CHAPITRE 18 : Cet abruti de Takahata
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Takahata est plutôt maigre et donc pas super effrayant a priori. Mais il est aussi nettement plus grand que moi, et a des mains très, très larges, ce qui lui fait des poings vraiment impressionnants, tout compte fait.
Heureusement, mes entraînements avec le Capitaine m'ont donné de bons réflexes, et j'esquive la charge de Takahata sans problème. Ce qui l'enrage encore plus au vu du sang qui lui monte au visage.
Je m'empresse de faire le point sur ma situation. Je n'ai pas mon zanpakutoh, mais j'ai mieux : mon arme de prédilection, le Kidoh. Et il ne s'attend sans doute pas à ce que je l'utilise, ce qui me donne un avantage certain. Derrière lui, je vois Takeya, l'air complètement terrorisé. Connaissant sa bonne nature, je me doute qu'il a plus peur pour moi que pour lui-même, mais autant en éloigner cet abruti le plus possible, ça nous évitera des problèmes supplémentaires.
Je me mets en garde et grimace : nous ne sommes pas censés nous battre dans les bâtiments de la division. Bien que ça me déplaise fortement, je vais devoir rester dans une posture défensive.
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Je n'ai pas vraiment le temps de pousser ma réflexion plus loin : il recommence à me foncer dessus. L'habitude de l'entraînement reprend le dessus, et j'entame aussi discrètement que possible mon Kidoh, en traçant au sol un premier symbole alors que j'esquive.
Il n'est pas très malin et continue ses charges malgré leur peu de succès, si bien que je peux encore tracer trois symboles au sol.
J'évite encore une fois le gros poing de Takahata, mais j'ai à peine le temps de finir mon dernier symbole que je me prends un énorme coup qui me propulse contre le mur à deux doigts de Takeya. Plus malin que prévu, finalement. Takeya se précipite devant moi, face à mon adversaire, les bras ouverts comme un bouclier humain, alors qu'il tremble comme une feuille. Je suis partagée entre admiration et culpabilité. Il faudra que je l'invite à manger quelque part.
Mais tout ça me sort de la tête quand le 20ème siège, qui s'approche de mon camarade, met enfin le pied dans la zone délimitée par mon Kidoh. Pas besoin d'incantation. Je trace rapidement un dernier symbole, cette fois dans l'air devant moi, puis j'applique mes deux mains sur le sol. Alors une cage d'énergie spirituelle délimitée par les cinq points tracés se dresse, et enferme Takahata entre ses murs verts luminescents.
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Je contemple mon œuvre avec un grand sourire fier, tandis que Takeya s'effondre par terre à côté de moi. Il a l'air sous le choc, et c'est compréhensible. Je tente maladroitement de le réconforter en lui tapotant le dos.
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« Sato. »
Plus si fière de moi maintenant, je marmonne un « Capitaine » en me levant précipitamment – trop précipitamment, et une vive douleur me prend aux côtes, là où Takahata m'a atteinte.
« Vous êtes blessée ? »
Il est inquiet. Cette pensée me fait sourire intérieurement pendant que je marmonne que je vais bien. Puis tout est noir.
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