Coucou mes petits loups ! Je suis vraiment désolée d'avoir loupé un ou deux dimanches, j'ai déménagé et Internet n'a pas voulu revenir tout de suite. Mais tout va bien maintenant, il est là, je profite de lui xD Merci à vous pour vos reviews sur le chapitre précédent, et pour les petits mots que vous m'avez envoyé pour prendre de mes nouvelles, j'ai pu les lire avec les quelques données mobiles que j'avais et ça m'a vraiment fait plaisir. Je vous souhaite une bonne lecture !
Stiles ne sait pas vraiment ce qui l'excite autant dans le fait d'être à l'hôtel. L'anonymat, le fait que Derek et lui sont dans un hôtel à 150km de chez eux, où personne ne peut les atteindre... Il n'y a pas de loups-garous à proximité pour savoir immédiatement ce qu'ils font, pas de loups-garous pour entendre chaque gémissement et chaque bruit.
« C'est génial ! », s'exclame-t-il après leur troisième fois. Derek a une respiration sifflante. Stiles peut être, comment dire, enthousiaste. Tout comme Derek, bien sûr, mais Stiles est naturellement plus agressif et excitable que son compagnon, et ça peut parfois être un peu submergeant. « Faut qu'on fasse l'amour toute la nuit ! »
Derek lui embrasse les cheveux. « Tu sais qu'on a encore presque cinq cent kilomètres à faire demain, et qu'on doit voir Rashid, non ? »
Stiles bougonne. « Okay, alors encore au moins une fois. », dit-il en mordillant le lobe de l'oreille de Derek.
« On fera un autre arrêt sur le chemin de retour. », lui rappelle Derek. Ils sont partis le vendredi après les cours de Stiles, ont fait la moitié du trajet et ils vont finir demain pour rencontrer l'ancienne Main Gauche d'Ennis. Puis, encore une fois, ils vont faire la moitié du chemin du retour le samedi, et finir le lendemain.
« C'est vrai. », répond Stiles en ondulant sur lui.
D'une manière ou d'une autre, Derek arrive à dormir un peu. Ils partent tôt le matin, conduisent pendant des heures à travers les paysages déserts du Nevada. Stiles passe une grande partie du trajet à dormir.
C'est rare qu'une Main Gauche prenne le contrôle d'une meute et Peter a mentionné que ça arrive surtout quand un alpha ne nomme pas de successeur avant sa mort. C'est plus fréquent dans des meutes 'construites', plutôt que dans des familles, et la meute d'Ennis ne déroge pas à la règle. Stiles est certain qu'Ennis était assez arrogant pour ne pas penser à être tué.
Il n'y a pas beaucoup de meutes de bêtas, tout simplement parce que les loups-garous ont besoin de la poigne d'un alpha. Seuls les bêtas les plus volontaires et déterminés peuvent soutenir une meute, alors Stiles est nerveux de savoir si Rashid va bien vouloir leur parler. Peter a refusé de dire pourquoi Rashid ne l'aime pas alors Stiles ne sait pas s'il a une dent contre les Hale en général, ou contre Peter en particulier.
Mais quand il a appelé pour expliquer qui il était et quelle était son enquête, Rashid l'a rappelé dans la journée pour lui dire qu'il était le bienvenu chez lui, même s'il ne savait pas s'il allait pouvoir l'aider. Alors maintenant, Stiles est sur la route, arrêté devant un portail dans le désert du Nevada du nord, espérant que tout se passe bien.
Le camp est composé de trois petites maisons proches les unes des autres. La meute ne compte que neuf membres. C'est petit pour une meute de loups-garous, mais large pour une meute de bêtas. De toute évidence, Rashid les attendait car ils n'ont même pas fini de garer la voiture quand un homme qui les dépasse d'au moins une tête sort de l'une des maisons. Il fait chaud pour la saison, et il les invite à entrer.
« J'ai beaucoup entendu parler de toi, Stiles. », dit-il en leur offrant une bouteille de bière. Stiles est aux anges et, d'un regard, fait comprendre à Derek qu'il n'a pas intérêt à l'empêcher de boire. Il prend une gorgée et essaie de ne pas recracher. Heureusement, Rashid parle toujours et ne le remarque pas. « Ce qu'on a entendu à la télé, bien sûr, mais j'ai une amie dont le cousin a été tué par l'OLL. Elle t'admire beaucoup. »
« Oh, merci. », répond Stiles. Il n'aime pas vraiment dire à tout le monde ce qu'il a fait, mais il n'a aucun souci à profiter de sa célébrité quand il le doit.
« Mais maintenant, tu commences à te mêler de nos affaires, et je ne suis pas certain d'apprécier. », continue Rashid en s'asseyant en face d'eux. « J'ai travaillé dur pour que les meutes voisines respectent notre droit à ce territoire et pour les convaincre que nous n'allions pas continuer dans la lignée d'Ennis. »
« Le truc, c'est que je ne sais pas si ça a quelque chose à voir avec Ennis lui-même. », explique Stiles. « Ça a plus à voir avec Kali. »
Rashid retrousse les lèvres. « Oh. Elle. »
« Vous n'êtes pas très fan d'elle ? », demande Stiles. Il se souvient que Peter lui a expliqué que la meute d'Ennis a porté tout le blâme sur elle, mais il ne sait pas à quel point c'est vrai.
« Ne te méprends pas. Ennis était loin d'être innocent. Je ne peux pas décemment dire que Kali l'a corrompu, ou quoi que ce soit. Il aimait conquérir des territoires et il a fait beaucoup de mauvaises choses. Je lui ai dit et répété qu'il allait finir par se faire tuer. Mais Kali, c'était le cerveau. C'est elle qui a compris que deux alphas pouvaient joindre leurs forces en prétendant être compagnons, et c'est elle qui a trouvé la magie qu'elle utilisait pour 'persuader' les autres meutes de lui céder leur territoire. »
« C'était quoi ? »
« Je ne sais pas. », répond Rashid en buvant une gorgée de bière. « Quand je posais trop de questions, Ennis me disait de me taire si je savais ce qui était bon pour moi. Ce qui est précisément pourquoi il est mort. Il n'a jamais appris à penser comme une Main Gauche. Il avait un plan, mais ça s'est retourné contre lui, quoi que c'était. »
« Vous êtes certain qu'il est mort ? », demande Derek. « Tout le monde dit qu'il a disparu. »
« Si ton alpha mourait, tu ne le saurais pas ? », renifle Rashid. « Oui, il est mort. Je n'ai jamais trouvé son corps, et je doute le trouver un jour, mais il est bien mort. »
« Et vous avez chassé Kali d'ici. », conclut Stiles.
« On devait. C'était la seule façon pour que les autres sachent qu'on allait pas continuer ce qu'elle faisait. C'était pas franchement une grande perte. »
« Okay, mais voilà le truc. », continue le jeune homme. « Tout le monde pense qu'elle est retournée en Arizona, mais c'est faux. Ça fait des années qu'elle n'y est pas allée. »
Rashid hausse les épaules. « Alors elle a décidé de prendre un nouveau départ quelque part. »
« Vous n'avez aucune idée d'où elle aurait pu aller ? »
« Je ne lui parlais pas vraiment. On n'était pas amis. »
Stiles y pense une minute. « Est-ce qu'elle a déjà parlé d'une femme appelée Julia Baccari ? »
« L'ex complètement tarée de Kali ? Oui, elle est venue une fois ou deux ici. », répond Rashid.
« Attendez, quoi ? Kali et Julia étaient ensemble ? »
« Eh bien, pas quand je l'ai rencontrée. », répond Rashid. « De ce que je peux dire, Julia et Kali étaient en couple en Arizona, un an ou deux avant que Kali et Ennis se mettent ensemble. Je ne sais pas si Kali l'a larguée pour Ennis, ou si c'était parce que Julia était folle. Mais Julia est déjà venue là pour hurler sur Kali, lui dire qu'elles étaient faites pour être ensemble, que Kali était en train de ruiner tout ce qu'elles avaient construit. » Rashid laisse échapper un sifflement. « Kali s'est débarrassée d'elle, les deux fois. »
« Huh. Ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais. Comment un alpha commence à sortir avec une activiste anti loups-garous ? »
« Peut-être que ça ne s'est pas passé comme ça. », intervient Derek. « Comment la petite-amie d'une alpha devient une activiste anti loups-garous ? Peut-être en se faisant horriblement larguer par cette alpha. »
« C'est vrai. », répond Stiles. Julia a été arrêtée en 2005, donc après toute l'histoire avec Kali et Ennis. « Sauf qu'elles ont l'air d'être à nouveau ensemble. Peut-être. C'est avec cette hypothèse qu'on travaille. »
« Eh bien ne me demandez pas comment c'est arrivé. », dit Rashid. « Je ne pourrais pas vous dire. Kali avait l'air d'en avoir vraiment marre de son harcèlement quand elle venait ici. »
« Hm. » Stiles pense à Jennifer, la sorcière. Est-ce que ce serait difficile pour elle de maintenir en permanence un contrôle magique sur Kali ? Oui. Est-ce que ça serait impossible ? Non. Mais il sait aussi que les loups-garous qui perdent leur compagne peuvent devenir fous de bien des manières. « Eh, Rashid, vous pensez vraiment que Ennis et Kali étaient vraiment compagnons ? »
« Non. », renifle Rashid. « Personne ne pense ça. »
C'est ce que Peter a dit aussi mais Stiles ne peut pas s'empêcher de se demander. Et si Kali avait perdu l'esprit après la mort d'Ennis, et si ça l'avait rendu susceptible à l'influence de Jennifer ?
De toute manière, ils ne pourront pas savoir s'ils ne la trouvent pas. Mais le puzzle commence à se mettre en place, une pièce après l'autre. Ils discutent encore quelques minutes avant de se lever pour repartir. « Vous savez, ça nous a vraiment aidés. Peut-être que je pourrais découvrir ce qui est arrivé à Ennis, vous savez, pour vous remercier. »
Rashid lui lance un regard incrédule. « Sérieusement ? »
« Euh, oui ? » Stiles ne sait pas vraiment pourquoi il a cette réaction. « Je veux dire, résoudre des mystères, c'est mon truc. »
« Je sais ce qui est arrivé à Ennis. Je suis juste étonné que tu ne le saches pas. C'est votre Main Gauche qui l'a tué. »
Stiles en reste bouche bée alors qu'il repense à Peter lui dire que la meute d'Ennis n'était pas fan de lui. « Euh. Il ne l'a pas mentionné. Vous êtes, heu, sûr ? »
« Vraiment sûr ? Non. Mais Ennis bougeait vers l'ouest, on avait atteint Sierra Nevada. Il allait s'en prendre au territoire des Hale, d'un jour à l'autre. Tout le monde se couchait devant lui, pour une raison ou une autre. J'ai fait des recherches sur les meutes qui étaient menacées par Ennis – par nous – et personne sur notre route n'était plus dangereux et impitoyable que Peter Hale. D'une Main Gauche à une autre – Peter ne l'admettra peut-être pas, mais il a tué Ennis. »
« Peter n'est pas un alpha. », fait remarquer Derek, gêné.
« Ça n'a pas d'importance. », explique Rashid. « Une Main Gauche qui tue un alpha donne le pouvoir à sa meute, et reste un bêta. Ça rend tout le monde plus fort, et elle peut rester avec son alpha. » Il voit leur regard. « Je ne sais pas pourquoi vous êtes si surpris. Les Mains Gauches gardent les secrets. Enterrent les corps. »
« Eh bien, c'est quand même important pour mon affaire si Peter a tué Ennis. », répond Stiles en serrant les dents.
« Pas du tout. », répond Rashid. « Quoi que mijote Julia Baccari, quelle que soit la manière dont elle a convaincu Kali de l'aider – ça fait onze ans qu'Ennis est mort, et il ne va pas devenir encore plus mort. En quoi ça importe, comment il a mordu la poussière ? »
« Mais il m'a dit que personne ne savait qui l'avait tué ! », s'exclame Stiles.
« Et Peter Hale ne ment jamais ? », s'amuse Rashid. « S'il te plaît, gamin, grandis un peu. Peter ne te l'a pas dit parce que ce ne sont pas tes affaires. Laisse-le. Mais ne t'en fais pas pour moi. Franchement, je n'en ai rien à faire, de ce qui est arrivé à Ennis. Il l'a bien cherché, et j'ai plutôt bien réussi depuis qu'il n'est plus là. »
Il dit au revoir et les reconduit à leur voiture.
Stiles conduit un peu plus de trente kilomètres avant d'exploser. « Oh mon Dieu ! »
« Tu crois qu'il a raison ? », demande Derek.
« Eh bien, ça ne m'étonnerait pas que Peter me cache quelque chose, s'il ne pense pas que j'ai besoin de le savoir. », dit Stiles. « C'est vrai que, quand cette histoire a commencé, on ne savait pas que Kali était impliquée, et même si elle est impliquée, sa connexion avec Ennis est hors de propos. Mais même ! Il a assassiné quelqu'un et il n'a pas pensé que ça valait le coup de le dire ? »
« C'est Peter, alors... Non. Probablement pas. »
Stiles grogne. « Bon sang, j'abandonne. Allons manger et trouver un hôtel pour qu'on puisse se faire des choses pas très propres. »
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« Alors, tu vas lui poser la question ? », dit Derek en s'engageant dans l'allée qui mène à la maison.
Stiles n'a pas besoin de demander de quoi il parle. Après un moment, il répond : « Non. Pas si je n'en ai pas besoin. Si Peter ne me l'a pas dit... il ne veut pas que je le sache pour une raison. Et j'ai confiance en Peter. Ce qui fait probablement de moi un idiot. Mais c'est le cas. Alors je vais voir ce que je peux trouver. Si je pense que ça va avoir un lien, je poserai la question, mais... avec un peu de chance, je n'en aurai pas besoin. »
Derek acquiesce. « Okay. » Il est content d'être rentré. Être séparé de la meute, même pour quelques jours, lui semble toujours gênant et dangereux. Il est soulagé quand il se gare et peut sortir de la voiture pour embrasser ses parents, sa sœur, ses neveux et nièces. Stiles fait la même chose. Son père est là aussi, même si Peter n'est nulle part en vue. Stiles se dirige vers la cuisine. Il n'est que quinze heures, il a plein de temps pour cuisiner.
« Alors, vous avez découvert quoi ? », demande Tom.
« Apparemment... », répond Stiles en commençant les préparations pour le dîner. « Kali et Julia étaient en couple. Kali a rompu avec elle à peu près au même moment où elle s'est mise avec Ennis. Les raisons sont floues. »
« Huh. Alors Julia était bouleversée et s'est transformée en activiste anti-lycanthrope. »
« Il semblerait, oui. Recherches pour un Remède a été fondé en 2003, la même année. Je ne sais toujours pas comment Paige est connectée à l'affaire, si elle l'est en premier lieu, mais le reste semble couler de source. Jennifer-Julia a dans l'idée que les victimes de rejets sont la clé d'un remède. Elle se procure les données de Pure Silver et enrôle Kali pour mordre des gens pour elle, puis se présente comme un bon samaritain pour avoir ses échantillons. Dans le même temps, elle recueille les loups-garous malheureux et les rend encore plus malheureux pour avoir des sujets tests. »
« Et sans son contact de Pure Silver, on n'a aucun moyen de prouver ça. », remarque Tom en grimaçant. « On ne sait même pas où est Kali. »
« Elle est probablement dans une de ces communautés, non ? », intervient Aaron.
« Je ne pense pas. », répond Stiles. « Elle a dit à Chris et Allison que les alphas ne peuvent pas supporter les communautés et je ne vois pas pourquoi elle mentirait. Pas à eux, en tout cas. Non, je pense que Jennifer garde Kali à portée de main. Mais on ne peut pas fouiller chez elle. On n'a aucun motif pour demander un mandat. »
« Hm. », dit Talia. « C'est possible que tu puisses trouver une manière alternative. »
Elle semble lui donner la permission de s'introduire chez elle. Tom a l'air de vouloir la contredire, mais Stiles prend la parole. « C'est une sorcière et Kali est une alpha. Je ne prends pas le risque de m'introduire chez elle sans sa permission. »
« C'est ça que je ne comprends pas. », dit Laura. « Jennifer pense que Stiles est la clé pour son remède étrange. Et c'est une sorcière. Pourquoi est-ce qu'elle ne... tu sais... prend pas ce dont elle a besoin sans te demander ta permission ? »
« Oh, non, tais-toi avant que mon père m'enferme dans un bunker. »
« Elle a raison, cependant. », répond Tom en fronçant les sourcils. « C'est comme si elle attendait quelque chose. »
« Ce n'est pas du tout de mauvais augure. » Derek fronce les sourcils en se rapprochant de Stiles.
« On fait quoi, maintenant ? », demande Stiles en changeant de sujet. « Si on pouvait avoir des enregistrements de Recherches pour un Remède, je pourrais peut-être trouver certains des derniers participants – tu sais, des loups-garous dans ces communautés qui se sont 'portés volontaires' pour être cobayes. Peut-être que certains accepteraient de parler. »
« Même si c'est le cas, je suis certain que Jennifer leur a fait signer des dégagements de responsabilité et qu'elle a tout fait pour que ce soit légal. », remarque Tom. « La seule chose que tu peux lui mettre sur le dos, c'est les attaques d'alpha. Et tu ne peux pas faire ça si tu ne trouves pas Kali. Mais je pense que tu as un dossier assez solide pour pouvoir demander un mandat pour son téléphone et ses relevés bancaires. Et j'ai une ou deux personnes qui travaillent sur les paiements faits à Pure Silver – on peut peut-être les relier à elle, d'une manière ou une autre. »
Stiles grogne. « Je crois que je me suis endormi au milieu de ta première phrase. »
« C'est le travail de policier, fiston. », s'amuse Tom malgré lui. « Ce n'est pas toujours de l'excitation et des eurêka. Souvent, c'est une corvée, de fouiller toutes les bottes de foin à la recherche de l'aiguille. »
« D'accord. », grimace Stiles. « On le fait à ta façon. »
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Il est presque 21h un mardi quand Peter lève les yeux de la partie d'échecs qu'il fait avec Tom à la table de la cuisine. « Qu'as-tu fait ? »
Tom cligne des yeux. « Quoi ? »
La maison est calme. Laura et Jonathan sont rentrés chez eux pour coucher les enfants. Stiles et Derek sont dans leur chambre ; ils regardent la télévision. Tom est avec Peter à la cuisine pendant qu'Aaron finit de faire la vaisselle. Talia s'est assise avec eux, elle fait des mots croisés en buvant le thé que Stiles lui a préparé.
Avant que Peter puisse répondre, Talia lève aussi les yeux. « Est-ce que c'est - »
« Quoi ? », répète Tom avant d'entendre une portière de voiture claquer dehors. « Qui c'est ? »
« J'y vais. », dit Aaron. « Je suis déjà debout. » Il se sèche les mains avec un torchon et va à l'avant de la maison.
Peter regarde Tom avant de redire : « Qu'as-tu fait ? »
« Ce que j'ai fait ? Déjà, je ne parle pas par énigme après qu'on me demande ce qu'il se passe. », répond Tom, agacé. Aaron a apparemment ouvert la porte parce qu'il entend des pas et Rafael McCall entre dans la cuisine. Il a l'air livide. « Oh. », dit Tom. « Ça. »
Talia se lève immédiatement, les yeux rouges. « C'est une violation de propriété privée, agent McCall, et vous allez partir tout de suite. »
« Pas avant d'avoir une explication ! », crie McCall. Pour être honnête, il a l'air un peu dérangé, avec ses cheveux devant le visage et la cravate défaite. Il tend la main comme pour agripper Peter, et demande : « Vous pensez pouvoir faire quoi, là ? »
Peter n'a l'air ni inquiet, ni impressionné, mais Tom se lève tout de suite et prend le poignet de McCall avant qu'il puisse agripper Peter. « Agent McCall. Vous dépassez les bornes. Sortons donc nous expliquer. »
« Je ne le quitte pas des yeux tant que je n'ai pas de réponse. », claque McCall.
« Peter n'est pas responsable de votre rétrogradation. C'est moi. »
McCall n'a pas l'air de savoir quoi répondre, il perd de son souffle.
« Ou plutôt... C'est vous qui êtes responsable. C'est le résultat de votre propre comportement, alors je vous recommande de garder vos mains pour vous et de sortir régler ça dehors, comme je l'ai suggéré. »
McCall serre les mâchoires mais il se tourne et repart vers la porte. Les quatre adultes le suivent, principalement parce qu'ils ne veulent pas laisser Tom seul avec un maniaque, même si le shérif sait prendre soin de lui. Dès qu'ils sont dehors, McCall se tourne et dit à travers ses dents serrées : « Expliquez-vous. »
« Pour commencer, je ne vous dois pas d'explication. », dit Tom. « Vous auriez pu demander à vos supérieurs pourquoi ils vous retirent cette affaire. Mais vous étiez trop heureux de remettre toute la faute sur Peter Hale pour les questionner, et maintenant vous avancez à l'aveugle. Cependant, puisque j'aimerais que vous déguerpissiez au plus tôt, je vais vous dire pourquoi. Oui, j'ai appelé vos supérieurs. Je leur ai parlé de votre comportement pendant l'interrogatoire de Peter, et ils sont d'accord avec moi que se moquer de la femme et de l'enfant morts d'un homme était complètement inapproprié. Surtout pas quand l'homme en question n'était pas suspect, et qu'il vous avait accordé l'entretien par courtoisie parce que vous n'avez pas été capable d'obtenir une citation à comparaître. Je sais que vous avez essayé et qu'elle ne vous a pas été accordée, Rafael. Je leur ai dit que vous avez essayé de convaincre mon service informatique de pirater le téléphone de Peter alors que vous n'aviez pas de mandat. Je leur ai expliqué que vous étiez clairement encore contrarié de la manière dont les choses se sont terminées pour vous ici, la dernière fois, et que vous saisissiez cette opportunité pour harceler la famille Hale et pour essayer de me traîner dans la boue au lieu de travailler sur le dossier que vous êtes venu résoudre. Ils m'ont demandé si je savais pourquoi vous pensez que Peter Hale est impliqué. Je leur ai expliqué votre théorie et ils m'ont répondu qu'il n'y avait absolument aucune preuve pour la soutenir. Ils m'ont dit qu'ils allaient voir vos fichiers et prendre une décision. Apparemment, ils ont décidé que j'avais raison et que vous n'étiez qu'un emmerdeur qui ne vaut même pas l'air qu'il respire. »
« Vous – espèce de fils de pute ! », hurle McCall. « Je sais que vous êtes impliqué, vous tous – c'est une conspiration contre moi ! »
« Vous adorez jouer les victimes. », dit Tom, la voix pleine de colère. « Rien n'est jamais de votre faute, n'est-ce pas ? Mais si on met de côté le fait que ce serait ridicule que je demande à Stiles de rouvrir l'enquête si j'étais impliqué, vous êtes réassigné, et je n'ai rien de plus à vous dire. Maintenant, si vous savez ce qui est bon pour vous, vous allez vous calmer et voir vos supérieurs pour votre nouvelle enquête. »
« C'est vous qui allez tout perdre quand j'en aurai fini avec vous ! » , rétorque McCall. « Peut-être que mon patron vous écoute pour le moment, mais je parie que vous avez oublié de mentionner le fait que vous vous tapez la Main Gauche de la meute ! »
Talia grimace et son regard se fixe sur Peter, mais le visage de son frère est neutre. La bouche de Tom se tord et il grogne : « Premièrement, ce n'est pas comme si votre patron ignorait que je fais partie de la meute. Deuxièmement, vous dépassez les bornes et je n'ai pas à rester là pour - »
« Que veut-il dire ? », intervient Peter et Talia grimace à nouveau. Tout comme Aaron. Peter passe son regard de Tom à McCall, le visage toujours aussi fermé. « Vous pensez qu'on - » Il fait un geste circulaire avec ses doigts. « Ensemble ? »
« Ne jouez pas l'innocent. », dit McCall. « Ça ne va rien vous apporter. Je sais que tous les deux, vous - »
« Écoutez. », interrompt Tom. « Je m'en fiche que vous travailliez pour le FBI, vous la fermez maintenant ou je vous fais taire moi-même. »
« Oh, vous me menacez ? » McCall semble satisfait, il se calme maintenant qu'il pense reprendre la main. « Vous pensez que - »
« Vraiment ? », demande Peter sans porter aucune attention à McCall. « Est-ce que les gens pensent ça de nous ? »
Les épaules de Tom se crispent mais sa voix reste neutre. « Peter, on en reparlera plus tard. »
« Non, je veux en parler maintenant. Tu es contrarié. Je n'aime pas quand les gens te contrarient. »
« Alors laisse-moi gérer ça et après on pourra - »
« Tu ne peux pas être mon compagnon. », remarque Peter. « Olivia était ma compagne. Et Claudia était la tienne. »
« Oui, je le sais mais - »
« Mais quoi ? » Peter regarde Tom avec une expression intense et concentrée. Ce n'est pas du tout comme ça qu'il a l'air pendant ses épisodes, quand il devient distant et perdu. C'est presque l'exact opposé. « Alors, quoi ? »
« Peter. », dit Tom entre ses dents serrées. « On en parlera plus tard. »
« Non, je ne vais rien lâcher tant que je n'ai pas ma réponse. », dit Peter. « Qu'est-ce que tu veux ? De ça, de nous ? »
Tom le regarde un long moment, hésitant entre la colère et l'incrédulité. Il a l'impression de sentir une tempête d'émotions jaillir de lui avant de lâcher : « Je veux être en mesure de t'aimer sans avoir peur que cela signifie te perdre. »
Peter écarquille légèrement les yeux. Il regarde Talia, comme pour lui demander quoi faire. Même McCall s'est tu. Puis, brusquement, Peter s'avance et embrasse Tom sur la bouche. Tom manque tomber au sol sous l'assaut de Peter et ce n'est qu'Aaron qui l'en empêche en bougeant rapidement derrière lui pour couper sa chute. Une fois qu'il retrouve son équilibre, il change le baiser en quelque chose de moins désespéré, il pose une main contre le visage de Peter et caresse sa joue de son pouce.
Une longue minute s'écoule. McCall ouvre la bouche pour dire quelque chose mais laisse échapper un grognement de douleur quand Talia lui écrase le pied. Puis, Peter s'écarte. Il prend une inspiration haletante, puis dit doucement : « Je... Je dois partir. Excuse-moi. » Il se tourne et s'éloigne, commence à courir quand il contourne la maison.
« Putain. », gronde Talia. Elle montre McCall du doigt. « Tom, occupe-toi de lui. Fais-le partir d'ici. Je m'occupe de Peter. » Elle part à la suite de son frère en trottinant.
McCall sourit quand Tom se tourne pour lui faire face, mais il perd ce sourire quand il voit que Tom n'est pas simplement énervé, mais qu'il est livide. « J'ai passée l'année qui vient de s'écouler à essayer de trouver comment lui dire que je l'aime sans que ça ne le fasse réagir comme ça. », commence Tom. « Et là, en trente secondes, vous venez de réduire tout ça à néant. » Il doit s'arrêter pour reprendre son souffle. « Vous avez entendu la dame. Dégagez d'ici, et ne revenez pas. »
« J'ai encore des questions sans réponse - »
« Je m'en fous. »
« Je suis un agent fédéral et je - »
« Écoute-moi bien, espèce de petite merde. Je ne pense pas que tu comprennes la situation dans laquelle tu es. Tu sais que Talia est très amie avec le procureur général de Californie, n'est-ce pas ? Qu'elle a écrit des lois avec le Sénateur McNally et le membre du Congrès Ruiz ? Tu réalises que les alphas des meutes anciennes et bien installées ont presque inventé l'expression 'avoir le bras long' ? Donne-moi une raison de te faire virer, Rafael. Ça ne va aucunement m'empêcher de dormir. Ça fait des semaines que j'empêche Talia de s'en charger elle-même, je n'arrête pas de lui dire que malgré tout, tu es un bon flic, que tu n'allais pas tout nous mettre sur le dos. Mais tu m'as prouvé le contraire. Tu as déjà perdu cette affaire, Rafael, mais si tu ne veux pas perdre ta carrière entière, ferme ta gueule pour une fois dans ta vie, prend ta voiture, et casse-toi. » Quand Rafael hésite, Tom crie : « Maintenant ! »
« Ce n'est pas fini ! », s'exclame McCall mais il retourne à sa voiture et claque la porte.
Tom doit prendre plusieurs profondes inspirations. Après une minute, Aaron lui demande : « Ça va aller ? »
« Je ne sais pas. », répond Tom avec lassitude. « Je ne sais pas du tout. » Il se passe les mains sur le visage. Il va pour reprendre la parole quand il voit Talia revenir.
« Il m'a distancée. », dit-elle. « J'aurais pu le rattraper mais... Il ne veut clairement pas me parler. Je pense que c'est mieux de le laisser penser à ça, tout seul. Je lui ai envoyé un message pour lui dire de m'appeler s'il a besoin de moi. »
« Okay. », soupire Tom. « Oui, d'accord. »
