Comment ça, je n'ai pas posté la semaine dernière ? C'est faux, je ne vois pas ce que vous voulez dire... Non, en vrai, je suis désolée... Je n'ai même pas d'excuse valable, je suis juste la pire x) En tout cas, merci à vous pour vos messages, ils me font toujours très plaisir ! Bisous et bonne lecture


Peter continue à parler dans le silence stupéfait. « En fait, dès que tu me l'as mentionné, je me suis acharné à te pousser sur des théories que je savais incorrectes, parce que je ne voulais pas que tu apprennes mon implication dans sa mort. »

« Tu – je – quoi ? », balbutie Stiles. « Attends, quoi ? Qui l'a tuée, alors ? Ça ne pouvait pas être toi, tu n'es pas un alpha. »

« Laisse-moi te dire depuis le début - »

« Pas moyen ! J'ai l'impression qu'on est dans un mauvais film et que tu vas te faire tuer avant d'avoir pu me le dire. Le nom. Maintenant. »

Peter a l'air vaguement amusé. « Ennis Black. »

Stiles y pense un moment, mâchouille sa lèvre inférieure et regarde son père, qui fronce les sourcils. « Okay. Maintenant, raconte depuis le début. »

Peter acquiesce. « Comme je te l'ai dit, en 2002, Ennis Black et Kali Steele ont fusionné leur meute et ont commencé à en chasser d'autres de leur territoire. Ils s'étendaient assez pour devenir une menace pour tout le monde, à l'époque, même s'ils étaient des mois, voire des années trop loin pour être vraiment une menace sur la côte ouest. Cependant, je préfère m'occuper des menaces avant qu'elles n'aient les dents trop longues et, plus leur meute devenait imposante, plus le pouvoir d'Ennis et Kali grandissait. Ça me semblait plus prudent de les renverser de leur propre piédestal avant qu'ils ne puissent l'élever encore davantage. J'avais déjà pensé à tout ça quand Talia s'est retrouvée impliquée. L'un des alphas qui avait été chassé était un ami à elle et elle commençait à parler à d'autres alphas, trouver du soutien pour agir contre eux. »

« Elle voulait faire quoi ? », demande Tom, prenant la parole pour la première fois depuis la révélation de Peter.

« Il y a un moyen de destituer un alpha de son rang. », dit Peter. « De siphonner leur pouvoir. Ça aurait été la conclusion la plus logique. Ennis, bien sûr, n'était pas d'accord. J'ai commencé à entendre des rumeurs – des rumeurs fiables – selon lesquelles il avait l'intention de venir 's'occuper de Talia'. Ce qui, bien sûr, nécessitait une action rapide de ma part.

« Stiles, tu as travaillé avec la théorie selon laquelle une attaque sauvage était toujours faite par accident ou par folie. », continue Peter. « Mais il y a une troisième raison. Le contrôle. Un alpha a du contrôle sur un loup tout juste transformé, surtout si la victime n'a jamais eu spécialement de contacts avec un loup-garou avant. Ils ne savent pas trouver leur point d'ancrage. »

« Alors Ennis a mordu Paige pour... la contrôler ? Je ne comprends toujours pas. »

« En bref, oui. J'ai fait des recherches et ai découvert que c'est ainsi qu'il forçait les meutes à bouger. Il prenait pour cible un humain important pour la meute – un ami, un collègue, et cetera – et le mordait. Puis il le prenait en otage, le contrôlait jusqu'à ce que l'alpha pris pour cible cède à ses demandes. »

« Seigneur. », s'exclame Tom. « Mais pourquoi Paige ? Elle n'avait aucun rapport avec vous. »

« Non. Aucun. Mais j'avais besoin d'une cible pour Ennis. J'avais besoin de savoir qui il attaquerait, pour pouvoir l'intercepter. Et ça impliquait trouver un candidat attrayant. J'ai choisi Paige Krasikeva. »

Stiles se sent mal. « C'est toi qui a lancé les rumeurs. »

Peter acquiesce. « C'était facile. J'ai dit, à portée d'oreille des lycéens, que Paige avait le béguin pour Derek et espérait gagner son cœur à la prochaine Cérémonie. Les commères du lycée ont fait le reste pour moi. Je savais que Paige restait souvent tard le soir et qu'Ennis pourrait la trouver là facilement. Il avait tendance à s'en prendre aux plus jeunes puisqu'ils sont plus vulnérables, alors ça faisait une cible plus séduisante qu'un collègue d'Aaron ou un ami de Laura. Et ce n'était plus qu'une question de temps. »

« Pourquoi ne l'as-tu pas empêché de la mordre ? », demande Tom, la voix un peu serrée.

Peter fait une grimace. « Si je l'avais intercepté avant qu'il ne fasse le travail, et que je le perdais, je n'aurais pas pu le retrouver. Alors que, s'il mordait Paige, je pouvais. Mais quand elle a rejeté la morsure, il a paniqué. Il l'a laissée là et s'est enfui. J'ai utilisé le téléphone de Paige pour appeler les secours, je l'ai nettoyé et j'ai suivi Ennis. »

Stiles se passe les mains dans les cheveux. « Seigneur. », marmonne-t-il.

« Tu dois comprendre que je n'avais aucunement l'intention de la faire mourir. », dit Peter. « Les rejets sont si rares que je n'y ai honnêtement pas pensé. Et après qu'elle fasse le rejet, j'ai fait le choix d'appeler les secours et de la laisser là parce que, si j'étais resté avec elle, Ennis se serait enfui. J'ai pris un risque calculé, et elle l'a payé de sa vie. »

« Qu'est-il arrivé à Ennis ? », demande Stiles même si, à ce point , il est certain de le savoir.

« Je l'ai tué, bien sûr. »

« Tu n'es pas un alpha. », remarque Tom.

« Oh, non. J'ai donné son pouvoir à Talia. Je l'ai fait plus d'une fois. C'est ce que j'aurais fait si j'avais réussi à tuer Deucalion. Je n'ai aucune envie d'être moi-même un alpha – c'est beaucoup trop de travail et je ne suis pas fait pour la position – et le pouvoir rend Talia plus forte, rend la meute plus forte. »

« Alors elle savait ? », questionne Stiles. « Elle a dû faire la connexion. »

« Non. J'ai gardé le pouvoir pour moi et l'ai caché d'elle pendant un moment. Elle savait que c'était le pouvoir d'Ennis, mais elle n'a jamais fait le lien avec la mort de Paige. »

Stiles se renfonce dans sa chaise, l'esprit tourbillonnant. Il ne sait pas quoi faire.

« J'étais triste de ce qui lui est arrivé. », dit Peter. « J'ai fait de mon mieux pour faire amende honorable – je me suis assuré que sa famille avait tout le soutien dont elle avait besoin, ce qui était facile quand ils ont porté plainte contre l'hôpital. Je l'ai fait pour arrêter un fou et protéger ma meute et, pour être parfaitement honnête, je n'y ai pas vraiment repensé une fois que les choses se sont calmées. Mais quand tu m'as questionné à ce propos, Stiles, je t'ai menti presque par instinct. Je ne voulais pas qu'un de vous deux apprenne que j'avais conduit une enfant à sa mort. Pour ça, je suis navré. Je n'aurais pas dû vous mentir. »

« Ouais, mais... si tu ne m'avais pas menti, je n'aurais pas découvert tout ce que j'ai découvert alors... je suppose que je peux passer au-dessus de tes mensonges. Crétin. » Stiles met un coup de pied dans la cheville de Peter sous la table. Il ne sait pas comment réagir autrement.

Peter respire. « Tom ? »

Celui-ci ne dit rien pendant une minute. « Tu ne voulais pas qu'elle soit blessée. », finit-il par dire. « Ça n'excuse pas ce que tu as fait. Mais je crois que c'est important de s'en souvenir. » Il secoue légèrement la tête. « Toi et moi n'avons pas le même code moral. Et tu as raison, je ne veux pas vraiment y penser. Tu as fait une mauvaise chose, pour les bonnes raisons, et peut-être qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'arrêter Ennis. Alors on peut... mettre ça derrière nous. À une condition. Il faut parler à la famille de Paige. Que tu veuilles ou non que ton rôle dans sa mort soit discuté, sa famille mérite de savoir ce qui lui est arrivé. »

« Et j'aurais été d'accord avec toi. », dit Peter. « Mais McCall attend la moindre opportunité de te discréditer, maintenant. Mon implication serait l'occasion. »

Tom grimace légèrement, mais c'est Stiles qui prend la parole. « Pourquoi on n'utilise pas ma première théorie ? Qu'un de ses harceleurs l'a fait rester après l'école et a été témoin de l'attaque, mais avait trop peur pour parler ? On peut probablement trouver quelqu'un qui serait prêt à témoigner, avec la bonne motivation. »

« Ce serait une bonne idée, Stiles. », répond Peter. Tom soupire à nouveau. « Je suppose que tu as déjà quelqu'un à l'esprit ? »

« J'ai retrouvé certains de ses harceleurs. Certains étaient plus nerveux que d'autres. »

« On ne veut pas des nerveux, ils craquent sous la pression. On veut celui qui acceptera un gros chèque pour ensuite se taire. »

« Okay, alors on veut Tucker Reilly. », dit Stiles. « C'est lui qui est à l'origine de la conspiration du silence, de toute façon. Ce qui est assez drôle, puisque c'était vraiment pas nécessaire. Le fait qu'ils la harcelaient n'avait rien à voir avec sa mort. »

Peter hoche la tête. « Donne-moi ce que tu as sur lui. Je m'en occupe. »

« Tu ne veux pas que je - »

« Non. C'est moi qui suis à l'origine de ce bazar, c'est à moi de le régler. »

« Okay. » Stiles hésite. « Okay, donc, euh... j'ai de la lecture à faire pour mes cours de demain, alors... »

Tom hoche la tête, lui ébouriffe les cheveux. « Vas-y, gamin. »

Stiles se sent bizarre de partir, il a l'impression de dire à Peter qu'il est en colère, déçu, ou qu'il s'en fiche de lui. Pour être honnête, ses sentiments sur cette affaire sont un peu compliqués mais il ne veut pas laisser Peter comme ça. « Tu seras à la maison après, hein ? »

Le regard de Peter s'adoucit un peu. « Oui, Stiles. Je rentre pour dîner. »

OoOoOoOoOoOoO

Stiles a l'impression de devenir fou ; après la bombe que Danny a lâchée, il a l'impression que rien ne se passe. Un mandat a été accordé pour examiner toutes les données de Recherches pour un Remède. Deux policiers sont allés les chercher à Portland, et personne n'était là. Rien n'avait disparu, ce n'était pas comme si l'association n'avait jamais existé. Les signes de vie étaient toujours là, les bureaux, des tasses pleines de crayons et tout le tintouin. Mais le personnel n'était plus là, les papiers n'étaient plus là et les ordinateurs avaient disparu.

Danny pense que les ordinateurs de bureau classiques n'auraient pas été assez puissants pour les fichiers encryptés qu'il a trouvés. « Ils ont une batterie de serveurs quelque part. », a-t-il dit à Stiles, qui se demande à quoi ressemble une batterie de serveurs. Mais s'ils en ont une, personne ne l'a trouvée. De même, personne n'a trouvé Jennifer Blake même si tout le monde la cherche.

Grâce aux informations données par Allison, ils savent où sont les communautés et combien de loups-garous elles sont censées abriter. Toutes ont fait l'objet d'un raid par le gouvernement – Stiles déteste ce mot car ce n'était pas violent, mais il ne peut pas en trouver de meilleur – et les loups ont été transvasés dans un grand camp que plusieurs alphas que Talia a contactés ont aidé à mettre en place. Ils ont été répartis par groupes de personnes qui parlent au moins la même langue et ont été éduqués sur les besoins d'un loup-garou et la manière dont la communauté le leur refusait.

Près de la moitié des loups-garous ont été très soulagés et se sont adaptés comme un poisson dans l'eau. Moins ils ont passé de temps dans la communauté, plus c'est facile. L'autre moitié a réagi avec une négativité violente à ces suggestions. Les réfugiés ont été répartis dans des groupes plus petits. Ceux qui se sont le mieux adaptés ont commencé à être intégrés dans des meutes. Les autres reçoivent un traitement psychologique intensif.

Alors ce n'est pas vrai de dire que rien ne se passe mais Jennifer Blake et Kali sont encore introuvables. Tous leurs comptes ont été gelés mais Stiles est sûr qu'elles en ont que les autorités n'ont pas trouvés. Elles ont disparu sans laisser une trace.

En parallèle de tout ça, le mystère longuement irrésolu de la mort de Paige Krasikeva a été éclairci. Le lendemain de la conversation entre Stiles, Tom et Peter, le camarade de classe de Paige, Tucker Reilly, s'est présenté au poste de police pour parler au shérif. Il a dit avoir fait une blague à Paige Krasikeva en glissant un mot dans son casier pour la faire rester tard, puis s'être caché dans un sanitaire à côté pour voir le résultat. Il a décrit Ennis Black avec précision et a raconté une histoire cohérente des événements dont il n'a pas été témoin. Le shérif lui demande pourquoi il vient en parler maintenant et Tucker dit, comme prévu, que Stiles a compris ce qu'il avait fait et l'a convaincu que les parents de Paige méritaient de savoir.

Tom a ensuite 'comparé la description' avec les alphas actifs à l'époque et a reconnu Ennis Black. Puis il est allé voir les Krasikeva pour leur dire ce qu'il s'est passé. Comme prévu, ils ont été contents de savoir qui était responsable de la mort de Paige. Il dit à la famille que l'étudiant ne souhaite pas être identifié et qu'il respecte cette décision. L'ancien élève regrette et Tom ne pense pas qu'il mérite de voir sa vie ruinée pour une blague stupide qu'il a faite à quinze ans.

Ils sont aussi heureux d'apprendre qu'Ennis ne fait plus partie des vivants. Tom leur a dit en grande partie la vérité sur ce qu'il s'est passé ; il leur explique ce que faisait Ennis et leur dit qu'une autre meute de loups-garous l'a chassé et tué. Il ne rentre pas dans les détails mais les parents de Paige ne posent pas vraiment de questions. Ils veulent juste savoir s'il en est certain, et il l'est.

Tout ça passe dans le journal et Stiles est content de voir que, même s'il n'a pas vraiment résolu l'affaire, au moins il a permis de la clôturer. « Quand on y repense, c'est logique que je n'y arrivais pas. », dit-il à Derek en faisant la pâte pour des roulés à la cannelle. « Je veux dire, c'était Peter. Si quelqu'un va commettre un crime que je ne peux pas résoudre, c'est bien lui. »

« C'est vrai. », répond Derek, amusé malgré lui. Il ne sait pas quoi penser de l'implication de Peter dans la mort de Paige. Il est en colère car Peter l'a utilisé, en plus de provoquer la mort de Paige. Mais en même temps il sait que, tout ce que fait Peter, c'est pour le bien de la meute. C'est difficile de lui en vouloir pour ça. Et puis, c'était il y a onze ans ; ils ont tous changé.

Alors sa méthode de gérer ça, a été de mettre un coup de poing dans la figure de Peter, puis de déclarer qu'ils pouvaient passer à autre chose. « Ça me va. », a répondu Peter en portant une main à son nez ensanglanté.

Avec tout ça, Derek est un peu inquiet quand il reçoit un appel sur le téléphone de 'Eric Hardy'. McCall avait insisté pour pouvoir contacter son assistant à toute heure du jour et de la nuit, et Derek n'avait pas voulu lui donner son vrai numéro alors il a pris un deuxième téléphone. Il n'a eu aucune nouvelle depuis que McCall a été enlevé du dossier et Derek l'avait plus ou moins oublié ces deux dernières semaines. Mais quand il sonne alors qu'il est sur le lit avec Stiles en train de regarder la télé, et qu'il le prend, il remarque à la dernière seconde de quel téléphone il s'agit. « Allô ? », dit-il avec prudence.

« Hardy. », claque McCall. « J'ai besoin de te parler. Tu es où ? »

« Euh, à la maison. »

« C'est quoi, ton adresse ? »

Derek cligne des yeux. « Je ne sais pas si je suis confortable à l'idée de vous - »

« Okay. », le coupe l'agent, impatient. « Tu connais ce café dans la rue juste à côté de la bibliothèque ? Retrouve-moi là-bas. » Il raccroche avant que Derek ait une chance de protester.

Derek lance un regard noir au téléphone. « C'est quoi ce bordel ? »

« Tu devrais y aller. Et enregistrer chaque mot qui sort de sa bouche. »

« Oui. Je suis certain qu'il a plein de reproches à faire. Et moi qui croyais en avoir fini avec ces conneries. » Il se sort du lit. Il n'y a aucun besoin de s'habiller vu qu'il est vingt heures. « Tu veux venir ? »

« Il ne vaut mieux pas prendre le risque. », répond Stiles. « Ce serait un désastre s'il me voyait. Mais je ne sais pas si j'ai envie que tu y ailles seul. »

« Je pense que je peux gérer Rafael McCall. », remarque Derek en levant les yeux au ciel. Il embrasse Stiles sur la bouche, puis sur le front. « Mais je peux rester au téléphone avec toi pendant que je suis là-bas ? Je peux appeler et enregistrer en même temps ? »

« Oui, regarde, je vais te montrer. » Derek est en chemin quelques minutes plus tard.

Quand il arrive au café, celui-ci est presque vide, ce qui est normal, vu qu'il est presque vingt-et-une heures un soir de semaine. Il appelle Stiles avant de rentrer pour que McCall ne le voie pas faire. Puis il se prend du thé et regarde l'intérieur. McCall est dans le fond, une casquette de base-ball sur la tête qui cache son visage. Derek résiste au besoin de lever les yeux au ciel et il s'assoit en face de lui. « Euh, il se passe quoi, monsieur ? »

« Je ne veux pas que quiconque nous voit. », répond McCall. « J'ai besoin de ton aide. Ils essaient de me crucifier et tu es la seule personne qui peut prouver que je ne faisais que mon travail. »

« Qui ça, ils ? », demande Derek.

« Tout le monde. », crache McCall, colérique, en faisant un geste de la main. « Stilinski et Peter Hale et – ils ont convaincu mon patron que je persécutais les Hale. »

« Eh bien, euh... » Derek ne sait pas trop quoi dire. « Étant donné que ça a été prouvé qu'ils n'avaient rien à voir avec la mort de Paige, ça y ressemble. »

McCall fronce les sourcils. « Même si je croyais à ces conneries – ce qui n'est pas le cas – ça ne change rien au fait que je ne faisais que suivre les preuves ! Tu les as vus ! La manière dont ils m'évitaient et me mentaient en face. Ça en dit long sur leur implication ! »

« Monsieur, je ne sais pas ce que vous voulez que je fasse. », dit Derek.

« Je veux que tu viennes avec moi demain et que tu parles à mon patron. Dis-leur ce qu'il s'est passé, dis-leur que je ne faisais que mon boulot. »

Derek reste silencieux en réfléchissant à ce qu'il devrait dire. Mais au final, il n'y a qu'une réponse possible. « Agent McCall, vous ne voulez pas que je parle à votre patron. Parce que je lui dirai la vérité. Je lui dirai que vous suiviez votre ex-femme. Que vous avez qualifié Olivia Hale de pute à garou. Que vous avez accusé le shérif Stilinski de vendre son enfant à une meute alors même que chaque fait concernant l'union de Derek et Stiles dément cette théorie. Je lui dirai que Stiles vous a donné toutes les informations sur Recherches pour un Remède au début de votre enquête et que vous avez préféré les ignorer pour vous concentrer sur votre chasse aux sorcières. Alors si vous voulez que j'aille parler à votre patron demain, je serai heureux de le faire mais je ne pense pas que ça va vous apporter ce que vous voulez. »

McCall devient de plus en plus rouge. « Moi qui pensais que tu avais un peu de valeur. Tu ne comprends pas ce que tu fous en l'air. Si tu veux quitter cette ville de minables pour aller quelque part où ils respecteront ton talent, tu fous ta carrière en l'air en me contrariant. »

« J'en doute vraiment, puisque, une fois que tout ceci sera terminé, vous serez en train de nettoyer les toilettes du FBI. », répond Derek. « Alors avec tout mon respect – qui est nul – vous pouvez effacer mon numéro et rester loin de moi. »

Sur ces mots il se lève, prend son thé et quitte le café en laissant McCall derrière lui. Une fois hors de vue, il prend son téléphone à l'oreille. « Tu as tout entendu ? »

« Uh – huh ? », halète Stiles de l'autre côté du fil.

« Stiles ? » Derek fronce les sourcils. « Tu as entendu ? »

« Oh, oui. », dit Stiles, la voix un peu plus aiguë que d'habitude. « Génial. Tu as été génial. »

« Est-ce que tu – Stiles, tu es en train de te masturber ? »

« Oh mon Dieu, oui. C'était tellement sexy, rentre à la maison et viens me sauter. »

Derek sourit malgré lui. « J'arrive. »

OoOoOoOoOoOoO

Avec l'affaire Krasikeva résolue et Jennifer Blake dans la nature, Stiles n'a rien d'autre à faire qu'étudier et faire à manger pour la meute. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose, cette dernière activité prend de plus en plus de temps. Talia n'est qu'à deux semaines de sa date prévue et elle mange tout ce qu'elle voit. Stiles peine à tenir le coup mais il adore chaque minute de sa vie.

Il pense demander une autre affaire à son père – celui-ci lui avait dit, après tout, qu'il avait droit à une ou deux affaires et il a encore deux mois et demi de cours – mais ça lui fait bizarre de passer à autre chose puisque, techniquement, son dossier n'est pas terminé.

« J'ai l'impression de laisser tomber. », dit-il à son père pendant le dîner. Ils mangent du chop suey et Talia en est à sa troisième assiette. Il pleut dehors, ce qui crée un léger bruit d'ambiance derrière les différentes conversations. « Je veux dire, j'ai résolu mon enquête. Et c'est super que les gens qui ont été attaqués sachent qui a fait ça, et pourquoi, et peut-être que maintenant ils détesteront un peu moins les loups-garous. Mais ça a l'air tellement décevant. »

« Parfois, les enquêtes se terminent comme ça, gamin. », répond Tom. « Parfois, on sait qui a fait le coup mais on n'a pas assez de preuves. Parfois on les attrape mais ils ne vont pas en prison. Et parfois, on sait qui a fait le coup mais on ne les attrape pas. C'est triste, mais vrai. Ce n'est pas un système parfait. »

« Je déteste penser qu'elle est quelque part, dehors. »

Derek gronde légèrement. « Crois-moi, tu n'es pas le seul. »

Stiles fait la grimace et il est sur le point de faire un commentaire sur son père qui va lui assigner des gardes du corps quand la sonnette retentit, suivie par des coups sur la porte.

« Si c'est encore l'agent McCall, je jure devant dieu que - », commence Talia en se levant.

« J'y vais. », l'interrompt Tom. Stiles décide d'y aller, lui aussi. Si McCall décide de hurler à nouveau, il a deux, trois trucs à lui dire maintenant qu'il ne travaille plus avec lui sur une enquête.

Mais ce n'est pas Rafael McCall sur le perron. Il s'agit de la dernière personne qu'ils auraient attendue. C'est Chris Argent qui soutient sa femme, Victoria. Tous deux sont trempés par la pluie et Victoria se tient l'épaule, où sa blouse est tachée de rouge.

« Que - », parvient à dire Tom.

Chris le regarde avec des yeux hantés. « Je ne savais pas où l'emmener. », dit-il.

« Seigneur, entrez ! », s'exclame Tom en s'écartant. Les autres commencent à sortir de la cuisine, attirés par le bruit et l'odeur du sang. Talia émet un bruit surpris et Aaron annonce qu'il va chercher des serviettes. Tom installe le couple sur le canapé et s'assoit en face d'eux. « Que s'est-il passé ? », demande-t-il alors qu'Aaron revient avec ses serviettes.

« Faites-moi voir. », dit-il, mais Victoria s'écarte.

« Ne me touchez pas ! », siffle-t-elle.

Aaron jette un regard à Talia, qui pince les lèvres. Mais Chris prend la serviette avec un hochement de tête et écarte la blouse de sa femme de son épaule. Tout le monde peut voir la vilaine blessure, les petits trous qui sont des marques de dents. Chris presse délicatement la morsure avec la serviette avant d'appuyer, et Victoria siffle.

« Je vais vous amener quelque chose à boire. », décide Derek en retournant dans la cuisine.

Une fois que c'est fait, Tom répète : « Que s'est-il passé ? »

« De quoi ça a l'air ? », s'étrangle Victoria.

Chris prend sa main dans la sienne. Avant que Tom ne puisse dire quoi que ce soit, il commence à parler d'une voix mesurée. « On venait de rentrer du cinéma. La pluie n'avait pas encore commencé. Victoria est allée chercher le courrier et... » Sa voix craque. « Elle s'est faite mordre. »

« Est-ce que vous avez vu quoi que ce soit ? », demande Tom. C'est sa voix rassurante, sa voix de flic. « Y a-t-il quoi que ce soit que vous puissiez me dire sur votre agresseur ? »

Victoria le fusille du regard, la bouche pincée sous la colère. Mais elle répond. « C'était une femme. Longs cheveux noirs, des yeux rouges. Ça s'est produit... très vite. Je ne l'ai pas bien vue. Elle a essayé de m'entraîner avec elle après. J'ai utilisé ma bombe au poivre sur elle et j'ai crié à l'aide. »

« Le temps que j'arrive vers la boîte aux lettres, elle était partie. », ajoute Chris.

« Pourquoi vous êtes venus ici ? », demande Stiles, déconcerté. « Pourquoi vous ne l'avez pas amenée à l'hôpital ou appelé les secours ? »

« Et qu'est-ce que l'hôpital aurait fait ? », rétorque Chris en grinçant des dents. « Elle n'a pas besoin de points de suture. Ce n'est pas profond. Ils auraient mis de l'antiseptique, un petit bandage et lui auraient dit de rentrer chez elle. Elle ne fait pas de rejet. L'hôpital ne - » Sa voix se brise à nouveau. « Je ne peux pas appeler la police, je ne veux pas que ça s'ébruite tant qu'on n'a pas décidé comment gérer la situation. Mais elle – elle a besoin d'un alpha. Et si elle n'en trouve pas un, alors la louve qui l'a mordue est – on ne peut pas laisser ça se produire. »

Talia pince à nouveau les lèvres, puis laisse échapper une petite respiration. « Je comprends que ce soit dérangeant pour vous. Et vous, vous avez raison, Victoria a besoin d'un alpha. Plus tôt elle en trouvera un avec lequel elle commencera à se lier, moins la louve qui l'a mordue aura le contrôle sur elle. Mais je ne sais pas si je suis le meilleur choix. Votre famille et la mienne... ont leur histoire, bien sûr. »

« Je sais. », répond Chris. « Je sais, bordel. Mais Allison – c'est la meute d'Allison. Elle vous fait confiance. Vous – vous la rendez heureuse. J'ai essayé de me réconcilier avec l'idée. On ne peut aller voir personne d'autre. Aucun autre alpha ne l'accepterait. Pas après ce que ma famille a fait. S'il vous plaît, aidez-la. S'il vous plaît. »

Talia serre la mâchoire et Stiles sait qu'elle pense à l'incendie, à ses enfants, à sa famille. Mais elle hoche la tête. « D'accord. », dit-elle. « Je vais vous aider. »