Note préalable

Merci à Finrod Turgon pour la première review :) ça me fait super plaisir de voir que cette histoire te plaît, j'espère que ça va rester le cas !

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CHAPITRE 7 : Masochisme

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Fourbue.

J'étais fourbue hier, je suis fourbue aujourd'hui, et je ne doute pas une seule seconde que je serai fourbue demain, ainsi que le lendemain, tout comme le jour suivant, et ainsi de suite pendant un sérieux bout de temps.

Il ne se passe plus une seconde sans que mes muscles se rappellent douloureusement à moi – et ils sont souvent accompagnés, dans leurs récriminations, de divers hématomes et coupures toujours renouvelés.

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Mais, après plusieurs mois de ce régime, mon enthousiasme balaie toujours aussi facilement ces douleurs, d'autant plus que, si je ne perçois pas vraiment les résultats de mon entraînement, il arrive parfois à Capitaine Glaçon de m'affirmer que je m'améliore – ce qui me fait toujours infiniment plaisir, car je le devine plutôt avare en compliments.

Finalement je n'ai pas réussi à abandonner ce sobriquet, que j'aime plus encore depuis que Rangiku-san m'a appris la nature du zanpakutoh du Capitaine. Pourtant je dois reconnaître qu'il ne lui correspond pas très bien : ce que je croyais être de la froideur est plutôt une apparence de sang-froid, qui cache mal une grande nervosité.

Je me demande bien ce qui le rend si tendu, d'ailleurs : quand je vois la décontraction de son lieutenant, j'ai du mal à croire qu'il s'agisse de sa charge de Capitaine – après tout, leurs grades sont très proches. Cela dit, si Rangiku-san est toujours aussi décontractée, c'est peut-être justement parce qu'elle laisse son Capitaine assumer toutes ses responsabilités… Cela ne m'étonnerait pas. Ou bien, peut-être, s'agit-il de son jeune âge : j'ai cru comprendre qu'il était encore un enfant quand il a accédé à ce poste, et qu'il a parfois eu du mal à se faire respecter.

Quoiqu'il en soit, contrairement à ce que je pensais, Capitaine Glaçon n'a rien d'un type hautain, suffisant et prétentieux – le simple fait qu'il me sacrifie plusieurs heures tous les jours me le montre bien.

Je crois qu'il ne se doute pas du quasi-culte que je lui voue, fait à la fois de reconnaissance dévouée, d'estime et d'admiration béate.

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Je suis sortie de mes pensées par la vue de mes camarades qui commencent à s'agiter, ce qui me fait comprendre que le cours est fini. Un grand sourire aux lèvres, je salue mon frère puis me fraye un chemin vers la sortie, avant de me ruer vers la salle où, je le sais, il m'attend déjà pour une nouvelle séance de torture musculaire.

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