Note préalable

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Coucou, je vais partir en vacances donc je vais poster moins régulièrement (voire pas du tout) pendant une dizaine de jours. Je posterai sans doute plusieurs chapitres à mon retour pour compenser :) Bisous et bonne lecture !

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CHAPITRE 13 : Tentative de dialogue

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Je laisse échapper un grognement quand mon sabre d'entraînement m'échappe encore une fois des mains. Je suis vraiment nulle aujourd'hui, bien plus que d'habitude, et même si le Capitaine ne me dit rien, je sais qu'il l'a remarqué aussi. Je serre donc les dents et, encore une fois, vais ramasser mon sabre, puis tente de me reconcentrer.

Mais lui ne s'intéresse plus à notre entraînement ; je le constate en relevant les yeux vers lui. Il me regarde avec les sourcils froncés – une constante chez lui, certes – et une moue à peine perceptible que je vois pour la première fois, et que je n'arrive pas à déchiffrer. Il a l'air… Perplexe, peut-être ? Ou déçu, pensé-je en commençant à paniquer.

« Asseyez-vous », me dit-il tout en s'installant lui-même en tailleur sur le tatami. Avant d'ajouter, en haussant les sourcils :

« Calmez-vous, Sato. Je n'ai encore rien dit. »

Parfois, je me demande si je suis transparente à ce point pour tout le monde, ou seulement pour lui. En tout cas, son rictus vaguement agacé – celui qu'il réserve habituellement à Rangiku-san, et qui cache un amusement, et une affection sincère à son égard – m'apprend qu'il n'ignore pas ce qui me traverse l'esprit en ce moment : que je suis trop mauvaise, que, désespéré, il va retirer son offre et me laisser tomber, et qu'après avoir cru devenir shinigami, je vais me retrouver dans le Corps des Nécromanciens, aigrie et haineuse envers le monde entier. Sa remarque me fait réaliser mon ridicule je rougis furieusement avant de finalement m'asseoir face à lui.

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« Bien », commence-t-il en n'affichant plus que son expression sérieuse habituelle. « Quel est le problème ? »

Je cligne des yeux, surprise, sans comprendre.

« Pardon ?

- Sato », il reprend, et je grimace : quand il commence par mon nom, en général, ce n'est pas bon signe. « Vous n'êtes pas concentrée. Quel est le problème ? »

Trop surprise, je ne réagis pas. Il est inquiet, je réalise soudainement. Pas perplexe ni déçu ou même énervé, non, tout simplement inquiet… Je me sens rougir encore plus mais essaye de répondre comme si de rien n'était.

« En fait… c'est sûrement très bête, mais… »

Encore ce rictus amusé-agacé. Je lève les yeux au ciel et affiche une petite moue prétendument vexée avant de m'exclamer, sur un ton exagérément dramatique :

« Désolée, mais c'est pas facile de faire semblant d'avoir confiance en soi, vous savez !

- Arrêtez déjà de commencer la moindre de vos phrases par ''désolé'', ce serait un bon début, non ? »

Je me mords les lèvres pour éviter de laisser s'échapper un nouveau « désolée ». Bien évidemment, ça ne lui échappe pas, et il abandonne son rictus pour afficher un très léger sourire à coin. Un vrai, minuscule, mais sincère, qui lui donne un air franchement amusé – même si la plupart des gens ne le verraient sans doute pas, tout comme ils n'auraient pas su remarquer la moue inédite qu'il affichait il n'y a pas une minute. Quand je pense que je l'ai d'abord trouvé inexpressif…

« Bref – je le fusille du regard, ce qui semble accentuer encore son amusement – on pourrait parler de mon zanpakutoh ? »

Cette fois, c'est lui qui a l'air surpris et marque une pause. Chacun son tour, mon mignon, je pense, assez satisfaite de mon effet.

« Si vous voulez. Je vous écoute. Quel est le problème ? »

Pourrons-nous un jour avoir une conversation normale, non entrecoupée de silences déconcertés ?

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