire, oui. », répond Talia en se levant à son tour.
« Oh, il faut que je vois ça. », s'exclame Stiles en quittant sa chaise. Derek a un petit rire silencieux et le suit. Mais il se contente d'écouter au lieu de regarder. Il n'y a pas assez de place dans l'entrée pour trois adultes, alors il rôde à l'entrée du salon.
Talia marche jusqu'à la porte et elle a l'air d'aspirer tout le pouvoir dans la pièce pour s'en draper. Elle a l'air d'une reine quand elle atteint la porte et dit : « Je suis Talia Hale. En quoi puis-je vous aider ? » Au ton de sa voix, elle n'a pas l'air de vouloir l'aider.
« Mme Hale. », répond une voix de baryton. « Heureux de vous rencontrer. Je recherche le fameux Przemysław Stilinski. »
La manière dont il le dit fait se hérisser le poil de Derek. Stiles, plus habitué à l'attention des gens, se contente de plisser le nez. Il avance pour voir qui est à la porte et son comportement change immédiatement, passant de la curiosité et l'ennui à la surprise et la colère. « Qu'est-ce que vous foutez là ? », demande-t-il.
Talia et Derek lui envoient tous les deux un regard étonné. Pas à la manière dont il s'est énervé, en prenant sa personnalité d'alpha – ils l'ont vu faire ça avant – mais au fait que Stiles reconnaisse qui est à la porte.
« Salut, Stiles. », répond l'homme. « Ça faisait longtemps. Tu as une minute pour parler ? »
« Pourquoi est-ce que j'aurais envie de discuter avec vous ? »
« Stiles. », dit Talia. Sa voix est un poing de fer dans un gant de velours. Ça lui rappelle qu'elle est alpha et qu'ils sont sur son territoire. « Tu connais ce monsieur ? »
L'homme leur fait un sourire tendu. « Agent Rafael McCall. Puis-je entrer ? »
« McCall ? », plusieurs personnes - surtout les Hale - répètent. La meute dans le salon est clairement en train d'écouter aux portes et Stiles grimace. Avant que qui que ce soit ne puisse dire autre chose, Scott abandonne le jeu du Risk et se précipite dans l'entrée, qui commence à être bondée.
Stiles regarde par-dessus son épaule à l'arrivée de Scott mais il ne bouge pas avant que ce dernier ne lui donne un coup de coude. « Papa ? »
« Scott ? » McCall a l'air aussi surpris que les autres. « Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je joue à Risk. Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Eh bien, je devais parler à Stiles de - » McCall semble se souvenir que tout le monde écoute. « Est-ce que tu pourrais me présenter à tes amis, Scott ? »
« Je peux te présenter à ma meute. », répond le jeune homme.
McCall fronce les sourcils. « Tu es – dans une meute de loups-garous ? »
Scott fait délibérément briller ses yeux dorés. « C'est un problème ? », demande-t-il, son ton et sa posture belliqueux.
« Non. », dit McCall. « Je suis juste surpris. Ta mère ne m'en a pas parlé. »
« Eh bien, je crois que l'accord formel sur la garde ne l'oblige absolument pas à t'en parler. », répond Scott.
« Qu'est-ce qui se passe ici ? », demande Peter et tout le monde sursaute parce que personne, pas même Talia, ne l'a remarqué descendre les escaliers. Que Peter prenne part à une situation déjà émotionnellement tendue n'est pas quelque chose que quiconque veut, alors Talia intervient prestement.
« Agent McCall, je suis sûre que vous comprendrez notre réticence à laisser un étranger pénétrer notre maison. Cela vous dérange-t-il que nous vous rejoignions sur le palier ? »
« J'ai besoin de parler à Stiles en privé. »
« Alors revenez avec une citation à comparaître. », répond-elle sans hésiter.
McCall n'a pas l'air heureux mais c'est un désaccord qu'il ne va pas gagner, alors il se recule pour leur permettre de le rejoindre dehors. Derek reste derrière la fenêtre pour écouter parce qu'il n'aime pas cet homme : il n'aime ni sa voix ni son odeur. Talia ferme la porte avant que d'autres petits curieux les rejoignent, y compris Peter.
« C'est à quel propos, agent McCall ? », demande Talia.
« J'ai vraiment besoin de parler à Stiles. », répond-il en regardant directement Stiles, comme si ça allait le convaincre.
« Je suis son alpha et son avocate. Jusqu'à ce que nous sachions ce que vous voulez, Stiles n'a aucune obligation de vous adresser un seul mot. C'est également le cas de votre fils, au cas où vous auriez aimé employer cette tactique. Alors je vais vous poser la question une dernière fois avant de cordialement vous inviter à dégager de ma propriété. Qu'est-ce que vous voulez ? »
« C'est à propos de l'affaire sur laquelle il travaille. », dit McCall.
« Et ? »
« Eh bien, je travaille dessus aussi. J'ai pensé qu'on pourrait comparer nos notes. »
« C'est pour ça que tu es là ? », demande Scott. « Wouah, papa. Wouah. Je m'en vais. » Il se tourne et rentre dans la maison sans un autre mot. Stiles regarde derrière lui avec inquiétude, mais ne le suit pas. Allison est là et il sait qu'elle s'occupera de lui.
« De quelle affaire parlez-vous ? », questionne Talia. « Et pourquoi pensez-vous que Stiles travaille dessus ? »
« Il y a eu une constante inhabituelle des attaques d'alphas dans la dernière décennie. », dit McCall. « Le shérif Stilinski a demandé les dossiers de plusieurs départements et ça a fait sonner quelques alarmes à mon bureau. Puisque le shérif lui-même est, j'en suis certain, bien trop occupé pour travailler sur des cas venant d'autres états, j'ai présumé que c'était Stiles qui les avait demandés. »
« Et, au lieu de demander à le voir en passant par le bureau du shérif, vous avez décidé de venir ici. Pourquoi ? »
« Je ne voulais pas donner de fausses idées. C'est juste une discussion amicale, informelle. Entre collègues, si vous voulez. », ajoute-t-il en faisant à Stiles ce sourire hypocrite qui fait dresser les poils de Derek.
« Je pense que c'est parce que vous ne vouliez pas donner la bonne image. », dit Talia. « Qui est que vous ne voulez pas qu'un adolescent vous vole votre gloire, alors vous êtes venu ici pour lui demander d'arrêter de travailler sur cette affaire. »
« Si on doit vraiment être techniques, Stiles n'a aucun droit de travailler sur cette affaire. C'est une affaire fédérale. Alors à moins que quelque chose ne soit arrivé ici, pour donner au shérif Stilinski la juridiction locale - »
« Quelque chose est arrivé ici. », l'interrompt Talia.
« Je vous demande pardon ? »
« Le meurtre de Paige Krasikeva. », l'informe. « Elle est morte d'un rejet après l'attaque d'un alpha incontrôlable en 2003. »
McCall lui envoie un regard surpris. « Elle ne correspond pas au MO. », dit-il.
« Eh bien, elle correspond assez pour me donner le droit de demander les dossiers. », répond Stiles en lui renvoyant son sourire. Mais Derek fronce légèrement les sourcils. Pourquoi McCall ne pense-t-il pas que Paige corresponde ? Que sait-il de ce qu'il a pu se passer à Beacon Hills ? À première vue, Paige devrait être sur la liste.
« Je suis surpris que l'affaire ne soit pas encore classée. », avance McCall. « Il ne doit pas y avoir tant d'affaires d'homicides non résolues que ça à Beacon Hills. 2003... N'est-ce pas l'année de la mort de ta mère ? Je suppose que je peux comprendre pourquoi le shérif n'était pas au top de sa forme. »
Derek laisse échapper un grondement sourd à ces mots et la voix de Stiles se tend. « Pourquoi ne prendriez-vous pas l'opinion que vous avez de mon père pour vous la foutre dans le - »
« Stiles. », l'interrompt Talia en lui serrant l'épaule. Sa voix est calme mais une lueur cramoisie commence à envahir son regard. « Agent McCall, je comprends que vous avez probablement l'autorité légale de demander les informations que Stiles a découvertes. Pourquoi n'allez-vous pas au bureau du shérif et prendre rendez-vous pour lundi ? Stiles et vous pourrez revoir l'affaire ensemble. »
« Ça me va. » McCall leur fait un autre de ses sourires hypocrites avant de retourner à sa voiture.
Stiles le regarde partir avant de se tourner vers Talia en gémissant. « Je suis vraiment obligé ? »
« Est-ce qu'il fait vraiment partie du FBI ? », demande Talia, et Stiles acquiesce. « Alors, oui. Je comprends pourquoi tu n'as pas envie, mais tu ne peux pas te mêler d'une enquête fédérale. Après, il ne peux pas te stopper non plus – tu enquêtes sur un meurtre local et tu as le droit de suivre les pistes que tu trouves. Et par toi, je veux dire les gens qui sont vraiment employés comme agents par le bureau du shérif. Du coup, ce que je veux vraiment dire, c'est ton père. »
Stiles soupire. « Alors pourquoi vous l'avez renvoyé ? J'aurais préféré en finir. »
« Parce que si cet homme insiste pour dire des choses dégradantes sur ton père, je préfère l'éloigner autant que possible de Peter. »
« Ah. Oui. » Stiles considère ce que Peter ferait probablement subir à Rafael McCall. « Outch. »
« Je suppose que vous avez un passif que je ne connais pas ? », dit Talia.
« Pas tant que ça. », répond Stiles. « Le père de Scott est un enfoiré, et lui et mon père se sont toujours détestés. » Stiles hausse les épaules. « Après que Mélissa l'ait mis dehors, il a quitté la ville. C'est la première fois que je le revois, depuis. »
« La première fois que Scott le revoit aussi, si j'en crois sa réaction. » Talia plisse les lèvres. « Est-ce que son père l'a déjà maltraité ? »
« Physiquement, non. Verbalement et émotionnellement, oui. Scott peut gérer son père. »
« Okay. » Talia secoue un peu la tête, comme si le fait que des gens maltraitent leurs femmes et enfants est quelque chose qu'elle ne comprend pas. « Rentrons. »
Elle retourne à la maison et, en pénétrant dans le salon, elle voit que tout le monde la regarde. « Je suppose que vous avez tous entendu ? », demande-t-elle. Tous répondent d'un hochement de tête. « Scott, tu vas bien ? »
« Oui. J'ai envoyé un message à ma mère pour la prévenir qu'il est là. Elle m'a répondu avec des mots que je ne peux pas répéter devant les enfants. »
Tout le monde ricane, sauf Peter, qui continue de froncer les sourcils devant la porte. « Peut-être que je devrais aller voir Tom au travail. »
« Crois-moi, Oncle P, mon père n'a pas besoin d'aide pour gérer ce mec. », dit Stiles.
« Je suppose que c'est probablement vrai. », répond Peter en retournant s'asseoir.
Puisque la question 'comment ça va ?' a une réponse évidente, Derek ne la pose même pas. « Pourquoi pense-t-il que Paige ne correspond pas au MO, tu crois ? »
« Je ne sais pas. », dit Stiles. « Même avec la possibilité qu'elle a été attirée par quelqu'un, elle correspond toujours au MO des attaques incontrôlables. Je ne sais pas si je manque quelque chose, ou si lui, loupe quelque chose. Et je ne sais pas comment le découvrir, puisque sa version de travaillons ensemble implique que je lui dise tout ce que j'ai découvert, et que lui ne me dise rien en retour. »
Derek grimace. « Il a l'air d'être ce genre de trouduc. »
« Ouais. Il va juste me dire que, pour le bien de mon investigation, tout ce que j'ai besoin de savoir c'est que Paige n'était pas une victime de l'alpha qu'il cherche. Que tout le reste est confidentiel, bla, bla, bla. » Son couteau heurte la planche à découper avec un bruit. « Je parie que c'est le coup de fil. », dit-il après un moment. « Personne n'a appelé les secours pour les autres victimes. »
« Peut-être. », dit Derek. « Mais on trouvera. Avec ou sans son aide. »
OoOoOoOoOoOoO
Tom ne peut s'empêcher d'être amusé quand il voit son fils entrer dans le bureau du shérif lundi, les sourcils froncés, traînant son sac à dos. Il ne peut pas lui en vouloir. Il ne peut pas se souvenir d'une seule rencontre avec Rafael McCall qui ne se soit pas terminée avec un froncement de sourcils. Depuis leurs premières interactions, quand Stiles avait six ans, jusqu'à leur dernière fois il y a deux jours, il déteste Rafael McCall de toute son âme.
C'est assez facile d'ignorer les pics de McCall sur son alcoolisme et son incompétence. L'agent fait relativement bien son travail mais il n'est pas un prodige et dissimule ses insécurités derrière ses insultes. Il en veut à Tom parce qu'il pense que le shérif a joué un rôle dans la décision de Mélissa de le mettre à la porte. Tom se moque complètement de ce que pense Rafael de lui, alors il se contente de hausser les yeux au ciel quand McCall part dans une de ses tangentes.
Le problème, c'est qu'il est apparemment le seul à faire ça. Stiles commence à souffler et siffler chaque fois que le regard de McCall a le malheur de se poser sur le shérif. Ce qui est assez facile à supporter. Ce dont Tom n'a pas besoin, c'est que Peter lui demande, pendant le brunch du dimanche : « Est-ce que tu voudrais que j'arrange un accident pour lui ? »
Alors tout le monde hait McCall et Tom espère que cette rencontre sera brève et qu'il va vite partir de là. Mais vu le froncement de sourcils sur le visage de Stiles, ça ne va probablement pas se passer comme ça. Il soupire. Stiles ne va rien donner à McCall. Il va le faire supplier pour avoir la moindre information et ça va prendre des plombes. Le désagrément de la présence de McCall en ville est contrebalancé par sa fierté et son amusement envers le comportement de son fils.
« Donc. », dit l'agent McCall alors que Stiles et Tom le rejoignent dans la salle de conférence. « Tu as commencé par enquêter sur le meurtre de Paige Krasikeva. »
« Ouais. », répond Stiles en lui lançant un regard noir.
« Pourquoi ? », demande McCall.
Stiles hausse les épaules. « L'ennui. »
McCall lui fait ce sourire que Tom pense vouloir être chagriné mais qui le fait ressembler à un poisson-globe. « Qu'est-ce que tu as découvert ? »
Stiles le fixe pendant un long moment avant de soupirer. Parlant lentement comme si chaque mot était un effort considérable, il finit par répondre. « Qu'elle a été mordue par un alpha féroce et qu'elle est morte d'un rejet. »
Le silence tombe pendant une longue minute. McCall a l'air moins amusé. « Je pense que ça serait plus facile si tu coopérais, Stiles. »
« Je coopère. Je réponds à vos questions. »
McCall plisse les yeux. « Okay. Alors qu'est-ce que tu as fait ensuite dans ton 'enquête' ? » Il fait des guillemets en l'air avec les mains. Tom pense que ça doit être pour essayer d'énerver Stiles et le faire parler, parce que même McCall n'est pas assez stupide pour croire que Stiles est incompétent.
« J'ai fait des recherches sur les rejets. », dit Stiles. « Et j'ai trouvé une constante d'attaques d'alphas incontrôlables. Puis j'ai demandé les dossiers sur toutes les attaques des quinze dernières années. Et vous êtes arrivés à ma porte. »
« Okay. », répond McCall. « Pourquoi est-ce que je ne regarderais pas tes notes, puisque tu penses que Paige correspond au MO et que je pense que ce n'est pas le cas. »
« Je vous montre les miennes si vous me montrez les vôtres. »
Étonnamment, McCall répond : « Okay. » et ouvre son attaché-case. Stiles semble pris au dépourvu mais, quelques minutes plus tard, leurs dossiers sont étalés partout sur la table et ils sont tous les deux penchés dessus. « Tu as inclus Stéphanie Nichols. »
« Oui. Pas vous ? »
« Eh bien, elle a été attaquée chez elle. Le reste des victimes ont été attaquées dans des lieux publics. »
« Chez elle, mais pas dans sa maison. », remarque Stiles. « Elle était dans l'allée en train de laver sa voiture. Elle correspond à tous les autres critères, alors je l'ai incluse. Vous avez mis Quentin Parker. Il compte ? J'ai cru qu'il avait avoué plus tard avoir été payé par l'OLL pour attirer des ennuis à l'alpha. »
« Hm. », dit McCall. « Il faudra que je vérifie ça. Tu en sais plus que moi sur l'OLL. » Il tapote une photo. « Mariana Cruz. Nous savons qu'elle n'est pas impliquée parce que le coupable a été attrapé. »
Stiles fouille quelques papiers. « Ce n'était pas dans les dossiers. »
« Non. C'est confidentiel. Je ne peux pas t'en dire plus que ça. »
« Hunh. » Stiles l'enlève de la liste. « Okay, la grande question. Pourquoi pensez-vous que Paige ne correspond pas au MO ? »
« Parce qu'elle n'était pas seule quand elle a été attaquée. Quelqu'un a appelé les secours. »
« On ne sait pas si la personne qui a appelé les secours était avec elle quand elle a été attaquée. », remarque Stiles. « Elle aurait pu arriver plus tard. »
« Alors pourquoi nettoyer le téléphone ? », demande McCall. « D'une manière ou d'une autre, il y a une autre personne impliquée dans le meurtre de Paige et ça veut dire qu'elle ne correspond pas au MO. »
Stiles a l'air mécontent, probablement parce que McCall marque un point. « Eh bien, je pense qu'elle correspond assez pour que je continue d'enquêter. »
McCall l'étudie une minute. « Tu as peut-être raison. », dit-il, surprenant les deux Stilinski. « Après tout, la première attaque est souvent différente, en termes de MO. On voit beaucoup ça, chez les tueurs en série. Ils commencent avec quelqu'un qu'ils connaissent, et se diversifient quand ils réalisent qu'ils aiment tuer. Et, chronologiquement, Paige précède la première des autres attaques d'environ six mois. Si on voit Paige comme la première de la série, alors c'est logique qu'il y ait quelques différences. »
Stiles le regarde, clairement méfiant. « Et donc ? », demande-t-il.
« Alors, si tu as raison, Paige Krasikeva pourrait être la clé de toute cette affaire. » McCall commence à rassembler ses dossiers pour les ranger dans son attaché-case. « En bref, il semblerait que je sois là pour un moment. »
OoOoOoOoOoOoO
Derek lève les yeux quand Stiles entre dans la chambre et se laisse tomber sur leur lit de manière dramatique. Il tend une main pour la passer le long de la colonne vertébrale de Stiles en espérant qu'il n'est pas en train d'essayer de s'étouffer lui-même, et dit : « J'en conclus que les choses ne se sont pas passées comme tu le souhaitais ? »
« Oh mon Dieu ! », gémit Stiles en se redressant. « Il est le pire des enfoirés. »
« C'est vrai. », répond Derek, même s'il en doute vraiment. Pas après Seth Freudenberg. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Il a décidé de 'me croire' à propos de Paige et maintenant il s'installe ici ! Il parle de rester sur le long terme ! Que Paige pourrait être la clé de toute cette affaire, qu'elle pourrait être le premier meurtre et, à la fin, il parlait de demander à mon père de lui prêter un ou deux officiers pour l'aider à naviguer de manière locale. Je ne sais pas qui est le plus énervé, mon père ou moi. »
Derek grimace. Il a déjà vu le shérif énervé, et ce n'est jamais très joli. En tout cas, pas pour les personnes contre qui il est énervé. Pour les autres, c'est parfois magnifique. « Tu vas faire quoi, maintenant ? »
« Je ne sais pas. Il a déjà demandé à ce que je lui donne toutes mes notes et que je n'intervienne pas, et ça va être terrible ! »
Derek passe ses doigts derrière la nuque de Stiles. « Quelque chose d'autre te tracasse. », dit-il. « Je sais que tu ne veux pas travailler avec lui mais... »
Stiles se mâchouille la lèvre inférieure. « Je sais que je vais mieux en ce moment. Mais tu sais que si je commence à oublier des mots ou autre... »
« Il ne va pas être cool avec ça. », Derek acquiesce en hochant la tête.
« Je sais ce dans quoi je suis bon. », dit Stiles. « Et je ne laisse pas les gens m'avoir comme ça, habituellement. Mais, ce mec. Même si j'arrive à résoudre cette affaire, il va en prendre tout le crédit. Ça ne devrait pas m'atteindre. Tu sais, des fois j'ai l'impression qu'on m'a accordé trop de crédit par le passé alors peut-être que c'est une sorte de balance karmique. Mais pourquoi est-ce que ça doit être lui ? »
« Est-ce qu'il était méchant avec toi quand tu étais petit ? », demande Derek.
« Parfois. C'était surtout avec Scott, ce qui me dérangeait. Je me souviens avoir demandé pourquoi à papa, et il m'a répondu que des fois, les gens montrent leur amour à leurs enfants d'une manière différente. Maintenant que je suis plus vieux, je sais que ça veut dire qu'il ne pouvait pas m'expliquer pourquoi quand j'avais sept ans. Mais il était aussi un vrai enfoiré avec mon père, et je sais que mon père a les épaules pour supporter ça mais... »
« Mais tu protèges ton père, je sais. », répond Derek.
« Et maintenant, j'ai peur qu'Oncle P ne pète un câble à cause de lui. Je veux dire, je sais que c'est improbable qu'il tue vraiment le père de Scott, mais... eh bien, on s'inquiète de ça quand on commence à connaître Peter. »
« Je peux voir ça. », dit Derek en secouant la tête. Il repense à la manière de Peter d'avoir proposé de le tuer au petit déjeuner de la veille. « Mais je pense que Peter ne le fera pas si ton père ne veut pas. » Il y réfléchit une seconde. « Enfin, sauf s'il pense que McCall est un danger pour la meute. »
« Avec un peu de chance, ça ne sera pas un problème, mais... » Stiles se passe une main sur le visage. « J'aimerais bien qu'il y ait un moyen de le surveiller. »
Derek lui jette un regard. « Peut-être que c'est le cas. Tu as dit qu'il a demandé à ton père de lui prêter un officier. »
« Ouais, mais je ne pense pas que mon père veuille lui donner quelqu'un. Le taux de criminalité est toujours plus élevé dans l'été. La chaleur, tous les gens qui ne vont plus à l'école, tout ça. En plus, en novembre c'est les élections pour sa position. Il a dix-huit points d'avance dans les sondages mais ça ne veut pas dire qu'il veut perdre son temps avec les conneries de McCall. »
« Je peux comprendre ça. » Derek se penche et caresse la nuque de Stiles avec son nez. « Je pourrais le faire. »
« Tu n'es pas un officier de police. »
« McCall ne le sait pas. », fait remarquer Derek. « Il ne m'a jamais rencontré. Fais-moi une fausse identité, fais en sorte que ton père se porte garant de moi et bam ! Tu as un homme à l'intérieur. »
« C'est la chose la plus sexy que tu m'aies jamais dite ! », dit Stiles. « Oh mon Dieu ! Toi en uniforme ? C'est la meilleure idée du monde ! »
Derek laisse échapper un petit rire. « Souviens-toi juste que si tu veux que je t'aide, il va falloir que tu me laisses partir de temps en temps. »
« De temps en temps. », acquiesce Stiles. « Allons te trouver un uniforme à ta taille, que je puisse te l'enlever. »
(1) Gaslighting : C'est de l'abus psychologique, le fait de manipuler mentalement quelqu'un et le faire douter de tout, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus faire confiance à ses sens ou à ce qu'il pense.
