Merci à vous pour vos reviews, vos petits mots, ça m'encourage énormément de voir vos réactions et vos théories, j'adore ! Merci également à Neliia pour la correction efficace, sans elle les chapitres seraient moins français xD Bonne lecture à vous mes loulous !


La soirée du samedi avant la rentrée est plus morose que ce à quoi Stiles s'attendait. Il s'était préparé pour un autre type de fête mais n'avait pas pensé au stress que la séparation provoquait dans une meute. Tout le monde est anxieux, surtout Talia. « Ce n'est pas aussi sévère normalement. », dit Derek quand Stiles le mentionne. « Mais en général, une seule personne s'en va à la fois, tu comprends ? Là, quatre personnes vont à la fac en même temps, c'est énorme. »

« Oh, je vois. » Bien sûr, s'ajoute à l'anxiété de la séparation le chaos que peuvent provoquer quatre personnes qui préparent leur valise. Scott et Allison habitent encore techniquement chez leurs parents alors ils ont fait leurs valises là-bas mais Cora et Isaac vivent à la maison de la meute. Isaac a moins d'affaires que Cora, qui court partout à la recherche de son fer à lisser, de ses sandales bleues et d'un million d'autres choses qu'elle veut emmener.

Il y a aussi le stress de la logistique en elle-même. Les parents d'Allison insistent pour qu'elle passe la nuit chez eux avant de partir dans la matinée. C'est déjà trop, selon eux, qu'elle passe ne serait-ce qu'une nuit chez la meute. Sa dernière avant de partir pour l'école sera donc chez eux.

Clairement, Talia est exaspérée parce qu'elle a proposé des dizaines de fois aux Argent de passer la nuit ici pour qu'ils puissent être avec Allison et la voir partir le lendemain, mais ils ont refusé, bien sûr. Stiles a réussi à trouver une solution secondaire. Heureusement, Scott et Allison vont à San Francisco, qui n'est qu'à trois heures de route. Puisque les Argent ont déjà accepté à contrecœur que Scott vienne la chercher dans la matinée pour qu'ils puissent faire le trajet ensemble, Allison va passer la nuit chez ses parents et partir à la première heure. Mais alors que les Argent pensent qu'elle va directement à San Francisco, elle pourra venir prendre le petit déjeuner chez les Hale.

Cora et Isaac ont un trajet beaucoup plus long, environ huit heures et, comme ils vont vivre dans un appartement au lieu d'un dortoir, ils doivent emmener plus de choses. Derek a décidé de les accompagner, de passer la nuit et de revenir le lendemain pour pouvoir les aider à emménager. Stiles aimerait y aller lui aussi mais ses cours commencent lundi alors il ne peut pas.

Puisque tout le monde court partout, stresse pour la séparation imminente ou, dans le cas d'Allison et Scott, ne sont même pas là, Stiles décide de ne rien faire de spécial pour le dîner et se concentre plutôt sur le petit déjeuner. Il coupe des fruits et du fromage et va à la boulangerie acheter une tonne de pâtisseries. Talia veut des saucisses, mais pas n'importe quel type de saucisses, une marque spécifique qui n'est apparemment vendue que dans deux magasins dans le monde, si ses recherches sont à croire. Mais il revient triomphant et fait le petit déjeuner pour tout le monde.

La seule personne absente est Peter, parce qu'il est à Sierra Vista. Il a envoyé un SMS à Stiles hier pour lui faire savoir qu'il est arrivé indemne et qu'il a l'intention de fouiner, et de revenir bientôt.

Ça rend Stiles nerveux et il aimerait que Derek ne parte pas, même s'il ne peut pas lui en vouloir. Il est content que Cora et Isaac l'aient avec eux pour les aider à s'installer. Mais l'idée de commencer son premier jour par lui-même, sans un bisou porte-bonheur de Derek, n'est pas une idée qu'il apprécie. Il prend sur lui et dit à Derek qu'il va bien, quand celui-ci le lui demande, parce qu'il ne peut pas dire à son chéri de ne pas y aller.

Alors il enlace Scott pour lui dire au revoir, ils se frappent le dos pendant cinq minutes et il embrasse Allison sur la joue. Le couple monte dans la vieille Ford de Scott et s'en va. Puis, Cora charge son dernier sac dans le coffre du pick-up d'Aaron et -

« Attend, ton père y va, lui aussi ? », demande Stiles à Derek.

Celui-ci passe un bras autour de sa taille. « Il a dit qu'il les emmenait, comme ça je peux rester avec toi. C'est mieux comme ça, vu le monstre qu'il conduit et que Cora n'est pas capable de voyager léger. »

« Oh... Ça te va ? », demande Stiles. « Tu peux y aller, si tu veux, je ne vais pas t'obliger à rester - »

« Ça me va. » Derek se penche légèrement pour frotter sa joue contre les cheveux de Stiles. « Je n'aime pas te quitter, non plus, tu sais. »

« Je sais que Cora et toi, vous êtes proches... »

« On peut aller les voir dans quelques semaines. J'aime ma sœur. Énormément. Sans elle, je ne serais pas avec toi. Et c'est elle qui m'a frappé la tête ce matin en me disant : 'Ne t'avise pas de venir à LA avec moi. Stiles va avoir une crise d'apoplexie.' »

Stiles grogne. « C'est si évident que ça ? »

« Pas pour moi. Mais Cora te connaît bien. »

« C'est vrai. », dit Stiles. Il laisse Derek et rejoint Cora et Isaac qui sont en train de dire au revoir aux enfants de Laura et Jonathan. Il enlace Cora. « Merci de m'aider avec ton aveugle de frère. »

« Oh mon Dieu, il est tellement aveugle. », répond Cora. « Tu ferais mieux de prendre soin de lui pendant que je ne suis pas là. »

« T'en fais pas ! », répond Stiles. Puis il enlace Isaac pendant que Derek leur dit au revoir à tous les deux. Quelques minutes plus tard, ils sont partis.

« Eh bien, je vais emmener les enfants au parc. », dit Laura avant que quiconque ne devienne trop sentimental. « Vous voulez nous accompagner ? »

« Carrément, oui. », s'exclame Derek.

OoOoOoOoOoOoO

Tom est en train de savourer un cheeseburger qu'il a pris en rentrant chez lui, tard le soir, quand Stiles apparaît. Il ne peut s'empêcher de vouloir cacher le cheeseburger, ou au moins les frites qui l'accompagnent, mais il se souvient qu'il n'a pas quatre ans. Alors il se contente de dire : « Salut, toi. Qu'est-ce que tu fais là, à cette heure ? »

« Peter m'a envoyé un message il y a une heure, pour me dire qu'il était de retour et qu'il voulait me voir là. » Le regard de Stiles, bien sûr, tombe sur ce que mange son père. « Papa ! Qu'est-ce que c'est que ça ? Je t'ai fait tous ces encas bons pour toi ! »

« Tu ne peux pas qualifier des pois chiches et des chips de pommes comme un vrai repas. », répond Tom en agrippant son sandwich plus fort.

« Mais on a mangé à la maison ! Il y avait de la dinde ! Tu aimes la dinde ! »

« Oui, mais je travaillais, et je ne vais pas faire le détour par la maison de la meute à 21h30 juste pour avoir de la dinde, alors qu'il ya un très bon fast-food juste à côté de mon bureau - »

« Tu as pris des frites ? Je suis sûr que oui ! »

« Stiles, je suis un adulte. Je peux manger des frites quand j'ai envie de frites. »

Stiles croise les bras sur sa poitrine et fait la moue. « C'est une autre bonne raison de déménager avec nous, papa. Tu sais, tu pourrais avoir de bons repas quand tu veux et tu ne serais pas obligé de te rabattre sur ces... boules de graisse. »

« Stiles, si tu pense que je vais manger moins de burgers parce que j'habite avec la meute, alors tu es plus stupide que tu n'aimes le faire croire. », répond Tom, et Stiles fait une grimace. « Écoute, gamin, il y a de très bonnes raisons qui peuvent me faire aménager chez les Hale. Et il y a de très bonnes raisons qui m'en empêchent. Je n'ai aucune raison de prendre une décision précipitée. Alors maintenant, assieds-toi et raconte moi tes premiers jours de classe pendant qu'on attend que Peter ne daigne se montrer. »

Stiles gémit et acquiesce. Ses classes ne sont pas particulièrement palpitantes. Psychologie, introduction à la criminologie et biologie/anatomie. « Je vais tellement m'ennuyer. », geint-il, et son père lui lance un regard incrédule.

« Je vais peut-être pouvoir t'aider. », propose Peter depuis le hall. Stiles sursaute.

« Seigneur, Peter, t'as oublié de mettre le collier avec la cloche que je t'ai donné ? », demande-t-il. Peter se contente de hausser un sourcil, peu impressionné. « Ouais, ouais, d'accord. Sierra Vista. Accouche ! »

« Bonjour à toi aussi. », répond Peter. Il s'avance vers Stiles et l'enlace brièvement avant de s'asseoir à côté de Tom sur le canapé. Il frotte sa joue contre son épaule avant de s'installer sur ses genoux. Tom continue de manger son cheeseburger, impassible. « Malheureusement, je n'ai pas grand-chose à dire. Il n'y avait personne à qui parler. »

« Kali n'était pas là ? »

« Aucun signe d'elle, nulle part. Ni de sa meute, d'ailleurs. La maison où ils habitaient est vide et barricadée avec des planches. Personne ne vit là depuis des années. Apporte-moi un soda, veux-tu ? »

« Il doit y avoir une ou deux canettes de Dr Pepper dans la porte du frigo. », ajoute Tom alors que Stiles va dans la cuisine. Évidemment qu'il garde un peu du soda préféré de Peter ici.

Stiles revient un moment plus tard. « Tu penses qu'il leur est arrivé quoi ? »

« Oh, je sais ce qu'ils sont devenus. », répond Peter. « Après que j'ai réalisé qu'ils n'étaient plus là, j'ai fait un peu de recherches, j'ai trouvé des noms. Deux vivent en Virginie, un autre dans le Wisconsin. Deux autres encore en Alabama. La meute a tout simplement été dissoute, et ils en ont tous rejoint une autre. »

Stiles se mordille la lèvre. « Alors Kali a commencé à travailler avec Jennifer et sa meute s'est séparée ? »

« Je suppose que oui. Mais ça ne répond pas à la question la plus importante, qui est pourquoi est-ce que Kali a commencé à s'associer avec des militants anti-lycanthropes ? »

« Jennifer est une sorcière, elle l'a peut-être ensorcelée. », suggère Tom.

« C'est à prendre en compte, oui. », répond Peter. « Kali n'est certainement pas Mère Teresa, mais c'est possible que ce soit une victime dans l'histoire, elle aussi. »

« Ça doit avoir un lien avec 2003. », murmure Stiles.

« De quoi donc ? », demande Tom.

« 2003. C'est l'année où les meutes de Kali et Ennis se sont séparées, l'année où Ennis a disparu et a probablement été tué. C'est l'année où Paige est morte et où les attaques ont commencé. Tout le monde a assumé que Kali était repartie en Arizona, mais peut-être pas. Peut-être qu'elle s'est associée avec Jennifer et a commencé ces attaques. Ça doit être connecté, d'une manière ou d'une autre. »

« Ça ne nous aide pas à comprendre pourquoi Kali travaillerait avec Jennifer. », pointe Tom. « En présumant que c'est le cas. Ou, si ce n'est pas le cas, comment Jennifer a eu mainmise sur elle. »

« Non. », dit Stiles. « Je devrais parler à la meute d'Ennis. Ils ont viré Kali. Ils savent peut-être où elle a pu aller, ou pourquoi elle a pété les plombs. »

« Ce n'est pas une mauvaise idée. », répond Peter.

« Tu as classe. », rappelle Tom. « Tes cours sont la priorité, tu te souviens ? » Il détourne les yeux de son fils boudeur pour les reporter sur le loup-garou sur ses genoux. « Tu ne peux pas y aller ? »

Peter s'éclaircit la gorge. « L'homme qui a repris le contrôle de la meute d'Ennis n'est pas fan de moi. Il ne voudra pas me parler. Mais peut-être qu'il voudra bien parler à Stiles. »

« Ce week-end. », insiste Tom.

Stiles grogne. « Okay. Ce week-end. »

OoOoOoOoOoOoO

Quand Peter se décide enfin à s'installer en salle d'interrogatoire avec McCall, l'agent l'a déjà rappelé plus de quatre fois pour lui rappeler qu'il a accepté de coopérer. Peter ne s'amuse plus du tout du procédé, mais il tient parole et vient au commissariat le mercredi après-midi. Ça n'aide pas que McCall a décidé de le faire poireauter pendant trente minutes pour essayer de le rendre nerveux. Ça a l'effet inverse. Quand il s'assoit en face de Peter, celui-ci lui envoie le genre de regard qu'un scientifique réserve à un insecte sous microscope.

« Alors, M. Hale. », commence McCall avec un sourire arrogant. « Quelle est votre relation avec Tom Stilinski ? »

« Si l'on considère que ce ne sont pas vos affaires ? », répond Peter. « Nous sommes amis. Je sais que c'est quelque chose qui vous échappe totalement. »

« Pourriez-vous me dire comment vous vous êtes rencontrés ? »

« Ça dépend. Pourriez-vous me dire en quoi c'est important ? »

McCall serre les mâchoires. « C'est moi qui pose les questions ici, M. Hale. Si vous ne voulez pas coopérer, faites-le moi savoir maintenant, que je puisse demander une assignation à comparaître qui me garantira un témoignage honnête. »

Peter fait un geste dérisoire de la main. « J'ai une meilleure idée. Pourquoi ne me diriez-vous pas la théorie farfelue que votre petit cerveau a concoctée, je vous explique en quoi ce n'est pas possible et nous pouvons tous les deux rentrer chez nous ? »

« Vous pensez être si malin, n'est-ce pas ? », rétorque McCall.

« Oh, je sais que je suis très malin. »

« Saviez-vous que votre neveu avait une relation amoureuse avec Paige Krasikeva ? »

Peter lève les yeux au ciel. « Bien joué, de formuler cette question pour vous assurer que je confirme, que je dise oui ou non. Il n'avait pas de relation avec Paige. D'après ce que je sais, ce que Derek sait, et selon la réalité, il n'avait pas de relation. Et puis, même si c'était le cas, ça n'aurait pas été une 'relation amoureuse'. Ils avaient quinze ans. Je suis sûr que mon neveu n'avait pas de 'relation amoureuse' avec quiconque à cet âge-là. Ni à dix-huit ans. Ni à vingt-et-un ans, d'ailleurs. Mon neveu est incompétent quand on en vient à la romance. »

« Tout le monde s'accorde à dire qu'ils avaient une liaison. », répond McCall.

« Si par 'tout le monde', vous voulez dire les voix dans votre tête, je peux vous conseiller un excellent thérapeute. Si vous voulez parler de vrais gens, dans le vrai monde, alors ils inventent des choses. »

McCall ne répond pas à sa pique. « Pourquoi Paige aurait-elle eu besoin d'être un loup-garou avant de pouvoir être la compagne de Derek ? »

Peter lève à nouveau les yeux au ciel, comme s'il priait d'avoir assez de patience. « Bon Dieu, comment arrivez-vous à vous habiller seul le matin si vous êtes si stupide ? Personne n'a besoin d'être un loup-garou avant d'être la compagne ou le compagnon de Derek, ce qui est facile à prouver étant donné que le compagnon de Derek n'est pas un loup-garou. »

« Je sais que la procréation est un problème pour votre famille. »

Peter a l'air déçu. « Paige est morte avant l'incendie, alors ça ne peut pas être une motivation. De toute manière, Paige n'aurait pas eu besoin d'être un loup-garou pour porter les enfants de Derek. Elle avait juste besoin d'être une femme. »

« Un loup de naissance et un loup mordu ont une chance plus élevée d'avoir un bébé lycanthrope plutôt qu'un loup de naissance et un humain, non ? », demande McCall.

« Oui. Et donc ? »

« Alors peut-être que Talia voulait garder la famille Hale pure. »

« Vous n'avez fait vraiment aucune recherche, n'est-ce pas ? J'ai épousé une humaine. Personne n'a demandé à ce qu'elle devienne un loup-garou avant de tomber enceinte de moi. »

« Mm hm. Dites-moi, ça vous a bien réussi ? »

Les ongles de Peter s'enfoncent dans la table et il lutte pour garder son contrôle. Il lui faut un long moment où il respire calmement avant de rouvrir les yeux. « Ah. Vous essayez de me provoquer. Vous espérez m'énerver assez pour que je vous dise quelque chose d'utile. » Il se lève. « Malheureusement, Agent McCall, je ne sais rien qui puisse vous aider dans votre enquête. Si vous étiez d'accord pour me dire votre théorie, j'aurais pu vous aider, mais vous vous entêter à vouloir me contrarier, alors je m'en vais. Ne me rappelez pas, s'il vous plaît. Je détesterais devoir vous signaler pour harcèlement. »

Il se sent tremblant en quittant la pièce. Il tremble, réalise-t-il avec un mélange de colère et de douleur. Il ne se fait pas assez confiance pour approcher quiconque. Il a besoin de trouver un endroit pour évacuer sur des objets inanimés, alors il se dirige vers la forêt.

Il part à la dérive.

Quand il reprend conscience, il a du sang sur les mains, bien que celles-ci soient déjà guéries. Il est étendu au milieu d'une dizaine d'arbres cassés et il regarde le ciel au-dessus de lui. Il fait nuit depuis longtemps. C'est l'heure de rentrer à la maison.

Quand il rentre, Tom le voit et dit : « Dieu merci, tu vas bien. », avant de l'enlacer.

Peter cligne des yeux. « Pendant... Pendant combien de temps suis-je parti ? », demande-t-il en essayant de faire le point. Il est endolori, fatigué et il a soif. Il ne fait plus vraiment attention à la faim depuis longtemps.

« Détends-toi, ça ne fait pas si longtemps que ça. », répond Stiles en apparaissant derrière son père. « Six, huit heures, peut-être ? Mais on n'arrivait pas à te contacter. Tu as laissé ton téléphone au commissariat. Sue a dit que tu avais l'air contrarié quand tu es parti, et bien sûr, on ne sait pas quelles conneries t'a dit McCall. »

« J'ai laissé mon téléphone ? » Peter cligne des yeux. Il se sent lent et stupide. Il ne laisse jamais son téléphone, pour cette raison parmi tant d'autres.

Tom soupire et se passe une main sur le visage. « McCall l'a pris dans ta poche à un moment donné. Je l'ai découvert parce que bien sûr, tu l'as protégé avec un mot de passe et il voulait que le service informatique le décode. Le service lui a demandé s'il avait, tu sais, un mandat pour regarder le contenu de ton téléphone et – bref, le voici. » Il lui rend l'appareil.

Peter repense au moment où il a lutté pour garder contrôle et se demande combien de temps il est resté assis à essayer de se calmer. Ça n'a pas vraiment d'importance. « Merci. », dit-il en empochant le téléphone. « Je suis juste allé courir. Je vais bien. »

« Allons te nettoyer les mains. », dit Derek en le prenant doucement par le bras. Peter le suit dans la salle de bain, laisse Derek l'aider. Maintenant qu'il est un peu plus cohérent, il peut sentir la détresse et le malaise qui imprègnent les lieux. Quand il revient dans la pièce principale, il fait un effort pour paraître nonchalant. Ce n'est pas ce dont a besoin Talia, en ce moment. Elle a besoin de se sentir en sécurité.

« Et pour le repas ? », demande Peter à Stiles. Il laisse les autres être aux petits soins pour lui, s'asseoir avec lui à la table même s'ils ont probablement déjà mangé il y a quelques heures. Stiles a fait des spaghettis aux boulettes de viande et Peter attaque son assiette. Il n'est pas vraiment intéressé par le plat mais il sait que les autres sont inquiets. Il peut faire ça, il peut faire semblant d'aller bien.

Talia, en tout cas, n'est pas dupe. Elle le regarde, une lueur rouge dans les yeux. « Qu'est-ce qu'il t'a dit ? »

« Rien qui ne vaille la peine. », répond Peter.

« Il t'a mis en colère. »

« Tu sais, à un moment, je pouvais aller me promener huit heures en forêt sans que quelqu'un ne m'ait provoqué avant. »

« Oui. Mais il t'a provoqué, et tu vas me dire ce qu'il a fait. »

Même Peter ne peut désobéir éternellement à son alpha. Il prend une gorgée d'eau. « Il a raconté beaucoup d'âneries sur la prétendue relation entre Derek et Paige, et la manière dont on a provoqué sa morsure pour qu'elle soit digne de notre famille. Il s'est fait plus stupide qu'il ne l'est et a fait beaucoup d'assomptions incorrectes dans l'espoir que je le corrige. Mais il n'est pas si idiot que ça, je pense, il se concentre juste sur la mauvaise réponse. »

« Et ? », insiste Talia.

« Et il a dit quelque chose d'idiot sur le le fait que Paige avait besoin d'être un loup pour enfanter plus de loups. J'ai mentionné le fait d'avoir été marié à une humaine qui est tombée enceinte. Et il a demandé - » Il va bien, il peut le faire, il peut le dire. Sa voix ne tremble même pas. « Il a demandé si ça m'avait réussi. »

Les yeux de Talia brillent d'un rouge intense et Aaron doit la prendre par la main pour la faire rasseoir. « Je devrais le tuer. », gronde-t-elle.

« Tu ne peux pas le tuer pour avoir fait une remarque sarcastique sur notre famille. », lui dit gentiment Aaron.

« Je devrais. »

« Je vais bien, Talia. », dit Peter. Talia a l'air dubitative, mais personne n'est passez stupide pour le contredire devant elle. Peter se sent dubitatif lui-même. Il commence à se sentir étouffé et claustrophobe. Il veut sortir, veut de l'air, veut crier, pleurer et déchiqueter quelque chose de ses mains. Mais il ne peut pas. Il doit rester ici et faire comme si de rien n'était parce que s'il ne fait pas ça, Talia va faire quelque chose de stupide.

« Bon, il se fait tard. », intervient Tom en surprenant tout le monde. « Je vais rentrer. Peter, si tu viens avec moi, on peut passer par le commissariat pour que tu récupères ta voiture. »

Peter se lève plus vite qu'il ne le devrait. « Bonne idée, merci. » Il enlace Talia, la laisse le marquer de son odeur puis échange une embrassade rapide avec les autres avant de sortir de la maison sur les talons de Tom.

« Je ne vais pas t'emmener au commissariat parce que tu ne devrais pas conduire dans cet état. », dit Tom quand ils atteignent la route principale. « Mais tu peux venir avec moi demain matin et les autres n'en sauront rien, d'accord ? »

« D'accord. » Peter se concentre sur sa respiration pour oublier la rage et la douleur qui bataillent en lui.

Tom est calme en conduisant. Peter a toujours aimé ça chez lui. Tellement de monde a besoin de remplir le silence avec des mots, surtout quand ils pensent que Peter ne va pas bien. Ils veulent toujours en parler et ça le rend fou. C'est l'une des raisons pour lesquelles il aime autant son neveu ; Derek aussi a le don de savoir quand se taire. Tom sait que, si Peter a envie de parler, il parlera. Si Peter n'en a pas envie, Tom n'a aucun souci à laisser le silence régner.

Ils arrivent à la maison et Tom se gare dans le garage avant de les faire entrer tous les deux. Il enlève ses chaussures et se tourne pour faire face à Peter. Il lui pose la même question qu'il pose toujours dans cette situation : « De quoi as-tu besoin, Peter ? »

« J'ai besoin - » Peter s'étouffe sur les mots. Y a-t-il vraiment une réponse ? Ce dont il a besoin, il ne pourra jamais l'avoir. Ils ont trouvé des solutions alternatives comme l'alcool, casser des assiettes, regarder des films comiques, mais rien de tout ça ne va vraiment reboucher le vide en lui. Et c'est dans des moments comme celui-ci qu'il a l'impression que ce vide va le consumer tout entier.

Mais il cherche une réponse parce qu'il sait que, quoi qu'il dise, Tom va le lui donner, sans aucune hésitation. Ce qui sort enfin de sa bouche est : « S'il te plaît, prends-moi dans tes bras, juste une minute. »

« Bien sûr. », dit Tom. « Bien sûr. » Il s'assoit sur le canapé et Peter rampe dans ses bras, pose sa tête contre son épaule et il laisse les bras de Tom l'entourer. Il écoute son pouls, respire son odeur et, au bout d'un moment, le vide écrasant commence à diminuer.

Il s'endort sans même penser que, quand on en vient à l'agent McCall, Tom est bien plus susceptible de perdre son sang-froid que Talia.