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Plusieurs heures se sont écoulées et il n'y a toujours aucun signe de Peter, alors Talia part à sa recherche. Ce n'est pas difficile, elle sait parfaitement où il sera ; sous l'arbre mémorial. Il est assis, les genoux remontés à sa poitrine et il fixe le vide. Mais il a l'air lucide. Il lève les yeux quand elle approche, puis détourne le regard. Il n'a pas l'air distant, ou vague. Il a juste l'air misérable.

« Un sou pour tes pensées, mon frère ? », demande-t-elle en s'asseyant à côté de lui.

Il reste silencieux un long moment, puis : « Tu dois te dire que je suis idiot. »

Talia renifle malgré elle. « Peter, je pourrais te qualifier de beaucoup de choses, mais idiot n'en sera jamais une. »

« Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas m'en rendre compte. », continue Peter. « En y repensant. La manière dont je le traite, dont je le marque, la manière dont il m'a laissé le... Je suppose qu'il voulait juste me faire plaisir. »

Talia y pense un moment. « Okay, je me suis trompée. Tu es un idiot. »

Peter grogne sur elle.

« Très bien, petit frère, on va jouer cartes sur table, et je vais m'assurer que tu puisses le supporter. Oui, la manière dont tu traitais Tom était évidente. Je m'en suis rendu compte il y a au moins un an, et je lui en ai parlé peu de temps après. Derek et Stiles s'en sont tous les deux aperçus. Je ne peux pas me prononcer pour les autres. Mais personne ne s'est dit que tu étais idiot de ne pas t'en rendre compte. Tu étais aveugle à ton propre comportement pour te protéger, parce que tu n'étais pas prêt à t'en apercevoir. Et personne ne t'en veut pour ça. Encore moins Tom. Il comprend ta douleur mieux que n'importe qui. »

« Je lui ai promis des choses que je ne peux pas lui donner. », dit Peter.

« Tu lui donnais des choses que tu pouvais lui donner. », rétorque gentiment Talia. « Tu dois penser que lui est idiot si tu crois qu'il n'était pas au courant que ce serait compliqué pour toi. Mais ce n'est pas impossible, Peter. »

« Il n'est pas mon compagnon. »

« Et alors ? », demande Talia. Peter lui envoie un regard vide. « Les humains tombent amoureux tout le temps, sans les instincts que nous avons. En quoi c'est important, s'il n'est pas ton compagnon ? Cela veut-il dire que tu ne peux pas l'aimer ? Je ne pense pas. Je crois que tu as déjà prouvé le contraire.

Peter respire difficilement. « J'ignore si j'en suis capable. »

Talia prend une de ses mains dans les siennes. « Tu as peur. Je comprends, Peter, vraiment. » Sa main libre plane sur son ventre et elle continue : « J'ai peur, moi aussi. Et je pourrais te dire des platitudes, te dire qu'Olivia voudrait que tu sois heureux, que tu ne déshonores pas sa mémoire en tombant amoureux à nouveau. Mais tu sais, tout ça. Ce n'est pas ça, le problème. Je sais la manière d'aimer que tu as, mon frère. Je sais que tu donnes tout ton cœur et toute ton âme, et je sais que l'idée de perdre l'être que tu aimes est terrifiante. »

« Ça ne marchera pas. », dit Peter. « Ça ne peut pas marcher. Je... Je suis brisé, Talia. Je ne peux pas être celui qu'il a besoin que je sois. »

« Tu es déjà celui dont il a besoin. Il ne te demande pas d'être quelqu'un d'autre. Il est déjà amoureux de toi, Peter, défauts inclus. Je sais que ça fait partie de ton travail, de ta personnalité, de planifier les choses. De voir toutes les possibilités. Et c'est l'une des fois où ça revient te mordre le derrière. Il y a des choses que tu ne peux pas prévoir, Peter. Tu dois prendre les choses comme elles sont. Écoute ton cœur, pas ta tête. »

« Je croyais que tu n'allais pas me dire de platitudes. », remarque Peter.

Talia hausse les épaules. « Si c'est ce qu'il faut... Mais je suis sérieuse. Est-ce que je peux te promettre que tout va bien se terminer et que vous allez vivre heureux ensemble, jusqu'à la fin de vos jours ? Bien sûr que non. Personne ne peut promettre ça. Mais ça ne veut pas dire que tu ne dois pas sauter en avant. Dis-moi, tout de suite, maintenant, si demain tout s'arrêtait, qu'est-ce qui te rendrait heureux ? »

Peter reste silencieux un long moment à tourner son alliance entre ses doigts. « Je veux aller le voir. », finit-il par dire. « Je veux être tout ce qu'il veut que je sois. »

« Alors fais ça. », répond Talia. « Non, rien n'est certain dans la vie. Nous le savons mieux que personne. Mais il t'aime. Et tu l'aimes. Si tu te retiens par peur, alors ça ne fera pas moins mal si tu le perds. Ça ne sera que plus douloureux. »

Peter laisse échapper une respiration. « Si je le perdais, ça serait terminé pour moi. Je ne pourrai pas supporter ça une seconde fois. »

« Je sais. Mais je veux que tu sois heureux, peu importe ce qui arrive. »

« Merci, Talia. » Peter se relève, puis tend une main pour l'aider à se remettre sur pieds. Elle laisse échapper un petit grondement. « Tu vas pouvoir rentrer seule ? »

« Ça va aller, petit frère. », dit Talia. Puis elle sourit. « Je ne t'attendrai pas, ce soir. »

OoOoOoOoOoOoO

Tom aurait aimé être assez mature pour ne pas être en train de noyer son chagrin dans un pot de glace au chocolat quand la sonnette retentit. Mais c'est faux. Il est assez intelligent pour ne pas s'approcher de l'alcool quand il est bouleversé, mais après avoir possiblement perdu l'homme dont il est amoureux à cause des interférences de McCall, il a bien droit à un peu de chocolat.

Alors quand la sonnette retentit, il remet vite la glace au congélateur, s'essuie la bouche avec une serviette avant d'aller à la porte. De toutes les personnes qu'il s'attendait à voir, Peter est la dernière. Peter n'a pas sonné depuis – il n'a probablement jamais sonné. Mais c'est ce qu'il fait, cette fois, et Tom est sûr que c'est mauvais signe. « Hé, ça va ? », demande-t-il en le laissant entrer.

« Je pense que oui. », répond Peter. Il ferme la porte derrière lui et enclenche le verrou. Puis il se tourne pour faire face à Tom, se penche, et l'embrasse. Ce n'est pas un baiser désespéré comme celui de tantôt, mais ce n'est pas chaste non plus. Il passe un bras autour des épaules de Tom et celui-ci lui répond de toute son âme.

Peter se dégage une minute plus tard. Il n'a même pas la respiration coupée, ce que Tom trouve injuste. « Je suis surpris que tu ne me poses pas un million de questions. Comme, comment allons-nous gérer ça, ou si je vais vraiment bien. »

« Non. », répond Tom. « Je sais que tu n'as pas les réponses. Je ne les ai pas non plus. » Il hausse les épaules. « Mais c'est pas grave. Tu avais l'air de vraiment vouloir m'embrasser, et je sais que je veux vraiment t'embrasser. Je pense que c'est assez pour avancer, tu ne crois pas ? »

Peter l'embrasse à nouveau, une main dans ses cheveux. « Pour être parfaitement honnête, », dit-il contre la bouche de Tom. « Je veux faire bien plus que t'embrasser. »

Tom hésite. « Je ne veux pas aller trop vite pour toi. », dit-il. « On n'a pas besoin de faire quoi que ce soit si tu n'es pas prêt. »

Peter s'écarte pour pouvoir regarder Tom. « Je t'aime. Et je suis prêt. »

Tom n'a rien à répondre à ça alors il embrasse Peter, puis encore une fois, et encore, pour être sûr.

OoOoOoOoOoOoO

Tom n'a pas l'habitude d'avoir quelqu'un d'autre dans sa chambre, et encore moins dans son lit, alors il est un peu confus le lendemain quand il se réveille avec Peter blotti contre lui. Il se remet vite et caresse la joue de l'autre homme avec son pouce. Peter bouge mais ne se réveille pas. Tom se retourne pour voir l'heure et remarque qu'il est huit heures et demi. Il se lève plus tôt, d'habitude mais bon. Ils se sont couchés tard.

Son premier réflexe est de se lever pour préparer le petit-déjeuner. Il a enfilé à moitié son pantalon quand il réalise que c'est probablement une mauvaise idée. C'est forcément quelque chose qu'Olivia faisait pour lui tous les matins. Il décide d'aller chercher des donuts, à la place. Mais il ne veut pas se contenter de laisser un petit mot. Peter pourrait être énervé s'il se réveille seul au lit ; il pourrait ne pas remarquer le message.

Alors Tom se penche et embrasse Peter à la lisière de ses cheveux, sur la tempe. Comme il s'y attendait, Peter se réveille presque immédiatement. « Bonjour. », marmonne le loup-garou.

« Coucou. », répond Tom. « Je vais aller chercher du café et des donuts. Je reviens vite. »

« Mmkay. » Peter se retourne et se rendort. Tom met un jean et un T-shirt avant de faire un arrêt rapide à la salle de bains. Il ne s'enquiquine pas à se raser – on est dimanche, on s'en fiche – mais il se voit dans le miroir et réalise qu'il sourit comme un idiot. Ça ne fait rien pour diminuer sa bonne humeur.

Le dimanche matin, il y a la queue à la boulangerie mais il est encore tôt, alors ça pourrait être pire. Il prend une douzaine de donuts sans se soucier de la réaction que Stiles aurait s'il le savait, ainsi qu'un litre de café parce qu'il sait que Peter aime le café à la noisette et c'est l'offre du jour. Il met tout sur le comptoir de la cuisine, puis monte pour voir si Peter est réveillé.

Peter est en chien de fusil, le visage collé contre l'oreiller que Tom a utilisé. Celui-ci en profite pour prendre une photo rapidement parce que c'est adorable et il veut pouvoir en profiter tous les jours. Puis il se penche pour caresser la joue de Peter. « Tu es réveillé ? »

« Vaguement. », répond Peter. Soudain, il passe son bras autour de la taille de Tom et Tom se retrouve, sans savoir comment, couché sur le dos dans le lit.

Inutile de dire qu'ils ne se lèvent que plus tard pour aller manger les donuts. Tom a réussi à remettre son pantalon de pyjama et Peter a réquisitionné sa robe de chambre. Tom n'a pas pris la peine de lui dire qu'il l'a mise à l'envers. Ils mangent sur le canapé, ce que Tom ne fait pas d'habitude, parce que Peter refuse de quitter ses genoux et c'est plus facile que de manger comme ça sur une chaise de la cuisine.

Il en est à son deuxième donut – et Peter dévore son quatrième – quand la porte d'entrée s'ouvre et Stiles surgit à l'intérieur. « Hey, papa, tu es là ? », appelle-t-il avant d'arriver dans le salon. Il s'arrête net quand il les voit. Pas seulement eux deux qui se câlinent, mais aussi les donuts et Peter dans la robe de chambre à l'envers de Tom. « Oh. Oh mon Dieu ! Vous l'avez fait, tous les deux ! »

Tom se cache le visage dans une main. « Stiles... »

« Non, désolé, je suis vraiment content pour vous ! », dit Stiles. « J'ai juste besoin de prendre des papiers dans ma chambre. Enfin, oui. Je veux dire, c'était mon excuse pour venir voir comment tu allais après ce qu'il s'est passé hier. Parce que tu n'as pas répondu quand je t'ai appelé. Je suppose que tu étais occupé, hein ? », demande-t-il avec un sourire provocateur.

« Stiles... », répète Tom.

« Okay, désolé. Vraiment content pour vous. Je vais juste prendre mes affaires et déguerpir de vos pattes. À plus tard ! » Il fonce dans les escaliers. Peter commence tranquillement son cinquième donut pendant que Tom regarde le plafond en se demandant pourquoi sa vie est comme ça. Quelques minutes plus tard, Stiles redescend, leur fait signe de la main et quitte la maison.

Peter se penche pour sentir la gorge de Tom. « Es-tu énervé ? », demande-t-il.

« Non, je me demande juste quels choix dans ma vie ont mené à cette situation. », répond Tom en reprenant un donut. « Pas ce qu'il se passe avec toi. Mais comment j'ai pu élever un gamin qui n'a absolument aucun filtre. »

Peter renifle, amusé. « Je dois admettre que la culture lycanthrope a déteint sur Stiles beaucoup plus que sur toi. Mais c'est logique. Exposition, tout ça, tout ça. Je pense que la plupart des humains ont une certaine gêne quand on en vient à ces sujets. Ça ne dérange pas Stiles de parler de la vie sexuelle des autres, mais il n'aime pas qu'on parle de la sienne. Olivia était pareille. »

Tom passe son pouce contre la nuque de Peter. « Je crois que je vais continuer à ne pas vouloir parler de ça, merci bien. »

Amusé, Peter le regarde. « Oui, c'est ce qu'elle pensait aussi, mais bon. Exposition. » Il est calme un moment. « Je suis content que tu ne lui ressembles pas, tu sais. » Il voit Tom froncer les sourcils et ajoute : « Physiquement, je veux dire. Comme ça, je ne peux pas... confondre. Je ne sais pas si j'aurais pu tomber amoureux d'une autre femme. Mais tu ressembles si peu à Olivia, physiquement. Elle avait la peau foncée, tu l'as claire. Ses cheveux étaient longs et bruns, les tiens courts et châtains. J'avais l'habitude... » Sa respiration se coupe un peu, mais il fait un petit sourire. « J'avais tellement de mal à la convaincre que j'adorais ses cheveux au naturel. Elle les lissait tout le temps, ou ajoutait des milliers de produits pour les apprivoiser. Mais j'adorais quand ils étaient bouclés et sauvages. »

« Eh bien, tu ne pourras pas avoir ça avec moi. », dit Tom.

« Vrai. Et il y a les différences évidentes, aussi. », continue Peter en passant une main de haut en bas sur la poitrine de Tom. « Comme tes muscles. », ajoute-t-il en tâtant son biceps. « Je les apprécie beaucoup. »

« Ça fait plaisir d'être apprécié. », s'amuse Tom.

Un autre moment calme. Puis Peter reprend la parole. « Merci de m'avoir attendu. »

Tom se penche pour l'embrasser sur la tempe. « Si on doit être honnête, je pensais que j'aurais à attendre bien plus longtemps. Mais je l'aurais fait quand même. »

« Tu es génial. J'espère que tu le sais. »

« J'ai mes moments. », répond Tom.

« Je ne sais pas si je te mérite. »

Tom essaie de ne pas se laisser envahir par l'émotion. « Dommage. Je suis là quand même. »

Peter rit doucement et appuie son visage contre l'épaule de Tom pendant un moment. Puis il s'écarte. « Film ? »

« C'est une bonne idée. », dit Tom.

OoOoOoOoOoOoO

Stiles termine tout juste de raconter à quel point son père et Peter étaient débauchés ce matin, au plus grand amusement de Derek, quand le téléphone sonne. Il met de côté les carottes qu'il était en train d'éplucher et le saisit pour voir que c'est Danny qui l'appelle. Ça le surprend. Ils en sont à leur deuxième semaine de cours, maintenant, et Danny est dans le Massachusetts.

« Salut, quoi de neuf ? », dit-il en coinçant le téléphone contre son oreille.

« Pas grand chose, mec, et toi ? », demande Danny puis, quand les formalités ont été dites, il continue : « Je vais t'envoyer un mail mais ça va venir d'une adresse que tu ne connais pas, alors ça risque de se retrouver dans tes courriers indésirables. »

« Okay. Pourquoi ? »

« J'ai rencontré ce type, Han, qui a un programme de décryptage génial. », répond Danny. « On a travaillé sur les données de Recherches pour un Remède que j'ai eues il y a un moment. »

« Vraiment ? » Stiles est encore plus surpris. « C'est ça que vous faites pour vous amuser, au MIT ? »

« Euh, ouais. Sérieusement. Des gens ont parié de l'argent sur le fait qu'il allait réussir, ou non, après qu'ils ont vu le programme d'encryptage qu'ils utilisent – enfin, j'ai fait attention avec les informations, t'en fais pas, mais on a réussi à en retrouver certaines et je pense que tu vas vouloir savoir. C'est à propos des expériences. »

« Génial. Tu as dit certaines, il y en a davantage ? »

« Des tonnes. », s'exclame Danny. « Ils utilisent un foutu encryptage rotatif. Ça va prendre des années pour tout récupérer. Mais je pense que tu as assez pour obtenir un mandat, maintenant. Je ne suis pas certain, je ne suis pas flic – oh, attends, toi non plus. »

« Très drôle. », répond Stiles. « Mais sérieusement, c'est génial. Je t'enverrai un petit paquet. »

« Si tu m'envoies tes cookies double chocolat avec du café dedans, je vais être le mec le plus populaire dans mon dortoir. », lui indique Danny.

« Considère que tu les as. », répond Stiles. Ils se disent au revoir et il raccroche. Éplucher les carottes à mettre dans la salade de pâtes n'est pas aussi prioritaire que de regarder ce que lui envoie Danny, alors Stiles se lave les mains et s'installe à la table de la cuisine avec son ordinateur. Il n'a pas besoin de répéter la conversation à Derek, puisque celui-ci a entendu chaque mot, et le loup-garou se penche par-dessus son épaule alors qu'il récupère les fichiers.

Stiles sait comment lire des rapports scientifiques mais, même avec ses standards, ceux-ci sont denses. Il les survole, essaie de comprendre la méthode avec laquelle ils ont utilisé le sang d'une personne pour développer un 'antidote' à la lycanthropie, mais il en est incapable. Il peut voir par contre que, comme d'habitude, les expérimentations ont tué beaucoup de loups-garous.

« Mais ce n'est pas illégal, non ? », demande Derek. « S'ils ont signé une renonciation. »

« C'est ça. Je veux dire, est-ce qu'on peut prouver que la renonciation a été signée sous la contrainte ? Qu'ils torturent les loups-garous pour les mettre dans un état d'esprit vulnérable ? Peut-être. Mais ça ne serait pas facile. »

Derek y réfléchit en mangeant une des carottes que Stiles a épluchées. « Il doit y avoir un moyen de lier les expérimentations aux attaques. »

« Hm... » Stiles continue à lire. « Eh bien, le timing ne correspond pas. Ces expériences s'étalent sur des années. Ils en commencent probablement une nouvelle après chaque attaque, mais ils continuent à l'ajuster jusqu'à la prochaine attaque. Laisse-moi faire une recherche rapide... » Il continue à taper pendant que Derek va éplucher davantage de carottes. « Punaises, ces racines grecques... », marmonne-t-il. « Huh. Ça, c'est intéressant. »

« Quoi donc ? », demande Derek.

« Eh bien, ils doivent dire c'est quoi qu'ils testent, okay ? Et c'est le cas. Ils sont très spécifiques ; ils utilisent les anticorps d'une victime de rejet qui a été exposée à l'argent. En soit, ça ne prouve rien. Ils auraient pu entendre parler des attaques aux nouvelles, ou interroger les victimes. Mais ils sont très spécifiques sur l'exposition – combien d'argent a été pris, dans quelle intervalle. » Il tapote sur son téléphone en parlant, puis le porte à son oreille. « Mme Barclay ? Oui, c'est encore Stiles ! Écoutez, je sais que c'était il y a longtemps, mais cette dame qui est venue vous prendre du sang, vous a-t-elle posé des questions ? Sur combien d'argent d'argent vous preniez, ou comment ? Vous êtes sûre ? … Okay, merci. Ça m'aide beaucoup. »

Derek fronce des sourcils alors qu'il raccroche. « S'ils n'ont pas demandé aux victimes ce qu'elles prenaient... »

« Alors la seule manière pour qu'ils le sachent, c'est qu'ils aient regardé les historiques d'achat. », dit Stiles, satisfait. « Ajoute à ça que toutes les victimes se procurent l'argent par la même compagnie, le technicien informatique qui disparaît soudainement, et je pense qu'on a assez pour un mandat. Voyons ce que dit le reste de leurs données... »

Il est sur le point de composer un numéro quand son téléphone sonne et il le lâche presque, surpris. C'est la sonnerie de son père, alors il prend l'appel. « Hé, papa, quoi de neuf ? J'allais t'appeler. »

« Eh bien, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi. La bonne nouvelle, ils ont trouvé Jason Stillwell. »

« Eh bien, deux avancées en une seule journée ! », se réjouit Stiles. « Il était où ? »

« Dans une décharge. C'est la mauvaise nouvelle. »

Stiles grimace. « Mort ? Comment ? »

« Eh bien, à première vue, il a été empoisonné à l'aconit, puis mordu par un alpha. C'est difficile de dire ce qui l'a tué. L'aconit est toxique aussi pour les humains, et il a définitivement fait un rejet, mais il aurait pu mourir aussi d'exsanguination. C'est impossible à dire, pas sans le rapport d'autopsie. »

« Comment Blake a bien pu savoir qu'on était après lui ? », demande Stiles, confus.

« Si je devais deviner, il lui a dit. », répond Tom. « Il a été mis au courant par quelqu'un de Pure Silver, parce qu'ils ne voulaient pas que leurs clients sachent que leur technicien informatique vendait des informations. Il est allé voir Blake pour de l'argent, peut-être une protection, et elle a décidé de s'occuper de lui et d'avoir une nouvelle victime de rejet en même temps. »

« Eh bien, dommage pour elle. », dit Stiles avant de résumer à son père les informations que Danny lui a envoyées. « Tu penses qu'on a assez pour un mandat ? »

« Si on ajoute à ça la mort de Stillwell, oui, on a assez. Je m'en occupe. Écoute, reste à la maison. Je ne dis pas que je suis paranoïaque, mais... »

« Mais ce n'est pas de la paranoïa quand ils veulent vraiment ta peau. », dit Stiles, puis soupire. « Oui, je vais rester là. Et Derek me conduira à mes cours, demain. »

« Okay. Je t'appelle dès que j'ai quelque chose. »

OoOoOoOoOoOoO

Stiles quitte tout juste son cours d'introduction à la psychologie ce vendredi quand il reçoit un message. Quand il voit que c'est de Peter, il l'ouvre avec trépidation. Mais le message est relativement commun. 'J'ai besoin de te parler, chez ton père.' Stiles répond qu'il est en chemin. Il se demande ce qu'il va trouver là-bas, ce qui le fait sourire. Il est content que son père et Peter aient réglé les choses entre eux, il est content que son père soit heureux.

Quand il arrive, il entre et les retrouve tous les deux à la cuisine. Peter fait des mots croisés pendant que Tom s'occupe à la cafetière. « Ah, te voilà. », dit Peter et Tom fronce les sourcils, ce qui indique à Stiles que son père n'était pas au courant de sa venue. « Parfait. Je voulais vous parler à vous deux, en même temps. »

« Ça ne fait pas peur du tout... », remarque Stiles en acceptant la tasse de café que lui tend son père. Il s'assoit.

Peter reste silencieux quelques minutes, ce qui ne réconforte aucun des deux Stilinski. « J'ai fait des choses dans ma vie qu'aucun de vous deux n'approuverait. Ce qui me va. Je ne me préoccupe pas du jugement moral des autres. Je fais ce que j'ai à faire pour protéger ma meute, et je ne le regrette pas. C'est la raison pour laquelle je suis surpris de réaliser que j'ai fait quelque chose... dont je ne suis pas fier. Quelque chose que je regrette. » Il regarde Tom et continue. « Je n'ai aucun doute qu'il y a des choses dans mon passé qui te gêneraient profondément vis-à-vis de moi. Je ne souhaite pas en discuter, et je doute que tu le veuilles aussi. Mais c'est différent, parce que je t'ai menti. Je vous ai menti, à tous les deux. Et vous méritez mieux. »

« À propos de... quoi ? », demande Stiles, méfiant, en repensant à ce que Rashid lui a dit.

Peter laisse échapper une respiration. « Je sais qui a tué Paige Krasikeva. », annonce-t-il, et Stiles en reste bouche bée. « Je le sais depuis le début. »