CHAPITRE 14 : Tard dans la nuit
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Quand je me glisse enfin dans le dortoir, bien après l'heure du couvre-feu, je laisse échapper un soupir de soulagement. J'aurais été vraiment mal si j'avais croisé quelqu'un en revenant…
« Désolée, j'étais en entraînement avec le Capitaine Hitsugaya et finalement on a bavardé jusqu'à deux heures du matin maintenant je vais dormir, mais vous voyez, c'est pas ma faute hein ! »
Dans la catégorie des excuses crédibles… Et il faut que j'arrête de commencer mes phrases par des excuses – je souris bêtement en me souvenant de mon improbable et longue conversation avec le Capitaine Glaçon.
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Évidemment, cette conversation a d'abord porté sur mon zanpakutoh.
Il m'a expliqué que la relation que chacun entretient avec son sabre est une chose très intime, et que si certains shinigamis ne s'en soucient guère, d'autres souhaitent conserver le secret, absolument. Il a ajouté, un peu hésitant, que si je souhaitais lui en parler, il serait à mon écoute, mais qu'il avait préféré ne pas aborder le sujet, pour ne pas m'y contraindre. Il a ensuite repris son habituelle assurance et m'a rappelé que, de manière générale, un zanpakutoh ne se révèle à son porteur que s'il l'en juge digne : il s'agit donc de découvrir ce que cela signifie pour le mien.
N'osant pas lui poser des questions sur son zanpakutoh, j'ai donc maladroitement détourné la conversation vers des sujets moins délicats – une diversion qu'il a accepté de bonne grâce, si bien que nous avons continué à bavarder, de tout et de rien… Jusqu'à ce que je laisse échapper un bâillement, et qu'il prenne alors congé après avoir réalisé l'heure tardive.
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« Kaede-chan ? C'est toi ? »
Je sursaute en entendant mon nom et me tourne vers la droite, où j'ai à peine le temps de reconnaître ma camarade de chambre qu'elle se jette sur moi pour tenter de m'étouffer entre ses bras, avant de me saisir par les épaules et de me secouer comme un prunier.
« Mais ça va pas ! T'as vu l'heure qu'il est ?! »
Fuu est forcée de chuchoter par l'heure tardive, ce qui rend sa remontrance plus attendrissante qu'impressionnante. Je lui adresse une petite moue désolée, à mi-chemin entre un sourire et une grimace, qui ne semble pas l'apaiser.
« J'étais morte d'inquiétude, reprend-elle en me menaçant du doigt. Un peu plus et je serais allée prévenir les responsables de dortoir ! Tu aurais pu avoir de gros ennuis !
- J'étais avec le Capitaine Hitsugaya », je marmonne en guise d'excuses.
Je ne sais pas si c'était une bonne idée de lui dire ça. D'un côté, ça l'a tellement surprise qu'elle ne songe plus à me réprimander d'un autre, à en juger par sa bouche bée et ses joues rouge tomate, elle en a tiré des conclusions hâtives. Si bien que j'ajoute :
« Il ne s'est rien passé. »
Avant de me glisser sous mes draps pour profiter des quelques heures de sommeil me restant.
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